JE.V
choses de 9*afseDiblcr tous les «ins en chn* que diocèse pour conférer ensemble des choses qni regardent l'inslitul et procéder i réiccfion d*un visiteur » de quatre majeurs et d*un secrétaire , auxquels il appartient dVxamiuer ceux qui se présentent pour entrer dans la congrégation. Ceux qui ont été eiaminés et Ironvés capables doivent recevoir rhabil de révéque diocésain sous la juridiction duquel sont ces Ermites, ou dQ celui qQ*il aura commis ; et après avoir reçu rhabil i!s doivent être sous la conduite d*un maître qui les instruise des obserfs^nces de l'insliinl. L'office du visiteur est de faire les usités des Ermites , les corriger, leur donner des arts salutaires « et lui seul peut leur donner la permission de faire des voyages et de changer de demeure. Les majeurs sout les assesseurs du visiteur, oui lui servent de cqnseillers dans toutes les affaire^ qui concernent TinstitQt; et ce qu'ils ont déterminé doit être Inriulablement observé.
Ces visiteurs et majeur^ peuvent aussi chasser les incorrigibles» vagabonds et désobéissanU. Si qoclqu*On quitte l'habit de l'Institut on sort du diocèse pour aller dans un autre et y demeurer, il ne peut retourner ni être de nouveau rcço dans celui d'où il est sorti, sans le consentement du yisiteur et des majeurs. Quand ils ont atteint la quarante^ cinquième année de leur âge, et qu'ils ont demearé vingt-cinq ans dans l'instiiut, ils doivent faire profession entre les mains des éféqucs et en présence des visiteurs, du secrétaire et de deux témoins, en ces termes : Je !f, en préêenct de toute la cour céleste et dftout, Meshieun , voue et promets à Dieu^ à la bienheureuse Vierge^ à saint J^an-Baptittt notre patron • à tous les saints^ et à vous, if oniet^netsT, perpétuelle chasteté , pauvreté f obéissance et stabilité en tinstitut des £rmt« /'i, rettauré sous rinvocation de Saint'^Jean^ Baptiste.
L'habillement que le F. Michel de Sainte- Sabine orescririt à ces ermites consistait en noe tonique, une cuculle ou chaperon et un manteau de couleur tannée arec un soapalaire noir et une ceinture de cuir (I).
Le F. Jean-JacqueSy qui prit dan^ la suite le nom de Jean-Baptiste, et dont on a donné la vie au public en 1099 sous le nom d'un solitaire inconnu mort en Anjou, a été le propagateur de celle réforme, qu*il embrassa l'an 1G32. Peu après qu'il eut pris l'habit, il se retira dans rcrmitage de Saiat-Bodilleau docèsc de Vienne en Dauphiné, d'où il fut tiré Dour aller établir un ermitage dans le diocèse du Puy ; où ayant demeure tta an, il retourna dans celui de Saint-Budille, qu'il Muitia encore vers Tan 1653 pour aller à Aimecv, où il fut appelé par l'évéque dcGe*' nêve, Charirs-Auguste de Salest qui le chargea du soin de réformer les Ermites de son ^locèse. Il reçut ensuite commission, l'an liioT, des archevêques de Lyun et de Vienne, ^ de l'évéque du Puy, pour visiter les crmil^gcide leurs diocèses, et dans le cours de
(i) K<v^ i ta Gii du vol., n* !::9.
srs visites il donna l'hahit a plusieurs no« vices et établit de nouveaux crniilagrs. Les Ermites de ces trois diocèses, voyant que la régularité cotnme.içait à Oeurir p/'\rmi eux, furent tentés de se soustraire à la juridiction de ces prélats; mais frèro Jean-Haplisie, qui en prévoyait les conséquences, s*y étant «apposé inutilement, se démit de sa charge de visiteur.
11 fit ensuite un voyage en Italie, et à son retour il alla en Lorraine, où, après avoir demeuré auelque temps, il bâtit un nouvel ermitage a Oisilly dans le diocèse de Langres. Il en établit encore <i'autrcs en Bourgogne et dans le même diocèse, et fit quitter a ses Ermites leur habit tanné, qu'il chnngra en un blanc, pour les distinguer de certains ermites vagabonds qui, vivant d*une manièro scandaleuse, faisaient la quête dans les villages du diocèse de Langres, s 'i|S le nom et l'habit des Ermites réformés de SaiutJcan- Baptiste, qu'ils savaient étro en grande estime dans le monde. Il fut élu visiteur ou vicaire général de tous les Ermites du diocèse de Langres l'an 1673, et son élection fut confirmée par réYéqqe du même diocèse Louis-Armand de Simiane de Gcrdcs, qui l'obligea d'accepter cet emploi, dont il s'acquitta si dignement, qu'il allait tous les ans visiter les ermitages de son district, qui étaient au nombre de auatre-vingts. Ce même prélat fit, l'an 16S0, des règlements piur tous les solitaires de son diocèse, qui sont â peu près les mêmes que ceux qui avaient été dressés par le P. Michel de Sainle*Sabine, ordonnant de plus qu'ils auraient un visiteur ou vicaire général triennal, qui aurait la direction de tous les £rpiites de cet institut, et qui visiterait tous les dus les ermitages; qu*il y aurait encore quatre visiteurs particuliers qui auraient soin de veiller sur les quatre détroits ou cantons du diocèse, savoir le Langrois, Dijonnais, Tonnerrois et Cbaumooois, lesquels visiteurs seraient élus par les Ermites dans leurs synodes généraux , Qu'ils tiendraient tous les trois ans, et que le visiteur gênéraly conjointement avec le visiteur du canton, nommerait un surveillant dans chaaue er* mitage, dont il aurait la conduite et le gouvernement, sans avoir égard i l'âge, aux an* nées de réception» ni même à la prêtrise, mais seulement à la prudence, à Texpérience et à la bonne conduite ; et l'an 1687 le même prélat approuva le changement d'habit qui avait été fait, de tanné en blanc.
Dès l'an 1676, le frèra Jean-Baptiste avait quitté le diocèse de Langres pour deux raisons : la première fut le bruit qui se répandit qu'il était le comte de Morot, fils nalnrel d*Henry IV, rot de Franco, que l'o» avait cro ttté à la bataille de Casieleeadary ; ce qui élait appuyé aar ce qa'il resseasl^ait parf litement à Henri IV el sur ce qo*il evaH avoué qu'il s'était trouvé à la bataille de Casielnaadary, et qu'il avait été élevé dès se jeunesse an cbAteau de Pau, en Béarn; la
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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
seconde raiiion farenl les fi^iierres da co*nié de Bourgogne, qui, troublant la IranquilIUô de sa solitude, roblî$;èreiit de se retiriT en AnjoUf où il bâtit rcriiiilage de Gardelles, proche Tabbajc d'Anières, où il donna on peu de temps l'babil à six notices. Son âge el ses inOrmités ne lui permetlant plus d'assister à tous les exercices de sa commu* nauté, il se démit de sa charge de supérieur, et pria révèque d'Angers d'en mettre un autre t|i sa place. EnGn, au commencement de ravent de Tannée 1691, étant ailé avec ses noTices â la paroisse, il en rev nt avec une fluxion sur la poitrine. Averti par celte maladie de se préparer é la mort, il reçut les sacrements avec de grands sentiments de piété, et le 24 décembre, veille de la fête de ISocl, Il rendit son ârre à Dieu avec une grande tranquillité d'esprit el une parfaite soumission à la volonté de Dieu. Après sa mort, cet ermitage des Gardelles fut presque abandonné, jusqu*eo 1693, que Tévéquc d'Angers y flt venir deux saints solitaires de Bourgogne, auxquels Dieu envova, en 1698, un troisième compagnon natif oc Sens. Les Ermites qui demeurent en ce lieu mèoeut une vie très-édifiante et très-austère.
Granfict, Vie (Tun solitaire inconnu mort tn Anjou.
A cei Krmites de la congrégation de Saintlean-Bapliste, en France, nous enjoindrons quelques-uns qui sont aussi en grande estime en Italie. Les premiers sont ceux qui demeurent à Rome ft la porte Angélique (1). Us ont eu pour fondateur un certain Albenze, Calabrois, qui, ayant servi longtemps do quéti'ur an monastère de Sainte^Catherine de la Rose ou des Cordiers, et à l'archiconfralernité des Courtisans, et ne croyant pas faire son salut dans cet état, se rejra, vers l'an 1588, dans ce lieu, proche la Porte Angélique A Rome, où, avec les aumônes qu*il re^nl de plusieurs personnes charitables, il eta les fondements d'un hôpital pour y loger es Ermites qui venaient à Rome visiter les lomtieaux des saints apôtres, et y faire traiter ceux qui tombaient malades. li eut en |)eu de temps plusieurs compagnons qui se joignirent à Ini, et qui vivaient ties aumônes qu ils allaient chercher par la villf , en criant tout haut : Faite$ du bien préeentemeHl que rota en atex le tempe. Ils étaient vêtus d'une toile blanche, a*avaient rien pour couvrir leur tête et marchaient les pieds nus sans sandales. Leur vie était si exemplaire, que
Blusieurs personnes, touchées de Tesprit de ^icu, ayant embrassé leur institut, accrurent leur communauté, qui devint fort considérable. Ils bâiirent dans la suite une petite église sous le titre de l'Ascension de Notre^Seigneor, où ils faisaient célébrer tous les juors un ^rand nombre de messes ; mais, en 1618, une image de la saintu Vierge que le fondateur de ces Ermites avait apportée de la terre sainte et qu'il avait mise dans leur chapelle, ayant Ciimmencé i faire des miracles, y attira «n si grand concours de
(1) Voy., à U Gd da vol., n^ 130.
peuple, que, par le moyen des grandes so* mônes qu'on leur fit, ils firent bâtir ium belle église et augmentèrent considéraMement les bâtiments de leur maison et éî l'hôpital, où ils vivent sous la protectiss d'un cardinal qu'ils élisent.
Cette maison a servi de retraite anx sotveaux convertis A la foi, jusqu'à ce qu*a;aa( été transférés en un autre lieu sons le poa* tificat de Clément X, on laissa aux Ermita leur maison libre. Ils sont pré^entemest ks. billes de drap blapc sans capnce, ayant pour couvrir leur téle un chapeau blanc* Le^r robe est ceinte d'une ceinture de cnir sani scapulaire , et ils vont nu^pieds avec da sandales de cuir.
Proche la ville de Spolette en Ombri€,il V a une congrégation d'Ermites sur le mosi Luco, qui prétendent fiiire remonter leor origine jusqu'au commencement dn iv* tiède, et avoir été établis par saint Jean d'Âi* tioche, évoque de Spolette, qui fut martjnte sous l'empire de Maximien. Ces Brmitft vivent dans des cellules séparées les unes des autres, comme celles des. Camaldoles. lif fout un an de noviciat, après lequel ils Mal reçus dans la congrégation, sans néaoaioiiii faire de vœux, lis font leurs exercices spirituels en commun, après lesquels cbacua travaille en son particulier selon son taleai. Ils peuvent posséder des fonds el des revenus, et sont libres de sortir de la congréfation quand bon leur semble. Ils élisent too« les ans un supérieur. Leur babit est presqai semblable à celui des Minimes, el la plupari portent des sandales.
Piiilipp. fiooanni, Catatog. Ord. rthi pari. III.
JEAN- BAPTISTE DE COVENTRY iv Av
GLBTSnnB (CHA!I0I?IBS HOSPlTAUftSI M
Saint*), et de quelquee aulree hofpitattm dans ce royaume.
Les religieux Porte-Ciroix des Pays-Bj« fl de France ne reconnaissent puiul ceoi d'Irlande pour avoir été de leor ordre , ce qui 4 fait que M. Alleman les a attribués i ctu\ d'Italie; mais, comme la plupart des niaiiors que les religieux Porte - Croix d'irtastif avaient étaient aussi des hôpitaux dédia à saint Jean-Baptiste, je crois qu*ils p<iorraient avoir été semblables aux cbasoiMi hospitaliers de Saînt-Jean-Daptisle de Cor»try, en Angleterre, dont Dodsworlh et Db|dale ont fait mention dans leur Histoire oionastique d'Angleterre, et que la croix soirr qu'ils portent sur leurs robes et leurs manteaux leur a fait peut-être donner le nom d« Porte-Croix.
Quoi qu'il en soit, Dodsvrorth et Dogdalr nous ont donné l'habillement d'nn de cd chanoines hospitaliers deSaint-Jean-Bapli»ie de Coveotrj, telque nous le donnons atisfi^i . Ils n'ont point marqué le temps de leorHh blissement ; mais cet hôpital était desserti par des religieux et des religieuses, et a?ail été fondé par le p'icur et les moines de U cf
{i) Foy.. à la fin du vol., u* 13L
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tiiédralo de Cote: try de Tordre de Saint* Benotl, qBi y tenaient lieu de chanoines comme dans plotiears autres cathédraiea des roiaoïiies d*AnKlclerre« d'Ecosse et d'Irlande.
il y a une balle dHonorias III de l*an 1231 adressée au roc'enr et aux frères de cet hôl'iial, par laquelle ce pape les reçoit sous sa prulection y leur accorde des privilégeset coiw iirtiie tcules les donations qui leur avaient Hé faites. Une semhiahle protection leur fut aussi accordée par Je roi Henri III; maïs il y a bien de l'apparence que celte bulle causa un procès entre les moines de Cofcntry cl les hospitaliers, qui dura près de deux cenls ans. puisque ce ne fut que le 29 mars d«' Tan lia) qu'il fut terminé par des arbitres qu'ils avaient choisis, et qui ordonnèrent que cette bulle d*Hoaorius Ili n'aurait aucun effet et scraii de nulle valeur, à cause des divisions qu'elle avait causée^; que le prieur cl le chap:(.c de Coveniry étaient les véritables fûndateurs de cet hôpital, et seraient reconnus à ravenir pour tols; que pour ce sujet le malire oif recteur, sitét qu'il serait élu et iiiiLillé, leur prêterait obéissance et Odélité, :t leur payerait les dlcnes des champs seule- Bi«*nt, et non de leurs jardins et des animaux, Jnot ils éijient exempts comme religieux ; que le prieur accompagné de huit personnes ti^i erail tous les an^ s'il le trouvait â propas, le recteur, les frères et les sœurs de Tiiôpital, qui seraient tenus de faire profes* iion entre ses m.iins, selon la formule énon* roc par cet acte, qui contient |)lusicurs règ'e*cnts et statuts pour ces liospilaliersi rumine aussi la manière dont ils doivent étro habillés : savoir, tant les frères que les strurs, d'une robe, d'un scapulaire partiesi«)as la robe, et d'un manteau de couleur boue, »ur lesqueh devait étro attachée une croit noire. Les religieuses avaient un voile biao^. Apparemment qu'elles assistaient au thapiire avec les frères, puisqu'il y esit aussi marqué que le maître ou recteur tiendrait tous les vendredis le chapitre, pour punir les fjutes des frères et dei sœurs, qui se de«- «aient aussi trouver aux processions géoé* lali's et aux enterrements des prieurs et des nioincs de ta latliédrale. •
Il y avait grand nombre de ces sortes d'hospitaliers en Angleterre; et, quoique Dodsworth €t Dugdalc les aient mis au nombre de ceux qui suivaient la règle de saint Augustin, il parait néanmoins qu ils avaient des règles particulières, et qu'ils dépendaient des évéques des lieux oà leurs hôpitaux étaient situés, comme on peut voir daoslos règlements de quelques-uns de ces hôpitaux (|ui sont rapportés par ces auteurs, et qui fmt asseï co. naître que ces hospitaliers étaient véritablement religieux; car les frère^ et les sueurs de l'hôpital de Saint-Léonard d Vork, s'ils avaient commis quelque péché couire la chasteté et la pauvreté, ne pou valent ^tre absous que par le m iltre de rhôpital, si ce n'èialt A l'article de la mort ; auquel cas ils pouvaient recevoir Tabsolution de quel* q-'e prêtre que ce fût ; mais, s'ils retournaient eu sauté» ils devaient se présenter au maître
Diction:iaibb obs OaPRXs rbliqibdx. IL
pour la recevoir, et si quelqu'un d'eux mourait propriétaire, il était privé de sépulture.
Vautier de Grey , archevêque d'York , dresia ausû une règle, l'an 12V1, pour les frères et les sœurs de l'hôpital de Sain!-Jean- Baptiste de Dotingham, adressée à AIwin, qui en était maître ou recteur. Il ordonna entre autres choses que la propriété .«erait bannie entre eux, et que si, sept jours après la publication de son ordonnince, il se t ouvait quelqu'un qui fût propriétaire, il serait e\communié, et mourant en cet état, qu'on no lui donnerait pas la sépulture en terre sainte.
Les frères et les sœurs de cet hôpital avaient des luni|ues grises tiraat sur le roux, avec des manteaux noirs, ne man* geaieutdela viande que trois fois lasemainCy gardaient un étroit «ilence au réfectoire, s'as« semblaient toutes les semaines au chapitre
Eour a'accusor de leurs fautes et en recevoir 1 correction ; ils y devaient lire une fuis le mois le règlement de cet archevêque on lan*
I(ue anglaise ou française, et les frères aïques et les sœurs récitaient uu certain uombie de Pater^ pour chaque heure de leur office.
Il y avait en Angleterre plusieurs hôpitaux destinés pour les lépreux, et qui s'engageaieat par vœu à la pauvreté, à Tobéissance et à la chasteté. L'on trouve à la fln des œuvres de ilatthieu Paris les statuts de Thôpital de Saint-Julien, où il est dit que les frères qu'on recevra dans et hôpital ne seront point mariés, et que, s'il s'en présente quelqu'un qui le so*t, il fera vœu solennel de chasteté entre les mains de l'archidiacre de l'abbaye de Saint*Alban, dont cet hôpital dépendait ; que, si, après sa réci ption et après avoir fait ce lœu, il le transgresse, il sera chassé de l'hôpital, selon l'ancienne pratique de cette maison, et renvoyé à sa femme, si elle est encore en vie, ctimmo étant pour lors libres tous les deo\ ; et que si elle est morte, il sera puni sévèrement.
lU ne s'engageaient pas à une pauvreté fort exacte, car, par un des articles dfs mé-> mes statuts, il est dit que, comme ce qu'on leur donnait dans l'hôpital ne suffisait pas pour leur entretien, il leur était permis d avoir des effets mobiliers qui se pouvaient acquérir honnêtement, à condition que, venant à mourir ou à sortir, les biens appartiendraient à Thôpital pour être distribués en commun. Ils pouvaient néanmoins disposer par testament de la troisième paitieoeces effets, pourvu que ce fôt avec la permission du maître ou recteur, autrement le testa* ment était nul.
On éprouvait pendant un temps celui qui devait faire profession, et, s*il avait fait pa* raltre une conduite réglée et qu'il rôt été d« bon exemple, on le recevait en chapitre après quoi il faisait profession entre 1er mains do l'archidiacre de Siint-AI an. Pd' cette profession il promettait et jurait su les sainis Evangiles d'obéir en toutes choses» pendant tout le temps de sa vie, à l'abbé de Saiut-Alban, pourvu qu'il ne lui commandât rien contre la loi de l)ieu ; de ne commettre
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
ri\
ffoiiit de vol, de ne ballrc point aucun frère, ûe ne point violer le vœu de chasteté, de ne poînl s*2rpproprJer et de ne laisser par tes- Inmrnt que des choses dont les frères pouvnîrnt disposer, d'éviter (oute sorle d'usure, de ne procurer par aucune \oic qu'aucun «tutre que celui qui aurait clé nommé (ai* l'allié de Saint-Alban fût mailre ou recteur (fe Thôpilal ; de se conlenter de ce que ce mattre lui donnerait, sans murmurer, et de ne point sortir des bornes qui éiaieiil prescrites. Que, s'il transgressait aucune de ces chose?, il consentait qu'on le punit sévèrem n. «bclon la qualité ou la grandeur du crime, et même qu'on le chassât de la congrégation comme apostat, sans aucune espérance de retour, à moins que ce ne fût par une grâce spéciale de l*ai)bé.
^eur habillement consistait en une robe et capuce de couleur tannée, et lorsqu'ils allaient an chœur ou parla ville, ils avaient une ch.ipe en forme de manteau et un capuct* do drap noir. Leurs robes et capuces pouvaient être fourrés de peau d'agneau. L'habillement des prêtres était noir el semblable, quant à la forme, à celui des lépreux. Cet hôpital de Saint-Julien fut fondé vers l'an 11 'lO, sous le règne d'Henri 1", par licoiTroî, seizième abbé de Saint-Alban, qui était Français et avait pris naissance dans le ])ays du Maine ; et les statuts et règlements tlonl nous venons de parler avaient été dressés par l'abbé Michel l'an 13H.
Dodsworlh et Dugdale ont aussi inséré, <lanslcur Histoire nionaslinue d'Angleterre, les rùg^ements de l'hÂpilal des lépreux d*hU leford dans k comté d*£sscx, qui avait autrefois été fondé par l'abbesse et les religieuses du monastère de Bcrkyng. Ces règlements turent dressés l'an 13VG par Radulphe de Baliluk, évéque dcLondres, du consentement de Malhildede Monlaigu, pour lors abbesse deBcrkyng, et on y lemarque que ces lépreux ptometiaient et juraient sur les saints Kvangjles de garder la chasteté, de n'avoir rien en propre, et d*obéir à l'abbesse du monastère de Bcikyng.
Comme il } avait d'autres hôpitaux de ces lépreux, sous e litre de Sainte-Marie-Madi— leineet de Saiot-Lazaie, c'est ce qui a peutêtre donné lieu à Adrien Damnan ei à quelques autres d'avoir supposéun urdrede sainte Madeleine et de saint Lazare.
Voyez IVoger Dodsworth, d Guillelm.
Dugdale, Menasticon Atigliamum. ium. 11.
WCAN-BAPTISTK DE LA rÉiNIlKNCIi: (Kn-
1IITRS DR Saint-). Voy, Gonzaglk.
JEAN DE BICLAilE. Voy. Cësaibb (Saint-).
JEAN DECUAIITUES (CiiANOiNBs hkgixiers DE Saint-), des Deux Au an rs, de Saint-Lo
DE HoUEN, et DB SAINT-MAnTIlf D EPEU-
NAY, préêentement unis à la Congrégation de Fiance ou de Saiaie-Gentviève,
Après que la réforme eut étéintroduiledans i'abbayc de Saint-V4ni'ent de Sentis par les •oins du K.P. Taure, celle do Saint-Jean de
Chartres suivit lûeiHôtson exemple et s'uniij elle, ayant été la première à embrasser la réforme parles soins de Léonore d'Étampn, évéque de Chartres, qui y fit venir des nli^ gieuK de Saint-Vincent^ l'an 1G2%. Ce monastère de Saint-Jean eut pour fondateur le bienheureux Yves, prévôt de Saint-Quentin Oe Beauvais, qui, ayant été é!u évéque île Chartres, lit Venir en sa ville épiscopale des chanoines de son monastère de Saint-Quentin, l'an 1097 , qu'il établit en l'églbe da Saint-Jean en Vallée. Il leur donna des revenus considérables pour leur subsistance, entre autres le pr euré de Sainl*Etienne, qui était dans Tenceinte de la ville, et les anna* tes des prébendes des chanoines qui vien* draient à décéder, qui est un droit dont les chanoines réguliers (selon le P. Du Monlinel) jouissent en plusieurs cathédrales de France. Cette abbaye ayant été ruinée Tan 1562 par les liérétiqueS) elle fut depuis transportée au
[iricuré de Saint-Etienne dans Tcnceinte de a ville, où elle a été rebâtie par les cbauoi* nés réguliers de la Congrégation d;; France, lorsqu ils j furent établis. L'iiabtUemenl de ces chanomes consistait en une soutane de serge blanche avec on rocbet et un chaperoo noir sur Tépauleau lieud*aumusse(l],ce qoi leur était commun avec les chanoines réguliers de Saint-Acbeul d'Amiens, de Sainte* Barbe en Auge et quelques autres qni ont été aussi unis dans la suite à la Congrégation de France.
L'abbaye de Saint-Denis de Reims, à la réquisition d'Henri de Maupas, évéque de Lavaur, qui en était abbé, reçut aussi la reforme et fut unie à la même congrégation le 13 août l()3;i. Cette abbaye avait été fondée par le grand Hincmar, archevêque de Reims, sous le règne de Charles le Chauve ; mais ce monastère, qui était hors renceinie de la ville, ayant été ruiné par les gu»*rres, Gervaise, qui était archevêque en 1067, voulut le rétablir en sa première splendeur, et le transférer dans la villt*, où il y mit des chanoines réguliers sous la règle de saint Augustin, qui ont retenu les derniers l'ancien habit des chanoines, savoir le grand suqdis desocndant jusqu'à terre, et l'hiver la cUayn par-dessus sans aucune ouverture pour passer les mains (2), ce qui était incumniodc; aus^i les anciens qui s'en ^c^vaienl unUiU quitté ces habits pour se conformer auicbanoines de la Congrégation de Fiance lorsqu'ils furent introduits dans cote abha}e.
L'an 1G36, le parlement de iloueu ubiif;ea les ehaniiines léguliers du prieuré de Saint* Là de Uouen dVmbrasser aussi la réforme de la Cungrégxiion de France; et, ayant tait venir à cet effet des religieux de Fans, il U*$ mit en possession de ce prieuré, qui aidait été autrefois bâti par saint Mellon, archeiéque de celte ville, sous rinvocattun de (a sainte Trinité. Mais, les Normands s'éisnt établis dans la Neu^lrie, à laquelle ils ih»fluèrent leur nom, taisant de grand* rav^i^is dans cette proviuci*, princtpaleuicnt dan^ i
(i) Foy., k h fin du val., ti« 13i,
(3) Voy.,k\2 Gii du vol., Il* I >3.
lEA
JEA
liasse Normandie, les reliques de saint LA el de saint ilompbard, évéqae de Contancesi furent apportées à Rouen et déposées daifs celle église de la Trini é, qui depuis ce temps a retenu le nom de Saiut-LÔ. Rolto, doc des Normands, s'élaot fait chrélien, accorda en leur consdéra lion l'église où ces saints reposaient, A Thierry, évéque de Coutances, et a ses chanoines pour leur ser? ir de cathédrale et y faire le service divin jusqu*A co qu'ils fussent rétablis dans leur propre ?ille. Quatre évéques de Coutances consérutiTs y tiorcnt leur siège pendant plus de cent vingt aDt,et ils y laissèrent, en se retirant en basse Normandie t un collège de rhanoines, lesquels, étant tombés dans le dérèglement, furent remplacés par des chanoines réguliers qu*Atgare, évéque de Coutances Ot venir de Sainte-Barbe en Au^e en IIH; qui, ayant aussi aban Jonné la vie régulière, furent unis à la Congrégation de France, Tan 1639, comme nous avons dit ci- dessus. Us étaient en possession de porter, Thiver A Tégiise, la cUpe violette, elen été Taumusse d'étoffe de même couleur doublée et bordée de fourrure blanciie (1).
Le prieuré des Deox Amants, au même diocèse de Rouen, embrassa aussi la même réfurme le 2i mai 1648. II y a eu plusieurs opin OQs touchant forigoe de ce nom. La tradition du pays est qu^un jeune gentilhomme ayant redicrché on mariage une demoiselle des environs de ce lieu, ses parents ne crurent pas ce parti avanliigeux pour elle el refusèrent son alliance. Ce gentilhomme ne se rebuta point de ce refus, au contraire il redoubla ses poursuite* jusqu'à se rendre importun, de suite que le père de la fille, croyant se défaire de lui en lui demandant quelque chose d'impossible, lui promit sa fiiie s*U la p ^uva t porter jusqu'au haut de h montagne où le monastère est présentement situe, laquelle est fort roide el de di.liciie accès. Il accepta la condition el la porta benreusemenl jusqu'au liaui de cette mon* tâgoe, mais si las vi si épuisé, qu'il expira sur-Je-champ. Cet ace idcot loucha si sensi- Llcrocnl la fi.le, qu'elle mourut aussi de déplaisir, de sorte que les parents de l'ou^ct de l'autre les CrciU inhumer ensemble au même lieu , qui a gardé depuis le nom des Deux Amants.
Comme cette histoire approche du roman, c\i{ pour cela que d'autres ont cru que ce ••OU) avait éié donné à ce monastère en cou* »iilêraiion d'un mari et d'une femn>e d'Auurgnc dont parle Grégoire de Tours au livre ixxii De Gloria Conftisorum. Lesquels «i)aut garJé toute leur vie la viiginité dans le 'iia'iag(*,ct ayant été i-nlerrés après leur mort l'un après l'autre dans deuxsëpu'crrsdiiïércQii Je pierre, on trouva le lendemain qu'ils <^i<ti<'ni si bien joititsensembL*,qu'it u'iu paraisiailqu'un: c'est pourquoi ilsfureul honorps daus tout le pays soui le nom des Deux Aman».Uais il y eu a d'autres qui ont estimé qu'il DO fallait point chercher d*autrc ori-
0)Voy.,àlarindQvol.,ri*l5i.