‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 37 sur 118 · PRA · texte numérisé non relu

PRA

tion de Marmooticr dans les lettres qui en fiireiit expédiées.

L'exacte diseiplioe que l'oii obserrait dans ce monastère lai attira l'estime de plusieurs personnes qui y firent des donations (Oitsiderables; le nombre des religieux ang- Dienla , ils retirèrent plusieurs monastères d(*s mains des séculiers qui s*en étaient emparés; rt sous le gouvernement de l'abbé Albrri, qui fut élu l'an 103i, il était devenu (rcs-illQstre par le grand nombre de monastères qui lui étaient soumis; et il le Tut encore bien davantage dans la suite, puisque «aifil Odilun , abhé de Clony , étant mort à Sou%igny dans le Bourbonnais, les religieux de ce monastère écrivirent à Albert, abbé de Marmouiier, pour lui en donner avis, et lui donnèrent le tilre i*abbé des abbéi.

L'estime que l'on avait pour les religieux de Uarmoutier s'augmenta de telle sorte, que vers Tan 106^ il n'y avait aucune pro- Tinrequi ne voulût en avoir : c'est pourquoi Moelque part que l'on allât, l'on trouvait des m 'Rapières de la dépendance de cette ab* h'ijc; et même il y en eut jusqu'en Angletrrre. Entre les exercices de piété de ces re- \\f\eux on loue surtout celle qu'ils faisaient ('.irailreâ Tégard de leurs frères qui étaient Âra;;onir. Le P.Mabillon, dans ses Annales^ l>ar!e avec éloge des jc^ûne s, des prières , des macérations et des pénitences qu*ils pratiquaient pour leur procurer une bonne mort ; et, parlant à ce sujet de 1 1 mort d'un bon frère de ce monastère, il fait remarquer qu'il reçut deux jours de suite te saini viatique, et comnionia sous les deu!L espèces, apparemment suivant l'usage qui subsistait pour larsdaos celle abbaye.

Deux archevêques de Tours, nommés Rodolphe, inquiétèrent ces religieux Sisr leurs privilèges, mais ils furent déooulés de leurs {•rétentions dans plusieurs conciles provinciaux, où les religieux furent maintenus daa« leurs privilèges; et, comme ces reii« peux étaient toujours molestés sur le môme sujet, le pape Urbain II, dans le concile de i.leruioai, après avoir fait la lecture du priwlége qui les soumettait immédiatement au saint-siège, ordonna qu il serait oltservé, et cuoGrma le décret do pape lirégoire Vil qui défendait i tous évéques d'indiquer aucune station publique dans l'église de AJtirmoulier, aGnque les religieux ne fussent point interrompus dans teors exercices, ni d'exiger aucune obéissance ou soumission des abbés, nt de fulminer aucune excommunication contre le monastère on ces religieux, quelque part qu'ils demeurassent, ce qui était seule* ment réservé au souverain pontife, sous la protection duquel ils étaient.

Ctiopin dit que les rois de France se qoali fîent- abbés de ce monastère , et que quand lis y font leur entrée, ils jurent sur les saints Kvangiles, comme les autres abbés, qu'ils en (oo$erveront les privilèges et les francbises. l^s comtes d'Anjou se qualifiaient moines ce ce monastère; el un archevêque de Tours •^yaat voulu excommunier GoJcfioi, duc de ^urmaodie el comte d'Anjou , co prince lui

répondit qu'il ne cnii^nait point son excom* munication, à cause qu*il était chanoine de Saint-Martin et moine de Marmoutier. Des deux cents prieurés qui , comme nous l'avons dit ci-dessus, étaient de la dépendance de ce célèbre monastère, il y en avait vingt* six dans le seul diocèse de th irtrrs. Le monastère de Marmoutier fut un de ceux qui composèrent la congrégation des Exempts, dont nous avons parlé à l'article qui porte co nom; mats la réforme j ayant été introduite par les religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, il fut uni, l'an 1637, à cette congrégation, qui a fait rebâtir ce monastère avec beaucoup de magnificence*

Voyez Joann. MahilL AnnaL Bened. tom.

I. Il, 111 et iV. Yepez, Chronique générale de l'ordre de Saint-Benoit^ tom. i. Dulte.iu, Histoire de l'ordre de Saint-Benoît^ tom. l.

FRAt^ClSCAlNS (Onons des).

§ 1". Origine de Vordre des Frères Mineurs^ avec la vîe de Sainl»François d^Assise^ pa^ triarche et fondateur de cet ordre.

Après toutes les victoires que l'Eglise avait remportées dans les premiers siècles de son établissement sur le paganisme, il semblait qu'elle n'avait plus rien à craindre; mais le douzième et le treizième siècle lui furent si fatals, que si Jésus-Christ, qui avait promis au prmce des apAtres et i ses successeurs que les puissanc>'S de l'enfer n'auraient jamais aucun avantage sur e le, ne lui eût envoyé un nouveau secours pour la défendre contre les attaques de ses ennemis, elle eût enfin succombé à tous les malheurs dont elle fut affligée dans ce temps-là ; car, outre les Vaodois, les Albigeois, les Humiliés et un grand nombre d*autriS hérétiques, qui la combattaient par leur pernicieuse doctrine, les empereurs chrétiens n'oublièrent rien pour contribuer à son affliction, non-seulement par le schisme qu'ils embrassèrent, mais encore par la fureur de la guerre qu'ils poitèrent en Italie, où l'on vit les temples dépouillés de leurs plus beaux ornements, les cardinaux, les prélats de l'Eglise souffrir dans des prisons les derniers outrages, et la simonie régner impunément, au scandale de la religion et au mépris de la pauvreté de Jésus-Christ.

Ce fut au milieu de ces misères el de ces calamités que Dieu, touché de rafiliction de son Eglise, suscita l'humble saint François, pour opposer par son moyen la vérité do TEvangile à l'erreur , la pauvreté au désir des richesses , et l'humilité à l'ambiiion , qui avait été la source de tous ces désordres. H 'naquit à Assise , ville d'Ombrie , l'an llfâ. Son père , qui était un riche marchand de cette ville , se nommait Pierre Bernardon, el sa mère Pique, femme d'une grande piété, rt très-recommandable par ses vertus, qui , se trouvant au terme de sa grossesse, souffrit d'extrêmes douleurs; et plusieurs jours s'e* coulèrent sans aucune apparence qu'elle pdt accoucher heureusement : co qui faisait appréhender qu'elle aVn mourût, et qa*cu

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DICTIONNAmE DES ORDRES RELIGIEUX.

mourciDl elle D*Atâl la ?ie à renfanl qo*elle dcf ail melire au inonde; mais an nnge ou forme de pèlerin l'étanl présenté à la porte de sa maison , tous prétexte de demander Tauroânc, qu*on lui donna en recommandant à ses prières la délirrance de la mère et de Tenfanl, il leur conseilla de la porler dans une étable, les assurant qu'elle se trouTerait liicntôt soulagée. Son conseil fut suivi, et Tenfant vînt au monde heureusement snr le foin et parmi lis bétcs : ce que l'on a regardé comme la première circonstance des conformités que saint François a eues avec Jésus- Christ dans son humani.é. Il reçut au baptême le nom de Jean; mais la langue française, que son père, qui IraCquaiten France, lai Gl apprendre, lui devint si familière, qu'on rappelait ordinairement (e Français^ et ce nom lui est toujours demeuré. Son père lui fit aussi apprendre la langue latine; et quand 11 le vil en étal de s'expliquer en cette langue, il le relira des écoles pour le mettre dans la marchandise. Le père elle fils avaient des inclinations bien aifférentes ; celai-là éiall avare, et celui-ci libéral et généreux, rien ne lui coulant pour satisfaire son inclination, qui le portait aux passe-temps et aux divertissements, sans néanmoins que Tamonr des plaisirs l'entraînât à la déhanche et lui fit oublier la loi de Dieu. La miséricorde semblait être tellement née avec lui, qu'il ne pouvait voir de malheureux sans être vivement touché de leur misère, et il s'était fait une habitude de ne point refuser l'aumône à celui qui la lui demandait pour l'amour de Dieu, il avait une douceur et une honnêteté qui gagnaient le cœur de tout le monde. Il était si caressant, si officieux, si poli et si sincère, que ces belles qualités faisaient espérer à ses compatriotes qu'il deviendrait un jour rorncmcnt de leur ville; et l'on vojfait dans sa physionomie quelque chose de »i grand et de >i extraordinaire, qu'il y avait dans Assise un bon homme qui, toutes les fois qu'il le rencontrait d.ins les rues, étendait son manteau par terre, afin qu'il passât dessus , disant qu on ne pouvait déjà faire trop d'honneur à une personne qui était si visiblement destinée à de grandes choses.

Cependant comme il était encore plein de l'esprit du monde rt distrait par les occupations du commerce où son père l'avait engagé, il était fort éloigné de comprendre sitôt ce que Dieu voulait de lui, cl il n'avait du goût que pour les choses de la terre; mais le temps auquel Dieu avait déterminé l'exécution des grands desseins qu'il avait sur lui é«ant enfin venu, il permit que le cours de ses plaisi.s fût interiompu par des ainerlu« mes et des aifliclioos, afin de le détacher du monde et de l'aitirer à son «ervice par des voies autant profitables à Tâme que contraires à la nuture cl aux sens : ce qni commença par un démêlé qui, étant survenu entre ks habitant!! d'Assise et de Péronse, aigril de telle sorte l'esprit des uns et des autres, qu'ils prirent \ei armjs, et firent plu- Sieurs actes d'hostilité les uns sur les autres,

dans l'un desquels François fal CsU prisoenier par r.enx de Pèroase. Cette captivité dura un an et n'ôta jamais rien à la libertédesni esprit. Les soldats do son parti qui avaieat été pris avec lui no sooiTraienl qu'avec clii* grin les peines de leur prison ; mais Françon les encourageait par se^ discoors et par les exemples de sa patience.

Il n'eut pas plutôt rcconvré »a liberté, qu'il tomba malade , d'une manière si violente, qu'il se disposa à mourir, croyant m maladie mortelle. Ces premières aCnictioiis commencèrent à disposer son cœur àécoalcr la voix du Seigneur , à mettre à proGt les inspirations du ciel et à connaître l'inotiliié cl l'abus de ses vaniiés passées : ccpeodant l'heure de son entière conversion n'était pas encore venue; car, quoique l'on remarquât quelque changement dans sa conduite, Tim clinaiion qu'il avait pour la vanité n'était pai entièrement éteinte dans son cœur; mais la miséricorde qu'il avait toujoars eue pour les pauvres acheva ce que l'anliclion avait commencé; car , ayant fait faire un habit fort propre, et le premier jour qu'il le mit sVa étant dépouillé en faveur d'un pauvre geiH tilhomme fort mal vêtu, auquel illedoana pour l'amour de Dieu, cette action de charité mil la consommation à l'ouvrage de sa co tversion, par les nouvelles grâces qu'elle lui attira, conformément à la promesse qoe Jesus-Christ fait dans son Evangile A ceui qui pratiqueront .'es actes de cette héroïque vertu : ce que Dieu lui fit connaître la nuit suivante par une vision, dans laquelle il lui semblait voir un palais magnifique rempli d'armes marquées du signe de la croix, qo'oa l'assura être pour lui et pour ses soldais. Comme il n'était pas encore a»sez éclaire pour pénétrer le vrai sens de cette visiott,il s'imagina qu'il ne s'agissait que d'une guerre temporelle. C'est pourquoi ayant appris que Gautier , comte de Brienne en Champagne, gendre du feu roi de Sici'c, Tancrède, d frère de Jean, qui fut roi de Jérusalem qu Iques années après, étant assiste parle pape Innocent 111 et par Philippe-Auguste, roi de France, était entré avec une grosse armée dans la Fouille, il alla pour lui offrir »< s services ; mais il ne fut pas plutôt arrivé à Spolette, son premier glie, qu'il fut rappelé à Assise par une autre vision où Dieu l'aver* lit de ne pas préférer le pauvre au rich«, si le valet au maître, et de n'en poiat servir d'autre que lui. 11 commença pour lors à comprendre que la milice où il devat s'engager était toute spirituelle. 11 reviiii doic chez sou père, mais tout autre qu'il eo était sorti ; car il ne trouva plus de délices qoe dans la solitude, se tenant retiré dans sa maison, et ne s'occupant qu'à la prière. 11 demandait à Dieu avec beaucoup d'iostaDce qu'il lui m connaître sa volonté, et ii lo< semblait que la réponse du ciel était qu'il fallait qu'il méprisât toutes Ie4 choses du monde, et qu'il Ira va. liât fortement in cornbattre et se vaincre soi-même. Do jour que, rempli do ces deux grandes maximes, il èiail à cheval dans la plaine d'Assise, il eut à sa

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reoconire on l^prcDX dont lu toc lui fit horreur. Il avail déjà détoamé les ycax de dessus un objet si Indeux et si dé|;oâtant« lors» que, se soQf enant qu'il devait travailler à se vaiocre lui-même 8*il voulait être soldat de Jésus-Cbri&t , il descendit de cheval et alla embra«ispr ce lépreux, malgré toute sa répugnance, et, après lui avoir Tait une aumône considérable, il remonta à cheval. Mais il fut élouné,un moment après, lorsque, tournant la tête pour voir ce que faisait ce pauvre misérable, il rte vit plus personne, quoique la place fût découverte de tous côtés : ce qui, au lieu de IVITrayer, lui donna une joie intérieure qui IVncouragea à marcher dans la Toie do la perfection oà il était entré, et dans laquelle il commençait à jouir des consulations des âmes qui cherchent véritablement Dieu.

L'amour if u*il conçut pour la pauvreté et les humiliations lui faisait porter envie h Tétat des pauvres et des plus misérables. Il te fit paraître peu de temps après, dans nn voyage de dévotion qu'il fit à Rome. Car après avoir visité le tombeau des saints apôtres, ayant va Hirtir de Tégllse une grande qoaniUéde pauvres qui attendaient les effets de la miséricorde des passants, il leur distri^ bualout rargen» qu'il avait, se dépouilla de son habit pour le donner à celui qui paraissait le plus no, prit ses haillons, dont ii se couvrit, et passa le reste de la journée au milieu de ces pauvres, avec beaucoup de sa** tisfaction do se voir revêtu d'un méchant habillement plein d'ordure et de vermine, qu'il avait pris en échange de celui qu'il avait donné à ce misérable.

Peu de temps après son retour à Assise, se troufant dans Téglise de Saint-Damien, et priant avec beaucoup de ferveur devant Timage du Craclfix, il en sortit une voix, qui lui dit : la, François^ répare ma maison^ qui /om6e en ru^ne. Notre saint ne comprenant pas que celle voix céleste lui ordonnait qu'il «'appliquât à l'édification et au salut des âmis, qui sont la demeure de Dieu et ics lemples de son Saint-Esprit , et croyant que céuil cette église de Saint-Damien (qui véritablement tombait en ruine) que Dieu voulait qu'il réparât, il retourna chez son père, prit des étofles, qu'il alla vendre à Foligny avec le cheval qui les avait portées, et eu porta l'argent au prêtre qui servait celte i*glise, le priant qu'il lui fit la charité de le loger chez lui. Le prêtre, qui d'ailleurs éuiii fort pauvre , voulut bien le recevoir, otais non pas son argent, craignant de se faire des affaires avec son père. Ce refus ne découragea pas François, qui jeta sa bourse >ur une fuiélre, et passa quelques jours avec ce bon prêtre dans la prière, les veilles et les austérités. Sun père, n'en ayant point de Qouvelles, s'informa de ce qu*il était devenu, «tajantsu qu'il était A Saint-Damien, il y ^iot tout en colère, accompagné de gens pour prendre son fils, comme s il eût été question ^6 poursuivre un voleur. Dieu, qui prenait la protection de François, le caciia aux yeux ^^ ce pèie furieux, qui, n'ayant point trouvé

l>iCTio?i?fAmK UKS Oriires religii^ux. 11.

ce qnll cherchait, s'en retourna k Assise, et François se retira dans une caverne, où il demeura pendant quarante jours dans lea jeûnes et les larmes, exerçant sur son corps les austérités les plus rigoorenses. Hais, honteux de sa fuite, qu'il regardait commo une lâcheté, il sortit de sa retraite déterminé à supporter pour l'amour de Dieu tout ce

3u'on voudrait lui faire souffrir. Il parut ans les rues d'Assise, dans on équipage si différent de son premier état, qu'on le regarda comme on fou. On lui jela de la boue et des pierres, et les enfants le poursuivaient avec de grandes huées. Son père accourut au bruit de ces clameurs , qui retentissaient par toute la ville, et, voyant que son fils était le jouet de toute la populace , il le fit mener chez lui, où, après l'avoir chargé do coups, il l'enferma dans une espèce de c .chut où il lui fit souffrir toutes sortes d'outrages et de mauvais traitements. Mais, étant obligé d'aller à la campagne, il en laissa la garde à sa femme,qni,étanl persuadée des grands desseins que Dieu avait sur son fils, loi donna la liberté.

François se retira aussitôt â l'église de Saint-Damien. Son père à son retour l'y alla encore trouver ; mais notre saint ne s'enfuit pas comme la première fois, il se présenta hardiment devant lui , et protesta qu'il était prêta souffrir toutes sortes de supplices plutôt que de changer do résolution. L'assurance do fils donna de l'étoiinement au père, qui, voyant ses remontrances inutiles , se contenta de reprendre son argent qui était encore sur la fenêtre où François l'avait jeté. Mais, sachant que ce jeune homme était naturellement porté à faire des aumônes, et qu'il avait dessein de réparer l'église de Saint*Damien , craignant qu'il ne ruinât sa famille par ces dépenses, il lui proposa ou d'acquiescer à ses volontés oa de renoncer à sa succession. François ne délibéra point à choisir le dernier. Le père, indigné de ce procédé, qui lui semblait trop Injurieux, l'obligea de lui rendre tout co qui lui restait d'argent ; et, pour lui ôter toute espérance de retour dans la possession de ses biens ci de ses héritages , il voulut que ce renonce* ment fût général et accompagné de formalités solennelles, il le mena pour ce sujet à l'évêque d'Assise , qui voulut bien recevoir ïeor concordat. François ue fut pas plutôt en présence du prélat, qu'il se dépouilla do tous ses habits jusqu'à la cliemlse, et les re*» mit enire les mains de son père, en lui disant que jusque-là il l'avait appelé sonpèrr, mais que dorénavant rien ne l'empêchcraii de rapporter celte qualilé à Dieu seul, en qiij éiait toal son trésor et son espérance. Ou découvrit pour lors qu'il portait sur sa chair nite un rude cilice, ce qui commença à découvrir qne Dieu seul et l'amour delà pénitence élaieitt le véritable et le seul motif d'un si grand détachement des biens de la fortune. L'évêque, touehé d'admiration, embrassant François, le couvrit do manteau qu'il avait sur ses épaules, et lui fit donoer l'habit d'un paysan qui se trouvait lA. François le recul

DiCTlONNAmE DES ORDRES RELIGIEUX.

SI

rommi^ In prem«èro aamône ^bi loi était faite en réiatdcmendianly où il Tooliiildcroearer le rcafe de tes joora ; il y (il nne grande croix fivec une pierre, cl le disposa même en celte rurme, s'en reTétant avec sattsraclion.

Il a? ait pour lors Tingt-einq ans» et, se ^voyant dégagé de tons les biens qui l'avaient retenu dans le siècle, il prit le <hemin de la solitnde, aCn de s'y appliquer uniquement à 4*acquisition des vertus qui sont les véritables rtcliessea et consolations de l'âme. Mais, ilans le temps qu'il n'était occupé que de la ^oie que lui inspirait l'espérance qu'il avait -d'y troufcr son bien-aimé« dont il chantait •les louanges en français, il tomba entre les mains de quelques voleurs, qui, ne lui ayant rien trouvé el n'ayaut pu tirer d'autre raison de lui, sinon qu'il était le héraut du grand Roi, le battirent cruellement et le ioicrentdans une fosse pleine de neige ;d où étant sorti et louant Dieu de ce qu'il le trouvait digne de souffrir quelque chose pour son amour, il alla à Eugubio, où un de ses anciens amis l'ayant reconnu lui donna un liabit d'ermite fort court, dont il se servit iVspacc de deux ans avec une ceinture de cuir ; ce qui a fnit croire aux ermites de ^aint- Augustin qu'il avait d'abord suivi leur institut (ce que nous avons réfuté dans un autre endroit). Le désir qu'il avait de réparer IVglise de Sainl-Damien le rappela à Assise pour satisfaire A cet ordre , qu^il croyait avoirreçudu ciel. Il quêta sufDsamment pour y fournir, et travailla lui-même avec les maçons. Il en répara encore une autre sous le titre de Saint- Pierre, et entreprit la même chose à regard d'une troisième dédiée sous le nom de Notre-Dame-des«Anges, qui était entièrement abandonnée. Le lieu où se trouvait cette dernière s'appelait U Portioncule, ainsi nommé à cause qu'il faisait une petite paelie du bien que les bénédirtins du mont Soobaze possédaient, et était éloigné d'Assiae d'environ unedemilieue. Ce lieu fut si agréable à saint François, qu'il résolut de s'y arrêter et d'y Gxer sa demeure, et il y jefa dans la suite les fondements de sou ordre. H vécut seul en ce lieu pendant dtsux ans. Un jour, éîant A la messe, il entendit cet endroit de l'iïvangile où Jésus-Christ recommandait à ses disciples, qu'il envoyait prêcher, de ne point avoir d*argent et de ne porter ni besace ni deux babils, ni chaussure, ni bâton ; il le prit pour sa règle et voulut l'observer a la lettre. Il quitta pour loi s sa ceinture de t'uir pour prendre une corde, et alla prêchrr ta pénitence avec tant de lerveur, qu'il lit des conversions admirables. Quelques-uns de ceux que Dieu toucha par ses discours, ne se contentant pas de ce qu'il prescrivait pour bien vivre dans l'état ou l'on se trouvait, voulurent le suivre et s'attacher à lui, afin de l'imiter plus parfaitement. Le premier fol le bienheureux Bernard do Quintavalle, riche bourgeois d'Assise, qui, admirant dans ce saint fondateur un si grand mépris du monde, assembla dans l'cgiise de Saint- Georges tons les pauvres , les veuves et les orphelins, leur distribua tous ses biens, et,

s*étant revêtu d'un habit pareil à eeloi df saint François, s'associa à lui le 16 mai IM; et c'est à ce temps-là que Ton rapporte Fo* rigine de l'ordre des Mineurs. Le même joor, Pierre de Catane, chanoine d'Assise, anîM d*un zèle de la gloire de Dieu et d un ardrsi t^ésirdela pénitence, imita Bernard de Qaio. lavalle. Gilles d'Assise, qui était un saisi homme et craignant Dieu, n'était point dart cette ville lorsque Bernai d de Quintavalleei Pierre de Catane renoncèrent ainsi géoèrni. sèment au monde ; mais à son retour, lept jours après, ayant appris ce qui s'était paué en son absence, il en fut si vivement touché, qu'il voulut aussi les suivre. Saint Françoif, les ayant instruits , ne voulut pas les laisser oisifs. 11 envoya Bernard de Quintavalle ei Pierre de Catane dans TEmliie poor isstruire les peuples de rimportince do saiot et de la nécessité de la (>éiiiteoce9 et poor lui il alla avec Gilles d'Assise dans la Marche d'Ancône» où, manquant de toutes cbuics, ils s'estimaient heureux d'avoir trouvé k trésor évangèlique. Quelques-uns les rec^ valent néanmoins avec beaucoup de cbariié, mais il y en avait d'autres qui se moquaient de la nouveauté de leur habillement, et le» regardaient comme des fous, ce qu'ils suoffraient avec beaucoup de joie. Gilles d'Assise témoigna même son chagrin à saini François de ce qu'il y en avait quelques-uni qui leur faisaient des honneurs, ce qu'il regardait comme un affront pour une âme véritablement religieuse, qui ne devait mettre toute sa gloire que dans le mépris elle) opprobres. Saint François fut bien aise de voir que ses disciples ne se glorifiaient poiol des honneurs qu'on leur faisait, et quel» opprobres qu'ils enduraient ne troublaieai point la tranquilité de leur âme et n'apportaient aucun obstacle à la persévérance dass leur vocation.

Quoique ce saint fondateur ne suivit pjf« dans les vérités évangéliques qu'il prêchait à ses peuples» la méthode et l'éloquence ordinaire des prédicateurs, il ne laissait pas de faire de grands fruits par ses discours qoi. quoique simples, étaient si animés de respni divin, qu'il leur inspirait l'amour de btes et un ardent désir de la pénitence. Eafis, après avoir parcouru quelques villes et qoeir ques bourgs de ces provinces, ces qojtrc hommes apostoliques se relirèreot dans kor pauvre chaumine, où en peu de jours iN eurent un cinquième compagnon, qoi fu i" frère Sabattin, dont on ignore le pays, ma» qui était un homme d'une émincnie verto. Frère Horique se joignit bientdt à eoi;rt frère Jean de la Capella ou du Chapeau fut le septième disciple de saint François; mèn il fut dans l'ordre comme on autre Jolis parmi les apôtres. C'était loi qui avait som de distribuer en commun aux frères ceqo*('B leur donnait par aumône pour leur sobsisélance. Il fut souvent repris par saint Fras* çois de ce qu'il amassait au delà de ce qt-i était nécessaire, de ce qu'il avait tropd^t* tache aux biens et aux affaires temporelles, el une trop grande familiarité avec les sécv

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licrs; mai« il ne voulut point s*ctt corrifçor. 11 fut le premier qui iiilroduisil )e rchkhoitieot dans Tordre; quelques-uns suivirent nm exfoiple, et introduisirent Tusage des rliapeaunyuu plutôt des bonnets ou aumusses pour coavrir la télé, qu'on appelle capelie^ heïotï le langage du pays : ce qui fit donner à ce religieux le nom de Jean de la Capella, Saint François lui prédit quMI aurait une maladie honteuse et une fin malheureuse; et il expérimenta l'une et Taûtre : car il fut tout couvert de lèpre, et, bien loin de s<^uffrir ce mal patiemment, il entra dans le désespoir el s'étrangla.

Le nombre des disciples de saint François étant donc augmenté, il leur enseigna les moyens d'acquérir toutes les vertus, mais principalement celle de la pauvreté, dont il s'efforçait de leur faire connaître le mérite et de leur persuader la pratique. C'est pour^ quoi il les conduisit par la ville d'Assise, aGd de demander l'auinâne à toutes les portes, et qu'ils apprissent qu'ils n'auraient point d'antre patrimoine que ce que la cha* rite des personnes pieuses et dévotes leur procurerait. Outre la honte qu'ils avaient de demander ainsi l'aumdne, ils avaient encore à souffrir dés paroles piquantes et des railleries, les reproches de leurs parents, les insultes des enfants qui leur jetaient de la lioue, et les rebuts de plusieurs personnes; ui;iis Dieu, qui, outre la béatitude qu'il promet à ceux qui souffriront les injures, les mépris et les perséculions pour son amour, prévient souvent cette récompense éternelle par des bénédictions de douceur qu'il fait éprouver à ses élus dans le temps de leurs plus grandes amertumes, voulut, par un effet de sa miséricorde, faire connaître à ces nouveaux disciples de la Croix quelle était son attention à la patience et au plaisir avec lesquels ils souffraient ces mépris, permettant qu'ils trouvassent des gens de bien qui, par les libéralités et les bons traitements qu'ils leur firent, modérèrent la rigueur de leur pauvreté, et adoucirent l'amertume des mépris et des humiliations qu'ils avaient en« dures.

Le saint fondateur voulant ensuite 1rs cisrcer parmi les è rangers et lt«s inconnus, les mena dans la vallée de Uiéii, afin qu'ils passent demander l'aumône avec plus de confiance de leur part, et moins de reproches et d'insultes de la part de ceux auxquels ils s'adressaient. Pendant qu'il y demeura,il } eut plusieurs personnes qui, attirées par sa réputation, qui commençait déjà à s'étendre, le venaient trouver pour être instruites par lui des voies de la perfection, et profiler de tes exemples. Il y eu eut un entre 1rs autres qui, ne se contentant pas de recevoir des Instructions, voulut encore être reçu au nomlire de ses disciples. Le saint, après avoir augmenté sa petite sodélé jusqu'au nombre de si'pt, retourna à Assise, où il instruisit ses disciples de tous les exercices de la vie spirituelle, leur faisant de fréquents discours sur le royaume de Dieu, le mépris du monde, l*abnégation de leur volonté et les moriifica-

tionfi du corps, afin de les mienx disposer d l'exécution du dessein qu1l {«vatt de les envoyer dans les quatre parties du monde, et afin de les piévenir sur toutes les diflicultés 1 1 les perséculions qu*ils auraient à souffrir de la part du monde et du démon. Les exhortations de ce saint patriarche, animées du feu de l'amour de Dieu, et soutenues par un zèle ardent du salut des âmes, eurent sur le cœur de ces disciples de la Croix tout l'effet qu'il en avait espéré : car un jour qu'il leur parlait de ces missions, poussés d'une sainte impatience, ils se prosternèrent à ses pieds pour le prier de ne plus différer l'accomplissement de ses désirs, qu'ils regar* ddient comme les signes assurés des victoires qu'ils se flattaient de remporter sur les puis* sauces de l'enfer; mais, coiniuc il devait être le premier à donner l'exemple, il prit un compagnon, avec lequel il alla d'un côté, après leur avoir accordé leur demande, en leur assignant d'autres endroits où ils pus** sent annoncer la pénitence.

Saint François, ayant employé quelque temps à la mission qu'il s'éiait proposée, re« tourna a Assise, où il lui vint encore quatre nouveaux disciples. H souhaita revoir les autres six , qui étaient alléi en différents pays, et, ne pouvant leur faire savoir sa volonté, faute de savoir où ils étaient, il pria Dieu de les réunir ensemble; et eu peu do temps il reconnut que sa prière était exaucée : car, sans avoir été avertis, ils se trouvèrent tous au même lieu et dms le même temps, comme saint François l'avait souhaité. Ce ne fut pas sans un grand étonnement de ces saints religieux, qui admiraient en cela la providence divine; et le saint reçut beaucoup de satisfaction lorsque s lui racontèrent les travaux qu'ils avaient en* dures dans leur voyage, et le fruit qu'ils avaient fait d^ns le salut des âmes. 11 commença pour lors à leur prescrire un règlement de vie, et leur ordonna de réciter pour chaque heure de l'office trois Pater. 11 leur recommanda aussi d'entendre la messe tous les jours, voulant que quand ils y assisteraient ils fussent plus appliqués à la contemplation des divins mystères qu*à la prière vocale. L*année suivante, 1210, ce saint fondateur ayant assemblé ces onzes disciples, il leur dit qu'il voyait bien que Dieu voulait augmenter leur congrégation , qu'ainsi il était à propos qu'ils se prescrivissent une manière de vie uniforme, et qu'ils la fissent approuver par le souverain pontife. Ils agréèrent tous sa proposition, et lui dirent qu'ils étaient prêts à se soumettre à la règle qu'il leur prescrirait. Il n'y avait alors aucune obligation de demander cette confirma* tion, et il n'y avait même aucun exemple que l'on eût déjà contraint quelque ordre religieux à la demander; mats saint François le voulut faire pour mieux affermir le sien, de peur qu'il ne lui arrivât de même qu'aux Vaudois, dont Tinsiitut avait été rejeté par les papes Lucius et Innocent III. Il écrivit donc la même année sa règle. Kilo était divisée en vingt-trois chapitres, qui cou-

tonaiGiit vin^tscpt préceptes, que les souverains pontifes ont déclara obliger sous ptMue de péché mortel ; et c'est de Ces vingtsept préceptes que les trois vœux ordinaires de religion, qui sont communs à tous les ordres, sont environnés comme de forts remparts qui défendent les religieux de cet ordre de toutes sortes de transgressions. Premièrement, pour la défense de la pauvreié, saint François rejette comme une peste dans si»n ordre tout maniement d'argent, soit par soi-même, soit par quelque autre personne inttrpo«ée. Il prescrit la qualité, la quantité et la valeur des habits. Une tunique avec un cnpurc, une autre sans capuce (si la nécessité le demande), avec une conie ou ceinture, et un caleçon. C'est tout ce qu'il accorde pour vêtement à chaque religieux, et Il leur permet de rapiécer leurs robes avec des sacs ou quelque autre étoile vile. Il leur défeud d'aller à cheval et d*avolr des chaussures; et afin que cela puisse être pratiqué exactement, ci que la propriété ne se puisse introduire sous aucune apparence, il donne le soin aux ministr«*s et aux custodes de pourvoir à la nécessité des infirmes, à l'habitlemeiU des Frères, et généralement illeur l:iisse le soin de pourvoir à tous leurs besoins, autant que la pauvreté et la charité le pourront permettre.

Pour conserver le précieux trésor de la chasteté, il défend très-rigoureusement les conversations avec les femmes, l'entrée dans les monastères des religieuses , la délicatesse dans les habits et le manger, les commodités dans leurs vojages, et leur ordonne la nudité des pieds, les jeûnes de tous les vendredis de l'année, ceux depuis la Toussaint jusqu'à Noël et depuis TÊlpiphanie jusqu'à Pâques, sans parler des autres mortifications et pénitences capables de contribuer à l'acquisition de cette vertu et de réprimer les ardeurs de la concupiscence, leur recommandant aussi la pratique de l'oraison (que ce saint veut que l'on préfère à Tétude des lettres humaiues), principalement l'office divin, dont il fait un précepte t^nt pour les clercs que pour les frères laYqaes.

Ce qu'il ordonne pour servir de remparts et de défenses à l'obéissance, c'est le renoncement à sa propre volonté pour suivre aveuglément celle de ses supérieurs sans apporter aucune raison, sans réserve et sans flucupe limitation dans tontes les choses qui ne sont point contraires à la règle; et, afin d*6ter tous les scrupules que les religieux pourraient avoir au sujet do cette même règle, il les renvoie aux supérieurs pour lever leurs doutes et mettre leur conscience en repos. Il y ajoute encore dix-huit avis ou instructions qui n'obligent point à péché mortel, et qui regardent la manière avec laquelle les religieux se doivent comporter dans toutes leurs conversations intérieures et extérieures, soit par rapport à eux, soit à l'égard du prochain, dans la maison ou dans les voyages, avec les religieux ou avec les séculiers. A ces préceptes et à ces avis il joint encore douze conditions nécessaires

pour la réception des noTîces, et six que Tim appelle les libertés de la règle, qui coniieiii en substance ce que nous venons de dire. Les disciples de saint François l'ayant agréée, il alla avec eux à Rome trouver le pape Innocent III, qui ne l'éconta pas d'abord €t Ïul le rejeta même avec indignation; mats rançois, sans se rebuter, se retira avec la troupe à l'hôpital de Saint- Antoine, et se eootenta de recommander son affaire à Dieu, en qui il mettait toute sa confiance. Ce ne fut

fias en vain, car dès le lendemain le pape 'envoya chercher et lui donna nue audience favorable sur un songe qu'il avait en lanoit, d'une palme qui était crue à ses pieds et qu'il avait interprété en sa faveur, et sur ce qu'il lui avait semblé voir saint François soutenir réglise de Latran, qui était prête à tomber. Le pape fit examiner sa règle dans la congrégation des cardinaux , et l'approuva de virevoixaprèsque Ton ent levé les dincollés qu'on y avait trouvées touchant cette grande pauvreté qu'il y prescrivait et qu'on croyait presque impraticable, il leur ordonna de prêcher partout la pénitence, d'étendre la fol catholique de toutes parts, et fit fa^re de petites couronnes à tons les frères laïaues qni accompagnaient le saint fondateur, ano qnlis fussent distingués davantrige des séculiers , et qu'ils pussent aider les prêtres dans les fonctions de leurs ministères. Wadingoedit qu'il y a encore des pays où les trèrea laïques portent de ces sortes de couronnes; mais elles ne sont pas en usage dans le reste éa l'ordre, parce que cette grâce que leur avait accordée ce pontife servit d'occasion dans ta suite à quelques-uns de lomlier dans l'or* gueil, et à leur enfler le cœur en voulant sa comparer aux prêtres, à qni ces couronnes appartiennent de droit.

Ouoique saint François eût écrit sa règle et l'eût fait approuver par le pape Innocent III l'an 1210, il n'avait pas encore de couvent formé et n'avait demeuré jusqu'alors avec ses compagnons qae dans une panrre chaumine proche d'Assise. Avant quitté la ville de Rome, et voulant obéir aux ordres du pape, qui lui avait ordonné de pi^berla péniience, il alla du cAlé de Spoieite ; et, comme dans le chemin il s'entretenait avec ses disciples des moyens de mettre en pratique leur règle, étant las et fatigués et tout atténués par la faim, ito s'arrêtèrent daas une solitude où ils fie trouvèrent rien à manger ; mais ta providence divine, qui e^ attentive à fournir la nourriture nécessaire aux animaux même les plus vils et les plos méprisables, n'abandonna pas ses serviteors dans leur besoin. Car un homme se préseoli à eux qui leur donna un pain et disparut aussitôt, ce qui les confirma dans la résolution qu'ils avaient prise d'observer eiactcnicnt la pauvreté.

Ils arrivèrent à Orli, petite ville de l'Etal ecclésiastique, sur les frontières deToKsne, du côté de Lombardie. Ils trouvèrent dans une plaine proche de celle ville nie égli»« abandonnée, dans laquelle ils entrèrent pour faire leurs prières, et résolurent de deoiea-

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ter quelques jours dans ce lieu, jusqu'à ce que Dieu leur eût fait connallro celui où il foulait qu*ilii Gi^asseut leur demeul'e. Ils ne furent pas oisifs pendant ce tcmps-lât car ils aJlatent oontiuneHemenl à la ville pour j iRsIruire le peupli^i et y Grent beaucoup de cunfersions. Le grand concours du monde i|uî les venait trouver, troublant le repus de ces bons relifieuStf obligea ^aint François d*abandonaer ce lieu, qui d'ailleurs lui paraissait trop agréable. Il passa dan^ là vallée de Spolette, où, après avoir.conféré avec ses rompamoiiÉ pour savoir s'il était plus à |)ropos qu ils restassent dans des lieoi solitaires que daâs tfés villes^ ils* se mireiH en. prières V<iQr ooBBalIre la volonté de D»eu. Ils furent rxafroés, car Dïen manifesta à ce saint patriarche do'fls étaient destinés à la conversion des âmes. Ils retournèrent à leur première cbaooiioe proche d'Assise, qui était si petite , qu'ils ne pouvaient pas même s'y asseoir tooe nt étendre leur corps étant couchés ; mats, comme il y avait plusieurs personnes qui demandaient d'entrer dans leur compamiie, et que d'ailleurs ils n'avaient point d'église, saiut François chercha uil lieu plus commode et plus ample pour y recevoir ceux qui voulaient entrer dans son ordre. Il s'adressa à l'èvéque et aux chanoines d'Assise, pour les prier de hii donner une église ; mais, comme ils n'eu avaient point qu'ils voulussent quitter, le saint eu demanda une aux bénédictins du mont Soufoase, qui lui arcordèrenC celle de Notre-Dame-des-Anges, appelée de la Portioncule. Il n'en pouvait pas avoir une qui lui fût plus agréable, puisqu'il avait toujours eu beaucoup de dévotion pour celte église, qu'il avait autrefois réparée, et où il avait conçu les premiers desseins d'éla* blir sun ordre* Saint François n'en voulut avoir que l'nsage, aflnque lui et ses enfants parussent étraneers sur la terre ; et, pour laire voir qu'elle ne lui appartenait pas et qu'il ne la tenait que de la libéralité des religieux bénédictins de Soubaie, il leur envoyait tous les ans on panier plein de petits poissons que les Italiens appellent laschif et «|Qi se pèchent dans une rivière voisine, ce noo les bénédictins recevaient agréablement, estimant plus ce présent que tous les autres revenns, et ils envoyaient aussi de leur côté un vase plein d'huile à ces pauvres religieux.

Ce fut dans ce panvre lieu que les fondements de l'ordre des Mineurs furent jetés. Cest cette pauvre maison qui en a produit tant de milliers d'autres, et de lac^uelle sont sortis tant d'illustres martyrs qui ont combaiia pour le nom de Jésus-Christ, et qui I ont fait connaître par toutes les parties du nioode, qui a donné tant de docteurs et de prélats à l'Eglise, qu'ils ont édiflce par la t^iutHé de leur vie et soutenue par la pureté ^e leur doctrine. Quoique saint François eût <lil plusieurs fois que cette petite maison lui "Uflisait, on'il ne voulût pas qu'on raugmenlil* rt qu il en eût fait abattre les couvertures qui lui avaient paru trop somptueuses, c ^* a néanmoins été tellement augmentée,

qu'il y a ordinairement plus de deux cents religieux qui y demeurent de famille. L'on y voit encore la petite chapelle de Notre-Dame* des-Anges, qui est comme la maison de Lu« relte, au milieu d'une vaste et mafçnifiquc église, qui est un dos plus beaux édiGces do toute l'Italie, et qui a été beaucoup embellie par les libéralités des grands-ducs de Toscane. Vis-A-vJs de cette église le grand-duc Côme de Médicis fit faire une belle fontaine pour la commodité des ])èlerins qui y abordent de toutes piirls, pour gagner l'indulgence dont nous parlerons dans la suite, et ce prince y fit conduire l'eau par nn aiiueduc qui a plus d'une lieue et demie de longueur.

Saint François et sa petite troupe s'ctant établis dans cette maison, ils reçurent la même aunéede nouveaux compagnons, dont les principaux furent Léon , Etienne, Léonard et Simon d'Assise, Massée, Junipèrc, Illuminé, et un autre Simon de CoUozano. L'année suivante. Tordre commença  s'ctendre, tant par les couvents que l'on donna à ce saint fondateur à Cortone, à Aaghcret, à Piscia, à Pise, à Saiiit-Geminien et en d'autres lieux, que par le grand nombre de disciples qui le venaient trouver de toutes parisi attirés par sea prédications ou par celles des autres religieux qu'il avait envoyés en plusieurs endroits pour rinslruction des peuples. Ce fut dans le couvent de Cortone qu'il donna, la même année, Thabit à frèro Uéiie, qui fut son successeur dans le gouvernement de l'ordre, mais qui n'imita pas la sainteté de son maître, comme noua dirons dans la suite. L'ordre fil encore de grands progrès en Italie et dans d'autres provinces. Le saint entreprit le voyage d'Espagne, dans le dessein d'aller ensuite en Afrique, où il espérait trouver le martyre parmi les Maures et répandre son sang pour la foi de Jésus- Christ. Il fut reçu favorablement d'Alphonse, père de Blanche, qui fut reine de France et mère de saint Louis. Ce prince lui permit de fonder un couvent de son ordro à Burgos; et, étant allé par dévotion à Saint-Jacques de Compostelle, il y fit un autre établissement et en obtint d'autres en plusieurs endroits de ce rovaume. D Espagne il alla en Portugal, d'où étant retourné dans le même royaume, il y fit encore du nouveaux établissements. Partout où il passait, il laissait des marques du pouvoir que Dieu lui avait donné sur les maladies, sur les démons, sur les animaux, et même sur le cœur de l'homme, par les conversions extraordinaires qu'il faisait. Mais il ne put exécuter le dessein qu'il avait pria d'aller annoncer la foi de Jésus-Christ aux infidèles du royaume de Maroc, car il fut ar* rété par une autre maladie, qui lui fit juger que Dieu réservait cette conquête à d'autres et qu'il le rappelait en Italie, il y revint l'an 1215, dés que sa santé le lui permit, et toutu sa route ne fut qu'une suite de prodiges. Etant arrivé au couvent de Noire-Damc-des- Anges, il réprimanda Pierre de Catane, sou vicaire, de ce qu'il avait fait faire en son absence une nouvelle maison pour recevoir les

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hlCTIONNAlUE DES ORDRES REUGIEUX.

liôles;elil la voulait faire aballre, disant

S|ae cruz qui y vcnnicnt devaient aussi soufrir patieinineiit les incommoffilés delà pauvreté; main un lui Ot tant d'in^^t.inces pour la laisser comme elle étaii, qu'il y coiisenlil. Le comte Orlando de Catane lui ayant donné pendant son absence le mont Alverne» et les rriîgieux qui y demeuraient et qui l'étnient venus tronvvr pour le saluer à son retour, lui ayant fait la description de ce lieu soMtaire, des douceurs et des consolations spiri'nelies que Ton y goûtait par le repos et la tranquillité avec lesquels on pouvait s*y appliquer à la méditation et à la prière, sans y être distrait par le brait et rembarras du monde, il voulut y aller et fut charmé de la solitude dt» ce lieu et de la pauvreté que ses frèros y pratiquaient. Il passa de là dans la vallée de Fabriano, où il travailla à affermir divers établissements, et en fit de nouveaux pour ses religieux, qui se multipliaient tous les jours d*une manière prodigieuse.

Cette môme année 1215, dans laquelle s'assembla lectmcîle gcnéralde Lalran,qui se tint sous le pape Innocent III, François alla encore à Rome pour faire approuver sa règle dans ce cuncile, Ë'Ic y fut lue et approuvée, mais il nVn reçut pas l'approbation par écrit. II s*en retourna ensuite h Assise, où Tannéo suivante il assembla un chapitre général dans lequel il commença à distribuer des missions A ses frères, pour la France, TAnçleterrc et rAllemagno. 11 en envoya aussi d'autres en Lombardie, dans la Marche d'AncAne, dans la Calabre, la Fouille, la Terre de Labour et en Toscane. Il avait sen* lemenl destiné ceux qu'il avait envoyés en France, pour la Gaule narbonnaise, et il avait réservé pour lui la capitale de ce royaume ; mais il fut détourné de ce voyage par le cardinal Hugolin,qui fut ensuite pape sous le nom de Grégoire IK, et il demanda pour premier protecteur de son ordre ce cardinal, à Honorios III, qui avait succédé à Innocent llf. C'est une chose surprenante de voir le grand progrès que cet ordre fit en si peu de temps; cardans le chapitre général qui se tint Tan 1219 au couvent de Notre-Dame-drs- Anges près d'Assise (et qui fut nommé le chapitre drs Nattes, à cause que, pour loger les religieux qui s*y rendirent, on fut obligé de faire en pleine campagne des cellules de joncs, de roseaux et de nalles) , on y en vît plus de cinq mille, qui n'étaient que les députés d'un plus grand nombre qui étaient restés dans les couvents. Le cardinal Hu^^olin, protecteur de l'onlro, y présida ; saint François ne s'était point mis en peine de faire aucune provision pour tant de monde; mais la divine providence y pourvut, car les habitants d'Assise, de Spoletle, de Férouse, de Foligny et autres villes voisines, fournirent à 1 envi tout ce qui leur était nécessaire. Le saint fondateur avait souhaité voir les principaux de ses enfants ainsi assemblés pour renouveler son esprit , c cst-à-dire les sentiments de la pauvreté, de Thumilité et des autres vertus évan<;éliques qu'il leur avait inspires, craignant que la multitude

n'eût produit le relâchement. Mais, loin d*j trouver ce qu'il appréhendait, il ne fut presque occupé qu'à modérer les austérités qnt les particuliers avaient ajoutées à la règle. Il n'j eut que le frère Hélie et Jeao Stiachia, ministre de Toscane et de Bologne, avec quelques autres, qui allèrent trouver le car* dînai protecteur, pour le prier da persiisd>*r à saint François oe prendre l'avis de ses frères, dont la plupart étaient gens de lettrr^ et propres pour le gouvernement, n'étant pas capable lui seul de gouverner un si grand nombre.de religieux ; d'autant plus qu'il était simple et sans étude, et ils loi proposèrent beaucoup de choses des règles de Saint-Aognstin et de Saint-Benoit, qn'il aurait été plus à propos de suivre. Le cardinal, pour les contenter, en paria à saint François; mais le saint fondateur ne voulut rien relâcher des rigueurs de l'ordre. Il envoya de nouveaux missionnaires en Grèce et en Afrique, et, pour lui, il choisit la Syrie et TEgypte, où il résolut d'aller avec douze compagnons ; et, comme il oc voulait pas que ses religieux prêchassent sans en avoir eu la permission des ordinaires, il obtint du pape Honorlus III des lettres adressées à tous les archevêques, évéques et abbés, p:ir lesquelles il leur recommaiidail Siiint François et ses religieux, qui, ayant renoncé à tontes les vanités du monde, avaient choisi une vie approuvée par U saint-siège, et allaient en diverses provinces pour y semer la parole de l'Evangile : c'est pourquoi il les priait do les recevoir comme de fidèles catholiques et de saints missionnaires zélés pour la foi de iésutt^hrisl et le balut des âmes.

Le chapitre étant fini, saint François is mit en chemin avec ses compagnons pour aller en Syrie, et, après une navigation heu* reuse qui le mit au port d'Acre en Falestioc, il passa à Damiette, où était l'armée cfaré* tienne des Croisés, contre le sultan dEgvpte ; ces derniers venaient de prendre la ville, après un siège de vingt-deux jours, lorsqu'il y arriva. 11 y laissa dii de ses compagnons» et alla hardiment avec le frère Illuminé sa cump des infidèles, qui le battirent cruelle* ment, cl après mille outrages le coodoitirenl devant le sultan, comme François le soobaitait. Ce prince parut disposé à écouter favorablement cet humme apostolique et lui demanda ce qui ramenait en Egypte. François lui répondit que c*élail le désir de lui procurer le salut éternel et à tous ses sujets, et que Dieu Tavait envoyé pour le tirer de l'infidélité, et lui faire connaître la vérité de l'Ëvangile. Tout ce qu*il put dire au solUfl fut inutile, et il voulut persister dans l'erreur. Il conçut néanmoins une si grande estime de la vertu de ce grand saint, qu'il voulut lui m donner des marques par les présents qu'il loi offrit. Le refu» généreux qu'en fit le saint acheva de lui faire connaître le mérite d'os homme si rare. Il insista à lui faire recevoir au moins une somme d'argent pour les pauvres chrétiens ou pour leur église ; mais srs iubtauccs furcul inutiles. £uliu, uc pouvant

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rien a{;ner snr ce cœor insensible à toal ce qui n'était pas do salât des âmes^il luiO doiJtia permission de prêcher TEvangile dans SCS Etals, ce qai était la plus grande marque dVstime qu'il pouvait lai donner, par rapport A Topposition qoe ces infidèles ont nuD-seulemeiil pour l'Evangile, mais môme pour le nom chrétien. Le saint, après j avoir demeuré quelque temps, voyant qu'il perdait son temps, eut le déplaisir de s'en revenir sans avoir pu gagner une Ame A Dieu ou répandre son sang pour Jésus* Christ, ce qu'il souhaitait ardemment.

Une des raisons qui obtieèrent encore saint Franç«»is de retourneren llalie,fut qu'il ap-

Êril avec l>eaacoup de chagrin que le frère lélie, qu'il avait établi vicaire général en son absence, a^ait innové beaucoup de choies qui tendaient au relâchement, ayant ati.ré dans son parti plusieurs provinciaux qoi biftmaieni la simplicité du saint Tôndaii'ur et taxaient d'imprudence l'austérité A laquelle les obligeait sa règle, dont ils retranchèrent quelques points essentiels, et en modérèrent d'autres. Saint François, étant de retour en Italie l'an 1220, no vit qu'avec dcoleur le danger où son ordre était exposé parle relAcbement qui y avait été introduit. Il cassa rétode que l'on avait établie A Bologne, il voulut que ses religieux abandonnas^ ^elllou démolissent ce couvent, qui avaitéié Ijlti avec trop de magnificence et qui ne se ressentait point de la pauvreté : néanmoins, a la sollicitation du cardinal protecteur, il consentit qu'ils y demeurassent; et, comme le provincial de cette province, Jean de Slriacbia, qui avait ordonné ces bAtiments et qui avait contribué au relAcbement, persistait loDjonrs A soutenir ce qu'il avait fait, il lui donna sa malédiction. A l'égard du P. Hé- Hf*, il cassa tout ce qu'il avait introduit de ooaveautés dans l'ordre en son absence, A la réserve d'un statut qu'il avait fait de ne point manger de viande, quoique contre l'esprit de la règle, qui, conformément A TEvangile, permet aux religieux de manger ce qu'on leur présente-, de peur qu'il ne semblAt qu'il voulait favoriser la gourmandise, ce qu'il jugea plus A propos de tolérer pendant un temps.

i 2. Continuaiion de VhUioire de l'ordre des Fréree Mineun^ et de la vie de eaint Fran^ çois d'ÀisUe leur fondateur.

Toutes choses éiant pacifiées dans l'ordre, f*t saint François ayant écouté ceux qui ;»pproQvaicnt le gouvernement du P. Hélie et ceux qui le condamnaient, il assembla le chapitre général A Noire-Danie-des-Anges la même année 1220. Le provincial de Bolo<;iio J fut privé de son oflice, et le P. Hélie ayant é<é aussi déchargé du vicariat général, lo ^aioi fondateur nomma A sa place le P. Pierre de Catane, qui avait été son second <ltsciple.Mais celui-ci étant mort Tannée suivante 1221, dans une grande réputation de Mintoié, saint François indiqua un auiro cnspitre pour les fêles de la Pcntccùto, où, Ifv révélation divine et selon le comuiau*

dément qui lui en avait été fait dans une dir ses oraisons, il désigna encore une fois pour vicaire général le P. Hélie.

Cet homme était plein d'ambition ; il rece* vait A la vérité fort bien les religieux qui venaient voir saint François i mais ayant égard A la qualité, A la science et A la di« gnilé des personnes, il donnait les premiersrangs A ceux qui avaient plus de mérite, ne donnant aux simples que les dernières places, et souvent il négligeait ceux-ci pour accorder toutes les commodités aux auircs. Saint François ne pouvait souffrir celle ac* ceptation et celle préférence dans des personnes d'un même ordre; c'est pourquoi, un jour qu'il en vint de plusieurs conditions, de doctes et d*ignorants, le saint, après la bénédiction de la table , en fit asseoir A ses côiés deux qui paraissaient les plus simples, et af< fccta de ne pas regarder les autres qui paraissaientavoirdu mérite. Hélie en fut choqué et ne put pas 8*empécher d'en murmurer, en disant en lui-môme : Hélas I frère François, que ta simplicité fera tort A l'ordre 1 Tu mots à tes côtés des ignorants, et tu ne fais pas do cas des personnes doctes et savantes. Mais le saint, connaissant sa pensée par révélation divine, lui répondit qu'il faisait plus de tort à l'ordre par son orgueil, son faste et s.'i prudence humaine. « O que les jueements de Dieu sont impénétrables 1 s'écria le saint; il le connaît pour tel, et il a voulu C4*pendanl que tu sois supérieur s il a même déjà ordonné que je te laisse le gouvernement de l'ordre ; mais que j'appréhende que ce juste juge no porte un autre jugement de toi, et n'ait d'autres sentiments que le peuple en a, et qu'il ne donne un pasteur tel qu'il prévoU qu'il aura un jour des brebis I Hélas I misérable que tu es, ton sort est déjA décidé, lu ne mourras pas dans la religion, tu as déjà été pesé dans la balance, et tu as été trouvé trop léger avec ton orgueil et ta science mon^ daine. » Cette prophétie du saint fut accomplie, car Hélie fui le second général de l'ordre après la mort du saint fondateur, cl apos« tasia dans la suite, comme nous l'avons dit A l'article Cbsariiis (Frères Mineun).

Siinl François obtint, l'an 1222, uu privilège du pape Honorius 111 , qui permettait aux religieux de son ordre de célébrer les offices divins les portes fermées dans un temps d'interdit, et un an après il obtint celte indulgence si fameuse pour Téglise de la Portioocule,où il vient de toutes parts uiio infinité de pèlerins, le second jour du mois d'août, qui est ctlui auquel est fixée cette indulgence, à cause que 1 on y célèbre ce mênio jour la dédicace do celte première égliso et oerceau do l'ordre. Cette indulgence a éio confirmée par les papes Martin IV , Alex«in drc lV,BouifaceVlll,CliuienlV,Jeau XXII, Benoit XI, et Sixte IV, qui, Tan l^iSI, l'élendit A toutes les religieuses de l'ordre, voulant qu'elles le pussent gagner dans leurs monastères, ce qu'il communiqua aussi à toutes les maisons d'hommes tant du premier que (lu troisième ordre. Léon X confirma ce (|ue Sixte IV avait accordé^ ce que

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

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Rrent aussi Paul V cl Grégoire XV ; et l'an iQ9k, Urbain Vlll ayant pubhô le jubilé onn verset, qui devait coniuiencer le )our de Noël «le Tannée suifanle, et ayant suspendu, selon la coulumey pendant le temps qu'il durerait , toutes les autres indulgences , il donna une bulle par laquelle il exceptait eelledcNotre-l^anie-des-Angrs ou de la Portioncule. innocent X déclara la même chose dans le jubilé universel de l'an 1650, ce qu'ont fait aussi ses successeurs, ei Innocent Xil a étendu cette indulgence à perpétuité pour tous les jours de l'année en faveur de ceux qui, ne pouvant pas s'y trouver le jour de la dédicace de cette église, cboisissent on autre jour dans l'année auquel ils peuvent jouir de la même indulgence pour une fuis seulement. Le concours des pèlerins était si grand, le jour de cette £ùte de Notre*Dame-des-Anges, qu'il y allait jusqu'à cf nt mille personnes, et, pour empêcher le désordre, les ofCcicrs d'Assise et de Pérouse se mettaient sous les armes; et, quoique la ferveur des Gdèles soit bien diminuée pour toutes les autres indulgences, iU ont pour celle-ci une si grande vénération, qu'il est difGcile de s'imaginer le nombre des pèlerins oui s'y trouvent le deuxième du mois d'août : en sorte qu'il est facile d'y voir l'ac-^ complissementdela prophétie de saint François, lorsque, refusant les lettres patentes ifue le pape lui offrait pour la publication de cette indulgence, il répondit à Sa Sainteté qu'étant l'ouvrage de Dieu, il prendrait luimême le soin de la divulguer.

Nous avons déjà dit que le pape Innoecnt m avait seulement approuvé de vive voix la règJe do saint François, et qu'elle avait été lue i*t approuvée aussi de vive voix dans le concile général de Latran ; mais le saint fondateur, voulant avoir, la même an-« née 1223^ la confirmation par écrit du pape Honorius lil(8nr une vision qu'il eut), il alla avec deux compagnons dans la vailée de Riéli, et monta sur le niout de la Colombe, éloigné de deux milles de la ville do Riéti, pour retoucher sa règle, invoquiint pour cet effet les secours du ciel par un jeûne au pain et A l'eau qu'il y pratiqua pendant quarante jours, ap:ès lesquels, ayant fait écrire cette même régie selon que le Sainl«-Espril la lui avait inspirée, il descendit do la montagne el s'en retourna A Assise, où il la donna au P. Uélic, son vicaire, pour la lire et la gar-^ der. Uais celui-ci la trouva trop austèro pour lui et pour ceux qui étaient portés au relâchement. Le saint alla ensuite i ttomu pour en demander la confirmation au pape, qui la lui accorda par une bulle du 30 octobre lie la même année. Celte règle est plus courte et plus méthodique que celle qui av«iit été approuvée de vive voix par Innocent 111, et, quoiqu'elle ne renferme que douze chapitres, ils contiennent néanmoins en substance tout ce qui était marqué dans les vingt-truis chapitres do la première.

Ce fut l'an 122^^ que ce saint fondateur connut parfaitement qu'il d(*vait travailler à deveiMr un modèle accompli d'uuDiou cru*

cifié, Dien le kii ayant h\i ronoaitre par l'ouverture do livre des Evanieiles , ce oui arriva de la manière suivante. Ce saint s f^tant retiré sur le mqnt Alverne pour y jf &* n<»r quarante jours eu rhonneur de saint Michel, et y priant Dieu avec beaucoup d'instances de lui faire connaître sa vulonlé, afin de s'y conformer entièrement, il eut une forte pensée que Dieu la lui révëlerail à louvertufo du livre des Evangiles. C'est pourquoi il dit à sim compagnon de l'ouvrir en l'honneur de la très-4^aiuie Trinité. Ce

3 n'ayant fait, et ayant trouvé par trois fuis ifférentcs la Pasi^ioo de Notre-Seigoeur Jésus-Christ, il comprit que, comme il avait imité ce divin Rédempteur dans toutes les actions de sa vie,, il devait lui êiroaussi coufurme dans les douleurs et les souffrances avant qu'il mourût : ce qui ranima telleioenl en lui le feu de Tamour divin el l'ardent désir qu'il avait d'être crucifié avec Jésus- Ciirist, qu*il n^rita ce qu'il souhaitait avec Lnnt d'ardeur : car le jour de la fêle de l'Exaltation de la sainte C^oix, qu'il priait avec plus de ferveur et qu'il était tout pénétré de douleur de celui qui par un excès de chariié a voulu être crucifié pour nous, il vit un séraphin descendant du haut des cieuK, qui, s'approchant de lui afoc un vol piécipité, lui. parut non- seulement ailé, mais même crucifié » ayant les pieds ei tes mains en forme de croix. Sa tête était couverte de deux ailes, deux lui servaient pour voler, et les dpq^ auUcs lui couvraient les pieds.

La vision disparut, et aoasit^t ce saint patriarche fientit son cœur onflammé d'une ardeur séraphique, el les marques des plai«'S do Saoreur parurent, sur soa corps U^r li représentation des clouS) dont les tète* paraissaient très-distinctement au dedans des mains et smr les. pieds, et les jointes à Top* posé, lacicatrice du côté était rouge et vermeille, et. le sang en coulait souvent eu abondance On ne peut douter de la vérité do ces stigmates après le témoignage du pape Alexandre lV,.quit dans un scrmoa qu*Utit en présenee de saint Bonareniure, dit les avoir vues : oe qui est suffisa^iiimeui confirma par les dépositions de plusieurs autres per* sonnes, qui assurèrent aussi la môcnc chose, et qui ne firent point de diMcallè d'en faire leur serment, lorsque le saint fut canonisé, aussi bien que par le bref du- pape Grégoire l>k, donné l'an 1237, par lequel, sonhaitant qu'on le croie fermement, il exhorte tous les fidèles à ne point écouler le con* traire. Verumtamen grande ac singui^rê mi* raculum guo ipsu/n sanctorum sptendorttl gloria Dominas Jeiuê Cliristus tnirabiiiterUtcoravit^ universituli vrsirm lenore pr<tssnliMiti non indigne duximas ejpprinnendum^ ridelicet quod idem tancluê cutn ad/ium spatium prœseniis vilm percurreret^ et posiçuum iilud féliciter eonmmmavii, maniOus^ ialtrt ec pedibus specie stigmaium diciniius exstitU insignituâ..*. Igilur eum id ab unirersis f^df libus credi firmiler c^pitnus^ derotionem rtilrain rogamue el horiamiir in Domina Je m

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