‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 23 sur 118 · ET1I · texte numérisé non relu

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mannel, roi de Portugal, qui accompagn«i rambatsadeor que ce prince envoya Tan ISiO i l'empereur des Abyssins, et qai a donné la relation de celle ambassade, nous assore néanmoins qu'il y a dis prélres séculiers eo Ethiopie; que depuis qu'ils ont èlé ordonnés diacres jusqu'à ce qu*ils soient prélres, ils peuvent se marier une fois seu- IpHient ; qa*ils ne peuvent pas entrer dans la rléricalure s'ils ont été mariés ; et que si éianl prêtres ils se remarient, ils sont dégra* dés el réduits à l'état laYcal, ne pouvant plus entrer dans l'église» ce qui n'est permis qo*aux prêtres et aux clercs. Sous la qua* IKé de clerc est renfermé aussi Tordre de »ous-diacre aussi bien que celui de diac. c, 1)06 ceux que Ton fait clercs reçoivent en même temps et sans aocon exam.*n ; car il j a un grand nombre de ces ordinands q i ne pourraient répondre aux demandes qu on leur ferait, puisque la plupart sont encore à la mamelle. L'on peut aiontcr foi à cet auleor, qui s'était trouvé à plusieurs de ces ordinations. Dans la première qu'il vit, le palriarche ordonna deux mille trois cent cinqaanle^six prêtres , parmi lesquels il y afail di'S religieux aveugles, d*anires qui n'iiraicnt qu'un bras, et d'autres qui n liraient qu*une jambe; et le patriarche lui dit qu*ii y avait eu p<>u de prêtres dans cette ordination, pr.rcc que tous ces prélres ficelaient que des environs du lieu où il était pour lors, qu'ordinairement il n'en ordonnait pas moins de cinq à six mille à la fois, elqaeron ne faisait pas l'ordination des clercs dans le même lemos. En effet le lendemain celle des clercs se ut et dora depuis le malin jasqu^au soir, non pas à cause de la longueur des cérémonies qui se pratiquent i 1 égard de chaque ordinand , mais à cause du grand nonnbre des personnes qui reçurent la ciéricature.

Comme il n'y a point d'autres évêques en Ethiopie que le patriarche, il fait souvent do ces sortes d'ordinations ; et jamais abus n'a èlé porté plus loin que celui-là, recevant indifféremment toutes sortes de personnes, lans aucune attention aux qualités requiles. Ainsi M. Poncet n'a peut-être point trop avancé en disant qu'il avait appris du patriarche que son prédécesseur avait fait dans ooe seule ordination dix mille prêtres et sit mille diacres, ce qui a pu se faireendeui différents jours , car toute la cérémonie que l'on observe dans Tordi nation des prêtres consiste en ce que le patriarche met la main sor la tête de chaque prêtre en disant quelques prières, et ensuite, après avoir lu quelqtie temps dans un livre, il leur donne à tons plnsiears bénédictions avec une croix de fer.

Qnoiau'il ue soit pas vrai qu'il n'y ait point d autres prêtres en Eibiopie que les religieux, cela n'empêche pas qu'il n'y ait nn si grand nombre de ces derniers dans cet empire, qn'Àivarex assure encore que tout M est rempli ; qu*on ne voit que moines dans les monastères, dans les églises, daus les rues, dans les marchés; qu'il n'a vu aucune

église desservie par des prêtres sécuUers où il n'y eût aussi des religieux; et qu'il n'a trouvé aucun monastère où il y eût des prêtres séculiers.

M. Ludolf confirme cette multitude de moines en Ethiopie; mais il ne semble pas être d'accord avec les relations de quelques voyageurs touchant les monastères de ces religieux, car il prétend qu'ils demeurant ordinairement auprès des églises dans de pauvres cabanes dispersées çà et là dans un enclos; qu'ils ne portent point l'habit monacal; qu'on ne les distingue des séculiers que par une croix qu'ils portent toujours à la main; que leurs demeures ne peuvent pas être appelées des cloîtres ; qu'ils ne méritent pas le nom démo nés, et qu'on ne lesdoit regarder que comme des colonies de gens qui ne sont point mariés.

Cependant Alvarei doit être cru, puisqu'il a demeuré six ans en Ethiopie, qu'il allait presque tous les jours au monastère de la Vision de Jésus, dont il ne demeurait pas loin, et qu'il assistait avec les moines à toutes leurs principales fêtes et cérémonies, auxquelles il était souvent invité. Cet auteur, faisant la description de ce monastère, situé dans la province do Tigré, sur une haute montagne au milieu d'une forêt et dans une affreuse solitude, dit qu'ordinairement il y a cent religieux qui y demeurent el qui mang« nt ensemble dans un même réfectoire, excepté les vieillards, qui en sont dispensés, à qui l'on porte à manger en particulier; que les revenus de ce monastère sont très-considérables; que la montagne où il est situé lui appartient entièrement , et qu'elle a plus de dix lieues d'étendue ; qu'au bas de cette montagne il y a plusieurs fermes qui dépen* dent du monastère, outre plusieurs autres que Toutrouv^' jusqu'à trois journées audelà, qui s'appellent Gullus, c'est-à-dire les franchises de 1 1 Vision; qu'il y a encore plus de cent villages qui lui payent tous les trois ans chacun un cheval, mais quelc procureur du monastère prend des vaches à raison de cinquante pour chaque cheval ; de sorte q u'il reçoit bien par an dix sept cents vaches, dont les religieux tirent du beurre pour régaler les étrangers qui les viennent voir, et pour en mettre dans leurs lampea au lieu d*huil>*. ^»

Comme il y a des auteurs qui ont écrit que dans ce monastère il y avait ordinairement trois mille religieux, et que Ion avait dit la même chose à Alvarez, il y alla le jour do l'Assomption de la sainte Vierge, auquel jour les religieux font une procession géué* raie ; il n'y vit néanmoins que trois cents religieux ou environ; et en ayant demandé la raison, on lui dit que les autres étaient dispersés dans d'autres monastères ou églises particulières et aux foires et marchés, pour gagner leur vie pendant qu'ils étaient jeunes j a cause que le monastère de la Vision n'était pas en état d'en nourrir nn si grand nombre, et qge quand ils étaient hors d'état de gagner leur vie, ils venaient passer le reste de leurs jours au couvent. Eu effet le même au-

DICTIONNÂIRB DES ORDRES RELIGIEUX

leur asMire encore qae dans toutes les foires el dans tous les marchés l'on ne voit que re- Ûgieox et religieuses qui y trafiquent.

M. Poncct confirme ce que dil Alvnrez de ranstérité do ces religieux et de la beauté Je quelques monastères en ce pays, el dil aussi qu*il y a plusieurs antres monastères qui dépendent de celui de la Vision* nommant entre autres celui d*Héléni, qui est très-beau > et où il y a une magnifique église. Il ajoute que les cellules de ces religieux sont si étroites, qu'un homme a de la peine à s'y étendre, qu'ils ne mangent point de viande non plus que les autres religieux d'Ethiopie, qu'ils sont toujours appliqués à Dieu et à la méditation des choses saintes, et que c'est là toute leur occupation.

L'abbé du monastère de la Vision le reçut avec beaucoup de charité aussi bien que ceux de sa suite, il leur lava les pieds et les baisa pendant que les religieux récitaient des prières. Après celte cérémonie, Ils furent conduits processionnellement à l'église, les religieux chantant toujours. Ils allèrent ensuite dans une chambre où on leur ap** porta à manger. Tout le régal consista on du pain trempé dans du beurre ; et pour lour boisson on leur donna de la bière, car l'on ne boit ni vin ni hydromel dans ce monastère; et l'abbé leur lint toujours compagnie, mais il ne mangea point avec eux.

Le même voyageur a cru apparemment embellir la relation de son voyage par le récit d*un prodige qu'il a vu, à ce qu'il dit, dans l'église de ce monastère de la Vision. On l'avait assuré que dans Téglise, du côlé de l'Epitre, on voyait en Tair, sans aucun cippui ni soutien, une baguette d'or, ronde, longiio de quatre pieds, et aussi grosse qu'un bâton. Croyant qu'il y ava«t quelque artifice, il pria l'abbé de vouloir lien lui permettre a'examiner s'il n'y avait point quelque appui qu'on ne vit point. Pour s*en assurer d*une manière à n'en pouvoir pus douter, il passa on bâton par-dessus, pardessous et de tons les côtés, et il trouya que la baguette était véritabletnent suspendue eu l'air. Les religieux lui dirent qu*il y avait environ 336 ans qu'un solitaire nommé Abba Philippos se relira dans ce désert, où il ne se nourrissait que d'herbes et ne buvait que de l'eau ; el qu'un jour Jésus-Christ se fit voira lui, et lui ordonna de bâtir un mo« nastère dans l'endroit du bois où il irouv<rail une baguette d*or suspendue en Tair; et que l'ayant trouvée et vu ce prodige, il obéit, et bâtit ce mon tsière qui se nomme Bihem JesuSf Vision de Jésus. Cependant Alvarez, qui a demeuré six ans en Ethiopie et qui allait prcsqtie tous les jours à ce monastère, comme il le dit lui-même, ne parle point de ce prétendu prodige, quoiqu'il ait eu soin de marquer tout ce qu'il y avait de plus particulier dans ce monastère. H n'ignorait pas que cet abbé Philippe était non-seulement révéré comme saiul par les religieux de Cii monastère, mais encore par les habitants

des environs, qui célèbrent tons les ans u»€ fête en son honnenr; et il rapporte oiéiiie le sujet pour lequel ils l'ont toujours regardé comme saint. Ce fut, dit cet auteur, à Toccasion de ce qu'un roi d'Bthiopie ayant defi'udu qu'on observât le jour du sabbat dam tous les lieux de son obéissance, l'abbé Philippe et SOS religieux vinrent trouver « prince, et lui firent voir que Dieu avait ordonné que Ton garderait le jour do sabba', et que ceux qui ne le garderaient paa aéraient lapidés. 11 ajoute que les religieux de ce monastère et les peuples des environs sont les plus attachés à cette superailtion judaïque; que lui-même a va plusieurs fois que les religieux cuisaient le pain el préparaient leur manger le vendredi poor le samedi ; qu'ils n'allumaient pas même du feu lo samedi ; et qu'ils n'étaient pas si scrupuleux le dimanche, puisqu'ils préparateot i manger ce jonr-lâ. Sur quoi il y a lleo <^c s'étonner de ce que quelques personnes.

principalement M. Ludoir, aient regarde comme une chose innocente l'obserTation da sabbat parmi les Ethiopiens, après que le concile de Laodicée a prononcé anatbème contre ceux qui s'abstiennent par superstition des viandes que Dieu a créées, el cos- Ire ceux qui observent le sabbat à la manière des Juifs.

Ce que disent plusieurs écrivains, que In religieux d'Ethiopie sont habillés de peaut jaunes, se confirme par la relation d'Alvt rcz, qui dit la même chose ; il ajoute qu'il j a quelques monastères où ils sont ao^si habillés de toile de coton jaune, et que ces religieux habillés de jaune ont tous àfi chapes de la même couleur, faites comme celles des Dominicains. Âiuai cela ne s*accorde pas encore avec ce que dit M. Lndoï. que tous les religieux d'Ethiopie sont ha billes comme les séculiers, et ne sont distiigués que par une croix qu'ils portent toujours à la main (i). A la vérité M. Poacei. qui demeure aussi d'accord avec Alvar^i que les religieux des monastères de la Vision et d'Héléni 6ont habillés de peaux jaunes, parlant aussi de quelques autres reli* gieux qui sont en grand nombre dans li ville de Gondar (séjour ordinaire des empe« rcurs), puisque, outre quatre chapelles im* pèriales qui sont dans lenceinle du palais dtt l'empereur, et qui sont desservies par cent religieux qui ont aussi soin du colleter, où l'on enseigne à lire TEcriture suinte aux officiers de ce prince, il y a environ cmt églises dans cetto ville; il dit que ces rrhgieux sont habillés de même que les séci* liers, el n'en sont distingués que pa" onr calotte jaune ou violette, et que ces diverses couleurs distinguent leur ordre. Mais il y a bien de l'apparence que ceux qui ont une calotte jaune, el qui pour babillemeut portent» comme les séculiers, une veste uo soutane noire, sont de Tinstilut de Tabbe Eusiase (2), et les autres qui ont une caloiie violette pourraient bien être ceux qo'Alvs-

(I) Voy., àlsttn.lu vol., n* i7.

(2) Foy..à la On du vol., n* 48.

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ffi, Marmoly II. Lodolf e( quelques autres ]ippellen( des chanoines. Ceux-ci peuvent ^ire mariés; leurs enfants leur succèdent j^ins leurs prébendes ; et quoique la plupart fîTeiit en leur particulier, Alvarez dit néanmoins qu'il a yu quelques communautés de ceS sortes de chanoines. Ces moines, qui, selon M. Ludoir, sont dispersés çà et là dans de pauvres cabanes, et dont il dit que la delueiire ne peut pas être appelée monastère, «oQtsans doute ceux que les couvents où iis ont pns rhabtt envoient pour gag;ncr leur vie : et ainsi M. Ludolfne s*est peut-être pas irompé lorsqu'il a dit que chacun de ces ôioincs cultive son héritage, quil vit de ce Qu*il produil, en pouvant dispo.<er à sa volunté, ayant pouvoir d'aller où bon lui semble et de revenir quand il le juge à propos. 11 pouvait même ajouter que ces moines Ira- Gquaicnt, et que les marchés en étaient remplis.comme nousavons dit. Cepcndantquai.d ils sont retournés daus leurs couvents, ils y rivent en commun et tràs-ausièrement, sous la conduite iil'un supérieur dont ils dépen« dent entièrement.

il y a de l'apparence que ce monastère de l<i Vision et les antres qui j sont unis sont de linstilut de Tecla-Haïmanot , puisque Tabbé de ce monastère en est non-seulement le supérieur, mais qu'il a aussi une juridiction sur les autres qui en dépendent, dans lesquels il n*j a point d'abbés, mais seulement des sapérieurs qu'il nomme; et cet abbé de la Vision pourrait bien être lo même qui a eu autrefois sa résidence au monastèie de Debra-Libanos, et ensuite à Bagendra, qu'il aurait encore transférée au monastèio dt> la Vision. A l'égard des monastères de nie de Saiat-Claudo, de Sainte-Anne, de T/emba et des autres dont parle M. Poucet, qoi ont chacun un abbé, ils sont sans doute de rinstitut de Tabbé Eustase, pour les raisons que nous avons dites ci-dessus en par- Uni de ces deux restaurateurs de la vie monastique en Ethiopie.

Tous ces moines, selon M. Ludolf, peuîeat exercer des ofiices civils, et même avoir des gouvernements de province, ma>s il n*est permis à qui que ce soit d*untre eux de renoncer à la vie monastique ; et, s'ils se marient* ib sont regardés comme des infâmes, et leurs enfants ne peuvent jamais parvenir à la cléricature, n'y ayant rien tant que les li^tbiopiens souhaitent avec plus de passion qoe d'être prêtres, afin d'avoir la vie as!»uree, ce qui fait qu'il y en a un si grand nombre; en eflet* Alvarez s*étonnant de l'abus que le patriarche d'Ethiopie commeltait ^'n ordounaol un si grand nombre de pré* Ires, quoique parmi ces prêtres il s'en trouai plusieurs qui étaient aveugles, d'autres qui n'avaient qu'un bras, et d'autres qui n'avaient qu'une jambe ; ce grand nombre de prêtres paraissant d'ailleurs inutile, puis* qne Ion ne dit qu'une messe par jour dans chaque église, il en témoigna sa surprise à '^elui qui faisait la fonction de grand vicaire dn patriarche. Cet homme lui répondit quo It) Vsf ., è U fin du vol., u* 49.

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Ton no les ordonnait prêtres qu afin qu'ils pussent vivre dos aumônes de l'Eglise, sans quoi ils ne pourraient subsister.

On peut juger par la multitude des moinra de ce pays qu'il doit y avoir aussi beaucoup de monastères, n'y ayant guère de ville ou il n'y en ait plusieurs, outre ceux qui >onl à la camp:igne et dans les bois. Les plus fameux sont premièrement celui de la Vision de Jésus, celui de Sainte-Anne, sifué sur une montagne entre Gondar et Emfras. qui est un lieu de dévotion où il vient de bien loin un grand nombre de personnes eu pèlerinage ; celui de .Tzemba, sur la rivière de Reb, à une demi-lieue d * Gondar, qui est trèsbeau et très-grand, aussi bien que celui d'Héléni et celui iVAlleluia, Ce dernier fut ainsi nommé, à ce que disent ces moines, par celui qui en fut le premier abbé, sur 1d rapport d'un ermite qui, étant en oraison, vit en eitase et entendit des anges qui chan* taient Alléluia dans ce lieu.

Il y a aussi un grand nombre de rclig'euses en Ethiopie, qui sont pareillement habillées de toile de coton ou de peaux jaunes, et ne portent ni manteau ni capuce. Elles ont la tête rasée, autour de laquelle elles ont un bandeau de cuir iar^çe de deux doigts qui, passant par-dessous le menton, se lie sur le front, et donl les deux bouts pendent sur les épaules (1). 11 y en a qui croient quo ce n'est quo rhabillemcnt des novices, et que les professes peuvent mettre un voile et un manteau. D'autres disent que cela n'eiit permis qu'aux vieilles. Elles ne sont point renfermées dans des monaslères, mais elles demeurent dans les fermes et les villages qui dépendent et obéissent au monastère où elles ont pris l'habit, Alvarez dit avoir vu quelques communautés de religieuses qui ont néanmoins la liberté de sortir de leurs maisons pour aller où bon leur semble. Il y a de ces religieuses qui mènent une vie as* sez réglée, mais il y en a beaucoup qui ne croient pas que ce soit un déshonneur pour elles d'avoir des enfants. Schoonebeek met leur iiistiiution vers l'an 1325, parla vénérable mère Imata; mais c*est apparemment sur la relation du P. Louis d'Urota de l'orlre de Saiut- Dominique, qui, dans l'histoire qu'il a donnée d'une province supposée de son ordre en Ethiopie, a prétendu que presque tous les religieux de ce pays étaient de Tordre de Saint-Dominique, ei que la mère Iniata fonda un monastère du même ordre pour d s religieuses â fiedenagli, où il n'y en eut d'abord que cinquante, mais dont le n >mbre augmenta jusqu'à cinq mille après la mort de celte prétendue fondatrice : ce qui n'i*st pas moins fabuleux que ce qu'il rapporte des couvents de P.urimanos et de i'AU iciuia, où il met neuf mille religieux de sou ordre dans le premier, et sept mille dans Tautre, sans compter les dom<*stiqQes quii sont au nombre de plus do trois mille dans celui de Plurimanos, comme nous l'avons dit au long à l'article Dominigai;».

\ oyez Job Ludolf, £fis^ Ethiop. et $9%

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Commentaire sur la même Hiiloire; Franc. Alvarez, son Voyage en Ethiopie; Marmol, Description de V Afrique ; Louis d*Crela, Hi$t. de la sagrada oraen de Predie. en Ethiopia ; cl le P. le Gobicn, k' Recueil des Lettres Edifiantes des missions étrangères^

§ 2. Des jeûnes et abstinences des moines et des religieuses en Ethiopie,

Lns jeûoos ci abstinences des moines maronîtcs,arroén'ens, jacobiles c( coptes, sont pca de chose en comparaison des jeûnes et morlificalions des moines élhiopiens, qui commencent avec tes séculiers le carême de TEgUse universelle à la Sexagésime, etqu*ils observent trè^-rîgoureusement , ne man* géant, pondant tout le temps qu'il dure, que du pain et ne buvant que de Teau. Il est vrai qu'ils trempent leur pain dans une espèce de sauce qu'ils font avec de la graine decaofTa, qui est fort cuisante à la bouche. Ils se servent encore d'une antre graine qu'ils nomment tebba, qu'ils accommodent en manière de moutarde. Il se trouve beaucoup de ces religieux qui par dévotion ne mangent point de pain pendant tout le carême ; quelques-uns même s'abstiennent d'en manger toute leur vie, et mangent seu* lemcnt de l'agrinos, qui est une herbe qu'ils font cuire dans de l'eau, sans sel ni beurre, cl sans autre assaisonnement. Quand ils n'en peuvent pas trouver, ils usent do quelques légumes, comme fèves, lentilles et autres semblables, qu'ils font seulement amollir dans de l'eau. .Quelques-uns portent un habit de cuir sans manches, ayant les bras tout nus ; plusieurs ont sur leur chair une ceinture de fer large de quatre doigts, avec des pointes qui entrent bien avant dans la chair; d'autres ne s'asseyent point pendant tout le temps du carême, mais demeurent toujours debout. H y en a aussi qui pendant ce temps-là se vont renlVrmer dans des ca« verncS, où ils vivent d'herbes et de lentilles seulement. 11 y a encore beaucoup de religieux et de religieuses qui tous les mcrcredii et vendredis du carême passent la nuit dans l'eau. François Alvarez dit qu'il avait de la peine à le croire; mais qu'ayant été avec plusieurs personnes sur le bord d'un lac, ils virent qu'il y en avait nne inGnlIé dans ce iac« et que quelques-uns étaient dans de petites loges de pierres bâties exprès. Il y a de l'apparence que les nuits sont liien froides en ce pays-là ; autrement ce ne serait pas une mortitlcalion de rester dans l'eau pendant la nuit dans le temps du carême, dans un pays où le soleil est très-ardent en ce temps-là, et où même les fruits d'automne de nos quartiers sont en maturité. EnGo il y en a qui se retirent dans d s solitudes le^ plus affreuses et des forê:s les plus épaisses, où ils ne voient aucun homme« faisant pénitence dans ces lieux écartés.

Quoiqu'il y ait près de deux cents ans qu*Alvarez ait écrit sa relation où II fait un détail de ces pénitences et de ces mortifications des religieux d'Ethiopie, il semble néanmoins quih n'eu aient rien diminué

jusqu'à présent; car M. Poncet, qniyétail en 1700, dit avoir vu dans le monasièrr df la Vision de Jésus un vieillard Agé d'environ soixante-six ans, frère du gouverneur de Tigré, qui n'avait vécu pendant sept ans que de feuilles d'olivier sauvage , et que ce.U mortification lui avait causé un crachement de sang qui l'incommodait beaucoup ; c'eM pourquoi il lui ordonna quelques remèdes et lui prescrivit un régime de vie.

La manière la plus ordinaire de jeûorr parmi ces religieux est de ne manger seoiement que de deux jours en deux jours, et toujours le soir quand le soleil est couché; mais le samedi ni le dimanche ils ne jeûnent point ; et comme dans chaque église il nes*j dit qu'une messe par jour, ils ne la célibrent que le soir les jours qn*iU jeûnent, et lous y communient, après quoi ils voolmsn* ger. La raison qu'ils en donnent, c'est qu'ils disent que Notre-Seigneur Jésus-Christ fit la cène le soir un jour de j< une. Aux anUci jours qu'on ne jeûne point, ils la disent le matin.

Ces religieux se lèvent deux heures avant le jour pour dire leurs mlfRoes et ne mangent jamais de viande dans le couvent. Mali Alvarez remarque que lorsqn*ils se troovalent avec les Portugais , ils ne laissaient pas d'en manger et de boire da vin, poorvo qu'ils n'eussent point de compagnon, de peur qu'il n'en avertit le supérieur, qui les aurait châiiés sévèrement pour celle transgre^ sion. M. Poncct dit qu'il en a vu qui se le* valent deux fois la nuit pour chanter dfs psaumes ; peut-être que c'est selon les différents instituts qu'il y a en ce pays, soit de l'abbé Técla-Haïmanot, soit de TabbéEusUse.

Outre le carême dont nous avons parl^ qui dure cinquante jours, M. Poucet dit qo*i4 en ont encore trois autres, de même qot^le reste du peuple : savoir, celui de saint Pierre et de saint Paul, qui dure quelquefois quarante jours et quelquefois moins, selun qve la fête de Pâques estpius ou moins avancée; celui de i'Assomptio:i de Notre-Dame, quj est de quinze jours ; et celui de l'A vent, qui est détruis semaines. François Alvarei marque néanmoins ces carêmes d'une autre manière que M. Poucet. Oiilre le carême delà Résurrection de Notre-Seigneur , qui commence à la Sexagésime, il dit c|u'ils jeûneot depuis le lundi de la Trinité jusqu'au jour de la Nativité de Notre-Seigneur ; que de* puis ce jour-là jusqu'à la Purificatioa de Notre-Dame, ils ne jeûnent point, miis qor, les trois jours qui suivent cette fête, ils ne mangent qu'une fois en ces trois jours, ce qu'ils appellent la pénitence de Ninive. Nooi aimons mieux ajouter fol à AlTarez,qoi était plus insiruit que M. Poucet de ce qui regardait la religion et les mœurs des Ëtbiopico*. Dans tous ces carêmes on ne se sert ni d œa». ni de beurre, ni de fromage ; on jeAne avK la même rigueur tous les vendredis de Tao* née. On ne dispense personne du jeûne, les jeunes gens, Us vieillards et même les tailades y sont obligés* ..

Mais* avec tant d'austérités el de mortil-

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allons, ces religienx sont ti altachés à lenrs erreorsi qo*îls n*écootea( point les mtssion* iitires qui vont chei eux pour les faire rentrer au sela de TEglise. Ils se sont toujours opposés à leurs bons desseins en empêchant qoe les peuples ne se con?ertîssent. Ils leur inspirent tant d'atersion pour les Europe* ens, qui sont blancs par rapport à eux, qu'ils leur font mépriser et même haïr tout ce qui eit blane ; c est pourquoi, s'ils représentent saint Michel terrassant le diable» saint M icbel est de couleur olivâtre, qui est celle des Abyssins, et le diable est blanc.

Le pape Clément Vil, afin d^attîrer ces peuples a la foi orthodoxe et les ramener au sein de TEglise , leur accorda en 1SS& l'é-

5 lise de Saint-Etienne qu'on nomme des Iniens oo des Maures (1), à côté de laquelle ily a un hApilal où ceux qui Ylennent à Rome sont logés et entretenus aux dépens du pape. Grégoire XIU ordonna que lorsqu'il y aurait des Abyssins à Rome, on leur fournirait du

Clatstoutce qui leur serait nécessaire ffi). nocent XII, imitant A piété de ses prédécesseurs, a établi un fonds de cinquante mille écQS romaine de revenu pour enyoyer des missionnaires en Ethiopie et dans les autres provinces de l'Afrique.'

lis ont une chapelle à Jérusalem dans Téglise du Saint-Sépulcre, où ils font ToOice laivant leur rite ; et , selon les relations de plosieurs Toyageurs, ils le font avec tant findévotion et d'irrévérence, qu'ils s'attirent le mépris de tous les étrangers. Mais, comme ily a pende voyageurs qui s'accordent ensemble, M. Poncel, parlant de leurs cérémonies de la messe, dit qu'elles sont majestueuses. Il y avait autrefois plusieurs moines Bibiopieos qui allaient tous les. ans en grand nombre en pèlerinage A Jérusalem, et faisaient en sorte de s'y trouver la semaine sainte. Alvarez dit qu'étant A Baroa dans le goa>ernement du Bernagas , il y eut une caravane composée de trois cent trente-six moines et de quinze religieuses, qui partit pour ce voyage, mais q[u ils furent pris par les Arabes ; que les vieux furent tués, les jeunes vendus pour esclaves, et qu'il n'y en eut pas plus de quinze qui se sauvèrent. De*

tuis ce temps-là ils n'ont point été à Jérus<v ^m en caravane ; il y en a seulement quel- Îues-nns qui v vont comme passagers. Nou« onoonsrbabiilementde ces religieuxel religieuses tel que ledécriventAlvarezelH. Poucet.

Yoy. Fran. Alvarez , Voyage d'EthiopU.

Le Gobicn, Lettres édifianfes des missions ly* vol. Le Monde de Davity ; et Morigia, Hist. de ioutes les religions^ c. 70.

ETIENNE PAPE ET MARTYR (Ordrb mi- UTAiME DB Saint-}, en Toscane.

Pendant que Ton travaillait en Espagne ei en Portugal à la réforme des monastères de l'urdre de Saiut-Benolt, ce même ordre acquit un nouveau lustre en Italie par Tinstiiulion de celui de Saint-Etienne, qui com-

prend des chevaliers et des chapelains, des religieux et religieuses , qui sont tous soumis à la règle de Saint-Benoit. Ce qui donna lieu à l'inslitulionde cet ordre militaire, fut la victoire que Côme de Médicis, qui fut premier grand-duc de Toscane, remporta proche Marciano, Tan 1554, le deuxième jour d'août, fête de saint Etienne pape et martyr, sur le maréchal de Strozzi, qui commandait les troupes de France. Ce prince, pour conserver la mémoire de cette victoire, qui lui assurait la souveraineté de la Toscane, obtint do pape Pie IV, Tan 1561, une bulle qui lui permettait de fonder cet ordre mililaire tous la règle de Saint-Benoit, dont la princifialefin serait de défendre la fol catholiqueet do faire la guerre auxcorsairesqui parleurs

Ïirateries empêchaient le commerce de la fédilerranée. Côme de Médicis ayant institué cet ordre et dressé des statuts, que les chevaliers devaient observer, le même pontife l'approuva par une autre bulle de l'an 1562, et déclara ce duc de Toscane et ses successeurs grands maîtres et chefs de cet ordre, .luquci il accorda plusieurs privilèges, affranchissant de la Juridiction des ordinaires non-seulement la persoune des chevaliers, mais même leurs biens , en ce qui regardait les commaoderies etbénéflccs, les exemptant de toutes sortes de décimes, leur permettant de se marier et de pouvoir posséder des pensions sur des bénéflces jusqu'à la somme de deux cents écus (même ceux qui auraient été mariés deux fois), ce qui fut augmenté jusqu'à la somme de quatre cents écus d'or par les papes Sixte et Paul V.

Comme le duc de Toscane fonda cet ordre A Pise, il voulut que la résidence ordinaire des chevaliers se lil eu cette ville, où il leur Qt bâtir deux maisons conventuelles, auxquelles il joignit une magniflaue église, que ses successeurs ont eu soin a'cmbellir. Ces deux maisons sont les principales de l'ordre; il y a toujours un grand nombre de chevaliers qui y demeurent, avec des chapelains pour faire Toffice divin, lesquels chapelains sont aussi chevaliers etreligieux de cet ordre, et vivent en commun sous l'obéissance d'uu grand prieur, qui est grand'croix de l'ordre, et qui se sert d'ornements pontlGcanx dans les fonctions ecclésiastiques.

A peine cet ordre eut-^il été établi, que les chevaliers se mirent en mer l'an 1563 et continuèrent pendant plus d'un siècle à donner des preuves d'une valeur peu commune; car celte même année 1S63 ils s'emparèrpnt, avec leurs galères, de quelques vaisseaux turcs, et donnèrent la chasse aux galères de Rhodes. Ils se joignirent. Tan 156^ aux ga^ lères d*Espagne, qurs aidèrent à prendre la forteresse de Pignon. Ils donnèrent secours l'an 1565 aux chevaliers de Malte, lorsque les Turcs assiégèrent leur lie. Ils attaquèrent en 1568 deux vaisseaux d'un fameux corsaire nommé Carasceli, et s'en rendirent maîtres. Ils armèrent en 1571 douze galères, avec lesquelles ils se joigniretil &

M) Abb. Piazzs, Opsr. pie dijhma, trait. "2, cap. 5. (^) Ibid., Trait, 5, cup. 3.

DlCTIONtfAlRB DBS OrURKS RRI.lGIfiUX. II.

DiCTIONNAmE DES OllURCS HCLIGIEUX.

rarmée des cbrélienB qui remporta la Itluauao vidoire de Lépante. Le corsaire Barberooiise éprouva leur valeur eu 1572 lorsqu'ils lui prirent sa capi(ane; et, apris avoir remporté plusieurs avantages sur les Infidèles, ils obligèrent le Grand Seigneur â demander la paix. Les articles furent dressés de part et d'autre ; mais le clievalter Buonglanni Gianfiliazzi ayant été envoyé à Constantinop'e pour la faire ratifier, il trouva que les Turcs avaient changé de sentiment , et retourna en Italie sans avoir exécuté sa commission. Ainsi la guerre recommença entre les infidèles et Gdmede Médxis, qui avait été fait grand-duc par le pape Pie ¥, Tan 1569, malgré les oppositions de l'empereur Maximilien et de Philippe II , roi d'Bspagne,

François de Médieis ayant succédé à son père Côme I", fit armer les galères, qui remperlèrent de nouveaux avantages. Les chevaliers de Saint-Etienne s'emparèrent de Cole en Jlarbarie, en 1582, de Monastero et de quelques autres places en 1585, de Chio en 1599, de Preveza, sur les frontières d'AU banle, en IWk. Ferdinand I*% qui hérita des Etats do son frère François, renforça Tescadre des chevaliers de Saint-Etienne de huit 4^alères et six gallions. En 1607 ils saccagèrent la forteresse de Fone en Barbarie, et voulurent s'emparer de Famagosle en Chypre ; mais ils furent repousses par les Turcs, •qui, croyant vaincre encore ces chevaliers, mirent en mer l'an 1608 une armée de quarante-cinq galères. Les chevaliers ne laissèrent pas de les attaquer, quoiqu'ils n'eussent qoe six galères et onze gallions, et les obligèrent de prendre la fuite. Côme 11 ayant r^eté les propositions de paix qoe la Porte lui avait faites, arma de nouveau ses chevaliers, qui prirent l'an 1610 Bischieri en Brf rterre, Disto en Négrepont, l'an 1611, Chiermon l'année suivante, et la forteresse d*EHman, dans la Caramel nie, l'an 1613, d'oùîis remportèrent de riclici butins.

Après la mort de Côme II, Ferdinand II loi a^aui succédé, il ne témoigna pas moins d'ardeur à faire asir les chevaliers de Saint- Etienne, qui, après s'être encore emparés de Bischieri, prirent en 162i vingt-cinq galères torques et un grand noaibre de petits bâtiments, dont on voit encore les dépouilles dans les couvents de cet ordre à Pise et à Livoorne. Le long siège do Candie fut encore une occasion à ces chevaliers pour faire Sreuve de leur valeur, et, quoique la paix se t l'an 1670 entre les Vénitiens et le Grand Seigneur, ils ne laissèrent pas de poursui- ' vre leurs avantages sur les troupes ottomanes. On compte pHis de cinq mille six cents chrétiens qu'ils ont délivrés des fers, et qualorie mille huit cent*soixante et onze escla- Tes qu'ils ont faits jusqu'en 1678. Depuis ce temps-ià on n^a guère parlé de leurs expéditions, si ce n*eit qu'en 1684, la république de Venise étant entrée encore en guerre avec les Turcs, les galères du grand -duc ^e joi-

[I) Vey., à te fin do vol., d* 50.

Voy,» à la liu du ici., n* 51.

SI

gnirent à rarmée des Vénitiens comme troo-

f^esauxiliaires.Lesflgnres de bronxedeCém* *' etda son fils Ferdinand 1**, qui sont à Fliv rence dans la place Ducale et dans celle de rAnnonctade, ont été faites des canons pris sur les infidèles, comme il parait iiar Tinscription (|ui est sur le piéuestil de la première, où on lit ces paroles : Di wuimU^ rapito al fitre Trace.

Il y a dans cet ordre des chevaliers 4e justice* des chapelains et des frèrea servants. Parmi les chevaliers de justice, q«i sont obligés de faire preuves de noblesse de quatre races, il y a aussi des ecclésiastiques obligés aux méme^ preuves, et les uns et le« antres portent la croix rouge è huit angle* orlée d'or, tant sur le côté gauche de l«ur habit que sur le manteau. Le^ chapelains oo prêtres d'obédience sont véritablement reli* gieuxet portent du côté gauche la croix ronge orlée seulement de soie jaun^*, et les fré* resservanlslaportentdemémo,au côiédroii.

Il y a aussi, comme dans Tordre de Malte, d«*s demi-croix. L'habit de cérémonie des chevaliers consiste en un grand manteau de camelot blanc doublé de talfetas incarnat , avrc des cordons de même couleur pendant jus qu'à terre (1). Celui des chapelains cooeiste en une soutane blanche doublée de rouge, un camail aussi de camelot, sur lequel est la croixderordreetun roihet (2). Leur habit ordinaire pour lechœur consisteenunetoutane noire, un surplis et une aumuue noire sur le bras, sur laquelle aumusse est la croix de l'ordre (3). Et l'habit des frères servanU o'ot que do serge ou rase blanche avec des man cheséiroites, doublées de taffetas rouge et U croix do côté âroil.

Le conseil de l'ordre est composé de douze chevaliers, qui s'assemblent i Pise dans l'un des deux palais où sont la chancellerie et les archives, pour y iraiier de toutes h-s affaires qui concernent Tordre, tant pour le spirituel que ponr le temporel. Les chevaliers grauvi 'croix et ceux qui sont obligés d(* servir sur les galères pour faire leurs cara- Tanes, doivent résider dans Ton des deux palais, oà ils sont nourris et entretenus aux dépens de l'ordre, et les novices y sont instruits de tous les exercices quiconvienncstâ la noblesse.

Les principales dignités de l'ordre soiit les grands commandeurs» dont l'office dure pendant la vie du grand maître; le grand connétable , l'amiral, le grand prieur do roiivent, le grand chancelier, le trésorier général, le conservateur général et le prieur de l'église, qui s'élisent tous. les trois ao> dans le chapitre général, où se trouve io grand-duc comme grand maître, et oà on élit aussi les chevaliers à la grand'eroix et les douze qui doivent composer le conseil. Ce chapitre se tient le dimanche m Alhù: tous les chevaliers qui sont en Toscane sont obligés de i'y trouver. Il y en a ton- Jours plus de trois cents. Les frais de leor voyage leur sont payés, et ils sont nonms

(ô) F09., & la fin du vol., n*5i.

ETO

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ft logés aTee leurs sert iteurs penitant le lempsda chapitre. L*ardre possède vingttrois prieurés, treiile^cloq bailliages, et ao Irès-graod aombre de commanderies. Lorsqpe les chevaliers font profession, ils foni vau depaoTrrté, de charité et d'otîéissance; et les chapelains, comme religieux, de panrreté, de chasteté et d*obéissance. Le grand maiire donne Thabit aux cbevaliers, et leur bit faire pofession ; et les chapelains ne la (ont qa*enlre les mains du grand prieur, qui lear donne aussi Tbabit.

Bernard Giustinlani, HisL ChranoL de gli Ord, milU, et relig. eaval.f iom. li. Francise. Meonenius, de Ord. snt/il. Silvestr. Maorul. Mar. Oetam. di tuli. gL Religion. Ascag. Taniborin., i/e Jur. Àbbai. tom. li^ disp, ik. guœst. 5, n. 85. BuUarium Rimor HUM, ei Sfaluti et Constitutioni deW Ordinê diS.Siefano.

Après que CAœe 1^', duc de Toscane, eut isslitué l'ordre militaire de Saint-Etienne, Tao 1562, pour des cbevaliers, des cbape- Utns et des frères servants, comme nous avons dit, il voulut encore y joindre des religieuses, poor imiter daTantage Tordre de Halle, qui loi avait servi de modèle pour former celai de Sainl-Klienae« C'est pourquoi les religieuses Bénédictines qui desservaient rabbaje de SaiolrBeaoll de Pise» qui av. it été donnée à Tordre de Saint-Etienne par le pape Pie IV Tan 1565, furent incorporées à cei ordre, et en prirent ThabU. Le second moDastère de ces religieuses fui fondé à Florenre Tan 1588 sous le titre de l'Immaculée CoDcepUoD, et le pape Clément VllI approuva cet élablissement l^an 1593. Le P. Bonanni, JésQiif , dit que ce fut Ëléonore de Tolède , (emme deC6me 1*', qoi fonda ce monastère; oiais cette princesse ne peut pas en avoir été la fondalricc, puisque Côme 1^' mourut en 157^ et qu'il n'avait épousé Ëléonore de To- Lde qu'en premières noces.

Les religieuses de cet ordre doivent faire preuve de noblesse; elles ont pour habille* ment une tunique ou robe de laine blanche, avec on scapolaire de même étoffe, et snr le c6lé gauche une croix rouge comme celle évt chevaliers (1} : celles de Florence y ajoutent nue tresse de soie jaune é Tentour. Au cbœor et dans les cétémouies elles ont une cuule blanche avec de grandes manches doublées de taffetas incarnat (2). Les abbesses portent la crois plus grande, de velours rouge; les sœurs servantes ou converses la portent de serge rouge, mais plus petite que celle des scBur^ du cmeur.

Philippe Bonaeiini, Catalogue Ordinann teiigiot. in Ecelee. milit.^ part, ii.

t:TlËNNB DE STBASBODRG (Sa»t-). Koyes

COLOGNS.

ETOILE DE MESSINE. Voyez Ampoule

(SAnTB*).

ÉTOILE DE NOTRE-^DAME (Chevaliers Ds L*}. Voyez Ampoule (SAnrE-).

(l)Fofr.,âlafindDvo1.,n*53.

!'•) Vcy., i la fin du v»l., n*" 51.

ÉTOILE en France (OannE db l').

Dee chevaliers de V ordre de Notre-Dame de la Noble Mnieon^ communément appelé l'Ordre de TEtoile, en France.

Favin attribue Tlnstitution de Tordre de TEtoile à Robert, roi de France, et prétend que ce prince ayant pris la sainte Vierge

fiour la protectrice de cet ordre, lui donna enom de l'Etoile, parce qu*il regardait cette reine des anges comme Tétoilc de la mer et la guide de son royaume. 11 ajoute que cet ordre était compose de trente chevaliiTS, y compris le roi, qui était le chef et le souverain grand maître; que les cérémonies de rinstitution en furent faites le jour de la nativité de la sainte Vierge au mois de septembre de Tan 1022, dans la chapelle do Palais, dite Notre-Dame de l'Etoile, qui est la basse Sainte-Chapelle, et que les premiers qui furent honorés de cet ordre «'ipr^s le roi furent $e$ trois fils, Hueues le Grand, Henri 1*" et Robert, duc de Bourgogne; Richard 11, duc de Normandie et de Bretagne, Guillaume 111 dit Tête d'Etoupes, duc d'Aquitaine, comte d'Auvergne et de Poitou; Guillaume III, comte de Toulouse; Baudouin à la Belle- Barbe, comte de Flandre; Hébert le Vieux, comte de Troyes ; Odom, comte de Beaurais ; Geoffroy Grise-Gonelle , comte d'Angers; Amaonr, comtedeNojon, etBaudouin de 1*1 !c, comte dfe Hainaut, flis de Baudouin à la Belle- Barbe. 11 fait même la description de Thabillement que portaient ces chevaliers. Leur manteau, à ce qu'il dit, était de damas blanc, le mantelet et les doublures de damas incarnat, et la cotte on gonelle de même, sur laquelle était une étoile d'or en broderie ; le grand collier était aussi d'or à trois chaînes, entrelacées de roses de même émaillées alternativement de blanc et de rouge (3). Il ajoute que ces chevaliers étaient oblijrés de dire tons les jours en l'honneur de la V iorge la couronne on chapelet de cinq dizaines , avec quelques autres prières pour le roi et l'Etat, et il rapporte une oraison qu'il prétend que ce prince avait composée lui»

même.

Si nous voolious encore ajouter foi à cet auteur, Philippe-AugusteavaitreçudeLouis VU, son père, dans Tabbaye de Saint-Denis en France, le collier de cet ordre l'an 1180, le jour de son couronnement. Le même Philippe le donna en la ville de Gournay en Normandie, à Artur, en lui donnant l'investiture des comté i de Bretagne, d'Anjou et de Poitou. Louis Vlll fut fait aussi chevalier de cet ordre le jour de son sacre. Tan 1224, dans l'église de Reims. Saint Louis, son fils, le fut aussi l'an 1226. Le mémo saint Louis donna cet ordre à Robert de France l'an 1227, à Corbeil, et Tan 1246 à d'autres; mais tout ce discours de Favin n*e^t que fable ec fiction. Outre que nous sommes persuadés qu'il n*y a point eu d'ordres militaires et de chevalerie avant le douzième siècle, et par

(5) Yo}f,, à la fln du vol.. ii» tS.

sao

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

conséquent qae le roi Robert n'a pas pu avoir institué Tordre de rEloile, il est trèsconstant que cet ordre a élé institué par le roi Jean 1*' l*an 1351 : co qui est facile à prouver par la lettre circulaire que ce prince écrivit aui teigncors qu'il voulut honorer de rot ordre, qui se trouve dans la chambre dos Comptes à Paris, Mémorial T, et que nous rapporterons ici.

BioH coiatn, nous à Ihonneur de Dieu et en assaueemenl de cheimferie ei accroiMsement d'honneur^ avom ordonné de faire une compa» gnie de chevaliers ^ qui seront appeliez Che^ vtliersde Notre-Dame de la Noble Maison ^ gui porteront la robe cy après divisiée ; c*est assavoir une cotte blanche , tin serret et un chaperon vermeil quand ils seront sans tnan-tel : et quand ils vestiront mantel^ qui sera fait à guise de chevalier nouvel à entrer et demeurer en Véglise de la Noble Maison^ il sera vermeil et fourré de vert non pasd^hnmines, de cendail ou samist blanc^ et faudra quUls aient sous le dit mantel serret blanc ou cotle hardie blanche^ chausses noires et Mouliez dorez, et porteront continuellement un anncl en tour la verge duquel sera escript leur nom et surnom, auquel annel aura un esmaU plus vermeil^ en Vesmail une étoile blanche, au milieu de Vétoile u%ie rondeur d'azur, un petit soleil d'or, et au mantelu sur Cépaule au devant en leur chaperon un fermait auquel aura une étoile toute belle comme en Cannei, est divisé f, et tous les sabmedis quelque part ils seront ils porteront termnl it blanc en totte et serret et chaperons comme dessus, se faire se peut bonnement, et se ils veulent porter mantel, il sera vermeil et /endu à run des costés et toujours blonc dessous ; et si tous les jours de la semaine ils veuUent porter fermail faire le pourront et sur quel robe il leur plai^ ra. En Carmeure pour guerre ils porteront le dit fermail en leur camail ou en leur cotte à armeSf ou la ou leur plaira apparemment. Et seront tenus de jeûner tous l(S sabmedis êUls peuvent bonnement, et se bonnement ne peuvent iceux ou ne reultent, ils donront ce four quinze deniers pour Dieu en thonneur des quinze joyes de Notre Dame. Jureront qu'à IfUr pouvoir ils donront loyal conseil au prince de ce qu'il leur demandera soit d'armes et d'autres choses. Et se il y a aucun que avant cette compagnie aient emprise aucun ordre , ils le devront laisser, se ils peuveni bonne^-ment^ et se bonnement ne le peuvent laisser si srra cette compagnie dtvant. Et si en avant n'en pourront aucune autre entreprendre sans le congé du prince. Et seront tenus tenir tous les ans en ta Noble Maison assise entre Paris tt Saint -Denis en France à la veille de la feste de Notre Dame de ta my aoust dedans primes et y demeurer tout le jour et le lendemain , jour de la feste jusques après tespres. Et se bonnement ils n'y peuvent venir ils en seront crus par leur propre parole. Et en tous les lieux ou ils h ireverons, i enir ensemble, au plus, à la veille et au jour de ladite mye aous', et que bonnement ils n'auront pu tenir à ce iour au lieu de la Noble Maison ; ils porteront itsdites tohbes et orront tespres tt la misse

tnsemide se ils peuvent bonnement. Et peur. ront lesd. chevaliers se il leur pfeûî ieter bannière vermeil simé d'étoilles ordonnées et wt image de Notre Dame blanche, ouptàaUmnt sur les ennemys de la foi ou pour la guerrt de leur droiturier seigneur^ et nu jourdekur trepassement, i's envoiront à la Noble Hoûm se tls peuvent bonnemetU leur annel et hur fermait les meilleurs qu'ils auront faits pevr ladite compagnie, po tr tn ordonner au profi de leurs uwus et en Chonneur ds réglise dt i, Noble Maison en laquelle sera fait leuner. vice solemnellement. Et sera tenu rAoeiiR (*' faire dire une messe pour le trépassé au plusiost que ili pourront bonnement depuis qu:t $ l'auront sceu. Et est ordonné que les armes et timbres de tous les seigneurs chevaliers d> In Noble Maison seront peints en la salle d^ietft au dessous d'un chacun la ou il sera. Et iri/ y a aucun que honteusement que ( DtVx r^ Notre Dame ne veullent) se parient de In hfaille ou besogne a donnée, il sera sus fendu de la compagnie, et ne pourra porter M Ao' r et li tournera tn la Noble Mfaison ses armart son timbre sans dessus dessous, sans effatif jusques à temps qu'il fat restitué par le pritt^ ou son conseil et tenus pour relevez par foa bienfait. Et est encore ordonné qu'en la Svble Maison aura une table oppellée la îah!' d'honneur en laquelle seront assis la veilft *i le jour de la feste les trois plus sufflsiant bacheliers qui seront de lartite feste f de ceux (pi seront receus enladite compagnieeten chncurtf teille de feste de la mye aoust chacun an aprf en suivant seront assis à ladite table tionneur les (rois princes, trois baronnets et tn f bacheliers qui Vannée auraient plus fait m armes de guerre; car nuls faits d'armes lu pays ne sera mis en compte. Et est encore erdonné que nul d'iceux de ladite comp^-gnieu pourra entreprendre et aller en aucun tchy loingtain sans le dire ou faire searc^r n prince. Lesquiex chevaliers seront au nomlf de cinq cens, et desquiex nous comme intnteur et fondateur aicelle compagnie stron' prince, ainsi l'en devront estre nos suca$seurs roys, et nous avons élu estre du nomhff de ladite compagnie et pensons à faire it Oif^ jplait la première feste et entrée de ladite compagnie à S» Ouyn le jour et la veille tappafition prochaine. Si soyez aux d.jovrs it lieux se le pouvez bonnement à tout tosîT* habit annel et fermail, et adoncques sera tou et aux autres plus à plain parlé sur atte t^^tierre. Et est encore ordonné que checiS<^}' portera ses armes et son timbre peins en v» feuillet de papier ou de parchemin afin ^i<' les peintres les puissent m<f:tre plustot et />»' proprement la ou ils devront estre mifàU Noble Maison. Donné à saiA« Christhcp^ti e^ Bnlntte le 6. jour de novembre fan de Qf-^^

Il y a des auteurs qui préleodeot qo^ Charles Vil, voyant ses financei épuU^i. ne trouva point d*auires moyens pour r^ compenser les capitaines de son armée qo' de leur donner le collier de cet ordre, qui "' se donnait auparavant qu*aus princeseliBt grands seigneurs de France; que posrct

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sujclc€ax-€Î firent ^oiir rcmonlranr.c au roi, que c'était avilir l'ordre que do le donner iiidifféremmenl à toutes sortes de personnes^ 1308 aroir égard à la noblesse; et que ce prince, ayant assemblé le chapitre an palais lie Clicbf , l'an 155^, Ata lo collier qu*il poruit et le mit an cou du capitaine du guet do iiui(« rt l*appela chevalier du guet, ordonnant qa*i Ta venir il porterait cette marque <le Tordre de t'Ëtoile, et que sur les hoquc-* Ions des archers du guet il y aurait devant ef derrière une étoile blanche en broder.e : co qui donna lieu aux princes et aux seicneors de Quitter aussi le collier de l'ordre. Mais les clievaliers ne portaient point de ciillieff comme on a pu voir dans les lettres dtf Jean l**", fondateur de cet ordre. Ainsi le roi Charles VU ne poovait pas avoir été son callier pour lo mettre au cou du chevalier du guet. Du temps de saint Louis, cet ofTicicr avait déjà la qualité de chevalier du guet, el, s'Hélait vrai que Charles VU lui eâl donné Tordre de l'Etoile, il n'aurait pas pour cela avili cet ordre, puisque le chevalier du guet était toujours gentilhomme et avait môme le litre de chevalier, comme 11 parait par pluliesrs titres; noos uoas contenterons seulement de rapporter des lettres de Louis XI données i Dey nés en Hainaut le 3 août l(i>61, par lesquelles il Aie Toflice de chevalier du luet à Philippe de la Tour, chevalier, pour rn revêtir Jean de Harlay, qui» était aussi chevalier. Loyê par la graee de Dieu Roy de France, à tous ceux ^ui ces prtieniei ItUrtê terront, $alui» Comme par le trépas de noire iruekeneigiuur et père à eui D'eu pardoint^ la ceuronne et seigneurie de notre dit royaumi nous soient par la dite grâce de Diem ad-vcnni et escheus^ et par ce nous appartiengne fowtoir aux offices d'icelui nostre royaume^ tfe perionnes ydoines et suffisantes à notre bsn plaisir^ sçavoir faisons que par la bonne ftUtion qui faite nous a esté de notre bien emi Jtkan de Hartay escuyer et de ses entV- 'sscei, prollisseê^ preudomie^ et bonnes dili^ jcneei, à icdai pour ces causes et autres à ce uns mouaufif , avant donné et octroyé^ don-s«Ri fi octroyons de grâce especiule par ces pfmntes Voffice de chevalier du guet de nuit ^e %osiTe bonne tilie et cité de Paris^ pour icdui office avoir et tenir^ et dorennavant fxtrcer aux droits, gaiges, honneurs^ prerofaiirei, prouffiis et émoluments accoutumez, et fui y appsur tiennent^ tant comme il nous plsire, s'il est à es suffisant. Si donnons en ntmiement ens prevost de Paris qui pour nous we ou à son fieutenant, que prins et receu é^t Jean de Harlay le serment en tel cas S€coutumi^ icelui mette et institue ou face ^Un et instituer de par nous en possession ft teisine dudit office, et dHctluy ensemble des ^fviti, gaioest fionneurs, prérogatives^ P^^^if' tti et molumma dessusdits^ le face^ souffre '< lociie jouir et user plainement et paisible-' *«a(, ti à luy obéir et entendre de ioua ceux « «mit qu'il appartiendra, es choses touchant tt ugardant Udit office, osté et débouté ci't- 'Wdy nostre awU et féal Philippes de la Tour cànûfaery el lout autre illicite détenteur^ non

ayant sur ce nos lettres de don précèdent en date de ers présentes, etc. Pour preuve quo ce Jean do Harlay était chevalier avant que d'être pourvu de rofOco de chevalier du guet, nous rapporterons encore les lettres suivantes du rorote de Clermont, Gis du duc de Bourbon. Nous Jehan, ainsné fils du duc de Bourbonnois et d'Auvergne, comte de Clermont, lieutenant gênerai et gouverneur pour monseigneur le roy de ses pays et duché de Guyenne, certifions à tous qu'il appartiendra Que au voyage dernièrement fait au pays de hformandie pour la réduction dHceluy a Tobeissance de mondit seigneur le roy el au com-^ mencement d*iceluy voyage, preismes et meismes en nostre cliarge, retenue et compagnie nostre amé et féal chevalier messire Jehan de Harlay, lequel bien et honnorablement monté et armé^ servit maniii seigneur durant ledit voyage en nostredite compagnie sans départir, tant en sièges, rencontres et courses, qu'en autres affaires de guerre^ esquelles il s'est trouvé comme bon, vaillant et comme doit faire, El nous tenant siège devant la tille de Vire, audit pays de Normandie, durant iceluy voyage, luy donnâmes Vordre de chevalerie aiec toute soiemnité deiies, el ce certifions estre vray par ces nos lettres, lesquelles en temoing de ce avons signé de nostre tnoifi, et fait sceller du petit signet à nos armes en l'absence de nostre grand seel. Donné au Bo^ chet en Bourbonnois le 22. jour de janvier iki&» Il y a encore d'autres lettres de Louis XI, données à Bordeaux le 30 mars 1&62, par lesquelles il parait que ce Jean de Harlay avait une compagnie d'ordonnance sous le titre de Crossol, chevalier et sénéchal de Poitou : ce qui Tempéchant d'exercer son offlce de chevalier du guet, le roi lui permit de le (aire exercer pendant un an. Ces lettres sont des preuves suiBsantes que le chevalier du guet était assez distingué pour no pas faire déshonneur à Tordre de rEloilo en le portant; et c'est une erreur de dire qu'il ne se donnait qu'aux princes et aux grands seigneurs, puisque le roï Jean I*', qui l'institua, voulut qu'il y eût cinq cents chevaliers* et quot 1 an iâS8, il le donna à Jacques Bozzut, qui n'était que collatéral ou conseiller do Louis, due de Duras, comme il parait par l'épitaphe de ce Boizut que l'on voit dans l'église cathédrale de Nanlei. S'il était vrai aussi que Charles Vil l'eut donné par mépris au chevalier du guet, il n'y a pas d'apparence que Louis XI l'eût donué, l'an lUiS, à son gendre Gaston de Foix, prince de Navarre; et il n'aurait pas mandé, en 1470, aux prévât des marchands et échevins de Paris qu'il voulait venir en cette, ville pour célébrer la réte do l'ordre de l'Etoile, et qu'il entendait que les princes et les grands sei*gneurs qu'il mènerait avtc lui fussent logés par fourrière. Cet ordre subsista jusque sous le règne de Charles VIII, qui l'abolit à cause de l'ordre de Saint-Michel que Louis XI, son père, avait institué.

Favin, Théâtre d'honneur et de chevalerie. Giustiniani, Jlisl. di tutti gli ordini militari. Archiics de la chambre des comptes de Paris,

DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIKUX

Memonal C. M. 108 , et manuêcritê de Du Cbéne, d la bimothique du Roi,

KTOLfi. Voyex Bande (Ordiib ub la).

ETOLB D*OR à Venise. Voyez Chausse.

BTROITE OBSERVANCE. Voyexleêdiftrs litres fpéciauz des observances strictes et réformées.

ETROITE OBSERVANCE DE CITEAUX (Rstioim DE L*). Voyex CIteaux , § 3*.

F.UDISTES.

Dee préires miisionnaires communément afH pelés les Eodistes» avec la vie de M. Eudes ^ leur instituteur.

Les Eadisles forment une compagnie de prêtres sécoliers établie en France soos le nom et titre de Jésas et Marie; ils sont eroploTés à la direction des séminaires, et à faire oes missions. On les appelle Eudisles, parce qoe M. Eudes a été leur instituteur.

M. Eudes , connu sous le nom de Pire Eudes f vint au monde le ik décembre de l'année 1601, dans la paroisse de Rie proche Argentan , diocèse de Séez , en Normandie. Son père et sa mère furent trois ans sans avoir de fruits de leur mariage; mais, ayant fait on VŒU à Dieu sous Tlnvocation de la sainte Vierge , ils obtinrent on 61s qui fut nommé Jean sur les fonts de baptême , et

t plusieurs autres, parmi lesquels se distingua e célèbre M. de Mézeray, historiographe de France. Comme Jean Eudes , dont nous parlons ici, était destiné à devenir l'instrument des grands desseins oue Dieu avait sur loi, il fut prévenu de tant de bénédictions du ciel, qu'il ne fil rien paraître de puéril dans son enfanee. Dès <|u'il fut en état de recevoir des instroctions , il les rechercha avec empressement; et, comme elles étaient négligées dans sa paroisse, il fit tant auprès de son père et de sa mère, qu'ils lui permirent de les aller chercher chez les corés cl les prêtres du Toisinage. Ce fut par ce moyen qu'il apporta de grandes dispositions à faire ^a première communion. Il en retira de si grands fruits, et des instructions qu'il recevait de ses maîtres, que sa piété croissait à proportion qu'il avançait en âge. Le Saint- Esprit alluma dès lors dans son cœur un si grand amour pour Dieu et lui donna une connaissance si parfaite des fanx plaisirs du monde, que pour y mieux renoncer il fit vœu de chasteté à l'êge de ik ans.

Dès qu*il se fut ainsi consacré à Dieu , il alla faire ses éludes à Caen , ou , craignant la contagion du libertinage ordinaire aux écoliers, il n'y eut point de précautions qu'il ne prit pour consenrer son innocence; et, comme les Pères Jésuites n*élèvent pas moins la jeunesse dans la piété que dans les sciences humaines, il se fil recevoir à la congré|^atioii èiairtie dans leur eollége, où il faisait ses éludes, pour être soos la protection spéciale de la sainte Vierge. Ayant été admis dans cette congrégation , il devint le modèle des antres écoliers , non-seulement par son asridnité ans assemblées et à fréquenter les sacrements, mais encore par son application

 rétode, dans laquelle H Ot un pro;;rès mfr. veilleox.

Sur la fin de son cours de philosophie, étant âgé de 18 ans , il pensa à choisir m état. Ses parents , qui le reganlaiml comme l'appui de lenr famille, ne manquèrent pat de lui proposer un parti avantageai; mait M. Eudes leur répondit qu'il les sopptiatide ne point penser a lui pour aucun étsblissement dans le monde , et qu*il avait fait bq choix plus noble. Il balança quelque tempf s'il se ferait religieux ; mais , aprà de ferventes prières et des jeAnes réitérés ,11 if détermina au sacerdoce , seulement par If conseil d'un sage directeur : et Dieu ToolaRl en faire un saint prêtre et un digne miniitre de l'Evangile, il lui donna dans la cérémooif de la tonsure, qu'il reçut alors, toutledéfoii du monde uni dispose à la vie apostoliqoe, dont il devait faire profession. Etant perso^e qu'on ne consulte et qu'on n'écoule Diea parfaitement qoe dans la retraite, il refsrJi la maison des prêtres de l'Oratoire comoe un lieu propre pour se préparer au saceHoee, auquel il aspirait. Néanmoins il ne vooloij entrer qu'après en avoir obtenu lapermisiiao de son père , qu'il ne lui accorda qu'au booi de trois ans , qu'il employa à l'étude de U théologie scolastique, A laquelle il se doou tout entier. Si l'humble serviteur de Dim avait suivi le conseil de ses amis, ilaoraa

{»ris ses degrés; mais son père lui ayast eoBs aissé la liberté d'exécuter son desseis, i! aima mieux entrer dans l'Oratoire. Ce fstle S5 mars de l'an 1623 qu'il y fut reçu, i lif de 23 ans. Les instructions qu*ll y reçoi ei les pieux exercices auxquels il s'appHqu augmentèrent encore son zèle et sa ferveir pour son propre salut et celui do procfaaii

H. le cardinal de Bérnlle remarqoa es Iw de grands talents pour la prédication : c'eil pourquoi il lui fit faire quelques ditcoon, avant même qu*il fût dans les ordres sarm: en quoi il réussit si arantagensemest as goût de ce digne supérieur , que poar c« tirer tout le fruit qu'on eo deTait atlesdre. ayant dessein de l'engager an ministère de la paro*e , il lut fit recevoir les saints ordre»; et enfin le P. Eudes célébra sa premièfeBesM le jour de Noël de l'année 1636.

Dès qu'il fut rerêtu du caractère asf«te du sacerdoce , il n'épargna rien poor *]^ quitter dignement du ministère de la pnd»cation ; mais Dieu arrêta pendant qoeiqse temps les effets de son zèle , ett loi envojari une maladie qui dora deux ans enllen, <| qui lui interdit l'exercice de ce mis»*» pendant ce temps-li, qui ne laissa paiêeliii être utile pour l'étude de fEcritore aisU. dont il faisait le sojel de ses médltatioss , n dans laquelle il trouva dès sources ioépsisables de science et de sainteté.

Il ne fut pas plutAt rétabli de ceUe meUve, qu'il commença ses travaux aposloliqae* P*' une action héroïque de chanté : car «w toocbé des ravagea que la peste Csisait datf le diocèse de Séez . plein do coniaace «' Dieu, il y courut avec la permission de »«* supérieurs , afin de secourir ces pauvres a-

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