‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 54 sur 118 · CRA · texte numérisé non relu

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^ndaat trois ans el demi, Itiers de Merle, luintiène pricartse démit aussi de celle so- [»eriorilé#a 1260. Ce fui de son temps que^ !r.« religieas français foolurcnt avoir un gé-' lierai el transférer le chef d*ordre au moiiaiUre de Vincennes. Le roi de France les [ rolésea d'abord, mais il les obligea ensoile iiibéir an prieur de Grandmonl, après que l.iers de llerle lui eut bit connaître le tort |i:e cela causerait A l'ordre, s'il était divisé :i soumis à deui généraui. Pierre de Caussac ut aussi on de ceux qni« pour mener une lie plus tranquille, »e démit de la supériorilé ilcc^t orîire, à laquelle il avait élé élu en 1-282. Son gouvernement ne fut pas paisible, car, deux ans aprèâ sou élection, les visi- Irurs de Tordre le déposèrent et firent élire i ^a place Bernard Risse. Pierre de Caussac pu appela an pape, oui nomma pour juges lie i-etie affaire et réformateurs de Tordre, B roard de Ifontaigu, abbé de Moissiac; G&* raud, proTÎncial des Dominicains ; et Radul- |lie, doyen de Téglise de Poitiers, qui, ayant bii attention à tout ce qui leur fut dit de part f i d'autre, prononcèrent en faveur de Pierre lie Caussac, qui fut rétibli dans son office, doui il se démit eu 1290. Gui de Fouchères fit aussi la m^me chose après aroir gouverné tordre pendant quinze ans. Ce fut de son temps que lo pape Clément V alla en 1306 à Graadmont avec sept cardinaux et toute la cour romaine. Il y demeura pendant cinq jours, cl fit venir duvant lui le prieur et les religieux, auxquels il dit qu'il y avait environ vinjgt ans qu^il avait appris les divisions qui étaient dans Tordre : qu'il était venu exprès pour cela de Lyon i Grandmont, et que, aprii avoir examiné leur règle et les privi* It'gcs des visiteurs de ce chef d'ordre, lo pouvoir qu'ils aTaieot après la mort ou la déniiuioo du prieur de nommer douse électeurs tant clercs que cou vers, et d*élire tous les ans avec le prieur neuf difinitcurs clercs, selon le privilège qu'ils avaient obtenu dln- Docent IV, il révoquait tout cela , à cause qoe les visiteors, du temps du prieur Pierre de Caussac (qu'il avait connu dès l'enfance lorsqu'il était correcteur de la maison de Di^ffends, dans laquelle il avait été élevé) rataient déposé lojustrmcnt en lui imputant des crimes uont il était innocent.

Guillaume de Pré Morelle, après la démislioD de Gui de Fouchères, fut élu dans le chapitre aénéral pour lui succéder. Le même Clément V accorda, à la prière de ce prieur, des dispenses à Tordre touchant Tabstineuce <le la viande» et cita le même prieur pour se trouver an concile général de Vienne ; uia'S, étant mort en 1312, Jordan de Rapistang lui •Dccèda et fut le dernier prieur de Graodniont. 8on gouvernement ne fut pas tranquille; car en iSîk il y eut encore de grandes divisions dans l'ordre. La plupart des religitm^ ne voulant plus reconnaître ce prieur, qu'ils accusaient d'avoir dissipé les biens du monastère, le déposèrent et mirent ^ >a place Uélie Ademart : ce qui causa un ^•Usme;car il y en eut d'autres qui obéircui loujoors à Jordan de Rapistang. Cette

division dura jusqu'en 1816, noe Jean XXII, ayant été mis sur la chaire de saint Pierre, et ayant pris connaissance de ces différends, réforma encore* Tordre, et changea, comme nous avons dit, beaucoup de choses â la rè*

51e. De cent nuaranle celles on environ qui épendaient de Grandmont i il en érigea trente-neuf en prieurés conventuels, à cna* can desquels il unit quelqnes*unes des autres celles, et divisa ces prieurés en neuf provinces, savoir: France, Rourgogne, Nor* mandie, Anjou, Poitou, Saintonge, Gasco*

I[ne, Provence et Auvergne. Il permit aux reigioux de ces prieurés d'élire leurs prieurs, et les obligea o'en demander la confirmation à celui de Grandmont. Il ajouta un quatrième visiteur aux trois qui avaient toujours été dans Tordre, et quant aux deux prieurs qui disputaient ensemble pour le gouYernement de l'ordre, il les mit d'accord en ne recevant ni Tun ni l'autre. Il érigea le monastère de Grandmont en abbaye, en 1317, et nomma pour premier abbé Guillaume Pellicier, qni, selon la coutume, reçut le bâton pastoral des mains du cardinal d'Ostie Tan 1318, et gonvorna Tordre jusqu'en 1337. Pierre d'Albert fut son successeur et fui confirmé par le pape Renolt XII. Clément VI lui accorda le droit de nommer ans quatre premiers prieurés de Tordre qui viendraient à vaquer lorsqu'il aurait reçu la bénédiction abbatiale; et les abbés de Grandmont ont joui jusqu'à présent de ce droit. Guillaume de Fumel, qui fut patrianbe d'Antioclie, s'étant démis de cette abbaye entre les mains du pape Paul II en 1471, ce pontife la donna au cardinal de Bourbon, archevêque de Lyon, qui en fut le premier abbé commendataire. Antoine Alle« maud, évéque de Cahors, lui succéda. Il y eut après loi quatre cardinaux de suile qui la possédèrent, qui furent Guillaume Briçonnet, Sigismond de Gonsagoe, Charles de Caretto et Nicolas de Fiesque, après la mort duquel on redonna cette abbaye an cardinal de Gonzague, qui s'en était démis en faveur du cardinal Caretto. Le dernier abbé oommendataire fut François de Neuville, qui résigna cette abbaye à son neveo François de Neuville, religieux de cette maison, et depuis ce tempe*là les abbés opt toujours été réguliora jusqu'à présent.

Il y avait plus de cent trente ans que Ton n'avait point tenu de chapitres généraux dans cet ordre, lorsque dom Georges Raruy, abbé de Grandmont, et quarante-deuxième général, en convoqua un dans c« tte abbayo en 1643, pour rétablir dans Tordre Tobscr- ?ance régulière. A cet effet on dressa des statuts qui contiennent douse chapitres,dont le premier, qui regarde l'office divin, or* donne qoe tous les jours les prêtres célébreront la sainte messe, selon la coutume de Tordi e, et que tous les religieux assisteront à la messe conventuelle, pendant laquelle on u'en pourra point dire dautres, ni elianter aucun office canonial; que dans tous les

f prieurés conventuels on chantera aussi tous es jours une messe haute, pourvu qu'il y ait un nombre de religieux suffisant, et que

NCTIONNAIRIf: DES ORDRES RIXir.IKUX.

dans Tabbâye de Grandmont oa ea chaatera deui; que loai les dimanches» les fêtes de première classe, et celles de la sainte Vierge, excepté le jour de Notre-Dame des Neigi^s, Ton fera la procession autour du cloHre. Le père Lévéque» dans les Annales de cet ordre, imprimées en 1663, dit néanmoins que Ton rail ttms les jours trois processions» la première après prime dans le cimetière, et, uù il n*y en a point, à rentrée do cloître; la seconde après vêpres, de la mémo manière ; et que la troisième, que l'on faisait aussi autrefois dans le cimetière avant compiles, .se fait pré^entcmenl hors de l'église. Il ajoute que, dans le commencement de Tordre, les relii;icui allaient si souvent prier dans le cimetière, qu*ou ne permettait à aucun veiiaiti de dehors de parler à personne qu*il n'y eût été prier. Selon ces mêmes statuts, tous les lundis, hors le temps de l'Avenl el du Carême, Ton doit dire une messe pour les religieux décèdes dans l'ordre ; l'on en doit dire aussi une de la Vierge tous les jours* dans l'abbaye de Grandmont, et une fois la semaine dans les prieurés, pour la conservaii'»n du même ordre, pourvu que ce ne soient point des jours de la première et seconde classe* Ils réciteront l'oiGce selon l'usage de l'Eglise romaine; personne ne pourra s'absenter des offices, tant de jour que de nuit, sans la permission du supérieur; et les clercs, outre le grand office, réciteront encore tous les jours au chœur l'offlce de la Vierge et celui des morts, sous un nocturnei excepté les dimanches et les fêtes doubles, pendant les octaves et pendant la semaine sainte; mais pour lors ils seront obligés de les réciter en leur particulier. Les convers^ pour matines, diront treiie PaUr^ trois pour chacune des antres heures, et cinq pour vêpres. Personne no peut rien avoir en propre* rn sorte que quand quelqu'un par obéissance sort d*un couvent pour aher demeurer dans an autre, il ne pourra emporter ni livres, ni ses propres écrits, ni chose aucune, sans le eonscnlement du supérieur, qui ett maître de l'en priver s'il le veut. Les supérieurs exerceront l'hospitalité et distribueront les aumônes selon ce qui aura é:é près* crit par les visiteurs^ Il est défendu de manger de la viande tous les mercredis et les samedis d'après Noël, jusqu'à la PuriOcation de la sainte Vierge, quoiqu'ils se trouvent dans les lieux où il est permis d'en manger : ce qu'ils doivent même observer dans les voyages, comme aussi depuis la fête de l'As- Ci-usion jusqu'à la Pentecôte. Ils jeûnent depuis la fête de tous les Saints jusqu'à la Nativité de Noire-Seigneur, depuis la Sepluagésime jusqu'à Pâques, et tous les vendredis de I année hors le temps pascaK Ils ieûnent aussi le jour de saint Marc, les veilles de la fête du saint sacrement, celles de la sainte Vierge, excepté celles de la Visitation et de Notre-Dame des Neises; les veilles des Apôtres, excepté celle de saint Jean l'Evangélisle; les trois jours des Roga-

(1) r<if ., à h au du vol., Il- 9i'/J5 et 96.

lions, et les jours ordonnée par TCf liar, H depuis le premier dimanche ne TAvenljas*

Ju'à Noël, les quatre-temps et tous les ven* redis, quand il n*y a point d'office do«ble. Tontes les veilles des fêles de la Vierge H les autres jednes de l'Eglise, ils ne doivent manger que des viandes qnadragéiimales,ae* tant que cela se peut. Le silence, selon ces mêmes constitulions, doit être observé exac* lement dans l'église, le cloître, le dortoir et le réfectoire.

Telles sont les principales obserravces prescrites par ces statuts, bien différenln de celles qui se pratiquaient avant les miii« gâtions de Cette règle par les sooverains pontifes : car ils ne mangeaient jamais de viande, même dans les maladies, et ils jeûnaient depuis la fête de rEzaltation de ta sainte croix jusqu'à Pâques. Le silence était égal à celui des Chartreux. Ils avaient srolement une conférence une fois le junr, et, si quelqu'un y avait parlé d'affaires d« monde ou de choses inutiles, il était sévère^ ment puni. Il y avait un porche oa portiqot hors le couvent, proche l'église, pour parler aux séculiers, qui n'entraient jamais on que fort rarement dans le couvent. L'on exerçait rhospitalité envers les étrangers, pour lesquels il y avait une maison hors le cooveot

Quant à l'habillement, il consistait ea ose robe et an scapulaire auquel était attaché un capuce pointu. Clément V ordonna que les habits seraient noirs. Quelques auteon disent que dans ee temps-là ils doraient être de laine naturellement noire; et le P. l'Evèque dit qu'il a vu dans l'abbaye de Mâcherets an titre par lequel Henri, comte ëi Champagne, donna cent aunes de bnreaa pour habiller les religieux. Présentement, leur habillement cons:ste en nne robe 4c serge noire avec on scapulaire fort large de même ét«)ffe, auquel e^t attaché un rapoet ou chaperon asseï ample. Ils ont an petit collet de toile large de deux doigts; as chœur ils mettent un surplis avec un bonoet carré (i).

Il y a aussi trois monastères de religîeoses de cet ordre, mais l'on ne sait point par qui ils ont été fondés ni en qael temps. Le P. Lévêque dit que l'an 1340 il y eut use convention entre l'évêque de Limoges et l'abbé de Grandmont au sujet du monastère de Urouille-la-Blanche, par laquelle tootc la juridiction sur ce monastère fut laissée i l'abbé de Grandmont , qui en a toujoen

{'oui, aussi bien que sur le monastère de Irouille-la-Noire, oui est an autre moaas* 1ère de religieuses de cet ordre. François de Neuville , abbé de Grandmont ^ fonda le prieuré de Castenette, qui est da nombre des quatre auxquels les abbés de Grandmont ont droit de nommer, après avoir rvça la bénédiction abbatiale, lursqolls vieoeesl à vaquer. Les religieuses ont les méwt^ observances que les religieux, et sont aasi^i habillées de noir.

Joao. Lévêque, AnnaL Ord. Gramdmûnt.

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M»iii«!ii9, •.4c/. SS.tom. Il Feftr. Sainlcil.irtlie, iwn'tia Chriêt., tom. IV. Henri de la rtarcbf»* Vie de gaint Etienne de Muret, Bailfl el Giry, Vie$ de$ Saints, Régula S. Ste- ^kuni edit. ann. 1G7I, et eapitul. General. '}u$d, ord. eelebr. ann, 1643.

\ 11. Des religieux réformés de Vordre de Grandmonlf appelés de TElroite Observance, arec la vie du révérend Père Charles Frémontt leur réformateur,

L*ordre de Grandmont s'élant brancoap relicbé de son ancienne obserrance, comme on a vu dans te paragraphe précédent, dom Charles Frémoni, religieux de cet ordre» fut inspiré de Dieu pour la rétablir. Il naquit i Tours l'an 1610, de parents distingués parmi les bourgeois de cetle Tille, ci prit l'habit de cet ordre à l'âge de dix-huilans. U (il son noviciat avec une exactitude qui allait au delA de ce qu'on pouvait désirer de lui; et, étant sur le point de faire profeslion, il s'j prépara par un renouvellcmcui de ferveur, bien ré^iolu d'observer, après la pro- BOBciatioii de ses vœux, la règle primitive, dont Tiaobservance lui était tout à fait sen« lible. Ce qu'il exécuta en effet comme il l'avait résolu : car, à peine fut-il engagé dans cet état de pénitence, qu'il s'étudia A en pratiqver secrètement tontes les austérités , priocipalement rabstinonce de la viande, ijnelque soin qu'il ei\l de se cacher aux yeux dei hommes, l'ennemi du genre humain, jaloux de sa sainteté, flt en sorte qu'on les découvrit et que l'on mit des empêchements i BOQièle; mais Frémont n'en avança pas noins dans le chemin de la perfection, par sa parfaite soumission aux ordres de ses supérieurs el par la pratique do plusieurs autres vertus et moriilications, qu'il substitoa à la place de celte inobservance, éludant aioii tous lee efforts de l'ennemi de son salai. Tous les jours il servait cinq ou six messes avec une modestie angélique; et, après qu*il eut reçu la prêtrise, dom Georges Barni, qui fui élu général en 1G35, le fil primr de l'abbaye de Grandmont. Il s'acquitta de cet ruploi au contenlcmenl de tous les religieux; mais, voyant qu'il ne pouvait en ce poste rnlreprcndre la réforme, qui occupait »on esprit nuit et jour, il demanda permission au général de venir i Paris, sous préinie d*y étudier en théologie, espérant qu*il trouverait dans celte grande ville quelque ttioyen de réussir dans son entreprise. Il oblioi celte permission, et le général le fil prieur du collège de Grandmont, où en effet il élodia en théologie , jusqu*à ce qu*enfin, M croyant suffisamment versé diins celte science pour remplir son ministère, il delaaada au général la permission de se retirrr on c|uelque maison de l'ordre pour y ob- «crfer à la lettre la règle que le pape Innot<nl IV avait mitigée, et qui est regardée * ani Tordre comme la règle primitive. Ce gé- ^^'ral, bif u loin de lui accorder sa demande, s y opposa fortement; mais Charles, qui n*av«iit souhaité aller à Paris que dans Tespéunce d'y trouver quelque protection qui lui

DiCTlOirilIRB 1>BS OaORES RELUIEUX. Il,

pût f.iire surmonter les obstacles qu'il se doutait bien qu'il trouver.iil à l'exécnlion de son dessein, cl principalement le refus do son abbé, dont il était presque certain, s'a« dressa au cardinal de Uichclieo, qui lui fit obtenir ce qu'il souhaitait : en sorte qu'il commença sa réforme le k août 16&>2. no-« nobslant l'opposition de ce même abbé, qui lui donna enfin une obédience pour se retirer dans le prieuré d'Epoisse près de Dijon, avec dom Jo^^eph Boboul, religieux du mémo ordre, qui fut le premier qui embrassa la réforme. Cetle miiison, qui avait été fondée Tan 1189 par Odon, duc do Bourgogne, était presque ruinée; mats ces religieux y mené-* rent une vie si sainte et si péuitenle, que leur réputation s'élant étendue par toute la Bourgogne, celle maison changea en peu de temps ae face par la libéralité de ceux qui étaient les témoins de leurs rertus et de leurs aoslérilés.Il serait dilficile d'exprimer ce que ces religieux eurent à souffrir de la part de ceux de l'observance mitigée, el par« ticulièrement le P. Charles Frémont ; mais ce saint religieux ne fit paraître qu'une patience et une douceur admirables, pardon-* oant de bon cœur les entreprises de queU qoes religieux malintentionnés contre sa personne.

Mais, dans le temps que les hommes s'ef« forçaient de le persécuter et de renverser ses desseins. Dieu bénissait son travail : car sa réforme fut augmentée en 1630 par une nouvelle maison, dont les fondements furent jetés le 2^ mars dans la ville de Thiers en AuTergne, où saint Etienne, fondateur de cet ordre, avait pris naissance. Cette maison fut bâtie par les libéralités des habitants, à cause de la dévotion qu'ils portaient à ce saint fondateur, dont les parents étaient ▼icomles de ce lieu. Le roi Louis XIV, p,ir les lettres patentes qu'il accorda pour col établissement, permit à ces religieux réformés de recevoir des novices dans cetle maison. Celle même réforme fut introduite en 16G8 dans le couvent de Chavanon, au d.o-cèse de Clermonl ; dans celui de Saint-Michel deGrandmont,audiocèsedcLodève, en 1G7t); dans celui de Louyes, au diocèse de Chartres, en 1G81 ; dans celui de Vieux*Pont, au diocèse de Sens, en 1683, el dans r.'ibbaye do Macherels, au diocèse de Troyes, en IG87.

Ce fut dans la maison de Thiers, qui est la plus considérable de cetle étroite observance, quoiqu'elle ne soit pas la plus riche, que dom Charles Frémont dressa les statuts propres à cette réforme el à l'observance do la règle, qu*il voulait rétablir dans sa pureté. Les points principaux et auiquels tous les autres se réduisent, sont l'assiduité à l'office eld Toraisoii, auxquels on emploie plus do huit heures par jour; l'abstinence delà viande tant au dedans qu'au dehors de la maison, excepté dans les m^iladics, selon la règle modifiée par Innocent IV; les jeûnes de près de huit mois de l'année, l'usage des viandes qu-idragésimales, depuis la fôle de tous les saints jusqu^à Noël, et depuis la Septoigé* simo jusqu'à Pâques ; et la solitude, \ct reli«-

DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIBUX

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gieux ne tortanl qoe très-rarement» et jamais pour Tiiir leurs parents et leur rendre f îsite. La communauté do la maison de Tbiers, où le P. Frémont faisait sa résidence ordinaire, était si bien réglée, oue toute la provincpy édlGée de la sainteté ae ces religieux, ne pouvait s'empêcher de donner des louanges et des bénédictions à ce saint réformateur, qui 7 exerça pendant trente ans Tof^ fice de supérieur, animant ses inférieurs cl les autres religieux de la réforme, par ses exemples et ses exhortations, à maintenir cette réforme, Enfln, dans ses dernières années, il était si rempli de la pensée de sa dernière On, que, pour s'y disposer plus particulièrement, quoique toute sa rie eût été une préparation presque continuelle à la mort, on le Tit |>lus assidu à l'oraison et à ses autres exercices de piété et do mortiflcalion. Ne se contentant pas des instructibns qu'il avait faites à ses religieux, il voulut encore leur en donner par écrit, en composant un livro de piété qu il leur adressa, dans lequel entre autres avis qu'il leur donne pour bien remplir les devoirs de leur solitude, il les exhorte à être dans une continuelle méditation des mystères de la Trinité et de Jésus-Christ en sa vie cachée à Naxareth : mystère qui le ravissais, e( ({u'il disait souvent devoir étro un objet particulier aux religieux do la réforme de Grandmont, qui, par leur état pan* vre, caché, humble, pénitent, et uniquement attaché à Dieu, devaient représenter celui de Jésus-Christ à Nazareth, souhaitant qu'ils y fussent sans cesse unis. BnQn il inspire dans ce livro une dévotion singulière à la •ainte famille de Jésus, Marie et Joseph, pour laquelle il avait une si grande dévotion et un amour si parfait, qu'il en faisait les dé» lices do son âme : ce qu'il conserva jusqu'à la Cn de sa vie, qu'il termina dans la prière et l'oraison, et avec une parfaite soumission à la volonté de Dieu, en 1689, étant âgé de près de 79 ans. Sa mort ayant été divulguée dans la ville de Thiers, il y eut une si grande foule de peuple qui accourut au monastère, que Ton rompait tout pour le voir et pour en approcher.

Cette réforme s*est maintenue jusqu'à présent dans 1rs maisons où elle fut introduite du vivant du réformateur; mais depuis sa mort elle n'a fait aucun progrès. Avant que toutes ces maisons fussent réformées, elles étaient en désordre : il n'y avait dans chacune qu'un ou deux religieux, qui y vivaient h leur liberté, sans aucune régularité, et sans célébrer l'ofOce divin. Présentement il

if a au moins dans chacune de ces maisons luil ou dix religieux, et même dans quelques-unes Il y en a jusqu'à vingt. Les religieux de cette étroite observance dépendent du général, reç livent de lui leurs obédiences, el ne font point de <:orps séparé.

Ils ont été longtemps en possession de toutes les maisons dont nous venons de parler, sans qu'on les inquiétât; mais l'abbé de Uachercts, qui les avait appelés dans son abb«iye en 1687, se repentant de les avoir fait venir, Toulnt les cn chasser, sous pré-

texte quHa y avaient été iatroduits siai lettres patentes du roi, contre Tédit 4e & Majesté, du mois de juin 1671, qui détend ssi réforméîs de s'introduire dans dea monastèrei sans lettres patentes ; mais, par un arrêt di conseil d'Etat du 27 juin 1700» le roi cos- Grma et autorisa cet établissement , permettant aux réformés d*y vivre ea communaoti religieuse sous la juridiction de lenrgéaérat, suivant leur institution, Sa Majesté ayaot itconnn que cette réforme n*était en aorosc manière contraire à son édit de Tan Kll dont les motifs ne regardent que les moaistères indépendants, et ou'on assujettit à u nouveau chef ; et que riaconvénieni asqiel elle avait voulu remédier par le même élit regarde seulement les noovelles congrégations exemples» et les établissemenls oosveanx des maisons religieuses. L'abbaje et Macherets était autrefois prieuré, et fut érigée en abbaye par le pape Innocent X ca 1650. Ces religieux réformés ont prisraocea habillement de l'ordre, qui consistait es om robe de drap noir, avec un scapalaire aoqod est attaché un capuce qui se termioe ea pointe, aussi de couleur noire» arec oac ceinture de cuir«

Mémoireâ manutcriis,

GRANDMONTAINS. Voy. Gbandhoxt.

GRIGNANS (RàGLK dbs). Yoy. CÉsiiai (Sai?it-} ad ealeem,

GRISES (SoBuns\

Dts religieuses hospitalières du Tiers Oràr de Saint'François dites les Sœurs Grisei.

Peu après la naissance do Tiers Ordre ic Saint-François, Ton ennOa aux frères étant sœurs qui en faisaient profession la eoniuii des hôpitaux et des maisons les ploi téibres, pour les exercices de charité: ce qv'i été cause <|ue dans la suite on a formé drs congrégations particulières d'hospilalien c( d'hospitalières do cet ordre* Gui de Joiorili« ayant fondé sur la 6o du xiii* siècle fotin des Hospitaliers delà Charité de Notre-Daar. ils prirent de leur propre autorité la rcfU i du Tiers Ordre, qu'ils ont suivie josqoe sou | le pontificat de Clément VI, qui ieurordossi j do la quitter pour prendre celle de uial Aa*

!;us'in ; et ils commencèrent pour lun i aire des vœux solennels. Sur la fia «io i*c siècle, les Obregons furent insttioéa assii bien que les Bons-Fieux, qui commcacèrrat vers l'an 1615, et qui, sans faire de vssi solennels, non plus que ces andeas beapita* tiers du même ordre, observent la troiai^ règle de saint François avec beaat^ap s9 fidélité. Il n'en a pas été de méma des Hosp^ talières, qui sous différents aomaseotrépaa' dues en grand nombre en différentes ^ vinces de France, d'Allomagne eldeFissrf, puisque dès leur institutioa elles oat M^ vœux solennels. Celles qui n^avaiesi P^*^ de rentes et vivaient des aumôoes qs ^^ allaient chercher, furent appelées to >'f' de la Celte, et elles allaient servir les ouladcf hors leurs monastères ; les autres furest appelées (es Sesun de taFedlifp à cause «s «"^

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