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r*cbcf cet ordre et toutes les doDalions qui
Îafaient été faites par une bulle de lan 119. On foît par cette bulle combien elles ' avaient déjà été augmentées depuis le pape Pascal II. L*an 11(^3, Eugène III affraiiciiit les religieuses et les religieusL de cet ordre dfs épreuves de Teau bouillante et de Tcau froide, du fer chaud et des au'rcs qui étaient alors en usase, ordonnant qu'ils ne seraient plus obligés a justifier leurs prétentions que par la vole des témoins. Honoré III les exempta de la juridiction des ordinaires , l'an 122^. Clément VI, Tan 13U, constitua les archevêques de Tours et les abbés de Harmootier et de Saint-Cyprien de Poitiers, pour juges et conservateurs des biens et des dMiis ûe Fontevraolt. Siile IV, Tan 1483 , donna pouvoir à Anne d'Orléans , vingtseptième abbcsse, et à celles qui lui succédtTaient, de dispenser ses religieux de l'of- Gce canonial et des jeûnes de l'Eglise, avec le conseil du médecin et du confesseur.
Quoique le bienheureux Robert eût mis ion ordre sous la règle de Saint-B(*nolt, les religieux se qualifièrent néanmoins dans la suite chanoines réguliers» et prirent la règle lie Saint-Augustin; mais ils furent derechef soumis à la régie de Saint-Benoit par les statuts de la réforme qui fut faite en 1474- par le zèle de Marie de Bretagne, vingt-sixième abbcsse. Comme cet ordre étail tombé dans uo grand reiftrhement, celle pieuse abbesse i'adress.i,ran 1459, au pape Pie H, le priant de renédier aux abus qui s*j étaient glissés. Ce pontife députa Guillaume Chariier, évéque de Paris, et les abbés de Cormene et d'Airvan, avec le doyen de Notre-Dame de Paris, pour réformer cet ordre, avec un plein pouvoir de dresser des conslitutions selon qu'ils jugeraient être plus à propos. Ces commissa;res visitèrent la maison de FoDtevraull et celles de sa dépendance, et y firent quelques ordonnances. Ils supprime* rent même quelques prieurés qui étaient trop ruinés , où il n'y avait aucune espérance d'y pouvoir rétablir la discipline régulière, et ils en appliquèrent les revenus i la mense du grand monastère , à condition qu'après la mort des religieuses qui y demeuraient, on y enverrait quelques religieux pour y célébrer l'office divin , lesquels religieux seraient révocables à la volonté de Tabbeise de Fonlerrauit. Mais, comme dans la plupart des malsons les lieux et les personnes n'étaient pas pour lors disposés à recevoir une entière et parfaite réforme, ils oe parent remettre l'ordre dans son premier esprit, et ils osèrent de grandes modérations. Ils permirent même aux religieuses de sortir de leur clôture avec la seule permission de la prieure, attendu la pauvreté Mêlaient réduits la plupart des monastères, .'dont les religieuses ne subsistaient qu'autant qu'elles se procuraient quelque soulagement par leurs sorties.
Quelques religieuses ne furent pas conten* tel de cette réforme, et, voulant vivre dans one observance plus exacte, elles engagé* Unt Marie de Bretagne à se retirer au mo-
nastère de la Madolcfno, près d'Orléans* dans l'e pérance d*y pouvoir plus ^Isèmnit commeneer une réTorme plus parfaite. Celte sainie religieu<^e, qui ne respirait que le lèle de la maison de Dieu, aceepta cette proposition. Elle se retira dans ce monastère, et y prit tou'es les mesures nécessaires pour y établir une réforme fixe et stable. Elle c»mmença pour cet effet par faire faire un re» cueil de divers statuts, tirée en partie de re que les visiteurs aposlolii|uef avaient fuit, et en partie des eonstitutions du bienheu* reux Robert , comme aussi des règles de Saint-AugU9lin et de Saint» Benoît, et pria des religieux des ordres de Saint-François, des Chartreux et des Célestins de les mettre en ordre , ce qui fut exécuté en fort peu de temps; mais avant toutes choses elle fit rebâtir de nouveau le monastère de la Made^ leine, et le sépara en deux babitaiions séparées , l'une pour les filles, l'autre pour les hommes. Elle y fit ensuite observer les nou* veaux statuts , et elle s'adressa au pape Sixte IV, l'an IVlk^ pour en obtenir la confirmation. Sa Sainteté députa les archevêques do Lyon, de Bourgrs et de Tours, avec les abbés de Cormerie et de Saint-Laumcr, pour les examiner, avee pouvoir d'y chau'^ ger ce qu'ils jugeraient à propos. L'archevé* que de Lyon subdélégoa Jean Berthelot , chanoine et chantre de Saint- Martin de Tours* Ces commissaires , après t avoir fait quelques changements, les publièrent, et ils furent acceptés le 23 juillet 1475 par les religieuses et les religieux du monastère de la Madeleine d'Orléans, qui fut le seul pour lors qui reçut la réforme. Mais peu de temps après, ceux de la Chaise-Dieu et de Fontaine imitèrent celui de la Madeleine, et ces trois maisons furent les seules qui furent réformées du vivant de Marie de Bretagne, qui mourut l'an IVTl , sous le goureraement d'Anne d'Orléans , qui loi avait succédé à l'abbaye de Fontevrault, lorsqu'elle la quitta
{tour se retirer au monastère de la Madeeine. Il y en eut encore quatre qui se soumirent à la réforme • qui furent celles de rEncloltre en Gironde, de Foicy en Champagne, des Filles-Dieu de PariSt et de Var* ville en Beauvoisis. Ce fut pour lors que l'ar» chevégue de Bourges et quelques autres des commissaires qui araient été députés par le
(tape Sixte IV pour examiner les statuts de a réforme , avec pouvoir d'y retrancher on d'y ajouter, comme ils le jugeraient à propos , If s rendirent communs pour tous 1rs couvents réformés, par un acte du mois de janvier iVld.
Renée de Bourbon ayant succédé à Anne d'Orléans lan UUi , un de ses principaux soins fut de travailler à faire recevoir la ré« forme daos tout Tordre, ce qu'elle fit- avec un si grand succès qu'elle introduisit la ré« forme daos vingt-huit maisoqs. Elle coiumença par le monastère de Fontevrault, qui était le chef de l'ordre; mais elle y trouva do si grands obstacles do la part des religieux et des religieuses qui ne voulaieut point de réforme , qu'elle fut obligée de recourir à
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DICTlONNAmE DES ORDRES RELIGIEUX.
raatorflé de Louis XII, qui la faforisa dans •oo pieux dessein ; et Tan 1504 elle j fit venir par ordre de ce prince quarante-deox rellgieoses réformées qu'elle tira des monastè* res de la Uadt^leine d*OrléanS| de la Ghaîse- PieOy de Fontaine, de Foicj, de rBncloltre en Gironde, de Varville et des FîUes-Dien de Paris, tons coovents réformés par Marie de llretagne et Anne d*Orléans, et elle envoya les retiffienses qoi avaient été les plus opposées a la réforme en d'antres monastères.
Gomme selon les nouveaux statuts il faU lait faire vœu de clôture, elle fut la première i en donner Texomple, ce qu'elle fit Van 1505 entre les mains de Louis ae Bourbon, évéque d'Avranches, son frère naturel, *en présence de la reine de France Anne, duchesse lie Bretagne; de Jeanne d'Orléans, duchesse de Valois ; de Charlotte de Bourbon , comtesse de Nevers, sa sœur, et de plusieurs autres princes et princesses. Deux jours après, les religieuses anciennes qui étaient restées i Foute vrault firent le même vœu de clôture, et le décret de la réforme fut universellement reçu dans ce monastère, Tan 1507, par tontes les religieuses, au nombre de qmtre-vingl*dçnx professes et de ilix novices, et par plusieurs religieux.
Mais ce ne fut pas sans peine qu'elle réussit dans rétablissement de cette réforme générale, car elle eut à surmonter des traverses que lui suscitèrent les religieux qui avaient déjà reçu la réforme, qui pour leur intérêt paniculier ne souhaitaient point cette réforme générale : car il était dit par les statuts de la réforme dressés par les commissaires de Sixte IV, que l'abbesse de Fontevrault ne jouirait point de sa juridiction en tout l'ordre , que lorsque la reforme aurait été introduile dans le monastère de Fontevrault; c'est pourquoi les religieux réformés, voyant que quand la réforme serait reçue à Fontevrault, le pouvoir qui leur avait été accordé par provision de vi!»iter les couvents réformèi cesserait, traversèrent l'abbesse dans le dessein de la réforme générale , et n'y consentirent qu'à condition qu'elle leur continuerait la même autorité, la menaçant de la faire déclarer triennale si elle ne leur accordait leur demande. Ce fut pour le bien de la paix et pour réussir plus aisément dans son entreprise que cette princesse fit on conrordat avec eux , l'an 150i, par lequel elle leur accorda que les religieuses et les religieux des couvents réformés vivraient selon lenr manière accoutumée, sans qu'elle eût aucune puiss;ince sur eux , à raison de la reforme qu'elle venait d'établir à Fontevrault, nonobstant ce qui était contenu dans ses statuts au sujet de la juridiction, dont elle se démettait en leur faveur, et que quant à la personne de l'abbesse, pour savoir par qui, en quel temps et de quelle manière elle serait visitée , quelle serait son autorité et celle des visiteurs, et si cell«*s qui lui succéderaient seraient perpétuelles ou pour un temps , en s*en rapporterait à des arbitres qui seraient nommés de part et d'autre.
i^lte princesse étant tombée malade en
1506, on exigea d'elle dans restrémitède S4 maladie une procuration pour terminer cei différends; et, par un concordat qui fut passé en vertu de cette procuration, flk devint soumise à ses inférieurs, encequ'ells devait être visitée par ses religieux, qui avaient même le pouvoir de la sosponireft de la déposer. Mais étant revenue en santé, elle révoqua celte procuration, et pounolvit avec xèle la réforme. Elle obtint une bolle de Léon X, qui l'approuvait et ta confirmait dans son pouvoir, et des lettres patentes dn roi, qui l'autorisait dans son pieux dessein.
Les religieux réformés voulant se préraloir du concordat qui avait été signé en verts de cette procuration qu'elle avait révoquée, voulurent le faire homologuer an parlement de Paris. Mais les anciens religieux s'y opposèrent, comme étant contraire aux coula* mes et à l'esprit de Tordre. L'abbesse et Is procureur général se joignirent à eus ; le procès fut pendant à la cour depuis l'an 1308 jusqu'en l'an 1518 , qne le roi évoqua l'affaire au grand conseil, qui rendit le 18 man 1520 un arrêt qui cassa le concordat, et o^ donna que l'abbesse serait perpétuelle et ne serait visitée que d'autorité apostolique, par on religieux d'un autre ordr& réformé : ce qui fut confirmé par le pape Clément VII, Tan 1523.
Bléonore de Bourbon, qoi avait été nonmée abbesse de Fontevrault en 1575, apréi avoir gouverné cet ordre avec beaucoup de conduite et de prudence pendant prèi de trente ans, se voyant dans un âge fort aran* ce, demanda une condjutrice au roi Henri IV, son neveu , pour soutenir avec elle le fardeau du gouvernement de l'ordre et l'aider i en déraciner quelques abus qui s'j élaiesi glissés par le malheur des guerres civilei. Elle jeta pour cela les jeux sur la Mère Antoinette u Orléans, sa nièce • qoi s'était re tirée au couvent des Feuillantes de Tooloose, oà elle avait pris l'hablf , comme nous avoss dit ailleurs. Cette princesse lui fut accordée pour coadjntrice, et les bulles en furent eipédiées à Rome l'an 1C04. La Mère Aotoinette d'Orléans ne consentit à aller à Fontevrault qu'à condition qu'elle n'y demeurerait qu'un an, et qu'elle ne quitterait aoiot l'habit de Feuillante , eu sorte qo il lalist obtenir on second bref do pape Paul V pour l'obliger à prendre l'habit de Fontevrault et la charge de coadjutrice. Elle obéit, tasi perdre pourtant l'espérance de retoir son couvent de Toulon e. Ere commença Teiercice de sa charge par bannir de Footerrastl la propriété de tout ce que possédaient les religieuses, et les obligea , par son eseppl^ et par le pouvoir qui lui avait été donné par. l'abbesse , à vivre dans une obsenance| esacte de leur règle. Elle procura la même chose dans les autres maisons ; mais, a^^ la mort de l'abbesse» sa tante, elle se deoui de sa coadjutorerie, et obtint du roi la permission pour procéder à rélection d'oae autre abbesse.
Il y eut encore de grandes conte^latiuQi daus l'ordre , sous le gouverneoifat di