DES
ORDRES RELIGIEUX
DALMATIE ( CoNOEÉdATioN db ). VoyiÉ DALMATIE (RBueiBun i»ftfiiTBiiT8 db la
CO!f0BÉGATlO?l DB). Voye% SlGILB.
DAMES PAUVRES. Voye% Clari§6B8.
DANNEBROCH. Voyez ELftraANT.
DÉCHAUSSÉS (FrArbs Mihbues db l*Ë-
TBOITB ObIBBVANGB EN EfPAGlIB, DlTS).
Dê$ Frèreê 'Mineufê de V Etroite Obêêrvancê en Eepayne , appelés les Déchaussés » et dans leur origine les Frères da Gapuce ou du Saint-Ef aogile.
Entre les disciples de Jeaa de la Paebla, le bienheareoB Jean de Guadaloape fut an des pins xéléSi non-senlement pour mainte* nir rSlroile Observance qu*il aTail établie» mais encore poor retendre dans les antres proTinces, souhaitant avoir pour cet eBét quelqne établissement au royaume de Grenade» afin de Tintroduire chez les Pères de rObserTanee de la province de Saint^Jacqnes; et* pour mieux réussir dans son dessein, il en obtint la permission de Françoi» Samson, général de l'ordre. Il ne se contenta pas des austérités (^ue le bienheureux Jean de la Poebla avait introduites, il en ajouta encore de nouvelles, et fit quelque changement dans rhabit : car, outre qu'il en prit un fort étroit et rapiécé , il accommoda le capace i la façon de celai que saint François arait porté, lui donnant une forme carrée, et le rendant pointu, ce qui fit donner aux religieux de sa réforme le nom de Fri^ res du Capuce ril quitta les socques ou sandales pour marcher nu-pieds, sans avoir rien aux pieds, ce qui les fit aussi appeler les Frèree Diehaueséi; et comme les pre* miers couvents de cette réforme furent éri-> gés en custodie sous le nom de la Custodie dn Saint-Evangile, on leur donna encore le nom de Frèreê du Saint' Evangile; mais ils quittèrent ceux du Gapuce et du Saint-Bvan-
Î;ile lorsque le pape Léon X eut réuni toutes es différentes réformes de Tordre de Saint- François sons le nom d'Observance et de Réformés, et conservèrent celui de Déchaussés, pour se distinguer des religieux de lE* troile Observance d'Italie, qui avaient pris celui de Réformés.
Jean de Gnadaloupe, ayant pris un habit tel qne nous avons marqué, alla à Rome pour remontrer au pape Alexandre Vl les abus qui s'étaient glissés dans Tordre et dans TObservance contre la pureté de la règle; et, ayant renoncé entre tes mains de ce
Dictiounaibb dbs Obubbs rbligibvx. II,
pontife A tous les privilèges et A toutes les dispenses qui avaient donné lieu an relA-chement, il en obtint une huile le 25 sep* tembre 1^96, par laquelle Sa Sainteté lui donnait permission de bAtir un couvent au royaume de Grenade, et de prendre avec lui six religieux de TObservance , de quelque province qu'ils fussent , auxquels le pape accordait la permission de le suivre , mémo contre la volonté de leurs supérieurs, pourvu qu'ils la leur eussent demandée, les mettant sous l'obéissance du général do Tordre, et les exemptant de la juridiction des Observants, qni n'avaient poor lors, comme nous avons dit ailleurs , que des vicaires généraux, le général étant Conventuel.
Jean de Guadeloupe étant retourné en Espagne présenta son bref à Tarchev. de Gre«nade et au prieur de Notre-Dame de Gnadaloupe , que le pape avait nommé pour le faire exécuter. Plusieurs religieux zélés en ayant en connaissance se joignirent i ce réformateur, qui leur donna un habit pareil à celui qu'il portail, en envoya quelqoe>-ans dans un ermitage proche Oropeza, et d'autres en un autre ermitage proche Placensa, en attendant qu'il plût à Dieu leur procurer quelques pauvres couvents.
Comme dans le même temps plusieurs religieux quittaient Tordre sous divers prétextes , et que quelques-uns même prenai«*nt des habits d'ermites , avec permission dn Rome,lesPères de TObservance, qui voyaient avec peine leurs meilleurs sujets passer dans la réforme de Jean de Guadaloape , voulant se servir du préleile de ces abus pour en empêcher le progrès , obtinrent du mémr Alexandre Vf un bref qui révoquait tous ceux qu'il pouvait avoir accordés, de quelque nature qu'ils fussent , pour permettre aux religieux de vivre hors de Tordre. En vertu de ce bref , les Pères de TObservance inquiétèrent Jean de Gnadaloupe et ses compagnons pour les obliger de retourner A leur obéissance et de rentrer dans les couvents de TObservance ; mais le saint réformateur: fit un second voyage à Rome, et obtint un aulre bref, du W juillet 1499, par lequel ce pontife déclarait que son tntentîen n'avait point été de comprendre dans celui qu'il avait accordé aux Observants, Jean de Gua^ daloupe ni ses compagnons. Cette tentative des Observants contre ces saints religieux, bien loin de leur être préjudiciable, l ur fut avantageuse : car non -seulement le pape confirma son premier bref du 25 seplem-
DICrrONNAIRE DES ORDRRS RRL1GIEUX.
brc 14%, mais il accorda encore à Jean de Guadaloupn la permission de recevoir dans sa réforme tous les religieux qai se présen-leraient à lui poar y entrer, défendant sons de grosses pi^laes à qui que ce fAl de les Inquiéter en aucune façon. Outre ce bref, il obtint aussi , avant que de partir de Rome, du procureur et du cnmvissaire , du Père François Samson , général » auquel le bref du pape le soumettait lui et les siens, un ample pouvoir de recevoir toutes les maisons qui lui seraient ofTertes. Les Pères de TOb* !<icrvance, ayant eu communication de ces hreU el de ces permissions nlnquiétèrent plus les réformés, sur lesquels ils n'avaient plus aucune autorité ni juridiction.
Ji*an de Goadaloupo jouissant de la paix ■et do. la tranquillité, et ne songeant plus qu*à "sc procurer un couvent pour y jeter les fondements de sa réforme, Dieu suscita un gentilhomme de Truxlllo qui lai en offrit un proche celte ville. Ce zélé réformateur en prit possession l'an 1500 , et le dédia à la s<iinte Vierge sons le nom de Notre-Damede-LumIère. Ce fut là qu'il dressa ses premières constitutions, et où, après avoir obtenu trois ou quatre autres petits couvents, il se forma une custodie, à laquelle on donna le nom du Sainl'-Evangilef el qui fut depuis érigée en province sous le litre de Saint-Gabriel.
De si heureux commencements encouraf èrenl le l'ère Jean de Guadaloupe à étendre sa réforme jusqu'en Portugal, où il alla A «et effet, et y bâtit quelques couvents, dont le premier lui fut donné par le duc de Bragance , près de la ville de Viliosa. L'église de ce premier établissement, qui fui dédiée en I honneur de Notre-Dame-deinitie, donna dans la suite le nom à une province de la mémo réforme; le second couvent qu'il obtinl en ce royaume fut proche la ville de Chaves ; le troisième proche Sarcelos, et un ermitage dans un village ROflamé Mérida.
LcH Pères de l'Observance, vayanl les progrès de celle réforme, que les plus zélés dentre eux embrassaient pour y Iravailler à la perfection en observant la règle avec plus do rigueur dans sa pureté, voulurent l'empécher, et formèrent leurs plaintes au P. Martial Bourlier, Français de nation et vicaire général de l'Observance de la Famille Ullraoïontaine, qui à leurs sollicita'ions as- ^cmbla un chapitre général en Castillc Tan loOi, où il fut ordonné que dans toutes les provinces d'Espagne on assignerait certains couvents à ceux qui voudraient observoi la règle avec plus de rigueur et embrasser les mêmes pratiques et les mêmes austérités que les Frères du Saint-Evangile, à condition qu'ils seraient toujours sous l'obéissance des provinciaux do TObscrvance.
Telle fut la résolution du chapitre général, par laquelle on prétendait arrêter le progrès di* la réforme de Jean du Guadaloupe, et empêcher que les re'igicux des provinces da l'Ob&ervnnce en sorti:»sent pour y embrasser ccUc réforme. lÙuis ce dessein ne réiissit
pas : ce qui fit prendre aux Observants d'autres moyens pour la détruire. Pour cet effet ils eurent recours aux rois catholiques Ferdinand et Isabelle, qui étaient affectionnés à l'Observance, à laquelle ils avalent Cait bâiir un couvent à Tolède et accordé plusieurs privilèges. Us leur remontrèrent la division que la réforme du Saint-Evangile causait dans les différentes provinces, et les prièrent d'interposer leur autorité pour faire revenir les réformés sous Tobéissance des Observants, qui leur prometiaient toute assislance, leur offrant des couvents de récollection pour y vivre si austèrement qu'ils voudraient. Ces princes, se laissant persuader par des raisons si justes en apparence, en écrivirent au pape Alexandre Vl, qui à leur prière accorda un bref, la même année 1502, par lequel il révoquait ceux qu'il avait donnés en faveur de Jean de Guadaloupe et de sa réforme, et les remettait sous robeissance des Observants. Ce bref leur fut signiOé, et ils furent chassés par force des couvents qu'ils avaient en Castille, d'où ils se retirèrent dans ceux de Portugal.
Jean de Guadeloupe, surpris de ce chan-
Scment, entreprit un troisième voyage à lOme, où il représenta au pape rinjostice de la persécution qu'on leur avait suscitée, et ce pontife donna un nouveau bref parleauel il déclarait que celui qu'il avait accordé a la sollicitation des rois catholiques était seulement contre ceux qui étaient sortis de l'ordre pour vivre à leur volonté el avec scan* date, et non pas contre le P. Jean de Guadaloupe et les autres de la custodie du Saint* Evangile, qu'il regardait comme véritables religieux de Saint-François et observateurs de sa règle sous robeissance du général, et confirma les deux premiers brefs qu'il avait accordés en leur faveur. Jean de Guadaloupe, muni de ce bref, arriva en Portugal, où il trouva ses religieux sans couvent, aussi bien qu'en Castille, et dispersés dans des montagnes et dans des solitudes, en attendant qu'il plût à Dieu de dissiper cet orage. Il publia son bref, mais il trouva tant d'oppositions de la part dos Observants, que nonseulement il ne put réussir, mais que même il fut obligé de se retirer dans une solitude, n'ayant pu avoir une retraite dans leurs couvents.
Après la mort du pape Pie III, qui ne gouverna l'Eglise que vingt-sept jours, et qui avait succédé à Alexandre Vl, Gilles Delphine, qui avait été élu général en 1500, ayant sollicilé le pape Jules II de réunir ensemble les Conventuels et les Observants, et ce pontife ayant fait assembler le chapitre généralissime à Rome l'an 1506, romme nous avons dit ailleurs, Jean de Guadaloupe se résolut d'y aller avec le P. Pierre Melgaru et quelques autres de ses religieux, afin d'y faire lever les oppositions qui s'étaient trouvées dans l'exécution de son bref; mais, ac^ câblé de vieillesse, il mourut en chemin. Fcs compagnons étant arrivés à Kome, le général leur donna pour custode et supérieur à la pliicc ^)e leur réformateur, te même Picrro