I.UD
fligésv il^utanl p*us i plainilre^^qii'ib étaient ffliandonnét de leurspropres pasleors. Quand il y fol arriTé» Il te relira cbes un ban prêtre, qui voolut être la compagnon de ses peines et de ses fatigues , lesquelles étaient trèsl^randes et trè^-dangereoses pour leurs pro« près porsoonesy puisque, durant quatre mois iiue dura la peste, après avoir célébré la sainte messe de grand malin, et consacré plusieurs hosties qu'ils porlaient dans une iiotte d'argent « ils allaient de maison en maison pour inst nire , exhorter, confesser, donner le saint viatique , el administrer reitréme-onction à ceux que la contagion avait fait abandonner par les personnes mêmes auxquelles ils devaient être le plus cbers. Les plus infeclés étaient ceux que le P. Eudes recherchait avec plus d*empresse« menl et soulageait avec plus de tendresse.
La peste ayant cessé au diocèse de Séez, il retourna à Paris, d'où il fut envoyé à Caen. Il y Ironra encore une autre occasion de s'immoler pour ses frères : car le supérieur de 1.1 maison de l'Oratoire de celte ville avant M frappé de peste avec deux autres prêtres de la mémo maison, il les assista tous trois jusqn au dernier soupir; mais avec tant de charité , qoe ses vertus jointes aux autres talenls dont îl était doué ne permirent pas ^0*011 jetât la vue sur d'autres que sur lui pour remplir la place de ce supériear. Ce fut alors qoe se voyant chargé de ce nouvel emploi , il redoubla son zèle pour s'en acquitter dignement ; et, s'appliquant à la pré* iiicalion, non par le désir de plaire, mais de coDi erlir les pécheurs, il se mit peu en peine de flatter les oreilles, pourvu qu'il touchât leurs crnors. Il reprenait hardiment le Tice , el persuadait la vertu avec tant de force el d'onction, que sa réputation se répandit dans les plus ffrandes villes du royaume, et même jusqu'à la cour, où la reine réaente, Anne u Autriche, mère de Louis XI V, l'entendit plusieurs fois avec beaucoup de satisfaction; mais il n'était jamais plus content que quand il annonçait la parole de Dieu aux pauvres etaax gens de la campagne, comme il arriva en plusieurs missions qu'il 6t, étant encore dans la congrégation de l'Oratoire. Dica répandit de si grandes bénédictions sur celles qu'il entreprit, qoe les plus grands pécheurs, touchés par la force de ses discours, se conlertissaicnt et entreprenaient les plus austères pratiques de la pénitence. De si heureux succès attiraient un si grand nombre de personnes â lentendre, 'lue dans une mission qu'il 6t dans l'éslise de l'abbaye de Saiol*Btienne de Caen, elle se trouva trop petite pour contenir rallluence extraordinaire do peuple qui y accourait de loules parts , quoique ce temple soit un des plus grands vaisseaux du royaume.
Ce fui alors que le P. Eudes connut dans les missions le grand besoin qu'on avait de bons pasteurs et de prêtres zélés pour en conser- »er les fruits et >ooienir les peuples dans les iiiQS sentiments qu'ils y avaient conçus. Dans cette vue il médita rétablissement des séminaires [lour en former; mais comme il
fie défiait de ses propres lumières, il ne cml pas devoir se déterminer de soi-même â une telle entreprise. Il en consulta donc les personnes les plus distinguées par leur science et leur piété, oui approurèrent le projet qu'il en avait fait, et crurent qu'il devait se priver des douceurs qu'on tronve dans des communautés formées, pour se liyrer avec confiance à toutes les peines qui sont inséparables des nouveaux élablissemenls. Le P. ËudeSt qui n'euvisngeait que la gloire de Dieu, déféra donc à leurs sentiments.
Après être sorti de l'Oratoire, il travailla à l'érection d'un séminaire dans la ville de Caen. Les premières lettres patentes ayant été obtenues du roi le 26 mars de l'année 16<h3, et s'étant associé huit prêtres, tous remplis de l'esprit ecclésiastique, il jeta les fondements de la première maison de sa compagnie. Un de ses associés fut M. Blouet do Than, connu par sa grande piété et par le rang que sa famille occupe dans la ville, et qui fut le fondateur de celte maison. Ce ne fut pas sans beaucoup de contradictions que se fil cet établissement ; mais M. Eudes et ses associés les surmontèrent par le si-* lence, la douceur et la patience. Plu^ieur^ évêqnes, instruits des grands fruits que fai-« saient ces hommes de Dieu dans le séminaire de Caen, en voulurent avoir chacun dans leur diocèse ; et leur compagnie augmentant tous les jours en sujets ciistingués par leur vertu et leur mérite, M. Eudes en envoya â Coutances, â Lisieux, à Rouen et à Bvreux ; et les communautés qu'on érigea dans ces quatre villes, avec celle de Caen, pour élever les jeunes clercs et faire aux peuples des missions, furent autorisées sous le nom el le titre de Jésus et Marie, par les lettres des prélats, les patentes du roi elles arrêts d'enregistrement du parlement, po.ir être unies et agrégées enseaible, ne faire qu'un même corps et une même congrégation, qui était gouvernée par M. Eudes.
On vil en peu de temps un si grand changement dans le clergé de Normandie, que plusieurs prélats l'ayant fait connaître à l'assemblée générale du clergé tenue en l'année 1646, elle approuva le xèle de M. Eu* des, l'exhorta à continuer ses travaux apostoliques, el à se tenir prêt d'aller dans les autres diocèses où il pourrait être appelé par 1rs évêques.
Quoique ce lélé instituteur et ses associés s'employassent avec beaucoup de ferveur à réduration des clercs, ils ne négligeaient pas pour cela l'autre fin de leur iuslilul, qui e»l de faire des Inissions. L'on en compte jusqu'à cent dix où M. Eu<tes a travaillé lui-même, sans parler de plusieurs antres qu'on fit sous ses ordres dans les principales villes du royaume. Cet abrégé ne permet pas d'en f.iirc le détail, ni de rapporter Le nombre infini de conversions, de restitutions el de réconciliations que ces missions produisi* rcnt, princip.'ilement à Paris, où ce grand serviteur de Dieu fil eu différents temps des missions à SainUSulpit'e,auiQuinze-Vingls.
à Saint GcrmaiuHles Prés, a Versailles elà
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
US
Saiuf-G(>nDaii!!^»»Laye. Soitveol ces heoreQX «Qcoèi forent Irateraés par des contradictions $ mais c'était poor iors qoe le léle et le coarage de ces dignes oorriers s'aagmen« tait et s'affermissait darantage, n'espérant jamais plus de Trait d'une mission, d'une retraite, d'un avent ou d'un carême, qoe quand Dieu permettait qu'ils fussent rebutés.
M. Eudes, croyant devoir laisser par écrit ce que loi et ses compagnons araîent longtemps pratiqué dans les missions, composa deux livres ; l'an, auquel il a donné le nom de Bon Confess9ur^ instruit les missionnaires de tcHit ce qui concerne le ministère de la confession ; l'autre, qui est intitulé le Prédis eat$ur ûpostolique , marque à tous ceux qui ont l'honneur d'annoncer la parole de Dieu les règles el les moyens de le faire utilement pour le prochain, et d'éviter ce qui faisait le sujet de la crainte de saint Paul, c'est-à*dire, qwapris avoir prêché les autres^ ili ne soient eux-mêmes réprouvés. Ces deux liTres sont très-utiles pour former des confesseurs 6Jèles, exacts et prudents, et des prédicateurs évaiigéliqaes, qui doivent autant instruire d'exemple que de parolf s ; mais principalenient le premier, qui a été si uoiTersellement estimé, qu'a?ant la mort de son auteur on en a?ait fait plus de neuf éditions, et qu'un des plus illustres archeréques de France en ordonna la lecture à tous les prêtres de son diocèse par un statut particulier. On passe aous silence plusieurs autres livres qoe le même auteur a composés pour apprendre au peuple à bien prier, à s'approcher des sacrements, etc., et ceux qu'il a faits en l'honneur du oour de lésos et de celui de Marie, auxquels il avait une singulière dévotion, qu'il a si vivement exprimée dans les ofBces qu'il a compoiés et qu'on chante le jour de leurs fêtes, dont il a obtenu rétablissement dans quelques dioeèses.
Non content d'édifier rEglise et les lidèles en tontes ces manières, M. Eudes entreprit encore un établissement dont le succès fut une preuve d'une charité sans bornes et d'un xèle qui l'avait rendu capable de poursuivre les plus hantes entreprises. C'est l'ordre des Filles de Notre-Dame de Charité, qu'il commença en Tan 1645 et qui fut approuvé du aaint-siége l'année 1666. Après ce grand ouvrage, ce digne fondateur n'attendait plus que la mort précieuse qui devait terminer le cours de sa vie, comme il le dit loi-même dans un sermon qu'il fit à ses religieuses. Il était poor lors flgé de soi^iante-dix-neuf ans et use de iravaai. Ayant été obligé de se servird'one voiture ineommocfe dans un voyaee, et en ayant été blessé dangereusement, les remèdes qu'il fil ne servirent qu'à aigrir son mal s en sorte que sa mort en fut accélérée. Il vécu! néanmoins encore cinq à six mois dans des douleurs aiguëi et continuelles, qu'il supporta avec une patience admirable, en ranimant sa foi, sa constance, son espé* rance et son amour pour Dieu. Il avait eu la prévovance de convoquer une assemblée uans laquelle on établit en sa place au gouv/rnemeiit de sa congrégation^ VL. Bleuet de
Camilly , recominandable à tout le miMide par sa douceur, et cher aux siens par le grand amour qu'il a toujours en pour eux» el par les services qu'il a rendus à sa congrégation. Il était oncle de M. de Camilly , évâ|u€ da Toul.
Enfin U . Bades mourut à Caen, où il fut regretté généralement de tout le monde. Ca fut le 19 août 16S0. Dès qu'on on «al appris la nouvelle dans la ville, le concoors do
Seaple à venir voir ce fidèle servileor de ^ieu fut si grand, qn*on eut beaucoop do peine d'avoir la liberté do l'enterrer. L'em-^ pressement do tout le monde à lui rendre les derniers devoirs, U% louanges qu'on lui donnait et qui retentissaient do toutes parla, firent asseï voir que Dieu honore dans le ciel celai è qui tant de monde rendait par avance tant d'honneur sur la terre.
C'était un homme doué de toutes les vertus chrétiennes et ecclésiastiques. Sa foi était si pure, si vive et si feraie« qo'il de^ mandait souvent i Dieu la grâce de la sceller de son sang. Il avait une telle expérience de la providence de Dieu sar lai, qu'il «spé^ rait dans les choses mêmes oà H semblait
Îu'il y eût moins 4 espérer. Son amoar poor lien était si ardent que son cœur pooaaait des aspirations continuelles ^vers le ciel. Deux vertus qui lai furent singulières le Causaient aimer de Diea el des hommes, son bo« milité et sa simplicité. Tout prêchait en lei ; sa modestie dans le public, son recoeille^ ment à ia prière et à l'autel lai attiraieni one vénération profonde de ceux qui le voyaient. Quoiqu'il prêchât avec tant de force qoe les plos grands libertins se sentaient portés à quitter leurs vices par la crainte qa'il imprimait dans leurs cœurs , néanmoins» ae tri* bunal, il avait beaucoup de douceur, surtout envers ceux qu'il trouvait disposés à profiter des grandes vérités qu'il leur avait annoncées. Il se conduisait en cela seloa Tesprit de Dieu, qui sait mortifier et vivifier i propos. Personne ne lui a jamais reproebé one doooeur mondaine et complaisante. Il conservait en toutes occasions la fermeté évangélique ; et souvent, plein de chariié
riur les pauvres pécheurs qui s'adressaient lui, il se punissait lui-même poor obtenir de Dieu les grâces dont ils avaient besoin. Tous ceui qui l'ont connu ont été les témoins de sa mortification et de ses austérités. En-fin comme son principal soin avait été de former les prêtres qui étaient de sa compa* gnie« il y avait employé tous les moyeM que son lèle lui avait suggérés, et il y réosslt si bien, qu'il les laissa remplis de sqn esprit et héritiers de ses verlus.
Voilà en peu de mois le caractère de M. Eudes, instituteurdes prêtres qui portent son nom el qu'on appelle communément Eud^stes. H. Blouet de Camilly, grand vicaire de Cootances, son successeur a suivi son dessein et ses exemples, jusqu*à ce que %Qn grand âge et SCS infirmités l'obligèrent â convoquer une assemblée en l'année 1711» en le* quelle fut élu en sa place, on peu avant m mort, M. de Fontaines de Neuilly, grand