‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 55 sur 118 · GRI · texte numérisé non relu

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portJiîent inr leure liabit», quand elles sor^ (aient, de grands manlcaaz ou chapes qui aiai«*ot au hAQt une espèce de chapeion, duflt elles se couf raient le visage pour n*élre )H>int vues aisément, comme on a pu reroar^ nuer dans la Ggure que nous en avons cideraot donnée. Celles qui eserçaieut dans ieors MpUaun ia cliarile envers les malades on lei i^lerinsi furent appelées simplement HospitaliérêM ; elles vivaient de leurs renies tt ne mendiaient point. ËnGn il y en a eu d*anlres qu*ou a appelées le$ SœuviGri$e$f à cause qu'elles étaient habillées de gris blanc. Crll«-ci sont encore en grand nombre» et ont toujours retenu la nom de Sœurs Grises» quoique la plupart soient présentement habillées de blanc, quelques-unes do noir» et <l*aQtres de bleu obscur.

Les Sœurs dises de Flandre et de France svaieul toujours été sous la juridiction et Tobéissance du provincial des Frères-Mineurs de a province do France parisienne; mais depuis que la réforme des Rècollets a été introduite en ces quartiers, quelques* ânes de ces Sceurs Grises se sont soumises à leur obéissance. L'an 1483, le P. Jean Ghri'xhin, vualre provincial de la province de France parisienne, et le P. Jacques Stoe- (lin, visiteur de ces hospitalières, ajant dressé des statuts pour elles, les supérieures et quelques religieuses députées des couvents de ^ainM)m( r, Uunkerque, Boulogne, Uourboiirg, rEcluse, Wissebccq, Vianiie, Nieu» port, Ostende, Mous, Douai, Avenues, Po- IHTingues, Bergues Saint-Vinoc, Beaumont, Ardre, Braj-sur-Somme, Nivelle, Amiens, Bruges, Tournai et autres, se trouvèrent à Wi»sebecq, où ces statuts furent reçus par tes religieuses. Ili contiennent sept chapitres, dont le premier traite de la réception des *œurs; le second, du service divin ; le troisième, de ce que les sœurs doivent faire étant i la maison ; le quatrième, de ce qu'elles doivinl observer étant auprès des malades ; le cinquième» de ia manière qu'elles se doivent comporter hors le couvent; le sixième, de la correction des sœurs quand elles font quelques fautes ; et le septième, des prières et lolTrîiges pour celles qui seraient décédées. Itlles doivent se lever À minuit pour dire les matines du petit office de la sainte Vierge, cl demeurer ensuite en récoileclion et à loriisun jusqu'à deux Irourcs, qu'elles retournent au dortoir pour reposer jusqu'à cinq heoresdu oiatin en été, et à six eu hiver, qu'elles disent primes, tierce et sexte, qui sont suivies de ia messe conventuelle, après Isqoelle elles vont travailler en commun en gsrdant le silence, jusqu'à dîner. Depuis le dinar jusqu'à trois heures, elles retournent su travail, et disent ensuite vêpres, après lesquelteselles vont encore travailler jusqu'au iOQper. Qnand elles sont envoyées dehors |Miur le service des malades, elles vont toujoars deux ensemble ; elles ne doivent point M séparer, mais aller directement où elles toot envoyées, et, afin d'éviter ia familiarité ftvec les séculiers, elles ne doivent pas veiller ^lof de trois jours dans une même mai-

son. Quand elles sont envoyées par la supé-rieure pour d'antres affaires, elles ne doivent ni boire ni manger hors le couvent qu'avec une permission expresse. Toutes les semaines on lient le ehapll e au moimi une fois, et deux ou trois fois s'il est nécessaire, pour reco.iiialtre leurs fautes devant la supérieure. Les jeûnes et abstinences sont les mêmes que ceux qui sont ordonnés par la règle. Voici la formule de leurs vœux : Je iV. voue et promeis à Dieu^ à la glorieuiê vierge Marie, à saint François^ à tous tes saints, et à vous, ma révérende Mère, d'être tous les jours de ma vie obéissante à notre laint pire le pape et à ses successeur* canoni* quement élus, et vivre en obéissance et pau^ vreté sans propre et en chasteté, et garder la iroisiia^e règle de saint François confirmée par le pape Nicolas /K, d lu discrétion de mes supérieurs»

Elles tenaient autrefois des assemblées générales de toutes les supérieures des mo« nastères de leur ordre, mais cela ne se pratique plus à présent. I^lusieurs de ces Uos« pitalièrcs ont même embrassé la clôture, comme celles d'Amiens, de Montreuil, de Dourlens, de Rue, de Salnt-Qut^nlln, de Mon* didier, de Neufchâlel, de Grand villiers, de Gournai, de Bernai, de Mons, et d'autres dont qticlques-unes n'ont pas pour cela abandonné rhospilalité, qu'elles exercent chez elles soit à l'égard des pèlerins, soit à l'égard des malades; cl celles-ci ont des ronsiilulions particulières. Il y a aussi des Sœurs de la Celle (jui ont pris ia clôture. Les maires et échevius de Beau vais, voyant que celles qui étaient établies dans leur ville, nu elles s*omi« ployaient au service des malades, voulaient prendre la clôture, s'v opposèrent l'an 1627, et eurent recours à l'autorité do parlement de Paris pour les en empêcher; mais le parlement, par un arrêt du k août 1629, accor^ da la demande des religieuses, à condition qu'elles abandonneraient la maison qui leur avait été donnée par la rille vi qui était au* trefois un béguinage. Cependant, ces relt^ gieuses ayant fait voir qu'elles avaient acquis la plus grande parité du lieu où elles demeuraient, elles furent confirmées dans la possession de ce béguinage, et la réforme fut introduite dans leur maison avec ia clôture, l'an 1630. L'évêque de Toul, Henri de Thiard de Bissi, depuis évêque de Meaux et cardinal de la sainte Eglise romaine, voulut obliger les Sœurs Grises de Nancy à recevoir aussi la clôture: ce prélat donna pour cet effet une ordonnance le 31 octobre 1696; mais ces religieuses en appelèrent comme d'abus au parlement de Meti, et elles sont demeurées dans leur premier état.

Quoique ces Hospitalières soient appelées Sœurs Grises, à cause de leurs babils gris, qu'elles portaient autrefois avec un voile blanc, il y en a néanmoins plusieurs qui sont habillées de blanc avec un scapulaire de même et on voile noir, principalement celîes de Lorraine, et il y en a d'autrei qui sont Inibillées de noir, et d'autres de bleu obscur. Nous donnons seolemeiiî ici rhabillenusut

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de celles do Lorraine et de cet anciennes Hospitalières qui étaient habillées de gris (1).

Loc Wadingy Annal. Minor. Faciumt tmprimés pour h$ Sœur$ Gri$e$ de Nancy, Leun €on$liiutions mantiscrtïes ; et Lott?et| Anii^ guit. de Beauvaie.

Dès Tan 1900, an saint prêtre ayant fondé on hôpital dans la Yille de Hods poar de lianrrcs femmes, il en donna le soin à des séculières, et radminislralioii aux magistrats de la Yille, qui. Tan 1470, peu contents de ces séculières, y firent venir des religieuses du Tiers Ordre de Salnt^François, du mo* nastèro de Brugelelte, à trois lieues de celle ville» afin que, comme elles ne gardaient point de clôture, elles passent soigner les malades dans leurs propres maisons. La mère Claire Hambray, en étant supérieure Tan 16M, fit son possible pour réformer ce mo« nastère» où les religieuses, quoique sous rhabil de Saint-François, ne laissaient pas d*avoir on air assez mondain, comme on peut voir dans la ligure que nous donnons d'une de ces anciennes religieuses (2). Elle voulut poor cet effet les obliger à la clôture ; «nais, les magistrats et les principaux bourgeois de la ville s'y étant opposés, elle se •oontenta d'introduire peu à peu la réforme par ses bons exemples et par le rctranche- •ment des sorties fréquentes, ne permettant à ses religieoses de sortir do monastère quo rarement et pour des affaires urgentes et absolument nécessaires. Elle obtint la permission de Eaire dire le grand offioe de l'Eglise selon Tosagc de l'Eglise romaine et de l'ordre de Saint-François, et, ootre les trois vœox ordinaires, ses religieoses en ajoutèrent on -quatrième, de garder ta règle do Tiers Orcire de Saint-François réformée par Léon X. La même année, le P. Marchant^ commissaire général de l'ordre, leur permit de porter on habit brun an lieu de celui qu'elles avaient, qui était gris blanc; et cet habit consiste en une robe, on scapulaire sur leqoel il y a l'image do la sainte Vierge, et on manteau descendant jusqu'aux talons. Il leor permit aussi de porter le voile noir en ayant toujours eo un blanc jusqu'alors «

Rofin, l'an 1680, la mère Jésus-Marie do Sainte-Hélène, do l'illustre famille de Bryas, étant supérieure et désirant voir ses religieoses cloîtrées, sollicita son frère Jacques de Bryas, poor lors archevêque de Cambrai, d'obtenir cette permission de^ magistrats de Mons, qui ne purent refuser à ce prélat une demande si juste; et ces religieuses embrassèrent la clôture et prirent le nom de Sœurs Grises ftéformées. Celte di«:no supérieure avait été chanoinesso dans Tillustre chapitre de Sainte- Vaodru de la mémo ville, et clait entrée ensuite dans ce monasière. ou peu de temps après sa profession elle fut élue supérieure; et, pendant vingt-neuf ans qu'elle a exercé cette charge, elle a reçu quarantesept filles a la profession, sans avoir jamais eo en vue aucun inlérét temporel. Elle était iufatigabls aox oiBces divins et en tout ce

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qui regardait le service de Dieo et la diictplioe régulière. Elle était dooce aux aalrtt, très-sévère à elle-même; et, aorès avoiricr» vi à ses filles de modèle de cnarit-'s d.* pv tience. d*humilité et de toutes les aotrei vrrtus chrétiennes, elle moorot Tan 1699. Voia les instructions qu'elle laissa A êt$ fillei es mourant, selon le témoignage do P. Frasçois Mosens, son confesseur. Elle les ethorta d*éire toujours fidèles à Dieu, d observer inviolablemenl ce qu'elles lui avaient promis le jour de leur profession, et d'avo:roD grand zèle pour tout ce qui regarde son service et lour institut. Elle leur recommasdi la pauvreté, qui a toujours élé le caraciin particulier de cette maison di*puis que la ré forme y a été établie, et de ne pas se serrir de la moiniirc chose sans la permissioo de la supérieure. Mlle leur recommanda aossi la charité et l'union, sans laquelle Dieo se pouvait pas demeurer parmi elles ni régner dans leurs cœurs, les avertissant qoe par cette vertu divino elles seraient toutes es Dieu et pour Dieu, et qu'elles devaient diu»> muler et supporter les unes et les aulret leurs faiblesses. Elle les conjura de nnmt jamais d'ciotres désirs ni d'aolre anibitioa que de plaire à Dieu, et de faire toutes leort actions avec autant de perfection qu'elles voudraient les avoir faites à l'heoredeb mort. Enfin elle les pria di* ne jamais »*oc* coper qoe de Dieo et d'elles-mémei, laai s'arrêter ni aox actions ni à la conduite do aotres. Tels furent les derniers semimenis de cette sainte supérieure, qui mourut i^tê de soixante-cinq ans.

Mémùiree envoyée de Mans en 1711.

GROTTE. Yoy. Mont-Cassin.

GUâSTALINES. Voy. Angéliqubs.

GUILLAUME (PnovincB de Saixt-). Toi

AUGUSTINS (ËRIllTBS DB SaIIIT*}.

GUILLELHITES (Moinss).

Des moines GuillelmiifSf avec la vie de ieini Guillaume le Grande ermite de Malaval^ laf fondateur.

De toos les aotcurs qui ont écrit de Tordre des Guillelmites et de leor fondateur, iJ j/" a très-peu qui l'aient fait conformément à U vérité, faute apparemment de s'être donné U neiue de la cnercher dans l'histoire, ou de taire une juste combinaison des lieui, des temps et ues personnes qui faisaient la nia* tière du sujet qu'ils traitaient. Mais, enuv ces auteurs, M. Hermao, coré de Maltot,ef( celui quia le plus erré daus re qu'il dit de cet ordre (dans son livre de l'Etablissement des ordres religieux) tant au sujet du non de Blancs^Manteaux (qu'il prétend leur avoir élé donné par rapport aux maoteaoi q«'tl< portaient de cet e couleur) qu'au sojet de leur fondateur. Sa première erreur an snjti du nom est facile à détruire, puisqu'il n*^| pas vrai que ces religieux aient jamais t>ori| de manteaux blancs, et qu'il est très-sûrqu (l n'y eut que ceux qui demeuraient dans .:

(i) Vpy., I la ^ du voL. tt** 97 et 98.

(S) Yoy., i la fin du voK, u*> 99 cl 100.

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Bionaslére de Paris qui portassent ee nom» par rapport aox religieux qui taraient oocopé arant eui» qui, étant servîtes ou serfs, portaient des manteaux blancs, et laissèrent le nom de Blancs-IUanfeaux au monastère, fl non pas à la congrégation qni vint s*y établir après eux, dont le véritable nom était celui do Saint-Guillaume du Dé$ert^ comme il est facile de le voir par Tacte de la conséf ration de Téglise des Billetles à Paris, faite l'an ikOS par on évéqoc de Nassau, qni demeurait pour lors à ce monastère de Saint- Guillaume : Joannes miieraiione divina epi" tcopui Noêiotientii P. reêidem in domo rtligioêorum Saneti Guillelmi de Deserlin , alias de Albis Mantellit, La seconde erreur de cet écrivain n*est pas moins grande, lorsqu'il dit que les auteurs ont confondu leur fondateur avec celui du Munt-Vierge. Il ne cite aucun de ces auteurs ; et il a raison en cela, car il aurait bien de la peine à en nommer aucon. 11 confond lui-même, puis«» qu'il n'est pas vrai que les auteurs aient confondu saint Guillaume de Halaval avec laiiit Guillaume, fondateur du Mont-Vierge, niais bien avec un autre saint du même nom, fondateur du Val-des-Ecoliers, comme le remarque fort bien le P. Henschenins dans la dissertation qu*il a fait ajouter à la vie de saint Guillaume ermite, qui se trouve dans le second tome de février des Actes des Saints de Bollandus, au 10 de ce mois.

Ce n'est pas seulement avec saint Guillaume fondateur du Val-des-Ecoliers , que l'on a confondu saint Guillaume fondateur des GoilleliDites, puisque Kranlius, dans son Histoire de Saxe, tiv. v, dit qu il croit qu'il était Goillaome IV, surnommé le Fier à bras. Quelques-uns l'ont pris pour Guillaume VIII, duc de Guyenne; quelques autres pour son fils Guillaume IX, et plusieurs pour Guilliome la Débonnaire, fondateur de Cluny : en sorte au'tt n'y a presque aucun duc de Guyenne, a commencer depuis Guillaume II, dit Tête d'Btoupe, qui n'ait é'é pris pour le fondateur des Guillelmites. Enfln, si Ton vont croire les religieux de cet ordre, ils sont point eu d'autre fondateur que saint Guillaume IX, duc de Guyenne, converii par winl Bernard ; mais ils ne sont pas mieux instruits que les autres : car ils n'en ont point eu d'autre que celui du désert de Ma- Uval, surnommé le Grand, comme il parait par cet acte de révoque de Nassau, que nous avons rapporté ci-dessus.

Il est vrai qu'il est fort difficile de débrooiller la vérité du grand nombre de fables dans lesquelles elle se trouve onvelop- (»ée par la faute de plusieurs auteurs qui, aliribuant les actions de saint Guillaume I*', ^uc d'Aquitaine, et de saint Guillaume IX, «lue de Gn}enne, à saint Guillaume de Ma- I^Viil, et appropriant réciproquement les ac* lions de celui-ci à ces deux saints ducs, les unt tellement confondus, que des (rois ils n'en ont fjît qu'un, aussi bien que l'auteur des leçons de l'office de saint Guillaume, qui se trouve dans le Bréviaire des Ermites de iiaint-Aogustin, qui, ne pouvant souffrir les

contrariétés qui s*y trouvent, ont cru être obliffés de les corriger; mais, dans l'idéo qu'ifs ont que c'est' saint Guillaume IX qui est de leur ordre, ils ont corrigé nne erreur par une antre erreur*

Il faudrait une trop grande dissertation pour f ire voir ces erreurs, aussi bien qno relie des auteurs qui ont écrit sur ces saints. Bollandus, dans l'endroH que j*ai cité précédemment, traite cette matière si amplement, que le lecteur y trouvera de quoi s'y satisfaire. Pour moi, il me suffit d^ croire avec cet auteur que le fondateur des Guillelmito» est difTérent de ces deux saints ducs : ce qui n'est pas diffirilc à concevoir, si on eiamino attentivement quelques traits de Tfaisloire qui sont particuliers  rbacun de ces saints» principaîement pour ce qui regarde leur conversion et le temps et lo lieu de leur mort. Je les rapporte ici en deux mots, pour la satisfaction de ceux qui ne voudront pas se donner la peine do lire tout ce que dit Bollandus à ce sujet.

Le premier de ces saints est saint Guillaume l'\ duc d*Aquitaine, contemporain do Charlcmagne, qui mourut dans IVibba^e de Gellone eu Languedoc , où , désabuse des grandeurs de la terre, il s*était fait moine avec l'agrément de ce prince, qui crut devoir son consentement à Tamitié qu'il avait toujours eue pour le duc, aussi bien qu*à la reconnaissance des grands services qu*il lui avait rendus et à son Etat par les victoires qu'il avait remportées sur les Sarrasins, dont il avait délivré la France en les ot)|igeanl do repasser les Pyrénées.

te second était Guillaume IX , duc de Guyenne et d'x\quitaine, qui, étant converti par saint Bernard, fut si repentant d'avoir persécuté l'Eglise, et de la vie scandaleuse qu'il avait menée pendant sa jeunesse, que, renonçant à toutes choses, il entreprit lo voyage de Saint-J.icoues en Galice, où il mouriiten 1137, après avoir fait son testament, par lequel il laissait ses Etats à Louis le Jeune , alors roi de France , mais h une condition, c'est qu'il épouserait sa fille Aiiénore.

Enfin, le troisiènne est celui qui se retira dans ta vallée de Malaval, où il eut pour disciple et pourompagnoti Albert, entre les bras duquei'il mourut l'an 1157, après avoir vécu quatre ans dans ce désert, ou il donna le commencement à Tordre des Guillelmites, comme il est facile de le voir par sa vie, que je rapporte telle que nous l'avons reçue d'Albert, qui, en ayant été témoin, doit nous convaincre de la différence qu'il y a entre saint Guillaume de Malaval et tous les au^ 1res de ce nom, et que cet ordre n*a point eu d'autre fondateur que lui.

Noos no dirons rien de sa naissance; lo

Eeo de connaissance qu'on en a eu aussi ien que do sa famille, des occupations do sa jeunesse et de tout ce qu'il a fait dans le monde jusqu'à sa conversion, est cause qu'on lui a attribué une partie des dérèglements de Guillaume IX, duc de Guyenne. On croit, mais sans aucune ccrtitude« (tue ce saint

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était on geniilliomine français qui, après avoir vécu avec beaucoup de licence dans la profession des armest fol louché de Dieu et se consacra à son service par le conseil de quelques solilaires. Il entreprit quelques pèlerinages, soit à Safnt-Jacques en Galice» soit dans la terre sainte : ce qui est encore traité confusément par les historiens de sa vie, les uns prétendant que ce fut A Saint- Jacques qu'il a!la, et d'autres que ce fut le voyage de Jérusalem qu'il entreprit par les ordres du pape Eugène III, auquel il s*adressa étant A Rome, où il alla d'abord pour visiter les tombeaux des saints apôtres. Quoi qu'il en soit, ce fut au retour de son pèlerinage, vers l'an 1153, qu'il vint en Toscane pour 7 chercher quelque désert où il pût servir Dieu dans la solitude, éloigné du commerce des hommes. L'Ile do Lupocavio dans les terres de Pise lui parut favorable A son dessein ; il v fixa sa demeure, et y commença on genre oc vie si édifiant et si saint, (ju'en peu de temps plusieurs personnes se joignirent A lut pour vivre sous sa conduite. Mais leur ferveur se r.ilentll peu de temps après, et leur piété se changea en un si grand dégoût pour les choses spirituelles, que, ne voulant plus écouter ses exhortations ou suivre ses avis, ils Tobligèrent par leur indévodon et leurs mauvaises manières à

auitier cette première solitude et A tes alanonuer.

Il se retira sur le mont Prono, où il bAtit une petite cellule ou milieu d*un bois fort épais. La sainteté de sa vie lui attira encore quelques nouveaux disciples , qui , après avoir demeuré quelque temps avec lui, ne so gouvernôrenl pas mieux que les autres à sou égard : car, ayant conçu de l'envie contre lui, ils le chassèrent honteusement de ce liru, et Toutrag^rent de paroles, ce qu'il souffrit avec une modération véritablement chrétienne et religieuse. H retourna dans l'île de Lupocavio, où n'ayant pas trouvé ses premiers disciples disposés A le recevoir, il fixa enfin sa demeure dans une vallée déserte, et dont le seul aspect faisait horreur aux hommes. Elle s'appelait alors VEinble de Rhodest et on lui a donné depuis le nom de Melaval ou MaletaL Celte vallée est située dans le territoire de Sienne au diocèse de Grosseto, à une lieue et demie ou environ de distance presque égale, entre les villes de ChAtillon, Pescaire, de Buriano et de Scarino.

Ce fut l'an 1155 qu'il se renferma dans cette solitude» n'ayant d'abord qu*un trou dans la terre pour se mettre A couvert des injures de l'air, jusqu'A ce que le seigneur de Buriano, ayant piiié de lui, lui fit faire vne cellule. Il ne vécut pendant quatre mois

2oe d*herbes et de racines, n'ayant point *autre compagnie que celle des bétes; mais, au commencement de l'année 1156, il reçut un disciple nommé Albert, qui vint se renfermer avec lui et qui écrivit les dernières circonstances de .«a vie, dont il fut le témoin. Ce 9aint pratiquait des 'aastértiés surpre* Hautes, il jeûnait tous les jours, même les

fêtes ; trois fois la semaine il ne prenait qn*uQ peu de nourriture et buvait un peu de vin, mais si trempé d'eau, qu'il n'y restait qnela couleur de vin ; et les autres jours il jeAnail au pain et A l'eau, y ajoutant quelottefoii des herbes crues. Il avait un petit plat qai fui servait A mesurer son manger, et un petit vase de bois pour mesurer sa boisson, et qui Ique appétit ou quelque soif qu'il eût, il ne passait jamais ces mesures : encore eo retranchait-îl le plus souvent. Il portait continuellement un cilice,el n'avait point d'autre lit que la terre nue. Il fut doué sur la Oa de sa %ie du don de prophétie. Son compagnon Albert en eut une preuve en sa personne : car, le voyant près de mourir et se plaignant A lui-même de ce qu'il le laissait seol, il lui dit de se consoler, et qu'avant qu'il lui rendit les derniers devoirs. Dieu lui enverrait noe personne pour remplir sa place et lai tenir compagnie dans celte solitude. Albert avait de la peine A ajouter foi aux paroles du saint; mais il ne larda guère A en voir l'aecomplissement : car, sortant de sa cellule, il vit arriver un nommé Henand, médecin de profession, qui apprenant d'Albert rexlrémilè de la maladie de saint Guillaume, lui témoigna le chagrin qu'il en avait, parce qoe, voulant renoncer au monde, il était vrnn dans le dessein de vivre sous sa conduite. Albert, craignant que cette circonstance de la mort du saint ne fit quelque changement dans son cœur, se jefa A ses pieds, le priant de ne point changer de dessein; et, afin de le mieux engager A persévérer dans son boa désir, il lui dit qu'il se soumettrait A lui, et lui conseilla de so donner au saint avant qu'il rendit l'êmo. Guillaume le reçut avec beaucoup de joie, et lui dit de retourner cbes lui pour mettre ordre A ses affaires, et de revenir au plus tôt; ni.iis, pendant que Renand y était allé, salut Guillaume monml entre les bras d'Albort, le 10 février 1157, après avoir reçu les sacrements de TEglise, que lui appotta on prêtre de ChAtillon qui avait été averti de sa maladie.

Renaud revint A TEtable de Rhodes, comme il avait promis, et aida A enterrer le corps du saint dans son petit jardin. Apr^ la mort de ce saint homme, dont ils conservèrent IVsprit de pénitence et de mortifie** t*on qu*il leur avait inspiré pendant sa vie, ils tAchèrent de suivre ses maximes et ses exemples, et donnèrent ainsi l'origine A l'ordre des Guillelmites. Us bAtirent on petit ermitage avee une chapelle sor le tombeau de saint Guillaume, et ils commencèrent en ce saint lieu une vie si exemplaire •! si sainte, qu'ils y attirèrent plusieurs personnes, qui abandonnant le monde venaient s'y consa* crer A Dieu et A la pénilence. La bénédio» tion que Dieu versa sur cette congrégation naissante fut si grande, qu'elle se trouva répandue presque par toute l'Italie, la France, les Pays-Bas et l'Allemaffne, dès le siècle suivant. Ils ne vécurent d abord que selon les instituts de saint Guillaume, qui étaient los exemples de ce saint dont Albert avait été le fiJèle dépositaire. Lcur< jcûnea étaiei.1

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presque continoels, et Us allaient na-pieds. Hafs le pape Grèroiro IX modéra leurs grandes auilérités, leur permit de §e chausser, et leor donna la règle de saint Benoit. Innocent IV, Tan 12^^8, lear accorda beaucoup de prîTiléges par sa bulle adressée ao prieur général et aux autres prieurs des frères Brmiles de Tordre de Saint-GulUaume, et II ordonna qu'après le décès du général

00 de sessaecesseurs on n*en élût aucun que par le commun consentement des frères, conformémeni A la règle do saint Benutt, dont Ils faisaient profession, aussi bien que de l'institut de saint Guillaume.

1 Alexandre IV, Tan 1256, ayant fait Tutuioù de plosienrs ermites de différents ordres, dont la plupart suiralent la règle de Mint Augustin, pour n*en faire qu*un seul sous le nom des Krmites de Saint-Augustin, les religieux Guillelmites furent compris dans celte union; mais, ajant représente au pape qu'ils araient toujours snifi les instituisdeiiaint Guillaume avec la règle de saint Benoit, qui leur avait été donnée par Grégoire IX, ce qui avait été confirmé par Innocent IV, ils prièrent ce pontife de les laisser tooiours dans le même état. Le pape eut égard a leur demande, et leur permit, Tan 1256, de vivre toujours sous la même règle de saint Benoit et selon l'institut de saint Guillaume. Cela n'empêcha pas que plusieurs couvpnts de Tordre des Guillelmites ne se soumissent aux Augustius; mais Alesandre IV, sur les remontrances des supérieurs de Tordre des Guillelmites, défendit aux religieux du même ordre de passer dans un autre sans le consentement do chapitre géné« rai. Nonobstant ces défenses, les Augustins ne laissèrent pas d'usurper des couvents do Guillelmites, sous le même prétexte de Tunion générale qui avait été faite par Tautorité de ce pontife. Mais Crbain IV, par une bulle de Tan 1263, défendit aux religieux qui avalent fait profession dans Tordre des Guillelmites de passer dans celui des Augustins sans la permission do saint^siége. Celte dernière balle donna du scrupule à quelques Goiilelmitet oui avec leurs couvents entiers avaient abandonné les instituts de saint Guillaume et la règle de saint Benoit pour embrasser celle de saint Augustin. Il y arait entre les autres les monastères de Semanshaoscm ei de S\ hontall dans le diocèse de Ralisbonae, qui étaient dans ce cas-là. Les religieux qui y étaient allèrent pour ce sujet trouTcr 1 évéque de cette ville pour le coosolter aar ce qu'ils avaient à faire. Ce prélat, par ses lettres de la même année 1863, leva leor scrupule et prélendit qu*ils étaient obligés de s'unir aux Augustins. Le général cl Te prieur des Guillâmites s'en plaignirent au pape et de ce que quelques antres monastères dans les diocèses de Ma« jrence, de Constance^ de Prague et plosteur» antres d'Allemagne, avaient fait la niéme chose. Ces contestations durèrent quelques années, et ne furent terminées que l'an 1266 par sentence du cardinal Ktienne de Hongrie, évéque de Palestrine, protecteur

des Guillelmites, qui, comme commissaire apostolique du pape Clément IV, ordonna

Sue les monastères d'ibiseborne du diocèse e Maycnce, de Fuvisen au diocèse de Cons- ' tance, et de quelques autres endroits qui avaient pris la règle de saint Augustin, retourneraient à Tordre de Saini-Guiltaume, et que les religieux seraient obligés de reprendre les instituts de ce saint et la règle de saint Benoit, avec Tbabit qu'ils portaient avant que d'avoir passé à celui des Augustins, et que les autres maisons qui étaient en contestation, aussi bien que celles qui étaient en Allemagne et en Hongrie, qui s'étaient unies aux Augustins, leur resteraient : ce qui fut conGrmé par le pape.

Les Guillelmites obtinrent du concile de Bâie Tan 1435 la conQrmation de leurs privilèges. L'ordre était pour lors divisé en trois provinces. La première de Toscane, la seconde d'Allemagne, et la troisième de Flandre et de France, quoiqu'il n'y eût qu'nno maison de cet ordre dans ce royaume, toutes les autres étant situées dans les Pays-Bas. Le P. Henscbenius a donné le catalogue des maisons do ces trois provinces, et entre celles d'Allemagne il ne s'en trouve pas une de religieuses Guillelmites. Cependant il y a encore à présent on monastère de ers religieuses à Montpellier , dans le Languedoc. Ces religieux vinrent s'établir au villai^e de Montrouge près Paris, Tan 1256, dans le monastère des Machabées, d'où ils furent transférés à Paris Tan 1298, le roi Philippe le Bel leur ayant donné le monastère des religieux Blancs-Manteaux, ainsi appelés à cause des manteaux blancs qu'ils portaient, mais dont le véritable nom était celui de Serviteurs ou Serfs de la sainte Vierge. Comme cet ordre était on de ceux qui furent abolis dans lo concile de Lyon» le pape Boniface Vlil obli*

Sea les religieux de cet ordre, ou d'entrer ans celui des Guillelmites, ou de leur céder le monastère qu'ils avaient à Paris. Ces Guillelmites y restèrent jusque vers Tan 1618, que le prieur de ce monastère y introduisit les Bénédictins de la congrégation de Saint- Haur, sous prétexte de le réformer. Ceux-d obligèrent une partie des religieux Guillelmites qui y étaient d'embrasser leur ordre, et renvoyèrent ceux qui s'y opposèrent. Les Guillelmites plaidèrent contre les Bénédictins pour rentrer dans la possession de cette maison. Les recteurs et suppôts de l'université de Paris intervinrent pour eux d.ins la cause contre les Bénédictins, sur ce que les Guillelmites étaient membres de leur corps» Le plaiJoyer de l'université est rapporté tout au longdans le second tome de la Bibliothèque canonique, aussi bien qu'une longue requête que le provincial des Guillelmites présenta au roi a ce sujet : mais toutes ces procédures furent inutiles. Le monastère des Blancs-Manteaux fut adjugé aux Bénédictins de la congrégation de Saint-Haur, qui étaient encore en quelque façon unis en ce temps-là a^ecceux de la congrégation de Saint-Vann,e. C'est pourquoi M. Bailièt, dans la vie de saint Guillaume, au 10 févrîér»

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX. '

éiait on geniillioinme français qoi, après avoir vécu avec beaucoup de licence dans la profession des armest fut louché de Dieu et se consacra A son service par le conseil de quelques solitaires. Il entreprit quelques pèlerinages, soit à Safnt-Jacques en Galice, soit dans la terre sainte : ce qui est encore traité confusément par les historiens de sa vie, les uns prétendant que ce fut A Saint- Jacqnes qu'il a!la, et d'autres que ce fut le vovage de Jérusalem qu'il entreprit par les ordres du pape Eugène III, auquel il s'adressa étant A Rome, où il alla d\abord pour visiter les tombeaux des saints apôtres. Quoi qu'il en soit, ce fut au retour de son pèleri* nage, vers Tan 1153, qu'il vint en Toscane pour y chercher quelque désert où il pût servir Dieu dans la solitude, éloigné du commerce des hommes. L'Ile de Lupocavio dans les terres de Pisc lui parut favorable A son dessein ; il v fixa sa demeure, et y commença nn genre de vie si édifiant et si saint, (ju'en peu de temps plusieurs personnes se joignirent A lui pour vivre sous sa conduite. Mais leur Ter? eur se rnleiitil peu de temps après, et leur piété se changea en un si grand dégoût pour les choses spirituelles, que, ne voulant plus écoufer ses exhortations ou suivre ses avis, ils robligèrent par leur Indévotion et leurs mauvaises manières à

auitier cette première solitude et A les alaniMiner.

H se relira sur le mont Pruno, où il bAlit unc^ petite cellule au milieu d'un bois fort ^pais. La sainteté de sa vie lui attira encore quelques nouveaux disciples, qui, aprèf avoir demeuré quelque temps avec lui, ne se gouvernèrent pas mieux que les autres à son égard : car, ayant conçu de l'envie contre lui, ils le chassèrent honteusement de ce liru, et Toulragèrent de paroles, ce qu'il souffrit avec une modération véritablement chrétienne et religieuse. Il retourna dans l'île de Lupoeavio, où n'ayant pas trouvé ses premiers disciples disposés A le recevoir, il fixa enfin sa demeure dans une vallée déserte, et dont le seul aspect faisait horreur aux hommes. Elle s'appelait alors VEtnblê de Rhodei^ et on lui a donné depuis le nom do Malaval ou AtaletaL Cette vallée est située dans le territoire de Sienne au diocèse de Grosseto, à une lieue et demie ou environ de distance presque égale, entre les villes de Châtillon, Pescaire, de Bnriano et de Scarino.

Ce fut l'an 1155 qull se renferma dans cette solitude, n'ayant d'abord qu*un troo dans la terre pour se mettre A couvert des injures de l'air, jusqu'A ce que le seigneur de Buriano, ayant piiié de lui, lui fil faire vue cellule. 11 ne vécut pendant quatre mois

2oe d'herbes et de racines, n'ayant point 'autre compagnie qjiie celle des bêles; mais, au commencement oe l'année 1156, il reçut un disciple nommé Albert, qui vint se renfermer avec lui et qui écrivit les dernières circonstances de 5a vie« dont il fut le témoin. Ce saint pratiquait des austértiés surprenautcsy il jeûnait tous les jourSi même les

fêtes ; trois Ibis la semaine il ne pra»allqu*«s peu de nourrilure et bovait on peo de vis, mais si Ireoipé d'eao, qu'il o'j restait que h couleur de vin; et les autres jours il jeAasU au pain et A l'eau, y ajoutant qaelouefoif des herbes crues. 11 avait an petit plat qoi fui servait A mesurer son mangeft et on peiii vase de bois pour mesurer sa boisson, H qudqoe appétit ou quelque soif qo'il eAt,iJ ne passait jamais ces mesures : eocors es retranchail-il le plus souvent. Il portait cestinuellement un cilice,el n'avait point d'autr« lit que la terre nue. 11 fut doué sor la Onde sa y ie du don de prophétie. Soo rompagaoo Albert en eut une preuve en sa personne : car, le voyant près de mourir et se plaignast A lui-même de ce qu'il le laissait seol, il M dit do se consoler, et qu'avant qo'il loi rcodll les derniers devoirs, Dieo lui eoverraU ose personne pour remplir sa place et Ini Seoir compagnie dans celle solitude. Albert avait de la peine A ajouter foi aux paroles do saisi; mais il ne tarda guère A en voir l'aecompli^ sèment : car, sortant de sa ccllole, il vit arriver un nommé Henaud, médecin de pitK fcssion, qui apprenant d'Albert rextronité de la maladie de saint Guillaome , loi témoigna le chagrin qu'il en avait, parce qoe, roulant renoncer au monde» il était vrsa dans le dessein de vivre sous sa coadoile. Albert, craignant que cette circonstance de la mort du saint ne fit quelque changemest dans son cœur, se jeta A ses pieds, le priant de ne point changer do dessein; et, afin de le mieux engager A persévérer dans son bon désir, il lui dit qu'il se soumettrait A lui, H lui conseilla de se donner ao saint avssC qu'il rendit l'Ame. Guillaume le reçut afec beaucoup de joie, et lui dit do retoomer cbei lui pour mettre ordre A ses affaires, et de revenir au plus tôt; nmis, pendant qooResaod y était allé, salut Guillaume moorot entre les bras d'Albert, le 10 février 1157, après avoir reçu les sarremenis de TEglise, qse lui appoita un prêire de GhAtîllon qui avait été averti de sa maladie.

Uenaud revint A Tlilable de Rhodes, comme il avait promis, et aida A enterrer le corps du saint dans son petit jardin. Afrk la mort do ce saint homme, dont iiscooservèrenl IVsprit de pénitence et de morti6cs* lion qu'il leur avait inspiré pendant sa vie, ils tâchèrent de suivre ses maximes et ses exemples, et donnèrent ainsi l'origine i l'ardre des Guillelmites. Us bâtirent un pMil ermitage avec une chapelle sor le lombeao de saint Guillaume, et ils conmencèreat es ce saint lieu une vie si exemplaire et si saisie, qu'ils y attirèrent plusieurs personnes, ^ abandonnant le monde venaient s'y coasacrer A Dieu et A la pénitence. La bénédis* tion que Dieo versa sur cette coogrégatioa naissante fot si grande, qu'elle se troova répand oe presque par toute l'Italie, la fnntr, les Pays-Bas et l'Allemaffoe, dès le siède suivant. Ils ne vécurent d abord qvs ^}^^ les instituts de saint Guillaume, qoi étaient los exemples de ce saint dont Albert avut lié le fiiJèle dépositaire. Lcur<jeâoeséiaiei.i

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presque contioaels, et ils allaient no-pieds. Mais le pape Gréffoiro IX modéra leurs grandes austérUéSt lear permit de sechaosler, et leor donna la règle de saint Benoît. Innocent iV, l'an 12&8, lear accorda beaucoup de pririléges par sa bulle adressée au prieur général et aux autres prieurs des frèrrs Brmlles de l'ordre de Saint^Guillaume» et il ordonna qu'après le décès du général 00 de ses saccessenrs on n*en élût aucun que par le common consentement des frères, confermtaient A la règle de saint Benuit, dont ils faisaient profession , aussi bien que de rioslitot de saint Guillaume.

Alexandre IV, Tan 1256, nyant fait To- Dîoa de plusieurs ermites de différents orérei, dont la plupart suiraient la règle de lainl Aognstin, pour n'en faire qu'un seul sous le nom des Krmiles de Saint-Augustin, les religieux Guillelmites furent compris dans cette union; mais, ayant représenté au pape qu'ils aTaient toujours suivi les instilutsdei^aint Guillaume avec la règle de saint Benoit, qui leur avait été donnée par Grégoire IX, ce qui avait été confirmé pnr Innocent IV, ils prièrent ce pontife de les laisser toujours dans le même état. Le pape eut égard a leur demande, et leur permit, l*ao 1256, de vivre toujours sous la même règle de saint Benoit et selon l'institut de saint IjQillaumc. Cela n'empêcha pas que plusieurs couvents de Tordre des Guillelmites ne se soumissent aux Aoguslins; mais Alesandre IV, sur les remontrances des supérieurs de l'ordre des Guillelmites» défendit aux religieoi du même ordre de passer dans un autre sans le consentement du chapitre général. Nonobstant ces défenses, les Augustins ne laissèrent pas d'usurper des couvents do riuillelmftes, sous le même prétexte de l'union générale qui avait été faite par l'autorilédece pontife. M^iis Crbain IV, par une bulle de l'an 1263, défendit aux religieux qui avaient fait profession dans l'ordre des Guillelmites de passer dans celui des Augustins sans la permission du saint^siége. Cette dernière bulle donna du scrupule à quelques Guillelmitet oui avec leurs couvents entiers avaient abandonné les instituts de saint GuiU Uonie et la règle de saint Benoit pour embrasser celle de saint Augustin. Il y avait entre tes aatres les monastères de Semanshansem et de St hontall dans le diocèse de Rattsbonae, qui étaient dans ce cas-là. Les religieux qui y étaient allèrent pour ce sujet trouver 1 évéque de cette ville pour le eonsoUer niir ce qu'ils avaient à faire. Ce prélat, par ses lettres de la même année 1K3, leva leur scrupule et prétendit qu'ils étaient obligés de s'unir aux Augustins. Le lénéral elle prieur des Guillâmites 9*en plaignirent au pape et de ce que quelques auirei monastères dans les diocèses de Ma« yence, de Constance^ de Prague et plusieurs antres d'Allemagne, avaient fait la niême chose. Ces contestations durèrent «joelaues années, et ne furent terminées que lan 1266 par sentence du cardinal Etienne

de Hongrie, évêquedePalestrinc, protecteur

des Guillelmites, qui, comme commissaire apostolique du pape Clément IV, ordonna

Sue les monastères d*lbisebome du diocèse e Maycnce, de Fuvisen au diocèse de Cons- ' tance, et de quelques autres endroits qui avaient pris la règle de saint Augustin, retourneraient à l'ordre de Saint-GuiHaume, et que les religieux seraient obligés de reprendre les instituts de ce saint et la règle de saint Benoit, avec l'habit qu'ils portaient avant que d'avoir passé à celui des Augustins, et que les autres maisons qui étaient en contestation, aussi bien que celles qui étaient en Allemagne et en Hongrie, qui s'étaient unies aux Augustins, leur resteraient : ce qui fut confirmé par le pape.

Les Guillelmites obtinrent du concile de Bâie l'an 1&35 la confirmation de leurs privilèges. L'ordre était pour lors divisé en trois provinces. La première de Toscane, la seconde d'Allemagne, et la troisième de Flandre et de France, quoiqu'il n'y eût qu'nno maison de cet ordre dans ce royaume, toutes les antres étant situées dans les Pays-Bas. Le P. Henschenius a donné le catalogue des maisons de ces trois provinces, et entre celles d'Allemagne il ne s'en trouve pas une de religieuses Guillelmites. Cependant il y a encore à présent on monastère de ers religieuses à Montpellier, dans le Languedoc. Ces religieux vinrent s'établir au village de Montrouge près Paris, Tan 1256, dans le mo« naslère des Macbabécs, d'où ils furent transférés à Paris l'an 1298, le roi Philippe le Bel leur ayant donné le monastère des religieux Blancs-Manteaux, ainsi appelés à cause des manteaux blancs qu'ils portaient, mais dont le véritable nom était celui de Serviteurs ou Serfs de la sainte Vierge. Comme cet ordre était un de ceux qui lurent abolis dans le concile de Lyon, le pape Boniface Vlil obli*

Sea les religieux de cet ordre, oti d*enlrejr ans celui des Guillelmites, ou de leur céder le monastère qu'ils avaient à Paris.Ces Guillelmites y restèrent jusque vers l'an 1618, que le prienr de ce monastère y introduisit les Bénédictins de la congrégation de Saint* Haur, sous prétexte de le réformer. Ceux-ci obligèrent une partie des religieux Guillelmites qui y étaient d'embrasser leor ordre, et renvoyèrent ceux qui s'y opposèrent. Les Guillelmites plaidèrent contre les Bénédictins pour rentrer dans la possession de cette maison. Les recteurs et suppôts de l'univer* site de Paris intervinrent pour eux dans la cause contre les Bénédictins, sur ce que les Guillelmites étaient membres de leur corps. Le plaiJoyer de l'université est rapporté tout au longdans le second lome de la Bibliothèque canonique, aussi bien qu'une longue requête que le provincial des Gnillelmilca présenta au roi a ce sujet : mais toutes ces procédures furent inutiles. Le monastère des Blancs-Manteaux fut adjugé aux Béné* dictins de la congrégation de Saint-Maur, qui étaient encore en quelque façon unis en ce lemps*là asec ceux de la congrégation de Saint-Vannje. C'est pourquoi M. Baillèl»

dans la vie de saint Guillaume^ au 10 lévrier»

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

ûft qa*fl fol cédé aux religieux de Saint- Vanne; cenx des Guillelmites qni ne routurcBt point embrasser la réforme des Bénédictins se retirèrent à MoiUroiige, où le dernier rooural rn 1680. Le Polictier. dans son Histoire des Ordrrs religienx, dit qne dès Tan 1615 six rcligieox Gaillelmiles a?aient passé contrat le 29 janvier avec le proYincial des Feuillants pour lui remettre 'entre les mains le monastère <!es Blancs- Manteaux, à condition de leur payer uno pension, mais que les autres religieux sy opposèrent, et qne l'an 1618 sept autres reli- Rieox Guillelmiles y introduisirent les Bénédicl'ns. Chopin dit qu'ils ont encore eu une maison en France dans la ville de Reims : ainsi ce serait au plus deux maisons qu'ils auraient eues dans ce royaume, ce qui est bien difTércnt de ce qu*a avancé Sylveslrc Maurolic, lorsqu'il a dit que saintGuillaume, duc de Guyenne, voyant que Tordre de saint Augustin était presque aboli en France, fit «n sorte par ses prédications que cet ordre fât rétabli dans ce royaume, qu'il y. fil plusieurs établissements, rt qu'il fut le premier qni par privilège des papes Anastase IV et Adrien IV abandonna la solitude pour se retirer avec ses religienx dans les villes, et qu'il fit bâtir un magnifique monastère à Paris, qui fut le premier de sa congrégation et de la réforme bâti dans une ville, leur demeure étant auparavant dans des ermitages. Mais cet auteur se trompe dans tous ces articles : car, premièrement, saint Guillaume, duc de Guyenne, n'a jamais été ni fondateur ni réformateur d'aucune religion, puisqu'il rsl mort dans son voyage de Saint-Jacques, qn*il entreprit aussitôt qu'il fut converti, c*est-é-dlre en 1136 (ce qui fait voir une autre erreur de ce même auteur, qui dît qu'il Tirait encore en 1178). Secondement, le monastère des Blancs- Vanteaui , qui est le

seul que les Guillelmiles ont occupé A Paris, ne fut bâti pour ces premiers religieux que plus de 120 ans après la mort de ce aaint, c'rsl-à-dire l'an 1258, ouire que les religieux Guillelmiles n'y sont entrés que l'an

Cet ordre n'a présentement qa*enrin»

douze maisons en Flandre, ayant perdu tous les monastères qu'il arait en Allemagne et eu Italie. L'Elable de Rhodes ou Malaval, qui en était le chef et où résidait le sénérat, fut détruit dorant les guerres des Sienaots et des Florentins. On a rétabli dans la suite ce monastère, auquel on a donné la nom de Saini'Guillaume. Il a été érigé en abbaye cC donné aux ermites de l'ordre de Saint-Auga* si in, et le p.tpe Pie IV la donna en commcnde Tau lo6i à Barthélémy Conchiti de la famille des comtes de laPenna.Les relîfîeax de ce monastère, par leur travail et leur in* dustrie, ont rendu très-commode et trèsagréable cet aiïreux désert qui n*inspirait auparavant que de la tristesse. I«es Guillelmiles sont présentement gouvernés par ua supérieur qui ne prend que le titre de provincial et qui s'élit tous les quatre ans. Leur habillement est semblable à celoi des religieux de Ctteaux, dont nous arons donné le dessin à rarticle de ce nom. Ils en ont pris aussi le bréviaire. Le couvent de GreTcmbrok au pays de Juliers se soumit même entièrement aux lois de Ctteaus vers le miliea du dernier siècle.

Bolland., Act, SS.y iom. II, Febr^^pag.kSi et seq. Ang. Manriq,, Annal. Ord. CUttr^ tom. I. Chrysoslom. Henriquez , FofCtmL Sanct. Cistert,^ et reguL et eomlituL tjmmL ord. Duboucbet, Bihlioth. canonique^ loai.ll, Silvesl. Maurol., Mar, Océan» di tutt. çL relig., pitg. 272. Baillet, Vies dee 55., 10 fé* trier. Herman, Hùt. des Ord. relig.; et Chi* telain, Martyrologe Romain^ tom. I, p. 602^

|IACHB (Chevalières de la;, de l'Écuaupe, DE LA Cordelière , des Esclaves de la

VeRTC , ET DE LA VraIB-CrOIX.

^ Outre les ordres militaires et de chevalerie dans lesquels plusieurs dames ont été agrégées, comme dans ceux de Malle, de Saint-Jarqucs de l'Epéc, de Calalrava . de Saint«Eticnne , de rUorminc, du Camail et quelques putres ; il y a eu aussi des ordres }de chevalerie institués en particulier pour ' les femmes. Le premier est celui de la Hache <iU du Passefemps, qui fut institué à Tortose ont llaimond Bcrençer, comte de Barcelone, vers l'an 1149. Les Maures, ayant perdu cette place, la voulurent reprendre quelque temps anrès, et rattaquèrcnl si uvement, que, la plupart des chrétiens qui la défendaient ayant ëté tués , elln était sur le point de retourner sous la dominai ion des barbares* lorsque les femmes , prenant les armes, combattirent si rigoureusement pour la défense de leur paît) Vry.,àbfiiidawi.,Q* iOL

trie,qn'ellcs obligèrent les inGdèlesde se retirer. Le comte de Barcelone, ayant été iaformé de cette action généreuse, institua ea leur faveur un ordre de chevalerie sons h uom des dames du Passetemps, qa*on a aussi appelé de la Uache,à cause qu'elles portaieal sur leurs habits une hache rouge. Le P. Mendo, dans son Traité des Ordres militaires, dit qu'elles portaient un flambeau; mais Tab* bé Giustiniani, sur le témoignage de Rodrigue Mendez Silva, historien espagnol, prétend que c'était une hache, et que ce qui a trompé le P. Mendo est le mot espagnol &aeha^ qui signiGe également on flambeau si une hache (t).

Les femmes de la rille de Placenlia en Es* pais'uc ne firent pas paraître moins de co<i« rage que celle de Tortose , lorsque les An*

{lais, qui Tan 1338 avaient donné secours 1 ean 1", roi de Portugal, qui était en goerre avec Jean I", roi deCastille, assiégèrent Pla^

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rrntia. Ces génércUMS feinniC8« ayant pris les armes poar la défense de leur pays , mirrot en fuite les Anglais dans une sortie tiVlles Grenl , et, les ajant obligés de lever te siéxe» elles procurèrent la paix à leur patrie. Le roi de Castille, pour les récompenser de leur valeory leur permit de porter sur leors habits une écharpe d*or (1), et leur accorda les ménaes privilèges dont jouissaient les chevaliers de la Bande, qui avaient été institués par le roi Alphonse, son aïeul.

Anne de Bretagne, reine de France, épouse de Charles Ylli, qui commença à régner Tan 1483, puis de Louis XII, qui lui succéda IiQ 1J^98, institua une espèce d'ordre en Thonoeur des cordes dont Nolre-Seigncur fut lié m sa Passion ; et, pour la dévotion qu*elle avait à saint Français d'Assise, dont elle por-* tait le cordon, elle donna à cet ordre le nom de 11 Cordelière, et pour marque ou devise un eoHirr fait d'une corde à plusieurs nœuds en- Iretacés de lacs d'amour (2), dont elle honora les principales dames de sa cour pour le met** tre autour de leurs armes. M, Herman, dans ion Histoire des Ordres militaires, dit que cette princesse institua cet ordre après la roort de Charles VIII, et qu'elle prit ces pa* rôles pour devise : J'ai le corpi déliée faisant allusion au mot cordelière^ parce que la mort de son mari l'avait affranchie des lois et du joog du mariage; mais cette cordelière, cornposée de plusieurs nœuds, et qui devait entoorcr les araies, signifiait plutôt un enga-» gement qu'on affranchissement de lois ; et it y a bien de Tapparen' e que cet auteur s'est trompé, et qu il a pris Anne de Bn tagne, reine de France , pour Louise de la Tour-* d*Âa?ergne, veuve de Claude de Montago, de la maison des anciens ducs de Bourgogne, qai, comme dit le P. Méncstrier, prit pour devise, après la mort de son mart, une corde« lière A nœuds déliés et rompus avec ces mots : J*ai le corps délié. Anne de Bretagne arait plutôt voulu imiter le duc de Bretagne François il. qui y pour la dévotion qu1l arait à laiol François d'Assise, mit un semblable cordoù autour de ses armi s ^ers Tan IHO, et fil sa devise de deux cordelières à nœuds serrés comme les cordons qu'on nomme de saint François. Aujourd'hui toutes les veuves de <lQaliié mettent autour de leurs armes une

cordelière semblable à ceLo d*Anne de Bre-

U;;ne.

LitnpératriceEléonoredeGonznguc, veuve <ic Ferdinand 111, institua deux ordres à tienne en Autriche, l'un sous le nom des Esclaves de (a vertu, et l'autre de la Vraie- <^roi\. Le premier fut établi Tan 16G2. 11 ne dcviiU être composéquede trente dames d'une noblesse distinguée, outre les princessis, dont le nombre n'était point limité. L'impél^^trice leur donna pour marque de leur ordre une médaille d'or représentant un soleil ilins une couronne de laurier, avec cette lé- Î^^Ae tout autour : Sola ubique triumphat. ^^^ médaille était altnchée à une chaîne doreu forme de bracelet qu'elles portaient

(l)Voy.,iuflnd«vol., nM02. i'i V*y., ibid., n" 103.

au liras au-dessus do coude. Elles devaient avoir cette médaille avec la chaîne dans les jours de cérémonies; et les autres jours el!es portaient seulement une médaille plus petite attachée à un ruban noir (3). Elles promettaient d'observer les régies et les statuts do cet ordre, qui furent dressés parTImpératrice, qui en était chef; et, en cas de mort d'une de ces chevalières, ses héritiers devaient rendre à cette princesse la grande médaille, et pouvaient conserver In petite en mémoire de l'honneur que leur famille avait reçu d'avoir eu une rhevaliè. e *le cet ordre.

L'ordre de la Vraie-Croix fut institué par la même impératrice l'an 1608. Le motif qu'elle eut fut à cause qu'au milieu de l'embrasement du palais impérial, qui arriva la même année, une croix qu'elle avait et qui était faite de deux morceaux de la vraie croix, se trouva miraculeusement préservée des flammes; et, pour en marquer sa reconnaissancc à Dieu , e*le voulut établir une compagnie de dames sous le lilre de dames delà Vraie-Croix, dont les obligations étaient d'honorer particulièrement la croix où Jésus- Christ avait été attaché pour nos péchés , de procurer sa çloirc et son service, et de travailler principalement au salut de leur âme. Pour les distinguer, elle leur donna une croix d'or au milieu de laquelle il y avait deux lignes,qui régnaient dans le long et le travers, qui étaient de couleur de bois pour marquer la vraie croix ; aux extrémités de cette croix il y avait quatre étoiles, et aux quatre angles des aigles noires qui tenaient chacune un rou** leau, sur lequel il y avait en écrit ces paroles : Salue et gloria. Elles la devaient porter sur l'estomac au côté gauche , attachée à au ruban noir (4>). La sainte Vierge et saint Jo« scph furent choisis pour patrons et proteetcurs de cet ordre , qui fut approuvé par le pape Clément X. Ce pontife lui accorda beau« coup d'indulgences, et les règles et les statuts furent dressés par le P. Jean-Baptiste Mani, de la compagnie de Jésus. Limpératrice Ëléonore, àlaaclei ne-Thérèse do Neubourg, veuve de Léopold , est présentement chef de cet ordre ; et le troisième jour de mai , fête de l'Invention de la sainte croix de l'an 1709, elle le donna à l'archiduchesse Marie-Joseph, fille atnée de l'empereur Joseph, et à trente» di ux dames , dans l'église de la maison pro«fesse des Jésuites do Vienne.

Bernard Giustiniani, HisLdi tutt, glùO-d, mililari. L'on peut voir aussi, pour les ordres de la Vraie-Croix et de la Cordelière, AL Uerman ; et, pour ceux de la Hache et de r Echarpe , le P. Mcndo, dans sou Trailé des Ordra militaires.

Outre ces ordres particulièrement institués pour des femmes, il y en a aus^i d'autres qui se donnent indin'éreuimcnt aux hommes et aux femmes , comme celui de l'Amarante, institué par la reine de Suède, dont nous par* leroiis à l'article Sébapoim, et celui de la Mouche à miel, que Louisc-BénéJicliuo de Bourbon, épouse de Louis-Auguste dcBour-^

l'y) Voy,, ibid., n» 104.

(i) Vçy., ibid., n' 105.

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