‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 33 sur 118 · SAS · texte numérisé non relu

SAS

Mre cnsaile dUlriboé au« pauvres. Tous les diiuanelies et iéles ils devaient aller à Tha* bit (c'est ainsi qu'on nomme le monaslère des religieux) pour y entendre la messe et assister au enapiire , d*où ils ne sortaient qu'avec la permission do prieur, ils ne de-» \ aient point recevoir d'églises paroissiales, ni leurs dîmes, ni donner leurs biens à ferme i des séculiers ; il ne leur é'ait p<is permis de recevoir des femmes dans leur monastère

{»our T travailler ; il leur était défendu de aire des serments, de subir l'examen du feu, de servir de cautions et d*étre fermiers. Les provisions de vin, le poisson, l'argent et les autres choses nécessaires à la vie étaient entre les mains de la Gcllerière,et distribuées par l'avis et Tordre de l'abbesse ou de la prieure. Les religieux ne pouvaient aussi recevoir personne à la religioO| ce droit appartenant à l'abbesse.

'Le bienheureux fondateur fut le premier à se soumettre à l'abbesse, et, pour donner l'exemple à ses religieux, il vécut &ous son obéissance jusqu'à sa mort, qui arriva le 23 février de l'an 1117. 11 était pour lors dans son monaslère d'Orsan, d'où son corps fut porté à FontevrauK, avec une pompe extraordinaire, par Léger , archevêque de Bourges, qui fit son oraison funèbre, et qui fut accompagné dans le convoi par l'archevêque de Tours, Tévéque d'Angers, le comte d'ÂnjoH et plusieurs seigneurs de considération ; son cœur fut seulement laissé à ses filles d'Orsao.

§ 2. Du progrès de Vordre de Fontevrault après la morl du bienheureux Robert^ et de la réforme de cet ordre.

Le bienheureux Robert d'Arbrissel avait vu de son rivant plus de trois mille religieuses dans le seul monastère de Fontevrault ; mais après sa morl ce nombre augmenla ; car , au rapport de l'abbé Suger, dans une de ses lettres au pape Eugène III, iiu sujet de l'évéque de Poitiers qui inquiétait ce monastère, il y avait à Fontevrault quatre à cinq mille religieuses. Quoiqire ce l*rand nombre diminuât dans la suite, il ne laissa pas d'être encore considérable l'an 12^8, que le pape Innocent IV ayani imposé un subside de dix livres tournois sur cette maison, aussi bien que sur les bénéBces d Anjou et de Poitou, pour l'entretien d'un evéque de Tibériade, ce monastère s'en excusa sur ce qu'il avait sept cents personnes

I à nourrir» Ce nombre se trouva encore diminué en 1297; car, sur les plaintes que le pape Booiface Vlll avait reçues qu'on avait

.dissipé les revenus de Fontevrault, le pon*^ tife ayant donné commission à Gilles, évéque de NcTfrs , de régler le nombre des religieuses de te monastère, ce pré:at en ayant troQvé trois cent soixante, les réduisit à trois cents, sans parler du nombre des religieux tant prêtres que convers. Mais celle «»rdonnance de l'évéque de Nevers ne fut pas apparemment exécutée, puisque l'an 1360 ce monastère ayant encore été taxé pou/ le même subsiuci l'abbesse allégua

pour cause de son refus qu'il y avait dans son monastère cinq cents religieoses. Ce n'était pas seulement dans le inooastèrf' de Fontevrault qu'il y avail un si grand nombre de religieuses de cet ordre, car, à Blessac dans le diocèse de Limoges, on y en a vu jusqu'à neuf cents.

Cet ordre acquit une si çrande répotation, que des mona!»tères entiers de différents ordres embrassaient celui de Fontevrault, comme le prieuré de Bragerac, pour lors do diocèse de Toulouse, à présent appel*^ de Sainl-Aignan el du diocèse de Monlauban, qui était de la congrégation du bienheureux Giraud de Sales, dont le prieur elles relifrieux se soumirent l'an 1122, avec tous leurs biens, à l'obéissance de l'abbesse Pétronille de Ghemillé. On demanda de ces religieoses en Espagne, où on en mit dans trois maisons. La première se nommait Sainte-Marie de la Véga au diocèse d'Oviédo» la seconde Noire-Dame de la Véga de la Cérana, au diocèse de Léon, el la troisième le Paramen au diocèse de Saragosse, et sous le gouvernement d'Audeburge, troisième abbes>ede Fontevrault. Henri II, roi d'Angleterre, Bt venir en son royaume des religieuses de cet ordre, l'an 1177, pour rétablir la discipline régulière dans l'abbaye d'Ambresbéri, qu'il 4eur donna après en avoir 6té les religieuses qui y étaient. KUes eurent encore deux maiaons dans le même royaume. Tune à Etonne, et l'autre à Westnod. Cet ordre fit aussi un grand progrès en France; car, outre les maisons fondées du vivant da saint (ondaleur, il y en eut encore quatre en Normandie, l'une au diocèse d'ETreaz, et les trois autres dans celui de Rouen ; deux en Picardie« le Charme et Haureaucourl; trois dans la Brie el le pays de Valois, le Long-Pré, Fontaine et Colinance ; Foicy, au diocèse de Troyes , et Longueau, an diocèse de Reims; Cousanic, dans le pays du Maine; Bellomerl et les Epines, au diocèse de Chartres ; San* vement, dans celui de Besançon ; Cubes el Fontaines, dans le Périj^ord ; VanassrI el Pons-Cholcs , dans le Limousin ; et Valrville, dans le Beauvoisis. Enfin 11 y en col un grand nombre dans la Bretagne, l'Anjou, le Berri , l'Auvergne, la Gascogne, le Languedoc, la Guyenne et quelques autres provinces. La maison des Filles-Dieu à Pans, fontléepar le roi saint Louis, et sulfisammeni dotée pour rentreticn de deux cents filles, étant extrêmement déchue, el le nouib e de ces filles réduit à deux ou trois seulement, Charles VlU, l'an H83, la donna à Tordre de Fontevrault, qui en prit possession sous le gouvernement de l'abbesse Anne d'Or* léans, sœur du roi Louis XU* Les ordres de Ciuny, de Saint François et un grand sombre de maisons de chanoines réguliers, firent aussi société avec l'ordre de Fontevrault pour la participation des prières.

Un grand nombre de souTerains ponltfes ont accordé des privilèges à cet ordre, el ont témoigné l'estime qu*ils en fuisaienL Cilixle 11, après avoir consacré la grande égU^c du monaslère de Fontevrault. confirma de*

ro?i

Page 1