‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 19 sur 118 · IC · texte numérisé non relu

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DICTIONNAIRE HES ORDRES RELIGIEUX

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lardt on obtint une tliftpense «lu pape, el Ferdinand Rodriguei de Villalobos, grand cornmandenr de Lèon« gouTerna l'ordre pendant sa ninorilé. Alphonse* rai de Casiille, étant mort l'an 1350» don Pierre, son fiU, auquel on donna a?ec justice le nom de Cruel • monta sur letrônot et une de ses premières notions de cruauté fut de taire trancher la téio i Eléonore de Gosman, mère du arand maître. Ce roi avait épousé Blaoche de Bourbouy princesse qui a? ait autant d'esprit que de Tertu et de beauté, et qui n'était alors

S lie dans la quatoriième année de son ége. la Iraila de la manière du monde la plus cruelle ; trois jours après son mariage il la quitta, la relégua à Valladolid, et l'ayant longtemps retenue en prison, la fit enfin em-

Klsonner à Hedioa-Sidonia, Tan 1361. Toute utorilé du royaume était cependant entre les mains des oncles de Marie de Padilla, .maltresse de ce prince ; ce que les grands du royaume ne pouvant supporter, ils se IIl^nèrent contre lui» et le grand mallre se loignit à eux. C*est pourquoi le roi en fit élire un autre, qui fut don Jean Garcias de Villagera, frère de sa maîtresse, ce qui causa un noureau schisme dans l'ordre. Hais les choses se pacifièrent dans la suite, et le

Srand maître Frédéric servit le roi son frère ans la guerre qu'il eut avec le toi d'Aragon Tan 1337; néanmoins, sur un faui rapport que Ton iil i ce prince que le grand maître arait agi contre ses intérêts, il le fit venir Tannée 1358. Frédéric, se fiant trop à la bonne fol de son frère, et n'ayant pas voulu croire les ayis qu'on lui donnailf que Ton ne le faisait ? enir que pour le Caire mourir, vint trouver le roi i Séville, et ce prince te fit assassiner en sa présence par $es arbalé-p triers. Ils l'assommèrent à coups de massue, et le roi, yoyant qu'il re.^pirait encore, donna son poignard pour l'achever.

Frédéric élant mort n'ayant encore que ?ingt-six ans, après avoir été grand maître pendant seixe ans, l'on vit encore deux

f rends maîtres dans Tordre de Saint-Jacques, un ayant été élu par les chevaliers qui tenaient le parti du roi de Casiille, et 1 autre Çir ceux qui s'étaient ioints an comte de ranstamare, frère de Frédéric, qui foulait se mettre la couronne de Castille sur la tête. lAgrande maîtrise fut aussi contestée en ISWentre don Pierre Rnys de Sandoval, et Ruys Gonzalve Mexia, qui ayaient été Ions deux élus. Mais la division cessa peu de temps après par la mort de Huys de Sandofal.

Le gouTernement de Tintant d*Aragon don Heurj, trente-sixième grand maître, ne fut pas tranquille. 11 épousa Tinfante (Catherine, scDur du roi de Casiille Jean 11, à laquelle ce prince donna en dot le du/ché de Villena; mais le grand matlre et sa femme en ayant voulu prendre possession^ ils y troovèrenl des oppositions de la part du roi, ce qui fil que le grand maître s'en empara par force au nom de sa femme. Le roi le fit arrêter et enfermer dans une prison à Madrid, d'où il fut transféré peu de jours après au château

de Mora. Il en sortit deux ans al demi après,

rir l'entremise de Jean, roi de NaTarre, son ère, qui le demanda an roi de Casiille, lai promettant de s'assnrer de sa personne. La roi de Na?arre le réconcilia qnelouo temps après avec le roi de Castille, qui loi donna les villes de Truxillo et d'Alcarax,are€ d*au* Ires terres, pour le dédommager du duché de Villena. Les infants d'Aragon s*étant bronillés dans la suite avec le roi de Castille, et le grand maître les fa? ortsant, ce prince le priva une seconde fois de tons ses biens, qu'il disiribua i plusieurs seigneurs. Le grand maître se retira vers le roi d'Aragon, qui était son frère, avec lequel il se trouva dans le combat naval que le roi de Navarre donna contre les Génois, dans lequel les trois frères furent faits prisonniers et envoyés à Savone, cl de là Iransférés A Milan, où le dnc leur donna la liberté. Peu de temps après, le grand maître et le roi de Navarre entrèrent avec des troupes dans le royaumede Casiille, pour contraindre le roi Jean 111 à rétablir le grand mallre dans sa dignité, dont il avait donné l'administration i don Alvarex de Luna, connétable de ce royaume. Ces princes en vinrent aux mains, et dans la bataille qui se donna Tan 1V45, proche de la ville d*Olmedo, le grand maître y fut blessé; et, étant mort quelque temps après. Il eut pour snc^ cesseur le connétable de Castille, qui fut élu par une partie des chevaliers, et les aotn s élurent aussi don Rodrigue Menriqoez, commandeur de Ségora, qui prit aussi le titre de grand maître. Il y eut nne guerre aanglante entre les chevaliers au sujet de ces deux grands maîtres, qui avaient chacun leur faction. Le roi de Casiille appnyait le connétable, son favori, et le prince d'Aragon, don Rodrigue; mais le connétable, abiisant de son' pouvoir, alluma la guerre dans le royaume, persécuta les grands, s'enrichit dn bien d'autrui, et reçut même de l'argent des Maures pour empéclier la prise de la ville de Grenade. Ayant été convaincu de ces criâmes, le roi le fit mettre eu prison, enleva set trésors, et lui fit trancher la tète A Valladolid, Tan 1453. Klle fut exposée plusieurs jours avec un bassin pour trouver de quoi enterrer son corps, ce qui parut d'autant plus étonnant, que cet homme avait ncqub,

Car nne laveur de plus de trente années, des iens qui égalaient presque les riobeeees d'un roi..

Après sa mort, le roi fut administrateur de Tordre par autorité dn pape Nicolaa V, à cause du bas âge de Tinfani don Alphonse, son lils, auquel il avait fait conférer ta grande maîtrise; et Jean III étant mort Tao« née suivante, 1454, le roi Henri IV, son successeur , en eut aussi Tadministration. Il avait épousé Blanche, fille de Jean 11, roi de Navarre, et ce mariage ayant été distooi Tan 1453 , il épousa en secondes noces Jeanne, fille d'Edouard , roi de Portugal. Comme il n'avait point d'enCints, et quM était incapable d'en avoir, Ton dit qu'il pria sa femme de permettre que Bertrand de la Cueva , son favori, suppléât i son délaut.

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La reine devint grosse et mit aa monde une Ode qui fut mariée à Alphonse Y, roi de Portorai, et que le roi de Castille déclara bériliire de ses Etats, ce qui causa une goerre entre elle et Isabelle, sœur d'Henri, mariera Ferdinand d*Aragon, laquelle fut terminée i Tayàntage d'Isabelle. Bertrand de la Cnera eot pour récompense, entre autres choses, la grande matirise de Tordre de Saint-Jacques, dont rinfani don Alphonse, frère du roi Henri, se démit en sa fareur, ce qui fnt con6rmé par le pape Pie II l'an 1462; mais les cbevaliers s'étant plaints de ce qu'on leur Atait le droit d'élection, et qu'il n'était pas raisonnable que Tinfant quittât la grande maîtrise pour la donner de luimême à un autre, 1p roi, Yoyani leurs oppotilîoos, porta Bertrand â y renoncer en le récompensant de plusieurs belles terres, et don Alphonse y fut rétabli, en venu d'une bulle de Paul 11. Après sa mort, don Jean Pacheco, marquis de Villena» fut élu grand maître Tan 1469, et, ayant gouverné Tordre pendant quelques années, il se démit de là

{rande maîtrise, en faveur de son fils, don yace Lopez Pacheco. Le roi Henri IV fit solliciter le pape pour en avoir la confirmation; mais, noyant pu Tobtenir, ce prince mit Didace de Pacheco en possession de la grande maîtrise, en yerto de la renonciation do marquis de Vitlena, qui s'était faite du consentement de la plus grande partie des treize. Mats, après la mort de ce marquis, qoi arriva 1 an 1474, don Jean de Velasco, prieur d'Dclès, convoqua le chapitre et les treize électeurs, ce que fit aussi celui de Saint-Marc de Léon : de sorte qu'il y eut trois grands maîtres dans le même temps : don Rodrigue Manriquez, comte de Parède, élu par ceoi dlJcIès ; don Alphonse de Cardonas par ceux de Saint-Marc, et le marquis de Vlllena, don Didas Lopez de Pacbeco, en faTeur duquel D. Jean Pacheco, marquis de Villena, son père, s'était démis de cette dignité, et qui en était en possession. Ce dernier prétendit se maintenir par la voie dea armes, et chasser ses deux compéiiteurs qui avaient été élus à Uclès et à eaint-Marc. Il s'empara du château d'Cclès étant protégé par le roi, mais il né put s'y maintenir, ni être reconnu comme grand maître, car, après la mort du comte de Parède, qui arriva Tan 1476, les chevaliers qui dépendaient du prieuré d'Uclès élurent aussi pour grand malire don Alphonse de Cardenas : ainsi le schisme cessa après que les chevaliers se furent réunis. Mais ces oivilions ayant déplu à Ferdinand et Isabelle, rob de Castille, qui craignaient qu'elles ne causassent quelque guerre dans le royaume à cause de la puissance de ces chevalier», ils demandèrent pour eux et pour leurs suc- Cfsseurs Tadministraiion de cet ordre, qui li'ur fut accordée par le pape Alexandre VI, Tan 1493, après la mari du grand maître don Alphonse de Cardeniis, et pour lors la grande autorité des chevaliers commença à diminuer. L'empereur Charles V eot auasi TadmiulstrAtion de Tordre, qui lui avait été ac-

biCTIOTîfllini OBS OhDRCS HkLIOlKUX. IL

cordée Tan 151,5 par le pape Léon X, et Tan 1523 le pape Adrien VI annexa pour toujours à la couronne d'Espagne les grandes maîtrises des trois ordres de Saint-Jacques, de Calatrava et d'Alrantara.

L'ordre de Saint -Jacques s'était aussi étendu en Portugal, où il avait reçu de

S rends biens parla libéralité des souvernins e ce royaume. Les chevaliers dépendaient du couvent d'Uclès ; mais le roi don Denis voulut avoir en son royaume un grand maître indépendant de celui d'Espagne; il établit le chef de cet ordre à Alcazar d'OzaI, et depuis il fut transféré à Palmella. Les rois de Portugal ont été les premiers qui obtinrent l'administration de cet ordre. Elle fui accordée au roi Jean II après la mort du prince Georges, duc de Conimbro, son fils, qui en a é!é le deruier grand maître en Portugal, et le pape Jules II l'annexa à la couronne en la personne du roi Jean III.

Comme nous avons.déjà parlé du conseil des ordres, et que nous aurons encore lieu d'en parler dans la suite de cette histoire, ti est à propos de rapporter l'origine de ce conseil, qui est maintenant comme le supérieur général non-seulement de Tordre de Saint-Jacques, mjiis encore de ceux de Calatrava et d*Alcantara. Le ^ape Adrien VI no réunit les grandes maîtrises de ces ordres A la couronne d'Espagne qu'à eondition qu'en ce qui regardait le spirituel, le roi n'agirait point par lui-môme, mais commettrait pour cela des personnes des mêmes ordres : c'est pourquoi Tempereur Charles V, roi d'Espagne, établit un conseil, qu'il ap* pela le conseil des ordres, Icauel doit être composé d'un président et de six chevaliers (dont deux de chacun de ces trois ordres), qui ont le même pouvoir et la même autorité que le roi peut avoir sur ces ordres en qualité d'administrateur perpétuel, tant en ce qui concerne la juridiction temporelle ou séculière que la juridiction ecclésiastique, pourvu qu'elle ne soit pas purement spirituelle, comme de conférer les ordres, administrer les sacrements, fulminer des cen« sures et autres choses semblables, dont les fonctions sont exercées par des personne^» ecclésiastiques de Tordre, et qui sont dépu* tées par le conseil, qui connaît des causes civiles et criminelles des chevaliers et do leurs vassaux, et qui fait eiécuter les ordonnances faites aux chapitres généraux.

Il donne avis au roi des commanderies , dignités, prieurés, bénéfices, gouvernements et charges qui vaquent, afin qu'il y pourvoie. Cette juridiction , qui ne forme qu'un tribunal avec le roi, est ecclésiastique et régulière, quoique exercée par des personnes laïques. Elle esf souveraine, juge eu dernier ressort , et on n'en peut appeler qu'au saint-siége. Clément Vil Tapprouv«i par des bulles des années 1524 et 1525, et ajouta à son pouvoir celui de connaître des décimes, des bénéfices, des mariages et autres choses semblables dont la counaissanco appartenait aux évéquos comme ordinaires. Elle fui aussi approuvée par le pape Paul l!l,

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en t5V2y el dani la soife par le pape Pie V.

Le pouvoir de ce tribunal s'étend sur deux tilles, deux cent vingt bour|[s et 8oix«intefininie villages, dont il y a deux villes et cTut soixante-dix- hui( tant bourgs que villages qui appartiennent à Tordre de Saint- Jacques, soixante-quatre à celui de Calatrava, et cinquante-trois à celui d'Atcantara. Non-seulement les chevaliers, les chanoines, les chapelains et les religieuses de ces ordres, sont soumis à Tobéissance et correction du conseil -des ordres; mais la juridiction de ce conseil, tant pour le temporel que pour le spirituel, 8*étend aussi sur tous les prêtres séculiers qui ont des bénéfices, et les religieuses des autres ordres qui ont des monastères situés dans les lieux qui appartiennent & ceux de Saint- Jacques, de Calatrava et d'Alcantara. Le président de ce conseil est ordinairement un des plus grands seigneurs d*Cspagne. Il y a encore plusieurs offices qui dépendent de ce conseil, dont les plus considérables sont celui de secrétaire des ordres, le contador mayor^ ou grand trésorier des ordres, le grand huissier des ordres, trois procureurs généraux , trois chevaliers fiscaux et un grand trésorier du conseil, qui dans les actes publics ont tous séance dans ce tribunal. Les autres offices, qui sont en grand nombre, sont moins considérables, comme l'agent, le fiscal, l'avocat et le procureur des pauvres, l(!S trésoriers de chacun de ces ordres en pariiculicr, leurs chanceliers, les huissiers el quelques autres.

Nous avons vu, par fe nombre des villes, bourgs et villages qui appartiennent à Tordre de Saint- acques, qu'il possède lui seul plus de biens que les deux autres. A Tégard des commauder.es, il y en a quatre-vingtquatre, dont il y en a tiois grandes, qui sont les grandes commanderies de Castille, de Léon et de Montaluan en Aragon. Ces quatrevingt-quatre commanderies ont 230,000 ducats de revenu, outre deux cents prieurés, cures et autres bénéfices simples qu'on peut donner avec dispense do pape à des personnes qui ne sont pas do 1 ordre. Il y a treize bourgs qui sont des vicariats avec des juridii'tions spirituelles , savoir: Villa-Nuevade los Infantes, Vilia-Rodriguo, Viltalua, Estriana, Xérès, Emeriia, tudia, Jeste, Caravacca, Veas, Segura de la Sierra, Aledo et Totana. Il a encore quatre ermitages, cinq hôpitaux et un collège à Salamanque. Cet ordre est divisé en quatre provinces, qui sont Castille, Léon, la Vieille-Castille et 1 Aragon, où le roi , comme administrateur, et te chapitre général envoient des visiteurs. Celui de la province de Léon est élu par le prieur el le chapitre du couvent de Saint- Marc de Léon, et doit être confirmé par le conseil des ordres. Outre ces visiteurs généraux, le roi en députe encore d'autres pour s'informer si les chevaliers, les chapelains et les autres observent leur règle et les statuts de Tordre. Ces visiteurs sont toujours chevaliers et sont accompagnés de quelques chapelains ; leur pouvoir ne s'étend pas seu-

lement sur les chevaliers, mais aussi sur ceux qui possèdent des bénéfices dans les lieux qui appartiennent à Tordre. Les ehe valiers doivent obéir au conseil des ordres et aux supérieurs des monastères lorsqu'ils y demeurent, ou qu'ils y font leur noviciat, ou lorsqu'on les a obligés de s'y renfermer poar quelques fautes.

Pour être reçu chevalier, il faut faire preuve de noblesse de quatre races, tant du côté paternel que du côté maternel ; et quoique anciennement la noblesse maternelle ne fût pas requise, elle est néanmoins présentement nécessaire depuis qu'elle a été or* donnée dans le chapitre général de Tan 1653. Il faut encore faire preuve que les mêmes ancêtres n*ont point été juifs, Sarrasins, hé** rétiques, et qu'ils n'ont point été punis comme tels par le tribunal de Tinquisition. Ces preuves se doivent faire devant un chevalier et un chanoine de cet ordre ; et si elles sont approuvées par le conseil des ordres, le roi commet quelqu'un pour douner Thabit i celui oui doit être reçu. Les novices sont obligés de servir sur les galères pendant six mois, et de demeurer pendant un mois dans un monastère pour y apprendre la rèffle ; mais on les dispense aisément de ces obligations moyennant one somme d'argent ; le roi et le conseil des ordres accordent ces dispenses.

Ils étaient autrefois véritablement religieux et faisaient vo^ de chasteté; mais le pape Alexandre III leur ayant permis de se marier, ils ne le peuvent faire sans la permission du roi, qu*ils doivent avoir par écrit. On leur impose un an de pénitence s'ils se marient sans cette permission"; et si c*esl un des treize, il est privé de cette dignité. La raison de cette déiènse, c'est que les femmes des chevaliers doivent faire les mêmes preuves que leurs maris, et que le conseil des ordres doit nommer des commissaires poor en fdire les informations. Ils étaient obligés de s*abstenir de leurs femmes i certaines fêtes de Tannée, comme à celles do la Vierge, de saint Jean^Raptiste , des saints apôtres et quelques autres, et les veilles de ces fêtes, comme aussi les jours de je&ne prescrits par la règle, qui étaient, outre le carême de TEglise universelle, depuis le huit novembre jusqu'à la Nativité oe Noire-Seigneur, et tous les vendredis depuis le premier septembre jusqu'à la Pentecôte. Le pape Innocent IV dispensa du jeûne, depuis le huit novembre jusqu'au premier dimanche de Vdveni, les chevaliers qui étaient à la guerre. Martin V les dispensa entièrement de la règle et de Tobligation de se retirer dans drs monastères aux jours qu ils devaient se séparer de leurs femmes, laissant cela à leur volonté. Innocent VIII, ayant été consulté pour savoir si les chevaliers qui n'étaient pas à la guerre étaient oblisés aux jeûnes de la règle, déclara, Tan iiSo, que les uns el les antres n'y étaient pas obligés; et, sur ce que Tordre représenta encore i ce pontife qu'il y avait plusieurs points de la règle qui obligeaient à pcclié mortel, comme de s*ab»-

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tenir des femmes à cerlains temps, de réciter certaioes prières, et antres choses sem* blables, ce pape déclara encore la même année que la transgression de la règle n'obliKMil point à péché mortel.

Ces chevaliers no font plus présentement qoe les vœux de paa?reté| d*obéîssance et de chasteté conjugale, auxquels ils en ajoutent un quatrième, de défendre et de soutenir rimmacnlée conception de la sainte Vierge. Les trois ordres de Saint-Jacques, de Calalrava et d'Alcantara prirent cette rélolnlion dans leurs chapitres généraux, qu'ils tinrent Tan 1652. Ih consultèrent à ce sujet le roi Philippe iV, comme administrateur perpétuel de leurs ordres ; et ce prince, qui avait .une grande dévotion à la sainte Vierge approuva la résolution que ces ordres avaient prise. Ils voulurent s'engager à ce dernier vœu publiquement et par une cérémonie éclatante. Ils indiquèrent dos neuvaines qui se ûrent à Madrid, dans trots églises différentes, qui étaient magnifiquement parées, et dans lesquelles il y eut tous les jours prédication sur le mystère de la conception, et une messe célébrée poutificalement par les prieurs de ces ordres et par des abbea de ceux de Saint-Benott et de Clteaux ; ce qui se fit dans différents temps, afin qu'une cérémonie n'empéchftt pas l'autre. L'ordre de Saint-Jacques commença le premier dans l'église du collège de Saint-Augustin appelée de Dona Maria de Aragon.

L'ordre de Calatrava fit la sienne dans l'église de Saint-Mariin de l'ordre de Saint-Benoit ; et celui d'Alcantara dans l'église de Saint-Bernard de l'ordre de CIteaox. Dans chacune de ces églises, les chevaliers de chaque ordre assistèrent en habit de cérémonie. Après l'évaogile de la messe, un chevalier prononça, au nom de tout Tordre à haute voix, la formule du vœu, et ensuite chacun» en présence du célébrant, fit la même cliose en mettant la main sur la croix et sur les Evangiles, et l'on fit un règlement dans les chapitres généraui, que tous ceux que l'on recevrait a la profession feraient le même vœu. C'est pourquoi, dans la formule de la profession de ces ordres, api es les trois vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté conjugale , celui qui fait profession ajoute : y oiimeimo hago voto de tener^ defender^ y guardar en publico y en eecreio que la Virgen Maria madré de Dios^ y Sehora nuttira^ fue concebida tin mancha ae pecado oriainal.

Il y a aussi plusieurs commanderies de cet ordre en Portugal, et il y en avait aussi une en France dans la ville d'Etampes. L'ha> bit de cérémonie des chevaliers, tant d'Espagne que de Portugal, consiste en un manteau blanc avec une croix rouge sur la poitrine, avec cette différence que les chevaliers (l'Espagne la portent en forme d'épée, fleurdelisée par le pommeau et les croisons, et que celle des Portugais n'est pas en forme riVpée, mais est aussi fleurdelisée par le

(1) Voy., à la an du vol., n* 33^

bas (1). Lorsqu'un chevalier de cet ordre meurt, le commandeur de la commanderie la plus proche de la demeure du chevalier est obligé, outre les prières ordinaires, de nourrir un pauvre pendant quarante jours.

Voyez les auteurs cités au paragraphe précédent.

ÉPÉES (Ordre dbs). Voyez SÉRAPHifis.

EPERNAY (Saint-Martin d'). Voyez Jean DE Chartres (Saint-).

ÉPERON DOR (Chevaliers de l'J.

Anciennement c'était la coutume de créer des chevaliers avant le combat, afin qu'ils y allassent avec plus d'ardeur, on après le combat pour récompenser sur-le-champ ceux qui avaient eu plus de part à la victoire. Les cérémonies que l'on a pratiquées pour faire ces sortes de chevaliers ont été différentes selon les temps ; car d'abord on se contenta de les frapper légèrement d'une épée nue sur le dos, et de leur mettre Tépée dans le baudrier; on y ajouta ensuite Taccolade, et enfin ou leur permit de porter des éperons dorés , qu'on leur attachait aux pieds, ce qui leur fit prendre le nom de Chevaliers Dorés. C*est encore aujourd'hui une coutume pratiquée par plusieurs prin« ces d'honorer ainsi, le jour de leur courunnement, quelques seigneurs de leur cour en les faisant chevaliers avec les mêmes cérémonies. L'empereur Ferdinand I'', lit le jour de son couronnement, des chevaliers de TEperon, qui furent ainsi nommés apparemment à cau:}e des éperons d'or qu on leur attacha aux pieds. Mais ce qui n'était autre* fois aue la récompense de la valeur est aujourahui fort commun en Angleterre, et se donne indifféremment aux gens d'épée ei de robe, et même à des marchands, qui sont ainsi reçus en ce royaume : ils se mettent à genoux devant le roi, qui les touche avec une épée nue sur l'épaule, en disant ces paroles : Sots chevalier au nom de Dieu , et à cause des éperons dorés qu'ils portent lo •jour de leur réception, on les appelle Che-. valiers Dorés, équités aurait ; mais, comme ces chevaliers ne forment point de société particulière, ils ne portent aucune marque qui les distingue, et sont compris dans ce qu'on appelle en général l'ordre de chevalerie.

il n'en est pas de même des chevaliers do l'Eperon d'Or, dont nous allons parler et qui portent pour marque de leur ordre une croix d'or à huit pointes émaillée de rouge, au bas de laquelle pend un éperon d'or (2) ; on les doit regarder comme formant un ordre militaire distinct et séparé de cet ordre général de chevalirie et de tous ces chevaliers qui prennent le titre de Chevaliers Dorés et de l'Eperon, dont nous venons de parler. L'on prétiMid que ce lui le pape Pie IV qui institua cet ordre à Rome, l'an 1559. Mais il ne parait pas que ce ponttfe ait donné à relui qu'il insiiiua le nom de TEperoa d*ory au contraire il lui donna son nom; cl

(i) Voy.,àlaûnduvoi., n*3i.

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rot Tan 65(^, fonda un moiiaslère à Epinal en i'honneor de saint Maurice et en fayenr de ses deux filles, dont Talnée, nommée Précie, fot la première supérieure ; et que celte abbaye, située sur le bord de la Moselle, s*est rendue recommandable par la multitude des dames ou des religieuses qui s'y sont retirées, par sa grandeur, son étendue et les grands biens qu'elle possédait : ce qui y a attiré tant de monde, qu'on y a bâti une ville à l'cntour qui se nomme Epinal, et que quelques historiens tiennent que c'est de là que celte ville appartenait auirorois aux évèqoes de Metz, il donne assez à connaître qn*il rrconnall aussi ce saint pour le fonda* leur de celte ville, puisque dans la table des matières, parlant d'Epinal, il dit positivement que cette ville fut bfltie par saint Goërie. Cependant il est certain que non-seulement la ville d'Epinal, mais même l'abbaye qui porte présentement le nom de ce saint, n'ont été fondées que plus de trois cents ans après. Ce fut Déoderic ou Thierri 1*% évéque deMclz,qui fonda l'une etl'antre vers ran983, Ceque l'évéquedeMadaure reconnaît en quelque façon : car, lorsqu'il dit qu1l y a des mémoires qui porlenl que Thierri , outre l'abbaye de Saint-Vincent, qu'il avait fondée à Metz, en fonda encore une autre à Cbaamonl, cette fondation ne peut être autre chose que celle de l'abbaye d'Epinal, puis-

3u'elle fut bAlie au territoire de ChanmonI ans le diocèse de Toul. Ce qui prouve c|ue saint Goëric n'a point été le rondateur ni de la ville ni de l'abbnye d'Epinal, c'est que, lorsque les bourgeois d'Epinal, las de la domination des évéques de Metz, se donnèrent, l'an 1U4, à Charles VII, roi de France, et lut prêtèrent serment de fidélité, Conrard Bayer de Poppart, évéque de Metz, ayant demandé au roi la restitution d'Epinal, et voulant prouver qu'elle avait toujours appartenu aux évéques de Metz, qui en avaient été les fondateurs, ne remonta point au temps de saint Goëric pour prouver son antiquité, mais bien au temps de Thierri 1", qui en était le premier fondateur, aussi bien qne de l'abbaye.

Thierri i" ayant donc fondé la ville et rabbaye d'Epinal vers l'an 983, comme nous Tavons dit, fit transporter de Metz le corps de saint Goëric, qui avait toujours reposé dans l'église de Saini-Symphorien, et le mit dans le nonve;iu monastère d'Epinal, auquel il donna le nom de ce saint. Ce prélat étant mort avant d'avoir mis dans ce monastère des personnes qui y chantassent les louanges du Seigneur, saint Adalbéron 11 y assembla d'abord des clercs, et donna ensuite ce monastère à des religieuses de l'ordre de Saint- Benoit. C'est ce oui parait par la Vie de ce saint, écrite par Kicher, abbé de Sainl-Sym-

(diorien de Metz, auteur contemporain, dont 'original est chez les Père* Carmes Déchaussés de Clermont en Auvergne, et dont

(I) MiniiscriU de du Cbénc, à la biblioihèqtte du Roi. vol, \ll.

(i) IttfKntaire da titres de Lorraine au Trésor dc^

il y a une copie à la bibliothèque du Roi (1). Primo quidam eieficorum eonventum ad om* nipotentis Dei honorem eoadunamt: poit^ gloriam Divinitatis , quantum in homi$u €$i totis viribuê omnique eonamine geêtiêm^ mieiltas Chriiti suh regulari vita $t sub însCtlu-* (lone Pa(ris noilri, beaii icilieet Bénédictin bene edoctas^ Dec et êaneto Goerieo poniifiei itrvire destinavit , danê prœdia et pofses f tonee^ quibus tine inopia et iine indigenlia vî« vere potsent. Les papes Alexandre 111, Honorius 111, Lurius 111, et plusieurs autres pontifes , prirent ce monastère sous leur protection.

Charles VU, roi de France ayant pris possession de la ville d'Epinal, en iw, oon« firma à ces religieuses tous leurs pririiéges, franchises, libertés, droits et prérogatives, dont elles jouissaient, par ses lettres don^ nées à Epinal la même année ; et par d'au* très lettres il les prit sons sa protection et sauvegarde, aussi bien que leurs chanoines, chapelains , et autres personnes de leur église, et tous leurs officiers, serriteurt et vassaux, leur départant pour gardiens spéciaux les baillis et prévôts de Sens, de Chanmont et d'Epinal.

Leur église avait le titre de collégiale. C'est ce qui se prouve par un acte (2) de la prise de possession de la ville d*Epinal et de ses dépendances, par Nicolas, marquis de Pont-à-Mousson, an nom de Jean, duc do Calabre et de Lorraine, son père, et du serment de fidélité et dobéissance prêté entre ses mains par les bourgeois d'Epinal (B)f qui s'étaient donnés an duc de Lorraine, après qne le roi de France Louis XI eut cédé leur ville ^ Thibaut, seigneur de Neufchflteau,deChÂtel-8ur-Moselle,et maréchal de Bourgogne, qu'ils ne voulurent point reconnaître pour souverain; lequel acte est passé par-devant quatre notaires, qui prennent la qualité de notaires apostoliques ci impériaux en réglise collégiale de Saint- Goëric d'Epinal. Mais quoique leur église eût le tiire de collégiale, ces chanoinesses se disaient toujours religieuses, car l'an i^*?** René, duc de Lorraine, suivant le droit qu'il avait à ion joyeux avènement à son ducbé(»), de pouvoir placer en chaque monastère de ses Etats une religieuse, présenta à l'abbe^ d'Epinal, Alix, fille de Louis, seigneur de Dommartio et dlsabelle du Châtelet ««ta épouse, pour être reçue dame et religieuse en ce monastère, en faisant par elle les droits appartenant à cette égliee^ et lui donnw et délivrer tous les bi ns, profits, honneurs et émoluments que les dames présentées par ses prédécesseurs y avaient pris et reçus. Mais dans la suite elles ml pris le nom de chanoinesses. Elles sont au nombre de vingt. Leur habillement de chœur est semblable â celui des chanoinesses de Remiri-mont; 1 abbesse, la doyenne, et la secrette, au lieu de couvre-chef, ont une espèce de guimpet ei

cliiiries du rot. Lnyetlc, Rpiiial, n. t47. (5t I6tr/.. II. il5.

(4) Ibid., n. loi.

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