ETE
IrsfOQTerains pontife* ont donnée anx cliapelahis de Tonire militaire de Saint-Jacques de rEfpée en Kspaiçne, noua oMt{;e de parler ici de cet ordre. Mai^, comme nous ne (rai- Mont partlcnllèrement que des clianoines rè-
SotierSy nous ne parlerons des chevaliers e Saint-Jacques de TEpée qu'après avoir rapporté ce qui concerne leurs chapelains, pufsqoHls son! chanoines réguliers; et nous joindrons sttfist dans ce chapitre les rcligieoses du même ordre; qu'on peut aussi regarder comme chanoinesses. Il y en a qui prétendem que Ramlre I", roi de Galice* a fondé Tordre militaire de Saint-Jacques l'an 846, après avoir remporté une célèhre victoire sur les Maure», où il en demeura soixante-dix mille sur le champ de bataille; parce que l'on en attribua le succès au secours de ce saint apôtre, qu'on avait vu combattre dans la mêlée, tenant à la main un étendard blanc sur lequel il y avait une épée ronge en forme de croix ; ce qui fit que ce prince institua, en faveur des gentilshommes qui avaient combattu en celte action, une confrérie sous le litre de Saint-Jacques, à laquelle il donna pour armes une épée do goenles en champ d'or avec cette devise ; Rubet evsit ianpuine Arabum; et ils ajoutent que dans la suite lette confrérie fut érigée en ordre militaire par les souverains ponti* fes. Hais pour détruire cette opinion il ne I^Qt que laire attention à ces armes, qu'on donne à cet ordre dès le commencement de ion institution, ce qui en marque évidemment la fausseté, puisque tes armoiries n'ont été en usage qu'après le di& ou le onzième siècle.
Ce ne fut que Tan 1170 que cet ordre commença, sous le règne de Ferdinand II, roi de Léon et de Galice. Et ce qui y donna occasion furent les courses des mêmes Maures, qui troublaient la dévotion des pèlerins qui allaient à Coropostelle visiter fe sépulcre de aifit Jaeques. Les ebanoines de Saint-Eloi, qai avaient un monastère an royaume de Ualiee, bâtirent des hôpitaux de leurs revenus, qui étaient fort considérables, sur le chemin qu'on appelle communément Voie française, pour y lo^er les pèlerins. Le premier fut celui de Saint-Marc l'évahgélisle , hors les murs de la ville de Léon ; el le second au détroit deCastille appelé De las 7iendos. Peu de temps après, treize gentilshom- Nies, i leur imitation, prenant le même apôtr^ pour leur protecteur, s'obligèrent par vœu de garder et assurer les chemins contre les incursions des intidèles. Ils communia quèrent leur dessein à ces chanoines de Saint-Kloiy leur proposant de ne faire qu'un corps entre eux, de mettre en commun le revenu du nionaslèro el ce qu*ils pouvaient avoir et pourraient acquérir dans la suite par le moyen de ceux qui se joindraient à eux. Comme ces chevaj'ers possédaient déjà plus de vingt châteaux, les chanoines furent plus faciles à accorder cette union, et devinrent par ce moyen dans la suite dépendants do ces chevaliers, dont ils ne sont quo loi chapelains.
Cette union se Ht l'an 1170» et l'accord tu| fait entre don Pierre Ferdinand de Fuentes Encalada , de la part dos clieva'iers ; et, de la part des chanoines, entre don Ferdinand, qui fut ensuite évéque, comme il parait par son épîtaphe qui est dans Téglise du couvent d^Uclès : Obiit Ferdinandus episcopusB. Ma* tiœ primas prior ordinis mUiliœ S. Jncobi^ era CCXl : ce qui répond â l'année 1173, deux ans avant la confirmation de l'ordre, qui ne fut accordée que Tan 1175, auquel temps don André était prieur. Le cardinal Hyacinthe Bubo, qui a été pope sous le noui de Célestin III, et qui était pour lors légat en Espagne du pape Alexandre III pour terminer les différends qui étaient entre les rois de L^on et de Castille, allant au diocèse d'Osma, reçut le mallrit don Pierre Ferdinand avec quelques-uns de ces chevaliers qui le furent visiter ; et il approuva ce nouvel ordre. Toutes choses V furent réi^lées par son conseil, cll'an 11751e même Pierre Ferdinand alla trouver le pape Alexandre III à Rome, accompagné do quelques chevaliers dont lo nombre était augmenté, et obtint la confirmation de cet ordre, conformément â ce que le cardinal Hyacinthe avait ordonnéparuno bulle qui fut expédiée la même année. Ello enjoint, entreautres choses, aux clercs de cet ordre de vivre en communauté sons l'obéissance des supérieurs, d'administrer les sa-, crements aux chevaliers , qui leur doivent fournir tout ce qui est nécessaire pour leur entretien ; et elle contient ou substance tout ce que les uns et les autres doivent faire. Mais le cardinal Albert, du titre de Saint-Laurent in Lueina , de l'ordre de Saint-Benoit, et qui (ut aussi pape dans la suite sous lo nom de Grégoire VIII, leur écrivit, par ordre d'Alexandre III, une règle pins ample, qui contient soixante et onze chapitres, qu'il approuva et qui fut confirmée par Jules II l'an 1507. Il est vrai que par la butte d'Alexandre, les chanoines de Saint-Jacques ne sont appelés que clercs ; mais par deux autres bulles des papes Adrien VI de l'an 1522« et de Clément VII de Tan 1531 , il est parlé d'eux sous le nom de chanoines réguliers, soumis à la règle de Saint-Augustin.
Une des premières dignités qui est toujours occupée par un de ces chanoines est celle de prieur, auquel était confiée la conduite de tout l'ordre après la mort du grand maître, avant que la grande maîtrise eût été réunie à la couronne d'Espagne ; et il avait le soin de convoquer ceux qui devaient procéder à une nouvelle élection. Cette dignité^ qui fut d*abord unique , a été dépuis divisée» en deux, pour les raisons que nous dirons, au I suivant; et il y a présentement deu!i^ prieurs, savoir, le prieur d'Uclds, et le prient do Saint-Marc de Léon, qui, par coacessioii des souverains pontifes, portent tous deux lu mitre et les autres ornements pontificaux. Le prieur d'Udès a néanmoins retenu queU qucs prérogatives, comme d'enseigner la règle à ceux qui veulent être reçus dans Tordre, qui sont obligés de faire leur année de probation dans ce couvent, où il y a des rea^
DICTIONNAme DES ORDBES BEUGIEUX.
ie% fflTecléei poor ce sajel, et c*cst aussi dans ea tieo qoîls doifeni faire profession.
Ces chanoines sont fétus de noir, comme les ecclésiastiqoest et mettent sur leur sool,ine on surplis sans manches » appelé giraldète, et sur le côté ffauche de leur manteau une croix rouge en forme d*épée qui est celle de Tordre (1). An chœur ils mettent par dess«s leur surplis ou siraldète , une chape et un eamail noir avec la croii de Tordre sur 1.1 poitrine (2) ; et dans le collège de Salamanque ils ^e ser?ent de la chape et eamail de f iolet brun. Les prieurs portent les 'kurplis avec des manches étroites , c*est-à-diro drs rochets , comme les prélats. Il j a eu parmi eux plusieurs personnes illnslres, cl qoi sont sorties de cet ordre poor remplir des dignités ecclésiastiques : comme Julien lia-mires, le docteur Purand et Nicolas de Carriaio, qui ont été éTéques de Cadii ; Martin Prirei «le Aïala, archevêque de Valence» Ferdinand de Azevedo, évéqoe dOsma et ensuitoarchevéqoe de Bruges, JéromedeLeyna, archevêque de Montréal en Sicile, Barthélémy de Perez, évéque de Tunis , et plusieurs autres. Quelques-uns se sont aussi distingués par leur sainteté , comme Alphonse, prieur d*Uclès, dont Martin Peircz , archevêque de Valence, a donné la Vie ; d'autres par leurs écrits, comme Benoit , Arias Montanos , du monastère de ^ainl-Marc de Léon et prieur de Saint-Jacques de Séville, mort en 1598, qui a travaillé à la Bible poljçlotte d*Anvers. Il possédai! parfaitement treize langues» et entre autres ThébraVque, la chaldéenne, la grecque et la syriaque. U fut chéri du roi Philippe II, et a été regardé co.mme un des plus grands hommes que TBspagne ait proituits. Le Maire Isia, Didace de la Mole où Uota. Jean Uamirez, ont été aussi écrivains de cet ordre, qui a produit plusieurs autres p«rsonnes illusties par leur piété et par leur doctrine.
Antrefois le prieur de Saint-Jacques de Séville n'était point soumis aux snpérieurs de Tordre, parce que ce couvent fut fondé Tan IMO par don Laurent Suarez de Figueri^a, grand maître de Tordre, qui obtint du pape des bulles pour exempter ce couvent de tonte juridiction de Tordre ; mais Tan 1429 don Henri d'Aragon , neuvième grand maître et son successeur , les fit révoquer par le pape Martin V, qui soumit ce couvent au grand maître de l'ordre et an prieur d*Uclés ; et don Alphonse de Cardenas Tincorpiira A Tordre dans un chapitre général, Tan 1480. Les prieurs d*Uclès élaienl perpé ueU; mais don Ferdinand de SantO)0, ayant été élu en 1496, renonça volontairement A cette dignité» comme il parait par la bulle d'Ale%audro VI de Tan 1501, qui ordonna qu'A Ta? enir ils >eraient élus tous les trois ans. Afla de lever lesdispules qui pourraient survenir au sujet de Télection de ce prieur» les religteui firent on concordat en 1648, par le« quel ils consentirent qu'alternativement on en prit un de la province de la Manche on
(1) Voy., h la un du vol., n» 2S.
\t) Voy.» I la lin du vol.» n' S9.
JlfanrAa» et un de celle de la Jtî6f ra elCoMi^# de Monliel^ et que de quarante n*Iigieax doaC il j en avait huit dans lecollégede Salamanque, il y en aurait la moitié d'unt proTinca et la moitié de Tautre, en sorte aéaamoins qu'il J en aurait toujours quatre de Cmmpm de Moniielt ce qui fut approuvé par le roi PhilippelVetconfirméparlepapeUrbainVIIK Ceux da monastère de Saint-Marc de Léon ont consenti auui par on concordat qse lears prieurs seraient alternativement dea provinces de Léon et d*Estramadnre.
Pour les peines que les chanoines ont d'administrer les sacrements aux chevaliers » ceux-ci sont obligés de leur payer les dloit^ de tous leurs troupeaux et animaux, coninie veaux» agneaux» poulets» cochons» poolaioa, vaches» etc. ; et» comme il y a beaucoup de chevaliers an service du roi, il y a toujoisra quatre chanoinrs qui saivent la cour, poar confesser et administrer les sacrements aux chevaliers qui s'y trouvent. Le chevalier qui est éloigné, et qui ne peut se confesser A Ton de ces cnanoines^ doit prendre la permission du prieur de sa province pour aller à an autre confesseur tel que bon lui semblera, lequel a pouvoir de Tabsoudre de tous péchéa» excepte celui de n'avoir pas payé les dîmes A Tordre» qui est un cas réservé parmi les chevaliers. Les chanoines ont des couvents A Tolède, A Séville, A Cuença» A Barcelone, A drenade, A Salamanque, et en plusieurs autres endroits de la domination d'Espagne. Poor être reçus dans Tordre, il faut qu'ils fassent preuve de quatre races tant da cAté paternel que du côté maternel» non pas de noblesse, qui n'est que pour les chevaliers, mais seulement comme leuts ancêtres n'ont point été fadeurs, commissionnaires , courtiers, changeurs, ni exercé aucun art mécanique ou vil, et oue les mêmes ancêtres n'ont point été juifs, hérétiques» et comoM tels punis par le tribunal de Tinquisition. Il y a aussi quatre antres couvents ue ces chanoines en Portugal, dont un à Lisbonne,qiii est le chef de cet ordre en ce royaume. Le roi Jean 111 voulut le réunir A la congrégation de Sainte-Croix de Conimbre avec un autre de religieuses chevalières on chanoinesses do même ordre» qui est aussi A Lts« bonne ; mais la mort de ce prince, qui ar« riva peu de temps après qu'il eut pris cette résolution» Tempêcha de 1 exécuter.
L'on prétend oue le premier monastère do ces chevalières lut fondé A Salamanque» Tan 1312, par le chevalier Pelay Perez et Marie Mendez, sa femme. Le principal exercice da ces chanoinesses chevalières eA de log«*r et de pourvoir A toutes les nécessités des pèlerins qui vont visiter les reliques de saint Jacques. Elles sont , aussi bien que les chanoines, habillées de noir, tant celles qui sont destinées poor le chœur oue celles qu'on ap« pelle converses ou sœurs laïques, les premiè* res portant une croix rouge en forme d'é-
fiée (3j semblable A celles des chevaliers , et es converses la portant avec quelque diffé- (3) Voy., h la fin du vol., n** 50 et 5L
CPE
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renée. Elles oui sept monaslère» en Espagne» qaî sont le Saint-Bsprîl de Salamanooe , Sainte-Foi de Tolède, Noire-Dame de Junqueras à Barcelone , Sainle-Groii de Valla»dolid, Sainte-Eulalie A Mérida, Notre-Dame de Grenade, et un à Madrid, fondé fers le milien da dernier siècle. Celles de Barcelone ne sont pas religieuses; mais les autres fout les TOBox solennels de pauvreté» de chasteté et d'obéissance « et dans ce monastère elles
{[ardent différemment la clôture , car à Valadolid, à Mérida et à Grenade, elles observent une clôture très-exacte, ne permettant à qui que ce soit d*entrer dans leurs monastères, et elles n*en sortent point pareillement. A Sainte-Foi de Tolède elles reçoivent les visites des femmes dans une salle, et n*y admettent point d*bommes. Dans celui de Salananquc les hommes et les femmes entrent indifféremment dans le monastère avec la permission de la commanda trice. Les reli-
1[ienses mêmes sortent A certains jours dans enr église, et vont jusque sur le porche; mais elles ne peuvent aller plus avant sans la permission du conseil des ordres. Celltrs de Madrid, avant été fondées sur le modèle de celles de Salamanque, ont voulu jouir de ce même privilège; à quoi le conseil des ordres s'est opposé, prétendant qu'elles n*en doivent pas jouir sur ce qu'elles n'avaient été fondées que depuis le concile de Trente, qui ordonna la clôture à toutes les religieuses, ce qui a donné lieu à plusieurs écrits de part et d'autre en Espagne. Mais à l'égard de celles de Barcelone, comme elles ne sont point religieuses , elles peuvent se marier et ne sont point tenues à une clôture si exacte. Elles fout seulement vœu, comme les chevaliers, de pauvreté, d'obéissance et de chasteté conjugale. Elles sont gouvernées par une prienre oo commanJatrice , et ne diffèrent en rien des véritables religieuses , soit pour rbabtllement, soit pour les exercices du chœur et de communauté; et étant mariées on veuves elles peuvent toujours porter la croix de l'ordre. Celles du monastère de SaneioM en Portugal sont de même que celles de Barcelone, et peuvent aussi se marier.
Les religieuses des autres monastères ne faisaient aussi que des vœux pareils à ceux que font celles de Barcelone et de Saneios^ ce qui a duré jusqu'en l'an ItôO, que, sous le grand maître don Alphonse de Cardenas, le chapitre général de l'ordre ordonna qu'à l'avenir elles ne pourraient se marier et seraient obligés de faire des vœux solennels. Les anciens statuts obligeaient les femmes et les fiUef des commandeurs de se retirer dans ces monastères pendant qu'ils étaient A la enerre, et, s'ils j mouraient, le grand maître fiiaii le temps ponr qu'elles pussent se déterminer oo à prendre l'habit de l'ordre ou à sortir des monastères; mais cette pratiaue a été abolie, A cause que, le nombre des chevaliers augmentant « plusieurs monastères n'auraient pas sofli pour recevoir les femmes, les veuves et les Biles des chevaliers.
Les religieuses ne peuvent être reçues sans le consentement de toute la cot niuoauté, et les supérieures en donnent avis au conseil des ordres pour avoir aussi son consentement, et afln qu'il commette quelqu'un pour faire les informations nécessaires , qui sont, les mêmes que l'on fait à la réception des chevaliers, non pas touchant la noblesse, mais seulement touchant la religion des pères et mères, et des aYeux , qui ne doivent point être soupçonnés d'hérésie, le président nomme un elianoine de Tordre pour faire les informations, qui sont ensuite présentées au conseil, qui nonne son consentement si elles sont approuvées. Les monastères élisent 1 s supérieurs, qui sont aussi conGrmces parle conseil des orJres, et le roi leur accorde des lettres qui ordonnent aux autres religieuses de lui obéir. Les religieuses de Salamanque prétendent faire remonter ranliquité de cet ordre jusqu'en l'an 1030, par le moyen d'un privilège qu'elles conservent dans leur monastère, qui est daté de cette année; mais nous en avons fait connaître la fausseté en
Ïarlant des chevaliers du Saint-Esprit do lonlpellier, qui ont voulu aussi se prévaloir de ce privilège.
Voyez Francisco Caro de Torres, Hist. de los Ordines militarei de Santiago Caiatrava y Alcantara. Francisco de Radei , Chronic df. la» Ordenes y Cavall* de Santiago. Diego de Li Mota, de la Orden. delà Cavall. de S. Tiago. Andr. Mendo, de Ordinibue militaribue Dis--
ÏUM. Canonie. Joann. Mariana , de Rebut Uêpaniein lib. xi, eap. 13 et \k. Turquet, Hiit. d^Espagne^ lom. I, /te. x. Favin, Uist. de Navarre f fiv. iv. Tambor. de Jur. Abbai. dtp. 2fc, quœtt. k. Philipp. Bonanni, Cata-^ log. omn. Ord, relig* part, i et ii. L'abbé Giustiniani, Mennéniiis, Uermant et Schooneheck, dans leurs Uittoiret det Ordret militairet.
§ 2. Det chevalier t de Saint '^Jaequeê d$
VEpie en Etpagne*
Noos avons suffisamment parlé de l'ori* g! ne des chevaliers de Saint-Jacques de r£* pée dans le paragraphe précédent , il nous reste seulement à parler des principaux événements arrivés dans cet orare. Ces cheva« liera, s'étant joints d'abord aux chanoines de Saint-Eloi , comme nous avons dit, embrassèrent la règle de Salnt-Au^stin et firent les vœux ordinaires de religion. Leur habit consistait en une robe blanime et un chaperon de même couleur ; et, pour marque de leur ordre, ils portaient sur la poitrine une épée ruuge, et ils avaient la tête rasée en forme de couronne (1) comme les chanoines, et vivaient en commun.
Cet ordre commençant A se multiplier , leur premier grand maître, don Ferdinand de Fuentes Encalada , entreprit le voyage de Rome pour en avoir l'approbation du saintsiège. Alexandre III, en le eouGruiant par sa bulle de l'an 1175, dont nous avons fait mention, fit quelques règlements qui coocer«
(I) V09., à h fin liu vol., D* 3â.
DICTIONNAIRE ÙÏS ORDRES RELIGIEUX
naient cos chevaliers, et entre aatret il leur permit de se marier. Il réglii les dignités de cet ordre» dont la plus considérable» apràs celle de grand mattrei est celle des treize» qui ont le pas devant tous les autres commandeurs. Avant que la grande matlrise eût été réunie à la couronne» ils oiisaimt le grand matlre« le pouvaient dépo^^er s*il ct;iit tombé en quelque faute» et en élire nu autre. Ils donnaient li'urs conseils dans toutes les atTairos, terminaient les dilTércnds qui pouvaient arriver entre le grand maltro et les chevaliers; mais leur pouvoir <*st bien diminué présentement, que le conseil des ordres, dont nous parlerons ci-après,est jugcde ti»us les dilTér ends qui arrivent dans Tordre. La seconde dignité est celle de prieur, qui est aune&ée aui chanoines ; et la troisième celle de grand commandeur.
La première place qu*ils conquirent sur les Maures fut Cacerès dans rEstramadure. Ils la prirent Tan 1171 , et le roi don Ferdi*nand la donna à cos chevaliers, qui iiidèrent ce prince à conquérir Badajoz , Buexa» Lucbena et Monte-Major, dont il Icnr fit aussi présent. Mais Ferdinand étant entré en guerre aiecson neveu Alphonse l\ » roi de CasUlle, surnommé le Noble , sur lequel il avait usurpé plusieurs places pendant la minorité de ce prince» et soupçonnant les chevaliers de Sainl-Jacaues de favoriser son neveu» il les fil sortir de ses £tats» et reprit les biens qu'il leur avait donnés. Ces chevaliers se réfugièrent en Castille» où le roi Alphonse leur donna, Tan IHi, le château d'Cclès,au-
Ïrès duquel i's bâtirent au couvent» qu'ils tablirrnt pour chef de leur ordre, et Tannée suivante 1175 le grand maître alla â Kome, pour obtenir du pape Alexandre III la confirmation de son ordre» comme nous avons dit.
L'an 1176, ce grand maître et les chcva* licrs prirent les armes, pour le service du même Alphonse» cuntre le roi de Navarre» Fanche VI» dit le Sage, qui, profitant pareillement de la minorilé de ce piince, qui était aussi son neveu» prit des places du royaume de Castille» qu'Alphonse recouvra par le secours des chevaliers de Saint-Jacques. La même année» les Maures étant entrés sur les terres de la dépendance d'Uclès qui appurte* naient aux chevaliers» ils y firent de grands ravages; mais ils ne purent s'emparer du rhâleao d'Uclès» ni de celui d'Altharilla» que les chevaliers défendirent vigoureusement. Le roi de Caslille^ ayant su le dégât que les infidèles avaient fait sur les terres des che valers» mit des troupes sur pied, à la prière du grand maître. Il lit venir aussi les cheva-' tiers du Temple et de Calatrava , et mit le* siège devant Cuença, dont il s'empara» et donna aus chevaliers de Saint-Jacques une maison dans cette ville avec do gros revenus* Ce prince» continuant la guerre contre les Maures» prit sur eux les châteaux d'AlarcoQ et quelques autres, et» pour récom* penser ces chevaliers du sccouis qu'ils lui avaient donné» il leur fil don encore de quelques héritages â Alarçon.
Le grand maître Pierre Ferdinand de Fuentes » après avoir gouverné l'ordre pendant treize ans » moorut l'an 1184. Il eut pour successeur Ferdinand Diaz, et dès lors il y eut schisme dans l'ordre, parce que les chevaliers qui éiai(*nt retournés dans le royaume de Léon, et qui étaient rentrés dans les bonnes grâces de Ferdinand, élurent, parles ordres de ce prince don Sanche Frrnandez, et ceux de Castille, par ordre du roi Alphon:>e» don Ferdinand Diaz ; et, comme ces chevaliers avaient déjà acquis beaucoup de biens dans ces deux royaumes, que le couvent de âaitit-Marc était dans celui de Léon» et le couvent d*Uclès dans celui de Castile»ces deux princes prétendirent avoir chacun dans leur royaume le chef de l'ordre. Sous le gouvernement du grand maître Ferdinand Diai en Castille, qui était le légitime grand maître, les chevaliers de Saint-Jacques conquis rent sur les Maures plusieurs places, et ceux de Léon firent aussi la guerre â ces inOdèiei dans l'Eslramadure. Mais l'an 1186, le grand maître de Castille ayant i énoncé â cette dignité, celui de Léon fut reconnu par les chevaliers de Castille. La même année le roi Alphonse donna à Tordre le monastère do Sainle-Euphémie de Cocollos dans la vieille Castille » pour y mettre des religieuses do même ordre» qui furent transférées dans la suite à Sainie-Foi de Tolède.
Ce fut du temps de ce grand maître don Sanche Fernandez » que se donna la bataiiU d'Alarcos » Tan 1195» où la victoire s'étanl déclarée pour les infidèles, il y eut un grand nombre oe chrétiens qui y périrent, parmi lesquels il y avait plusieurs chevaliers dei trois ordres de Saint-Jacques » de Calatrava et d'Alcantara. Ce grand maître y fui blessé, et mourut peu de jours après. Gonzalve Ru* driguez lui succéda la même année. A peme fut-il élu» qu'Alphonse, roi de Léon» dèclars la guerre au roi de Castille Aiphonae IX, et se ligua avec le roi de Cordoue» qui lui envoya on grand nombre de Maures, avec lesquels il entra sur les terres du roi de Castille. Il avait aussi avec lui plusieurs chevaliera de Saint-Jacques, de ses royaumes de Léoa et de Galice, et il les obligea d'clire un grand maître, afin qu'ils ne fussent pas auuniis à celui de Castille : ainsi l'on vit encore daas grands maîtres dans Tordre. Mais un autre roi maure des Almoades» voyant que le rei de Castille était occupé â la guerre cooirs le roi de Léon, vint du côté de la Manche et ravafçea les terres des enviroas de Tolède» de Madrid , d'Alcala» d'Dclès » d*Haète et de Cuença, jusqu'à Alcaraz » et emmena caplib un grand nombre de personnes avec un riche butin. Les deux rois de Léon et de Castille firent ensuite la paix» à condition que celui de Léon épouserait la fille du roi de Castiilts et le roi de Léon voyant que quelques che^ vallers de Saint-Jacques de ses sujets avaiett suivi le parti du roi de Castille» s'empara d'une partie des biens de l'ordre.
Le grand mat re Gonzalve Rodrîguez, étant mort l'an 1203, GonzaUe Ordognes, eui
avait été élu par les chevaliers de Léon» fui
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reoooDQ par cens de Casiille, et par ee mofea la achiame ceasa dans l'ordro. Soero Rodrîgvaz, aUièaie grand mallre, voyant les rois de Léon el de Caaiille en paix , porta ses armes contra les Maures ; il entra sur leurs terres do eAté de Cainpo-de-Montiel« et prit sar eux quelques places, entre autres le chftleao de cSulîl-Scgura et celui de Villa*Nuef a. Sous le gouTernemeot de Ferdinand Gonsalve de Maragoon, huitiènie grand oiafire , le roi de Castille ayant guerre avec celui de Navarre Tan 1206, les cher «jli<rrs de Saint- Jacques servirent utilement le roi deCas-ille, el le roi d'Aragon étant entré sur les terres des Maures par le royanme de Valence, le grand maître sortit d*lJclès avec les cbevatiers et les attaqua de laolre côté. Il prit sur eoi les châteaux de Javaloyas , VillaKjueda el Soutaner. Ayant joint ensuite le roi d*A* ragun, ils Orent ensemble le siège de Montaluan, qui fut pris d'assaut et dont ce roi flt duii à l'ordre. On y fonda la grande cotii* laanderie d'Aragon» dont i ordre a toujours i<mi josqu'i préient.
Le grand maître don Pierre Arias y qui succéda à Ferdinand Gonzalve de Maragnon, Gt aussi la guerre aux Maures» sur lesquels il ût beaucoup de prisonniers et emporta de riches dépouilles. Ces mêmes chevaliers fi« rent |tarattre encore leur courage l'an 1213, daui la fameuse bataille appelée de Meuradai ou des Naves de Tolosa, où les rois de Castille, de Navarre» d'Aragon et plusieurs lirioces de France, de Provence el d'Italie, qui étaient joints ensemble, remportèrent la victoire sur ces infidèles, qui y perdirent plus de 159 nulle hommes d'infanterie et SO mille cbevaui. Le grand maître don Pierre Arias reçut quelques blessures dans ce cornbal, doni il mourut. Son successeur , don Pierre Gonialve d'Aragon, eut le même sort aoftiége d'Alcarez. Après lui don Garctas Gonzalve de Candanio fut élu devant la même place pour grand maître, l'an 1213, vi peu de temps après la ville fut prise.
Après cette conquête, le roi de Castille, ajaut encore lait ligue avec celui d*Aragou pour combattre contre les Maures, les chevaliers de Saini-Jacquea furent obligés de fcouieair les intérêts de leur prince en lui lioonant du secours, et le servirent utilement ilaos cette guerre. Mais ce prince étant mort Vanuée autvanle, (214, et Ferdinand III, surnommé le Saint, et qui en effet a été mis an catalogue des saints Tan 1661, ayant hérité du royanme de Castille, par la renonciation que la reine Bcrengère sa mère, femme d'Alphonse, roi de Léon, en avait faite, le même Alphonse déclara la guerre i la Castille, prétendant avoir la tutelle de son fils Ferdinand et le gouvernement du royaume. Les chevaliers de Léon suivirent son parti, et ne Youlureni point reconnaître le grand maître de Castille; ils élurent même un grand maître dans le royaume de Léon, qui fut don Martin Pélaei, ce nui causa un tort cousiJcrable A l'ordre pendant les trois ans que dura le schisme. Lei chevaliers, bien loin de faire la guerre ans Maures^ en Tinrent soutent
aux mains les uns contre les autres. Mais le rot de Léon fit cesser le schisme, ordonnant i Martin Pélaez de renoncer à la grande m jf triso, et aux chevaliers de reconnaître le grand maître de Castille.
Alphonse, roi de Léon, étant mort en 123(1 et ayant laissé ses royaumes de Léon et de Galice à ses deux filles les infantes Sanche et Douce, au préjudice de mou fiis, saint Ferdinand, roi de Castille, ce prince voulut soutenir ses droits, et vint avec une puissante armée pour prendre pessession de ces royaumes. Les grands se partagèrent, les uns prenant le parii du roi de Castille, que la reine Bérengère sa mère, veuve do roi de Léon, favorisait, et les antres, celui des infantes, el du nombre de ceux-ci furent les chevaliers de Saint-Jacques avec leur grand mettre. Le roi de Castille s'accorda avec les infantes ses sœurs, elles renoncèrent aux prétentions
Jo'elles pouvaient avoir sur les royaumes e Léon et de Galice, et consentirent auc saint Ferdinand leur frère prit possession de toutes les places de ces deux royaumes, à la réserve du château de Castroras, que en prince leur donna leur vie dorant, avec trente mille maravédis d'or tous les ans, jusqu*à ce qu'elles fussent mariées ou religieuses. Ce château appartenait aux chevaliers de Saint-Jacques. Saint Ferdinand l'avait donné lui-même auparavant au cardinal Hiacyuthe pour l'Ëglise romainc,et ce cardinal l'avait donné à Tordre de Saint-Jacques en fief : c'est pourquoi le pape Grégoire iX ayant su que le grand maître avait consenti une ce château fût donné aux infantes, il I excommunia pour avoir consenti à l'aliénalion d'un bien qui appartenait à TEglise, et il ne lui donna rubsolutlon qu'après avoir déclaré que les infantes n'avaient ni la propriété, ni l'usufruit de ce château, ni de ses ^ revenus, mais qu'elles y pouvaient seule- ' nient demeurer. Ce grand maître fit encore la guerre aux Maures; et II y eut de son temps de grands différends entre les chevaliers et les chant)incs de cet ordre, qui fu* rent terminés par les évéques de Burgos et de Placenoia, commissaires du pape, et le
?rand maître renonça à cette dignité Tan 22'». Ses successeurs firrnt aussi de temps en temps de uoovelles conquêtes, et remportèrent des victoires sur les infiilèles, n'y ayant quelquefois que les chevaliers seuls qui les combatcisspni, et d'autres fois étant joints aux troupes des rois de Castille, comme il arriva dans la bataille de Bellamarin. Tan 18M, sous le roi Alphonse XI, où il y eut plus de deux cent mille de ces infi-> dèles qui y périrent. On y fit un si grand nombre de prisonniers, et le buiîn y fut si grand, que le prix de l'or en baissa d'une sixième partie. Don Alphonse Mendez de Gusman était pour lors grand maître, et, étant mort en 13^2, le roi Alphonse fit élire en sa pLct* don Frédéric, l'un de ses enfants naturels, frère du comte de Tristemare, qui succéda à la couronne de Castille après la mort do Pierre le Cruel. Comme ce nouveau grand maître n'avait que dix aus et était bâ-