‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 46 sur 118 · G EN · texte numérisé non relu

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(orat. Haïs le dé^lr de la réforme de son monaslère de Saint-Vinccnl el les sollicttci- (ians continuelles dt; deux de ses confrères, dont Diea avait touché les cœurs» qui le près-* Baient de retourner au plus tôt, remportèrent sur toutes les raisons qu'on lui put donner pour continuer ses études. Ces saints religieux curent d'abord beaucoup à souffrir de la part de leurs confrères, qui ne vou- Inient point entendre parlrrde réforme; et la protection que le cardinal de la Rochefoucauld, pour lors évéque de Senlis, voulut bien leur donner, servit à les mettre à couvert des mauvais traitements que le prieur (fo cette maison leur faisait. Leurs discours el lt urs bons exemples en attirèrent quelqiies-1 ns; mais les morts funestes et tragi- ()Uos de ciuq religicui, qui s'opposaient fortement à leurs bonnes intentions avec le prieur, et qui furent suivies par celles de ce même prieur en moins d'un an, furent ce qui ih»nna entièrement naissance à la réforme. Ou chercha dès lors des mesures pour y parvenir; el, quoique«le P. Faure n eût encore aucune charge ni aucun caractère, parce que son âge ne le lui permettait pas, c'était néanmoins par ses avis que furent dressés la ()hiparl des repliements nécessaires et des pratiques qui ont depuis servi au grand ouirngede la réforme; et un des principaux anxies fut qu'à l'avenir les prieurs seraient triennaux, au lieu qu'auparavant ils étaient perpétuels.

Lorsque ces règlements eurent été dressés, les religieux solliciièrent si fort lo P. Fiiure pour prendre l'ordre de prêtrise, qu'il ne put sVn défendre. Ce fut le 22 septembre lie Tannée 1618 qu'il le reçut, des mains du cardinal de la Rochefoucauld. On lui donna ensuite le gouvernement de celte maison, et Dieu versa unes! grande abondance d<^ bénédictions sur ses travaux, que celle abbaye lèpandit partout une odeur de sainietéqui lui acquit autant d'eslimu qu'elle s'était uttiré de b&ine.

11 vint de tOGles parts des personnes do toot Age et de toutes conditions pour cm* brns.^er la vie religieuse dans une si sainte compagnie. On y voyait souvent venir des religieux de plusieurs maisons pour y obs<Tver la régularité, s'instruire des véritables devoirs des chanoines réguliers, et apprendre sous la conduite du P. Faure les régies de la vie spirituelle. Le R. P. Pierre Fourier, corédeMataincourl, IraTa'llont pour lors à la réforme des chanoines réguliers de Lorraine, y envoya exprès un religieux, qui fut depuis général de sa congrégation, pour s'instruire des règlements de cette nouvelle réforme, et pour consulter ceux qui l'entreprenaient. L'abbaye de Notre-Dame d'Eu y envo>a aussi quatre novices pour y é*re cevés dans la régularité. EuGn, le cardinal delà Uochefoucauld ayant é é fait abbé do SainleMieneviève-du-MonI à Paris, en 1619, ^ sjani résolu de la iér»rmer el de la meltre sur le même pied qu'était celle de Saint-

vincnitde Senlis, il crui qu'un des mdyens ^ttl il pouvait se servir [>our cela était d'o-

bliger quelques religieux de colle abbaye d*allor à Saint*Vincent pour voir ce qui s'y passait, et pour y prendre Tidée d'une vie régulière.

Nous dirons, en parlant des chanoines réguliers de Saint-Victor, comment ce cardinal avait lâché de relever les ant iennes congre-

galions; mais, n'ayant pas réussi dans son essein, c'est ce qui lui fil naître la pensée d'en ériger une nouvelle, dont son abbaye do Sainte-Geneviève a toujours clé le chef, quoiqu'elle ne soit que la troisième qui reçut la réforme, qui avait été auparavant in- Iroduilo dans celle de Saint-Jean de Chiir- 1res ; et nous rapporterons en peu de mots l'origine de celte célèbre abb<iye.

Elle fut fondée par le roi Clovis au commencement du vp siècle, vers l'an 511, à la prière de la reine Clolilde, son épouse, qui avail procuré la conversion de ce prince, et à qui toute la France est redevable de la foi catholique. L'église fut consacrée par saint Kemi en l'honneur des apôtres saint Pierro et saint Paul, dont elle retint les noms jusqu'à ce que sainte Geneviève y ayant été enterrée, on ajouta celui de celle sainto à ceux des saints apôtres. Mais la ville de Pa« ris ayant reconnu celte petite bergère pour sa paironne, et le royaume de France ayant expérimenté, dans plusieurs occasions par des miracles visibles, la protection de celte sainte vierge, celle église n'est plus connue présentement que sous le nom do cette illustre patronne de la capitale dn royaume do France.

Clovis y ayant mis d'abord des chanoines séculiers, ils s'acquittèrent do leurs obligations pendant lin temps considérable, jusqu'à ce que les Normands, n'ayant pu prendre Paris en 8^5 et 846, se contentèrent de saccager les faubourgs. Leur cruauté n'ayant pas épargné ce saint lieu, ils le pillèrent par deux fois : de sorle que les chanoines ayant été obligés de prendre la fuite, le service divin ne s'y fit plus avec tant d'exactitude. Ils tombèrent insensiblement dans le relâchement, qui s'augmenta beaucoup dans la suite, principalement dans le xii* siècle, qu'ils en furent chassés, et l'on mil en leur place des chanoines réguliers : y ayant donné lieu par le scand.ile qu'ils causèrent lorsque le pape Eugène III alla dans leur église l'an 11 tô. Ce pontife, qui était religieux de l'ordre de Clteaux cl disciple do i^ainl Bernard, avait éié élu pour chef do l'Eglise universelle après la mort de Lncius W, Pan 1H5. Une sédiion, qui s'éleva aussitûl à Rome, l'obligea d'en sortir avec les cardinaux, qui le couronnèrent au monastère do Farfe , le h mars do la même année. Il revint à Kome après que la révolte eut été apaisée; mais la paix cl la Iranquillilé n'y durèrent pas longtemps. Le pape, fatigué par les sédi** lions des Romains, vint en France l'an 1148, el fut reçu à Paris par le roi Louis VII « dit le Jeune, cl l'évéque Thibaut, auparavant prieur de Saint-Martin-iles Champs, ils allé* rent au-devant de ce pontlftset remmené^ reut eu grande solennité à I enlise de Notre*

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DICTIONNAIRE D£S ORDRES RELIGIEUX

n;imo. Qoelqoes joan après , Engène roulut filler dire la messe à Sainte-Geneviève, à c.iose que celle église était immédiatement soumise au sainl-sîége. Quand il y fut arrivé, 1rs officiers de Téglise étendirent dcrant raotel un tapis de soie, où il se prosterna

Ïiour faire son oraison. Ensuite il entra dans a sacristie et se revéUt pour la messe. Ce* pendant les officiers do pape prirent^ le ta-

fiiSy prétendant qu'il leur appartenait selon a coutume; les chanoines « au contraire, prétendirent qu*il devait rester à leur église, et prirent querelle avec eux. Des paroles ils en vinrent aux mains : les oMciers du pape furent si maltraités par les chanoines, qu'il y en eut plusieurs de blessés, et le roi même pensa l'être aussi, voulant apaiser le désordre. Le pape et le roi , pour punir ces chanoines de leur insolence, résolurent de mettre des Bénédictins en leur place et de leur ôler celte église. Néanmoins , comme il y avait parmi eux des personnes distinguées

f^ar leur noblesse et leur science, on ne vou* ut pas d*abord les priver de leurs prébendes, mais seulement leur en laisser le revenu pendant leur vie, pour être réuni après leur mort à la mense conventuelle. L*abbé de Siint-Victor et ses religieux, en ayant eu «nvis, firent tant d'instances auprès de ces princes pour leur accorder cette église, allélouant pour raisons que les chanoines séculiers s accoutumeraient mieux à leur ma* nière de vivre qu'à celle des Bénédictins, uu^ils obtinrent leur demande. On tira de 1 abbaye de Saint-Victor douze chanoines, qui furent conduits à Sainte-Geneviève; et Tun d*eax, nommé Odon, en fut élu premier abbé* Ainsi , d'un chapitre séculier cette église fut érigée en abbaye l'an 11&-8.

C'est ainsi que l'histoire de ce différend est rapportée dans la vie de saint Guillaume (1). qui, ayant été du nombre des anciens chanoines séculiers, se joignit aux réguliers, et fut dans la suite abbé de Roschildein en Danemark. Néanmoins, Suger, abbé de Siiint- Denis, qui avait eu commission do pape de faire ce changement en cette église, rendant compte à ce pontife de ce qu'il avait fait, dit que ce fut pour le bien de la paix qu'il n'y mit pas des Bénédictins, comme Sa âaintelé Favait ordonné, et que ce fut à la prière des «hanoines séculiers qu'il j mil des religieux de Saint-Victor.

Us Y vécurent conformément à leur état jusqu aux guerres des Anglais; mais les désordres qu'elles causèrent donnèrent occasion au relAchement, qui s'introduisît encore on cette maison aussi bien que dan« plusieurs autres, comme nous avons dit ailleurs; et il s'augmenta de telle sorte, que sous le règne de François I", le parlement fut obligé de donner commission à Pierre Brulard, conseiller, pour informer des désordres qui y étaient. Mais, bien loin que cela servit à rétablir le bon ordre, le relâchement alla jusqu'à un tel point, que, quelques années après, Christophe do Thou, premier

président, et Charles de Dormans, f onseiRer, s'y transportèrent pour tâcher d'y rétablir la paix. Leurs bonnes intentions ne furent point secondées, au contraire le désordre augmenta dans la suite par nne circonstance qui no devait pas naturellement produire cet effet.

Joseph Foulon, qui gonvcrnnit cette abbaye depuis l'an 1557, voulant empêcher qu'elle ne tombât en commande, crut que le meilleur expédient était de résigner son titre à quelque personne de qualité qu'il pût faire agréer au roi et à ses religieux, par la considération de sa naissance. Pour cet effet il jeta les yeux sur Benjamin de Brichanteau, fils du marquis de Nangis, qu'il reçut à la profession, et qu'il fit ensuite élire abbé coadjuteur peu de temps avant sa mort, qui arriva l'an 1607, après avoir possédé cette abbaye pendant cinquante ans.

Quelque temps après, ce nouvel abbé fat fait évéqnc de Laon, de sorte qu'il ne résida point â Sainte-Geneviè][e, quoiqu'il y soit mort et enterré. Ainsi, les religieux, se voyant sans chef pour les gouverner, se laissèrent aller à toutes sortes de dérèglements, et ne gardèrent plus aucune observance.

Cela dura jusqu'en Tan 1G19, que l'évéque An Laon étant mort, le roi lui donna pour suc* ccsseor en cette abbaye le cardinal de la lia* chefoucauld, et Sa Majesté lui témoigna qu*il ne l'avait nommé que parce que , connaissant son zèle, il ne doutait point qu'il ne travaillât de toutes ses forces pour rendre à cette abbaye son premier lustre, et que son intention était que les choses fussent remises en leur premier état, quant k l'élection libre d*un abbé régulier, sitél que le bon ordre y aurait été rétabli.

Le cardinal de la Rochefoucauld reçut cette abbaye à ces conditions, ei, pour seconder l s pieuses intentions du roi, il commença i travailler au rétablissement de la discipline régulière. Il fit assembler en l'année 1621 ce qu il y avait dQ religieux réformés à Paris « pour l'assister de leurs conseils sur tes moyens qu'il devait prendre pour exécuter son entreprise, et l'on y convint de certains articles de réforme qui furent mis par écrit. On les communiqua aux rcli$;ieux de l'abbaye ; quelques-uns témoigneront vouloir s'y soumettre. Il y eut même d'abord quelque apparence de régularité; mais cela n'eut aucune suite. Il fallut employer l'autorité do roi pour faire recevoir la réforme. De dixneuf anciens, il n'y en eut que cinq qui s'y soumirent; et Son Emincnce fit venir de Senlis douze religieux en 162b, qu'il cundoi* sil lui-même à l'église, au cloître, ao chapi* tre et aux dortoirs, pour en prendre possas* sion. Il établit le P. Faurc supérieur de cette maison en particulier pour avoir la direction de tout le spirituel, oon-8eult»ment à l'égard de ses religieux, mais même à Tégard de ceux de l'ancienne observance qui d'^ talent pas encore prêtres, qu'il obligea de sa soumettre à lui, et de lui obéir en toutes

t)ipuil Dalland., tum. I, Àpril., Act, S5., png. G:6.

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