‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 47 sur 118 · CEN · texte numérisé non relu

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ciioses. On vit en pea de temps la réforme faire un merveilleux progrès, ayant été introduite dans plusieurs niaisonsv ce qui fit qae la conj^régalion commençant à s'augmenter, on jugea à propos de lui donner un général.

Quelques années après» on poursuivit en tour de RomOt pour rendre cette abbaye élective de trois en trois ans, sur ce que le roi i*était démis de tout dioit de nomination à celte abbaye, et avait consenti que non-seulement elle fût élective comme auparavant, m lis que l'élection d'un abbé se fil tous les trois ans. Le pape l'accorda au mois de février 1534, confirmant aussi cette nouvelle congrégation. L'on assembla ensuite le chapitre général composé des supérieurs de quinze maisons qui avaient déjà embrassé la reforme, et le 11. P. Faure fut élu canonique* ment pour abbé coadjuteurde Sainte-Geneviève et général de touie la congrésalion.

Autant que les religieux avaient de joie de son élection, autant lui causa-t-elle de chagrin. Il commença par un acte d*huaûliié; car il voulut senir la communauté an réfecioin^ jusqu'à la On du repas, quelque chose que l'on pût faire pour Tempécher; et il conserva toujours cette pratique toutes les fois qu'il ofTiciait ponlificalement. Ce n'était point en loi une vaine cérémonie, mais un effet sincère et une véritable marque de la disposition de son coeur; caril était humble el modeste, et on ne s'apercevait du rang qu'il tenait parmi ses frères que par les marques eitérîeures atUchées à sa dignité.

Il s'acquitta si dignement de cet emploi , qu'il fiitélu plusieurs fois dans la suite pour la même dignité, et il était général pour la troisième fois, lorsqu'il mourut dans le temps qu'il travaillait le plus pour l'agrandissement (le sa congrégation; car sa pénitence et son application conlinuellcs ayant épuisé ses forces, la Oèvre le prit dans le cours de ses viûles à Senlis« Il le dissimula d'abord et vint coucher à Nanterre sans rien dire de son maf, qui, angmrntani de plus en plus, l'obligea de s'arrêter dans une ferme dépendante àe l'abbaye de Sainte-iieneviève, proche de VersailleSv on le cardinal de la Hochefôocauld lui envoya son carro»se avec des religieux pour le ramener à Paris. Hais il les avait déjà prévenus, el i\ était parti pour Chartres lorsqu'ils arrivèreni, voulant s'y rendre le même jour et même prêcher le lendemain à cause de la fête de saint Augustin. Accablé de son ■Bsl, il n'eut pas seulement asseï de force pour eélébrer la sainte messe ce jour-là. Ou le transporta à Paris avec assez d'incommodité, où, étant arrivé, il voulut saluer et embrasser toute la communauté avant de se meure au lit.

U acheva néanmoins pendant sa maladie les constitutions qu'il avait déjà commencées. U dressa des mémoires et des instructions sur quantité de points particuliers qui ont beaucoup servi pour le bon gouvernement de cette congrégation; après quoi il ne Mugea plus qu*à la mort; et, bien loin que ^Ite pensée lui causât de la frayeur, elle lui

donnait au contraire de la jo'e et de la consolation. On le voyait souvent prosterné au pied d'un crucifix. Il était presque toujours dans des méditations continuelles. H n'ouvrait la bouche que pour exprimer des sen* timenis admirables; et, quoique son mal fût pour lui une assez grande pénitence, il ne >e croyait pas pour cela exempt de pouvoir mortifier son corps, loi refusant tous les soulagements superflus. Enfin, dans le temps qu'on commençait d'avoir quelque espérance de sa guérison, il fit une confession générale et demanda le saint viatique.

^ Comme il semblait se mieux porter, les religieux qui étaient présents en furent extrêmement surpris, ils n'en pouvaient comprendre la raison; ils le supplièrent de vouloir épargner celle di»uleur à ses enfants, qui seraient alarmés quand ils entendraient cette nouvelle ; mais il répondit (|u'il n'y avait pointa différer, et que, pour éviter ce qu'on appréhendait on pouvait faire la cérémonie pendani la nuit. L'on fit ce qu'il souhaitait ; cinq ou six anciens y assistèrent, et, sitôt qu'il vil le Sauveur du monde entrer dans s.i chambre, il se jeta à genoux pour l'adorer et le reçut avec des trans|>orts d'amour qui ne se peuvent exprimer.

Le matin, les religieux, qui ignoraient ce qui s'était passé la nuit, le vinrent saluer, parce que c était le jour de sa fête. Jamais il ne parut plus joyeux, il les entretint familièrement, il leur fit à son ordinaire quelques exhortations, donna même Thabit à un po« stulaotyCt traita de plusieurs affaires; mais sur le suir la fièvre n'étant augmentée, il tomba en faiblesse, il perdit tout sentiment, et on n'eut que le temps de lui donner l'ex* tréme-onctiou; après quoi il rendit son àme au Seigneur le h novembre 164b, étant âgé de cinquante ans, ayant eu la satisfaction de voir sa congrégation augmentée de pins de cinquante maisons, où par ses soins et ses travaux la réforme avait été introduite. Son corps fut ouvert et enterré à Sainte-Geneviève, après uu'on en eut tiré le cœur, qui fut porté à Saint-Vincent de Senlis, où la réforme avait commencé, et ses entrailles furent aussi portées à Sainte-Catherine du Val des Ecoliers à Paris.

Après sa mort, cette congrégation s'est tellement augmentée , uu'ello e^t présente ' meut la plus ample et la plus nombreuse da toutes celles qui composent Tordre des chanoines réguliers, puisqu'elle a plus de cent monastères, dans une partie desquels les religieux sont employés à Tadministration des paroisses et des hêpitaux, et en l'autre à la célébration de l'office divin et à l'iastraction des ecclésiastiques et de la jeunesse dans les séminaires. Elle a en France soixante-sept abbayes, vingt-huit prieurés conventQeîs ,' deux préfétés et trois hôpitaux ; et , aux Pays-Bas, trois abbayes et trois priearés, outre un très-grand nombre de eores. La même réforme a subsisté pendant un temps dans la cathédrale d'Uzès. Ces chanoines ré* çuliers disent matines le soir à huit heures, immédiatement après l'examen de conscieu-

DICTIONNAIRE BES ORDRES RELIGIEUX

T6, et les litnnies de la sainte Vierge ; et se Jèfcnt le matin h cinq heures. Ils jeûnent tous les vendredis, pourvu qo*en ces jours-là il ne se rencontre ptiint de fêle solennelle, oo qu'il n*7 ait point de jeûne d'Eglise le jeudi ou le samedi, lis jeûnent encore toutes Irs veilles des félrs de la sainte Vierge et de celles de saint Augustin, pendant l'Avenf, et les deux jours qui précèdent le carême universel.

Depuis un temps immémorial» Tun Hes chanceliers de 1 unîversiié de Paris est tiré de l'abbaye de Satnte*Genevîève. Entre ceux qui ont rempli celte charge depuis la réfor* me, le P. Jean Frontcau est celui qui a acquis plus de réputation. Il était d*Angers, et fut reçu en 1G30 parmi les religieux de cette congrégation. Il enseigna pendant plusieurs années l.i philosophie et la théologie, il avait appris les langues grecque, latine, hébraïque, syriaque et chaldéenne, et il n'j a point d'ouvrages en ces cinq sortes de langues qu'il n'ait lus. il parlait aussi les langues vivantes de l'Europe, et dressa cette belle bibliothèque de Sainte-Geneviève qui a été augmentée de plus de la moitié. Tan 1711, par celle de feu M. l'archevêque de Heims Micliel le Tellicr, qui la laissa a cette abbaye par sou testament, ce qui la rend une des plus considérables de TËurope, étant présentement romposée de plus de soixante mille volumes et d*un cabinet très-curieux. *

Le P. Fronleau avait été fait chancelier de Tuniversité en 16V8, et, ayant eu depuis le prieuré de Benetz en Anjou et ensuite la cuie de Montar^i^, il enfui prendre pus* Hes5ion sur la fin du carême de Tan 1662, et se donna tant de peine durant les (êtes de Pâques en l'administration des sacrements et en la visite des nKilades, qu'il en tomba malade Itti-même le 12 avril de la même année, et mourut le 17 suivant, n'étant qu'en la quaranle*huiiièine année de son â^e.

Le P. Lallemand, qui a bit un abrégé de sa vie, lui succéda dans TofCcc de chancelier do l'université, et a été un des plus illustres ornements de cette célèbre académie. Avant d'être religieux, il en avait été plusieurs fois recteur, et aprèj la mort du P. Frontean, plie le demanda pour chancelier à l'abbé de Mainte-Geneviève, qui a droit d'y nommer, et qui ne pouvait refuser cette dignité au P. Lallemand sans quelque sorte d'injustice. Il mourut le 18 février 1673, âgé de cinquante ans, après avoir pendant un long lemp^ mé^ dite la mort et s'y être préparé. Il nous en ^ laissé des preuves par les livres qu'il a co.nposés sur se sujet.

Le P. do Moulinet s'est aussi rendu trèsrecommandable dans cette congrégation par sa profonde érudition, surtout par la connaissance qu'il avait de l'antiquité et des médailles. Entre les différetfls ouvrages qu'il a donnés, il y en a on qui traite des chanoines réguliers avec la description de leurs différents habillements. Celui de sa congrégation consiste en une soutane de serge blanche avec on collet fort large et un rochei de toile. Lorsqu'ils sont à la maison, ils ont,

(t) roi,'., ^ U fin i'.a vol., n«» 78, 79.

Pété, un bonnet carré, et pendant rhiverus cam.'iil noir, et hors le monastère ils portrri on manteau noir à la manière des ecdésii)tiques. Pour habit de chœur, ils ont, Télé, un surplis et une aumusse noire sur le bra^.Tbt ver un grand camail et une ch.ipe noire (1.

Il y a encore eu beaucoup de célèltrei écrivains parmi euf, et entre les autres les Pères Chaponello et le Large, qui ont Ui des recherches et des dissertations savanies et curieuses sur Thistoire des chanoines re* gulicrs. Les armes de celte congrégatius sont d'azur à une main tenant on cœur p»* flammé, avec ce:te devise : Superemineat Charïfas. Entre les privilèges dont jouit Tabbaie de Sainte-Geneviève, le plus considérable est que l'abbé et les religieux, à la desceoie de la châsse de celle sainte, patronne de Taris, dans les calamités publiques, et lorsqa'oa la porte en procession, ont la droite sur l'arcbevêque de Paris et les chanoines de la a^ thédrale, et que l'abbé donne la bénédictico dans les rues aussi bien que Parcheièqoe. Cette abbaye, suivant les privilèges des papes et des rois de France, n*ett jamaii lac:inte, et, suivant l'usage ordinaire, le mrt saisit le vif. L'abbé étant mort, le premier et le secand assistant lui succèdent, en veriQ d'une bulle d'Alexandre Vil, au 2 août 1655, et lettres patentes du roi, le tout confirmé et enregistré aux conrs souveraines. l]od»

privilèges dont jouit cet abbé est de d«»ooef des moniloires comme les évéqoes, etiU été maintenu dans ce droit par un arrêt du conseil d*Elat.

Voyez ia Vie du P. Faure imprimée d Pnris en 1698. Du Moulinel, Hist. de» diffi rente habile des chan, réguL Hei iDant,£/a4/<* semenl des Chrd. relig. Malingre, Antiqw(n de Paris; et Sammarth. Gali. Christ, ^ (om. IV.pag, 1001.

GEOKGES (Chevaliers de SAi!fT-). ïoy.

Bethléem.

GEORGES fCBBVAUBRS DE Saikt-). FtfV*

C0N8TAÎfTI?r.

GEOKGES (Ordres divers db coEVAUsai

DE SaI5IT«)

L'abbé Giustiniani, Schoonebeck, H. H^r* mant et quelques autres auteurs, parlaol dans leurs Histoires des Ordres militaires, de celui de Saint-Georges dans l'Autricbc et la Carinlhie, disent qu'il v en a qui eo attribuent l'institution à Rodolphe d'Hapshoors, premier empereur de la maison d'Autricbf. qui, pour rendre cet ordre plus illustre, a<' curda au premier grand maiire, entre autres privilèges, le titre de prince, et lui donna pour lut et pour &es chevaliers \é ville de Millestaë dans la Carinthie, oà il fonda aussi un chapitre de chanoines rCp'titiers de Tordre de Saint-Augustin, sou» la «i* rection de Tévéque, quidevait ôfre ehoiside leur corps, et porter aussi bien qu'en» Thabii de Tordre. Ilest aisédedétruirecelleopiBW'. puisque l'empereur Rodolphe mourut la»

1291, cl que le duché de Carinlhie n'appl^ tenait pai encore à la maison d'Aotricb^, qui iî€ le posséda qu'après la mort d'iiei»'»»

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