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Franei, et à a joule r : comme à Moulins et en d^autres lieux* Il aarait du les nommcry s'il tes connaissait: il aurait dû aussi nommer les dames de THôlel-Dieu de Meaux. H est probable qn*il manquait de renseignements. On ne peut donc savoir, et vraisemblablement on ne saura jamais, quelles sont les maisons hospitalières de la Gliation de l'Hôtel-Dieu de Paris. Quoi qu'il en soit, ces maisons demeurèrent indépendantes et vrai^ semblâblemeot modifièrent leurs constitutions et leur costume suivant les localités. Ainsi, à Meaux, la ct^lonie garde toujours rhabit noir, et ne porte point ce $arrau de luile blanche, dont parle Hélvot, et qu'ont CD eiïet leurs Mères de Paris, pour le travail des jours ouvriers. Vers l'année 1845, un hôpital géuéral ayant été établi à Mraux, les religieuses dont uaus parlons ont quitté leur maison (détruite) et ont fondé une maison part culièrc qui est appelée, de la rue qu'elles habitent, la maison des religieuses de la Paii.

Depuis longtemps et jusqu'à la révolution, il y avait douze prc^tres chapelains à rUôttl-Dieu.Ccs ecclésiastiques y chantaient tous les jours les heures canoniales, auxquelles les religieuses devaient assister au* tant que possible. Aujourd'hui ces dames récitent elies-mémes l'office canonial du rite parisien, mais en français.

Grâces à Dieu, toutes no quittèrent pas l'Hàtel-Dicu lors des troubles de la révolution. Plusieurs partireut volontairement, ui.iis le corps de la communauté resta toujours dans la maison, on service des malades. Mais elles furent loncues années réduites à porter l'habit séculier et à souffrir les duretés et la grossièreté des hommes de ces circonstances.

Malheur k ces citoyennes si, par distraction, par crainte ou par habitude, elles qua- 1 Gaient du nom de monsieur les hommes du temps qui savaient bien leur parler suivant les habitudes de l'époque. Aucune néanmoins n a été guillotinée. H ne reste plus, au moment uù nous écrivons ceci, qu'une seule des rclig'euscs qui avaient survécu à ce^ malheureuses et cruelles épreuves. Cette Moiea été menacée alors de la prison et sur le point d'éire renfermée. — AprCs le concordat, les choses repr rent peu à peu les formes régulières dans la dircciioa de la communauté; mais on conçoit qu'il y eut des usages qu'on ne put reprendre, et qu'il resta, même dans ce qu'on fil, beaucoup à désirer. Nous avons )u dans Hclyot comment la communauté ivait été réformée, il y a deux siècles, parle zelc d*uDe pieuse religieuse. Le même zèle, pou après la révolution de 18J0, poria aussi quelques religieuses à essayer d'introduire plus de régularité dans le régime de l'iustitut. Elles n'eorent pas tout le succès déiirabie, peut-être n'y mirent-eilcs pus toute la prudence nécessaire.

Par suite peut-être des projets déjà nourris pour la réforme , les clei tiuns avaient luis à la place de prieure la U. M. des An* K^*»ct à la place importante de maîtresse

des novices, la R. M. Sainte*CéciIe. Ces deux dames, avec quelques autres religieuses, fu« rent l'âme du pieux complot qu elles nonrrissaient dans Tesprit de toutes les novices, et qui était partagé par plusieurs filles de l'institut de Saint-Vincent-de-Paul, par Taumônier, M. l'abbé le Clère, etc. Les réunions, qu'on ne pot tenir assez secrètement, piquaient la curiosité, et excitèrent peut-être aussi l'émulation de celles qui n'étaient point dans le projet. Nous prenons ici l'expression la plus douce. Une des religieuses entrées dans les assemblées provisoires (la M. Saint-Landry, morte depuis ce temps-là) trahit les autres et alla découvrir ce qu'elle avait entendu à l'ex-prienr, qui aussitôt fil appeler le supérieur ecclésiastique de la maison. (C'était alora M. l'ahbé Salandrc, vicaire général de Paris.) Celui-ci, au lieu de réfiéchir et de mûrir l'affaire, alla promptemont demander compte do cette intrigue à la Mère des Anges, qui eut la faiblesse de manquer de franchise. Le plus grand nombre des religieuses fut donc contre le projet nouveau, qui n'a jamais été bien connu, et vit Tautorité ecclésiastique de son bord. Les choses en vinrent au point que le promoteur du diocèse fit une enquête, et interrOf^ea toutes les Mères. Ce promoteur était alors M. l'abbé Quautin. Le récit que nous avions à faire était nécessaire ici. Nous n'osons dire tout ce que nous savons.

Il est difficile de ne pas blesser l'amourpropre en nommant quelques personnes qui vivent encore, ou la susceptibilité de queU ques autres en parlant de celles qui ne sont plus aujourd'hui, telles que le respectable abhéSalandre et l'abbé Quanlin. Nous n'avons pourtant l'envie de blesser personne, et notre unique désir comme notre but est de servir la vérité de l'histoire. Nous nous bornerons donc à dire que les religieuses de rUôtel-Dicu, même tes plus cap:ibles,et nous parlons de celles qui n'étalent pas dans le projet de réforme, ont blâmé et condamné la manière d*agir du promoteur, qui, au lieu de les interroger simplement, excitait leurs réponses contre les religieuses en cause. La révérende Mère*** osa lui faire remarquer ce procédé. Les choses se tcrminèreut par la sortie et peut-être 1 expulsion des religieuses qui avaient nourri et fomenté le projet do réforme. Ces religieuses étaient la révérende Mère des Anges, prieure ; la révérende Mère Saiute-Cécile, maltresse des novices; la révérende Mère de la Trinité; la révérende Mère Saint-Lazare, et une ou deux autres avec toutes les novices qui se trouvaient alors à l'Hôtel-Dieu, au nombre de douze, n'en laissant qu'une dont les moyens bornés ne pouvaient leur convenir et que les autres eu effet n'ont point gardée. Grâces à Dieu, cette affaire n'eut point d'éclat daus le public et ne fut appréciée que par les personnes qui comprennent combien il est di'ficile de s'enlcn* dre à la supériorité et au gouvernemeni d une maison religieuse. Les Mères qui sortirent se retirèrent momcntaocmcut à Versailles. Ceci se pubsaitau miliru de l'auuée

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

1835, La Mère La Trinité el la HtVc des Anges sonl restées à la luaisou de Grand* Cliamp à Versailles. Les antres sont allées, avec leurs novices et le pieux aumônier de l.'i communauté de l'Hôtel-Dieu, M. Tabbé Le Clère, diriger un hôpital à An?erSy en Belgique, dV>ù elles ont déjà envoyé une colonie à un hôpital de Liège. Ainsi la religion a trouvé son proGtà ces diyisions apparenlesy où avec de bons desseins de part et d*auire on sert ceux de Dieu sans en connaître les Toîes. Les novices restées dans les deux autres maisons de Paris, celles qu'on reçut bientôt à môtel-Dieu, firent que le départ des anciennes fut presque insensible. Il exis« lait autrefois des préventions contre le jansénisme des religieuses de l'Hôtel-Dicu de Paris. Ces préfentions étaient peut-élre trop généralisées, mais elles étaient fondées^, nous en pourrions fournir des preuves. Aujourd'hui cette prévention existe encore en quelques personnes, elle est une injustice d'autant plus coupable, que ceux qui produisent à cet égard leurs rcnsées, parlent sans avoir approfondi les choses, et blessent les intérêts d'une communauté respectable qui se verrait privée quelquefois de sujets aptes à Taugmenter, p::r l'imprudence de quelques hommes irréfléchis.

On no voit plus à l'Hôtel-Dieu de ces $muri données^ dont parle Héljot. Les religieuses de cette maison ont toujours eu la direction de Thôpital Saint-Louis, et elles n*aTaient autrefois que ces deux maisons-là. Depuis la révolntioui elles ont desservi pendant quelque temps l'hôpital de la Pitié^ qu'elles quittèrent en 1818, et celui do la Cha" ritéf qu'elles quittèrent en 1816. Depuis une douzaine d'années,ellcs sont rentrées au service de ce dernier el desservent également l'annexe de rHôiel-Dieu^ située au faubou'g Saint-Antoine. Ces quatre maisons de Paris «ml bien chacune une supérieure locale, mais elles ne Tint néanmoins qu*iine seule famille. Les religieuses ont ubé.liencc d'une maitfon à l'autre, et les novices doivent être envoyées à toutes avant d'être admises à la profess on, qui n'est accordée que sur le suffrage des Mères de toute s les maisons. Dans ces quatre établissements , il y a en (olalité, au moment où nous écrivons, saixautc.cinq profrs^es et vingt-six novices.

Renseignements fournis par la révérende itère N., religieuse de cet institut depuis rannée i8i6. B d-e.

HUBKRT(CHBVALIRnSDBl/onDIIBDBSj|llfT^).

Raynand lit, dtic do Juliers et de Gueldres, étant mort l'an H23,AdolpheII, comte i\ii Mons, lui succéda, et reçut l'investiture des duchés de Juliers vi de Gucidrcs de Tempereur Sigismond, l'an 1^23. Mais Arnould d^Egmond, qui avait des prétentions sur ces provinces, s'empara du duché deGueIdres, et i*nlra avec des troupes dans le pa}S do Juliers : ce qui obligea Adolphe de taire un acrurd avec lui, par Irquel il lui céda pour toujours le duché de Gue!drc<, lui donna dix mille flor ns pour ses autres prétentions, cl

fit une trêve avec loi pour dîx ans. Adolphe étant mort sans enfants, et Gérard V, st»n neveu, ayant succédé au duché de Juliers l'an 1437, Arnould d*Bgmond, renonvelanl ses prétentions sur ce duché, y rentra avec une armée l'an 1U%; mais il fut défait ç^t Gérard, qui remporta sur lui une célèbre victoire le jour de Saint-Hubert de la même année. C*est en mémoire de cette victoire que quelques historiens, comme Schoonebeck cl le P. Donanni, disent que ce prince institua, l'an lus, un ordrede chevalerie sons le nom et la protection de saint Hubert; d'aolrcs, comme Aubert le Mire et l'abbé GiustiDiani, ne mettent rinstilution de cet ordre que l'an U73 ou U77. Mais il ne peut pas avoir été institué Tan 1^77, puisque Gérard mourut l'an 14-75 ; et il y a plus d'apparence que ce prince, qui avait vaincu le doc de Goel* dres l'an 1444, le jour de Saint-Hoberl, in* stitiia son ordre la même année ou l'année suivante.

Ces auteurs ne s^accordcnt point non pins sur la forme du collier de cet ordre. Schoonebeck dit quMI était composé de plusieurs cors de chasse où pendait une médaille avec l'image de saint Hnbrrt. Le P. Bonanni dit seulement que ce collier était d'or, où peo* dait cette médaille. L*abbé Giustiniani prétend qu'on ne sait point quelle était la marque de cet ordre, et Aubert le Mire assure que les statuts de cet ardre sont écrits en langue allemande et qu'on les trouve manuscrits dans la maison des Cortcmbachs et chez d'autres, avec le catalogue des chevaliers jusqu'en l'an 1487, parmi lesqueN Ton voit les comtes de Limbourg, de Tekiem* bourg et de Nassaw, les barons de Herod, de Pallence, de Sombeff, de Birgel, de ll\'l.iten, do Blungart et d'autres; mais il ne marque point ce qui distinguait ces chevaliers.

Quoi qu'il en soit, après la mort de Jean- Guillaume, duc de Juliers, sur les différends qui survinrent an sujet de sa sucie^sinn entre l'électeur de Brandebourg et Woifani;- Guillaume, duc de Neubourg, ces princes firent un accord entre eux. par lequel le duché de Juliers échut au duc de Neubourg. Charles, comte palatin da Rhin, et huitième électeur de l'Empire, étant mort s.ins enfjuts 1 an 1685, Philippe-Guillanme, duc de Neu* bourg et de Juliers, par la faveur de l*emperenr Léopold*Ignace, qui avait épousé une de ses filles, succéda au palalinat do Rhin et à la dignité d'électeur. Cet électorat avait été créé en faveur de Charles-Louis, conite pa-latin du Rhin, conformément au traité de Munsler de l'an 1648, quoique par la Bulle d'Or il ne doive y avoir que sept électeurs de l'Empire; niais ce fut l'expédient que Pnn trouva pour pacifier les deux branches palatines, I une que l'on appelle Kod Iphine, qui est celle des comtes palatins, et Taufre qu'on nomme Guillelmine, qui est celle des ducs de Bavière, qui avait été mise en possession de la dignité d'électeur, do il Ferdinand \\ comte palatin du Rhin, avait été priié par Tempcrcur Ferdinand II» Tan 1623, pour

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afoir Accepté la coaronne de Duhéme, qui lui a?ail été offerte par les rebelles de ce roTiiotne.

En créant ce holtième électoral, on arail aosfli en même temps créé la charge do grand trésorier de TEmpirc poor y être attachée, afin de dédommager cet électeur de la charge d*archimaltre d*hôtel attachée à réiectoral, possédée par le dnc de Ra?iére. Mais Haximilien-Marie , doc de Bayiére , ayant été privé de son élector.it contre les luis de l*Hmpire« par l'empereur Joseph, à cause que ce prince avait soutenu les droits et les libertés du même Empire et qu'il avait reconno pour roi d'Bspagne Philippe V (peiit-fils de Louis XIV, roi de France), que Charles II avait appelé à la succession de 1 1 monarchie d'Espagne par un (es'ament qu'il fit quelque temps avant sa mort, la charge (l'arehimattre d'hôtel de l'Empire, attachée a l'électoral du duc de Bavière, fut rendue par le même empereur à réiectcur palatin Jean-Guillaume, dncdeNeobourg, qui, pour en conserver lu mémoire, voulut, comme iluc de Julicrs, rétablir 1 ordre de Saint- Hubert, qui était depuis longtemps aboli. Ce phnceconfcra cetordreà plusieurs seigneurs de sa cour, auxquels il assigna des pension» rotisidérables, à condition que de ces pensions inséraient obligés d'en donner la dixième partie pour l'entretien des pauvres de l'hô* pilai, et qu'ils donneraient aussi le iour de ienr réception dans Tordre cent hongres (l*or. Ce^ chevaliers aux jours solennels sont habillés de noir à l'espagnole, excepté qu'ils n*ont point de gobile. Ils ont sur cet habil une chaîne d*or pendue au cou à laquelle est attachée une croix d'or large de quatre doigts et ornée de diamants, au milieu de laquelle est l'image de saint Hubert A genoux, priant devant un crucifix qui est entre le bois d'un «erf; et aa cété gauche de leur pourpoint ils ont en broderie d'or on cercle entouré de Mjons, au milieu duquel, sur un foud rouge, sont ces paroles en langue allemande : Dc" meur$t ferme dam la foi (1). Hors les cérétitonies et les Têtes solennelles, ils ne portent l'oint le collier et ont sur leurs habits ordi- I aires un ruban rouge en écharpe, passant (•epuis l'épaule gauche jusqu'à la hanche iiroite, auquel ruban est attachée la croix, et au c6lc gauche de leurs justaucorps, iov.tle dont nous avons parlé.

Wernhcr Teschcn Mâcher, Annal. Cliviœ^ Jnhanœ^ etc., pag. %03 et 515. Schoonebeck, lliiloire dn Ordres mititairei. lom. 11. Doi:anni, 6 a/a/oj^. Ord.militar. Aubert le Mire, Or go e-^utêt. Ord. Bernard Giustiniaoi, ili$t^ Chronol. de gli Ord. militari.

HUMILIÉS (Ordre des).

i I. Du religieux de l'ordre de$ Humiliée et de leur euppreesion.

Les diiTérrnts sentiments que les écrivains (|oi ont parle de Tordre des Humiliés ont eus touchant son originelles uns la mellani

(i) Vn^r., àIjUi du\ol.,ii« 118.

en 1190, sous r«;mptre de Frédéric Barbe* rousse, d'antres en 1180, quel(|iies-uns en 1196, et plusieurs enfin la f.iisant remonter jusqu'en l'an 1017, sous l'empire d'Henri H surnommé le Saint, m'ont obligé d'avoir recours aux religieuses de cet ordre pour savoir si elles n'auraient point d'anciens litres qui pussent lever ces difficultés. Si je n'en ai point été tout à faitéclairci par les mémoires ni m*ont été envoyés en 1709 par l'abbesse o monastère de Sainl-Rrasmc de Milan, j'ai au moins appris beaucoup de particularités concernant cet ordre qui ont été inconnues jusqu'à présent. Et, comme dans ces mèmoi* res on cite souvent une chronique de cet ordre composée en latin. Tan lil9, par le P. Jérôme Toreccbio (prévét du couvent que les Humiliés avaient à la Porte-Neuve à Milan), et que Ton me marque qu'elle se trouve dans la fameuse bibliothèque Ambrosiennc de la même ville, dans le désir que j'avais de découvrir la vérité, je me sul^ adressé à d'autres personnes desquelles j*espérais de p?us grands éclaircissements; mais je n*ai pas eu un succès plus heureux dans celle se* condc tentative, puisque les mémoires que j'en ai reçus en 1710 ne dîfTèrent des premiers qu'en ce qu'ils m'ont appris de plus qu'il y avait dans la même bibliothèque une autre chronique de cet ordre composée aussi en latin, en 1&93, par le P. Marc Bosto, avec des ordonnances des chapitres généraux do cette congrégation, la règle de saint Benoit adaptée pour los religieux Humiliés, leurs constitutions, un catalogue de leurs saints et de leurs bienbeureux, avec un abrégé do leur vie, et quantité d'autres pièces qui font qua're volumes in-folio , et que Pierre Puri« ce li (qui donn.i eu 1G33 les monuments do I Eglise ainhrosienne)avaittraduit en italien ces di'ux chroniques et toutes ces autres pièces, qu'il avait ramassées et écrites de sa main, d.ins le dessein de donner au public une histoire de cet ordre, que le P. Papebroch dit avoir vue eutre les mains de si a héritiers.

Ce qui fiattail le p!us mes espérances, (*est que je m'attendais que cette chronique du P. Toreccbio, qui est le plus ancien original que l'on m'indiquait dans ces mémoires, me donnerait quelque connaissance de ce que je cherchais ; mais ce que cet auteur met sur rétablissement de cet ordre est si peu probable et s'accorde si mal avec la chronologie, que nous ne pouvons pas adhérer à son s<ialiment. Voici ce qu'il en dit.

Le$ villes de Pavie, de Lodi, de Crémone, et quelques autres de Lombardie, principalement celle de Milan, s'étanl révoltées contre l'empereur Henri, ce prince, étant passé en Italie, remit ces villes sous son obéissance, et, pour châtier les chefs des rebelles, qui étaient les personnes les plus considérables d'entre la noblesse, il le^i mena prisonniers en Allemagne. Ces gentilshommes se lassant de leur captivité, le lûeubeureux Gui| qui s'était acquis beaucoup de crédit

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

p:irnii eux, les exhorta à profiter de lear m.illieur el de faire un yéritable retour vers Dieu, eo méprisanl toutes les TaniCés de ce monde, dont l'inconsiance leur était connue par leur propre expérieuce, et en s*exerçanl dans la pratique des vertus. Ces ffenlilshominc3f ayant suivi S(;n avis» se revêtirent, l'an 1017 , d*babits de couleur cendrée, qui cou* sislaient en une robe de gros drap , ceinle d'une ceinture de même étoffe, avec un grand manteau qui descendait ju$qu*à terre, et des bonnets de même étoffe pour couvrir leur tête (1). Les exercices de piété, de charité et de moriincation qu'ils pratiquaient, étant venus à la connaissance de Tempereur, il les Gt venir en sa présence , où s'étant prosternés à ses pieds les larmes aux yeux, les premières paroles que ce prince leur dit furent celles qui suivent : voui voilà donc à la fin humiliés; et t après avoir continuée leur dire queUiuo chose de leur rébellion passée, sur les assurances qu'ils lui donnèrent de leur ndélitéà son service et de la résolu ion ou ils étaient de continuer le genre de vie qu'ils avaient entrepris, il leur accorda la liberté, leur permettant de retouruer en leur pays.

Etant arrives en Lombardie, leurs femmes les voulurent imiter dans leurs exercices de piété el daus la pratique des vertus ; elles se revêtirent aussi d*babits de même couleur, el, comme leurs maris introduisirent la fabrique des étoffes de laine, auxquelles ils travaillaient eux-mêmes, el'es s'employaient aussi à filer la laine. Mais, daus le séjour que saint Bernard fit à Milan, les Humiliés (que Ton nommait les Bti retins de la Pénitence, à caus3 qu'ils portaient un gnis bonnet que les Italiens appellent barettino^ outre qu'ils se servent quelquefois de ce terme pour signifier le gris brun qui était la couleur de leur habit) prièrent ce saint do leur prescrire quelques règlements pour leur conduite. Il leur conseilla de se séparer de leurs femmes et de vivre en commun. 11 les exhorta aussi de se mettre sous la protecsion de la sainte Vierge, et pour cet effet de changer leurshabits cendrés en habits blancs, pour marquer In pureté de leur âme.

Tels fu:cntles commencements de l'ordre des Humiliés selon le P. Torecchio, le plus ancien historien de cet ordre : mais, si l'on considère que saint Bernard n*alla à Milan que Tan 113^, etqu*il y aurait déjà eu près de six*vingts années d*écoolées depuis le retour de ces gentilshommes en Lombardie. on trouvera que cela ne peut pas être arrivé sous Vi mperenr Hrnri 11, n*y ayant pas d'apparence qu'ils eussent été sans règlements pour leur conduite depuis l'an 1017 jusqu*en 113^1', d'autant plus que le P. Turecchij parle comme s'il n'y avait que quelques années qu'ils eussent embrassé ce nouveau geuredo «ie lorsque saint Bernard alla a Milan. Ainsi il parait plus vraisemblable que cet ordre n'a commencé que l'an 1117, sous l'empereur Henri V, qui, après avoir soumis par la f jrco

de ses armes plusieurs vHIcs de Lombanlie qui ne youlaicnt pas le reconnattre pour souverain après la mort de la comtesse Hathilde, dont il était héritier, avrail pu avoir envoyé en Allemagne, ou comme prisonniers de guerre, ou comme rebelles, des fenlilshommes de Lombardie, qui» enfin lasséii de leur captivité, se seraient revêtus d'habits de pénitence pour implorer la miséricorde de l'empereur et en obtenir la permissioo de retourner en leur pays.

Quoi qu'il en soit, l'ordre des Humiliés doit être regardé en trois élals différents, qui oai été appelés dans cet ordre même, premier, second et troisième ordre. Le premier est celui des Berretins de la Pénitence^qui a pris son origine en Allemagne, lorsque ces gentilshommes lombards, qui avaient été cou* duits prisonniers embrassèrent sous un habit de couleur de cendre une vie pénitente, el formèrent entre eux une société pour pratiquer les mêmes exercices de piété, d'oraisons et de mortification, et rétablirent à leur retour en Italie les manufactures de laine, donnant à travailler â une infinité de pao* vres artisans, s'occupant eux-mêmes i faire des draps, vivant du travail de lenrs malus, et distribuant aux pauvres ce qui leur restait de leur gain, après en avoir pris ce qui était nécessaire pour la vie.

Le second commença lorsque. Tan 1131, par le conseil de saint Bernard , ils se séparèrent de leurs femmes pour vivre dans ta continence, prirent des habits blancs pour marquer la pureté de leur flme, s'engagèrent à un nouveau genre de vie et jetèrent les foudemeu<s de leur premier mona^lète â Milan au quartier de Brera. lis ne changèrent rien à la forme de leur habillement : il coo« sistaitenune robe et un manteau de drap blanc, avec de gros bonnets bl.incs pour couvrir leur tête au lieu de ceux de drap gris qu'ils portaient auparavant. Us récitaient toutes les semaines le Psautier, s'exerçiieul à beaucoup d'autres œuvres pieu.>es, et tant à cause de rhum'ilité de la sainte Vierge, À laquelle ils avaient beaucoup de dévotion et qu'iU prirent pour leur protectrice, qu'à cause que rcmpereur, lorsqu'ils se prosirruèrent à ses pieds, leur avait dit qu'ils étaient enfin humiliés, ils prirent le nom il'Humiliés et quittèrent celui de Berretins,

Enlin le troisième ordre • et celui qui a subsisté jusqu'à leur suppression, commença lorsqu'ils embrassèrent la règle de saint Benoit el qu'ils apportèrent encore du changemenldans leur liabillenient : car ils prirent un scapulairc auquel était attaché un pe itca* puce, et portaient par-de-âus le manteau long, ou chape, une musette blanche (2). Ce fut à la persuasion de saint Jean de Meda qu'ils suivirent la règle de saint Benoit II était de la famille des Oidratî de Milan, qui, selon Morigia, a donné à l'Eplise deux f^r^ dinaux, quatre archevêques de Milan, dent évêques de Novare, et un général à l'ordre de Saint-Dominique. Le surnom de J/rc/u lai fst

(1) IV. ^ bi <in «lu vol., Q* 113.

(!) Votj., à la Gn du vol., n* liO.

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donne, parce qa*il neqnit dam ee liea« qui esl éloigné de dii milles de la ville de GAme en Italie, dont même il était seigneur; mais il renonça à tontes les richesses de la terre, et se reiiri dans la solitude de Kondenario, sur la rivière de Coscia* à quelque distance de la ville de CAme, où Ton prétend qu'étant un jour en oraison, la sainte Vierge s'apparut à lui, et que lui montrant un habit blanc, elle lui ordonna d*aller se joind e aux Hu« niiliés à Milan. Il fut reçu dans le couvent de Brera , et comme il était déjà prêtre, et le seul de cet ordre, qui n'était pour lors composé que de frères lais, la dignité de son caractère, jointe i ses grandes vertus et à la sainteté de sa vie, loi attira tellement l'amour et le respect de tous les religieux, qu'ils se soumirent à sa conduite.

Ce fut pour lors qu'il leur fit prendre la règle de saint Benoit, avec l'habillement dont nous avons parlé. Il leur dressa un bréviaire particulier sons le titre d'office des chanoines. En effet ils prirent ce nom, et, dans la règle de saint Benoit qu'ils suivaient, rt qui leur était adaptée, les noms de moines et de frères sont changés en celui de chaitoina. Il les obligea aussi à dire tous les jours l'ofOce de la Vierge (ce que quelques monastères de religieuses du niême ordre observent encore à présent), et il fit prendre les ordres sacrés à ceux qu'il jugea avoir assez de piété et de science pour s'en rendre capables. Pour lui, il s*adonna à la prédication, et fit tant de conversions, qu'un grand nombre de personnes, autant touchées de ses paroles qu'édifiées par sa conduite, entrèrent dans cet ordre. 11 y en eut plusieurs qui y donnèrent leurs biens , ce qui donna le moyen à saint Jean de Meda de faire plusieurs établissements dans la Lombardic ; de sorte qu'en peu de temps cet ordre fit beaucoup de progrès sous sa conduite : ce qui lui a acquis le titre de Propagateur de l'ordre des Humiliée. Il acheta Hondenario, qui était la lieu de sa première retraite. Il y lit bAtir une église, qui fut dédiée en l'honnear de la sainte Vierge et de tous les saints, ei il y joignit plusieurs cellules. Dieu fit paraître par plusieurs miracles combien les charités que ce saint faisait aux pauvres lui elnient agréables : car, dans une cherté d*hnile, ayant ordonné à ses religieux de n'en point refuser aux pauvres qui en demanderaient, le vaisseau où on la conservait se trouva toujours plein , nonobstant lu faraude distribution que Ton en faisait. Bntin, après avoir gouverné cet ordre pendant plusieurs années, il mourut le ^6 septembre 1159. Les miracles qu'il avait faits pendant sa vie, et qui continuèrent après sa mort, le Tirent mettre au catalogue des saints par le pape Alexandre III. On voit son tombeau dins l'églinedc Rondenario,où il fut enterré, tiette églîse est présentement occupée par les clercs régulie>'s Somasques.

Alexandn* III avait succédé h Adrien IV, quj était mort aussi au mois de septembre 1159. Il avait été élu paria plus grande partie des cardinaux; mais les autres lui Uou-

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nèrent an compétiteur, qui fut l'antipape Victor IV, que l'empereur Frédéric Barberousse reconnut comme léj^ltime, ce qui causa un schisme dans l'Eglise. D'abord les Milanais et le reste de la Lombardie rccon - Durent aussi Victor; mais, la cause d'Alexandre ajrant été examinée et trouvée bonne par les rois de France et d'Angleterre, qui le prirent sous leur protection, les Milanais se rangèrent de leur côté, et chassèrent les partisans de l'empereur et de Victor : ce qui obligea Frédéric de venir encore assiéger cette ville, qu'il avait déjà soumise une (ois à son obéissance* Ce dernier siège fut si opiniâtre, que l'empereur après s'être rendu maître de cette ville l'an 1162, la fit entièrement démolir, hors les églises. Il la fit mémo labourer avec une charrue, y fit semer du sel, en mémoire de sa rébellion , et envoya prisonniers en Allemagne ceux qui en avaient été les principaux auteurs. Ces prisonniers, qui se ressouvinrent de ce qui était autrefois arrivé aux Humiliés dans une pareille captivité, firent vœu d'entrer parmi eux, et défaire bâtir une église à Milan, s'ils pouvaient obtenir leur liberté. Ils se revêtir rent d'habits blancs comme les Humiliés, et allèrent se prosterner aux pieds de l'emporrur, dont ils itnplorèrent la miséricorde, et lui demandèrent la permission de retourner en leur pays ; ce qu'il leur accorda. A leur retour, ils accomplirent leur vœu, et firent bâtir une église magnifique à Milan, au quartier de Brera, qui subsiste encore aujourd'hui, et qui a été donnée aux Jésuites après la suppression des Humiliés.

La paix ayanlété rendue à l'Italie, leur ordre se multiplia beaucoup. Il fut approuvé Tan 1200 par le pape innocent 111, et confirmé par ses successeurs, Honorius III, l'an 1226; Grégoire IX, l'an 1227; Nicolas IV, l'an 1289, et par plusieurs autres souverains pontifes, qui lui accordèrent beaucoup do privilèges. Le supérieur de cet ordre ne prit le titre de général qne Tan 12fc6. Le premier fui Bertrand de Brcscla. Il y en a eu trente*

Suaire de suite jusqu'en l'an 1570, que l'orre fut supprimé par le pape Pie V.

Tandis qu'il se conserva dans la ferveur et dans l'esprit de son fondateur, et que la règle de saint Benoit y fut fidèlement, observée, sa réputation se répandit de toutes parts. Il en sortit un grand nombre d*excel« lents religieux, dont quelques-uns ont mérité le litre do saints et de bienheureux, et d'autres ont été élevés aux premières dignités de l'Eglise : ses biens et ses revenus augmentèrent de jour en jour par la piété des fidèles; mais le temps et les richesses y produisirent le rrlâchement, et la propriété s'y éleva sur les ruines de la discipline régulière. Les supérieurs, qu'on appelait prévôts, se rendirent maîtres du revenu des monastères, et s'en attribuèrent enfin la jouissance, de même que s'ils en avaient été les titulaires; et les prévôts, devenus perpétuels, ne donnaient que ce qu'ils voulaient h leurs religieux, qui avaient)^ peine de quoi 'vivre, lis résignèrent ensuite ces places

DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIEUX

eonime de féritablrs bénéfices dont ils aaraient en le pouvoir de disposer; ce qui était la source d'une infinilé d*abus : car on reeevail très-peu de relifi^ieuz dans les m'iisons de l'ordre ; les prèvÀls, par avarice, en retranchaient le nombre autant qu'ils pouvaient, afin d'avoir plus d'occasions di» grossir leurs rcfenos, enlevant ainsi à Dieu dos revenus que leurs fondateurs avaient consacrés à l'entretien du temple de sa majesté divine et de ceux qui devaienly chanter ses louang«'S jour et nuit. Mais c'est ec qui neles embarrassait guère : au contraire on n'y recevail ordinairement que des sujets indignes et ignorants, et pour la plupart adonnés à toutes sortes de vices, afin qu'ils ne fussent pas en état par leur bonne conduite et leur rapacité de déposséder ceux qui s'étaient emparés des supériorités, qui, enrichis de tant d'injustes dépouil- Ivs, menaient une vie si licencieuse, qu'ils ne refusaient rien à leur sensualité : ils ne marchaient qu'avec do grands équipages ; ils allaient à la chasse, et étaient continuellement dans les jeux et dans les plaisirs, se souciant fort peu de ce qui regardait la conduite de leurs monastères, où les religieux, à leur exemple, faisaient itonte aux séculiers les plus débauchés, qu'ils surpassaient dans leurs excès.

Tel était l'état déplorable do cet ordre, lorsque saint Cb.irles, qui en était protecteur, forma le dessein d'3 faire revivre les observances régulières qui en étaiçni bannies. Il avait déjà ébauché cette entreprise par un commissaire qui y fui envoyé sous le pontificat de Pie IV, avec ordre d'y travailler, aussi bien que par divers règlements qu'il fit faire dans un chapitre général qui se tint a Ifilan ; mais le peu d'effet qu'eurent les remontrances du commissaire et les règlements de cothapitro, lui ayant fait connaître qu'il était nécessaire d'employer l'autorité du pape, il eu parla à Pie V, qui ordonna qu'à l'avenir le« prévôts ne seraient plus perpétuels, mais pour un temps, et qu'on établirait MU noviciat pour y élever les jeunes gens dans l'esprit de l'institut et la véritable observance de la discipline régulière. Sa Sainteté accorda pour cet eiTct au saint cardinal deux brefs : Tun par lequel il lui donnait pouvoir de lever la dixième partie des revenus de toutes les prévôté pour contribuer à l'clablissement et é rentretieo du noviciat, et l'aulre par lequel il ledcléguaitcommecommissaire apostolique, pour faire tout ce qu'il jugerait à propos pour la réforme de ci*t ordre. En vertu do ces brefs, II convoqua le «hapitro général, qui se tint  Crémone l'an 1508, où il âta aux religieux tout ce qu'ils avaient en propre, et les obligea de mettre en coHiniun tous les biens de chaque oionastère, dans lesquels il établit pour cela un trésoiier. Il ordonna (|u*oii changerait tous les trois ans les prévôts dans le chapitre général, où ils fccrairut é:us à la puralité oes voix, ef que nui d'eux ne pourrait jamais portiT cette qualité en tilre et pour tou- H)iArs ; ot eu même temps il fit élire le géné-

ral, qui fut le P. Louis de la Baslticate, pré* vét de Sainte-Catherine de Crémone.

La plupart des religieux particnliers reçurent avec beaucoup de joie tes onkinnances de saint Charles, et témoignèrent d*abor<l de s'y vouloir soumettre ; mais les prévôts au contraire ne pensèrent qu'à s'opposera leur exécution et à se maintenir dans la supériorité. Ils tflchèrent par toutes sortes de votn do faire condescendre le pape à les appojfr dans leurs prétentions , mais ce fut inutilement ; car ce pontife ayant renvové cette alTaire à saint Charles, ce cardinal demeura ferme dans ce qu'il avait ordonné, et voulut que ses ordonnances fussent ponctuellemcut exécutées.

La grande autorité de ce saint, jointe à s.i fermeté inébranlable, leur fit tellement 4>crdre Fespérance de réussir dans leur antr*^ prise, qu'ils ne s'attendaient à ries meini que de se voir obligés à embrasser In réfarme : ce qui leur étant la chose dn monde la plus sensible et la plus opposée à leurs plaisirs, les mettait dans des transports excessifs de colère contre le saint cardinal, i qui ils souhaitaient tous les maux imaginables : mais trois d'entre eui, qui firent les prévAti de Vcrceil, de Garavago et de Vérone, plus passionnés que les autres, noncjntents d* lui souhaiter mille morts, conrinrent par une entreprise la plus impie et la plos barbare qu'on ait jamais pu concevoir, de le faire tuer, ils communiquèrent leur desseia à quelques autres eompagnons de leurs dérèglements, qui étaientdu mémeordre. Ceuxci approuvèrent cet attentat comme le moyra le plus sûr et |e plus court pour s*exemptrr de recevoir la réforme, mais principalemeat un certain Jérôme Douât, surnommé Farina. Ce malheureux, tout prêtre qu'il était, s'j olTril de lui-même, sans qu'on lui en parlii, pourvu qu'on voulût lui donner qnelqa* somme d'argent pour récompense. Les prévôts étant convenus avec lui pour quarante écus, songèrent où ils prendraient cet argent ; et ne trouvant point d'autres moyens pour en avoir sans s'incommoder, ou plutôt sans le tirer du leurs bourses, ils vendirent pour cet efEet l'argenterie et les oreemeai* de régllse de Brera, qui était la principale maison de l'ordre i Milan. Farina, apié* a« oir dépensé son argent dans les cabarets, voulant exécuter l'assassinat dont il éua convenu, trouva le moyen un mercredi ii octobre de l'an 1569, de s'introduire secrèrement dans la chapelle du saint cardinal, et lui tira un coup d'arquebu«e pendant qu'il faisait la prière du soir avec ses doine»liques. Mais que peut la malice des bomm» contre la puissance de Dieu ? Par un effoi de cette protection divine, qui veil!e loo* joursà la conservation de ses sa.o's, la balle ayant frappé le cardinal à rêp.ne du dos, ne fit que noircir son roehcl et tomba i ê* pieds. Il n'y eul qn*un carreau qui perça s s babils jusqu'à la chair sans ia*ro autre cUo^e qu'une peiile tumeur.

Quelques diligences que les officiers d? la justice fisseiit pour découvrir les auteurs

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