FOU
de Vordrt de Fonlevrault ordonni^f au pré" tent monaiiire par le décret du pape Sixte I F» en l'honneur de Notre^Sauveur^ de ea tria-' digne Mire et de eaint Jean Vévangéiiete^ en votre présenee^ Mire prieure de ce monsetire* Lf vœu des frères convers es! srmblable» sinou que ceux-ci le prononcent en français el les clercs en latin. Leur pauvreté consiste ea ce qu*Us ne peuvent accepter, en leur propre nom ni en cominuii, aucun legs, ou donation, ou autre chose quelconque; tout ce qui leur pourrait être donné ou qu'ils pourraient gagner par leur îndusirie et travail appartenant aui religieuses, qui leur doivent fournir Cous leurs besoins, ils ne peuvent pas même distribuer aui pauvres ce qui reste de leur table, ils le doivent rendre aux religieuses, qui en font elles-mêmes la distribotion. Ils doivent réciter l'ofOce caaonial à voix basse dans leur chapelle. Ils fo»t exemptés des quinze psaumes, des vêpres et laudes de Tous les saints, des psaumes qu*on dit étant prosternés, aussi bien qae des sutTrnges et commémoraisons , à raison de leurs occupations pour le service des religieuses. Ils doivent néanmoins dite en carême tous les j«)urs les sept psaumes avec les pclîles litanies, excepté tes dimanches et les fêtes de douze leçons, et tous les jours aussi TufOce de la Vierge et celui des Morts, excepté les jours spéciSés dans ta bref de l'ordie. Lo silence leur est recommandé aa cloître, au dortoir et au réfectoire, et depuis le commencement do com-> plies jusqu'à la Gn déprime, dans toute la maison. Ils reçoivent la discipline des mains do confessear anx jours qu'on la donne aux sœurs. Ils sont obligés aux mêmes jeûnes et aut mêflues abstinences que les religieuses ; mais lorsqu'ils sont envoyés parla ptieure liors du monastère, ils peuvent manger de la Tiaade aux jours défendus par la règle et même sonper, s'il n'est pas jeûne d'Eglise. Leur habillement (1) consiste en une foulque 00 robe noire, une chape; et par-dessus tin chaperon ou grand capuce auquel sont altacliées deox pièces dedriip.Tone par-devant, l'autre par- derrière : ces pièces de drap, qu'ils nomment des roberts^ sont de la longueur et de la largeur d*on palme , avec des ceintures de laine pour serrer leur robe. Quand ils servent la roe^ise, en tout temps ils portent des surplis; depuis Pâques jusqu'au premier novembre, aux jours des ditnanches et des fêtes, ils ont aussi des surplis pendant la grand'messe, et depuis le premier novembre jusqu'à Pâques leurs cba« pes. Les frères eonvers sont habillés de gris avec an chaperon et des rçberts, comme vous le voyez à la première fleure, à l'etce|«tion que la téUère ne parait pas comme au chaperon des prêtres, parce qu'elle e>t cousue à leurs babits, sur lesquels il y a à U poitrine ces lettres, M. et I. L'on a conserfé dans cet ordre l'ancien usage de dire ténèbres à minuit.
Le P. Bonanui, dans son Catalogue des
ordres religieux, où il a été si rxnc* h représenter les habillements religieux tels que Schoonebeck les avait donnés en 1688, a néanmoins abandonné cet auteur à l'égard des relij^leux de Fontevrault, pour suivre le P. Deuricr, Céleslin, qui leur donne un sciipulaire par-dessus le capuchon ; mais en cet endroit le P. Bonanni aurait mieux fait de suivre Schoonebeck, qui a représenté l'habillemert de ces religieux tel qu'il doit être, ce qu'il n'a pas fait a l'égard de celui des religieuses, que le P. Bonanni a néanmoins fait copier sur les figures qu'en avait données Schoonebock. Nous ferons remarquer à ce sujet que le P. Bonannî, parlant do la fondation de cet ordre , l'atlriboe vers Tan 1110 à un nommé Evrault, qui, à ce qu1l dit, était un fameux chef de voleurs qui fut converti par Robert Blésius, natif de Paris, et moine bénédictin, que quelques-uns nomment Arbrissetle et d'autres Arbrucelle, C'est ainsi que le P. Bonanni parlait en 1706, lorsqu'il donna la première partie de sou Catalogue, qui traite seulement des religieux. Mais il a parlé d'une autre manière dans la seconde partie, qui parut en 1707, cl qui contient les religieuses; car il dit que l'ordre de Fontevrault fut fondé vers ran 1088 par un nommé Robert, chef de vo« leurs, qui fut ronverli par un célèbre religieux bénédictin nommé Arbrisselie. Je ne sais qui peut avoir fait tomber le P. Bonanni dans cette erreur, puisque Barouios, du Saussay et Gonon, qu'il cite, ont parlé autrement du fondateur de cet ordre, qu'ils reconnaissent pour Robert d'Arbrissel.
Michaël Cosnier, Fontis-Ebraldi Exord.
et Vit. B. Roberti; la Chroniaue de Fonte^ vrault, par Baudrî, évêquede Uol, et André, moine de cet ordre ; Pavillon, Vie du B. Rotcrt d'Arbrissel: BoUandus, 23 Februarii^ Act. SS; Honoré Niquet, Jésuite, Hist. de V ordre de Fontevrault; Factum pour les re* ligieux de Fontevrault touchant les différends^ de cet ordre: Joann. a Manu-FIrma, C/ypeus nascentis ordinit Fontis-Ebraldi: Dis* sertation sur la lettre de Geoffroi de Ven^ ddme^ par un anonyme de l'ordre de Fonlevrault ; Baillet, Vies des Saints^ 93 février ; et les Constitutions de cet ordre imprimées, à Paris en 16i^3.
FOUS, AU DUGUi DB ClÈVBS (CsiVALIXaS DK
L'oniinB DBS).
Comme on a donné à plusieurs ordres dochevalerie le nom de société , l'on peut regarder comme un ordre de chevalerie la société qui fut inslituée à Clèvrs ^oas le nom de société des Fous : ce qui n'est pas une chose fort extraordinaire, puisqu'il y a plusieurs académies de gens de lettres en Italie qui ont pris des noms aussi bizarres , y en ayant une à Pérouse sous le nom d'Insensée, oue à Piso sous le nom d'Eitiavagants, cl une à Pésaro sous celui d'Hétéroclites. L'ofdre ou la société des Fous à Clèves fut institué Tan 1380| le jour de Saint-Kumbcrt, par
(I) Ksy., iÉ U an du vol., u*' 68 et 60.
3tif
DICTIONNÂIRB DES ORDRES RELIGIEUX
Adolphe* comle de ClèTes, conjointement avec trente-cinq seigneurs, qai devaient porter sur leurs manteaux uii Tou d'argent en tiroderie, veto d'un petit ju$l<incorps et d'un capuchon tissu de pièces jaunes et rouges* avec des sonnettes aor, des chausses jaunes et des souliers noirs, tenant en sa main une petite coupe pleine de fruits (1). Ils s'assemblaient le premier dimanche après la fête de saint Michel et devaient se trouver tous i l'assemblée» à moins qu'ils ne fussent malades ou à plus de six journées de Clèves» comme il est plus amplement porté par les lettres de cet établissemeni , dont l'original se trouve dans les archives de Clèves, au rapport de Schoonebeck, et qui commence ainsi : Nous tous qui avons opposé notre sceau à ces présentes^ savoir faisons à tous ceux qu*il appartiendra et reconnaissons qu'a-' pris une mûre délibération , et pour Vaffee^ tion particulière que chacun de nous a pour les autres et quil continuera d'avoir à l'avenir, nous avons établi entre nous une société, laquelle nous sommes convenus de nommer la Société desFous^ dans la forme et manière qui suit, savoir: qtu chacun de notre société portera un fou brodé sur son habit, selon qu'il lui plaira ; que s*il y a quefqu*un qui ne porte pas tous les jours le fou , les autres confrères qui s'en apercevront lui feront paver l'amende de trois grandes livres tournois^ lesquelles sC" ront données aux pauvres pour l amour de Dieu. Les confrères feront une assemblée générale et tiendront leur cour une fois Can^ et seront obligés de s*y trouver tous ; ce qui se fera à Clèces tous les ans^ le dimanche après la fête de saint Michel. Ils ne pourront sortir de la ville ni se séparer et quitter le lieu où ils seront assemblés, que chacun n'ait satisfait pour les frais et payé sa part de la dépense. Il n'y aura aucun de nous qui puisse se dis^ penser de s'y trouver, à moins qu'il n'y envoie un bon certificat des affaires importantes qui Vempéchent, ou d'une maladie, sms en excep^ ter ceux qui se trouveront être en voyage dans le temps qu'on les ira avenir et citer au lieu de leur aomicile ordinaire ; que s'il arrive que quelques-uns des confrères aiehl différend ensemble, la société ftra tous ses efforts pour les réconcilier depuis le malin du vendredi au lever du soleil^ avant que la cour tienne^jus-
Î^u'au coucher du soleil du vendredi auquel a cour aura tenu. Outre cela , tous les ans, les confrères étant à la cour feront élection de l'un d'entre eux pour roi et de ceux qui lui serviront de conseil , lequel roi et son conseil disposeront, ordonneront de toutes tes affaires de la société t et particulièrement de ce qn regardera l'assemblée de l'année suivante, et les affaires qui y seront mises sur le tapis ou qui concerneront les frais et la dépense^ de qwn ils rendront compte exact et fidèle, lesquels frais seront payés par égales portions par chaque chevalier pour lui et pour son valet;un comte payera un tiers plus qu'un baron. Le mardis les confrères^ étant à rhôlel de leur as^ semblée à Clives^ iront dès le matin à l'église
(I) Voy.f à la fin du vol., u* 70.
de Notre-Dame, afin d'y faire leurs prièren pour ceux de la société qui seront décédés , et chacun ira à l'offrande, etc. Donné et fait Van 1380 de notre salut, le jour de saint Rumbert. Ces 1< ttrcssont scellées de trente-six sceani, tons en cire verte, excepté celui du comte de Clèves , qui est en cire rouge. Les arniei de ces seigneurs sont aussi ao haut de la première page, et Shoonebeck les a fait graver dans son Histoire des Ordres militaires. Il ajoute que l'on ne peut lire le reste de ce qui est contenu dans ces lettres ; mais il y a de l'apparence que ce n'est qu'une traduction qu'il nous a donnée de l'original, puisque le style ne se ressent point de l'antiquité.
Schoonebeck, Histoire des Ordres «lî/i- /aires, lom. 11, pag. 223.
FRANCE (Cflàifoi^BS réguliers db L4 coi-
GRÉGÀTIOIV de). Voyez GÉIfOVEFAIIIS.
FRANCE (GONGRÉGATIO?! DU TIBR8 ORURB DB SaINT*FR4IIÇ0IS DIT DB). Voy. PÂlflTBNCR.
FRANCE BT DB MARMODTIER (ancibnnbs
CONGRÉGATIONS BÉNÉDlGTlfTES DB).
Comme il 8*est trouvé des critiques qui ont combattu la vérité du martyre de saint Placide en Sicile, il s'en est trouvé aussi , sur la lin du dernier siècle , qui ont combattu la vérité de la mission de saint Maar en France. H. Baillel , dans son recueil de vies des saints, dit, au sujet de celle mission de saint Maur • qu'il ne veut point entrer en dispaïc •ur cette matière , et fait assez connaître dans la suite du discours que son sentiment n't'st pas que ce saint soit venu en France. C'e4 ce qui a donné lieu à la savante dissertation que D. Thierry Ruinart, bénédictin de la congrégation de Saint-Maar, a donnée an public l'an 1702» où il prouve par des argom'uts très-Torts (dont H. Baillet n'a pas n£in« moins été convaincu), que saint Maur, fondateur de l'abbaye de Glanfeail en Anjou, est le disrip'e de saint Benoit, et qu'il fut en* voyé en France par ce saint patriarche des moines d*Occidcnt.
C'est donc ce disciple de saint Benoit que nous reconnaissons pour le fondaleur de l'abbaye de Glanfeuil. Il élait parti du Mont* Cassin avec trois religieux qae saint Benoit lui avait donnés, et il arait été accomp<igné par Flodegard , archidiacre de saint Innocent, évéque du Mans, et par Harderad, son intendant, qui avaient été les demander à ce saint patriarche de la part de ce prélat « qui voulait les établir dans son diocèse. Mais étant arrivés à Orléans et y ayant appris U mort de saint InnocrnI, et que celui qui avait usurpé son siège n'était pas disposé a les re« revoir, ils allèrent en Anjou , sur les assu* rances que leur donna Harderad qu'ils poo^ raient s'v établir par le crédil d*an seigneor nommé Flore, qui était en faveur auprès de Théodebert,roi d'Austrasie^ ^3^' cette province obéissait en partie. En effet Flore eut tant de vénération pour saint Maur, que noa content d'avoir fondé pour lui un monaslèie à Glanfeuil sur la rivière de Loire , dans
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diocèse d*Anger9 « il lui offrit encore son fiU Berlulfe , éçé de huit ans , pour être élevé sous sa discipline ; et n'étant pas encore satisfait d*aToir fait bttir ce monastère et d y avoir donné son fils, il s*jr donna lui-mémo, après avoir demandé la permission au roi de Sf retirer de la cour : ce qo*il obtint de ce prince» qni, 8*v étant trouvé le jour qu'il derait -prendre i habit pour honorer la cérémonie de sa présence, lui coupa lui-même 1rs cheveox , donna au monastère une terro considérable , et confirma les donations q(te Flore y avait faites.
Huit ans après I arrivée de saint Maur en France, Tabbaye de Glanfeuil Tut dédiée par Futrope, évéque diocésain , accompagné de plusieurs autres évêques de la province. On y avait bâti quatre églises, dont la première fut consacrée en Tbonneur de saint Pierre ; la seconde, en l'honneur de saint Martin; la troisième, qni était la plus petite, porta le nom de saint Séverin , apâtre des Bavarois , et la quatrième, qui était en forme de tour carrée, à rentrée du monastère, eut pour titre Saint-Mîchel-Ârchatige. Los religieux, qui y étaient pour lors au nombre de quarante, se multiplièrent beaucoup dans la sQite, de sorte que, vingt-sîi ans après la construction de ce monastère , il y en avait cent quarante ; lequel nombre fut fixé par saint Maur, parce que le revenu de Tabbaye n'en pouvait pas nourrir davantage. Saint Maur, ayant gouverné ce monastère pendant plusieurs années, et sentant ses forces diminaer, résolut de ne plus sortir du monastère M de se reposer, pour le gouvernement de sa coinmnnautéf sur le prieur et sur les antres officiers de sa maison. Il se démit ensuite de la charge d'abbé , et ayant fait élire en sa place Bertulfe, fils de Flore, fondateur de ce monastère , il se renferma dans une cellu'e proche réglise de Saint-Martin , avec deu\ religieux qui voulurent bien demeurer avec loi et le soulager dans sa vieillesse. Ce fut dans ce lieu qu'il eut une révélation que Dieu devait bientôt retirer du monde la plupart de ses disciples. En effet , il en mourut, en ciaq mois, cent seize; en sorte que ta comroanauté fut réduite à vingt-quatre personnes. Ce saint abbé ne survécut pas longt'^mps à cette perte, étant mort le 15 janvier 58V.
Ce que Bucelin et quelques autres anteurs ont avancé, que saint Maur avait bâti jusqu'à cent soixante monastères en France, et ré formé encore un plus grand nombre, est sjns aucun fondement : il n'y a pas non plus d'apparence que le monastère de Glanfeuil ait été le chef d'une congrégation à laquelle l'Iosieurs écrivains ont donné le nom do Congrégation de France. Il est bien plus crojable que pendant que saint Maur vivait, «c monastère dépendait de celui du Montt^assin, puisqu'il lui a été encore soumis dans la suite, jusqu'en l'an 755, que le roi l*epio ayant donné ce monastère de Glan* leuil avec tou» les biens qui en dépendaient, àGaidulphe, originaire de Ravennc, homme tri^t*crnel, il le ruina entièrement» et persé-
cuta cruellement \os re'igieux, qui y étaient au nombre de cent quarante, comme il avait été fixé par saint Maur. La plupart ne pouvant supporter les mauvais traitements de ce tyran, qui leur refusait jusqu'aux choses nécessaires pour la vie, abandonnèrent le monastère. H y en eut seulement quatorze qui j restèrent pour chanter l'office divin; mais à la fin, étant ab.itlus de faim et de misère, et ne pouvant observer la règle, ils prirent l'habit do chanoines.
Gaidulphe se servit de cette occasion pour les chasser du monastère, et mit en leur place cinq chapelains. Il ruina entièrement les lieux réguliers, commençant par l'église, qu'il renversa de fond en comble, afin quo les religieux n'y pussent pas revenir. H brûla ou jeta daus la rivière de Loire les titres et les actes de donations qui avaient été f.iitcs à cette abbaye, à la réserve de quelques-uns qu'il mil en dépôt dans Saint-Aubin d'Angers, où il furent aussi perdus pendant les ravages des Normands. Mais il ne jouit pas longtemps du fruit de ses crimes, enrayant appelé ses amis pour se réjouir avec lui de rexiinction de l'ordre monastique dans Glan* feuil, il mourut au milieu du fi*stin. Après sa mort, tous les biens de cette abbaye furent en proie à tous les seigneurs de la province : le comte d'Anjou et plusieurs autres person^ nés s'emparèrent des terres et des revenus de l'abbaye, qui demeura déserte ( t inhabitée jusque sous le règne de l'empereur Louis le Débonnaire, quoique dès l'an 781 elle eût été restituée au Mont-Cassin, comme étant de sa dépendance, par le pape Adrien I*' et par l'empereur Chariemagne.
L'empereur avait donné cette abbaye au comte Korignon, qui, touché de l'état pitoyable où elle était réduite, en fit relever les bâtiments, fit venir des religieux de Marmou*tier pour rétablir les observances régulières dans ce monastère, qu'il soumit quelques années après à celui de Sainl-Pierre-des- Fossés, appelé depuis Saint-Haur, et en obtint là confirmation de l'empereur. Mais Pépin 1", roi d'Aquitaine, ayant donné ce monastère de Glanfeuil à EbroYn, qui fut ensuite évéque de Poiii* rs, du vivant même du comte Rorignon , qui était proche parent de ce prélat, y laissa les moines de Saint- Pierre-des-Fossés tant que le comte vécut; mais, après sa mort, leur ayant demandé parquet titre Glanfeuil leur avait été soumis, et n'ayant pu représenter les lettres de l'cnipercur Louis le Débonnaire, qui avaient été enlevées ou brûlées malicieusem?nt, Ebroïn les fit sortir de ce monastère. Ils y rmtrèrent néanmoins quelque temps après, et il leur était encore soumis, lorsque l'an 808 l'on porta chez eux le corps de ^aint Maur, que l'on avait retiré de Gtanfeuîl pour le sauver de la rage des Normands, ce qui lui a fait donner dans la suite le nom de ce saint. Mais, sous le pontificat d'Urbain 11, les oioines du Mont-Cassin ayant encore réclamé Glanfeuil, il leur fut restitué, et ils l'ont possédé pendant près do deux siècles. A la vérité, si Glanfeuil n'a pas été chef d'une congréga-*
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lion, étant le premier monastère de Tordre de Sainl-Bcnoft en France, il doit être regardé comme une source féconde qui en n prodoit nnc InfiuKé d*autres, par rapport à la règle de Saint-Benoît, qu*il leur a communiquée, dont saint Maur avait reçu l'autographe, écrit de la main de ce saint fondateur, en partant du Mont-Cassin, avec un poids et un vase pour mieux observer ce qu'elle prescrit de la quantité du pain et du vin dans le repas.
Le monastère de Marmoulicr, qui fui Tun (le ceux qui reçurent irele règlp, doit élre regardé comme le chef de la plus ancienne congrégation de Tordre de Sainl-Bcnoll en France, ayant eu plus de deux c<'nls prieurés de sa dépendance. Cette célèbre abbaye eut pour fondateur le grand saint Martin, archevêque de Tours. Il exerça d'ab rd la profession religieuse à Milan, d'où ayant élé chassé par les ariens, il passa dans l'ile d'Âlbengue, qui est proche la côte de Gènes, où II mena pendant quelque temps une vie solitaire. H quitta ensuite celle retraite, sur Tavis qu*il eut que saint Ililaire, qui avait été banni par les hérétiques, retournait en son diocèse; et, Tayant suivi en France, il tiâtit le monastère de Ligugô proche Poitiers, où après avoir demeuré environ quinze ans, il en fut tiré pour remplir le siège de Tours. iLtant devenu évéque, il ne cessa pas pour cela de vivre en religieux; et, pour pratiquer toujours exactement les exercices monastiques, il fonda un monastère proche sa ville épi^copale, dont la communauté fut en peu de temps de quatre-vingts religieux, qui menaient avec lui une vie austère cl pénitente. Personne n*avait rien en propre, tout était en commun ; il n*était pas permis de rien vendre, ni de rien acheter, quoique ce fût la coutume des moines de ce temps-là. L'unique art que Ton y exerçait était de transcrire des livres; encore n'y avait-il que les jeunes qui y fussent employés, et les anciens ne s'occupaient que de la prière. 11 était rare que l'on sortli de sa cellule, à moins que ce ne fût pour se rendre au lieu de la prière. Ils ne laisaienl qu'un repas par jour; l'usage du vin n'èta>t permis qu'aux malades, quoique le lieu où le monastère était situé lût un grand vignoble. La plupart n'étaient hubillés que d'eloiïes de poil de chameau, et c'était un crime parmi eux d*a~ voir un habit qui ressentit un peu la mollesse, quoiqu'il y eût dans cette conmiunauté un grand nombre de personnes de qualité* 'telle était la discipline qui s'observait dans ce mona.^^tère, qui fut appelé Marmuutier, après la mort de saint Martin, comme qui dirait, le grand monast ire, pour le distinguer des autres que ce saint avait fait bâtir, principalement lorsque l'on en eut élevé un sur sou tombeau, qui a porté son nom depuis, et qui est présentement un chapitre Ce chanoines séculiers.
Lorsque ce monastère de Marmoutier eut dans la suite reçu la règle de Saint-Bcnolt, plusieurs seigueurs l'enrichirent par les donations qu'ils y Greot, tant à cause de la
grande dévotion que l'on portail en Franee à saint Martin, son fondateur, qu'à cause de saint Benoit , pour lequel on n*avait pas moins de vénération, et dont la règle était pratiquée avec beaucoup d'exactitude daas ce monastère. Les rois de France le prirent même sous leur protection. Mais peu de temps après, les Normands en interrompirent la régularité : car, y étant venus Tau 85), ils passèrent au Gl de l'épée cent seize reli* gieux, n'y en ayant eu que vingt-quatre qui sauvèrent leur vie en se cachant dans des cavernes. Leur abbé, Héberne, s'était aussi retiré dans un lieu secret; mais ces barbares l'y ayant découvert et s'étani saisis de lui, ils lui Grent soufTrir de cruels tourments pour l'obliger à déclarer l'endroit où était le trésor de l'église et les grottes où s'étaient réfugiés les religieux ; mais ce fut inutilement, il ne voulut rien avouer. Les ennemis s'étant retirés, les chanoines de Saint-«\lartin et les bourgeois de Tours allèrent consoler ces religieux, qu'ils reconduisirent avec leur abbé dans leur église, et auxquels ils procurèrent toutes sortes de secours. Six mois après, comme on eut avis que les Nor« mands retournaient vers la ville de Tours, et qu'ils avaient dessein de l'assiéger, douze chanoines de l'église de Saint-Martin, poi&r soustraire son corps à la fureur de ces barbares, prirent ces saintes reliques, et étant accompagnés de l'abbé Héberne et des vingtquatre religieux de Marmoutier, ils les transportèrent a Cormeri , à Orléans « à Saint- Uenotl sur Loire, et enGn à Auxerre, où elles ont été pendant trente et un ans; et, comme si ce saint eût voulu procurer de riionneur à ceux qui avaient eu soin de ses s ântes reliques, tous les religieux de Marmoutier furent é evés à l'épiscopat ou furent élus abbés dans des monastères c'e Bourgogne; et l'abbé Héberne, qui ne quitta point le corps de saint Martin, eut la joie, vers l'an 887, de le reporter à Tours, où, aprfts la mort de l'archevêque Adalaud, il fut mis à sa place, et gouverna le diocèse pendaut vingt-sept ans.
Marmoutier fut comme désert et aban* donné pendant tout ce temps-là, et pendant presque tout le dixième siècle il n'y eut que quelques chanoines réguliers qui y Greul l'ofGce divin, et des laïques en furent abbés. Hugues de France, dit le Grand,Qls du roi Robert III, posséda cette abbaye, aussi bien que son Gis Hugues Capet ; mais ayant été donnée à saint Mayeul qui était aussi abl>è de Cluny, il la n ndit aux moines tiénédictins , ce qui paraît élre arrivé sur la fia Uu règne du roi Lothaire. On y mit d'abord treize religieux d'une très-sainte vie»aa«* quels on donna pour abbé Gnilibert on Wili. berl. Mais, quoique saint Mayeul eût été le restaurateur de cette abbaye, elle ne léi pas pour cela soumise à Cluny , non plus que beaucoup d'autres qui furent réformées par le« religieux de cette congrégation; car le pape tirégoire Y ayant conûrmé, i la prière de l'empereur Olhon 111, les monaslèrt»s qui dépendaient de Cluny, il n'e^t point fait uieu-
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