‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 25 sur 118 · EUD · texte numérisé non relu

EUD

ficaire de Baycai, qui est prAsentemeni supérieur de cette coagrégatioo.

Les Budisles oe foot aucaa ?œa. La charité est le seul lien qui les unit ensemble; et presque tons ceux qui sont incorporés dans la congrégation y restent toute Iror vie, quoique chacun ail toujours la liberté d*en sortir, et qo*on puisse aussi les renvoyer s*ils tombaient dans quelque dérèglement. Leur babil n*est point distingué de celui des autres prêtres» et, comme ils sont membres du clergé, ils font profession de suivre les règles qui sont prescrites par les saints canons. Ils ont pour maxime d'employer le re^ venu de leurs patrimoines et des bénéfices qu'ils peuvent avoir en œuvres pieuses, et plusieurs ont beaucoup contribué à fonder et bâtir leurs maisons .et à y fournir les choses nécessaires. Us ont pour principe que, lorsqu'ils demeurent dans la congréga- Uon, ils sont obligés d'obéir au supérieur, et ils s'acquittent de ce devoir avec la même fidélité que s'ils en avaient fait vœu. Ils en* seignent ordinairement la théologie dans chacune de leurs maisons et la philosophie en plusieurs; et on fait prendre à grand nombre d'entre eux les degrés de docteurs el de bacheliers. Les fins de leur institut sont de former les clercs aux fonctions de la cléricature, et de travailler à faire des missions dans les villes et à la campagne. I!s en font partout où ils sont appelés, et Dieu rf piind de si grandes bénédîttions sur leurs travaux, qu'if est aisé de juger combien ils sont agréables A sa divine majesté.

Le sopérienr de cette congrégation est chargé de mettre de temps en temps un noo« veau supérieur particulier dans chaque maison, qui soit agréé par Tévéqoe diocésain, el ils regardent ce changement comme une règle fondamentale de leur société. Us font des assemblées pour y traiter des moyens de perfectionner leur institut et retrancher tous les abus qui pourraient s'y glisser.

M. Eudes avait encore établi sa congrégation à Rennes avant sa mort, el depuis, M. Blunet a aussi envoyé de ses associés en d'anires diocèses, et tontes ces maisons el communautés ont été nnies et agrégées aux premièies sous le même nom tt le même titre de Jésus et Marie par les lettres d'établissements des évéques des lieux, les pa« tentes du roi el les arrêts d'enregistrement des parlements de leur ressort : en sorte que toutes ces maisons el communautés forment une espèce de congrégation, par rapport à l'Eglise et à l'Etat. Elle a on supérieur oui la gouverne: Il est élu dans une assemblée générale à la pluralité des voix. Le gonveroement canonique en est fondé sur les pouvoirs accordés par chaque évéque des diocèses où elle est établie, qui ont été autorisés et confirmés par les patentes do roi. C'est pourquoi les évéques sont les protecteurs de cette C4ingrégatlon ; el on s'y fait un devoir essentiel d'être entièrement bous leur juridiction.

L'Histoire de$ Ordttt religieux de M. Hcr* niant parle de$ Eudiita.

En 1810, lers de la démolition du séminaire de Càen» les corps dn P. Eudes et de ses successeurs dans le gouferneuient de sa congrégation forent transférés dans l'église paroissiale de Notre-Dame, et le tombeau du P. Eudes fut alors couvert d'une table de marbre blanc. Les religieuses de la Charité de Notre-Dame, do la même ville, obtinrent alors le chef et un ossemenl dn serviteur do Dien. Elles ont fait embaumer ce précieux dépôt, l'ont placé sous la grille de leur chœur et y ont mis une inscription.

Une autre œuvre liée à rétablissement des Budisles, que le P. Hélyot passe sous silence, mais a laquelle nons consacrerons un article dans le Supplément^ est celle de la congrégation séculière du Sacré-Cœur de Marie. connue surtout en quelques cantons de la Bretagne. L'opposition que témoigna la congrégalion de TOra^otre à celle des Eudistes n'a point été non plus mentionnée par Hélyot, mais elle n'en fut pas moins réelle, et cette opposition, qu'on peut concevoir sans peine, était basée sur le regret d'avoir perdu le P. Eudes, et un peu aussi sur une petite jalousie de corps. La société de Jésus et Ma* rie eut le bonheur, quand tant d'antres instituts, et nommément l'Oratoire, se lais* salent prendre à l'esprit d'innovation qui a tant cau»é de ravages en l'Eglise depuis deux siècles, de se garantir du jansénisme. Après M. Guy de Fontaines de Neuilly, supérieur génénil, lorsque le P. Hélyot composait l'Histoire des Ordres monastiques, la congrégation des Eudistes fut gouvernée par M. Pierre Cousin, prêtre du diocèse de Coulances, qui mourut à Caen le ih mars 1751, à l'flge de 96 ans. Les successeurs de celui-ci dans le généralat furent M. Jean-Prosper Auvray de Saint-André, du diocèse de Bayeux, mort à Caen le 90 janvier 1770; Michel Lefèvre, mort à Rennes, dans le cours de ses visites, le 6 décembre 1775; Pierre Lecoq, mort à Caen le l*' septembre 1777; Pierre Dumont, supérieur du séminaire de Coulances et vicaire ffénéral de ce diocèse, mort en 1798 on 1794, dans la ville de Caen, où il avait trouvé un asile après la dispersion de son séminaire et durant les cruelles persé<entions de cette époque malheureuse. Due paraivsie l'avait mis depuis plusieurs années dans la nécessité d'avoir un coadjuteur. On avait choisi, pour cette (onction nouvelle doi coadjotenrdu général, M. Hébert, supérieur de la maison de Paris, où II continua de ré-^ sider, et qui s'acquitta dignement de la nou«^ velle fonction qui lui était conGée. Ce saini prêtre était né dans la paroisse de la Croupie^ diocèse de Lisieux, vers l'an 1738, et fui massacré aux Carmes de Paris, le 2 septembre 1792.

Les Eudistes ont donné à l'Eglise et aux fidèles plusieurs modèles de vertus, entre lesquels nous devons signaler M. Beurier, prédicateur et missionnaire célèbre, vers la tin du dernier siècle, et dont M. I*abbé Car* ron a publié la vie dans le recueil intitulé. Modèles du clergé. Nous devons aussi eu iu-> diquer quelques aulres, tels que M. Michel

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

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Lefèvre, mort A Reoneii, ainsi qoe oous l'avoDS dit ci-dtfsSQSt tn 1T75. H fut enterré ilans Téglife du grand séminaire de relie ville, et son corps j fut retrouvé en enlier en 1799; ses habiis sacerdotaux n'étalent pas même endommagés. Le médecin oui l'avait trailé dans sa dernière maladie fut appelé pour eiaminer le cadavre et le reconnut. Nous ajouterons néanmoins ici qoe M. Lefèvre avait cm devoir, pendant son ad* ininistralion, écrire en faveur du prêt A intérêt. La congrégation, indignée de ce qu'il eût publié on ouvrage si opposé aux principes qu'elle avait toujours professés, lui fit les plus vives remontrances dans une assemliTée générale, et voulait même le déposer, s'il ne se fût ré:racté. Ceux que nous voulons encore nommer, sont MM. Lefranc, lleaulieu,Blamin, Dardan, Duperron, Durvé, Grasset de Saint-Sauveur et Le Bis, qui tous furent massacrés aux Carmes; M. Poiier, qui avait si généreusement rétracté son serment, et fut immolé aux Carmes le 3 septembre 1792. La congrégation de Jésus-Marie a produit aussi plusieurs écrivains utiles, tels que le P. Endos lui-même, dont une partie des ouvrages ont été mentionnés ctdessos par le P. Héljot; M. Beurier, dont uo volume de Conférences jouit d'une certaine vogue quand il parut ; M. Le Coq, général après M. Lefèvre, dont il réfuta te livre dans une di>sertation remarquable par la netteté et la précision qui jr régnent; il est également auteur de plusieurs ouvrages de droit qui ont été fort estimés, surtout celui qui a pour titre: De Cétat des personnes si des biens. Al. Sevoj, murl A Rennes en 1765, et auteur des Devoirs ecclésiastiques, ouvrage estimé du clergé; M. Daon^ auteur de la Conduite des confesseurs et de la Conduite des Ames. Un des plus célèbres et des plus remarqua* blés de tous ces hommes modestes fut sans contredit M. Hébert, sur lequel nous voulons revenir en terminant cette nomenclature. Il habitait Paris lorsque la révolution éclata. M. Poupart, curé de Saint-Eustacbe, ayant, par sa prestation do serment A La constitution civile du clergé en 1791, perdu la conQance de Louis XVI, dont il était le confesseur, M. Hébert fut choisi pour le remplacer. Le sage supérieur prévit tout ce qu'avait do périlleux pour lui cette charge honorable, et il s*en expliqua devant des personnes qui lui étaient chères; cependant il ne balança pas A l'accepter. On dit qu'A sa sollicitation, l'infortuné monarque fil un Tceu au Sacré Cœur de Jésus pour le rétablissement de la paix, mais ce fait ne parait pas bien prouvé. Néanmoins la formule de «eiœuréelou prétendu a été rendue publique, et nous la possédons nous-méme.

La fureur des impics contre les prêtres fidèles augmentant chaque jour davantage, M. Hébert fut arrêté A l'époque du 10 août 1792 et renfermé avec quelques-uns de ses confrères dans le couvent des Carmes Déchaussés, ruede Vaugirard; celte maison, comme on sait, avait été, ainsi que quelques autres, transformée en prison. C*esl dans ce

lieu qoe ce digne ministre de Jésns-ChriM finit sa %ie, dans les massacres qui y eurrot lieu le S septembre suivant. Il fut frappé l'un des premiers dans l'oratoire du iardto, et renversé sur le marchepied de l'antel, devant une statue de la sainte Vierge. « Prête le serment, » lui dit un des assassins, fn levant sur lui son sabre. « Non, lui répondit le généreux confesseur; je ne veux pas renier la foi. 9 Cette noble réponse lui valut la mort, et le meurtrier lui donna quatorze coups de sabre.

Aux villes citées par le P. Héljol, il bot ajouter les suivantes, où les Eudîsles avaient aussi un féminaire ou une communauté :

Avranches, où les Eudistes furent appelés en 1693 par le célèbre Hnet; Blois, où ilsallèrent en 1699, époque de l'érection du siège épiscopal de cette ville; Dol, où leur séminaire fut établi en 1701; Sentis, où ils occupèrent le séminaire en 1706; Domfront , au diocèse de Séez actneliement, mais alors du diocèse du Mans, où la congrégation de lésos- Marie entra en possession du séminaire en 1727, en s'associant les directeurs qui y étaient alors et qui embrassèrent son régime: enfin la ville de Séex , où ils forent chargés du séminaire en 1762, A la dispersion des Jésuites , qui le dirigeaient auparavant. Ajoutons aussi qu'A Rouen, A Lisienx et à Rennes, i!s avaient un second élablissemeot. car ils y dirigeaient le petit séminaire.

La maison de Paris n'était point on léminaire , mais un hospice destiné surtout ani jeunes sujets de la congrégafioo qui bisaient leurs études A Paris. On y recevait aossi d'autres ecclésiastiques en qualité de pensionnaires. Cette maison, établie en 1703, ne put voir enreffistrer ses lettres patentes da roi qu'en 177o, par le crédit de H. de Beaumont , archevêque de Paris , qui protégeait les Eudistes. Elle était située rue des Postes, et formait une partie de rétablissement actuel des Jésuites. La maison de la Garlière, dIocèsed'Avrancbes, était occupée seuleoieat par des missionnaires de l'institot.

Nous croyons pouvoir insinuer que Ifs Eudistes avaient commencé et même Ibmi' un troisième établissement au diocèse de Rennes, sur la route de cette ville A Fougères et sur le territoire de la paroisse de Romagué. Ils y occupèrent une petite maison aliénante à une chapelle sous l'invocatioo de sainte Anne, pèlerinage célèbre dans ces quartiers, et bâtie au village de la Rosserie. Le supérieur s'appelait Fontaines, selon une noie qui nous nomme ainsi le supérieur des Eudistes de la maison de Sainte-Anne. Ne serait-( e pas le méuie que M* de Footaiae$ de Neuillv, troisième supérieur général i mentionné ci-dessus 7 L'ctablisseHieDt de Sainte-Anne s'était fait précisément a l'époque où celui-ci pouvait le diriger et fut dissous , nous a dit le directeur de Rooiafsé (M. Delaunaj), par M. de Bretenil, évéqne de Rennes , au commencement du dernier siècle. Ce même prélat, qui n'était pas a^ commodant , A ce qu'il parait, et était pcatêtre de ces hommes qui ne connaissent pat

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