‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 4 sur 118 · Î)CC · texte numérisé non relu

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de ifelgftfo, qui n*oablia rien pour maintenir la rérorme, nonobstant tes traverses que les Obserranls, appuyés par les puissances» lenrsuscilaient, mais sans aucun effet : car, comme nous le dirons en parlant des Frères Ilinears de l'Obser? ance , le pape, foyaol que Tunion qui arait été projetée i»*a?ail pa se faire, et ayaol ordonné que les différentes réformes de Tordre de Saint- François, qaelqae nom qu'elles eussent, se mettraient dans on certain temps sous Tobéissance des Conventuels on des Observants» les Frères do Gapnce ou da Saint- Bvanglle se mirent derechef sous l'obéissance des Conventuels, dont le général les frit sons sa protection, et lear conffrma ierre de Melgaro pour leur custode, aoiorisa leur congrégation sous le nom du Capoce on do Saint-Eyangi'.e, leur permit de virre selon leur manière, et de pratiquer à la lettre la règle de Saint-François, et con-» firma tontes les grâces que ses prédécesseurs leur avaient accordées. Le cardinal protecteur ratifia ce que le général avait fait, et ces réformés obtinrent nn bref do pape, an mois de juillet de la même année 1506, qui leur perosettait de bâtir de nouveaux couvents unis en custodie sous l'obéissance do général.

Ces religieux étant retournés en Espagne, et y ayant troavé leur couvent de Truiillo et de Satva-Léon ruinés, se retirèrent dans quelques autres qu'ils avaient en ce royaume; mais ces couvents n'étant pas suffisants poar contenir tous ceux qui se joignaient â eu peur embrasser la réforme, ils en bâ-^ tirant d'antres qui furent unis à la custodie do Saint-Evangile , avec l'agrément du pro- ▼indal de la province de Saint*Jacques, qu'ils Irowèrent favorable â leurs desseins. Mais ils ne jouirent pas longtemps du fruit deleurs travaux, car les Observants, envieux de lears progrès, eurent encore recours aux rois d Espagne et de Portugal, et obtinrent à leur sollicitation un bref du pape qni ordon* naît aux Frères du Capuee ou du Saint- Kvangile de retourner sous l'obéissance des Observants, ou de sortir des royaumes d'Kspagne et de Portugal.

Ces snints religieux aimèrent mieui abandonner leur couvent que de retourner sous robéissance des Observants, et se retirèrent dans des solitudes et des dèserti où ils ne vécurent que d'herbes et de racines, josou'à ce qne ce nouvel orage eût été apaisé. A cet effet ils envoyèrent à Rome, le P. Ange de VjilladoUd pour représentrr à Sa Sainteté le fâdieox état où ils étaient réduits, et les injustes motifs des persécutions qu'on leur avait suscitées au sujet de la réforme, qu'ils n'avaient embrassée que de son consentement et de celui d'Alexandre VI, son prédécesseur. Jules H, louché de leurs misères, révoqua son dernier bref par un autre du 10 mars 1S06, où, rapportant tous les privilèges que lui et son prédécesseur avaient accordés au P. Jean de Guadaioupe et au P. Pierre de Melgaro , non-seulement il les confirma de nouveau , mais il les aug-

menta* érigeant leur custodie du Sainl-Evan* gile en province, leur donnant pouvoir d*é«< lire on provincial ; et en attendant l'élection^ il conffrma Pierre de Melgaro dans son office de custode, révoquant tous les brefs qui pouvaient avoir été accordés contraires à ee dernier.

Le P. Ange de Valladolid étant retourné en - Espaane^ on rendit aussitôt à ces réformés tous les couvents qu'ils avaient en ce royaume, et ils en bâtirent de nouveaux en Por<» tugal, où ils tinrent leur premier chapitre^ dans lequel ils élurent pour provincial le P» Pierre de Melgaro ; ce qui aigiit tellement l'esprit des Observants d'Espagne, qu'ayant formé opposition à l'érection de celte pro^ vince, ils obtinrent des lettres du roi iï*E9* pagne en leur faveur adressées au roi de Portugal, qu'il priait de protéger les Observants* Le roi de Portugal, ayant fait venir les uns et les autres en sa présence, cl après avoir écoulé leurs raisons , les fit conve^ UT que tous les couvents que les Pères du Saint-Evangile avaient en Portugal seraient érigés en custodie, sujette seulement au vi« caire général de l'Observance de la Famille Ultramontaiue ; que ceux de Caslille ron-* draieot obéissance au provincial de la pro<» vince de Saint-Jacques, aussi de l'Obser»^ vance^ et que les réformés quitteraient leurs capuces jpoinlus pour en porter â l'avenir do ronds, afin de se conformer en quelque façon aux Pères de TObservance : ce qui fut accordé et aussitôt exécuté. Le P. Pierre da Melgaro renonça au litre de provincial, et demeura custode comme il était auparavant de la custodie de la Pitié, et le P. Ange do Valladolid alla en Caslille, où il fui custode de la custodie du Saint-Evangile de ce royaume.

Les réformés de Caslille, ayant appris ce qui s'était passé en Portugal, n'approuvèrent point les résolutions que l'on avait prises dans la conférence qui s'y était tenue : c'est pourquoi, ne pouvant se résoudre à quitter le capuee pomtu et à se soumetti'e a robéissance du provincial de la piovinco de Saint-Jacqoos, ils curent recours au gé* néral Renaud de Catignola, aoouel ils s'étaient soumis dans le chapitre généfaltssinio de l'an 1506, le priant de leur accorder s.i

{irolection, et de ne pas permettre qu'ils ussent soustraits de son obéissance. Le général les écoula favorablement, et remit la décision de cette affaire â la coogrégaliou générale qui devait se tenif â Valladoïi>l ati mois d'avril de l'an iS09, où il fut ordonné qne les Pères du Capuee auraient terme de six semaînes,pendant lequel temps Ils seraient , tenusdedéclarerde nouveau sousquelle obéis-' sauce ils voulaient vivre, ou sous celle du général de l'ordre, ou sous celle du vicaire général de l'Observance ; et qu'en cas qu'ils choisissent celle du général, il leur serait libre de retourner dans les couvents qu'ils avaient auparavant occupés par autorité apostolique.

Il y eut par ce moyen division entre les réformés d'Espagne et ceux de Portugal a

DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIEDX

car c«u«-€t rccoanareAl le ficaire général deVOlMerfance poor Iror lupérieur, >Qi* f aal l'accord qoUts avaient fait en prètenco do roi de Porlâgal, el eeox d*Bspagne reconnurent le général, comme Ils araient fait ioBqu*alor6. Mais on ne garda pas les conditions qu*on leur avait promises dans la songrégalion générale; car on ne leur roolut

fias rendre leurs cooronts ; et lont ce qneput aire te général de son autorité fui de leur donner trois paofrcs couvents dansTEstramadure, où ils furent même si inquiétés que, dans la crainte qu'on ne les en chassât, le P. Ange de Valladolid fui obligé d*aller A Rome pour s'en assurer la possession. Il se trouva poor cet effet an chapitre général de Tan 1510, dans lequel on élut pour général Philippe Bagnacavallo, auquel il fli si bieo connaître la justice de sa cause et la mau« taise intenlion doses adversaires, qu'il rengagea à leur conOrmer les trois couvents que son prédécessear leur arait donnés; ce que fit pareillement son successeur, le P. Bernardin de Prato, Tan 1512, qui y ajouta mteie trois autres couvenls, qu'il érigea, a?ecles trois premiers, en custodie, sous le titre du Sainl*Ëvangiie ; ce qui fui ratifié ei approuvé par le pape Ltou X, qui avait suc* cédé A Jules il.

Ce pontife ajani conroqoé A Rome on chapitre généralissime, l'an 1517, comme nous afons dit ailleurs, et ordonné que dans ce chapitre il n'y aurai! que les réformés qui y auraient voix pour élire un ministre général de ionl l'ordre de Saint-François, comprenant sons le nom de réformés les Observants, Amédéisies, Coletans, Clarenins, du Saiul-Cvaugile on du Capuce, ei Déchaussés, qui devaient A l'avenir quitter tous ces noms pour prendre celui de Frères Ifineurs de la Hégnlière Observance, les Frères du Capuce ou du Sainl-Evan^ile furent par ce moyen incorporés dans I Obs r* tance, pr rcnt le nom de Réformés, et quittèrent celui de Frères du Capuce ou du Saint-Evangile, sans préjudice pourtant à leur réforme particulière, dans laquelle ils continuèrent. Leur custodie fui ensiiite érigée en province sons le nom de Saint-Gabriel, aus>i bien que celle de la Pitié, qui rclint toujours son nom. Celle des Anges, dont Jean de la Puebla avait été fondateur, fui aussi érigée t n province, et ces provinces eu ont produit plusieurs autres, iani en Espagne qu'en Portugal, el dans les Iodes, où ils uni présentement douze provinces, dont les PP. François des Anges et Martin de Valence sont les fondateurs. Ces saints religieux étant passés dans ce pays en 1521, en vertu d'un bref de Léon X, et ayant mené avec eux neuf prêtres ei deux frères laïques, tous religieux de la province de Saint-Gabriel, Don*senlement tls s'y établirent, mais encore ils y firent de si grandes conversions, qu'ils furent oblij;és de multiplier leurs couvenls à proportion qu'ils soumettaient de pays i la loi de l'Bvangile. Le P. Jean de Zuuiarraga fui premier archevêque de Uexiquci et un grand uouibre de religieux ont re-

çu en ces quarilers-Ià la cooronM te mar» lyre. Le P. François des Aogee fni daoa la suite général de Tordre de Baint-François, et le pape Clément VU Téleva à la dignité do cardinal. Les religieux de celle réforme ont toujours observé la règle de Bahii-Fraoçoia dans sa pureté* é l'édiflcaiion de toute l'Es*

Kagne, où ils soai connus sous le nom de 'écbaossés, A cause que dans le commencement de leur origine ils allaient no-pieds, sans socques ni sandales. Mais présentement ils portent des socquea ; il n'y a qoo ceux do la proviacede la Pitié en Portugal, qui dans la maison sontioujours na<-pieds« neportanidra socques qneqnand ils sorieni. Il est difficile do rapporter leors observances, puisq ne presq m tontes les provinces ont des consitioilona pariicnlières; mais elles conviennent ioatea dans l'exacte pauvreté dont elles font pro«lession et dans le renoncement A loaies leo grAces ei privilèges qui pourraient donner atteinte A l'Etroite Observance. Grégoire X V permit A ces religieux d'Espagne devoir u» procureurgénéralenconrdeRome; mais Urbain Vlll révoqua cette permission. Quanta l'habillement,!! est d'étofles rades etgr .ssiè> res,etne diffère de celui des C^sarlns, que noua avons donné A Tarticle CésAnias, qo'en ce que le capuce est un peu plus pointu ; c'est pourquoi nous n'en donnons point d*estarope particulière.

Francise. Gonzag., D$ Orig. Seraph. Re* lig. Luc Wading.iinnal.Jtfiiioruni. Dominic* de Gnbernaiis.Orè. 5era|iAîc. Bareszo Ba^ rezzi, CQniinualion dû la CAronjf nt ém FW« re$ Mineure. Ilarian. abOrscell .r, Francise. Jlsdîfioî, êive Chron. Obierp. StrieiUrù. Juan desania Maria, CAroate. de ta Proeifi-* eia de Son Joieph de h$ D$$€alM9$ de la or* dtn de hi Menorte. Anlonio Panes, Ghro^ niea de la PraùiÊC* de San Juam BauiieU de retigioêoe Menotte Deecaizoe de la Begular» Observaatia. Andr. de Gnadaloope* ifielor, de la Provint, de lo$ Angeloê. Charles Rapi* ne, Hi$t. générale de l'origim ei progrie de$ Frireê Mineure, Ricollele, Béfùrméê ou Dé* ehauêiée*

DECLAN (Saibt-). Voyez Iolardiu

DENIN. Voyez Nivkllb.

DENIS EN FRANGE (Ancibnrb coRanîGA-

TiON DB Saint-].

Si l'on a donné le titre de chefs d'ordres et de congrégations aux abbayes doni nous venons de parler dans quelques articles, l'un ne peut sans injustice refuser le même titre à celle de Saint-Denis en France, puisque, outre qu'elle est la plus célèbre du royaume, ei même de l'Europe » elle a oon-seulensent été chef d'une véritable conarégation , qui a été érigée sur la fin du seizième siècla ; mais elle a encore en de tout temps un grand nombre de monastères ei d'églises de sa dé* pendance. Quoiqu'on attribue la fondation de cette illustre abbaye an roi Dagobert 1", Il f avait déjà néanmoins un abbé et des religieui dans cette église de Saint-Denis avant

2 ne ce prince eût fait jeter les fondements es nouveaux èdificesy cooune il parait par

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nne cbarte datée de la quarante-troisième année da règne de Clotaîre H , c'est-à-dire Tan 6?7» d'ane donation faite par une dame nommée Théodetrude, auquel temps Dodon en était abbé. Cependant^ quoique Dagobert n'en ait pas été le premier foiidnieur , nul autre que lui n*a mieux mérité ce titre , par les grands biens dont il a enrichi cette abbaye. L*on ne peut dire certainement en quelle année elle fut fondée pour la première foiSf ni en quel temps Dagobert entreprit de rebâtir arec une magnificence royale régli.<ie de ce monastère , ou il employa un grand nombre de colonnes de marbre et d'autres ornt^meats de même mulière. Elle était méme^ selon quelones historiens , tout^^ pavée de martire, et brillait au dedans de l'éclat de ricliea tapisseries , toute rehaussée d'or , de IHfrIes et de pierres précit*uses. Au miliru de toutes ces richesses , il fit construire sur la sépulture de saint Denis, ap6tre des Gau* les, dont le corps se conserve dans cette église avec ceux de ses compagnons Rusti*^

3ue et Eteotbère« un magnifiaue tombeau » ont fl donna la conduite a saint Eioi. Comme son dessein était d'établir la psalmodie continuelle dans cette église , à reiempie des abbayes de Saint-Hanrice d'Agaune et de Saint-Martin de Tours, Il fit faire des bâtiments suffisants pour loger les religieux qui deraient vaquer à ce saint exercicei auxquels il fit de grands biens; et tant qui] vécQty il ne laissa échapper aucune occasion de faTorfser ce monastère et de le coaMer de nouveaux bienfaits. Enfin , ce pHnce étant mort l'an 638 , dix ans ou environ après la fondation de cette abbaye , notant qu'on peut le conjecturer, il voulut y être enterré : ce qui servit d'exemple à nos rois y qui ont toujours depuis élu leur sépulture dans ce lieu, à la réserve de quelqoes-ons, qui ont été enterrés en quelques autres lieux. Clovis II . fils de Dagobert , refaniant PabbavedeSaint-Denis comme Too*^ vrage de la prêté et de la maeniflcence de son père , ne manqua pas de lui donner sa protection, et confirma toutes les douations que ce prince y avait faites. Il lui procura aussi l'affranchissement de la juridiction de Tévéque de Paris , par le privitége d'excnp« tion qa'll demanda à saint Landry , et qu'il Ht eonOrnier, l'an 6"}3, dans un synode on as* senMée de plusieurs évéques et des grands du royaume. Charderic eo étantabbé en 671^, lit têÊlr sur son propre fonds le monastère de Tonssainval dans le ChambU. Il en fit dédier réalise sous les noms de saint Denis et de samt Marcel , et y mil des religieux de Saint- Denis, qui furent comme le premier essaim qui sortit de celte maison. Le roi Thierri h* autorisa ce nouvel établissemenl, et lui donna mémo avec beaucoup de privilèges la terre de Nirisi, pour l'entretien des religieux ; mais ee oHNiastère n'est plus connu, et le P. dom FéiiMen dans l'Histoire de l'abbave de Saint- Dents, dont nous avons tiré la plus grande parlifi de oe que nousdirons dans cet article» croU que c'est peut»élre l'abbaye du Val près Poutoise, possédée parles Feuillants.

La psalmodie continuelle qui avaîl été établie dans cette église par le roi Dagobert avait été interrompue; mais, l'an 723, Thierri H ordonna qu'elle serait rétablie; e(, pour y engager les religieux, il confirma leurs anciens privilèges accordés par les évéqu(*s de Pans et les rois ses prédécesseurs. Une chose digne de remarque qui so trouve dans les lettres que ce prince en Ot expédier, c*est que l'on y lit que saint Denis et ses dent compagnons, saint Rustique et saint Eleuthère, furent les premiers apôtres dos Gaules et qu'ils vinrent à Paris par ordre du pape saint Clément, pour y prêcher PEvangile. DéjA les biens de ce monastère avaient été usurpés en partie, lorsque Fuirad en fut abbé 1 an 750. Un de ses premiers soins fut de les recouvrer; ce qu'il fit aisé« ment avec le crédit de Pépin, qui n'était encore que maire du palais, mais qui avait déjà la souveraine autorité, et qui, éfant parrenu à la couronne, protégea cette abbaye comme auparavant : il honora même Tabbé Fnirad de la dignité de maître de sa chapelle.

En celte qualité, cet abbé fut obligé de suivre le roi en Italie lorsqu'il y porta la guerre pour remettre le pape Etienne III en possession des terres de TBglise, dont A!tophe, roi des Lombards, s'était emparé. Ce

Iiontife, qui était venu en France implorer e secours du roi, avait sacré de nouveau ce pr'nce ot ses deui fils Charles et Carloman dans l'abbaye de Saint-Denis, où il avait seiourné quelque temps ; et, comme il avait besoin du crédit de l'abbé Fulrad auprès de ce prince, il lui aci*orda beaucoup de privi'léges. Entre autres, il lui donna permission et à ses successeurs de fonder autant de monastères qu'il leur plairait, sous ta protection du saint-siége. Il accorda de plus à cet abbé de ne pouvoir éire fait éréque contre son gré et sans la volonté du roi Pépin, d'user de certaines chaussures, et de parer son cheval d'un ornement particulier qui ne convenait, selon les apparences, qu'ans grands seigneurs ou à quelques cérémonies. Cette grâce fut accordée par ce pontife au seul Fulrad, à la prière du roi. Il ordonna même qu'après la mort de cet abbé, ces ornements seraient mis avec son corps dans le lom-« beau. H lui donna encore le pouvoir d'élire un éfêque qui fit les fonctions épiscopales dans ce monastère et dans les autres qui en dépendaient, et beaucoup d'autres grâces, qu'on peut lire dans l'histoire de cette abbaye. Il ^ avait de ces sortes d'évéques à Saint- Martin de Tours et en d'autres célèbres monastères. M. l'abbé Fleury dit, à la vérité {Hiii. êeeléi. L iX, liv. xuv ), que ee n'étaient point des évéques titulaires, comme si ces monastères et ceux de leur dépendance eussent été des diocèses; mais qo'ils étaient de ceux qui avaient été oidoonés sans aucun titre, ou qui» après l'avoir quitté, se reliraient dans ces monastères et y faisaient les fonctions, comme esi des lieux exempts de la juridiction des ordinaires. Quelquefois c'étaient des chorévéques, qui avaient leur siège fixe dans les mouastèrcs.

DICTIONNAIRE OES ORDRES RELIGIEUX

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i>n Tabbé, qui éUil en m^ma temps év^qne de son monastère ; el d*aulres fois cVtaient de simples prêtres, à qui on donnait le titre d'éTéqnes parce qu'ils avalent mission pour prêcher TEvangile en certain territoire.

Pepio, ayant voulu rendre la basilique de 6aint-Denis plus auguste» avait fait commencer un nouveau bâtiment dont la constroc* tlon fui inlerrompue par sa mort, qui arriva Tan 768; mais Cbarlemagne, son flls« rayant fail continuer, il fut achevé Tan 775. Ce prince lint à Sainl-Denis et fit faire la cerémonie de la dédicace avec toule la pompe Imaginable, Le monastère se sentit aussi de ses libéralités, car il lui Gl don de ses métairies do Luzarches avec Téglise du lieu, bâtie sous riuTOcalion de saint CAme et de

Îaint Damien, et d*une autre méiairie siloée Me^si, au diocèse de Heaui. L'année précédente, il avait confirmé la donation que aou père j avait faite des terres de Faverolea et de Norun, avec une partie de la forêt Ive» Une, des cerfs et des ibevreuils qui y étaient, dont les cuirs devaient servir pour coaTrir 1rs livres des religieux, el la chair pour la Ifioorriture des malades : d'où le P. Mabillon lire une conséquence, qu'en ce teiitps-là.rabslinence de la viande était en usage dans cette abbaye.

On différend que l'abbé Fnlrad eut avec Vévêque de Paris au sujet d'un monastère bâti au village de Plaisir près de Saint-Germaln-en-La^e fournit un exemple d'une épreuve qui se faisait dans ce temps-là pour loger des procès. L'évêque alléguait que ce monastère avait été donné à son Eglise; Fuirad soutenait que c'était un don fait à son abbaye. Les juges, ne sachant lequel des deux avait droit, eurent recours à l'épreuve qu'on appelait 1$ jugemeni de Dieu devant la croix. Deux bomoie!(,dont l'un soutenait les droits «le l'Eglise de Paris, l'autre ceux de l'abbaye de Saint-Denis, allèrent dans la chapelle du Koi, el, pendant qu'un prêtre récitait des prières. Ils commencèrent tous deux en même temps à étendre les bras en forme de croix. Celui de Saint*Denis étant demeuré ferme dans cet état, et l'autre ayant chanc4*lé un peu, il n'en fallut pas davantage pour faire perdre le procès à Tévêque, qui avoua loi*méme que Dieu s'était déclaré en faveur rie l'abbaye de Saint-Denis. Sur quoi le roi, assisté des comtes et drs autres officiers de justice, prononça en faveurde l'abbé Fulrad,

Kril maintint en possession du monastère Plaisir, par un arrêt do SB juillet 775. Mais cette sorte d'épreove fut interdite qoel* ques années après par Louis le Débonnaire. L'abbé Fulrad, par son testament fait à Héristal, sept ans avant sa mort, donna à •on abbaye tous les biens qui lui étaient érhus en bérilage, dont quelques-uns étaient situés en Alsace et en Brisgau, avec ceux qa*il avait eus par présents, soit de nos rois, soit de S: s parents ou de quelques-uns de ses amis, et les terres qu'il avait acquises â titre d'échange ou autrement. Il assujettit à

la même abbaye Ions les mon«isfères qu'il avait fondés on rebâtis ao diocèse de Metz et ailleurs, comme ceux de Salone, de Saint- Hippolyte ou Saint-Bist, de Sainl-Cucuphas, d'Arberting, d*AdaIogne, sans compter ceux de Lebraha et de Saint-Alexandr*, qu*il y avait déjà soumi<. Outre ces monastères et ceux dont nous avons ci-devant par*é. Il y avait enrore celui de Saint-Michel, qui est

Çrésentement une fameuse abbaye proche erdun, qui était aussi de sa dépendance. i Quant au testament de l'abbé Fulrad, il faut remarquer que les abbés réguliers n'a- ^ valent pas plus de pouvoir que les autres religieux de donner par testament â leurs parents ou â d'autres, et que, s'il se trouve plusieurs testaments de celte nature en fa-» veurdes monastères, c'est qu'ils ne faisaient

Sue confirmer les donations qu'ils y avaient lites avant que d'y faire profession, ou celles qui avaient été faites en leur considération depuis qu*i!s avaient fmbrassé l'éiat religieux, ne pouvant point disposer de leurs propres, puisqu'ils n*en avaient point, et ne pouvant pas non plus d'ailleurs disposer des biens du monastère, dont ils n'avaient que l'économat. Nous donnons ici l'habillement des religieux qui étaient â Saint-Denis du temps de Tabbé Folrad (1), que nous avons tiré sur les figures que le P. Mabillon en a données dans le deuxième tonse de ses An» nales Bénédictines.

Fulrad étant mort Tan 78b, Maginaire, l'un de ses disciples, lui succéda. Il obtint, entre autres privilèges du pape Adrien 1", l'an 786, la confirmation de celui qui avait été accor* dé â Fulrad par Etienne 111, d'avoir un évêque à Sainl-Denis pour y faire, selon les besoins, les fonctions épiscopales, et dans les antres monastères qui en dépendaient. Il fut envoyé en ambasuade en Italie, et è son retour il obtint d'Offa, roi des Merciens en Angleterre, la confirmation des biens situés au port de Landowic, qui avaient été donnés

Sar quelques-uns de ses sujets à l'abbaye de aint-Denis, â laquelle ce prince donna aussi ee qui loi appartenait au même lieu, en or, en argent et autres revenus, et ratifia en même temps le don que le duc Bertwal avait au«8i fait A cette abbaye d'une autre part. Ce ne fut pas le seul entlroit hors du royaume où ce monastère avait des biens. Charlemagne lui en donna aussi dans la Valteline; elle en eut dans la suite en Allemagne, ea Espagne et en d'autres provinces. Outre les monastères de sa dépendance qu'elle avait eo France, elle en avait encore dans les pays étrangers, comme en Angleterre et en Espagne.

bntie les donations qui furent faites à cette abbaye sous le gouvernement de l'abbé Far^ dulfe, successeur de Maginaire, on remarque que le comte Theudald , qui fut accusé (*e crime de lèsewnajesté , nprès s'être juatifié parla voie du jugement de Dieu devant la croix, donna une partie de ses biens âce nio* nastère et plusieurs familles de serfs ou d'est

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