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en quoi consiste l6 rérllable avantage de leurs diocèses, supprima aussi les formes de roll^iale qu*aT»ient prises les obitters de Téglise paroissiale Saint-Léonard à Fooffftres. La tradition des ancii'ns parle encore des séminaristes de Normandie , établis à Sainte-Anne; néanmoins cet établissement, situé à une demi-lieue de Fougères , n*a pas dâ avoir une longue durée ; car la maison provisoire, qui se voit encore , était trop pelitepoomnecommunauléyetcelle qu'on voulait bÂlir n'avait été conduite que jusqu'aux fenêtres da rei-de-cliaussée. Ces mors ainsi élevés n*ont étédémolisquovers Tannée 1825. Nous tenions à sauver par cette noie les souvenirs de cet établissement qui, vraisemblablement n*est point mentionné dans les mémoires des Eudistes. Hélvol dit que les membres de la congrégation de Jésus-Marie, neporlent pas de costume particulier et sont habillés comme les ecclésiastiques séculiers. Cel'i n'est pas rigoureusement exact« Les Eudistes ne portaient point le rabat noir qn*oot aujourd'hui les prêtres en France ; le leur était tout b'anc , comme celui que prennent les ecclésiast ques en deuil , dans quelques pays, par exemple, au diocèse de Rennes. Ils avaient , en outre, une sorte de manchette en toile qui se relevait sur les manches de leurs soutanes , à peu près ou même absolument comme ces poignefi anaiogors que portent les femmes dans le deuil, lesquels poignets on manchettes étaient aolrefois appelés dans le monde dos pieu* rmifs.
Pins heureuse que bien d'antres» dont les membres» contents peut-être d'une liberté jadis foicéo, n'ont pas eu le courage de se réunir, la congrégation de Jésus*Marie a été rétablie en 18:^, sous la direction de M. l'abbé Blanchard, ancien supérieur du petit sémiaairede Rennes, et proviseur du collège rojal dr cette ville. Elle est aujourd'hui gouvernée par M. l'abbé Louis» et sa maison mère est à Rennes. Goite réNOrrection ou organisation nouvelle des Eudi»tcs, mérite un article spécial que nous lui consacrerons.
Voyez KuDiSTB^i, au SuppiémenL
NoUi reeueillieê passim. Vie du P. Jean f urfet» misMionnaire apotîoliaae ^ instituteur de la congrégation de Jésus-Marie et de ror» tfre de Notre-Dame de la Charité » ouvrage posthume du P. de Montigny^ de ta compagnie de Jésus^ revu et publié par un prêtre du fl^gé de Paris. (Ce prêtre est M. l'abbé Très vaux, chanoine de la métropole».)
BUGIPPE (Saint-). Voy. C&saire (Saint-).
ËVANGILB (Fa&RBs du Saint-). Voy. Décbaussés.
EXEMPTS (BÉNÉDICTIHS).
^ct Bénédictins Exempts ^ tant en Flandre 9ift*fii France^ où il est parlé en particulier de l'abbayo de Saint-Vaast d*Arras.
Après que le concile de Trente eut été heureusement terminé» en 1563, à l'avantage ^t la religion catholique et de la discipline
ecclésiastique, tant pour l'état régulier que séculier ; après qu'il eut été publié et aecepié dans les provinces de Flandre el d'Artois en 1564, par les ordres de Philippe II » roi d'Espagne » qui en était pour lors souverain , il se forma plusieurs congrégations en conséquence du décret de ce même concile qui obligeait les monastères indépendants A s'unir en congrégation , ou A subir la visite des éréques. La première de ces congrégations fut composée des monastères de âint-VaasI d'Arras, de Saint«Pierre-les-Gands; de Saint- Berlin» à Sainl-Omer; de Saint*Pierre de Lobbes» au pays de Liège» diocèse do Cam-* brai » et de celle du Saint-Sépalcre de Cambrai; mais cette dernière abbaye ayant été obligée de se soumettre c^ l'archevêque de Cambrai » cette congrégation se trouva réduite aoiL quatre premières abbayes jusqu'en l'année 1627» que celle de Saint-Amand au diocèse de Tournai» et de Saint-Sauveur Deename près d^Oudenarde» y furent agrégées par ordre d'Albert , archiduc d'Autriche » et d'Isabelle» princes des Pays-Bas.
Quoi(|ue les supérieurs des premiers ntonasières qui composèrent d'abord celte con* grégalion se fussent mis en devoir de se soumettre au décret du concile aussitôt après sa publication , cependant ils ne purent pxécutir la résolution quMs avaient prise de faire à ce sujet une assemblée générale , que l'an 15C9» qu'elle fut tenue dans l'abbaye royale de Saint-Vaast d'Arras avec toute la solennité possible. Celte fameuse abbaye, qui est comme le chef de cette congrégation» doit son établissement à saint Yaast , dont elle porte le nom» et elle est redevable do son accroissement a saint Anbert, un de ses successeurs. Elle eut pour fondateur» en 680^ Thierri, roi de Franco, qui la dota pour cent vingt-deux religieux de l'ordre de Saint-Benoit, qui devaient être de famille noble et re« commandable dans le royaume» personne n'y étant rrçu qu'il n'eu ait fait le^ preuves.
Cette abbaye est exempte de la juridiction de l'évéque et jouit de plusieurs droits spirituels et temporels; ce qui lui fut accorde par une assemblée d'archevêques et d'évéques» qui se tint dans la ville de Compîègne» la septième année du règne du même reiThierri» comme il se voit dans son épitapbe, qui est dans l'église de cette abbaye, où on lit ces deux vers :
Régis Isrgs msoDS et presàl Vindlcisniis Nobis rei^e dsnt Jus et poatiScsIe.
Les principaux de ces droits consistent» 1* en plusieurs cures de la ville d'Arras, dont les curés» les yicaires et les autres prêtres ne reconnaiiisent point l'évéque» elsont soumis immédiatement à l'abbé et A son officiai. 3" En ce qu'elle jouit de Ions les droits royaux» conformément au titre de sa fondation» entre lesquels droits il y a celui de main-morle»qui défend les mariages et la fabrique des églises» chapelles ou oratoires, sans la permission de l'abbé» et sans payer certains droits qui sont présentement évalués. Ce droit pour la construction des églises I chapelles et oratoires » se voit par une
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
inscription qui est sur une pyramide éleTôe liant lo PetiUMarché d^Arrat; on y lit res parole» : Anno Domnicœ Incamalionù 1200, hœe pyramis erteta êii in fundo Saneti Ve^ dasti per con$en$um abbatU et eapiluli^ iine qno oêsentu nec aliare hie poUit erigi^ née china cetebrari^ nfc aliud fieri. 3** Les dooie éehevins do la fille sont obligés de jurer, tons les ans , qu'ils garderont les droits du roi et de l'ab^'aje. Tenant pour cet effet dans Téglise de la Madeleine* qui est une de celles qui dépendent absolument de Tabbaye , tant pour le spirituel que pour le temporel, i* Celle abbaye jouit du droit de ton4ieu « qui esl ce qu'on appelle a Paris droit de grand Toyer. 5* L*abbé de Saint- Vaast et ses reli« gleus ont droil d*occoper toutes les hautes stalles du cAté gauche de la cathédrale, lorsqu'ils y vont pour les processious et les assemblées, conformément au concordat passé entre les parties en l'année 1508, par lequel il esl dit quft les religieuiL de l'abbaye de Sainl-Vaast marcheront avec les chanoines, en telle sorte qu'un chanoine aura la droite et un religieux la gauche, et cela dans les processions générales.
Cette abbaye était anciennement d'one ^■^gr^Alion qui comprenait généralement lous les monastères de l'ordre de Saint'^Benoll, qui se trouraient dans loi provinces de Flandre , Sens et Reims, exempts et non exempts, qui faisaient pour lors leurs assem* blées, sans préjudice an droit des évéques, comm^ il esl facile de le Toir dans le 12' chapitre du concile de Latran sous Innocent III, cap. In iinaulis de Statu monachorum^ où on lit ces paroles : Snlvojure diœeeianorumpon» iifieum. Mais les guerres qui sont arrivées entre les rois de France, les comtes de Flandre l't les ducs de Bourgogne, divisèrent tel- Icmenl ce grand corps, ou chaque abbaye, étant devenue indépendante , tomba dans le relâchement : ce qui dura jusqu'à la conclusion du concile de Trente , que ces monastères, étant obligés à se remettre en congrégations, reprirent en même temps les observances régulières, mais particulièrement celoi d'Arras, où la discipime monastique commença à revivre par la piété et la vigilance de dom Sarrasin, qui fut chargé du soin de remédier aux abus qui s'étaient glissés dans les monastères de cette nouvelle congréga-lion, où 11 esl regardé comme le restaurateur de l'observance régulière et comme un sujet qui lui a tait plus d'honneur par son
I(ran4 génie, sa piété solide, son xèle pour a religion catholique , les emplois dont il a été honoré, les charges et dignités auxquelles il a été élefé par son grand mérite.
Il naquit à Arras le 20 juillet 1539. Ses parents, qui étaient recommandables dans la bourgeoisie de cette ville, lui firent apprendre la langue latine, l'ayant mis pour cet effet entre les mains d'un bon maître qui, connaissant les grandes dispositions de son écolier, le présenta à Tabbé de Saint-Vaast, qui était pour lors Jérôme Ruffaut. L'esprit et les manières solides de Sarrasin lui attirèrent restime de cet abbé, qui lui dunna l'habit de
son ordre à I Age de dix-sept ans. Aptes son année de probation, pendant laquelle il gagna le cœur et l'estime de toute la ooDunu-nauté, dans laquelle il fut reçu avec tout l'applaudissement possible, il fut envoyé à l'Université de Paris pour y étudier la rbéto« rique. Il y fit de si grands progrès, qo'eo l'absence de ses maîtres il donnait les leçons aux écoliers. Ensuite il fut rappelé à son monastère, où 11 fit ses vcbux, et peu de temps après il y reçut les ordres mineurs et les ordres sacrés de sous-diaconat et de diaconat; après quoi il fut envoyé à Louvatn pour y étudier en théologie. Il y fut ordonné prêtre et il se fit recevoir bachelier dans cette Uniyersité à la sollicitation de ses maîtres et avec la permission de Roger de Momoranci , qui avait succédé à JérAme Ruffaut à l'abbaye do Saint- Vaast»
A peine eut-il fini ses études que ce même abbé, connaissant son mérite, le fit soncha-
Î>elain, lai donna le soin d'une partie des af> aires de son monastère , et le fil enfin dans la suite grand prévôt de son abbaye, dignité vacante par la mort de dom Jacques Taffe. Cet emploi, qui semble si opposé à la piété et à l'observance régulière par l'obligation presque continuelle où il met celui qui en est pourvu de songer aux procès et do s'appliquer à la conservation des droits, des privilèges et immunités du monastère, ne l'empècna point de pratiquer ces deux vertus qui sont le fdudement de la vie religieuse. Aussi cela parut si extraordinaire aux Pères qui étaient dans celle première assemblée qui se tint au sujet de l'établissement de la congrégation, que, dans le dessein qu'ils avaient de réformer en même temps les mœurs elde rétablir la discipline régulière , ils lo demandèrent à son abbé pour remplir la charge de grand prieur, dont il fut revêtu parce même abbé qui, ne pouvant assez, lui témoigner l'i^stime qu*il faisait do son mérilis le 61, quelque temps après , son vicaire général dans le spiriiuel, avec pouvoir de disposer des bénéBces.
La supériorité de son génie lui rendait toutes choses si faciles, que, plus on lai donnait d'emplois, plus il donnait de preuves de son étendue par la manière dont il s'en acquitlaii. Cela parut principalement dans lo soulèvement de la ville d'Arras, qui était da nombre de celles qui par la làction des liérè* tiques qui avaient à leur tête le prince d'Orange, s'était révoltée contre son souverain, et dans laquelle la religion catholique était en si grand danger par le nombre des hérétiques, qui surpassait de beaucoup celui des catholiques, que l'évêque de cette méms Tille fut obligé d'abandonner ses ouailles et d'en sortir avec tout ce qu'il y avait d'honnêtes gens, afin d'éviter la persécution, laissant ainsi le soin de son troupeau à dom Sarrasin, qni, se trouvant en même leanpi chargé de tout le gouvernement de son mo^ nastère par la mort de Thomas Pareoni, qoi en était abbé, remplit parfaitement les devoirs d*un supérieur vigilant et d'un xèlé pastevr, animant i^ar son exemple ses reL-
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peut h lobter? aiictf régiiUAre« et exhoHant les peuples par ses fréquentes prédications à défendre la véritable foi de Jésus^Christ au prix de leur sang et à être fermes dans la fldélité à iear roi ; ce qui lui réussit heureusemeni. Mais ce ne fat pas sans peine et sans iieaocoup de souffrances s car les hérétiques el leurs adliéronls* enragés de ce qu*il soutenail les intérêts de Jlîeu et de la religion avec tant de lèle, le jetèrent dans une obs* core prison, où il souffrit la faim et la soif pendaat ooinze jours, n'attendant que le moment d'une mort ignominieuse selon le monde» mais précieuse aoi yeux de Dieu, qei, en ayant déterminé aalrement, snscita des gens de probité qui les détournèrent de Icttrmaufaisdesselnidtintilsnesedésistèrent qu'à condition qu'on leur donnerait l'argenleriedo monastère pour l'envoyer au prince d'Orange.
Dans le temps qne ce grand homme ét^it diiis la|iersécolion« les Klats généraux d'Ar» loii, qui gauTOrna^ent pour le roi, voulant récompenser son mérite et les travutix qu'il avait endurés pour le soutien de la foi r alho« liqoe et le service de son roi, le nommèrent i l'abbaye de Saint-Vaast , dont il obtint la confirmation de Philippe II. Il serait difflcile 4*eiprimer les grands talents et les vertus héroïques qu'il fil paraître dans sa nouvelle digoité : son tèle pour le bien de son monastère tant ponr lx>bscrvance régulière que pour la défense de ses privilèges ; son ap« plication et ses travaux pour la paix, qu'il prticnra enfin aux Pays-Bas au grand contentement de tous les bons catholiques; sa charité envers les pauvres, auxquels il servit de père dans nne lamine qui fui pres^iue gênera e dans toute l'Europe en 15S7, ayant fait ouirvr pour cet effet les gienîer^ de son abbaji*; son amour pour les gens savants, auxquels il taisait tous les biens qui étalent en M>n pouioir» fondant plusieurs collèges où )c^ étuiliants pauvres étaient reçus, donnant dfi pensions aux couvents des religieux iiieiidiants afin quMs pussent plus couimo-* dément avancer lenrs religieux dans les h iciiccs, et faisant de grandes aumônes aux écoliers pauvres à proportion des dispositions qu'ils avaient pour les sciences; sa pieté i-nvers le prochain en faisant construire on hôpital pour les pauvres et en faisant tiAlir un couvent aui capucins nouvellement arrivés d'Italie dan^ la ville d'Arras; enÛQ sonadressedans les négociations les plus épineuses, desquelles il sortait toujours avec honneur à l'avantage de ceux dont il prenait Ie9 intérêts et avec la satisfaction des parties intcreHées, qui ne pouvaient assez louer ses belle» qualités el son bel esprit , tant dans le maniement des alTaircs qne dans les conversations particulières, qui lui firent aussi mériter Testlme de Philippe H, roi d'Espagne, qoi pour récompenser son mérite le déclara conseiller d'Etat avec tous les honneuri et prérogatives appartenant A cette charge, H quelque temps après lui donna rarchevêelle de Cambrai, vacant par le décès de M. de Borlemont, qui mourut le 15 février 1S90,
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et dont il obtint les bulles et prit possession le ik septembre de la même année.
Lorsqu'il se vit revêtu de cette nouvelle dignité, il crut qu'il était de son devoir de travailler à ramener au bercail de Jésus^^ Christ les Imes qui s'en étaient écartées. C'est pourquoi il s'appliqua à l'extirpation de l'hérésie et i l'augmentation de la religion ca-» tholique. Sa vigilance et son zèle ne lui permettaient pas de prendre aucun repos, récon* ciliant lui*même à TEglise les hérétiques, ré parant les églises ruinées par les guerres, ri s'appliquant continuellement au soulage* ment du public; ce qu'il continua Jusqu'à la mort : car, sentant diminuer ses forces et prévoyant que sa fin approchait, il ne laissa pas pour le bien du prochain, d'enirepren-* are contre i'avis des médecins le voyag<^ de Bruxelles, où, étant arrivé il mourut le troisième jour de mars de l'année l59R, après avoir reçu tous les sacrements de !'£• gli»e.
Le bon ordre el la tranquillité que ce grand h >mme avait établie dans son monastère ne dura que pendant la vie de son successeur, qui futdom Philippe de Caverei, qui, pendant trenie-six ans qu'il fut abbé de Saint-Vaast, fut presque toujours prési* dent de la congrégation et y maintint Tobservance régulière; mais depuis sa mort, oui arriva le premier décembre 1636, elle éprouva toutes sorte:» de disgrâces par la
Î[uerre qui commença en 1635, entre la France et l'Espagne. L*abbaye do Saint- Yaast fût celle qui en souffrit le plus, puisqu'elle resta jusqu'en 16(^1 sans gouverne-^ ment ni spirituel ni temporel. Car les Pran-» çais s'étant emparés d Arras, tout l'Artois se trouva tellement divisé entre la Franco et l'Espagne etsi ruiné par les deux armées, que les religieux de ce monastère ne pouvaient recevoir le revenu de leurs biens, et furent réduits à n'avoir pas même de pain pour se nourrir.
Louis XIII, voulant se servir de son droit, donna ceite abba)e en i6frl A doni Maximi« lien de Bourgogne, qui nomma dom Jean de Niiar pour gouverner ce monastère quant au spirituel. Mais ce fut une autre source de désordres : car, Claude Hacoart ayant été élu pour supérieur de la congrégation par les autres monastères qui étaient en^ cure sous la domination d*fispagne, et ayant été nommé ensuite à cette abbaye par Vhï^ lippe IV, roi d'Bspagne, Tan lC5i, «ueun de ces deux abbés n'ayant pu obtenir ses .bulles du pape, cela causa un schisme si grand% que le monastère de Saint-Vaast étant dU visé, les revenus partagés, et les moines désunis et dispersés, tout fut renversé tant pour le spirituel que pour le temporel jus«« qu'eu l'année 1660, que la paix fut ooncloo entre les deux couronnesi par laquelle paix la nomination appartenant au roi, et dom Maximilien de Bourgogne étant mort , ce prince la donna au cardinal Iules Maxarin , qui, étant mort avant que d'en recevoir les bnlles , eut ponr successeur le cardinal René d'Est , qui ne se fit jamais connaître A
DICTlONN^mE DES ORDRES RELIGIEUX.
tMe abbaye qae par le soin qu'il eut d'en recefoir les reTenus. H eut pour succetseur le cardinal EmmaooeUThéodose de Bouillon de la Tour d'AuTerene, qui eu obtînt les bulles de Clément X. au mois de février J673. Ce cardinal étant mort A Rome le 2 mars 1715, le cardinal de Rohan fut pourvu de cette abbaye.
Il y a dans ce monastère quatre supérieurs uour le spirituel, (|ui sont le gran I prieur, le sous-prieur , le tiers-prieur et le i|uart«prieur. Le grand prieur, <]ui passe pour le premier officier de la maison, n'est point sujet à la clAiure du dortoir, ayant un quartier à part, d'où il peut veiller à la conduite des oiBciers, et eu même temps au bon ordre du mooastère. 11 se fait par scrutin, et il est perpétuel ; il est aussi ofticial de l'abbé dans kl paroisse de la Madeleine, et d'au* très qui en dépendent, et il a un cbapelaiu religieui.
Le premier officier pour le temporel est le grand prévAt, qui est chef de la justice, et préside au siège de la cour abbatiale pour le civil, et est gardien des titres et autres pa« piers de l'abbaye. Cet emploi est aussi ancien que l'abbaye. Le srand bailli^ avec les barons et bommes de uef, servent pour lo crimineL
Le grènetier reçoit les grains, et a soin du bo;s et du charbon ; il est aussi chapelain de l'abbé.
Le cellérier a soin de la cuisine convenluelle et du réfectoire.
Le receveur général tient la caisse et reçoit la finance de Tabbaye des mains des fermiers et des autres receveurs particuliers ; son bureau s'appelle communément le buffii.
Le trésorier a toin de la cire, du linge, des ornements de Tégiise et de la sonnerie.
Le rentier est juge du ton-lien, et reçoit les rentes foncières de la ville et de la banlieue.
L'hôtelier avait autrefois la direction de l'hôpital; mais depuis l'érection dt; l'hôpital général d'Arras, et même peut-être avant ce temps-li, ce n'est plus qu'un office sans escrctce.
Le théologal fait sa leçon certains jours de la semaine.
Le vinier a soin de la cave au vin et de celle de la bière.
Le réfectorier a l'inspection sur la bonlangerie, et fait cuire le pain.
Le commis aux ouvrages est chargé de la fabrique, tant au dedans qu'au dehors du monastère.
Le bibliothécaire a la clef de la bibliothèque # qui est très -vaste et très -nombreuse.
L'aumônier distribue ans pauvres les aumônes accoutumées, et entre autres tout ce qui vient du réfectoire commun.
Le sacristain a soin des reliques et de l'argenterie de l'église.
Le maître de l'ordre est directeur des novices, cl il y en a un autre pour les jeunes profès.
Pour le chœur il y a clMutre et souschantre.
Le sous-prieur préside à rinfirmerie, et a sous lui des infirmiers.
Il y a deux ou trois receveurs forains, qui reçoivent les rentes à la campagve.
11 y a dans le monastère des profosseurt de la théologie morale, et des langues orientale , grecque, hébraïque , syriaque, etc.
Outre le sacristain, il y a deux prêtres séculiers, qu'on appelle sénéchaux ou tardes d'église, qui éveillent les religieux pour aller à matines, préparent les auleU et les ornements, et servent de massiers les jours solennels, auxquels jours, les prêtres habitués des paroisses de la Madeleine, de Sainte-Croix, de la Ghapelle-au-Janiia, et de la Basècle, et tous les officiers de justice sont obligés d'assister à l'office.
Il y a auatre principales prévôtés foraines, qui dépendent de cette abbaye; la plus considérable est celle de Haspres, entre Cambrai et Valenciennes, où il y a ordinairement dix ou douze religieux, dont il y en a un qui est prieur, et un autre trésoner. Le prévôt est membre des Etals de Hainaut. La seconde est celle de Berclau près la Baasée, où il y a ordinairement trois religieux »ous le prévôt. La troisième, de Gorres près de Bélhune, qui est semblable à la seconde. La quatrième, de Bœurières, de Tautre côté de Bétbune, qui est aussi de même. Il y en a encore d'autres moins cooaidérabiea que ces quatre premières. La première est celle de Saint-Michel près d'Arras, où il n*y a ordinairement <|u'ua religieux. Cet endroit sert pour les religieux convalescenis. La prévoie d'Angicourt dans le diocèie de Beauvais, près de Chantilly , celle de Sailli sur la Lis, dans le pays de Lalloëne, qui ait entièrement du domaine de l'abbaye, avec quatre gros bourgs ou villages ; et eufin celle du Maisniéles-Artoises, entre Bapaume et Péronne. Les prévôts de ces deux dernières sont ordinairement seuls, et ne sont là que pour Teiller aux intérêts de l'abbaye Uans les terres qu'elle y possède.
Le grand collège de Saint-Vaast à Douai, fondé par D. Philippe de Caverel, dont nous avons parlé ci -dessus, contient trois grandi quartiers, savoir : celui des bénédictins
glais, qui sont gouvernés par un prieur, ei
2ui font l'office dans Téglise, comme on bit Arras dans le monastère; celui de la partie coufenluelle des religieux de Saint- Vaast, où il y a un président et un vice-président pour veiller ^ur les religieux, Uol enseignants qu'étudiants ; et entio le quai lier des pensionnaires séculiers, qui sont sous la conduite d'un principal ou régeai, d'un sous-régent et d'un préfet. Dans le même quartier sont la grande salle des dispotes, et les classes de théologie^ de philosephie et de rhétorique. L'abbaye a aussi un collège à Paris nommé le colUgi (TAnM», proche Saiut-Victor.
Ces emplois, olOces, prévôté, et principalites, sont des administrations règuli^i
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pures pl tiniplcs, comptables et révocalHes» é li Tolonlé aes supérieurs ré^aliers, et cela de lout temps , n'ayant jimais pas>é pour des vrais litres de bénéficesi comme il parai! par plusieurs arrêts du parlement.
Celte abbaye a toujoiu*s été , comme les autres de Flandre, régulière et élective, comme il parait par les titres de sa fonda* tloQ et par une infinité de bulles des papes, aussi bien que par la lettre de nomination de Louis Xlll en 1641. L'abbé est comte de Lalloëve, porte mitre et crosse , et, outre la scigaeorte qu'il a dans la ville et banlieue d*Arras, il est baut justicier dans toutes les terrf s dépendantes de son abbaje , qui sont de fiiiidaiion et amortissement royal.
Les principaux exercices de cette abbaye coosisient à se lerer à onze beures du soir pour aller à matines. On leur porte pour cet effet de la lumière dans leurs chambres, d*ott Ils ne sortent qu'après en avoir reçu ordre du supérieur, qui leur ouvre la porto du dortoir, dont il garde la clef, lis disent tous les jours l'office de la Vierge avant que de dire le grand oiBce, et souvent ils disent ao»si l'oflice des morts; ce qui étant Oui ils retournent à leurs chambres en disant le psaume De profundis. Ils se lèvent à six heures et demie pour chanter une messe de ta Vierge aux jours qu'un doit selon les rubriques en cbanter deux , ou bien du saint sacrement on des morts. Ils chantent prime à sept heures, puis l'oCfice de la Vieree, ensuite le martyrologe , lequel étant fini, ils vont au chapitre reconnaître leurs fautes et retournent au chœur pour dire tierce, sexte et Dooe , et l'office de la Vierge. Quand on ne doit pas dire deux grandes messes, ils disent prime à huit heures et demie. Après ptime, ils vont à leurs chambres, où ils demeureni jusqu'A dix beures, que l'on dit tierce, après quoi on chante la grand'mc^- »c, qui est suivie de scxle et de none, excepté depuis l'Bxaltation de la sainte Croix jusqu'à Pâques , et tous les juurs de jeûne d'Eglise; mais aux autres temps, none ne se dit qu'après les grâces, que l'on dit après le dloer, qui suit immédiatement l'oINce. Après le dîner ils prennent une heure de récréation , et ils se retirent ensuite à leurs charnues jusqu'à trois heures , que l'on chante vêpres. Avant le souper, on fait une demibeore d'oraison mentale, et après le souper, qui se b.t à sept heures et demie, ou après la collation pour les jours de jeûne, qui se fiit à six heures « ou chante les compiles, qui sont aoivies d'une action de gr&ce qui te fait devant le grand aulel pour tous les bienfaits qu'on a reçus de Dieu, et pour lors chacun se retire A sa chaïubre en sileoce.
Personne ne peut se dispenser des olBces divius ; ceux même qui ont des offices ou des béoéfices claustraux sont obligés de se trouver à vêpres, à matines et aux messes que Ton chante. Il ne leur est pas permis de Dtsnger en particulier, et ils doivent servir â table les uns après les autres sans aucune
(I) Voj., à b Bn du vol., ii«« 56 et 57.
distinction. Ils observent l'avent de rEgtise, pendant lequel on ne mange point de viande, non plus que tous les mercredis de l'année , non pas même à la table de l'abbé, lis jeûnent en tous temps le vendredi, excepté pendant le temps pascal , aussi bien que le mercredi, depuis la fête de l'Exaltation de la sainte Croix jusqu'au carême. Ils sont obligés de rendre compte une fois l'an de tous les meubles qu*ils possèdent, et toutes et quantes fois que le supérieur le requiert. 11 leur est défendu d'avoir rien hors du couvent. Ils doivent se servir de chemises de serge , et ils ne doivent rien avoir d'affecté ni d'immodeste dans leurs habits, qui consistent, dans la maison et au chœur, en une grande coule noire, et en un fort grand capuce ou froc qui leur tombe presque jusqu'aux talons; une aumusse noire qu'ils portent en forme d'étole, et un bonnet carré à trois cornes, avec un petit rabat ou collet large de trois doigts , et qui est fendu par dtTrièn*, comme on le voit dans la secundo figure. Afin qu'on puisse voir la forme de Thabit , nous donnons deux estampes du même habillement : Tune le représente par devant et l'autre par derrière (1). Uors du monastère ils sont habillés comme les prêtres séculiers, à Texception d'un scapulaire large d'un bon demi-pied, qu'ils portent par-dessus leur ha* bit. Les habillemonts des autres monastères de cette congrégation , aussi bien que les pratiques, sont peu différents. Les religieux des monastères de Saint-Berlin , de Saint- Pierre-les-Gands et d'£name ont des anmus^ ses de dr<p et ont des bonnets à quatre cornes, et ceux de Lobbes et de Saint<Amand n'ont point d*aumusses.Citle congrégation a été confirmée par Grégoire Xlll en 1575, et Innocent XI accorda à l'abbaje de Saint- Vaast, par une bulle de 1676, la jouissance de t<»us les privilège:» dont jouit le Moiit- Cassin. Cette abbaye porte pour armes un château d'or à fond de gueules, avec ces pa^ rôles : Caslrum nobiliacum , co qui lui lui donné i^ar son fondateur.
Il se lorma aussi en France Tan 1580 une congrégation de Bénédictins sous le nom d'Exempts , et cela en conséquence des décrets du concile de Trente et cle rordonnance de Blois, sous Henri 111. Les principaux monastères qui formèrent d'abord cette congrégation furent les abbayes de Harmoutier, de Vendôme, de Khédon, Saint-Benoit-sur* Loire, le Bourg-Dieu et quelques autres. Os monastères dressèrent des statuts, le k septembre 1581, qui furent confirmés an mois de février 1588 par le pape Sixte V, et au mois de décembre 1590 par le pape Grégoire XIV. Plusieurs autres abbaves tirent union dans la suite avec ces premières et observèrent les mêmes statu t^f, entre autres celle do Saint -Maur-sur*Loire y fol anie dans le chapitre général qui se tint à Marmoutier l'an 1623, et Claude de Saiut-Offange, qui en étiiit abbé, y fut élu général do la «.ongrégation.
L'abbaye de Saint-Denis n'avait pas cn«
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core obéi lar ce point aa concile ni à l'ordonnance de BIO10 ; les religicui qai 7 de* mettraient ne pooTant se r^ondre à entrer danii nne des cooaréfcations déjà établie», et à se sonmeltre à leor chef, se déterminèrent enfin, après beaacoop de délibérations, à donner commencement à one non? elle con* grégatiooy afin de pouvoir s'exempter de la Tisite des éréqoes d'une manière qai fût honorable à celte famense abbajc : ils formèrent celle de 8atnt'*Denis, dont noat avons parlé à l'article Dbhts (Saint-), et l'abbaye dont elle prit le nom fut reconnue pour chef de toute la congrégation. Le pape Paul V l'approuva et permit aux monastères immédiatement soumis au saint-siége de s'unir à elle; mais la réforme de la congrégation de Sainl-Maur ayant été introduite dans cette célèbre abbaye en 1633, les mnisons qui formaient la congrégation de Saint-Denis ayant perdu leur chef en choisirent un autre* qui fut l'abbaye deSaint-Ouen de Rouen, et prirent le nom des Exempts, qu'ils étaient bien aises de faire revivre, et qu'ils choisirent préférablement à celui do Saint-Denis et à celui de l'abbaye de Saint-Ouen , quoiqu'elle fât leor chef. Ils y firent leurs diètes et chapitres généraux , vi dans celui qui se célébra en 16M, on se trouvèrent les prieurs et députés de chaque monastère, et où présida dom Claude de Baudri de PiencourI, abbé de la Croix de Saint-Leufrol, général de cette congrégation , on revit les statuts, qui y furent augmentés de nouveau, et imprimés ensuite à Rouen en 161^5.
La réforme de la congrégation de Saint- Maur faisant de jour en jour de nouveaux progrès, et ayant été introduite dans les abbayes de Saini-Ouen de Rouen, 'le Corbie et en quelques autres qui dépendaient de la congrégation des Exempts, celle-ci diminua de jour en Jour au lieu d'augmenter, et de- Tlnt peu de chose, principalement après la mort du général dom Baudri. La plupart des monastères reconnurent les évéïiuos pour supérieurs et se soumirent à leur visite. D*autres qui étaient immédiatement soumis
au saint-sié^e tâchèrent à secouer le jouira toute sopériorflé, et on petit nombre mu toujours uni et élut un chef 00 supérieur général, des defilniteurs, des visiteurs, qu tinrent des assemblées triennales et conservèrent le titre de c<mgrégation des Exempts en France sous Tobéissance d'un géoéral, qui , en 1707, était le R. P. dom lean^Baptiste du Verdier , religieux du Sauveur de Blaye.
L abbaye de Cerisi dans le diocèse de Bayeux , qui avait toujours été soumise ao saint->siége , ne voulant point reconnaitrv
Îïour supérieur l'évéque, qui 7 voulait hin a visite , s'unit à la congrégation des Bénc dictins Exempts, mais elle n'en est qneptus Indépendante : car elle n'a jamais vu depon ce temps-là de supérieur général , qni sr contente d'y envoyer tous les trois aus onr commission en blanc pour y faire la visite, et les religieux la remplissent du nom de le visiteur que bon leur semble. Le prieur e celle abbaye reçoit aussi les lettres d'iodiction pour assister aux chapitres génèraos: mais il s'en excuse toujours, et Ton se coqtente de mettre la lettre d'indiction danslM archives. Il y a de l'apparence que la méc* chose se pratique dans d'autres maisons de cette congrégation , où le général n'a pa^ grande autorité sur ses religieux , qui ir sont pour la plupart que des religieux sor(;> des ordres réformés qui ont secoué le joo; de l'obéissance pour vivre avec plus deli* berlé, si on excepte néanmoins le prieoréd-' Perreci en Bourgogne , qui est membre d« cette congrégation, et oii on a intruduil ud^ étroite observance, dont nous parlerons daos la suite.
Le Teltetier, Histoire et deicriptitn dt* ordres religieux. Lettre écrite de Cerisi r • 1707, par le R. P. de Metz, ancien prieur f)t cette abbaye. Dom Michel Félibien, ifif/.dt labbaye de Saint^Denys^ et Mimoirti roamuniqués par le grand prévôt de rabbay i* SaitU'Vaasl.
EXEMPTS. Voyez Molcic.
FAILLE (SoBuns db la). Voyez GaisBs (SoBuas).
FAISEURS DB PONTS, Voyez Poxtifes.
FATE BSN FRATKLLl. Vi^yez Jbah db DiB0 (OnDBB M Saint-).
FER DOR ET DES BCUYERS DU FER D^ARGENT (Obobb drs chbvalibrs du), en Fronce.
Jean, dac de Bourbon, Gis de Louis II , instituteur des ordres du Chardon et de l'Ecu d'or, dont nous avons parlé aux articles qui
R orient ces noms , institua dans l'église de . otre*Dame de Paris, l'an 1414, l'ordre des chevaliers du Fer d'or et des écuyers du Fer d'argent, et Ot savoir qu'il l'établissait, tant
Sior éviter Toisiveté et sa signaler par des lu d'armes, que pour acquérir la gloire el
les bonnes grâces d'une très-belle dame qn'ii servait. Seire gentilshommes seulemeatt pir* lie chevaliers et partie écuyers, y detaimt être reçus. Ces chevaliers aussi bies qoe le duc de Bourbon, qui en était le chef. étaient ol»ligés de porter tous les dimaocN A Li jambe gauche on fer de prisonoirr pendant à une chaîne; et y nsanqasnft li devaient donner quatre sols parisis loi pauvres. Le 1er des chevaliers était d'or t( celui des écuyers d'argent. Les premien chevaliers qui reçurent cet ordre forent In sieurs Barbazan , du ChAlel, Gaocoorl, '< la Huie, Gamacîies , Saint-Remy, de ïl(y^i' sures. Bataille, d'Asnières, La FsjelteH Poulargues. Les premiers écuyers forest I^ sieurs Carmalet , Cochet et du Pont.