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near Jénu-ChrUt et de sa trèe-sainte Mire; e iœur iV. dite de Saint iV., voue et promets
Dieu stabitité sous clôture^ pauvreté^ chax" né et obéissance, selon ta règle du bien^ (ureux Père saint Augustin et les constituaiun$ dressées pour le règlement de c lie maton dite de l* Assomption de Notre-- Dame t en rétence de monseigneur AT., grand aumônier e France^ nore supérieur. Et si c'est son Mnd ficairo, en présence de AT., grand vt«
ire de monseigneur iY.» grand aumônier de rance.
Sor la fin do dernier siècle, la Mère Pelity
(e de Sainte-Thérèse, religieuse de ce moaslére, Ot on second élablissemcnt de cet rdre dans la même ville do Paris, au Tauourg Saint*Germain, proche le couvent des larmes Déchaussés. L^in appela ce nouveau nonaslère la petite Assomption, et l'on y ;ardait les mêmes observances que dans ce« oi de la rue Saint-Honoré ; mais comme il leie trouva point de fonds suTOsants pour t*eDlreticn des religieuses, ce monastère a été wpprimé.
Dobreuil et Malingre, Antiquités de Paris^ n tes eonstituiions manuscrites de cet ordre.
Il y a aussi à Hécanati en Italie, proche Uurelle , des relif^ieuses sous le litre de l'Assomption delà sainte Vierge, doni le mo- Daslère rut fondé Tan 1626 par le cardinal iules Roma, évêque de cette ville. Ce qui doona lien à cet établissement fut qu'une l^mnie de la ville nommée Barbe Ifartille Oidoona par son testament, de Tan 1595, que si sou fiU mourait sans enfant, l'on funderaitdans sa propre maison un monastère de veoîrs qaî vseraiententretenues des revenus des bieosqu elle laissa pour cetefrel;maisle01s étnDl mort sans enfants, et ayant laissé beaucoopde dettes, le cardinal Roma, yoyant que loi ne pouvait etécuter entièrement la fondation, se détermina à mettre dans cette maison quelques pauvres filles orphelines, dont su prirent rhabit religieux ; d'autres filles y éliQi aussi enCiéis dans la suite, et y ayant porté de!( dots, ony établit la clôture Tan 1632, et l'an 163% on leur donna des constitutions particulières ({ui furent dressées par le P. Oratio Patiani de la Compagnie de Jésus, et approuvées par te cardinal Roma. Comme leur église fut dédiée en l'honneur de l'Aslomption de Notre-Dame, elles en prirent atusi le nom. Elles disent tous les jours au chsor l'office de la Vierge, observent une eiade pauvreté, et ont leurs heures d'orai- >0Q, de silence, de travail, et autres ezercil^i'i* Leur habillement consiste en une robe bleue ceinte d'une ceinture de laine brinche, avec on scapulaire blanc; leur voile est blanc ^Qssi, et leur guimpe est un peu plissée sous la gorge; an chœur et dans les cérémonies,
tliesoutun manteau bleu traînant iu>qu'à
icrre.
Philip. Bonanni. Catalog. ord. Relig. , rfi* m; et Didace Calcagnî. Uist. di
MKLVBTIODB (COFTORÉGATIO!! BÉwioiCTIWB),
•«1/ fff porf^ de Vordremitiiaire de l'Ours. Uuoique la congrégation Bénédictinc-Hel-
vélfgne ou de Suisse ne comprenne que neuf monastères, elle nefaisse pas d'être une des plus illustres de l'ordre de Saint Benoit par les prérogatives dont jouissent ces mêmes monastères qui snnt très-considérables^ y en ayant cinq dont les abbés sont prinres de l'Empire, savoir Saint-Gai, Einsidien ou Notre-Dame des Ermites, Mûri, JPfers et Discniis. Si les quatre autres, qui sontRhinaw, Frischinchen, Engelberg, et Rhunwil, ou Notrc-Dame«de*la-Pierre, sont obligés de le céder en dignité aux cinq premiers, ils ontaji moins l'avantage de leur être égaux par rapport à la sainteté de leurs premiers abbés, aux personnes illustres qui en sont sorties et à ta magnificence de leurs bâtiments. Le relâchement s'était introduit dans la plupart de ces monastères, et il y avait lieu d'appréhender qu'il n'augmentât encore dans la suite par le voisinage des provinces d'Allemagne infectées d'hérésies dont la Suisse même n'avait pu se garantir Mais Bernard, abbé de Saint-Gai; Augustin d'Einsidlen, Jossede Mûri, et Benoit de Fischingen, afin de prévenir le mal qui les menaçait, s'unirent ensemble pour faire revivre dans leurs monastères cette ferveur dont les pre* miers religieux qui les avaient habités avaient été animés sous la conduite de leurs saints fondateurs, et prirent les mesures né« cessaires pour y rétablir la discipline monastique et l'économie du temporel, l'une et l'antre fort délabrées. Pour cet effet ils firent des règlements qui y sont encore obscr* Tés avec beaucoup d'exacitude, aussi bien
3ue dans les autres, qui se joignirent à eux ans la suite. L'union de ces quatre premiers monastères se fit l'an 1602, et elle fut approuvée par le pape Clément Vlil sous le titre do Congrégation Bénédictine^Hetcétique ; elle fut augmentée après la mort de ce pontife par l'union qui y fut faite, l'an 1606, des abbayes de l'fers et de Rhainaw. Celte d'Engelberg et de Disentis suivirent leur exemple, et Rhunwil ou Notre-Dame-de-la Pierro y fut uni l'an 1638 sous l'abbé Fintan, qui, y étant venu avec quelques religieux de cette abbaye et de celle d'Einsidlen, répara enlièremenlce monastère, qui avait été ruiné par les guerres et où il ne resta t plus qu'un ^nl religieux. La congrégation Bénédictlne- H(?lvélique fut pour lo.s composée de neuf monastères auxquels les souverains pontifes et leurs nonces en Suisse accordèrent beaucoup de grâces etde privilèges. Celte congrégation n'a point de supérieur général, les abbés s'assemblent seulement tous les dix ans ou lorsque la néces.Mté le demande. Ils élisent dans Icnrs assemblées des visiteurs généraux pour faire la visite des monastères; cet honneur est ordinairement déféré aux premiers abbés: on nomme aussi des visiteurs particuliers pour les monastères, des visiteurs généraux; le secrétaire est choisi indifféreuimonl de tous les monastères. Ces abbés s'assemblèrent Tan 1702 à Saint-Gai, pour y célébrer la centième année de l'institution de leur congrégation. Ce monastère est le plus considérable de la Suisse, Tablé
D1CTI0NNA1RE DES ORDRES REUGIEUX*
e»t pnnce son? erain et peot metlro dit A doQze mille hommes sar pied. Celle abbaye» qui esl silaée dans le Turgow, à uo mille du lac de Coaslance* a eu de Irès-bibles com* mcDcements: le nom deSainl-Gal loi a élé doiioé i cause que ce saint, qui élail irlandais et disciple ae saint Colomban, se retira au commencement du vu* siècle dans ce lieu, qui était pour lors une solitude affreuse, et y bAtit un petit monaslère« où quelques personnes, attirées par la vertu de ce sainte vécurent sous sa conduite. Après sa mort* qui arriva Tan 6Î6, ce lien fut appelé la Celle de Saint-Gal. Les Français s*étant rendus maîtres de ce pays Tan 710, un certain WaU tramn, A qui appartenatl celte solitude, pria le comte Victor^ qui était gouverneur du pays, de donner cette celle et ses dépendances A saint Olhmar : ce que ce comte accorda Tau 720, et en demanda lui-même la conlirmation A Charles Martel maire du palais, qui raccorda, A condition que saint Olhmar y établirait les observances régulières; et ce prim e érigea pour cet effet celte celle on abbaye, dont saint Olhmar fut premier abbé.
Le prince Carloman, Gis do Charles Martel, allant en Italie Tan 1kl pour se retirer dans Tabbaye du Mont-Cassin, où il prit rhabit monastique, passa par Saint-Gai, y étant attiré par les miracles continuels qui s'y faisaient par Tintercession de ce saint. Jl y avait alors peu de religieux, A cause de la pelilcsse du monastère. Ce prince fui si touché de voir un lieu si célèbre réduit e:i cet état, qu*il écrivit A Pépin, son frère, roi de France, pour lui recommander ce monastère et le prier de Jui faire quelques dons. &;int Othinar, sur cette recommandation, alla trouver Pépin, qui assigna au monastère do Sainl-Gal des revenus considérables pour en augmenter les bAliments et pour l'enlreiien des religieux.
tirosbcri, qui fut élu abbé Tan 816, Ct eieinpler par l'empereur Louis te Débonnaire sou abbaye de la juridiction des évéqoes de Constance, qui l'avaient exercée sur elle avec une grande autorité, et depuis ce tempslA ce monastère devint puissant. Le même ablié Tembellit par des bAliments nouveaux qu'il fll faire avec beaucoup de magniOcence et auxquels les ouvriers furent employés pendant Aepl ans. Mais ce beau monastère fut ruiné par les Hongrois Tan 025 sous le gouvernement de l'abbé Engelbert 11 ; et, l'an 937, ce qui en restait fut réduit en cendres par le feu, qui s'y attacha par accident.
Ulric d'A.tsax, que l'empereur Philippe éleva A la dignité de prince de TEmpire, étendit considérablement son domaine, et les abbés de Saint^Gal devinrent dans la suite si puissants, que Bertbold de Falkensiin a»-» sisia au sacre de Gautier, évéquo de Strasbourg, avec une suite de plus de mille gentilshommes , la plupart ses vassaux. Les terres soumises A l'obéissance de cet abbé-» étaieni pour lors plus considérables et en j)!us grand nombre qu'elles ne le sont préseu-
lement. Car depuis ce lemps*lA il a peNi Appenxel, qui a donné son nom A l'un ies treixe cantons ; Schvendy, Bmsilow,Goftitt, Ninckalbach, et Hasiem, qui se sont sosh traits de son obéissance, ayant fait ste union pour se défendre mutuellement conlre cet abbé, qu'ils ne voulaient plus recoanaitrt
Îour souverain. Cune, qui fut élu abbé lat 378, flt armer les autres sujets de VèhU)t [»our soumettre les habitante d*Appenirl «t es antres qui s'étaient révoltés ; mais ce fui inuûlement: car, après plusieurs teotjiiifi quHQl pour réussir dans son entreprise, il f i cufln obliffé de faire avec eux un traité At^ix par lequel il consentit qu'ils se rachctas$«( de la souveraineté des abbés de SainuGjl pour une somme d'argent.
Pour mieux affermir leur liberté, ili m liguèrent avec les cantons d'Uri, de Schwiu. d*Underval ct de Lncerne. Les abbés de Saioi- Gai ayant protesté conlre cette alliasc^, Henri de Mandroff renouvela ses preirnlions l'an 1425 A la cour de Tempcreur Sigismond, et fit mettre au ban de VEm\\t ceux d'Appenzel et les autres. Mais loio it s'en étonner, ils entrèrent dans les Etats 4.* cet abbé, démolirent quelques châicaui d le forcèrent A faire la paix. Quelque icmjM après, l'abbé de Saint-Gai s'onit cuntre eut avec la noblesse de Constance, mais sci troupes furent encore défaites. Enfin l'allé Gaspard do Landcrberg, ayant recooao qo: ses prétentions sur Appenzcl et les aolrn lieux qui avaient élé autrefois de son Coinaine seraient le suji-t d'une guerre perpétuelle, y renonça par ralliance qu'il 6t Tjq 1^54 avec les cantons de Zurich, de Scbwiu. de Lucerne et de Claris.
Les terres que possède présentement TaU: de Saint-Gai en souveraineté, outre la Hiir-i? Saint-Gai et son territoire, sont Vil, Gottihi'fuist elle comté de Tokembourg, qui reufr* ment plusieurs villages, dont les habitas t sont parliecatholiques etpartio prulcitant« L'église de Tokembourg est commune aui ou et aux autres ; les protestants y fais.<ifoi l'exercice de leur religion après que lescatit»liques avaient fini le leur; mais le joor Je Pdques de l'an 1708, les protestants vuulorenl commencer de prêcher avant que k service des catholiques Idl achevé: ce qb excita de grands troubles en Suisse, où >ff deux partis en vinrent à une rupture ouverte. L'abbé de Saiut-Gal, avec te secoure des cantons catholiques, voulant maiDlentr ses sujets catholiques daus leurs dr«iu parii force des armes, les cantons de Zurich et C(< Berne firent la mémo chose pour souteoif les prolestants. Celle guerre fut funeste aat catholiques par les avantages que les pruir» tants, qui étaient en plus grand nombre remportèrent sur eux. Les denx ^MiUi a réunirent néanmoins l'an 1712 et breoles* semble un traité de paix, par la niédialior de M. le comte dn Lnc, ambassadear * France en Suisse (1). àiais l'abbé de Sjiot- Gai n'ayant pas voulu entrer dans ce traiUi
(1) Jourmt hin. sur ta matièra dw Umps, tam. lYll.
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les canloDS de Berna et de Zurich firent an grand dégât dans son monastère, dant ils enlevèrent tontes les cloches, au nombre de TJngNqaatre, do différentes grosseurs ; prirent les riches meubles qui j étaient, un (rraod nombre de tableaux et une bibliothèque de livres rares et curieux* L*abbé, se JlatiaDl du secours qu'il attendait des cours de Rome et de Vienne, fut trompé dans ses apérances; car le pape et l'empereur ne jugeant pas à propos de s*ett|^ager dans une guerre dont les suites auraient tiré à conleqaeoce, H se vit contraint d'aller chercher 01 aiile dans le duché de Milan» u*ayant plus ■Ésbbaje ni souveraineté.
Les abbayes d'KinsidIen el de Rhanwil, pins eonnaes, la première sons le nom de Notre- Dame-des-Ermites, et Taulre sous celui de Nolre-Daroe-de-ta-Pierre, qui sont aussi de lacanerégation Bénédictine«Hclvélique« sont très-célèbres partes miracles qui s*jr font touiles jours» el ily vient de toutes parts on grand nombre de pèlerins.
Idœa Congreg. Belv^J* Benedietitiœ.* Yso Pfair., Colitct, $iv€ tummar. privileg. ejusd. Congreg. Christoph. Hartman.» i4nna/. Éremi Dtiparœ in Helvetiis: et Mémoires envoyée deSutiisen 1710.
Lon peotconsultcr pourTabbaye deSaint* Gnl en particulier, Joan. Mabill. Annal» Benedic/., iom, 1, 11 et 111. Dom Antoine Yepez, Ckroniquee générales de Vordre de Saint-Be* noît, Gaspar. Brusch» Annal, pracipuorum mntuteriorum Germaniœ; et Audiffret, Géograph* ane. ci mod., lom. II.
Lesabbés<leSaint-Gal conféraient autrefois lordremilitaire de l'Oors, institué parTempereur Frédéric 11, Tan 1213, en faveur de Tabbé de Saint-Gai et de la noblesse du pajs,en recoiinaiss-ince de ce qu'ils l'avaient aije à chasser do l'Empire Olhon IV. Le collier de cet ordre était composé de chaînes d'or entrelacées de feuilles de chéno aussi dor, an bout desquelles pendait un ours dorémailléde sable (1); mais cet ordre nesobsiste plus.
Faîin, Thédire d'honneur et de chevate^ nt;t{ Bernard Giostiniani, HUt. Chronol.de 9'i Ord. mUit.
UEKFOHD Voy. Ganoershbi».
HEHMINB ET UË L'ÉPI (Oanass militai-
BBS DB L') BN BbBTAG?IB«
L'ordre de l'Epi institué en Bretagne, et que quelques auteurs oui mis sous la règle de saint Augustin, quoique peut-être sans aoctto fondement, nous donnera lieudi* parler eo même temps de celui de l'Hermine , qui ht aossi institué dans la même province. Co dernier eut pour fondateur Jean IV, duc de Bretagne , surnommé le Vaillant ou le Conquérant, vers l'an 1381, et non pas l'an 1363, Comme quelques-uns ont avancé. Le collier (le cet ordre était composé de deux chaînes dont les deui ettrémttés étaient attachées à deai couronnes ducales, chacune desquelles reofermait une hermine passante (2). Une
(l)V6|.,àlaOnduvol., b'IU.
des couronnes pendait sur la poitrine, et l'autre était sur le cou. Les chaînes étaieni composées chacune de auatre fermoirs, et ces fermoirs n'étaient qu une hermine avec un rouleau entortillé autour du corps sur lequel était écrit : à nui vie. Les rouleaux étaient alternativement émaillés de blanc avec de4 lettres noires, et de noir avec des lettres blanches. Autour du cou de chacune des dix hermines il y avait un collier où pendait un chaînon de quatre ou cinq anne.iux : les colliers, selon la qualité des personnes à qui les ducs en faisaient présent, étaient d'or on d'argent doré, ou d'argent tout pur. Ce qu'il y avait de particulier dans cet ordre, c'est que l'on y recevait des femmes qui prenaient le nom de chevaleresses. Le P. Lobineau, dans son Histoire de Bre* tagne, rapporte une liste de ces chevaliers, parmi lesquels on trouve une duchesse de Bretagne qui reçut le collier en Hïl ; une Pétronille di; Maillé, deux demoiselles de Pcnhoel el du Plessîs Augierenl453, et unq Jeanne de Laval en IkSS. Le même auteur rapporte aussi une histoire du même cluc Jean IV en vieilles rimes, composée pir M* Guillaume de Saint-André, licencié en décret scolaslique de Dôle, notaire apostolique et impérial, conseiller et ambassadeur du mémo duc, où il est parlé de eut ordre en ces termes :
A Nantes ses gens envoya^
Mais de la rendre on deloia
Jusqu'à la Nativité
De saint Jean^ c*est irrité.
Deux jonrs avant ne plus ne moins
l'entra à Nantes, fen suis ceriains^
Et fut reçâ à grand honnrur
Comme leur Prince et vrai Seigneur;
Ne sembla pas être exil
Quand Ven lit rendit Piremil;
Touffou assis en la forii
Se rendit Ven et sans arrêta
Lors fil mander tous ses prélats
Abbés, et clercs de tous htats.
Barons, chevaliers escuiers.
Qui lors porioisnt nouveaux colliers
De moult bel port, de belguise;
Et était nouvelle- devise
De deux Bolets brunis et beaux
Couples ensemble de deux fermeaux.
Et au dessous était l Ermine
En figure et en couleur fine
En deux cedules avait escript
A ma vie, commsj*aîdJ<
L'un mot est blanc l'autre noir
il est certain; tien le pour voir.
Pour ce qui est des raisons qu'eut le duc de Bretagne d'instituer Ci*t ordre et de choi* sir la devise d ma V(>; c'est une chose, dit le P.Lobineau, surqnoi chacun peut donner carrière à ses conjectures, les auteurs n'en ayant rien dit. Il croit que le duc voulut marquer par ces deux couronnes et par cette devise qu'il avait conquis deux fois la Bretagne, et qo'il avait exposé sa vie pour con-
(2) Voy.,àlafindttvel.,nM12.
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
server sa dignité, et que pnr les hermines et le collier à chaînes pendantes, il aurait pu faire allusion par là au lévrier blanc de Charles de Dlois qui abandonna son maître avant la bataille d*Auray.
Ce Père ajoute que les ducs de Bretaj^no ajoutèrent dans la Miite au collier de I Hermine un autre collier de moindre prix, qu'ils appelèrent le collier de TEpi, et qui était composé d'épis de blé et terminé par une hermine pendante attachée au collier avec deui chaînes» lequel collier était ordinairement d*argent. Ceux qui ont traité des ordres militaires ont rapporté Hustitution de cet ordre de TEpi au duc François 1'% qui rînstitua vers Tan H50, selon quelques-uns ; et, selon d'autres, l'an ikkS; mais le P. Lobincau, parlant de ce prince, dit que les Anglais ajant menacé la Bretagne, il en vint quelques-uns trouver ce duc Fan 14^7 pour s'éclaircir apparemment avec lui, et que ce prince leur Qt de riches présents afin. de les gagner ou de les apaiser, et donna même à quelques-uns le collier de son ordre de l'Epi» et que c'est la première fois qu'il est parié de cet ordre. Ainèi il était institué avant Tan ikkS.
Mais ce que le P. Lobineau ajoute que ce qui donne lieu de croire que le collier tissu d'épis de blé peut avoir été inventé par lo duc François I'' pour être distribué aux
Sentilshommes moms distingués que ceux qui l'on donnait des colliers d'or et d'argent composés d*hermincs, de couronnes et de chaînettes, ne me parait pas juste, poisqu'lsabeau d'Ecosse, femme de ce prince, est rrprésentée dans Téglise cathédrale de Vannes avec le collier de l'Epi, quoiqu'elle cât rrçu aussi en ikkl lo collier de Tordre de l'Hermine, et que le duc François 11 portait aussi toujours le collier de Tordre de TEpi, an lien de celui de l*Hcrmine. Les au* teurs qui ont traité des ordres de chevalerie ont eu d'autres sentiments que le P. Lobineau, et même leurs sentiments ont été partagés. Les uns ont cru que le duc François 1'^ avait institué cet ordre et pris la mémo devise que celui de THermine pour faire coonaiire sa vertu, sa grandeur et son courage, et qu'il se serait plnlAt laissé tuer que de commettre une méchante action qui pût ternir sa vertu, dësigtiée par Ta blancheur de l'hermine, qui, se voyant poursuivie et rencontrant de la boue, se laisse plutôt prendre que se souiller. D'autres ont cru qu*il avait établi cet ordre pour marquer le soin ^ue lui et hcs prédécesseurs avaient pris pour reudre leur pays fertile en toutes sortes do crains. D'autres enfin ont prétendu qu*il institua cet ordre pour montrer la dévotion qu'il portait au saint sacrement, que ces épis de blé reprcscutonl les espèces du pain sous lesquelles nous Tadorons , et qu*il joignit à ces épis une hermine (I), pour faire souvc-* uir les chevaliers qu*ih devaient plutôt mou^ rir que de se sounler et se ploni*er dans les ordures du péché. Ainsi chacun a donné car-
rièrc à ses conjectures, et c'est sans aocm fondement que Tiin a nJs cet ordre sous la règle de saint Augustin.
Voy. Favin, Théâtre d'honneur tt de eht- Valérie, Mennénius, du Beltoy, Giusliniani, Schoonebek et Hermant, dans leurs /iti/! des Ordres militaires: et le P. Lobineau dans son Histoire de Bretagne.
HëRMITES. Voy. ëumitbs.
UiÉKONYMlTES, Voy. Iâruub ( Ekhitu DE Saint-).
HIPPOLYTE (Obdrb de la Charité de
Saint-).
Environ l'an 1583, sous le pontifical de Grégoire Xlil , un saint homme nomiDc Bernardin Alvarez , bourgeois de la viila de Mexique aux Indes occidentales , animé du même esprit et de la même compAssion envers les pauvres malades que saint lean de Dieu , s'associa quelques personnes pieases et dévotes pour en avoir soin. Il fonita un hApital hors dos murs et à quelque distance de cette ville, avec la permissioo de rarchevéquc, et le dédia en Tbonneur Ue suint Hippoljte martyr, patron de la ville de Mexique, en mémoire de ce que le culte des idoles y fut aboli et qu'elle tomba entre les mains des chrétiens le 13 août, jour auquel l'Eglise célèbre la fête de ce saint. Bcrnardis dressa des règlements pour ceux qui s'étaient consacrés avec lui au service des pauvrei malades , et il en demanda la conGrmaiios au pape Grégoire Xlll, après qu'ils eurent été examinés par l'archevêque. Le pape les approuva aussi bien que la fondation et Térection de cet hôpital ; mais avant que les lettres en fussent expédiées, ce pontife mourut, et elles ne furent signées que par son successeur Sixte V , qui approuva tout (<* qu'il avait fait en faveur de cet hdpiial. LVn bâtit ensuite deux autres hôpitaux dan» la même ville, dont l'un fut dédié au Saiut-Ks; prit, et l'autre fut appelé l'hôpital royal, à cause qu'il fut bâti par les libéralités du roi d'Espagne. 11 y en eut aussi un autre dans la ville dePueblesde Los Angclos, sous \rû tre de Saint-Koch, et le nombre de ces liô( ■• taux augmentant, ils s'unirent ensoioble d formèrent une congrégation sous le litre de la Charité de Saint-Uippolytc, à couse du premier hôpital qui avait été liâti sous rimocation de ce saint martyr, qu'ils reconnuroM pour leur chef. Le pape Clerncul VIII, a)«ini appris le progiès que faisaient ces ho^piU* liorSf et la charité qu'ils cxcrç.iicnt i n^e > les malades, leur accorda par un bref du i avril 15% tous les privilèges, grâces et pt<* rogatives dont jouissaient les Frères deU Charité de Saint-Jean de Dieu, qui étaient pour lors inconnus aux Indes occidcnla'rs où ils n\ivaicnt pas encore passé, lesiut « privilèges leur avaient ële accordés p r ses préiléee^seurs Pic V, Grégoire MU, «^^' Sixte V.
Ces hospitaliers de lacliatité de Saint-II .^ polytc ne faisaionl que dcuK vœux simplcsi
(I) IV, à la ûpdt vol., n*l!'.
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1*00 de chasteté et Taulro de pauvrelé ; mais, cooioie ils ne secroyaieni pas pour cela engaffés à la congrégation, ils en sortaient quand bon leur semblait. C'est ce qui obligea leur peiiéral fqui prenait la qualité de frôre majeur) et les hospitaliers tant de l'hôpital do ^^aiot-Hippoljrte qae de sept autres qui en dépi'ndaienl, d*avoir encore recours au papo Clément Vlll pour aviser aux moyens dVm- (écher les hospitaliers de Qoiiler Tinslitut. Le pape crut pouvoir Tenipécher en les obligeant par une bulle du premier octobre 1594 «le faire à Tavenir les vœux de perpétuelle liospitalîté et d*obéissance, au lieu de ceux di' chasteté et de pauvreté qu*ils faisaient aaparavanl, et ordonna que ceux qui les avaient faits et qui étaient aciuclieuientdans la congrégation recommenceraient ainsi leurs tœux.
Mas il est arrivé dans la suite un autre iiicuuvcotenl de cette sorte de manière de ^'engager dans cette congrégation; car il y rn eut qui transgressaient et la chasteté et . la pauvreté , sous prétexte qu*ils n'étaient ' obligés qu*à la perpétuelle hospitalité et à l'obéissance ; et ils prétendaient même, comme n'étant pas religieux, qu'ils pouvaient sortir de lacungrégalion quand bon leur semblait. Cest ce que le frère .ean Cabrera, prororeor général de cet orJre, exposa au pape iooocent XII Tan 1700, et il supplia aussi co ponlife de changer la manière d élire le géserai. Clément v ill avait ordonné que Télections'en ferait par vingt des plus anciens de U congrégation , et que Ton aurait égard à leorancicnnetédujdurqu'ilsauraienlfaitlcs deux vœux de perpétuelle hospitalité et d*ubeissance ; mais, comme parmi ces anciens il j en avait sans expérience, qui ne connaissaient point rétatde la congrégation, cl que soavcnl ils élisaient des personnes peu capabl{*sde la gouverner, ce procureur gé* serai demanda, au nom de ses confrères, la I ermissionde faire des vœu x solennels sous la '<^gle de caint Augustin, aGn d'engager par J^Ck liens indi solubles les hospitaliers dani la congrégation, etqu*au lieu des vingt plus ai'Cieus qui devaient élire le général ou mal'ur, on en choisirait vingt autres des plus (^vpériimntés et plus capables. Le pupc eut scuieiMcnl égard à la prcnii>re demande, it par une bulle du 20 mai 1700 il permit à les liOSMiaiiers de la Charité de Sainl-Htppol}t6 neiaire les vœux solennels de chasteté, pauvreléyobéissanceei d'hospitalité, sous la règle «c «ainl Augustin, et érigea leur congrégalOQ en ordre religieux. Il les mil sous la pio- ««cUon du sainl-siége, et conGrma tous les priTiléges qui leur avaient éié accordés pur |;;« prédécesseurs, et, pour ce qui regardait «eiecliMn du majeur, le pape n'y voulut rien cuanger, laissant les choses comme elles c>a>eiitaupiravanl,
j inre Cabrera flt ensuite sa profession
•^lenneiie euire les mains du vice-régent, eu
J>>ui obtenu la permiS!iioo de la congréga-
^Q ues réguliers, et présenta quelques jours
après une supplique au pape, par laquelle U lui exposait qu*il élait sur le po.nt de retourner aux Indes, et qu*il priait Sa Sainteté de lui permettre de recevoir la profession du gé* néral et des autres hospitaliers de sa congrégation, à cause que l'on devait dans peu procéder à rélection d'un général. Le pape ne lui accorda pas encore entièrement sa demande, car il lui permit de recevoir seulement la profession du général ou du vicaire général; mais il ordonna que les autres frères la feraient entre les mains du général (»u du vicaire général, ou deceux qui seraient cornmis par eux pour cet effet, etque réieelion du général se ferait au lieo et en la manière accoutumés par ceux qui avaient droit de la faire selon leurs constitutions et statuts, qui seraient observé'*, comme il est plus au lon^ porté parle bref de ce pontife du 3 juillet de la même année ; et sa bulle fut reçue en Es* pagne, le 27 novembre aussi de la même année, par le conseil des Indes, qui en ordonna Texéculion. Clément XI aceorda. Tan 1701,1a communication des privilèges des ordres mendiants et de la congrégation des Clercs Ministres des infirmes, à ces hospitaliers de la Charité deSaint*HippoIyte. Leur habit est semblable à celui des frères de la Charité do Sainl-Jean do Dieu, et ne diffère que par l.i couleur qui est tannéo (1).
Philipp. Bonanni, Catnlog. Ord, religios, pari, I. Bull. Innocent XII et Clément XI j et Mémoires envoyés de Rome en 1709.
HIRSADGE (Congrégation d') en Allemagne*
L'abbaye d*Hirsauge en Allemagne a été autrefois chef d*une florissante congrégation , qui commença vers Tan 1080 par le zèle de sa'nt Guillaume, qui fut lerestaura^ leur de la discipline monastique en ce pays. Cette abbaye, située dans le diosèse de Spire, reconnaît pour fondateur le comte Erlafride. Il était père de Noling, évéque de Vercel, qui, ayant apporté dans sa cathédrale le corps de saint Aurélius, évéque de Redici jno en Arménie , en voulut ensuite eurichir sa patrie en le portant secrètement en Aile-magne. 11 y avait, pas loin du château de s^n père, un orato're dédié à saint Nazairc : c'é-« tait dans ce lieu que Nor ing voulait faire reposer ces maintes reliques; mais, dans le chemin , un aveugle ayant recouvré la \u s par rinterec^sion de saint Aurélius, le couiIl* Kriafride, louché de ce miracle, fit bâtir un monastère au lieu même où le miracle élait arrivé , et en jeta les fondements avec son fils Ërmenfride l'an 830. Mais, comme il voulait le rendre un des pins superbes et des plus magnifiques de rAI'cmaj^ne, il ne fut achevé que sept ans après. Tan 837 ou 83S, On y mit douze religieux qui furent tirés du Tabbaye de Fulde, auxquels on donna pour abbé L*iilperd.Pour lors Téglise fut consacrée p;)r Otgar, archevêque de Mayence, en présence d*un grand nombre de prélats et de seigneurs qui avaient été invités à cette cérémonie par le comte Krla-
^*) V.j/., àij, ihiduvol., n* iii.
AtCTiONNAlRB DES ObURES RELIGIEUX, il.
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGICOX
fridc, et Ton transféra dans l*église. qui fut déJiéc à saint Pierre et à saint Aurélios Je rorp? df re saini évéque, qui avait été conservé jusqu'alors dans Foratoire de Saint- Nazaiie. Le comte Brlafride At en même leuips donation solennelle de ce monastère rutre 1rs mains de rabt>é Luitperd, à condition que la règle de saint Benoit y serait ciliservée, et laissa la liberté aux reltgiiox de pouvoir élire leur abbé et de choisir un avoué ou défenseur de ce monastère.
La discipline régoMère v fut maintenue dans toute sa ligueur jusqu en l*an 9889 que l'Allemagne, après avoir été affligée d'une grande famine , se trouva dans one plus grande déiolation par une maiadie contagieuse qui suivit cette famine et qui enleva un grand nombre de personnes dans toutes les provinces. Soixante religieux de Tabbaje d'Hirsaugeen ayant été attaqués, moururent avec leur abbé, et il n*en resta que douze, qui ne purent s*accorder sur le choix de sou successeur. Les plus fervents et les plus zélés pour la régularité élurent Conrad, qui fut conflrmé dans colle dignité par l'évéque de Spire. Les autres, (jIus portés au relâchelueiit, élurent Eberhard, ccllérier de ce monastère. Mais trois religieux de son parti Tayaut abandonné pour reconnaître leur légitime supérieur, il se retira avec deux autres vers le comte de Calve, ennemi de ce m nastèrc, qui, profllant de cet:e occasion, y vint à main armée et en enleva tout ce qu'il put, qu'il distribua à ses soldats sous ] rélexte de conserver les biens du monastère pour ensuite les remettre entre les mains d'Cbcrhard, leur légitime abbé, prétondant que Conrad était un usurpateur.
Conrad cependant demeurait à Hirsaoge avec huit religieux, et y vivait dans des inquiétudes continuelles, appréhendant à tout moment quelque chose do funeste de la part de son persécuteur. Ses craintes n'étaient pas mal fondées ; car Eberhard, ne pouvant souiTrir de se voir plus longtemps privé de Tabbaya d'Uirsauge, y vint de nuit la seronJe année de son élection, avec des soldats, dans le dessein d'enlever l'abbé Conrad, qui, en ayant été averti, s'était retiré. Ëber* liard, fâché d'avoir manqué son coup, se contenta de piller le monastère sans faire aucun mal aux religieux, et se retira pins chargé de crimes que de dépouilles. Conrad fut deux ans errant de côté et d'autre, jusqu'à ce que, son compétiieur étant mort, il retourna à son monastère, où, avec le peu df! rcli{;ieux qu'il 7 avait, il vécut dans une grande régularité, nonobstant les perséculious que lui suscita le comte de Calve, qui» après sa mort, autant par haine que par «vidité, s'empara entièrement du monastère, qu'il réduisit dani une si grande désolation, qu'il fut abandonné des religieux et qu*il resta ainsi jusqu'en l'an 1065.
Dès l'an 10^9, Je pape Léon IX, étant en Allemagne et allant d Maycncc, logea, à ce que l'on prétend, chez Adelb ri, son neveu, comte de Calve; et ayant clé avec lui à llir«
sauge, il ne put voir sans douleor les mi.^ii de ce monastère, que les ancêtres de ce coi.te avaient réduit en cet étal. Ce prince s'a^ pliqua à chercher le corps de saint Auréliss que Ton avait caché do temps des irroptiooi des Normands, qui, entre tous les crioift qu'ils commettaient dans toutes sortes dgenre, s'attachaient p^irticulièrement à profaner tout ce quM y avait de plus saint et il* p!us sacré, les crimes ordinaires n'étant pà% sufDsants pour contenter les passions brutales d'une nation si féroce et si barbare. Ce précieux dépôt, qui, par la précaution d.» religieux de ce temps-la, avait échappé à leur fureur, futenfln trouvé par la diligence d^ ce pape, qui ordonna à Adelbert de réparer ce monastère et son église, tant pour h >nor.r les reliques de ce grand saint que poureipier le crime que ses ancêtres avaient commis ea détruisant le temple de Dieu et en perséestant ses ministres. Le comte obéit au f>ape et rebâtît ce monastère, mais non pas sf rc toute la diligence qu'il devait : ear il ne fol en état d*élre habité que Tan 1033. Il ; ti( venir douze religieux de l'abbaye de Iumsi* dien en Suisse, plus connue sous le nom de Notre-Dame des Ermites, auxquels 00 doosi pour abbé Fridéric. Ils furent reçus am beaucoup d'humanité par le comte et u femme, Villrude, qui leur fournirent tonlcr qui était néceisaire pour leur entrelien; et en peu de temps ils achvvèretit l'église, qut n'était pas encore finie. L'abbé Fridéric eut beaucoup à souffrir de ses religieni, qs', après lui avoir fait mille indignités, ledéîposeront et élurent en sa place saint Guillaume, pour lors religieux du monastère de Siisi- Enmieran à Katisb mne.
H était originaire de Bavière, et fut offert par ses parents, étint encore jeune, an monastère de Saint-Emmeran, où les rel f^irat vivaient avec beaucoup de liberté. Miis. malgré ces mauvais exemples, il avaoçjH néanmoins tous les jonrs dans la perfeCios: ce qui f.iisait que les méchants rcligiest. qui étaient portés au relâchement, le craignaient, et qu'au contraire les bons et 1*^ plus parfaits le chérissaient extrê>neœenl. H apprenait avec beaucoup de facilité tons b arts libéraux, et il excella entre autres dan le chant et l'art de compter, comme en font foi les ouvrages qu'il a laisses sur ces sHesces. Ce fut l'an 1069 qu'il fut élu abbé d'Uirsauge. Il ne refusa pas Thonneor qu*OB lui faisait, parce qu'il ignorait la dép jsitim dr Fridéric et les différends qu'il avait eossrfc ses religieux; mais, les ayant appris lorsqu'il fut arrivé à Hirsauge, il alla trouver le co«nif Adelbert pour l'exhorter à faire réublir Fridéric, lui représentant que personne nt
r mouvait occuper sa place tant qu'il vivraH- I se disposait déjà à retourner dans ses aonastère pour ne pas être complice de tt crime ; mais les religieux firent tant far leurs prières, qu'ils robli^èrent à rester, lij consentit, mais à coddition qu1l ne sera i pas béni, et iie prendrai! pas la ptoce ^ Fridéric de son vivant : ce qui dura jusqua l'année suivante, qui», Fridéric étant la^flf
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liuillaume reçui publiquement la bénèdic- [ion dfs maîps d*Henri, éyéqqe de Spire.
Lorsqu'il arriva à Hirsauge, l'ôlat de ce nonasière n'était pas encore certain, tant à Muse des brouilieries qui étaient survenues sotre Fridérfc et ses religirui qu*à cause le l'inconstance du comte Adelbert, qui n'ami pas encore restitué les biens de ce mo* ustére, qu'il retenait depuis un si long eropi ; mais Guillaume sut par sa prudence ipporler remède à ces maus. Il Qt paraître ant de grandeur d'Ame dans les adverailés loi lui arrivèrent» sa piété ^i sa dévution •irent si grandeSf et Kon zèle si ardent pour ief ndre et maintenir la discipline monsiique, que c'est avec raison qu'on le met tu nombre des plus grands hommes du il* liiclc.
Aussiiôt qu'il eut été béni abbé, il cornntença a songer aux moyens de pouvoir ré« tabiir la régularité et l'observance dans son nvoQistère et reméJier auK abus qui s'y riaient glissés ; il commença par examiner les revenus dont il jouissait, afin que, s'ils u étaient pas suffisants pour l'entretien des relgieux (comme cffectivc'ment ils no l'éuienlpas, poisqu'à peine pouvaient-ils suF* Grepour en on iretenir quinze ou seize*), il liûl chercher les moyens d'y f^uppléer et de leur fournir lour nécessaire, étant trés-perl'jadé que la eu use ordinaire du rclâchem(*nt ts[ le u*anquo des choses nécessaires à la (ie. L*autorité que le comte Adelborl s'était acquise sur les relig eux était si grande, quVs n'osaient ri<*n faire sans sa permission, eii sorte qu'il semblait quM lût leur supé^ riraret qu'ils fussent obligés de lui obéir. Le ftaintabbê, ne pouvant soiilTrir cet abus. Ut ); bien, qu'il persuad i au comte de se dé^ listcT de citte prétendue stt|iériorité, et de (tonner une entière liberté à son monastère, •ÛQ qu'étant indépendant dos puissances sêcQlières, on y p&l obi^ervcr avec plus de laciliti*la discipline régulière <*t monastique. i-K aOo que cette iudépen lance lût plus )Uble, il la fit confirmer par le pape et l'cm- K.'cur. Leglise que ce comte avait c^mlufiicée depuis dix aii$ étant achevée, elle [u! consacrée, l'an 1071,parrévéquede Spire, ù la lolLciialion de ce seigneur. Les richesses (icce ODouastère augmentèrent avec le nombre des reliffieut, et du temps de saint Guil* IjDiDo il II y en eut jamais moins de cent risquante, quoiqu'il fût souvent obligé d'en ^nvojer f>our fonder ou pour réformer d'au<r 1res nionastèrcs ; car lu nombre était aussitôt rempli par d'autres, qui prenaient l'habit à llirtauge pour être ses disciples, entre Irs* <|uels il y eut plusieurs comtes, marquis, barons et autres grands se gneurs.
Ces religieux s'occupaient jour et nuit h (hinter les louanges de Dieu, à prier, à mc« ua^r,et à l'étude des saintes Ecritures. Ceux qui u*étaient pas propres pour la contempla- ^>oa des choses célestes travaillaient des »aiQi afin d'éviter l'oisiveté. Ce saint abbé, ^M persua<1é que la lecture de la sainte »riiqre est la nourriture de l'âme, établit ^ouze habiles écrivaius pour transcrire les
saintes Rcrilures et les ouvrages des saints Pères. Il y en avait aussi d'autres en plus grand nombre qui étaient occupas à transcrire d*autres ouvrages, et il y avait un re« ligieux habile en toutes sortes de sciences qui avait l'inspection sur lt*s uns et les autres, qui présidait A leurs ouvrages et corrigeait li'S fautes qu'il y trouvait. Mais, quoique ces religieux aienl transcrit un nombre infini de volumes, il en est néanmoins resié peu dans ce monastère, à cause que saint Guillaume, en réformant o!i fondant d'autres monastères, y envoyait lieaucoup de ers livres. Outre les cent cinquante religieux qui étaient dans ce monastère sous la conduite de ce saint abbé, il y avait aussi des frères barbus ou convers qui étaient destinés^ pour le travail et pourvoyaient aux besoins de ceux qui ne s'occupaient qu'à la contemplation. Il y avait entre eux d'habiles oufriers en toutes sortes d'arts et de professions, comme architectes, maçons, cbarpentiers, menuisiers, sculpteurs, forgerous, tailleurs, corroyeurs, cordonniers et plu* siours autres. Saint Guillaume fut le premier qui établit ces sortes de convers en Allemagne. Ils lui furent d'une grande utilité, car ce furent eux seuls qui firent tous les bâtiments du nouveau monastère dTlirsauge et des autres qu'il fonda. Il fit des règlements
fiarticuliers pour eux et proportionnés à eur occupation. Toutes les nuits ils se trouvaient à 1 église pour chanter matines, mais elles étaient courtes, à cause de la fatigue qu'ils avaient eue pendant le jour. U était libre ensuite à ces convers de reiournor dormir, mais plui>icurs des plus fervents restaient à l'église jusqu'à ce que les religieux du chœur eussent achevé Icuri matines. Le l<ndemain de grand matin, Ils entendaient la mcsso et allaient ensuite au chapitre pour y dire leurs coulpes. Tous les dimanches il y en avait qui communiaient, en sorte que la moitié communiait un dimanche, et l'autre moitié le dimanche suivant; mais aux fêtes solennelles ils communiaient tous, et si quelques-uns allaient en campagne et qu'ils ne dussent pas revenir le dimanche suivant, ils communiaient le jour qu'ils partaient. Il établit aussi des oblats à l'exeniple de ceux de Cluny ; ils éiaienl différents des frères convers, en ce que ceux-ci étaient religieux et en portaient 1 habit, et que les oblats étaient vêtus en séculiers. Il fit aussi des rcglemenls pour eux. Ce saint abhé, n'omettant rien pour maintenir Tobservauce régulière, voulut faire recevoir dana son monastère ics coutumes de Cluny : c'est pourquoi Ulric, qui était profès de Cluny, ayant été envoyé en Allemagie par saint HugUfc'S, et étant revenu voir saint Guillaume, qui élaii son ami ; ce saint, profitant d'une occasion si lavorabie, le pria de vouloir mettre par écrit ces coutumes , ce qu'il fil volontiers. Il y a à la tête de cet ouvrage, qui est divisé en trois livres, une ésjltrcdédic.ktoire adressée à saint Guillaunn^, ou Ulric se |)laiut d'abord duo abus qu'il dit 6lre la principale cause de la ruine des
DfGTIONNAIRË DES ORDRES RELIGIEUX.
lu
monaslores, qui est do recevoir les enTants dont les pères et les mères qui en avaient grand nombre cherchaient à se défaire en les offrant ans monastères » avant même qu'ils eussent Tusagc de raison, principalement s'ils en avaient quelques-uns de manchots, de boiteux, ou qui eussent quelque auire incommodité. La raison qu'il apporte pour prouver que c'est un abus, est que les maisons remplies de ces invalides ne peuvent garder aucune rcgol.iritc, et que l'observance n'est exacte que dans celle où le plus grand nombre de religieux est de ceux qui y sont entrés en âge mûr, de leur propre mouvement, cl exempts de ces sortes d'infirmités ou défauts de nature.
Mais, comme saint Guillaume trouvait des difflcoltés dans ces coutumes de Cluny, qui lie pouvaient être bien expliquées par écrit, it jugea à propos d'envoyer à Cluny des religieux qui les vissent pratiquer, ou pour mieux dire qui les pratiquassent eux-mêmes. Il en envoya premièrement deux, et ensuite deux autres, afin qu'ils en pussent être parfaitement instruits, et qu'étant plusieurs ils pussent mieux les retenir et lui en faire un fidèle rapport. A leur retour, il fit assembler les anciens, et, après avoir examiné avec eux les coutumes de Cluny et entendu les religieux qu'il y avait envoyés, il en retrancha ce qui ne convenait point aux pratiques du pays, au climat et à la situation des lieux, et garda celles qui lui convenaient, sur lesquelles il en dressa d'autres qu'il divisa en deux livres, qu'il appela les Coutumes d'Hir-sauge.
Le zèle de saint Guillaume ne se renferma pas dans le seul monastère d'ilirsaugn : il en fonda et réforma plusieurs autres, dont les pins considérables sont Richembarch, Saint-Georges dans la Forél-Noire, Saint- Martin dans la Bavière, Erphord dans la Thuriuge, Zuvifaiten dans la Souabe, Wilbeim ei Laven dans la Cariulhie, qui firent fondés; Schafnse, Peter^bausem et l^amperg, qui furent rétablis; Allof aa diocèse de Strasbourg, Isnen au diocèse de Constance, et Hasung dans la Thuringe, qui furent réformés. Trithème, dans ses Chroniques de l'abbaye d'IIirsauge, nomme vingt-trois mo« nastcres que ce saint fonda do nouveau, et soixante-neuf qu'il réforma, dans lesquels il fit observer les coutumes d'Hirsauge. Il fit aussi société avec plusieurs monastères de dilTérenls ordres, comme Tcglise cathédrale de Cantorbéry, desservie par les Bénédictins, les abbayes do Cluny, de Marmoutier, de Saint-Bénigne de Dijon, de Saint-Victor de Marseilli*, de Saint-Maxiinin, et de Saint- Malhias à Trêves, de Saint-Pantalcon à Cologne, de Saint-Eraeran de Uatisbonne, et avec les chanoines réguliers de Marbac et de Franckental, etc. Enhn, après avoir été abbé d'IIirsauge pendant vingt-deux ans et s'éiro acquis le titre de Roâtaurateur de la discipline monastique en Allemagne, il mourut le 5 juillet 1091. Les plus illustres de ses disciples furent saint Thiémon, archevêque de Salxbourg ; Gêbéhjrd, évêque de Cons-
tance et légat du sainf-8iép[e; saint Théogcr, évêque de Metz, et Gébebard, évéque 4e Spire.
Ce dernier fut d'abord son successeur das^ le gouvernement d'Hirsauge, avant que df monter sur le siège épiscopal de Spire. 1. 1 maintint l'observance régulière que u\ti Guillaume y avait établie, aussi bien qae dar% les autres monastères de sa dépendance: r«* que firent aussi les abbés Branon, Vulmar r( Hartwige. Mais, sous le gouvernement ée Manegoldc, dix-septième abbé d*Birsaugr.
qui fut élu l'an 1157, il y eut quelque dmsion entre lui et ses religieux. Ceux-ci te plaignaient de ce qu'il usait envers eux d'une trop grande autorité» qu'il méprisait leun conseils pour suivre ceux de aes dome^uques, qu'il soutenait dans tout ce qu'ils fasaicut au préjudice même du monastère» afprouvant jusqu'aux insolences excessUrt qu'ils commettaient tous les jours contre U communauté ou contre les paniculiers, r( qu'au lieu d'y mettre ordre, il naltraiisi encore les religieux que ces mêmes donn^* tiques avaient insultés. Leurs plaintes oc talent pas sans fondement : car, un jour que cet abbé était ab^^ent, un de ses domesiiqoM ayant fait quelque chose qui é^ail contrairr au bien du monastère, un religieux l'en r^ prit; mais le domestique reçut cette corref* tiou avec tant d'insolence et de mèpns. que, se jetant sur ce religieux, il lui donoj quelques coups et te jeta à ses pieds; ceqci Gl que le prieur fit mettre en prison ai homme, qui y resta jusqu'au retour f:
l'abbé, qui, au lieu de corriger on tel cxrèv lui donna la liberté et Ot mettre en sa pUre le religieux qui avait été frappé ; ce qui irrita davantage les religieux contre leurabb^ Un procédé si indi*;ne et si injQste aurait ru sans doute de fâcheuses suites; mais p<^ l'entremise de saint Hildegardc ils se réun^ rcnt et vécurent dans la suite en bonne rotelligence. Cette division, qui avait altérv h charité, avait aussi donné quelque entrée .ia relâchement; mais par les soins de làbW* qui, mal};ré cet amour déréglé qu'il aii'i pour ses domestiques, était fort xélé ponrl » observances régulières, les religieux reprirent leur première ferveur, et s'attachèrMt plus que jamais à la pratique de leurrèsli- Ruperl et Conrad, qui lui soccédèrent d* suite, y maintinrent aussi la régularité: ma s Henri, leur successeur, qui fut tU l'an 1188 après la mon deC mrad, semitplo« en peine du temporel que du spinlnrl. ev sorte que pentfant huit années qu'il fatabs. l'observancH régulière fut presque bannir de ce monastère. Il reconnut à la fin la fjo' qu'il avait faite, et, voulant en faire ponlenre, il se démit de ion abbaye en ll^i^" contentant du prieuré de RoCh, que les rrigî( ux d'Hirsauge lui laissèrent pour son rs trelien,du con>entement de l'abbé Marquai, qui fut son successeur.
Celui-ci était assez porté pour la rtfinh' rite, mais il ne put exécuter le dessein qu • avait de la rétablir dans son monastèrf. i**' étant empêché par les affaires qu'il eu. «