‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 31 sur 118 · SOI · texte numérisé non relu

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dlicrbef e( de raeine^ sauTagos» et, pour qoelqoe nécessité que ce fàt, il ne mangenit jamais de fiande et ne bavait jamais de vin. Il ne portail pas* comme les autres soHiai « rei, une tunique de peaox de chèvres H dagncaux, mais la sienne et lil tissue de poil de porc, afin de tourmenter davantage son corps. La terre nue lui servait de lit, et il n*y prenait luémc du repos que lorsqu'il éisil accablé de sommeil.

Une vie si extraordinaire flt du bruit dans le voiiin<ige* Quoiqu'il eût pris soin de se raiher dans cette forêt, on y accourut de loQtes paris pour voir ce nouveau prodige, cl la pénitence qu'il prêcha, comme un autre Jean-Baptisle, àceux qui étaient venus pour Ig voir, fil une impression si forte sur leurs esprits, que la plupart renoncèrent aux désordres de leur vie passée et se rangèrent fuQs sa discipline, de sorte que la forêt fte Craon fut bientôt remplie d'anachorètes. Le nombre même en devint si grand, que Roberi fut obligé de les disperser dans les foréu voisines, comme celles de NId-de-Merle, de Fougères, de S.ivigny, de Concize et de Majeime. Ne pouvant plus veiller seul sur un si grand nombre de solitaires, il les sépara on iroii colonies, dont il en retint une pour lui, et donna les deux autres à deux de ses disciples, qu'il reconnut pour les plus parfaits. L'on fut Fe bienlicureux Vital de Mortain, qai fat depuis l'instituteur de Tordre de Sa- Vigny, qui prit ce nom de l'abbaye deSavigny CD Normandie*, comme nous le dirons ci* iprès, et Taatre fut le bienheureux Raoul de laFulaye, fondateur de l'abbaye de Saint* Solpice de Rennes en Bretagne.

Le bienheureux Pierre de l'Etoile, et le bienheoreax Firmal voulurent aussi de* neorer quelque temps dans la compagnie de ces saints solitaires, et leur exemple fut suivi de plasieors autres personnes, dont les pins célèbres furent les bienheureux Alteau- SIC, fondateur de l'abbaye d'Estival dnns le Usine, elle bienheureux Bernard d'Abbéville, fondateur de la congrégation de Tyron, dont nous parlerons dans la suite. Tous les solitaires qui étatenl sous In conduite des bienheureux: Robert, Vital et Raoul» ne vivaient point d'abord en commun, ils demeu* raient dans des cellules séparées ; mais Robert, reconnaissant que plusieurs d'entre OBI étaieni portés pour la %le cénobitique» fit bâtir, Tan 109^, uu monastère daus la même forêt de Craon, en un lieu appelé la Roi^ du c6té de la Guierche, et leur donna la règle de Saint-Augustîn. Il fut pendant un temps ie«r supérieur. Ils n'y vécurent d'abord que d^aooiônes, et ne mangeaient que des racines; mais après lui cette matsjn, qui passait pour la plus pauvre et la plus sainte tlu royaume, quitta cet esprit de pauvreté et il« mortificaliooi et se rendit entièrement conforme à celles des Chanoines Réguliers, (lunt elle soivait la règle.

Il fut obligé de les quitter pour aller prêcher la Croisade par ordre du pape Urbain II, aOn d'exciter les peuples à prendre les anncs pour le recouvrement oe la terre

sainte : ce qui fit qu'il se démit de sa nouvelle abbaye de la Roë entre les mains de l'évêque d'Angers, dans le diocèse duquel elle se trouvait. Il pourvut à ses ermitagns de la forêt de Craon, et, ayant pris avec lui quelques-uns de ses disciples, il commença à prêcher non-seulement dans les villes, nia'S encore dans les bourgs et les villages Ws plus petits, un nouveau baptême de pénitence, qui, en excitant les uns à sacrifier leur vie pour la conquête des lieux arrosés du sang de Jé«<us-Chrisl, enpa^eiit les autres, qui n'étaient pas rnpables d*un si généreux dessein, de tout abandonner pour le suivre el servir Dieu sous sa conduite. Le nombre de ces derniers fut si grand, que sa charité ne lui permettant pas de les renvoyer, il leur cherchci un lieu de retraite où ils pussent travailler à leur salut.

Sur les confins de l'Anjou et du Poitou, à une petite liene de la ville de Candes, célèbre par le décès de saint Martin, il y a de vastes cnmpagnes qui étaient alors toutes couvertes d'épines et de buissons, et qu*ua vallon arrosé d'un petit ruisseau séparait eu deux parties. Ce lieu, qui s'appelait Fon*^ vrault^ lui parut propre à son dessein. Co fui Tan 1099 que Robe.t commença à v bâtir quelques cellules ou cabanes , seulement pourmetireà couvert ses disciples des in* jures du temps. Mais, pour éviter le scandale qui pouvait arriver de la confusion des deux sexes, il les sépara dans des demeures différentes, ajoutant à celle des femmes une espèce de clôture, qui n'était qu'un fossé revêtu de baies. Il fit dresser deux oratoires, i'un pour les hommes, l'autre pour les fem* mes, où chacun allait à son tour faire ses prières. L'occupation des femmes était de chanter cootinuellement les louanges de Dieu; celle des hommes, après leurs exer* cices spirituels, était de défricher la terre, de travailler de leurs mains à quelques nié* tiers pour les besoins de ces espèces de communautés. C'étalune chose admirable do voir l'ordre el le règlement qui étaicnl gardés eqtre nn si grand nombre de periounes. La ch rite, Tonion, la mole^tie, el la douceur s'y observaient inviolablem nt : i's ne vivaient que de ce que la terre produisait, ou des aumênes qu'un leur envoyait; ce qui flt que le bienheureux Robert leur donna le nom de Pauvres de JisuS'-Christ.

L'exemple de ces neuve. lUX solitaires en attira beaucoup d'autres. On voyait des famitlcs entières venir demander à vivre sous la conduite de ce saint fondateur; et il no refusait personne , lorsqu'il reconnaissait dans ceux qui s'adressaient â lui qu'ils étaient attirés par I esprit de Dieu. Il y admettait des gens de tout âge el de toute condition, sans en exclure les iuva'ides, les malades, ni même les lépreux. Cette aflluence de tout le monde angine*. tant de plus ca plus, l'obligea A faire bà ir plusieurs monastères renfermés dans une même clôture. Il en ordonna trois pour les femmes, Tun pour les vierges el pour les f ouves, qui fut nommé /eCrana-Afotifter, et dédié en Itionneor de

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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

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la lainle Vierge, où il renferma trois cents religieuses; Tautre destiné pour les lépreascs el les infirmes, au nombre de cent vingt, qui fut appelé de Saint-Laxart : et il mit les femmes pécheresses dans le troisième, et lai donna le nom de la Madeleine. Les hommes curent aussi leur habitation séparée, leur ayant fait bâtir un monastère auprès de ce* lui des religieuses, aull dédia à saint Jean l'éfangélisle. On bâtit ensuite nne grande église commune pour les monastères, laquelle ne tut achevée que Tan 1119. Tels furent les commencements de la célèbre abbaye de Foiitevrault, dont les fondements furent jrtôs peu de temps après la célébration du coude do Foitieri qui se tint Tan 1100.

Jusqu'alors le saint fondateur n'arait prescrit à sa congrégation aucune forme do vie qui lui fût particulière ; mais comme la charité lo pressait de sortir du désert pour iiller prôclicr, il voulut, avant que de partir, déclarer remplit de son Institut, qu'il avait mis suus la protection particulière de la sainte V.crge cl de saint Jean Tévangéliste, voulant que la recommandation que Jésus- Chribl mourant fil de l'un à l'autre fAt le n.odèlede la relation qu'il éiablissail entre les lioniikics et les femmes do sa congrégation, cl que le respect que les hommes (représenlanl saint Jean} porteraient à la supérieure géué. aie des femmes (qui représentait la feainle Vierge) fût accompagné d'une soumission réelle à son autorité, la déclarant leur supérieure, tant pour le spirituel que

Çiour le temporel. La pk'euilère.a qui 11 confla a conduite de ce nouveau peuple choisi fut Herlande de Champagne, proche parente du comte d'Anjou, veuve du seigneur de Monso* reau. 11 lui donna pour assistante et coadjutrice Pétioaille lie Craon, ^euve du baron de Cliemillé. Il conliiiua ensuite ses missions èvangéliques, y ay.tul associé ses anciens disciples, Vital de Mortain, Raoul de la Futaye, et. Bernard d'Abbeville, qu'il avait laidsés dans l'ermitage de la forêt de Crano ; el aprùs que les uns et les autres eurnl gagné beaucoup d'âmes à Dieu et rassemblé plusieurs disciples, ils les menèrenl dans ce même désert de Craon. Comme ils avaient également employé leurs boins pour leur conversion, ils les partagèrent ensemble. Rjbeit d'Arbrissel , qui était reconnu comme le maître et le chef de tons, choisit une partie lie cet'e sainte troupe qu'il emmena à Foulevrauli. Raoul de la Fulaye en pril une autre, qu1l conduisit en ia forêt de Nid-iie^ Merle; le reste suivit S il .1 dans la forêt do Savigny. Quant a Bernard, Tordre qu'il re^^ut de Téiéquc de Poitiers d'aller au seixïurs des religieux de Sainl-C}prien, pour une alTaire qu'ils avaiciit avec ceux de Cluny, lui lit relurdrr ritablissement de sa cougrcgaiion de Tyron,

Robert, après aroir fait quelque séjour dûos le monastère deFoo'.evrault, alla dans le Poitou pour y continuer §ts missions. Pierre, érêque de Poiters, qui connaissa.t son méiile, le reçut coa.me un apAtre : il lui

donna tout pouToir dans son diocèse, h ▼oyant les progrès qu'il faisait dans les llevi où il passait, tant par ses prédications ipie par d'autres œurres de piété auiquelles il s'appliquait sans relâche, il voulut par reconnaissance employer ses Sdilicilatioas a«près du pape Pascal II pour faire approuver par ce pontife l'Institut de FonteTranlt, re qu'il obtint Tan 1106. Robert retourna A ce monastère pour porter â ses fliles la bollt de ce pape. Ce monastère, quoique d'une grande étendue, ne se trouvant pas snffiuot pour y receroir toutes les personnes qui %e

[irésentaienl pour prendre l'habit de l'ordre, e saint fondateur songea â faire de nonveaui établissements. Quelques personnes pieuses lui ayant donné la foréi des Loges et quel»

Jues hérll; ges dans le diocèse d'Angers, il t l bâiir un petit couvent, auquel il donna !•* nom de cette forél ; et cosnme le refenu qui avait été donné pour cel établissement nf suffisait pas pour entretenir les filles qu'il j renferma, il ordonna que le monastère de Fontevraull donnerait tous les ans quelque anmêne à cette petite maison. Etant aile prêcher dans laTuuraine, on lui procura as autre monastère dans un lieu appelé Da«fournoiif cl présmlement Chamienoii, n on lui en offrit on autre â Relay dans U même province. Etant retourné dans le Poitou, Pierre, évéqoe de Poitiers, lui doona un lieu désert nommé la Puye^ où il bâtit on monastère, qui derinl si considérable par lei donations qu'on y fit, qu'il se trouva en eal d'y loger plus de cent relijcieuses. Cette maison ne fut pas sitôt commencée, que le bruit s'en étant répandu aut enTiroui, l'on convia le saint d en venir établir deui an m dans le même diocèse, l'une dans la forêt de Gîron !e, qui s'appelle aujourd' hui Tés* c/olrre, et qui fut fondée par le Ticomte 4e Ghâtelleraut, l'autre dans une solitude éear» tée qu*on nomme (r'itsii', à deux lieues <le Loodun. Avant quitté le Poitou, il passa dass le Berri, ou il recul le monastère d'Orsin, que lui procura I arch.vêque de fiourges.il en fonda encore deux autres dans rèvécbé de Poitiers, l'un dans les Landes de la Carnache, dont ce monastère a pris le nom de la Lande, et l'autre dans la forêt de Tofio ; el l'évêque d'Orléans Jean II l'ayant faii rrnir dans son diocèse, lui procura le me* uaslère de la Madeleine d'Orléans, qai fol bâti dans une solitude agréable sur la rivière de Loire.

Hais, pendant que Dieu répandait si abondamment ses bénédictions sur ses traraoi, il permit qu'il f&l humilié par des calomoie» atroces que ses ennemis inventèrent, etaoi* quelles Marbodius , évêi|ue de Rennes, el tjcoffroi, abbé de Vendême, ajoutèreol lui trop aisèaient. Le premier lui éerifit une lettre pleine d'aigreur el de reproches, dam la.iuelie il lui disait qu'il avait quitté l'onlr.' des Chanoines Réguliers pour citurîr àfl'^ de» feii«mes, lui re, rochant comme nne marque de l'incontinence de ceux de pa suite, le« accouchements de quelques femmes, lescns des euf.ints nouveau*nés, et le reprenant Je

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