‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 45 sur 118 · AN · texte numérisé non relu

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L'abbaje d'Erfurlh , située dans la rille de c ' uonit snr la rifière de Vehra^dansle comté de Rat ensboorir, a eu le même sort que celle de Gandersheîm. Elle fui fondée par Louis» roi de Germanie, Tan 822. Ce

f^rince, avant fait bâlir poor des hommes 'abbaye de Gorbie-la-Neuve snr le modèle de celle de Corbie en France, yoelnt aussi avoir un monastère de (illrs en Allemagne semblable à celui de Notre-Dame deSoissons, tl*où il Gt Tenir Teite, qu'il fil première abbosse de l'abbaye d'Herford* dont Téglisc fut dédiée à sainte Posino, après que l'on eut apporté de France en Allemagii^ le corps de celle sainte. Ces deux monastères en produisirent beaocoop d'autres non -seulement en Allemagne, mais encore en d*antres provinces. Celui d'Erfurth fut premièrement ruiné par les Honsoa Hongrois, l'an 933, ot, après qu'il eut été établi , il fut pillé par l'aFarice de Tliiedmarl, frère de Bernard , duc de Sixe, et de Godeste, qui en était abbcsse : il en emporta les trésors ; mnis Mainwerc, évéqaede Paderborn, Tayaut fait comparai- Ire dans un synotie, le condamna à restituer à ce monastère trente talent^ , et Thicdmarl, »c pouvant payer une si grosse somme, céda i ce monastère des terres qui hri appartenaient. Cette abbaye fut rétablie dans sa première splendeur, e( Tahbesse Godeste y • renouvela les obserranccs régulières, que les rrlîgieuses abandonnèrent au commencement du iir siècle, et elles ont eu enfin le malheur de tomber dans l'bérésie, qu'elles embrassèrent l'an 1613, n'ayant pas imité Tabbayc de Corbie-la-Neuve, qui a toujours «onscrvé la pureté de la foi avec les observances régulières sous la règle de saint Ben»it. L'abbes^e d'Erfurth est princesse de IVmpire el a rang parmi les prélats du cercle de Wesipbalie, envoyant des députés aux dièles de rcmpirc. Elle fournit pour son cuniingenl, en temps de guerre, six fantassins. Elle était autrefois dame d'Erfurth* mais rélecteur de Brandebourg s'en empara en 1647, comme étant de la dépendance du comlé do Kavensbourg.

Joan. Mabill. , AnnaL Ord. S. BenedicLt fom. m et IV. Annal, et Monument, Pa-^ dtrbom. et AnnaL WestphnL

L'^ibbaye de Qucdlimbourg, située dans la V lie du même nom, qui confine les principautés d'Anhalt et d'Hilberstad avec le comté de Blakemboorg, a imité celles d'Herlord et de Gandersheîm. Elle fut fondée l'an 930 par Henri l'Oiseleur, roi de Germanie , et sa femme Malhildc, et l'honneur de saint Svrvais. Ils y donnèrent de grands biens et y choisirent leur sépuliure. Celle abbaye, dunt l'abbesse est princesse immédiate de l'empire el du cercle de la haute Base, envoie des députés aux dièti s et fournit pour son contingent, en temps de guerre, on cava* lier el dix fantassins. La Tille de Quedlimbourg a été longtemps libre et impériale ; mais l'abbesse, avec qui le magistrat se brouilla, ayant appelé à son secours Er«* nest , électeur de Saxe , son frère , ce prince s en rendit maître en 1(^77, et prit Tabbaye

sous sa protection. Les électeurs de Saxo eu ont été les protecteurs depuis ce temps-là et jouissent de la supériorité territoriale dans la ville el dans son territoire , où Tabbesse n'a que la basse justice. Il y a eu plusieurn princesses de la maison de Saxe qui ont été abhesscs de Quedlimbourg , comme Hcdwigc , fille de Frédéric II , dit le Pacifique , électeur de Saxe, morte en 1512; Marie, fiile de Jean Guillaume , duc de Saxe-Weimar, morte en 1610 ; Dorothée , fille de Christian I , aussi électeur de Saxe, morte en 1617 ; Dorothée-Sophie, fille de Frédéric- Guillnume, duc de Sa xo-Altcm bourg, morte en 16V5 ; et Anne-Dornthéc , fille de Jean Ernest de Saxe-Wdmar. La princesse Anne- Marguerite de Brunswick en a été aussi ahbesso , et ce fut la comtesse Anne de Stolberg qui, en 1539, y fit recevoir la confession d'Augsbourg.

L'abbnyc de Gérenrode, dans la princi-

f»auté d'Anhalt , à trois lieues de Quedlimlourg , fut fondée aussi puur des religieuses de Tordre de Saint-UenoU par le duc Géron, mort Tan 965. L'.nbbes^e est princesse immédiate de l'empire et du cercle de la haute Saxe, fournissa: t p«ur son contingent, en temps de guerre, un cavalier et six fantassins. Elisabeth, comtesse de Wied, oui en était abbcsse, y fit recevoir la confession d'Augsboorg en 1521. Les princes d'Anhalt ont depuis longtemps Tavouerie de cette abbave , dont ils payent 1rs charges qu'elle do't a l'empire.

Join. Mabil., Annal. Bened.^ iom. III ; et Audifret, Geograph.^ tom. 111.

GÊNES (AuGUSTiKS or la co:vgbégatiom

de). VoU. Au6USTI!f (EnmTBv DK SaI!IT-),

§ IIK

GENETTE (Ordrr de la). Yoy. Aupoulb (Sainte-).

GENEVIÈVE ( CoNcafcoATioM des cha-

HOI^fKS RÉGULIERS DK SaINTE-}. Voy. GAnO- VÉPAIX*?.

GENEVIÈVE (Fjllbs db Saintb-1. Voy.

MlRAMIOIVBS.

GÊNOVÉFAINS (Cbahoinbs aiGULiERs).

Df$ Génovéfttins chanoines régulière de la congrégation de France, vulgairement ap^ pelée de Sainte-Geneviève , arec la vie du révérend père Charlee Faure^ instituteur de cette congrégation.

Nous étani proposé de donner d*ins cette Histoire des Ordres religieux un abrégé des vies de leurs principaux fondateurs el réformatcars, il est juste que nous parlions du R. P. Charles Faure , i qui la France est redevable de lui avoir procuré la congrégation des chanoines réguliers qu'on appelle de France et plus communément de Sainte-Geneviève , qui fait l'un des plus beaux ornements de Tétat régulier dans ce royaume.

Il naquit l'an 159b, à quatre lieues de Paris, dans le village de Lucicnnes, où ses parents avaient une maison de campagne. Son père se nommait J<*an Faure, seigneur dcMarsioval, commissaire ordi«

Vtd

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

nairc des fcucrres ; ci sa mère » Maddcioo le Dossa. Il fut nouimé Charles sur les fools (le baptême* el û^s sa plus tendre jeunesse il nionlra beaucoup d^inclinaliou pour la verlo et une grande aversion pour le vice ; rar à peine arait-il cinq ans , qu\iyaut su i|oe sa nourrice avait élé reprise de quelques désordres , il ne voulut plus souffrir bcs caresses , et fuyait in6ine sa présence.

Il aimait passionnément tôt trs les choses qui ref^.nrdent le culte des autels , el il était si porté à Tare raumâiie, que souvent il se hrvail exprès de grand maûn pour prendre les Truils qui élaienl sot.s lis arbres, afin de les cacher et de les donner ensuite aux pauvres. Son humeur était extrêmement douce « son cœur tendre et généreux ; et , quoiqu'il fût vif et plein de feu » il était néanmoins judicieux et modéré , paticnl et persévérant dans le travail ; enfla il semblait que Dieu avait mis en lui tous les caracières qui sont propres à former les grands hommes.

Son père Teovoja à Tâge de dis ans à Bourges pour y faire ses éludes au collège des R. P. JésU'tes « mais l'air du pa}S lui ayant éié contraire, il le rappela auprès do lui ; et à peine ful-il de retour, qu*il le laissa orphelin , é'ant décédé et ayant laissé à ses enfants plus d'honneur que de biens ; ce qui fit que la mère de o Ire Charles le destina rourTEglise; et, comme l'abbé de Saint- Vincent de Senlis était de ses amis , on lui conseilla do le lui donner pour être religieux dans son abV.aye, ce qui était alors considéré comme une ej:p;ce de bénéfice.

Il entra dans cette abbaye, suivant eu apparence les impressions de sa mèrct mais conduit en rffct ^«ir la divine providence, qui te chaisissait pour y rétal lir la discipline régulière; et, comme cette abbaye est regardée comme le berceau où la congrégation des chanoines réguliers de Fainte-Gene^iève a pris naissance , nous rapporterons &on origine.

Elle fut fondée Tan 10G1 par Anne de Russie, fille de Georges l'Esclavon, roi des Russiens et des Moscovites, f mme de Henri 1" et mère de Philippe I", rois de France. aie y mit des chanoines vivant en commun, qui par la sainteté do leur vie se rendirent èi célèbres et si recommandables, qu'en 118G Guillaume de Garlande, sénéchal et grand maître de France, ayant fondé Tabbaye de Kolre-Dame de Livry «\ trois lieues de Paris, n'adressa â Hugues, abbé de Saint -Vincent, pour 7 envoyer de ses religieux. Us pers.sièrentdans ce te ferveur jusque sous le pon« Itficat de Benoit Xli, qui, ayant formé le dessein de réunir tous les chanoines réguliers sous une même règle, et les ramener à la même observance et aux mêmes prati*

3ues, voulut que les constitutions qu'il avait ressers à ce sujet fussent universellemeut observées.

La première assemblée qui se tint en France pour les recevoir fut à Saint-Vincent de Sentis, où il se trouva soixante et un abbés et dix prieurs des seules provinces de

Reioas et de Sens. Mais, peu de temps aprc<. les guerres que caasèreiit les Anglais ditn ce royaume, et qui empêchèrent la tenue ét% chapitres provinciaux ordonnés par Bf* noU XU, furent cause que le reUchemrM s'introduisit dans la plupart des mai«on« Le partage des biens et la propriété en bannirent la pauvreté ; les offices, qui devinrent perpétuels, anéantirent robéissance; etl^ religieux se plongèrent dans l'oisiveté, tt songeant plus aux études et ne s'adottoanl qu'à la bonne chère et au dérèglement.

Le malheur des commendes fut an(> salle et une punition de ces désordres, et l'abbav e de Saint- Vincent y fut assujettie des pnœières; le dérèglement dans lequel on y firail en 1492 fut si grand, que le parlemest de Paris fut obligé d'en prendre connaissaoce. Il était plus grand en 1595. Il y eut des commissaires nommés pour y faire nneiisite dans les formes; et tous ces désordres n'approchaient pas encore de ceux qni j régnaient lorsque le R. P. Faure y prit Tha* bit en 1614. Ce jour si saint et si heurrm pour lui ne fut pour ainsi dire qu'un joir de débauche et de profanation pour les autres qui assistèrent à cette cérémonie. Onfil dans ce saint lieu des festins, des danses, rt d'autres divertissements. Les femmes mang^ rent avec les ri'ligieox dans le réfrririrf; elles entrèrent partout, jouèrent dans IH cloîtres et dans le chapitre; et ce ne fol qu'un jour do licence et de désordre.

Le jeune novice était pendant tout re temps-là enfermé dans sa cellule. On ne)e vit paraître quo lorsqu'il fillut aller â l'office, et il ne parla à ses parents sar le mi quo pour leur dire adieu. Cnmmece u*estici qu'un petit abrégé de sa vie, je ne rapporterai point toutes les roortitications qo'il exerça sur son corps, et crlles qu'tl eut à soulTrir do la part des religieux, qui, vifaot dans le libertinage, ne pouvaient voir sans rougir de honte la vie exemplaire qo'il menait et les austéri'és qu'il pratiquait; H, sans l'autorîté de l'évêque de RicDY,abbe de cette maison, et dont les religieoi dépendaient à cause de certains avantages temporels qu'ils espéraient pouvoir obtenir de loi. le jeune novice eût été r. nvoyé chef m parents.

Enfin, Tannée de probation étant Onie, n prononça ses vœux le premier jour de m in 1615. Tout s'y passa h l'égard des rcligifui comme à la prise d'habit; mais, à Tégarddo nouveau profès, il redoubla son tait et m frrveur. il ne songea pîos qu*A s'acqwHj' de ses obligations, et quelque temps après il vint à Paris pour y finir ses études. H ni son cours de philosophie sous François Abra de Racoois, nui fut depuis éféqoe de Livaur; et, ai rès avoir reçu â la fin lebosori de maltre-ès-arts, il étudia en théologie sobs Philippe de Gamaches et André do ^ al. 11m un merveilleux progrès sons de si babw» maîtres; de soi le qu'au bout de deai a»^ ils le contraignirent de prendre le degré de bachelier. Il fut fortement sollicilédc cohIh nucr ses iludcsi afin do passer jusqu'au doc-

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