‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 62 sur 118 · IS.V · texte numérisé non relu

IS.V

Tabbé baYe qui est propre poor les Ermites, principaicmeot pour les oovîces, mais od ne sait quel était son monastère; Toa conjecture que cet abbé pourrait bien avoir véca dans rKgypte on la Tbébaïde. Il y en a encore une dans le Code des Règles composée par denx saints Macaire» par saint Sérapion, par saint Papbnoce et par trente-qaatre autres abbés. Cet abbé Sérapion est Sérapion de Nitrie» oa Sérapion d'Arsinoé. Saint Papbnoce était celui nui gou?eroait un monastère situé près dUéraclée, ville de la basse TbébaYde, eu nlutôt Papbnuce Bubale, prêtre da désert de âcélis* Les deux Uacaire sont sans doute les disciples de saint An« toine, et TAncien ou l'Egyptien» et sont difftrents d'un autre Macaire TAIeundrin ou le Jeune, dont on voit aussi une règle. Celuici était d'Alexandrie , lequel , ayant quitté l'emploi qu'il exerçait, embrassa la vie reli-

Sieuse, et fut un prodige de morJGcation et 'abstinence. Pour repousser les attaques de la volupté, il s'exposa nu dans un lieu pleiti de mouches, et y demeura pendant six moi$» de sorte qu*il en sortit tout déQguré comme un lépreux. Il alla une fois à Tabenne vêtu comme uo ariisan ; et, sans se taire connaître, il fut admis dans la communauté. Mais eosuite saini Pachome te reconnut par ré* ^éiationy et fut surpris de la rigueur de sa pénitence; car il se tint debout pendant le carême, mangea seulement, ou plutôt il fit semblant de manger on peu de légumes chaque dimanche. Il retourna en Egypte et continua d'y servir Dieu. 11 avait divt rses cellules et demeurait tanlét dans le désert de Nitrif , tantôt dans celui do Scétis et encore ailleurs. Enfin sa mort arriva yers le com* mencemcnl du v* siècle, et l'on prétend qu'il atait sous sa conduite cinq mille moines. QuelquesHins croient que la règle qui est sons son nom n'a point été écrite ni dictée |iar loi, mab que c'est seulement un recueil de ses niaximes et de l'observance régulière qui se pratiooait dans ses monastères, et que l'auteur de cette règle n'a vécu qu'après saint Jérôme. Qa attribue encore une règle monastique A saint Posthume,abbé dePisper, qoi succéda A saint Macaire dans le gouvernement des moines dont saint Antoine lui a«alt laissé la conduite ; et le diacre Vigile lit une collection des maximes et des coutumes des anciens moines sous le nom de Règle t)rientale.

il V a en sans doute d'autres règles dont on n a point de connaissance; car en Orient aussi bien qn*en Occident, il y avait presque autant de régies que de monastères, selon ce queditCasM 'U (Uà. it Institut ^^ e* 2;. La plupart en avaient d'écrites, quelques-uns observaient seulement ce qu'ils avaient appris do leurs anciens et qu'une suite de temps sans interruption y avait fait recevoir comme loi ; d'autres n'avaient pour règles que la volonté de leurs supérieurs (Ij. Comme toutes ees règles, soit écrites ou verbales, tendaient tentes à une même Ou, qui était de ne songer

uniquement qu'à Dieu et de ne s'occuper

Ïu'aux cliosos spirituellrs en se débarrassant e loutcequi pouvait y apporter quelque obstacle, c'est ce qui faisait que chaque monastère n'était pas si aitaché à une règle, qu'il n'en observAt encore quelques autres, selon que l'abbé le jugeait à pro;)Os : de sorte que daus un mémo monastère l'on observait plusieurs règles écrites, auxquelles on retranchait ou l'on ajoutait ce qui semblait plus convenable à ec monastère, eu égard au lieu où il était situé et au temps auquel on introduisait cette règle. Cependant, parmi une si grande diversité do règles, il y avait une si p^rande union entre les moines, qu'ils semblaient ne former qu'uno même congrégation par rapport aux observances et aux vêtements, qui étaientuniformes; c'est pourquoi on passait aisément d'un monastère en un antre, non-seulement des Lf'Hins aux Latins » des Grecs aux Grecs, mais encore des Latins aux Grecs, et des Grecs aux Latins.

De ces règles orientales dont nous avons parlé ci-dessus, celle de saint Macaire fut introduite dans le monastère de Lérins ea Proveiue, et dans celui de Réomay ou Monstier-Saint'Jean ea Bourgogne, aussi bien que dans celui de Saint-Seine. Le monaslèi'e de Saint-Mémin, proche d'Orléans, reçut celle de saint Antoine, ou du moins celle qui se trouve sous son nom, qoi fut observée aussi avec celle do saint Pachome et celle de saint Benoit, dans un monastère de filles fondé sous le titre de Sainte-Colombo et de Sainte-Agathe (/&td., /t6.xui, et tnappendice)^ comme il parait par les lettres apostoliques du pape Jean IV, uni confirment celte fondation à la recommanoation de devis II, roi de France. Celle du diacre Vigile sous le titre de Règle Orientale (Cod. Regul.)^ fut reçue dans queluues monastères du diocèse de Trêves. Enfin celle de saint BasUo dont nous avons parlé à l'arHcle de ce nom, fut reçue dans pres4]ue tous les monastères d'Italie, après qu'elle eut été traduite eo latin par KuQn (AnnaL Benedict. lib. i H viK Elle fut aussi introduite eo France dans quel* ques monastères, entre les autres duns l'abbaye bfllie par saint Yrier, proche de Limoges, qu'on appelle présentement de son nom Saint-Yrier-la-Perche. Ce saint y fit observer cette règle» conjointement avec les Institutions de Cassieo et les règles de tous les abbés qui avaient été les fondateurs de la vie monastique, seloo le témoignage de Grégoire de Tours (lib. x, c. 29).

L'on doit mettre ao nombre des règles d'Orient les Institutions de Cnssion, puisqu'il ne les rédigea par écrit qu'à la prière de Castor, évcque d'Api, qui avait fondé un monastère dans le diocèse de Nîmes, dans lequel il souhaitait faire observer les mêmes manières de vivre que cehes que Cassiun avait vu pratiquer aux moines d'Orient, et qu'il avait établies dans les deux maisons qu'il avait fondées 4 Uarscille. Ce ne fut (mi

il) Joaou. M4bill., Annai. Benedict, ^ tem. I, lib. i.

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

seulement en France que ces InsliluUons , auxquelles plusieurs écrivains ont donné le n»m de règle, furent observées, mais elles le furent encore en plusieurs nionaslèri's d*Bspagne (1), où» dans Tabbaje de Saint- Pierre d'Arlanre, il se trouve un manuscrit soos le titre de Regulœ Palrum^ qui renferme les règles de saint Macaire, de saint Pachouie, de saint Basile, de saint Cassien, de saint Benoltyde saint Isidore et desaint Fructueux, qui se IrouTcnt encoro avec celle de saint Posthume dans un autre manuscrit sous le même titre de Regulœ Patrum^ dans le mo« nasière de Saint-Pierre de Cardagne au diocèse de Burgos. D'où Ton doit conclure qu*a« vaut que la règle de saint Benoit fût reçue en Espagne, on y observait les règles de ^aiut Basile oo de Cassien, et pcttt-étre les deu^ ensemble.

A la vérité les écrits de Cassien, et snr!oul ses Conférences , qui contiennent les maxi* mes et les instructions qu'il avait apprises de la bouche di*s plus célèbres d*entre les Pères on abt)és des déserts d'Egypte, ne furent pas exempts dVrreurs. 11 y avait quelquessontiments qui ne s'accordaient pas avec la foi lou. hant le libre arbitre et la grâce. Saint Prospcr écrivit contre lui, et ne laisse pas de reconnaître sa sainteté, quoiqu'il combatte ses erreurs, qu'il ne défendit pas avec opiniâtreté. Vicfor, évéqne de Martyrit en Afrique, et quelques autres, ont purgé ces ouvrages de Cassien dos cireurs qu'il y avait; c'est pourquoi le célèbre Cassiodre, ayant bâii le monastère de Viviers dans la Calabre,

près deSqnilare, ordonna à ses religieux de garder la règle drs Pères et de s'appliquer avec grand soin à la lecture des irsitès île Cassien pour l'instruction des moines ; mais il les aiertil de les lire avec précaution et d'y joindre les corre< lions qu'y avait faites Victor, évéqoe de Martyrit.

C'est dans la règle de Cassien oo ses Insfi- (niions monastiques qu'on apprend qurl était l'babilleme.t des anciei^s moines d'Or eut. Ils avaient de petites tuniques de lin dont les maacbes ne venaient que jusqu'aux coudes. Ils portaient un capuchon ou froc qui leur descendait de la tète sur le haut drs épaules. Ils avaient deux bandes de laine qui, descendant du haut des épaules, se 5é* paraient et venaient se joindre sur l'estomac en serrant l'habit et le pressant sur le corps, afln qu'ils eussent les bras libres pour s'adonner plus facilement â toute sorte de tra« vail. Leur manteau était d'une matière fort

frossière qui leur couvrait le cou et les paules. Ils portaient nue robe de peau de chèvre oo de brebis et marchaient toujours no*pied9 ; maisdans le besoin ilsse servaient de sandales, qu'ils quittaient lorsqu'ils s'approchaient des S. S. mystères (2). La célèbre abbaye de Saint-Victor â Marsei le nous donnera encore occasion de parler deCassieo à l'article Victor.

ISIDORE (Saint-). Voy. Cêsaibb (Sai?(T-). ISTRIB (CoiiGaéGATioN nu Tibrs-Ordri DE Saint-Frarcois en). Foy. Sicile (Co.NGSftgation db}.

JACOBINS. Foy. Domirigains.

JACOBITES (Moines).

Les Jacobiles, que l'on devrait plutAt appeler Monophysiieit puisque ce nom convient particulièrement à ceux qui croient qu'il n'y a qu'une nature en Jésus-Christ, font pro* fossi6a de suivre la doctrine de Dioscore, patriarche d'Aleiandrio , de Sévère d'Antio* che, et de Jacques surnommé Zansale (3). Ils disent anathème à saint Léon et au concile do Chalcédoine, et ne reconnaissent qu'une nature en Jésus-Christ . comme une seule personne et une seule volonté. Us ont pris leur nom de ce Jacques dont nous venons de parler, parce qu'il a le plus contribué à maintenir celte hérésie et à l'étendre en Orient. Le surnom de Zanzale^ ou de BardaY, selon les Arabes, et que les Grecs expriment par celui de Baradat , lui fut donné à cause qu'il n'était ordinairement habillé que de haillons oo de pièces de ces grosses étoffes dont on couvre les chameaux. Il fut secrètement ordonné archevêque par les évéques de sa secte, qui étaient en prison en exécution des édits des empereurs contre les hérétiques; et, après avoir reçu d'eux une entière autorité, il alla dans toute la Syrie, la

(l)Rafy.Hif'. de Mandltf. Joanii. yaLillon., Annalm BemdicL^ lib. ui.

Mésopotamie et d'antres provinces . Partout oè il ne trouvait point d'évéque, il en ordonnait ainsi que des prêtres et dos diacres, et il en ordonna un si grand nombre , que le nom de Jacobites demeura à ceux de sa commsnion, qui Tout toujours en m si grande vénération, qu'ils l'ont même inséré dans leur calendrier. Mais, comme il j a quelques auteurs qui disent qu'il ét..it disciple et contemporain de Sévère, patriarche d'Antioclie, qui vivait i la On du V* siècle, rt qui soutenait, à ce qu'ils prétendent , les erreurs d'Eutycbès et de Dioscore, le P« Du Solier, de la compagnie de Jésus, dans son Traité bisiorique des Patriarches d'Alexandrie , prétend que ce ae fut que dans le vu* siècle que ee Jacqoes Zansale employa tous ses soins à Rassembler et à réunir les restes dispersés des sectateurs d'Kulychès et de Dioscore, divisés en pin* sieurs branches connues sous les noms de Sévériens , de Théodosiens , de GaTnalles et de Julianistes, et fort affaiblis par les penécntions qu'avaient excitées contre ent Ic4 Melchites ou orthodoxes , sous Fempirt de Jasiinien, do Justin dit le Jeune, de Tibère et de Maurice, et que des débris de ces bêré* tiques il forma un nouveau parti sons son nom. Il avoue que ce Jacques Zauiale pcol

(2) Voy , à ta fin du vol., n- 125.

13) Reuâudot, PerpéÊuiU de la fw, t. IT, br. K c I.

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