V'oj^., à la Im du vol., n* i
gine que Tamonr saint et réciproque de No« tre-Soigneur envers la Madeleine, qui est la patronne de cette église* Les chanoines ré-
f[uliers de ce lieu avant la réforme portaient 'aumusse sur la tête et avaient un rochet par-dessus leur robe (2).
L'abbaye de Saint-Mari tu d'Eperniy en Champagne fut du nombre de celles qui, étant tombées dans le relAcheuicnl, voulurent embrasser la vie régulière en s'unîssant à la Congrégation de France on de Saînte- Geneviève. Elle avait été fondée dès le commencement du XII* siècle par les comtes de Champagne, et fut toujours dessert ie par des chanoines séculiers jusqu'en l'an ilis, une Gallerand ou Vallerand, quatrième ai>t>é, ayant été touché par les prédications de saint Bernard, ré^olut de quitter le monde pour se faire religieux à Clairvaot ; mais avant d'exécuier son dessein, il fit venir, par le conseil de ce saint, et du consentement d« Thibaut, comte de Cbampagne, des chanoines réguliers à Saint-Martin d'Ep rnay« Foulques, religieux de Saint-Léon de Toul, fut élu abbé el fut béni par Renaud, arcfa « vêque de Reims, en présence de saint liernard, du comte de Champagne, et de iosselin , évéque de Sotssons. Ces chanoines « avant leur union avec la Congrégation do France, portaient une robe blanche k l'antique, et, par-dessus, une espèce de petit rochcl que quelques-uns appelIcL't (sclou lu P. Du Moulinet) $arroeiun\ ou «cor/iVt'um (31. Les chanoines réguliers de la prévôté de Beaumont, au diocèse de Vabres, en ont on
fut consiste en une pièce ou bande ds liage l'entourdu cou, qui descend en poinie sur restomac.
Les chanoines réguliers de la Congrégation de France ont aussi réformé ceux de la cathédrale d'IIzès, qui est une des plus anciennei de France, puisque le catalogue de ses évéques remonte jusqu'au v siècle, il y a de l'apparence que te clergé ou chapitre do celte église fut d'abord comme celui tic lou* les les autres églises épiscopales de France, où les chanitines pratiquaient la vie commune selon les règles des canon«. I)<*pu>s il devint réguliiT et suivit la règtc de saint Augustin, lorsque la plupart des chanoines qui vivaient en commun prirent le nom de réguliers, et se glorifièrent d'avoir eu saint Augustin pour l'ère. Les églises épiscopales de Languedoc et de Provence, qui firent la même chose, formel ent avec celle d'Uzès une espèce de congrégation. Elle avait des statufs communs. On y tenait des chapitres gé« néraux, et on y élisait des visiteurs; mais Ton ne peut dire le temps que cette congrégation fut détruite, el que tontes ces églises lurent sécularisées. 11 n'y a eu que celles d'Usés et de Pamicrs qui jusqu'à présent ont été légutière», et les désordres des gucr« res, joints i l'hérésie qui a dominé si longtemps en ce pays, ayant fait souvent abandonner aux chanoines les observances régu« Hères, elles ont eu besoin de temps en temps
(~) Voty., a la Uu du vol., n* I3G.
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DICTIOiNNAlRE DES ORDRES RELIGIEUX.
«le réforme. Nicolas Griilel» é? éqoe d'Uzès, tit fciiir. Tan 16W)| les chanoiooi réguliers de 13 Congrégation de France pour renouveler dans son Eglise le premier esprit de l'ordre canonique. Ils 7 ont demeuré pendant quelques années, et vivaient selon les observances de la Congrégation de France, dépendant du général de cette congrégation, qui j envoyait des religieux et les rappelait lorsqu'il le jugeait à propos ; mais le concordat oui ava t été pas^ entre l'évéque d'Uzès et les chanoines réguliers de la Congrégation de Franco a été cassé, il y a environ quarante ans, par un arrêt contradictoire du conseil d*Ëtat du roi, qui a rerois cette Kglise.dans l'état où elle est aujourd'huL M. Michel Poucet de la Rivière, qui est présentement évéque il*Uzâs , donna des constituiions particnlières à ses chanoines ; mais il n'a pu les obliger à vivre en commun, ce que praliqurut ceux de Pamiers. L'habillement des chanoines d'Uzès consiste en une soutane blanche avec un rabat comme les ece*é&ias^ tiques, et lorsqu'ils sortent, ils ont on manteau noir (1). Ciïux do Pamiers sont habJlés de noir, cl ont une banderole de lin qu'ils portent en échar|)C, et hs uns et les autres ont au chœur un surplis avec une aumusse piisn sur le bras. Anciennement, ceux d*Uzùs portaient un surplis tout fermé sans manches, à la manière des anciennes chafiublcs, et qui était commun aux ihanoines de Saint-Laon de Touars, et ils avaient sur 1 epau'e une espèce de chaperon noir.
Le P. Du Mouîinvt, entre les différents habillements de chanoines réguliers qu'il a lionnes, a mis celui d'un chanoine régulier de Clostcrnrubnrf; ^en Allemagne , qui a aussi un surplis a la manière des anciennes chasubles, cl une aumusse sur la télé, mais carrée |)ar le haut, comme on peut voir dans la figure d*un do ces chanoines que nous a%ons ia t graver (2). Le monastère de Clos- , lerneuburg fut fondé à huit lieues de Vienne en Autiiche, et bâti avec beaucoup de magnificence en l'honneur de la sainte Vierge, par Léopold, marquis d'Autriche, qui y mil des (hanoinrs réguliers du temps d'Innocent 11, environ Tan lt(0. Ordinairement ils portent la chape à l'église, mais aux jours «les grandes fêles ils la quittent et mettent itur la tète une aumusse griiC pour se conformer à la calhédrnle.
Cette façon de quitter la chape aux jours des grandes fétcs n'est pas nouvelle (selon ce que dit le P. Du Moulinet), puisque dans l'ordre romain, qu'on tiimt avoir été fait il v a pus de huit cents an?, il est dit, parlant du service qui fe fait par l'évéque aux jours solennels, et de la manière q le les chanoines y doivent assister, que ceux»d vlfudronlau chœur à l'heure de licrtc, revêtus d'aubes et d*aumusses : Cum iiniinna" bulutn ad iertiam tonuerit^ omnes $imul in chorum prdinatim contenire debent^ humera^ libus et albii induii: le P. Du Moulinet prétendant que par le mot û'humeratij l'on eu-
<l) l'oy.,àlafiiidu\ol., iiM37.
tend l'aumusse ou camaif, à cause qull tonvrait non-seulement la tète, mais austi les épaules.
Il ajoute que la raison qu*on peut donner pour laqueUe les chanoines ôtcnt leurs chapes aux jours des grandes fêtes, c*est que ta chape noire étant un habit de deuil et de pénitence, il est convenable qu'ils la qnltlent aux jours que l'Eglise destine aux soleunitér et aux réjouissances.
Voyez vu Moulinet, Figurée de$ différente habile des chanoines régut.; Sammarth, Gûft. ehristiana; SchoonebcK, Hiet. des Ordres re* lig.f ei Philipp. BonannI, Catalog. omit. Ord. relig.
JEAN DE DIEU (Hospitaliers ds Saivt-).
Des religieux hospitaliers de l'ordre de Saint- Jean de DieUf appelés en France les Frères de la Charité^ en Espagne de Vlloepi aliiê^ et en Italie Fate ben Fratelli ; arec la tit de saint Jean de Dieu^ leur fondateur.
Les religieux dont nous allons parler ont différents noms selon les différents pays oà ils sont établis; car en Espagne, où ils ont
!>ris leur origine, on ne les connaît que froas e nom de Frères de l'Hospitalité, à cause do l'hospitalité qu'ils exercent envers les malades, et qui est le propre de leur institut ; en Italie ils ne sont connus que sous celoî des Frères Fate ben Fratelli^ on par abréviation Ben Fratelli ^ à cause qu'autrefois i s avaient coutume de demander ainsi TaumAne. comme ils l'avaient appris de leur fbndnteur, et qu'en traitant de frères ceux à qui ils demandaient l'aumône, ils les exhortaient i bien faire et à avoir compassion pour les pauvres malades; et enfin ils sont appelés en France les Frères de la Charité, i c^oss que le roi Henri IV, voyant que les malades étaient traités avec un soin extraordinaire dans leur hôpital du faubourg Saint-Germain, donna a cette maison le nom de Charité de Jean de Dieu, et ce nom est demeoré en France à tous les religieux de eet ordrs et à tous leurs hôpitaux, quoique le véritable nom de cette congrteation soit celui de la congrécation de Saint-Jean de Dieu, aimsi qu'il a été déterminé par le pape Sixte V.
Saint Jean surnommé de Dien, fondateor de eet ordre, naquit à Monte-Major-el-Novo. petite ville du royaume de Portugal, de l'ar chevêche d'Bvora, le 8 mars H9i, de pareaii d'une méiliocrc fortune et pen distingue) parmi le peuple. Son père, André Ciudad, fi s:i mère dont on ne sait point le nom, relevèrent d'abord dans tous les exercices de piété dont son enfance était suscept b>. Leurs soins ne furent poiul inutiles, car Icor fils profita de jo.ir en j lor de leurs insirorlions, et reçut sans peine lis sentiments ds piété qu'ils voulurent Ini inspirer.
A peine eut>il atteint l'âge de neuf ans,
Îu'ils le perdirent par un accident impréio. omme ils étaient portés l'on et l'autre i l'hospitalité, ils reçurent et logèrent cliez
(-:) Voy., à la On du vol., u" 138.
JEA
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eui un prêtre qui vovagcail el allait du côté de Uadrid. Il parla dans la conversation de la p élé qoi régnait dans cette ville capitnie de rEspagne, et des églises célèbres qu*on y vujfait. ce qui fit une il forle impression sur IV^prit du jeune Ji*an, qu*il voulut suivre re prêtre. Il se déroba à son p^re et à sa mèrcy et, étant sorti à leur insu oe leur logis, il se mit aussitôt en chemin pour aller droit à Uadrid. Sa mère, après beaucoup de perqui* sitions inutiles, ne Payant pu trouver, en mourut de regret au bout de vingt jours, et son père, n'ayant ]>as moins é é touché de son absence, se retira à Lisbonne, où il se fit religirux de Tordre de Saint-François.
Le prêtre qui s'était chargé de Jean ne le eundoisit pas Jusqu'à Madrid, car, étant arrivé à Oropesa, ville de Castille, il so sépara de lui et 1 abandonna rntièreroent. Jean» se lojant seul dans un pays étranger, fut serouro par quelques personnes de piété qui^ ajant compassion de sa misère, lui donnéreiit retraite. 11 s'adressa à un berger nommé François, que Ton appelait simplement le mayordf c'est-à-dire le maître berger, mayoral dn ganado en espagnol signiiiant QQ berger qui a intendance sur les autres bergers. Jean passa une partie de sa jeunesse à sou service. 11 fut d*abord employé à la garde des troupeaui, et il avait le soin de porter à manger aux autres bergers. Le majorai, ayant quitté sa profession pour se faire geôlier de la prison d'Oropcsa, ne voulut pas se défaire de Jean, dont il avait éprouvé la fidélité. Il l'envoya à une maison de campagne pour avoir le soin des troupeaux, et au bout de quelque temps il lui donna la charge de veiller sur les domesti-qucs de cette maison, et rétablit Téconome de SCS bilans.
Dieu bénît les soins et le travail d«* Jean, car les biens de son maître s'augmentèrent entre srs mains, tes troupeaux se multiplièrent» et la prospérité régna dans la maison; ce qui fit que son maître, pour l'attacher davantage li'ios ses intérêts et lui ôler la pensée de se retirer etde s'rngager ailleurs, lui ofTril sa fille en mariage ; mais i I n'y voulut point consentir, et, comme son maître le pressait d'accepter ce parti, il se relira de chex lui et s'engagea parmi Ira troupes que l'empereur Charles- Quint levait. Il s'enrôla dans une compagnie d'mfanterte que faisait don Jean Fcruz, qui était un gentilhomme dont son maître avait été le majorai avant qu'il fât geôlier, et qui Avait eu ordre du comte d'Oropesa Ferdinand Alvarès de Tolède, de marcher au siège de Fontarabie, ville de Biscaye, sur les confins de France. Elle avait été prise en dix jeurs sur les Espagnols l'année précédente, par le roi François r' ; et Tempereur Charles- QiiiQt, ayant entrepris de la reprendre, y faisait venir des troupes de tous côtés pour en couvrir le siège et pour empéciier le secours que les Français y enyoyaient.
Le tumulte des armes, les mauvais exemples des soldats et la vie licencieuse que l'on •nène ordinairement à la guerre, firent oubUcr à Jean ses exercices de ptctéi il s'ac-*
c )Utuma insensihlemrnl â fctirc comme l<'S autres; et, perdant peu à peu la rrninlo f|u*il avait eue d'offenser Dieu, il rut honti* de
Baraltre meilleur que les autres soldats. Mais ieu, qui veille sans cesse sur ses élns, et qui ne permet qu'ils tombent dnns quelques
Iéchés qu'afin que la manière dont ils se roèvent serve à édifier les fidèles et à leur np- I prendre à faire péniteoRc , ne laissa i^as ongtemps Jean uans le désordre, et lui fil bieulôt connaître sa faute. Il arriva un jour que lui et ses compagnons manquant do vivres et n'étant pas éloignés d'un villai;c où ils espéraient en trouver, Jean, comme le plus jeune de la bande, fut destiné pour y aller. Il monta sur une jument qui avait été nouvellement prise sur les Français, et s'avança du côté où ils étiûent occupés à tenter le secours des assiégés. La jument se reconnut dans les lieux où les Français Tavaient souvent menée, elle courut à toute bride comme pour retourner à leur camp. Jean la voulut retenir, eMe se cabra et le précipita avec violence sur des pierres et dt*s roches, et lui froissa tellement le corps, qu'il demeura longtemps sans mouvement et saufi
1 paroles. Mais enfin, étant un peu revenu à ui et voyant le danger où il était de perdre la vie, parce qu'il était sur le point de tomber entre les mains des ennemis, qui étaient proches, il se releva avec beaucoup de peine et se jeta à genoui, implorant le secours de la sainte Vierge et la priant de le délivrer do ce péril et de ne pas permettre qu*tl tombât entre les mains des ennemie. Sa pr.èro étant finie, il sentit revenir ses fjrce«, rentra en lui-même et regarda cet ac; ideni comme nne punition de ses péchés. Il se traîna lo mieux qu*il put vers le camp des Espagnols, où il pleura ses désordres et promit a Dieu d*étre plu*« fidèle à sou service. De cet arci« dent il tomba dans un autre malheur. Son capitaine lui ayant confié la garde de quelque butin qu'il avait fait sur l'onneini, des voleurs l'enlevèrent, et le capitaine l'«iccusant d*infidélilé etd*avoir e > part an l.irein, le voulut mettre entre les mains de la justice, après l'avoir maltraité extraordinaîroment. Plusieurs personnes s'intéressèrent pour lui, et obtinrent sa grince, à condition qu'il renoncerait à la profession des armes.
Il retourna à Oropesa, où il alla tr urer son ancien maître, qui le reçut avec beaucoup de lendressi». Il lui rendit son premier emploi, lui confiant de nouveau le soin do tous ses biens, il s'acquitta do cette commission avec encore plus d'exactitude, et se comporta de Mie sorte, que son maître, ayant toujours dessein de le choisir pour son gendre, lui en fit encore la proposition. Il n'y voulut point consentir, et, pour so dcli« vrer do ses poursuites, il prit une secundo fois, en se retirant , le parti des armes , croyant que la guerre que rcmpereurCharles- Quint soutenait ulors contre le Turc était sainte et qu'il y pouvait souffrir quelque chose pour Jésus-Christ. Il évita tous les désordres où il était tombé dans la première gucrrci il s'y comporta afcc toute sorte de
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retenue et de modestie, et, bion loin dlnlerrompre ses'excrcices de piété,il les augmenta. La guerre éltint Onie et les troupes ay«inl fté licenciées, Jean vint en Portugal et %oalut aller rcf oir ses parents à Uoule-Hayor. Il y apprit d'on de ses oncles que son père et sa uièrc étaient morts, et, ayant saque sa fuite avait été la cause des malheurs de sa famille, il voulut entièrement abandonner son pavs pour aller servir Dieu dans un au-*> f re endroit. V passa pour cet effet dans TAndalousie, où il se mit au service d*une dame riche du territoire do Sérille, et entra chex elle en qualité de bercer. Il commença i passer les jours et les nuits dans les exercices de la pénitence cl à pleurer sa vie passée, à prier et à implorer la miséricorde de Dieu. Croyant Taire quelque chose qui lui serait plus agréable, il passa en Afrique afin d*y trouver 1 occasion d^y souffrir le martyre. Il fut pour ce sujet à Ceuta; mais, par l'avis de son confesseur* il repassa en Espagne, et ayant débarqué a Gibraltar, il s'occupa à vendre i.'es images et des (:etits livres de dévot on.
De G braltar il passa à Grenade, où il éia* blit d*abord une petite boutique sous la porte il*Elvire, et, sachant qu'on avait coutume de célébrer la fêle de saint Sébastien A Grenade, dans l'ermitage de son nom, qui était au quartier le plus élevé de la ville, il y fut et j entendit prêcher le doitciir Jean Avila, le plus célèbre prédicateur d'Espagne et survommé l'apôtre de l'Andalousie. Il m fut si louché, que, fondant eu larmes, il remplit Téglise de cris et do lamentations qui le firent prendre pour un homme furcené ; il se frappait la poitrine, se décliirait le visage, s'arrachait la barbe et les cheveux, se rou* lait dans la boue, courait d'une manière extravagante par tes tues, ne faisant autre chose que crier à Dieu de IduIo i^a force : Miséricorde. Chacun jugea c^u'il avait Tesprit troublé. La populace s'attroupa autour de lui, -les enfants, la canaille le poursuivirent à coups de picires. Il arriva chez lui tout en sang, et ayant continué le lendemain A faire la Q*éme chose, on le cunduisil au docteur Avila afin de voir sHI ne pourrait pas guérir cet esprit que sou scrniou avait si étrangement blessé. Ce saint prêtre, après avoir écouté Jean dans la eonfc5sion, reconnut l'esprit de Dieu dans hs mouvements du coeur do ce pénitent qui ne contrefaisait Tinsensé que pour se procurer des humiliations; il l'encouragea dans ses sainte^» résolutions, et lui promii de l'assister dans toutes les i eucontres.
Jean, consolé par. un si saint liosnme, crut qu'il ne pouvait pas .issez s*hunii ier. Il recommença ses extravagances cl ses folies apparentes. Ou renferma dans Hiôpital des insensé^, où, après les reii:èdes q'/on lui fil prendre et. qui furent inutiles, on crut que le plus efficace pour le guérir était de le fouetter tous les jours jiisqu*au sang, jus* «|irà ce que son esprit lût revenu. Ce supplice, qu'il avait su o d*uugineutcr en irri-
tant Gontinuellemenl ceux oui en étaient les exécuteurs, le mit à deux uoigls du tuni* beau. Avila en fut averti,et, l'étant venu voir, il lui dit qu'il était temps de mettre fin à ses folies volontaires et de s'appliquer déiormais àdescliosesplusutilt'spourlni et pour le prochain. Jean obéit, les administrateurs forent surpris d'uu changement si soudain; ils le firent traiter avec beaucoup de soin, et en peu de teui) s il recouvra la santé et les forces. Il demeura quelque temps k servir les malades du même hdpilal ; il en sortit au mois d'octobre de l'an 1539, f|u'il voulut exécuter le vœu qu'il avait fait de servir Dieu dans ^es pauvres. Il forma le plan da dessein qu'il avait de leur procurer des aliments, des habits, et des retraites assurées, i son retour d'un pèlerinage qu'il fil â Notre-Dame de Guadaloupe pour remercier la sainte Vierge de sa protection et lui recommander le succès de ses entreprises. Il coai> mença par nourrir quelques pauvres du travail oe ses mains ; il allait pour cet eCTet couper du bois dans la forêt, et le vendait à U ville pour les faire subsister; et son exeio-
fde joint à ses exhortations anima tellement es personnes charitables de la vi!le de Grenade, que, par le moyen de quelques quêtes quil fit, il se vit en état, l'an 1540, de loocr une maison pour y retirer les pauvres malades et de les v assister.
Voilà quels furent les commencements de l'hôpital de Grenade, et proprement les preniiers tondomeuts de son ordre. Son premier soin, après avoir loué celte maison, fut de la fourn r des meubles qu'il crut être absolu* ment nécessaires ; et, sans perdre de temps, il alla dans toute la ville chercher des malades, des estropiés, des impotents, pour remplir son hôpital. La plupart de ceux qui te virent agir ainsi le blâmèrent, l'accosaot d'indiscrétion , le regardant comme uo homme eotr«*prenant et qui s'engageait à une chose qui lui élail absolument imposai* ble ; mais sa fermeté les étonna, sa foi les chargea de confusion, et l'ardeur de sa charité les fit rentrer en eux-mêmes. Ils voularcnl avoir part à rétablissement qu*il taisait, ils lui mirent quelques aumônes entre les mains pour fuuroiraux besoins les plus pressants de ses pauvres, et leur exemple en attira d'autres à lui faire aussi quelques Ubé.alités. Les pauvres ne manquaient de rien; après que Jean de Dieu les avait assister
[rendant le jour et leur avait procuré tuii es biens spirituels dont ils pouvaient aiuir besoin, leur faisant venir des con'csseun et at'trcs personnes pieuses qui leur fai**a:ent souvent des instructions familières, il alla.t le ^oir vers les huit à neuf heures quêliT pour eux : il marchait dans les rues auc une hotte sur sun dus et diux maruiKes j ses bras. La plui<*, le vent et les autres i»* jures du temps ne l'arrêtaient point, rt, lorsqu'il voulait demander raumône ptur ^t% malades, il criait h haute vuix : Me* ehen frirci^ faites- vous du bien pour l'amour de Dieu, Cette manièri* extraordinaire d: demander l'aumôuc alti: ail tout le muudca'ii
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lèiièlres, et on lui donnait abondamment de quoi nourrir ses pauvrofi.
Le siège épiscopal de Grenade était occupé pour lors par dom Pierre Guerrero. Ce prélat crut qu*il étart de sa charge paslorale de prendre connaissance de ce nonvrl éiahlissemcnl et d'examiner comme lou- Ics choses s*y passaient. Il en fut si satisfaii, que, non content de lui donner sa protccliun, il donna des sommes considérables pour fournir aui frais de cet hÀpital, ce que placeurs personnes de la ville firent à Tcxem-* pie de leur pasteur. L'approbation que TarrbcTéque do Grenade venait de donner à cet hôpital le mit en grand crédit, les pao- 1res y accouraient de toutes parts, do sorte que la maison qu*il avait d*aboid prise se trouvant trop petite , il fut obligé d'en louer une plus grande et^ plus corn* mode, afin dy pouvoir admettre lous ceux qui se présenteraient. Tout y était ;idmiré, la propreté des lieux, Tordre du service, Taboitdauce des vivres et des meubles, la charité, la modestie, la patience des ministres qui travaillaient sous notre saint ; et on s*é« tonnait comment un homme sans crédit et sans autorité, n'ayant ni biens ni revenus, avait pu établir un si bel hôpital.
Comme notre saint était entièrement mort au monde, il ne désira t point de lui pl.ire, et paraissait toujours avec des habits trèsméchants et tout déchirés; car, s'il rencontraiton pau vredans la rue qui fût plus mal véta que lui, il prenait son habit et loi donnait le sien. Hais l'extérieur méprisable et dégoûiant que les gens du monde trouvaient dans sa mine et dans ses habits n'empécbait pas quelques personnes de considération de marquer toujours beaucoup d'em* pressemeni pour l'avoir chez elles dans le cours de ses quêtes. L'évéque de Tuy, président de la .chambre royale de Grenade, l'ayant un jour retenu à diner, et lui ayant deman'!é son nom, notre saint lui répondit qu'il s'appelait Jean : Vous vous appellerez à Tavcnir Jean de Dieu (dit le prélat) ; et depuis ce temps-là ce surnom lui demeura. François do Castro, administrateur de son hôpital de Grenade, qui rapporte ainsi la cause de ce surnom, et qui le premier écriv|t la vie de saint Jean de Dieu, environ vingt-cinq ans après sa mort, doit être plutôt cru qu'Antoine Goeva, évéque de Cyr, qui n'écrivit la mémo vie que quatie-vingts ans après, et qui dit que c* fui Notre-Seipneur qui, s'étant apparu à lui sous la forme d'un cnfaul, comme il se reposait sous un arbre, lui montra une grenade ouverte, du milieu de Ijquelle formait une croix, et qui loi dit : Jean do Dieu, grenade sera la croix* ce qui serait arrivé, sel tn cet auteur, dans hMemps que notre saint demeurait à Gibraltar, et qu'il s'était mis en chemin pour aller dans les lieux des environs de cette ville p.iur y vendre ses images et ses livres. L'évéque de Tuy lui dit encore que, puisquii lui avait donné son surnom, il voulait Aussi 'ui donner un habit, lui représentant 'lue rbuiniiité et la simplicité dont il faisait
profession ne le dispensaient pas de ganter une bienséance honnête, et t(U<* celui qu'il portait était dégoûtant et empêchait que plusieurs honnêtes gens ne le fréquentassent : c'est pourq^uoi il envoya sur l'heure acheter de l'étofTe pour lui faire un habit dont il prescrivit lui-même la firme, et il l'en revêtit lui-même de sa main, lui ordonnant d'en donner un semblable à ceux qu» s'uniraient avec lui.
Le saint ni le prélat n'avaient aucune intention d'établir un nouvel ordre religieux dans l'Eglise; mais il y a bien de l'appnrcnco qu'ils avaient dessein de former une société ou congrégation de . personnes séculières pour avoir soin de l'hôpital de Grenade, et que ces perî^onnes devaient être distinguées des autres séculiers par des habillements dif* férents. r
Jean ne fut pas plutôt revêtu de cet habit, que plusieurs personnes s'offrirent à lui pour être de ses disciples- Les premiers furent Antoine Martin et Pierre Velasco, qui se portaient une haine mortelle. Le premier accusait l'autre d'avoir tué son Trère, et était venu exprès à Grenade pour le poursuivre en justice; mais Jean de Dieu les réconcilia si bien ensemble quo, pour vivro dans uno plus ffrande union» ils voulurent être disciples ue notre saint, et furent les premiers à qui il donna l'habit de sa congrégation, selon la forme qui lui avait été prescrite par l'évoque de Tuy.
Son hôpital se trouva encore trop petit , et il fallut le transférer pour la troisième fois. L'archcvé(foe de Grenade, dom Pierre Guerrero, sollicita les principaux de la ville à contribuer à l'achat d'une maison fort vaste, qui avait été autrefois occupée par des reli|^ieux, et, pour donner l'exemple, il fournit pour sa part quinze cents ducats. Ce fut encore A la sollic4ation de ce prélat que notre saint entreprit un voyage à Vulladolid, où la cour d'Espagne était pour lors, afin d'obtenir un secours pour ses pauvres. 11 y fui favorablement reçu de Phi ippe 11, qui n'avait pas encore le titre de roi , ei qu'on nommait le prince des Espagnes , parce quo l'empereur Charles V ne lui avait
f»as encore cédé ses Etats, co qu'il ne fit quo 'an 1555. Jean de Dieu reçut do grandes libéralités de ce prince et des Si'igiieurs de sa cour.
Sa charité ne se bornait pas sculeincnt aux malades cl aux pauvres de son hôpilil, il secourait encore les pauvres honteux de la v ille, retirait une inOnitîé de femuios et de filles do la débauche, et non-seulement pourvoyait à leur subsUtaue**, mais en mariait encore quelques-unes. KnTin ses forces se trouvèrent entièrement é;}uisécs p ir sa charité et sa pénitence; et, dans le tvmps que Ton se promett.iit qu'il travaill'rait plus que j imais pour les pauvres, il se trouva presque hors d'état d'agir. Il ne laissait pas néanmoins de continuer ses exercices ordinaires, de faire ses quêtes, de veiller et de s'occuper au dedans de la maison ; mais eufin un accident imprévu lui causa. Tau 1550, ta mala-
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éie donl il mourut. Les eaux du Xénil étaient eilraordinairement grosses eette annco-lA, et entraînaient a?ee elles quantité de bois. Notre saint fondatenr, roulant en retirer pour Tusage de son hépKal, et étant miré danii ce torrent, le froid le saisit telleiiif ni, qu'il fut d'ubord aMaqoé d*uno violente maladie qui s'augmenta lorsque» par un excès de sa charité, il se jeta encore dans le (leuve pour s courir un jeune homme qui y était entré trop avant, et que l;i rapidité des eaux enfralnait. 11 se mit au lil| où il fut visité par rarchewéque et les plus quatiflés de la ville, du nombre desquels fut la dame Anne Osoria, épouse de dom Gar«» cias de Pise , qui fll tant d'instances pour qu'on ramenât à son loeis, aOn qu'il fût mieux assisté dans sa maladie, que l'on ne put lui refuser cette grâce ; et ce fut dans la maison de cette dame qu'il mourut, le 8 mars 1S50, âgé de 55 ans.
Comme il n'y avait qu'une petite chapelle dans son hôpila*, on ne pot pas l'enterrer dans ce lieu. Il fut inhumé dans l'église des Minimesi et enseveli dans l'habit des religieux do cet ordre avec une pompe funèbre on la magnificence se trouva jointe à la piété publique ; l'archevêque même y ofBcia pontiflcalement. Crs religieux possédèrent les précieuses reliques de ce saint jusqu'en l'an 1664, qu'ils les rendirent à ses enfants pour les transférer à l'hôpital de Grenade. Les grands miracles qui se fironl à son tombeau portèrent le pape Urbain VllI à le béatifier par une bulle du 21 septembre 1630. Innocent XI, par on décret du 13 juin 1679, déclara qu*on pouvait procédera sa canonisation ; mais il se pa^isi encore quelques années sans qu'un en fit la cérémonie; ce ne fut que sous le pontificat d'Alexandre VII, l'an 1690, le 16 octobre, qu'on lui rendit (et honneur.
Saint Jean de Dieu ne donna point de son «ivant d'autre règle à ses disciples que l'exemple de ses vertus avec Tordre qu'il leur prescrivit pour l'assistance corporelle et spirituelle des malades. A pi es sa mort, ils obéirent à un supérieur qu'ils nommaient majeur; ce fut en cette qualité qu'ils reconnurent le frère Antoine Martin, A qui saint Jean de Dieu aviiit donné en mourant l'administration de son hépital. Comme ce saint Tondateur avait reçu de grandes aumônes de Philippe 11 lorsqu'il était à Valladolid, le frère Antoine fut trouver, pour lo même sujet, ce prince, qui était pour lors à Madrid, à qui il persuada aussi de faire bâtir dans cette capitale d'Espagne un hôpital sur le modèle de celui qui avait été bâti A Grenade par saint Jean de Dieu ; ce que co prince exécuta , et cet hôpital a été appelé
£ codant un long temps \h pital d'Antoine lartin, à cause de ce frère, qui en avait procuré rétablissement, et qui, nprès avoir reçu des aumônes considérables de ce princd pour l'hôpital de Grenade, y retourna pour rendre compte â rarci.evé(|ue de co qu'il a\ait fait à Madrid, où il alla encore quel* que temps d[>rès, avec la permission de ce
prélat, pour prendre radiuinistration de ce nouvel hôpital, dans lequol il mooml le SI décembre de l'année 1553, n'ayant sorvécn que trois ans an saint fondateur.
A l'exemple de ces deux hApitaox, on en établit d'antres en Espagne, comme i Cor* doue, i Lucène et en d'autres endroits. Celui de Grenade était le plus fameux « il était gouverné par le frère Rodrigue de Signença, qui s'acquit une si grande réputation, que les communautés de ces autres bApHaoi voulurent être unies à la sienne et le reconnaître pour supérieur. Sigurnça les reçut rt les incorpora A sa société, qui se trouva par ce moyen assez nombrcose. Il crot qu'avant toutes choses il fallait faire approaver par le saint-siége leur institut; il en conféra avec doiu Pierre Guerrero, qui loua son dessoio ; c'est pourquoi il choisit le frère Sébastien Arias pour aller A Rome avec une supplique adressée au pape, (|ul contenait ce qui s'était passé dans la société depuis son établisse» tuent. Sébastien Arias, étant A Naples, y rencontra doin Juan d'Autriche , qui allait à Rome comme en triomphe, après la victoire de Lcpante, qu'il avait remportée sar les Turcs. Ce prince s'engagea ue Tîntroduire auprès de Sa Sainteté, de présenter lui-même la supplique, et d'eu solliciter l'expédition. Pie V, qui était pour lors assit sur la chaire de saint Pierre, approuva cet ordre par une bulle du premier janvier 157i, et donna A ces religieux la règle de saint Augustin. Il leur prescrivit de plus la furuie <*e It'ur habillement, leur donna pouvoir d'élire un supérieur, sous le nom de majeur, dans chaque hôpital, et leur permit de faire promouvoir aux ordres sacrés on d'entre eux aussi dans chaque hôpital, pour leur administrer les sacrements aussi bi. o u'aux malades , les soumettant A la juriiction des évoques des lieux où leurs nuisons seraient situées.
Le frère Sébastien Arias, qui avait logé, pendant son séjour A Rome, dans le palais do dom Juan d'Autriche, reçut en partant de nouvelles faveurs de ce prince, qui lui ni.t entre les mains cinq mille ducats, afin qu ca
[lassant â Naples il y fondât un hôpital sons e nom de Notre-Dame de la Victoire. Pen* dant qu'il était occupé A la construction ds cet hôpital, les bourgeois de Hilau le prièrent de venir faire aussi un établissement dans leur ville. 11 ne put alors saiisfaire i leur demande, parce qu'il était pressé de retourner en Espagne pour y rendre rompis de ce qu'il avait fait ; mais, étant retourna une seconde fois A Rome, il fonda à MiUs un grand hôpital, qui est aujourd'hui trèscélèbre et irès-magnifique.
Grégoire \lll ayant succédé A Pie V, te frère Sébastien Arias fit un troisième voja::e A Rome par le commandement de ses supérieurs, alin d'obtenir du pape la confirmation de leur ordre ; non-seulement il le coofirma et lui donna plusieurs ptiviléges, waii il choisit Sébastien Arias pour aller secoa* rir les Flaman Is qui étaient affligés de miladie contagieuse. Il voulut même fouJcr a
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Ro;re une naiion pour y établir des rclU cieui de cet ordre : c*est pourquoi il Gt écrire au frère Rodrigue de Siguença afin lie loi CD eovojer. 11 leur donna, Tan 1583, Tcglise de Saiut-Jenn Calibite, et fit coq* itruire à ses frais ThApital joignant, où il j a ordinairement soixante lîls.
Le nombre des hôpitaux s'élaut angmenté jusqu'au nombre dedîx-buil, tant en Espagne qu*eu Italie, le pape Sixte V, l'an lo8ii, leur permit de tenir un chapitre général à Rome et (le dresser des conslilutions, érigeant leur ordre sous le titre de Congrégation de Jeau de Dieu. Et Grégoire XIY, en confirmant l'urs privilèges, leur donna pour protecteur, l*an 1591, le cardinal Rusticucci, du titre du Sainte-Susanne et vicaire do Rome. Jusque^ là tootrs choses ai aient heureusement prospéré dans cet ordre ; mais, comme le pape Grégoire WV leur avait accordé la commu- Dicaiion des priviléjges de l'hôpital du Saint- Esprit en Saxe, qui avait été exempt de la ^Qtidiition des ordinaires par le pape Nicoas V, Tan 1456, et que ces religieux de la congrégation de Samt Joan de Dieu prétendaient jouir du même privilège : le pnpo Clément VIH, sous prétet te qu ils s'étaient relâchés de leurs observances, et que, ne soDj^eant qu*à parvenir aux ordres sacrés, ils s'occopaieot à l'étude et négligeaient le scia des malades, soumit entièrement cette congrégation à l'aulori é et juridiction des éiéqnes, ordonna qu'ils ne seraient plus Souvertiés A l'avenir par un majeur, leur (iefendit de prendre les ordres sacrés et de f-iire profession solennelle , voulant qu'à l'avenir ils ne fissent qu'un seul vœu de rauvrelé et d'hospitalité, ainsi qu'il est porté par le bref de ce pape du 13 lévrier 1592. Cependant ce poatife, à la prière du cardinal HusticQcci, leur protecteur, qui lui représeDia que les hèpiiaux d'Italie, ainsi séparés fi saos chef, souffraient considérablement <le celte désunion, remit ces religieux dans le droit ou'ils avaient d'élire un général, par son bref de l'an 1596. 11 j en a qui oui cru <]u*il leor avait permis aussi de faire pro^ inouu)lr aux ordres sacrés un de leurs frères dans chaque hôpital, pour administrer aux inalade* les secours spirituels dont ils avaient besoin.
I^P. Henvcheniiis {Apud BoU, iom. I.
^Ft/is, p. 812, «. 12), qui est de ce nombri*, n avait pas va sans dtiule la bulle de Clé- ^^nl ViUy puisquUI s étonne que le pape Paul V ait cté prié par ces religieux de leur perui«itre de faire promouvoir quelques-uns <le leors frères aux ordres sacrés, pour adntinUtrer dans chaque hôpital les besoins si'iriloels tant aux religieux qu'aux malades, comme si, dit ce savant homme, le pape Ueiueiit Vlll ne s*était pas expliqué asses luriuellement en leur faveur en 1-ur accor- ^^^i celle permission, et pour cet effet il rappirte l'endroit de la bulle où il veut que Celle permission leur est accordée, et qui est, ^/e qu'il prétend 9 énoncée en ces termes: J ' foiiftQirtê ad sactrdotium sacrit ordini* »^9 ViUiari poisintp modo juxta primum eo^
rum imtitutum in simpItcUate pauperibuê mfirmis innerviant. On lit néanmoins tout le contraire dans cette bulle,où il est expresse* ment défendu à ces religieux de prendre les ordres sacrés. Voici en quels termes ce pape s*cst expliqué iQuodve confralres huju$ con^ gregationi$t $acerdote$^ aul $acri$ ordinibui con$tUuii esse noapossini^nec ad huJu$modi sacros ordines promoveri taleani, $td juxta primœcum eorum in»tHulum in êimplicitate pauperibus infirmité ut prœfertur^ inservire debeanl ( Bull. Roman. ^ iom. 111. Con$t. Clem. Vlll, U, § 10 ).
Les religieux de cet ordre eurent donc raison de s'aurcsser Tan 1609 an pape Paul V , et de lui représenterque le pape Clément Vlll leur avait défendu de faire promouvoir aux ordres saerés aucun de leurs frères, et de lo
t^rierdeleur accorder celte grâce, puisque .s préIres séculiers dont ils se servaient sj couteniaient le plus souvent dédire la messe, ne paraissaient plus le reste du jour dans les hôpitaux, et qu'ils n'y demeuraient pas aussi le plussouveut la nuit; ce qui faisait quo les pauvres manquaient de secours spirituels. Paul V leur permit donc de faire prendre ios ordres sacrés à quelques-uns de leurs frères, qui ne pourraient exercer aucune charge aOn d être plus en état de vaquer aux besoins spiritue s des malades. Le même pape, par un autre bref du 7 juillet 1611, sur la repré* sentation que lui GrenI les religieux de ret ordre en Bspagno, que le bref de Clément Vlll du 13 février 1392, qui défendait aux rcli-
!;ieux de cet ordre de faire à Tavenir la pro« ession solennelle des trois vœux de pauvreté, de chaslelé et d*ubéissance, n'avait eu aucun lieu dans leurs hôpitaux d*Bspagne, et qu'ils y avaient toujours fait ces trois vœux, en y ajoutant un qualrlèmcide servir les malades, leur permit de faim ainsi leur profession après Tannée dtr probation ; il leur permit de plus d'avoir deux préires de leur ordre dans chaque hôpital» et déclara qu'ils étaient véritablement religieux. 11 accorda la même grâc * à ceux de France, d'AI1eniagnt>, de Pologne et d Italie par uo autre bref du 13 février 1617, et il les déclara encore exem, ts do la juriJicîion des évoques par un autre bref du 16 mars 1619 ; mais le papo Urbain Vlll modéra cette exemption Tau 163i, et déclara quo les évéques auraient droit de visite dans les hôpitaux oh il n'y aurait pas douze religieux, et quHls examineraient les recettes et les dépenses conjoin* tement avec les provinciaux et les autre* supérieurs de cel ordre. Cela n*empêcha paa l'archevêque de Cagliari, en 1659, de préteu- i dro Icdroitde visitedaos tous les hôpitaux qui l étaient dans son diocèse, quoiqu'il y eût plus de douze religieux ; mais le pape Alexandre VU, par un bref du 5 novembre de la même année, ordonna que celui d'Urbain Vlll serait exécuté, et quo Ton s'en tiendrait i ce que co pontife avait décidé.
Depuis le bref de Clément Vlll de l'an 15:)2, dont nous avons parlé ci-dessus, les religieux d*K!>pague ont toujours été séparés des rcli^ gicux des autres hôpitaux situes hors de ce
DICTIONNAIUE DES ORDRES RELIGIEUX
royauni(*;d6 sorlo qii*il j am depuis ce temps drux Kénéraui.run pour risspnirneei les lii(l(*s orcidcntales, el Tautre pour la Franco, l'Aile* magnolia Polugncfirilalie, qui faitordinairciiiriil sa résidence à Romc.LesJiôpilaux d*Es- |wi(rnf^ sont divisés en deux provinces, l'nnc sous le nom d'Andalousie, l'aulrc soos celui de Casiillo ; et comme l'ordre a faii do plu4 grands progrès dans les Indes» il y est divisé en quatre grandes provinces, qui sont celle du Pérou, de la Nouvelle-Espagne, delà Terre* Ferme, el des Philippines.
Les autres hâpilaai qui reconnaissent le général de Rome sont divisés en six provinces. Ce ne fut que Tan 1601 que ces religieux Sassèrent en France par le moyen de la reine larie de Médicis, qui j mena avec elle le frère Jean Bonclli et quelques autres religieux d'une piété exemplaire, à qui ello donna une maison an Tanbourg Saint-Germain , où ils ont bâti un hôpital qui s*est rendu célèbre dans la suite par la magniQcence de ses bâtiments. Au mois de mars de Tannée 1G02, Henri lY leur accorda des lettres patentes pour leur é:ablissement, avec permission de faire bâtir et construire des hôpitaux dans toutes les villes et les lieux de son royaume où ils seraient appelés. Lou's Xllly-Tan 1617, leur en accorda d'autres qui confirment rélalilissement de leur ordre en France, érigé en vraie religion par le pape Pie V, et qui veut que ces religieux soient reconnus pour tels. Ils ont un vlnaire général résidant à Paris, lequel a droit de visiter tous les hôpitaux du royaume, qui sont au nombre de vingt-quatre. Ces religieux français ont aussi traversé les mers, et ont établi trois hôpitaux considérables, un dans TAmérique, un dans l'Ile de la Guadeloupe, et le troisième dans celle deSaint-Chrislophe. Les religieux de Pologne ont aussi un vicaire général.
Leurs constitutions furent approuvées par le pape Paul V l'an 1617. Ils se lèvent deux heures avant le ionr depuis la fête de tous les saints jusqu'à Pâques, pour aller à l'oratoire ou à l'église, où, après leur office, qui consiste pour ceux qui ne sont pas prêtres en on certain nombre de Pater et d'ilre, ils font oraison mentale deux fois par jour, l'une le matin et l'autre avant le souper ; mais depuis Pâques jusqu'à la Toussaint , Toraisoii du maliu est remise à une heure après dîner. Le matin au sortir de l'oraison , et le •oir à l'issue du réfectoire, ils vont à l'hôpital
Sur y visiter les pauvres et les consoler, et y restent le matin jusqu'à la messe, et le soir jusqu'à l'heure du silence. Outre les jeûnes prescrits par l'Eglise, il& jeûnent encore l'avenl, les vendredis, la veille de la Nativité de la sainte Vierge, de Saint-Augustin, et du patron de leur église. Ils prennent la discipline tous les vendredis ( excepté le temps pascal ) et pendant l'avent el le carême, les lundis, mercredis et vendredis. Tous les six ans ils tiennt nt le chapitre général, dans lequel on élit le majeur général, et tous
les Iroîs'nns le chapitre provinrial, dans le> quel chaque province élit son provincial, dont l'office ne dure que trois ans, et celui du généial six ans. Quant à leur liabilirm<*nt, il consiste en une robe de drap bras ave G un scapulaire de ir.ênie el un rapoce rond, la tunique ou robe étant serrée d'one ceinture de cuir noir (I). Ils n*ont qoe drs ( hemises de serge, et ne couchent aussi
Sue dans des linceuls de serge. Les armrs e cet ordre sont d'azur à une grenade d*or surmontée d'une croix de même, l'éco timbré d'une couronne.
Je m'étonne que H. Hermant, dans s<m Histoire de l'Etablissement des ordres religieux, parlant de saint Jean de Dien, ait dit que c'est le pape Innocent Xil qui i*a mis an catalogue des saints, puisque sa caD0ni5alion s'est faite de nos jours, et que personne n'ignore qu'elle a été faite par le pape Alexandre VIII ; et qu'il ait encore mis qu« ce fut Léon X qui approuva son ordre comxc une société, l'an 1520, et qui donna la r^çte do saint Augustin pour ïvs sœurs converxs, puisque. Tan 1520, saint Jean de Dieu nV vait pas encore soncé à prendre soin des p.iovres malades ; qu'il s'enrôla dans Tarmëe d« l'empereur l'an 1522, qu'il retourna peu de temps après au service de son premier maître, ou ayant encore demeuré environ dit ans, il alla pour la seconde fois à la guerre l'an 1532 ; qu'il ne commença à se conver.ir qu'eu 15«*i6, que son parfait rcnoncemiQi au monde n'arriva qu'en 1539, et qu'enfin il ne commença 8<*n premier hôpital qu'en 15M. Quant aux religieuses converses, à qui le même pape donna la règle de saint An* gustin (selon M. Hermant), elles n'étaient
Bas sans doute de l'ordre de Saint-Jean de ieu, puisqu'il n'y a jamais en de reli<:iruses de cet ordre. Il a suivi apparemment Schoonebck, qui dit la même chose ; mais on s'éjsare souvent en le prenant pour guide.
François de Castro, Antoine Gœva, de Loyac, de ViUe-Thiery, Baillet et Giry, dans la Vie de eaini Jean de Dieu. Henschen., apud Bolland. iom. III , Aprilis. Silvestr. Maurol. Afar. océan di tuti. gl. Relig,^ lit, V, pag. MO. Barbosa, de Jur. eeeUi. Asc^g. Tambur., de Jur. abbat. Bonanni, Cutulo'j. Otd. relig. Hermant, EtaHi$$,dei Ord, relitj, Schoonebek, Hist. des Ord. relig. \ et les Conelituiiom de cet ordre.
A l'époque où le P. Hélyol écrivait Tbistoire de l'ordre de la Charité, cet instilol pouvait se glorifier d'un avantage qoe notre auteur n'aurait pas manqué de signaler sans doute, s'il l'avait connu. Les PP. Norbert, Hippolyle, Anselme et Eostache, avec dithuit confrères, tous religieux de l'ordre de Saint-Jean de Dieu, souffrirent le martyre en 1656, les uns à Varsovie, les autres à Lublin, el les autres à Lovitz. Un artiste b*jlouais, J. Fabbri, a consacré son burin à r -
Jrésenter cette ^cène touchante et precicu*^^ l'ordre de la Charité dans une gravure muî porte cette inscription : Fenerafrt7rj strû Vtt
(I) l'ey., ï la fin du vol., n» 131^.