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Norbrrhif^ ITIppofytwt, Anfê'n;us et fLUsinchins o^dit is S Joanni$ de iJeo^ qui vna rum octod»fAin sofialibus ui Chriiti fidem lueren^ tur, anno 165G, ab hœrelicis partim Vvgariê, parVm Surcis, partim Moscixt qui Varsoviœ^ gui Lubiini^ qui Lovicii diverse lormentorum (jenere ad mortem ûeti^ uliimam in Domino vbieruni ^trtn. Noos ignorons si l'ordre a f«iit des cl(in«irciies pour cimencr la constat (Ion de leur martyre et raulorlsalion de leur culto.
Au dernier siècle, Tinstllut des FF. de &)int-Jeaii de Dieu continua de se rendre utile et de s*étcndre. Les souverains f onHfes, depuis saint Pie V jusqu'à Léon XII (peutêtre jusqu'à ses deux successeurs), l'ont enriclti par des bulles, bref» et décrets nombreux de plusieurs privilèges et des trésori de rtglise.
Le P. Bernard, si connu par ses œuvres de charité, fut inhumé (et après lui MM. Lep.iu(Tre et Lejuir<, très-dignes prêtres, ses discipios) dans l'église de l'hôpital de laCl^afilé de la rue des Saints-Pères, à Paris. Cette maison, si importante par le nombre do st'S retigieui el de sch malades, le fât devenue bien da? antnffe si elle eût va réaliser tons les projets qu^vait formés sur elle le cardinal de Bichelîeu. qui la 'protégeait lout particulièrement. C'est lui qui fit construire la salle dite de la Vierge , où étaient les blesléi, du temps des Frères. Il voulait en conitruire d'antres pour y contenir jusqu'à cinq cents lits. La mort arrêta ses proje's.
Au milieu du dernier siècle, il y avait deux renis lits pour les pauvres malades, qui y étaient parf..iiemenl soignés, sans compter les secours qu'ils recevaient dans la maison dos contalescents^ rue du Bac.
Cette maison des convalescents, où l'on consolidait la santé d'un certain nombre de malades sorUint de l'hôpital de la Charité (ou en recevait douze chaque semaine), était doe aux bienfaits de dame Angélique de Faure, veuve de Claude do Bullion, marquis de Gallardon, et garde des sceaux. Elle datait de l'année 1652 et était desservie par quatre religieux.
L'égtise de rbôpilal de la Charité, que l'on loi! encore rue des Sainis-Pères, et ()ul sert aujourd'hui de vestibule, fut entièrement teriniuée en 1733, et on y mit la dernière main en y faisant construire le portail d*assez bon goût qu'on y «oit encore, et qui fut élevé sur les drssins de Cotte, architecte. Kn 17;j8, les religieux acquirent une portion de terrain aliénée peu de temps auparavant par l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et sur cet emplacement iU firent bfltir des salles plus vastes pour y recevoir un plus grand nmnbre (!e malades. M. Antoine, architecte (l<^ riiôtel des monnaies, donna le dessin et dirigea la ccnstructiou d'une do ces salles.
disposa la conr sur un nnnvean plan el décora rentrée de ThApilal d'un petit porche à colonne «ans bases, d*un très-bon style. Ce porche a été gravé, cl préservera ainsi de tomber, au bout de quelques années, dans l'erfcur qui confondrait ce portique avec celui qti'on vient de terminer récemment à l'entrée du même établissement, me J«icol». Au portail de M. Antoine, cet atchi ectc voulut faire on essai de Tordre dorique grec, et donner une légère idée de ces propylées célèbres qu'alors les proresscurs d'archtlrcture coinmenç irnl a faire* connaître dans les leçons académiques. Les connaisseurs trouvèrent qu*il avait trop Trancisé son genre |i;rec. Au reste ces propylées sont mis de mts jours presque à tous les établissemrnts publics.
La maison de Paris était le chef-lieu de toutes celles du même ordre établies dans le royaume et dans les colonies. C'étai* aussi le seul noviciat et la retraite des religieux hors de service. Cet hApital royal était administré non comme les autres hôpitaux de malades, par des séculiers, mais par l'ordre même des religieux qui s'y consacraient. Le bien n*y souffrait donc point les entraves apportées trop souvent au zèle des aumôniers et des religieuses dans les établissements du mémo genre. On avait mal à propos répandu dans le monde, par une erreur populaire qui s'était introduite jusque chez les personnes de condition, qu'il y avait dans cette maison des chambres particulières dans lesquelles on était reçn en payant. La chose n'était pas vraie; mais les fondai f un et les bienfaiieun avaient, par rapport à ceux pour qui ils s*intéressalent, des prcféreuces el des ficilités que leurs libéralités leur avaient arqui^^es. Lors de l'expulsion des Trères de Saint-Jean de Dieu, riiôpital pouvait recevoir environ deux cent trente malades (I), « qui y étaient soignés, dit un historien distingué, avec un soin, un zèle et une ch;)rtlé qu'on ne pouvait trop admirer. » Les infirmeiies, tenues par les religieux de France, passaient pour des modèles dans l'ordre. Quand on voulut bâtir l'hôpital do Milan, c'est en France qu'on vint en elTet se modeler. Les religieux de l'hôpital de la Charité de Paris possédaient uno pharmacie, un jardin botanique el un cabi* nct d'histoire naturelle. Un remarquait dans il urs salies el dans leur église plusieurs tableaux et monuments bien exécutés. Nous citerons seulement la statue du Pauvre Pré" tre (le P. Bernard), en terre cuite, qui avait été faite par un sculpteur nommé Benoit. Ils awiicntchez eux un religieux fort habile, le P. Côme, qui était surtout très adroit dans Tari d'extraire la pierre^ avant que la litho- Iritie moderne fàl connue. Ailleurs, q lelquei confrères se faisaient remarquer par leurs conuaissauces chirurgicales, et nous pou*
(1) Llio^iplce des convalescents avait aussi pris de TriUiistun, et, vers les derniers tiMiips, on r«inipl:iit OaitàeenemaisitnTingt-uii iiis piiiirle&convalc cents, MUk pouiraicni y ie.«u*i Imii j<iiiis. Nous dirons ici iMir ceux que ce gcu:e de reusii;&i>eiûcuts intérebi»«.
que celle pjaîsnn avait eu pour propriétaire Taini do S. FraiiÇ'âs deSal«;s, {a CauuK, évé|ue de tlclley, qui h\ vi!ii(tit au }:ërnul de 1 1 fondnirirc. Elle est de venue doptiis une fabr que duuvrages eu cuivre»
DICTIONNAIRE DES OKDUES RFI.1CIEIII.
Si4
vuiis citer sarloul un rrlipîoux do la maison lia Srulis, qui a su» vécu à la luarinenlc ré« volutioiitiairo.
Lorsque le P. Héljol écrivait « oa poa d*aiuiéc8 après. Tordre de Saint-Jean de Diea comptait eu France et dans nos colonies Ireale-quaire établissements, dont voici la liste alpliabéllqiie : Avon près de Fontaine* Mcao, Rrcst, Gadillact Cellrs» Gharenton, CiinteaQ-Thierry, Clermont, Condom, la maison des Convalescents (à Paris), Efliat, Fonlainelileau on Avon, Fort-Royal à la Marti* nique, Port-Saint-Pierre à la Martinique, Gayetle, Graimille-la-Teintiirière (diocëse (te Houeu), Grenoble, la Guadeloupe, le Cap« Français ( Ile Saint-Domingue) , La Rocbcllts Lcsior (quartier de Léof[^ané,tle Saint-Dominpnc)« Louis-Roorfi^ (Ile Royale, au Cnnada), Metz, Moulins, Niort, Paris, Poijers, Ponlorson, Romans, Roye, Saint-Martin, Saintes, Sonlis, Vesins, Vitry-lc-Français, Vizilles. Ma^s d ins le cours du dernier siècle le noml>re en était augmenté; car, suivant un caU rul que nous croyons basé sur des renseignements eiacts, l'institut de Saint-Jean do Diou desservait, dans le royaume et ses coloiiics, environ quarante hApitaui contenant lroi4 cents relig;icux et quatre mille lits. Le dernier éiablissemenl qu'il eût formé était sans doute Tbosplce qui se voit encore près de la barrière d'Enfer, à Paris. Le duc de la RocIk foucaull , désireux d'acquérir deux maisons que 1rs religieux de la Cbarilé possédaient dans la rue de Varennes, obtint cette acquisition de leur complaisance* Par re«:onnaissance et par un effet de la bienfaisance bnbiloelle de cette généreuse f^iniille, il contribua aux frais de la fondation que OrenI, en conséquence de la vente de leurs maisons, et de Irurs propres deniers, les religieux di^ la Charité, d'un hospice destiné aut malades d'une classe élevée. Par graiituile, ces religieux donnèrent au nouvel étab:isseu:enl le nom à'hospice de la Rochefou^ /au/l, qui lui est rcsié. Cet hospice, fondé (quelques années seulement avaiit la révolution frnt ç lise, élait destiné à recevoir, en payant, des malades A qui le séjour de Paris élait nécessaire et qui ne pouvaient décemment loger dans les liApilaox, car c'étaient des prends, des militaires en grade, etc., etc. Uo éiablissemenl aoaIo^ue, tenu par les mêmes religieux, eiiste aujourd'hui, mais sur de miiiikdres proportions peut-être, dans la rue Plumet, A Paris. Nous en parlerons dans no- Ire quatrième volume.
L'ordre avait au dernier s'ècle deux maisons à Rome : ThApilal de Saint-Jean-Calibite et Thospiee de Spagnooli ou des Espagnols. Et, en 1789, le supérieur général, ou, plus régulièrement parlant, le vicaire général, en France, était le P. Uomuald Vincent, résidant à Paris.
Comme cet ordre vénérable a eu une sorte de création nouvelle en se rétablissant en France, où d'ai leurs un bref do Léon XII lui a donné une légère niodiGcation adaptée à la législation de notre pays, nous consa* ticioiis un article spécial à l'histoire do sa
renai5sance en France. Voy. Jeah de Dite (Ordre de Saini-^)^r,u Sl'pplkhkjit.
Recueil des hulfe' et des href* qni conrer^ nent l'ordre de la Charité en France ^ vol. iii~&*, 1723. 5tti7s du Recueil des biêlUs et des brefs qui concertieni Cordre de la Charité en France^ 1747, Tableau historique et pitfom^
Îfte de Paris, 8 vol. in-8*, par J.^B. de Sai^l- Uctor. Etat ou Tableau de la ville de Parii^ pir de Beaumont^ in-8*, 1762. Notes fourmift par les religieux de la maison de Paris» Xuia reeuHllies passim. R-d-b.
JEAN DE LA PÉNITENCE ( RBUciEcm
DS SltTVT-). Vot/. NOU.
JEAN DE JÉRUSALEM (Saixt-1. Vcy, Maltb«
JEAN DE LA PDÉRLA (R6fobvb dbs Fba^-
CISCAINS DU BIB3inBURBUl).
Le bienheureux Jean de la Puébla est re* connu pour le premier auteur de ce te étroits observance, que tant de religieux de Tordre de Saint-François ont embrassée é son exemple. Il élait comte de Dellacazar, fils d'Alphonse de So'o-M.ijor et d'Elvire de Zani«::i, Tun cl l'autre des plus nobles maisons d'L»pagne et alliés h la maison royale. Jean de la Puébla, méprisant tous ces avantages, ss fit religieux de l'ordre des Ermites de SAint* JérAme. vers l'an 1^76, dans le couvent de Nolrc-Dme de Guadiloupe; mais, quatre ans après, voulant embrasser une vie plos austère, il a':la à Rome, où avant été reça favorablement du pape Sixte IV, il lui demanda permission de passer dans Tordre des Fi ères Mineurs de TObservance, ce que ce ponîife non-seulement lui accorda, mais il voulut lui donner lui-même Tbabît de cet ordre, et après lui avoir fait faire profession, il Tenvoya proche Assise , au couvent drs prisons, au mont Subazc , de la province de Saint-François, ayant à cet effet adressé oo bref au \icaire de cette province, daté du iï janvier 1&80, par lequel il lui ordonnait de le recevoir.
Jean de la Puébla y demeura pendant sept ans, après lesquels il fut obligé de le qulurr par ordre du pape Innocent Vlll, qui, à la sollicit«'itiOn de aes parents, lui ordonna de retourner en Espagne pour prendre la ceaduile et l;i tulelle de son neveu, le jeooe comte de Delbicaiar, devenu orphe!in par U mort de son père, qui avait été tué dans Ii bala lledcGienade. H obéit aux ordres do pontife, et arriva en Espagne Tan liS^; mais l'obéissance qni lui avait lait laisser U province de Saint-François ne lui ôta pa» l'estime et Tamour qu*il avait pour les observances qu'il y avait pratiquées; car, i Seine fut-il arrivé en Fspagne, qu*il songea y établir une pareille réforme et méiwe plus austère au sujet de la pauvreté, a? aai obtenu po^r cet ciïet quairo religieux de la même province de Sa'nt-François , qui lui furent envoyés par le pape en 1^88, afin qu'il» lui aidassent dans Tétablissement de sa reforme, qu'il commença Tannée soiraa'f, sous la protection de la reine Isabelle, o^i^ autant d'cdilication i>our le public que éc
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jalousie pour lex Conventaels et les Obsorv.inis d*Bspagne» qai ne manquèrent pas «te le traverser dans ses pieux desseins. Mais, ayant eu recours au chapitre général de rOliserTance, qui se tenait Tan 1^89 à La Udehelle, il obtint du vicaire général Jean Ooïn et des Pères du chapitre la permission lie fonder deux couvents sous le titre de eustodie, au mont de Moréna« communément appelé Sierra de Moréna. Muni de cette permission, il se relira dans cette solitude, où il jefa 1rs fondements de sa réforme sous le litic de l'Etroite ObsetTance, et y bâtit un pauvre couvent tait de branches d'arbres el de joncs, dont les murailles étaient revêtues ilo bouc et de paille mêlées ensemble.
Noi!o!)stant cette grande pauvreté, tant dans ce bâtiment que dans les autres choses de la HP, les religieux qui y demeuraient étaient Irès-conlents ; mais le démon, jaloux de leur repos et envieux du bonhaur dont Ils jouissaient dans cette solitude, ayant excité un nnbrasement dans un bois voisin du mona- M^rc, 7 poussa les flammes avec tant de ùolence, que ces saints religieux eurent bien de la peine â en retirer le saint sacrement, tout le reste ayant été réduit en cendri'scn un moment. Maïs ils ne perdirent pas courage pour cet accident, el en peu de temps iU rebâtirent un autre couvent aussi pauvre, qui fol dédié en l'honneur de Notre-Dame ilis Anges, comme le premier Tavail été.
Jean de la Puëbla eul en 1493 un second rooreot â Belincazar, dont Alphonse , son pupille, le mît en possession , aOn qu'il fût plus près de lui, ayant obligé d'autres religieux de Tordre, uni y avaient été établis àh Tan 1%7(^, de le leur céder. La vie que ce saint réfortnatmr menait était si austère, qu'il allait toujours nu-pieds sans sandales. H n'était velu que de pauvres habits tout rapiécés; sa nourriture n'était que de légumes insipides, et quoique Fon c rps f&t tout atténué par les morLficalions , il en inventait liiQs les jours de nouvelles. Enfin, tout atténué par la pénitence ,* il mourut dans son cuuvcnt de Bellacazar, Tan HOo. Soixante ans après sa mort , un ouvrit son tombean, dans lequel on trouva son corps encore tout entier, qui rendait une odeur agréable. L'on porta sa léte à son premirr couvent de Notre- Dame des Anees; les religieuses Claiisses de Bellacazar, ou ses deux sœurs Elisabeth et Ëléouorede Solo-Major avaient pris rhnbit, curent pour partage de ses sainte- dépouilles la pauvre tunique et son cilice. Son neveu, le comte Alphonse, après avoir perdu sa femme, Philippe de Portugal, se fil religieux Recette réforme, et mourut en odeur de sainteté dans ce couvent, qui fut a^^randi l'an l^iO, cl bàli de pierres par les soins du Père Pfan^ois des Auges , qui a été dans la suite général; et à quelque dislance du couvent, il fil faire quatre ermitages, où les religieux 'e retirent tour à tour. Ils n'y peuvent pas ttemenrcr plus d'une semaine. Le samedi, on Somme les quatre religieux qui doivent aller dans ces solitudes. Le dimanche matin, après *^>oir entendu la messe au couvent, ils de*
mandent la b-^nédiction au supérieur, et vont en silence à l'ermitage qui leur a été destiné, f Ceux qui en reviennent après avoir entendu i la messe à l'ermitage, entendent encore au ' couv(*nt la conventuelle , et lorsque l'on a sonné le dîner, ils se prosternent à la porte du réfecloirepour baiser les piedsàtous les religieux qui y entrent. Ils gardent toujours un étroit silence dans leurs solitudes. Jamais ils n'y mangent rien de cuit ni qui ait eu vie, et ils se contentent de racines , d'herbes , de fruits» de pain et d'eau, s'abstenant même de laitage. Ils peuvent néanmoins, s'ils veulent, assaisonner leurs herbes d*huile el de vinaigre. Ils prennent trois fois la discipline en vingl*quatre heures, tant de jour que de nuit. Ils ne sont point obligés au travail manuel , afin de vaquer plus longlemps à la méditation, et, hors le temps di l'oraison et de rofiice divin, ils doivent s*appliqucr à la lecture spiriluclle.
Ce couvent fui encore brûlé en 1g43; il n'y resta pas pierre sur pierre; les arbres mêmes qui étaient aux environs furent aussi consumés, en sorte qu» ce lieu fut réduit en un désert. Mais les religieux ne voulant point pour cela Tabandonner, un novice, frère du duc de Véjar, qui n'avait pas encore renon^ ce à son patrimoine, le fit rebâtir plus soli-* dément qu'il n'était auparavant, lîiilippc II, roi d'Rsp.'igne, augmenta la dévotion et la beauté de ce lieu lorsqu'il y passa en a-l<int faire la guerre contre les Maures. Il y laissa une grosse aumône pour faire un dortoir vi embellir Tégliso, et donna à ces religieux un bois qui était dans leur voisinage, avec un grand pâturage de deux milles de tour.
Quatorze couvents s*ét:int joints à celui-ci, on en a formé une province sous le li-re des Anges, qui fut érigée Tan 1518 et qui fut incorporée dans la suite avec la Ké^juli^re Observance. Leur habillement est semblable à celui que nous avons donné à cet article.
Francise. Gonzag., de Orlg. Semph. reliq.i Luc Wading. , Annal, Minor, , tom. Vil ; Dominic. de (jubernalis, Orb. Scraph, tib. v ; Marian., Chron, 0\$ert\ gtrtctior. ef reform., Îi6. 1, eap. 1 ; et And. de Guadaloupe, HisU de la Provinc. de los Angelos.
JEAN DF.S VALLËUS ET DE GKNTIL DB à'^i^OLETTE UVÉFonaiB des Franciscaihs
de).
Sous le généralat de Géraud de Odonis, qui fut éfu dans le chapitre général qui se tint à Paris l'an 13*29, les religieux de l'ordre do Saint-François, nui étaient portés au relâchement , trouvèrent un protecteur en la personne de ce général, qui, loin de léformer les abus qui s'étaient glissés dans l'ordre el de maintenir les règlements qui avaient été faits par ses prédécesseurs pour Tobservance de la règle, porta au contraire le pape Benoit XII à faire, l'an 1336, d'autres règlements, qui tendaient, selon son inclination, au relâchement de la pauvreté et des autres austérités de l'ordre, les fit recevoir Tannée suiraule dans le cbupitre général qui se tint
DlCTlONNAinC DES OUDIIES REUGTEUX.
à Cahors, et les envoya ensaîlc dans toutes les provinecs; et c*c»t ce qui donna lien à IVtabiissemenl de la réforme de Jean des Vallées, car (téraud de Odonis, dès l'an 133^, avant d'entreprendre le dessein qu*il avait d'affranchir Tordre de toutes ses austérités* jiigonnt, par one politique mondaine et une prudence de la chair, qu'il était nécessaire de se défaire de ceux quipourraient apporter quelque obstacle à l'exécution de son projet, donna permission à ce réformateur, dont il Cl aifçnait le zèle et la piété, de se retirer dans quelque lieu solitaire avec quelques autres religieux qui déiïiraiput conlmi* lui d'observer la rè};le dans toute sa pun te. Le frère Jean des Vallées, muni de cette permission, se retira à Bruliauo, proche le mont Floride, entre Camérino cl Folijçnî , (*ù il bâtit un petit couvent qui avait plus l'air d'une pauvre chaùmine que d*une maison relig^ieuse, et là, avec ces religieux zélés, il vécut dans une grande pauvreté et dans la pratique des austérités de sa règle et do toutes les vertus évangéliques, ce qu*il continua jusqu'à sa mort, qui arriva Tan 1351.
Fortanier Vassal, qui, dans le chapitre générai tenu à Marseille Tan 1343, avait succédé à Géraud de Odonis (que le pape Clément VI avait fait patriarche d'Antioche Tannée précédente), se montra favorable à ces réformés, leur accordant toutes les grâces qui dépendaient de lui ; mais l'envié et la jalousie ne tardèrent guère à s'y opposer, en excitant les murmures des non-réformés, ou pour mieux dire d -s relâchés , qui se plai^ gnirent ouvertement de la conduite et du gouvernement do général • sous prétexteque, favorisant ces s «ints religieux et leur accordant tant do grâces et de privilèges, il leur donnait les mo}cns de se séparer de l'ordre. Le pnpe, cra-gnant que ce ne fût une occasion de faite renaître la division dans Tordre, défendit au général de leur accorder aucune exemption ou grâce pari icu 1ère jusqu'à ce que le saint-siège fût mieux informé de leur manière de vie, et qu'il eût ordonné ce qu'il jugerait à propos sur ce sujet.
Cette défense ayant été publiée, ces saints > religieux ne perdirent pas pour cela Tesprit de leur vocation, et, s'al>an4Jonnant entièrement aux dispositions de la divine providence sur eux, ils n\*n furent pas moins fidèles à l'observance de leur règle et à la p aiique des vertus capables de les rendre agréables à Dieu, qui, voulant récumpenifer cette confiance et celte conformité à sa sainte volonté, ieur donna la consolation de voir croUre leur petite conurcgation , non-seulement par l'arrivée de plusieurs leligieux qui^ quittant les non-réformés, où le désordre augmentait de jour en jour, venaient se joindre à eux dans ieur solitude pour y observer la règle dans loute sa pureté, mais encore par Taugmen* lation de quelques couvents qui leur furent 4lunDéi par les soins du frère Gentil de Spolette,qui,aprèê la mort de Jean des Vallées, étant regardé comme chef de cette même cougrégatiou, quoiqu'il ne fût que frère laïque, obUni, Tan 13ol, du pape Clcuieut VI , à la
sollicitation de quelques seigneurs, quatre petits couvents de la prunncedeSaînl-Fra»çiiis , qui furent ceux des Prisons • de Uotii* Luci , de TErmitigc et de Jani , où il demeura avec ses religieux, et cù il eut permission de recevoir des novices et les autres religifot qui seraient portés à l'observance exacte de la règle, et ce pontife fit défense aux supérieurs de Tord.c de les troubler eu ancttse manière.
Les supérieurs ne purent néanmoins souf« frir cette séparation. Ib appréhen lèreni que cette congrégation naissante n'augmentât et qu'elle ne causât une plus gr^ntfe dirisioa que celles qui avaient été pacifiées sous 1rs papes T.lcmcnt V et Jean XXII: c'est puorquoi ils pensèrent aux moyens .ae la détruire avant qu'elle fft un plus grand progrès. Ce qui les y excita encore davantage fut qoe ces religieux prenaient des habits différents des autres et semblables à ceux des preniicn réformateurs de Nârbonne, qu'ils ne voulaient avoir rien de commun avec le reste de Tordre, et qu'ils s'étaient presque entièrement soustraits de son obéissance. L'affaire fut proposée dans le chapitre général qui se tint Tan 135& â Assise: la plupart des vucaot furent d'avis qu'on exposât au pape, en pleio consistoire, que la conduite de ces solitaires menaçnit Tordre d*un nouveau schisme, et qu'on suppliât Sa Sainteté d'ordonner qu'un les traitât comme on avait fait des sectateurs de Pierre-Jean Olive; mais le général GuJlaume Farinier, qui dès Tan iSkS avait succédé â Fortanier Vassal (que le pape a»ait fait archevêque de Ra venue), s'opposa à ce dessein, leur faisant connaître que si Toi faisait éclater cette affaire, le peuple eu pourrait être scandalisé, et que cela exciterait plus de bruit parmi les religieux. L'on défera â sou avis et Ton remit à sa prudence le soin de diss'per cette nouvelle congrégation. Il était de son honneur, après une dcfô.eacj si soumise, de réussir dans cette affaire ; aiD>t il commença â en rechercher les moyeas, mais le frère Gentil lui en fournit l'occasion peu de temps après par sou imprudence ; car ce général ayant voulu commander qu(lt]ue chose à un de ses religieux, le frère Gentil fit retirer le religieux et dit hardiment an général qu'il n'avait aticune juridiction sar ceux qui étaient sous sa conduite. Les reli* gieux qui accompagnaient le génteal-le portaient â punir ce téméraire qui mépris;)it ainsi son autorité; mais il aima mieux temporiser encore quelque temps pendant Icqu'l il fit examiner secrètement la conduite que t^ naicnt Gentil et ses religieux* 11 trouva qu ib avaient retenu chez eux durant quelque temps des hérétiques ; et, quoique ce fût dans le <te»* sein de les convertir, néanmoins, comme di n'y avaient pas réussi, il se servit de cela pour les rendre odieux au pape en les accasantd*avoir€ommuniquéavec c<*s héréiiqixi dans leurs propres maisons en mangeant ensemble et en leur donnant retraite, comme aussi de les avoir laissé échapper san^t correction ni diâtiment, faute d'en nvoir donné au* aux inquisiieuri. 11 n'en fallut pa5 daias*
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lagc que g* Ug accusation, qui, toute faosso qu'elle était, eut tout le succès qu*il pouvait m attendre : car le pape, qui était pour lors Innocent Vi« sans autre examen de cause, réfoqua par une bulle de la même année 1.155 celle que Clément VI leur arait accor- Ji*e; les quatre couvents qui leur avalent été ilunnés furent remis sous l'obéissance des supérieurs de l'ordre, avec on commande-* meut ciprès à frère Gentil et ses religieux de se conformer aux autres pour rhabilleinent (t). Le cardinal Albornoz, légat du saint-siége en Italie, pressé par les sollicitalions du général, fil mellre en prison frère (lenlil dans Orviélo, avec deux de ses corn* pAgnons qu*il menait à Rome. Ainsi le chef è aiil arrêté, et le frère Martin, aussi frère laïque, son principal coadjutcur et religieux d*uhc éminente vertu, reconnue même par des miracles, étant mort Tannée suivante, la congrégation fut aisément dissipée.
Luc Wading, Annal. Minor. lom. III et IV. Dominic. de Gubernalis , Orb. Seraphic. , tom. 11.
IBAN DES VIGNES (Chanoines réguliers DB Saint-), à Soii$on$.
L'abbaye de Saint-Jean des Vignes à Sois* sons fut fondée p.ir Hugues, seigneur de Chflteau*Thierry, l'an 1076, sous le règne de Philippe l*% roi de France. Ce Hugues, ajanl usurpé plusieurs églises avec les biens qui en dépendaient, touché de repentir, alla trouver Thibaud, évêque de Soissons, pour les lui remettre entre les mains, à condition que l'église de Saint^Jean, qu'on appelait pour lors du Mont, située dans la ville de Soissons, et qui était celle qu'il avait injustement retcnue,scrait desservie par des chanuines vivant en ctimmun, et que les autres églises arec les biens qui en dépendaient, et dunt il avait aussi eu la jouissance, y seraient Dois. Le roi approuva cette fondation la uictuc année; et, l'an 1088, Hugues, croyant n'avoir pas assez satisfait à sa conscience tuucliiint son usurpation simoniaque, fil don au monastère de S.nnt-Jeaa de trente arpents de vignes qui étaient aux environs, tl où rst venu le nom de Saint-Jean dos Vignes que ce monastère a porté jusqu'à présent. Cette fondation fut approuvée par l'é- Téque Henri, qui, voulant encore favoriser ces chanoines réguliers, leur donna une prébende dans l'église cathédrale, du consentement de set chanoines.
Odon fui le premier abbé; après avoir fouverné ce monastère pendant treize ans, il inuurot Tan 1088, et eut pour successeur Ro« ser, auquel Urbain II adressa Tannée soixante un bref par lequel il le reçut lui et ses flianoines sous la protection du saint-siége, ci approuva les constitutions qui avaient été (lres>ées pnur cette abbaye, ordonnant quelles j seraient in violablenient observées. Il confirma tontes les donations qui leur avaient été faites, et on leur en fit plusieurs tUns ta suite. Hugues, seigneur de la Frrté- Uîlon, et Helmide, sa femme, leur donnèrent
W V09., à la fin du vol., 0" 110.
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la chapelle de Saiul-Vulgis dans leur château, à condition qu'il y aurait toujours pour le moins trois chanoines pour la desservir» Thibaut, comte de Champagne, leur fil don aussi, l'an 1122, du prieuré d*Ouchy, après en avoir fait soi tir les chanoines séculiers. Buchard, évêque de Meaux, fit aussi sortir des chanoines séculiers du prieuré de la Ferté-Gaucher pour le donner a l'abbaye de Sainl-Jeâu des Vignes. Ils ont encore deux autres prieurés, savoir Montmiraiiella Ferté-soos-Jouarre, et plus de trente paroisses; et, quoique les bénéfices qui sont possédé « par les chanoines réguliers soient appelés prieurés, il n'en est pas de même parmi les chanoines de Saint-Jean des Vignes, qui, selon l'ancienne tradition de l'abbaye, n'ont que cinq prieurés qui lui soient annexés, et auxquels ils donnent ce nom à cause qu'anciennement ils étaient possédés par des chanoines séculiers. On ne laisse pas néanmoins de donner le titre de prieurs aux curés qui desservent les paroisses.
Le pape Lucius III, par un bref adressé à l'abbé Hugues, leur permit de mettre dans chacune de ces paroisses troi* ou quatre chanoines pour le moins; le même abbé Hu-< gués ayant voulu révoquer à sa volonté les chanoines qui étaient pourvus de cures, et en ayant fait revenir quelques-uns dans la cloître, révêque de Soissons, Nivellon, s*y ^opposa, à cause quVn qualité d'évêque diocésain, il leur avait confié le soin des Ames dont ils devaient lui rendre compte. Ils remirent leurdifférend entre les mains du pape, et firent tous deux à cet efTet le voyage de Rome. Urbain lil, qui gouvernait pour lors I Eglise universelle, leur donna des commissaires qui décidèrent en faveur de l'abhé: mais les chanoines de Saint-J<'an des Vignes appc èrent de leur jugement au pape, disant que leur abbé n'avait pu sans leur couscntement faire cotte innovation, qui était contraire aux privilèges qui leur avaient été ac- C4>rdés par plusieurs souverains pontifes qui leur avaient permis de rester trois ou quatre religieux dans ces cures, dont l'un .serait seulement présenté à Tcvéque pour avoir la conduite des Ames, et lui en rendrait compte, et qu*à l'égard de la discipline régulière, ils devaient l'obéissance à l'abbé. Hugues était ami d'Etienne de Tournai, qui, étant do même sentiment, écriviten sa faveurà Rome. Mais la recommandation de ce savant homme n'eut aucun effet, et les clianoiurs furent maintenui dans leurs droits, et on ne peut les faire sortir de leurs bénéfices, ni les rappeler dans le cloître, que pour de grands crimes. Ce qui est de singulier dans cette congrégation, c*est que ces mêmes bénéliciers assistent à l'élection du grand prieur de l'abbaye de Saint-Jean des Vignes, n'y ayant plus présentement qu'un abbé comme»* dataire, et qu'ils peuvent même être élus; mais cette supériorité ne dure que trois ans, après lesquels ils retournent à leurs bénéfices.
Les peines qu'on imposait aux apostats,
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niCTIONNAIRR DES ORDRES RELIGIEUX.
i\u\ sont npporléos dans les chroniques do celle abbayci fonl bien connailre quelle était Tobservance étroite que Ton gardait dans celle congrégation* Sous le gouvernement de T'ibbé Matthieu de Cuizy, un religieux oposlat sVtant présenté pour subir l;i peine de son crime, il vînt à la porte de l'église dans rhabil qu'il avail porlc dans le monde; rayant dépouillé jusqu'à la chrmise, il marcha nu-pieds, la léie découverte, et tenant une baguette h la main , traversa toute la cour, el, étant arrivé au chapilre, il se mit à genoux, doinandant, les larmes aux ycui, pardon à l'abbé en présence des religieux, el suppliant qu'on lui donnât la discipline. Ce qui ayattt élé fait par le prieur, on lui en* joignil pour pénitence qu*il recevrait tous les jours la discipline, et qu'il se présenterait à cet eiïet; que pour toujours il serait privé de voix dans le chapitre; qu'il n'aurait place, soit au chœur ou ailleurs» qu'après les novices, et au dernier lieu; qu'il ne célébrerait point la messe; qu'il mangerail à genoux sur un petit banc au réfectoire; qu'on ne lui présenterait que du pain noir el du vin rouge, avec un p:ilage, à moins que le prieur ne voulût bien lui envoyer linéique chose de ce qu'on lui aurait présenté. Il fut dispensé au bout de six mois de manger à terre; mais, tant qu'il vécut, il no mangea qu'à la troisième table, qui était celle des convers. Au bout de deut ans, on lui permii de dire la messe en particalier, mais jamais en public, et les autres peines lui furenl imposées pour toujours.
Celle abbave souffril beaucoup de dommages par les héréliques calvinistes, l'an 1568, lorsqu'ils prirent la ville de Boissons: ils ruinèrcnl entièrement le monastère et l'église, cniporlèrenl les vases sacrés el tous les meubles, et contraignirent les religieux de sauver leur vie par la fuile. Ces ciianoines vendirent ensuite beaucoup de biens pour rebâlir réglise. Le parlement de Paris ordonna que la quatrième partie du revenu de l'abbé serait employée à cet effet : elle fut achevée l'an 1586. Durant celle guerre, un des chanoines nommé Savreux s'elant retiré de celle abbaye, ayant été chercher un asile en Espagne, fui dans la suite chapeliiin du roi, qui le pourvut d'une abbaye en ï^icilo. Cet abbé lit bâlir un hôpital à Madrid pour les Français, dont il donna le gouvernement aux chauoines de Saint-Jean des Vignes, qui, à sa réquisilion,envoyèreni deux chanoines. Us ont élé longtemps en possession de cet lidpital.
Dans les titres de la fondation de Sainl«« Jean des Vignes, et dans les lettres du roi l'hilippe 1'' et de l'évéque de Solssons Thibaut, qui conQrmenl celle fondation, il est marqué que le préire cardinal du lieu est icMiu de rendre raison du soin qu'il aura eu de ses paroissiens à l'évéque de Soissons et à son archidiacre, comme il faisait auparavant. L'origine do ces cardinaux , selon pierre le Gris, chanoine de celle abbaye, vient de ce qu*un pa^ e élaiit venu eu celte
(I) Dîct. IJiitor. dcrni^n édii., tom. Il, ptg. 912.
ville, choisit douze curés, tint delavillo que des environs pour lui servir d'assisbnls, et que dès ce temps-là ils commencèrenl à s'appeler cardinaux. Ils s'assemblaicnl le jour de SainUThomas pour choisiir un d*entreeux pour supér.eur, et l'inslallaienld.ns celte digni é le jour de Saint-Ëlienne, afin que pendant cette année-là il présidât à leurs assemblées, qui se faisa enl pour le inoins aux quaire-lemps de l'année dans quelque église, où l'on chaulait l'ofGce des défunts, y ayant des revenus annexés à ccl efTei, dont ces douze curés ou cardinaux jouissaienL Berlin, qui a fait les Anliqnilés de Soissons, dit que ces cardinaux avaient été ainsi créés afin d*assisler l'évéque de Sois* sons aux fêtes solennelles, ce qui est bien Traiieuiblable. Dans Tancien pontiGcal écrit à la main, qui servait aux évoques de Troycs (1), il y a plus de quatre cent ritiquanle ans, il est aussi fait mention de prêtres cardinaux, qui no sont autres que les treize curés dénommés au Uttut*l manuscnl de la iné.'ne église, lesquels doivent encore aujourd'hui assister l'évéque quind il consacre le chréiueet les sainlcs huils l* jeuU saint, el à la bénédiction solennelle dos fonts, les veilles de Pâques et de Pentecôlc. Paquier rapporte sur ce sujot qu en un concile tenu à Metz sous Ch:rleuMgne, il e^ ordonné que les évèqucs disposeront canoniquemeni des titres de carilinaux établis dans les villes et dans les faubourgSi c'esl-à* dire des cures ; et, dans l'abbaye de Sa'Ut- Kemi de Reims, il y a eu de tout leuips quatre religieux cardinaux appelés principaiiX, parce que ce sont ceux qui officient au grat:*] autel dans les fêtes solennelles. t
Les chanoines de Saint-Jean des Vigu s avaient autrefois la direction d'un colles;e à Soissons, qui avait été fondé par Auberi, doyen de la cathédrale; mais celte maison fut cédée aux Minimes Tan 1585. Le collège de Beauvais à Paris a élé fondé parlecarJi* ual Jean de Dorman, à condition que l'abbé de Saint-Jean des Vi|[nes au ait soin de ce collège et auraii droit d'y nommer les buur* siers, de les corriger, de les Ater, d'avoir soin que la fondation fui exécutée ; et parmi les vingt-quatre boursier-* Il peut y avoir uu chano ne. 11 y a eu trente el un abbés réga* liera. Après la morl de Pierre Batio, qui fut le dernier, le cardinal Charles de Bourbes fut nommé par le roi; depuis co temps-U il y a toujours eu des abbés commendatairef. Lan 1566, la raense abbatiale f.*t séparée de laconvenluelle ; l'abbé est premier chanoioe de l'église cathédrale de Sainl-Gervais de Soissous. Cette maison a toujours regardé les évéques de Soissons comme •upcrieiirs; elle n'a jamais été unie à aucune coegrégatioD, el u a point soufTeil de réforii:e élrangère; elle fut enfermée dans la ville en 1:51, tous le règne d'Henri 11; elle % donné un sulTragant à l'évéchè de Soissuna et treize abbrs réguliers à d'autres abba jos^ Uni ea France qu'en Flandre el en Sicile.
Le conseil du la maison est composé d«
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quatre anciens ou iénteurgy qtii sont élus djas les chapitres eéoéraux; ils sont pris tant da corps des béiiéficiers que du ceux i)oi composent la communauté. Tous les ans à la Saint-Martin d hiver, ils se Iroufent à Saio(-Jean des Vignes pour y recevoir les comptes du procureur» tant des recettes que des mises de tous les revenus de la maison, (omiiie aussi ceux do trésorier des recettes ei mises do revenu de l'église, et dans celte assemblée ils remédient aux abus qui peuveut s*étrc glissés dans les observances régulières.
Matines te disent (ouj )urs à minuit dans ccKc abbaye , et Tofiice canonial s'y fait pondant tout le jour avec beaucoup d*é'li6cation ; oo n y mange do la viande que trois (oh la semaine, le dimanclie, le mardi et lu jeudi; Ta bstinence y est observée depuis te )our de Saint-Martin, 11 novembre, jusqu'à lAvcnt, et depuis l'Âvent jusqu'à Noël on jeune; fabstinencc recommence à la Sepiuagé>iine, et le jeûne le lundi d'après la Quinqoagésime jusi|u'à Pâques. Le; jours de jeûne, tant de Tliglisc que de la règle sont è;;aux pour la collaliou. Autrefois on ne prenait rien le soir, à présent on va au rélectolre, après avoir entendu lire aux pupitres qoi sont dans le cloître un chapitre do rimilatioo do Jéaus-Christ; on y en!r<9 en habit de chœur ; chacun se met selon son ni\%, et le dernier novice, après avoir fait une profonde inclination au grand prieur, lui demande en latin la permission, au nom de toute la communauté, de manger du pain; on en sert à chacun, et on boit un peu devin ooe fois seulement ; on ne sort ni aapp<'S ni serviettes, oi portion de vin à ces coUalioos, et en quelque temps que ce soit il n'j a jaoïais de récréation.
Ou tient tous les trois ans le chapitre gé* néral vers la fête de la Peutecôte. Quand lo temps approche, le grand prieur deSaint-Joan rpvoie un mandement à tous les bénéCcierset Hcaires delà campagne pour se trouver au chapitre. Ils s'y rendant la veille du jour in.iiqué pour les premières vêpres ; ils be trouvent tous à matines à minuit. Le lendemain ils assistent à la procession en chapes; la m sse du Saint-Ksprit est ensuite chantée soleutiell meut, à lafln de laquelle on se trouve au chapitre où, après les prières accoutumées, un chanoine fait oo discours en latin sur un paiiii de la règle. Le grand prieur parle cn- »aitc sur le soiet du chapitre, après quoi Ton procède à I élection d'an nouveau grand prieur, qui est ensuite conduit au p.ilais épiscopal pour avoir la confirmation de l*é« ^éqoe de Soissous. Ce grand prieur est triennal, et fait régal èrement la visite, pendant ces trois ans, dans tooi les bénéfices réguliers qoi dépendeot de l'abbaye. Il y en a trente- trois dans l'évéché do Soissons, et d. ui dans celui de Meaut, qui ne peuvent être possédés que par des chanoines régu* liera profès de cette maison , et qoi ne sont point sujets aux induits et aux grades, t^mine il a été jugé par arrêt du grapd conseil du dernier décembre 1683.
0lCTIO3l!<4IBK DES OeURBS RBLIGIEUX. IL
Quant à rhabillement de ces chanoines, l'on verra les changements qui ont été faits de temps en temps dans cet habillement n celui qu'ils portent présentement, dans lu lettre qui suit, qui m'est tombée entre les mains, et que j'di insérée tout au long daiH cette histoire, puisque cette lettre est uno espèce de dissertation sur l'habillement de tous les chanoines réguliers en général: elle est de M. de Loucn, chanoine de cette abbayt*, et prieur curé de Latilly, de qui j'ai reçu des mémoires touchant les observances régi lières qui se pratiquent a Salnl-Jcau des Vignes, dont j'ai pailé ci-dessus.
Lettbr DE M. OB LOUEN, chauoine régulier de Saint-Jean des Vignes et prieur curé du Latilly, sur Thabildes chanoines réguliers de cette abbaye, écrite en 1708.
MO?fSIBUB,
Pour ntacffnilier de Im parole que je vous ci donnée de vous faire voir, 1** quel est l*ha^ bit que nous devons porter dans la maison de Sainl^Jean: 2"* dans nos bénéfices ; 3* lorsque nous sommes en voyage^ tt résoudre en pei$ de mois les scrupules que vous avez pu avoir sur cette matière^ je tous dirai que l'habit que nous portons dans la maison et partout aillews est par-^dessous un habit «otr, c'ei/à'dire des bas noirs ou b: uns^ une culotte et une veste de même couleur, et par-dessus nous portons une soutane blanche. Cette soutane n'était point fermée autrefois par^devant^ et c'est pour cette raison que quelques-uns de nos confrères bénéficiers la portent encore fe méeaveedesboutons: mais V usage d^aujourd'hui le plus régulier^ c'est de la porter ftrmée sans boutons.
Cette soutane a toujours été de couleur blanche^ car nous n^avons aucune preuve du contraire. Il est vrai que les chanoines réguliers ont droit de porter des soutanes rouyes^ comme la portent ceux de Saint- Maurice en Suisse f et comme en portaient autrefois ceux de Vabbayede Saint-Vincent de SenUs^ fondée en 1061 peur Anne^ reine de France^ femme d'Henri I'' oui y mit des chanoines, et ordonna qu'à la différence des autres ils portassent des robes et capuchons rouges de couleur de sang^ en mémoire de saint Vincent martyr; d'autres portent la soutane violette^ comme ceux de Saint -Aubert deCambray et de Saint -Eloy d'ArraSf et comme la portaient les frères tfonvers d ,hs noire maison de Saiit-Jean, lorsque l*usage était d'y en recevoir. D'autreslapor^ tent iioire co urne les chanoines réguliers de Cantipré en Flandre, et^ en Lorraine^ ceux de la congrégation de Saint-Sauveur^ instituée par le B. Pierre Fouriier^ curé de Matin^ courte et confirmée par une bulle du papeUr^' bain VI 11 de Tan 1028. Mais^ dès qu une corn* munauté a pris une couleur d'habit, il ne lui est pas permis de changer une couleur en une attire, a moins que de prendre la blanche^ que tes anciens thanoines réguliers ont portée plus qu'aucune outre. Cette vérité est incontes* table^ puisque B noît Xll^qui^ après avoir été moine de CtteauXf fut élu à fa dignité de
DICTIONNAIKE DES Oli'MiVJy RKLIGIEUX.
cardinale et ensuUe à c lie de iouverain pontife en 1S3^« dan$ les eonêtitutions qu'il fit en 1339 pour la réforme de$ chanoines régulier g do Saint- Jean de Latran^ qui avait commencé à ê* établir en Italie en 1003, ioue Alexandre II, dit ces paroles : Quilibei col r seincl assumptos non potesi molari nisi in alSum.
Par 'dessus cette soutane blanche twas portons un roehe(. Le rochet est un surplis à manches éiroiles comme celles d'une aube ; tl est plus court aujourd'hui qu'il ne ré tait atitrefois; car le rochftrst ce qu'on appelait tuiiica talaris iinea; il tombait juiqu'aux la-' Ions, comme les aubes que nous porton» à rautel, Ct rochet ou cttte aube était r ornement quo portaient autrefois les prêtres peurdessus leurs soutanes^ eomms ron vo t encore dans beaucoup de cathédrales^ et particulier rement dans ce' le de Soissons^ où tes chanoi^ nés mineurs et les enfants de chmAr en portent une.
Nous voyons dans les conciles de France qu'un évique de Soissons nommé Riculplte ordonna dans ses statuts synodaux de l'an 880, à tous les prêtres de son diocèse^ d'avoir deux etuben^ une quils ne devaient jamais quitter ^ €i une autre de toile plus fine qu'Us mettaient par'dessus quand ils célébraient tes divins mystères: PruhibemiispresbUerîs nostris uii •aiicm alba in sacris inysterns qaa utuDtur fbris in quolidiano et exleriori cuUa; et c'est apparemment pour garder et observer cet an» cien statut du diocèse qu'il est ordonné aux d4yens ruraux de se trouver au synode de Ce» wêque revêtus d'une aube, comtt%e il est mar-que dans un ancien cérémonial imprimé en 1S3S par ordre de Symphorien de Bultionf étéque de Soissons.
Cette aube dont nous pi.rlons a été dtiiiifitt^e de sa longueur^ et on l'appelle rochet, que les évéques pertent encore dans toutes les fonctions épiseopales^ aussi bien quelle abbés f les aumôniers du roi et les doyens des eathé" drales de Noyon et dAuxerre^ qui le portent par»dess%$$te surplis quand ils vont à l'église^ comme nu.$si tous les chanoines des cathedra» tes de France dessous l urs chapes pendant t'hiter.
La plupart des chanoines ont retenu Tueage dé ce roehet^ et on s'en est toujours servi dans notre maison. En effet le rochet est le
{\ropre et véritable habit des chanoines requière^ comme le montre fort bien If. de Sainte- Beuve dans ses Résolutions morales^ cas H, t.t:et Benoît XII était tellement persuadé que le rochet était l'habit essentiel de^ cha-' naines réguliers, qu'au chapitre 40 des coiu* titutions qu'il a faites pour la réforme des chjnoit.es de Samt^Jean de Latran^ il or^ donne que si quelau'un d'eus est a^sez hardi de paraître en public sans cet habit de hn, ou ê^U e»t assez téméraire de le cacher ; si après avoir éiéaterti tl ne se corriae pas^ qu'il soit euspendu de son bénéfice pentiant quatre moû, ê'ii est bénéficier, et s'il ne l'est pas^ qu'Usait déclaré în/ioM/e pendant le nUme temps d'en posséder oUctw : Qai aatem e^ e xliibcnt in
piibtico, liabitum (sapc^rindumenta s.itlii lînca) Icincre occullaveril, si moniUis cmru (laro iiolueritijusLla prsinissam persunaruu disiiiictioucin. dictas suspeiisionis el iubab;lilalis pœiias por îlem icinnu^ incurrat.
Apres vous avoir parlé des hahitt ^ut nous portons pour couvrir le corpt^ il faut vous parler. Monsieur, de celui quenontp^rtons sur la tête. Nous n'avi'»ns point Qtittt* fois d'autre couverture de tête que Ro/rc aumusse. Cette aumusse, comme celle que ptt. lent encoie aujourd'hui nos novices impro^u, nous Servait de couverture de tête pendutt l hiver dans la maison, ei pendant l'été o^ chœur et ailleurs.
Nous portons aujourd'hui dans la maie^n un camail pendant rhicer, c'est-^-dire <!epwt la veille de la Toussaint après vêpres, jufqià la veille de Pâques à compiles exclusitemeni. Ce camail ou mofette est un ornement failii' toffe hoire, tiuiseit pour couvrr la tittft les épaules. Les étêques s'en t^erven eao/rt aitjourdhui, à la réserve que ce camail n* leur couvre plus la tête, depuis que ion t trouvé l'usage des bonnrts carrés. On ne pnnait autrefjis le camail à Saint-Jean de^M i n Toussaint jusqu'à Pâques^ qu'après les secondes vêpres de la Toussaint ; on le quitta 1 1( matin tou$ les autres jours^ et on pjrtaii U bonnet carré jusqu'à vêpres.
Voilà quel est l'habit que nous portoin dans la ma son; nous allons montrer à prisent quel est celui que nous pott^ns au ch^» pendant l'été et pendant l'hiver. Pendant dif. c'est-à-dire depuis la veille de Pàquts à iù'aplies, jusau' aux premières vêpres de h Tou*s^ftfii exclusivement, nous portons ai r'ff ' sur le soutane blanche et le rochet, un su /(■» à mdnches longues^ une awnusse noire «u/ *: bras gauche, et un bonnet carte >ur latéte 1 Le surplis avait outrefoie les manches rondo, comme les portent encore aujoup d hui les tltsnoines de Notre-Dame de heims. Nous ■ «• tons cliangé cette forme de surplis qu'en lu9s pournous conformer aux chanoines delà eet'éf' drale de Soiseons, comme nota atijns l^t pour nos chapes d'hiver en 167tt.
Le surplis s'appelle en latin SQiurpfUi* ccuni, à cause que les chanoines le porta't»» par 'dessus ces robes fourrées oppeit»
reliiciuin, pour se garaAirdu f»oid pcudast hiver, particulièrement dans les pays septfer trionaux. On voit encore un re»te de cette es* cienne coutume dans l'abbaye d- Sùnt^tisi d'Arras » oà les novices panent des rehts fourrées pendant leur novicia*. On en pertmt aussi dans notre maison de SeUnt'Jean^pei^ qu'il est dit dans nos constitutions que ns^i aurons des habits fourrés pjur aUer à iMi* Mrs à minuit.
Les surplis dont nous parions ataieet /• même forme que les aubes, puiequ'iis ét.MSi de pareil le longueur ^et descendaient jusqtàsui talons. Ils ont été raccourcis par Benoit ïll dans les constitutions qu'il fit pour la rtfermi des chanoines de Saint-Jean de Letran en XVH* dans lesquelles il ordonne que le surpUe «
(1) f sf ., b la Cftdy v«l., tt« 141.
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pattera pnt par su ongueur la moitié de la iambi : olira mediam iibiam tel circa.
Lf iurplis auf$i bien que le rocket ou le» ûube$ qui servaient pour l^autel , n'étaient peint plisséê autour au eou. On a retenu cet utage à Notre-Dame de Parie ^ où le$ mini»' trei de Cautel portent d€s aubes qui n- sont p^iint plissies autour du cou^ non plus que celles des enfants de chœur de cette mc'tropole. Dan^ noire Ukaison de Saint-Jean^ nos novicti portent encore dts rockets qui ne sont point plissés autour du ou.
Pendant Vétép nous portons au ckceur une aumusse noire sur le bras gauche. Nous devons regarder cet habii, dans notre maison de Saint- Jean^ comme un habit que Von y portait en été et en hiver^ puisqu*avant Vusage des bonnets carrés on le portait toujours sur la tète « et, quand on h mettait sur le bras^ l'exiré^ mlé d'en haut^ qui serrait à couvrir la télc^ se mettait toujours en dehors^ comme le portaient les chanoines réguliers de Saint- Rémi de BeimSf ainsi eu* on le peut voir dans la fig irc qu'en adonnée au public le A. P. du lliouli' netf chanoine régulier de Sainte^Geneviice de Paris, en 166C.
Sous avons gardé long'em^s à Sainte Jean Cusage de porter Vaumane sur le bras ions la maison, même pendant l'hiver ; car on ne prenait le camail que le soir après xêpree , eenme nous avons dit ci^dessus. Le change^ mevt du contraire ne s* est fuit qu^en 1676. Aujourd'hui^ pend(tnt l'été, nous portons /*aiimussesarlê bras gauche , non-seulement au chœur, mais encore partout dans la maison , tant la nuit que le jour.
Vaumussa que tous portons est noire au dehors et blanche en dedans , c'est-à-dire Qu'elle est faite de pattes d'agneau de Lom* oardie de couleur noire au dehors et fourrée de peaux d'agneau blanc en dettans. Nos notices la portent encore noîre. mais d'étoffe fourrée da peaux d'agneau blanc en dedans, et ils la mettent sur la tête à l'église et ailleurs^ Il semble que les aumusses noires soient celles qui aient été le plus en vogue dans l'antiquité^ et dont l'usage a été plus universellement reçu, même dans tes cathédrales, c'est ce que nous apprenons d'un concile tenu à Paris , où il est dit : Slatttirous, ce sont les Pires ducon^ cile qui parlent^ el provisiooe coneilli dUiims statoeodom, qaod canonicî calbedraliom el coUepialarom ecclcsiaram utanlar alinotiis sicru.
Aujourd'hui que l'aumusse n'est plus en usage pour couvrir la tête, mais que les cAanoina la portent ^ les uns sur le bras gauche^ oui est fusage le plus unitersellement reçu, et les autres sur les épaules, l'on se sert du bon^ net carré pour couvrir la tête pendant l'été. Le bonsut était fait d'abord en forme de ca- Initie, à la réserve quHl était plm large en ha it guen Ihu. La coutume est venue ensuite de les faire encore plus amples^ mais ronds et plus petits^ presque semblables à ceux que portent encore aujourd'hui les novices des Ail. PP. Jésuites. On appelait autrefois ces bonnets du mot latin birreiuni» et c*est encore aujouriThui Cusage en France de dire que le pape a en-
tûyé la barrette à quelqu'un de ses fiofif0.< ou autre* f lorsqu'il lui envoie le bonnet de car* dinal. Enfin on a donné, il y a plus de denr. cents ans, à ces bonnett la figure carrée, étant tous fiss ts de laine, et ayant quatre expicrn de cornes qui pataissaient fort peu au-t'essun* Pour ce qui est de ceux qui sont faits de earte^ couverts d'étoffe, et qui sont tout car» rés^ rinvention en est sl^scx moderne.
Voilà, Monsieur^ quel est l'habit que nous portons au chœur pendant l'été: voyon» pré* sentement celui dont nous sommes revêtus au ckcsur pendant l'hiver. Nous perlons au cloU tre en hiver, par-dessus la soutane Hanche et le rocket , icne chape d'ét' ffe noire. Cette chape dont nous allons parier est aussi un habit essentiel aux chanoines comme le rocket é La chape est un vêtement qui prend à la tête et va jusqu'aux pieds. Ce vête.uent a toujours été en usage parmi les chanoines, et nous apprenons d'un ancien ordinaire ou eérémom i de Notre-Dame de Paris que ron ne recevait aucun chanoine au chapitre qui ve fût revê*H d'un habit canonique, c'est-à-dire d'une ch-^pe, ainsi qu'it est marqué dans ce arémo* niai , OH il est dit que, quand un chanoine se présentera en chapitre peur être reçu, il sera revêtu d'une aube sttr la soutane^ et aura une chape d'étoffe noire par^dessus avec le capu» ckon. Le menu ordinaire porte qu'on n'enter^' rera pas un chanoine sans chape. Nous voyons même encore aujourd'hui que le doyen des enfants de chœur de cette métropole potie une aube sans plis autour du cou sur sa sou^ tanCf et une chape noire en été et en hiver à tous les offices du jour et de la nuit .
On commençait autre fo' s à prendre cette ,ehape dans notre maison de Saint-Jean le premier jour d'octobre^ comme il est marqué dans un ancien ordinaire écrit du temps Ue nos abbés réguliers. Elle était différente peur la figure de relie que nome portons aujoturd'hui ; car te chaperon et le manteau tena'etA ensemble, et elle éiait semblable à celle que portent les chanoiufs de Nqtre-Dame de Reims , d la réserve que le n^nteau descendait plus bax et n'était point fourré. Nous avons changé la figure de cette chape en 1676, et nous en avons pris de semblables à celles que par ent les ehanoinee de la cathédrale de Soi$sons,
Après vous avoir fait voir. Monsieur, quel est Vkabit que nous portons dans la maison et au eheeur en été et en hiver, il faut vous par-^ 1er de celui que nous devons porter à la cam^ pagne lorsque nous sommes en voyage. On a vu élans les siècles panés plusieurs chanoines réguliers d'ailleurs très-réglés dans leur conduite, porter l'habit noir tout simple^ c est-àdire sans aucune marque de chanoine régulier, lorsqu'ils étaient hors de leur maison. Il en trai que les chanoines réguliers qui sont élevés à l'épiscopat peuvent quitter Iha'^it de leur profession qu'ils portaient dans le cloître^ et prendre Chubit noir ou violet, comnu le portent nos seigneurs les évêques, à la différence, des moines, qui, quoiau'élevés à celte haute et sublime dignité Je r Eglise, méme^ à lapourprs^ ne peuvent quitter f habit de leur profession, ainsi qu^ Innocent III l'a défini dans le coor
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DICTIONNAIRE DES OUIHŒS KELIGIEUX.
cile de Lalren Pan 1215. Voici comme parte ce concile : Monachos ad episcopatum evectos f[erore debere suum liabitum inonacha* lem. Mais le même pape n*a pas jugé de même à l'égard des chanoines réguliers ^ quia rega^ Im inserviunt laiiori, ut pronuiHiavil Inno^ cent. 111, cap. Qiiod Dci limorem in causa Zacharioe Silii. Cette décision du concile de Latran^ auquel présidait innocent III, ne se pratique plus en France à regard des moines élevés à l'episcopat » depuis que le clergé de France^ m iGfô, les en a dispensés , co ^me r(marque M. Godtau dans son Hisioive de VE* glisff en exposant le règlement du huitième concile œcuménique.
La difficulté est de savoir si les chiucines réguliers pourvus de bénéfices^ ou les cleitriers mêmes, lorsqu'ils sont envoyés par leurs supérieure dam 4es universités pour y étudier^ ou en campagne pour se promener ^ peuvent quit^ ter tout à fait Vhabit de cMtre, et s'hahiiler tout de noir comme font les séculiers. Nous ne voyons point non pius de statut dans notre maison qui Tant n'ise, ni de décision d'aucun docteur qui l'approuve. Il est vrai que Von garde^ dans le curtutaire de l'abbaye des chanoines réguliers de Sainl-^Uarthélemy de Noyon, un privilège de Martin IV^qui vivait en I2D6, par lefuel, sur la requête de Cabbé tt de sa communauté, il leur accorde la permifsion de porter Vhabit noir hors de la mai^ ton^ et même aux bénéficitrs qui en dépendent. Voici ce privilège :
Martinus cpiscopos, servus ser?orum Dei, «dileitis fl.iis abbati et canonicis monaslerii Sancti Barlhotomœi propc Noviodunum, orxliiiis Sancii Augusiiiii, saiulcm et aposioli- -cain benedîctîonem. Sincerœ devotionis af* fectus, qu€in ad nos cl Romanam gerilis ficclestanit promeretur at petitionibus vcstrîSt quantum cum Deo possumus, favora- :bUiter annuamus. Hinc est qood nos ve« -tiris sQpplicationibas Inclinatt, ut ahbas et reli.Jo8i inonaslorii vc>lrit etiam parrochialium ecclesiarum rectores, qui ci dicti ord:- •fiis inslitutis, veslcm sopcriorenfi albam -gestare coasuovcrant, quoties ipsos pro trac- 'candîs, procurandis «i perageiidis inonasie- 4»ii et parochiaiiom ccciesiaruoi negotiis, aliis^ue raiionabiiibus elhonostiscaasia mo* nasterlun prœfatum exîre coniigcritt reste «upcriori nîgri coloris, donec in prsfalum monastei inro sint reversî, libère et licite utî "▼akanl, constitution. bus et ordinationîbas aposlolicis, nec non sfalulis et consuetudinibas monaslerii et ordinis prœdicti, cœterisque conirariis neiioaqoain obstautibus, au* cluriiate apostolica teuore priesentium indulgemus. Datum Gcnesiani Prœnestinensis Dioeces. iv td« Augosli, punliticatus nosiri anno secundo.
Erasme t qui était chanoine régulier de rnbbaye de Sion^ et qui n'ignorait pas le prîtiléye accordé aux chanoines réguliers do Saint'Barthélemy de Noyon^ se fit néanmoins Mn scrupu'e de s*en servir. En effets comme il était omigé d'être souvent à la cour des prin^ ces et parmi les personnes de distinction de 4on tempSf qui cherchaient sa compagnie avec
empreseement , ei que son habit bhnc lit • commodait, il écrivit au supérieur de sûnm9na^têrCf qui trouvait mauvais de oeanUpor' tait un habit noir, et lui manda qu'il en atn i obtenu la permission de Jules 11^ qui la hn avait accordée à condition tfU^il garderai toujours dans ses habits quelque marque et celui de sa profession : Vi pro aibtlri» quddcunque signum instituti terc gcsijrem. En effet il n'est pas permis à uk chanoine régulier de cachrr de telle manière «m habit, quUl ne paraisse point du tout : cV t pour cttte raison et dans cette vue que noi Pères assemblés dans un chapitre général an mois de juin de Van 1623, parlant de l'ha it que mus devons porter quand nous allem m campagne, ordonnent que nous aurons des bat noirs ou bruns^ une culotte, une veste noire, et par^dcfsus un petit rocket de toile avec use sautant l!e noire par-dessus. Ce statut et cet t ordonnance, faits pendant que le si^^ge épi$c<h pal de Soissons était vacant par la mort dr Mgr Charles de Harqueville, furent ensaiis confirmés par Mgr Simtn le ISrrs^son suce iseur, en iG±ii, dans une visite qu\l fit pour exercer les droite que les évéques de 5oissur s ont sur notre maison. On dira peut-être qu'ts% prêtre ni un clerc ne doivent jamais quitter la soutane, et que quand ils vont en campagst ils ta doivent trousser , mais jamais /i quitter.
Il est vrai que les souverains pontifes et tes conciles obligent tous les clercs à porter tonjours V habit clérical; mais il est aussi à remarqaer que les clercs doivent avoir trou sortes tThabitSf run pour le ministère^ Vautre pour l'usage ordinaire^ et le troisième pour la campagne. Celui-ci peut être porté plus coutt que les autres , selon qu*! saint Charles Bor^ ramée /*a décidé dam un de ses concila de Milan^ dont il était archevêque^ en 1568, ou il est dit : Clertcis iter habentibus quofis Yeslilo contraction uti liccbit, et deceoletii tamen illum atque hujusmodi esse opurtei, ex quo eos esse fcclcsiastici ordinis houiioc* facile possint agnosci. Cum Tero eo rmcmi quo pcrveui.c cuoteudont, talarcm log.m induant.
Cette soutanelle est aussi approuvée par Son Eminmce Mgr le cardiniU le Camus, évêque de Grenoble, dans ses statuts syn^f daux^ à la page 34, article h. D'où fon prdi conclure^ 1* que ce n*est que dans les toyo'jts quHl est permis de porter un habit courte et in second lieu que cette soutanelle ne doit nm avoir que de modeste. Il est aisé de cosselure de tout ce que nous venons de diie^ que nous devons dans nos voyatjes nous tenir à fordoKnance de notre chapitre de /a» 1623, où ù fst d t que nous aurons toujours un rochet, f^i est notre habit essentiel, avec une sou:ane(U noire par-dfssus.
Je suis, c:c.
Cette décision en favonr do rochet senl. que H. de Loucn regarde comme ta seule maroue essentielle de l'habit des chanoiocs réguliers, n*a pas plu à tous ses confrères ; car j'ai une lettre cl*un chanoine de Saiat* Jean des Vignes, qui, ajant lu celte disserta*
lEA
JEA
tJoD, marqoc qu'il it*0pprou?e nQUement celle décision, et que la soutane est encore rhabil essentiel des chanoines réguliers ; en rffcl ils ne doivent pas se conformer aux ecrlésiasliques en tontes choses, et si ceux-ci porienl des sonlanelles, ce n*esl pas une conséquence que les chanoines réguliers en doireot porter, ou du moins en porter pardessas le rocbet sans avoir encore leur soutane sous le même rochel : c'est ce que pra- I quenl les religieux de la Congrégation de Fraixeet ïv% plus réformés d'entre les chanoines réguliers. Nous ajouterons encore que M. de Louen sVst trompé lorsqu'il dit que la rcftirme que fit le pape Benoit XII ne regardait que les chanoines légnliersde Latnin, t'uisqu'il n'y avait point de congrégation de Latran en 1339, et qu'elle n'a commencé 4)ue pla< de cent ans après, ou plutôt que rcl!c de Siinle Marie do Frisonaire fut établie é Saint-Jean de Lalran, dont elle prit pour lors le nom, qoi lui fut donné por Bugène IV l'an 1H5. Cette réforme de Benoit \ll regardait tout l'ordre canonique, puisque ce pape ordonna i tous les chanoines, rn quelque lieu qu'ils fussent, de tenir des chapitres provinciaux tous les quatre ans.
Voyfz le P. leGi is. Ckronic. abb. 5. Joann. cd Vineas. Sammarlh. Gall. €hri$Uan.
JEAN ET DE SAINT-THOMAS (Ordrk ifi-
LITAlHE DE SaINT-}.
M. Hermant, cnré do Maitoi, parlant do cet ordre, dit que la noble ville d*AncÂne, fille épiscopale et port de mer en Italie, située dans l'Etat ecclésiastique, vante parmi 1rs antiquités d'avoir donné naissance A un ordre militaire qoi portait le nom de Saint- Jean Baj. liste et de Siiint-Thomas, et que le zèle et la piété de quelques gentilshommes de cette ville en commencèrent l'établissenent par le secours qu'ils donnèrent aux pauvres malades, qu'ils reçurent charitablement, et atixquels on bâtit des hApitaox i|ui se changèrent bientôt en commanderics par les biens qu'on y flt et les privilèges que leur accoudèrent les souverains pontiTes, qui, 1rs ayant élevés à la dignité d'ordre militaire dans l'Ej^lisr, sous les heureux auspices de saint Jean-Baptiste et de saiut Thomas* les obi gèrent de faire la guerre ^ut bandits» pour faciliter le passage aux pèlerins que la dévotion portait à visiter les Minls lieux.
b'un autre côté, l'abbé Giostiniani et Sclioonebek, parlant aunsï de cet ordre, disent qu'entre les monuments d'antiquité dont la lille d'Acre en Syrie, anciennemcnl Ploléroaïde, se glcrifie, on compte rinslilution dt*i chevaliers de Saint-Jean et de Sai it- Tbomas. Il s'agit de voir qui de ces auteurs •1 raison. Il est certain que M. H< rmant s*est trompé, puisque les papes Alexandre IV et Jean XXII, qui ont approuvé cet ordre, rumuie il en convient, ont adressé leurs bulles au grand maître de l'ordre de Saint-
(l)To$Ut, ïnJosue,C9p. iv, et ïnUbAS Itcg.,
Thomas d*Acre et non pas d'AncAno, Jfciffjstro ti fratribuê miliiiœ hospitalis 5. Thoma martyr. Canluarien, Accon. C'est ainsi quo parle celle d'Alexandre, et celle de Jean est conçue nussi en ces termes : 5. Thomœ ma^ gistro et fralribus ho$pUali$ 5, Thomœ yiiar-
3 ris Aeconen.; et c*est ce qui fait croire A ennénius quo l'ordre do Saint -Thomas pourrait être séparé d'un autre sous le nom de Saint-Jean d Acre, puisque ces papes no parlent que de l'ordre de Saint«Thomas ; ti ne laisse pas néanmoins de les joindre ensemble sous le nom de Saint-Jean d'Acre et de Saint-Thomas : Ordo equt$tris S. Joan^ njf Aeconensit ei S. Thomœ.
Tostat, dans ses commentaires sur Josné, parlant de la ville d'Accaron, où le ro! Ochosias envoya consulter Beelsébub, dit que l'on appelle présentement cette ville Acre,.tt qu'elle a donné son nom à un ordre de chevaliers appelés de Saint-Jean d'Acre : Isla
civUoê voeaiur nunc vulgariUr Acre
et ab hoc loco nominatur quidam ordo int'/itum qui fuit in Ecclesia^ cum obtinuerunt Terram Sanetam^ ecilicet ordo Beati Joant^ de AcrCf vel de Acharon. Il dit encore la même chose dans ses Commentaires sur le quatrième livre drs Rois t:E$t autem Accaron famota eivitas in terra Philistinorum circa mare Mediterraneum^ in qua poitea fuit ordo quorumdam militum qui voeantur de S. Joanne, et iUa riviian vocatur vutgariter de AerCf .4ccaron(l).
Ce n'est point ici le lieu d'examiner si Tostat a eu raison de croiro que la ville d'Acre ou PtolémaYdo fût l'ancienne ville d'Accaron, quo plusieurs auteurs prétendent n'être qu'un méchant village ruiné; mais au moins Tostat et tous les écrivains qui ont parlé de cet ordre militaire, k l'exceptiou do M. Hermant, disent qu'il a pris son origine dans la ville d'Acre. L'on ne sait.point l'année de son institution , mais plosieurs ao^ teuri conviennent qu'il fut approuvé par le pape Alexandre IV, qu'il lui donna la règle de saiut Augustin, et qu'il fut dans la suito confirmé par le pape JeaUvXXII. Alphonse le Sage, roi de Ca tillo,. ayant fait venir de ces- chevaliers dans ses Etats pour* les défendre contre les incursion» des Maures, les combla de bienfaits . et leur laissa encore par son testament do giandes richesses; mais cet ordre ayant été beaucoup affaibli par les perler qu'il fil dans la Syrie, il fut uni à celui de Malto. Ceux qui s'opposèrent à cette union prirent toujours le nom de chevaliers de Saint-Thomas, et contervèreut la croix rouî^e au milieu de laquelle était un ovale où était Tiinage seule de saiut Thomas, au lieu qu'auparavant ils y joignaient celle de saint Jean Biiptiste (2).
Voyez Mennénius, Gius'ininni , Schooneliek et Hermant, dans leur ilist. des Ordres miiit aires; et Ascag. Tambur. DeJur. Abbut. d sp.
(i) Voy.,è la On du vol., h"» lii«
DICTIONNAinE DES ORDRES RELIGŒUX.
JIKAN LÉVANGËLISTK (Chasoiiibs sécu-
UBM DB Saint*).
J)ii chanoines séculier» ffe fa congrégation de Sain('Jean rEvangéliste en Pmugal^ avec la vif de dom Jfan de Viceazf, évégue de Lam^go cl ensuite de Tistu^ l^ur fondaleur,
Cooime la congrégation de^ rhanoinen sé«mliera de Sainl-Jcan rEvan^élîtle €n Porlul^al flulisiste encore avecérbld.int cerojaiitiif « n*ayHnl pas eu l« même sort que celle Ue S tinUGeorges m Algha^ quoiqu'elle auire le ném<7 insUlut, et que .ces «hrinoines rerrnnaiasent aussi saint Laurcut Justinirn l>pur leur patriarche et leur Père« ^insi quMI rst porté parle bref de Clément VIII, du 27 septembre 1598, dont nous avons déjà parlé à Parliclc Geouges in Algba, par lequel il leur permet d*en réciter roffice, c*cst ce qui fait que nous traiterons de leur origine en particulier.
Sous le règne de Jean I", roi de Portugal, il y avait à Ltst>onne un f.imeux médecin et professeur de belles-lcllres, nommé Jean Vicenze, natif de celle ville* qui, dégoûté des vanités du luondo et désirant se donner à Dieu, 6*assocîa avec Martin Laurent, célèbre prédicateur, et Alphonse Nogueyr«i, gentiliiomme et Os du grand prévôt de Lisbonne, qui avaient conçu le même dessein. Ils résolurent de vi^re ensemble en commun , et pour cet oITci ils so retirèrent pour faire leurs eierciees spirituels et leurs prières 4ans régtise de Sainte-Marie des Olives. pro« che Lisbonne, avec le consentement du curé «tecereu, qui approuva leur sainte résolution. Mais dom Vaquet, évéque de Porto, et qui était ami de Jean Vicenze, ayant appris sa retraite, rengagea de venir avec ses compagnons dans son diocèse, et leur-offrit Tégli»6 de Sainle«Harie de Companhaan (éloignée de cette ville d'environ deux lieues), teuniuie un endroit retiré du monde, où ils pourraient tranquillement vaquer A Itnrs exercices et songer A réternilé bienheureuse. Ce prélat, à quelque temps de là, ayant été transféré à Tévéché d'Evora, ils ne trouvèrent pas dans son successeur des inclinations aussi favorables à leur égard, cl ils furent même obligés d'abandonner ce lien. Alphonse alla A Rome, et les autres retournèrent dans leur pays.
Jean ne se rebuta point pour cela; il souffrit patiemment cette disgrA e, et persévérant toujours dans le dessein de ne servir uniquement que Dieu, il distribua tout son bien aux pauvres, et, ayant pris avec lutJean Hodriguez et Pierre Alvarez, ils se revAti- *ent d*babits noirs fort simples, et parcon-
urenl comme pèlerins tout le Portugal. Ils irrivèrent à Brague, où dom Ferdinand de Guerra, qui rn était archevêque, les reçut très-humainement ; et, y ayant demeuré quelques jours, il fut si charmé de leurs entretiens, qu'il résolut de ne les point lais- ^r sortir de son diocèse. Jean , qui avait renoncé volontairement A tous les biens du
(I) Voy., àla fin da vol.» a* 143.
monde, et qui se souciait peu on il dcmeorit, pourvu qu'il y pût 8«»rvir Dieu, accepta arrr SCS compagnons TolTre de l'archevêque de llraçue. L'abbé du monastère de Saint-Sao- V(5Tir de Villa de Frades, de Tordre de Stini* Benoit, étant mort, et la régulariié étant entièrement bannie de ce monasière, il é'ait tombé en commende. CVst pourquoi cet ar* chevéque, de son autorité, leor donna ce monastère, et ils en prirent possession Pat 1125. Martin Laurent revint joindre Jcjb Vicense, et leur société se multiplia en (es de temps.
Peouant ce temps4A, Alphonse, qui éla*l allé A Rome, y entendit parler de la vie exemplaire des chanoines sécuPrrs de Saint- Georges in Algha^ dont la réputation se répandait par toute l'ilalie, et qui auzmenlait davanta:;e par les vertus éclatantes qn'Ao voyait briller dans les personnes des rant.naux Corrario et Gondelmaire, qui étaimi des principaux fondateurs de cette ron|;ri<gation. Il alla eiprés A Venise pour voir cei hommes apostoliques, et fut si tourbe de leor conversation et de la vie qu'ils menaifoi, qu'il résolut d'embrasser leur institut. C>$t pourquoi, ayant appris que Tarchevéqae Je Brague avait donné un monastère à Jeja Vicenze et A ses compagnons, il (ranscriTil la règle et les constitutions de ces chanoines de Saint-Georges, qu'il porli arec lui en Porlug: I. S'étnnt rendu au monastère de Siiint-Siuvttur de Vi:lar di^ Frades, il Li rérit A Jean et A ses cr.mp ignons de la mi* n>ère de livre de* chanoines séculiers i)r Saint- Georges tn Algha^ et les [ersoadi d'embrasser cet institut ; ce qu'ils Orent ri thangèrent leurs habits, qui étaient ii ir». en d'autres de couleur réteste et conformes i ceux des chanoines de Saint-Georges, cieepté qu'ils ont un camail (1).
Leur réputation se répandit bientél par tout le royaume, et ils furent en si granJe estime auprès du roi. que ce priuce confia i Jean Vicenie et A Martin Laurent rinfjttte Isabelle, sa fille, pour la remettre enire \n mains de Philippe, duc de Bourgogne, à qoi elle avait été promise eu mariage, ei ils partirent avec cette princesse l'cin 1430, aj ni laissé pour supérieur au monastère deSainl- Sauveur Rodrigue Arnaud.
Après avoir exécuté leur eômniissioji, i i allèrent A Bome pour obtenir la confirma* tion de leur congrégation. Le cardinal Gosdelmaire se tiouvant pour lors fort malade et abandonné des médecins, Jean, qui, cpok me nous avons dit, avait exercé celle pn*lession et s'y était rendu très-babile, rendi; la santé an cardinal, ce qui augmenta beaucoup l'estime qu'on avait conçue de loi; et le pape Martin V confirma leur congrégatios sous le titre des Bons*Hommes de vHlar ^ Frades, et la donation qui leur avait été bile du monusière de Saint-Sauveur, ayant commis cette affaire A l'évêque de V iseo et à Loup d'Olmedo, général de l'ordre de Saisi- Jérôme.
Leur congrégation ayant pris le ooui s<
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fc mona»l&rr, on Ic^ appela les Bi;ns>IIotnmes de SJnl-Siiuvcur de Villar d>> Fr4ide«. Mais la reine Isahclie, fcminc d*AI|)|ion.se V, lour «lyani fait bâtir an nioiiaslèrc hors les jiiurs de Lîsbouiio, sous lo litre de Saiii - Jean l'Efangélisle, cette prliicosec, qui av«i t grande d4'Volion à ce Stiint apâlre, obtint du pape Eogène IV que cilto congrégation ne s'apprllcraît plus à Tavenir de Saint-Sauveur de Villar de Fraises, mais de Saiui Jean rRvangéliste*
Ha onl quatorze monastères en Porlup:al, (lent Tiin de« plus considérables est celui de Saut-Eloi à Lisbonne, qui a été autrefois un hôpital et oratoire fondé par Isard , évc^iiue décente «rille^sous Tinvocation de saint Paul, de saint Clément et de saint Eloi , ayant re* |( DO le nom de ce dernier* Ce prélat avait ioséré une clause* dans la fondation , qui portait qu*en cas qu*il s*étab!ltunec(»n|çrégati()n de personnes pieuses qui vécussent en commun, on leur pourrait donner cet hôpital pour avoir ao.'n des malade\et leur administrer 1rs sacrements. C*cst pourquoi l*infant dom Pii'rrc, qui gouvernait le royaume pendant la luinorUé d'Alphonse V, son neveu, iiblint une bul!e dMiugène IV, i*an iU>0» qui accorda cet hôpital à ces chanoines, et, à ianse qu'il porte le titre de Saint-Êloi, lo peuple aj'pelle aussi ces chanoines, eu ce rojanoie, Loyo$t quoique leur véritable nom suit celui de Saiut-Jeao l'Evan^éliste.
Jean Vicenze, qu'on a toujours reconnu pour fondatear de celle congrégation, fut c\éque de Lametco, et, en faisant la visite de ce diocèse, voyant qu'il n*y avait plus de régulai iîé dans le monastère de Saint-GcoCé^es (ie Uècia, à cause du peu de religieux qui y étalent, Il Us dispersa dans d'autres monasière<, et donna cela -ci aui chanoines de s;i congrégation. Il fut ensïuitc transféré à remédié de Visru , où il Ji ourut Tau 1^-.» Alphonse Noguera fut aussi éVi que de Coniinbre et ensuite de Lisbonne. Ces chanoin<s avaient aatn'fois le soin de tosis l<>ft hôpitaux du ro)auiiic de Portugal ; mais Tbomas»Hii dii qu*ils ont quiUé cet emploi pour se donner à rétude et à la prédication.
il y a aussi des chanoinesses de cet Instilut, rcimoieà Redoitdella, dans le royaume de Gallt-e ; mais elles ne sont point soumises ^ui chanoines, parce qu*il leur est défendu par leurs constitutions de preudre la direction de« religieuses. Quoique Pie V ait obligé ceux d'Italie à faire des vœux solenneU, ceux de Portugal ne %'y soul point soumis. Après deux ans de noviciat , il» font seulcnient entre les mains du supérieur une simple prome>se d'observer la règle et les constitutions de la congrégation, et vœu de chasleié, de pauvreté 1 1 d'obéissance, tant qu'ils liemeoreront dans la congrégation , dont ils Pi'uvcut sortir quand bon leur semble , cl on It^s rvnvole aussi s'ils font quelques fautes, <ti»is cela est arriré rareraenl. Ils sont fort riches et onl plus de soixante mille ècus de rt' verni.
Lrur vie est lrès«austère. Ils se lèvent à tiuc heure aprè^ miuuit pour dire niaiincs.
ne portent que des cliemises de laine , fuut l'oraison mentale pendant certaines heun a du jour, et personne n en est exerapl. Ils commei^ccnt le carém « au lundi de la Tuin^ quagésimc, et, outre les jeAms commandés par l'Ëglise , ils jeûnent encore Ta vent trèsélruiiemeni, et tous les mercredis et vendre-
née et les lundis pendant le carême, ils prennent la discipline, comme aussi tous les joun delà semaine sainte, eliis ji'ûnonlaapainetà l'eau le jour du vendredi saint. Les notices ne sont point reçus avant Tâge de dix-huit ans, et sont habillés de noir en mémoire de riiabit que portaient les premiers fondateurs.
Le roi Jean III leur donna le soin do tous les hôpitaux de Portugal qui étaient de foudation royale. Le premier fut celui de Tousles-Sain!s à Lisbonne, qui est très-oonsidérable, et dans lequel il y a une vingtiine do salles qui peuvent contenir six mille malades; lo second, celui de Jcsus-Chri^dc Sanlarem; I * troisième, de Moute-Mor-o-Nuvo, et le qua« trièine, du Saiiit-Espril d Evora.
Le roi 0. Emmanuel se servit d'eux pour aller prêcher aux Indes et en Ethiopie. L'é« vêque de Viseu , leur fondateur , réforma Tordre de Christ. Didace Gonzalve , confesseur de la reine Eléonore, femme de Jean II, réforma Tordre de Saint-Paul, premier ermite, en Portugal, et l« s chanoines de Sain'- Georgcs in Àlglta en Italie , dont ils avaient a|tpris les observances régulières , les ayant eux-mêmes abandonnées, le pape Pie V ordonna , Tan i*:)G8, au général d<*s chanoines de Saint-Jean TEvangéliste , d'eu envoyer sept on huit pour réformer c«*ux de Saint- Georges. Toutes les grâces et privilèges que ces deux congrégations ont obtenus des souveraine pontifes ou( été imprimés à Lisbonne en 159(h, et les papes Innocent XI et Alexandre Vlll en ont encore accordé en particulier à la congrégation de Portugal , depuis quo eellc d'Italie a été supprimée.
Ceux de Portugal ont ausii> eu parmi eux des personnes qui s<* sont distinguées par leur sc'cnce, conim** François de Saintes-Marie, évéquc suiïragantdeBraaue ; Vincent de la HésurrectioAn qui mourut étant général eu 1636 ; Michel du Saint-Esprit, m^ri en i6^V, aprèi avoir été aussi général ; Emmanuel de Saiot'Paul, mort en 16M ; Enmiannel de la Résurrection, et plusieurs autres.
Le nom de Bons-Hommes de Saint-Sau* veur de Villar de Frades qu'on donna à ces chanoines esl p 'Ut-être ce qui a donné lieu à Cresconxe de dir>* que Richard^ comte de Cornouaille, frère d'Henri III , roi d'Angleterre, avait fondé certains religieux sous le nom de Bons-HomnieS| et qu*ils avaient été de cette congrégation ; mais M. Huel, évéque d'Avranches, dans ses Origines de la ville de Caeo, dit que c'étaient des religieux Sachets, dont nous parlerons A Tartice de ce nom, et qui étaient aussi habillés de bleu.
V(j(yex Francisco de S. Maria, Hitt. das $i^ gradùi Cotnjrfgaconê dot co^t^os iecularci
DICTiONNAIRK DES OUDRLS RELIGIEUX.
de S. Jeorge em Alga de Yeneia^ et de S. Joao Emngelxsîa em PortugaL Jacques-Philippe Thomatini, Annal. Congreg. Canonie, SecuL S, Georg. in Algha. D. Nicole, de S. Maria do I/isboa » Chronie da Orden doe Conegoe ff«f rantes^ lib.i. Gîo Piefro Cre^cenii, Pretidio Romano lib. ii, pag, 28. Emmanuel Rodrig., Quœst. Regul,^ tom. I, quœst. 3, ari. 1.
JEAN PASCHASE ET DE JÉRÔME DE LANZA (Frères M'Hbiirs db).
Jean Pasrhase , surnommé ô*Affuila , qui avait é'é disciple du bienheureux Jean de (inadaloupe , el l'avait beaucoup aidé dans rétablissemenl de sa réforme, voyant après sa mort toutes les oppositions que Ton cnn* linuait à faire contre la province de Saint- Gabriel, que Ton voulait supprimer dans sa naiscanco, entreprit le voyage de Rome pour les faire lever dans le chapitre généralissime qui s*y tint Tan 1517. Mais » y ayant trouvé plus de difficulté qu'il ne croyait , et crailinant que rautorilë de ses auversaires ne {'(emportât enfln sur la justice, il résolut d'entreprendre une nouvelle réforme avec le consentement du gêné al des conventuels, qui lui accorda la permission d*ériger des couvents , de recevoir des notices , cl même lesconventucN qui voudraient se mettre sous sa conduite. Ce fut en rerlu de cette permission , qui fut confirmée par le pape Léon X, qu'il ro.iimença la custodic qui fut appelée, de sou nom , des PaichaeHes. Son premier couvent , qui était situé dans une Ile proche Redondella , fut dédié aux apAtres saint Simon et saint Jude. La réputation de Jean Pasrhase commençant à se répandre^ le nombre de ses disciples augmenta : ce qui lui donnant bonne espérance pour Tagrandissement de sa réforme , il alla à Rome en 153», pour demander au pape Paul III la permission de recevoir des Frères de TObserv;ince, afin que, multipliant le nombre de ses disciples, il eût le moyen d'étendre davantage celte même réforme. Mais il no trouva pas le pape disposé en sa faveur : ce qui n*empécha pas, malgré le refus qu'il en reçut, de persister dans son dessein pendant sept ans, an bout desquels il obtint enfln un bref do même pape, le 10 mai 15M , par lequel il lui fut permis de recevoir tous ceux qui Tondraient embrasser sa réforme , soit qu'ils fussent de TObscrvance ou de quelque «'lutrc ordre, quand même ils n'auraient pas la permission de leurs supérieurs , pourvu qu'ils l'eussent demandée ; mais, comme cela tirait à conséquence, et qu'il en arrivait tous les jours des inconvénients, sur ce que ceux des Observanis qui étaient tombés en faute passaient dans la réforme de Pascbase pour éviter la correction que leurs supérieurs leur pouvaient faire , le pape , en étant informé , révoqua son bref et défend. t aui Observants de passer chex les Paschasites, à moins qu'ils n'en eussent obtenu la permission de leurs supérieurs on du saint-siége.
Ce zélé réfonnateor fit un second établissement à Rayonne, bourg de Castille, et un autre à Vigo Tan 1551. Dans ce temps-là Al-
phon^^e de Mazanctte,qui faisait aussi one réforme particulière au couvent de Mazanelle, lieu de sa naiss^tnce.etqui en avait aussi obtenu la permission do général des cooveotoels, ayant entendu parlerdo P. Paschase, le fut voir,etlronTa sa maoièrede vivre si conforme à relie qu'il faisait pratiquer à ses religieux, qu'il unit le cooyent de Mazanrtte à ceux du P. Pascbase, el le reconnut pour supérieur. Paschase étant mort quelque temps après, les coiiycntuels firent ce qn*ila poreai pour s'emparer de ses couvents, et s opp>sèreni à ce que cette réforme s*aogaieotAt; mais, nonobstant leurs oppositions , on eo fit une custodie sous le nom de Saint-Joseph, et ils furent ensuite unis atec les pauvres couvents de la réforme de Saint-Pierre d'Aïcantara, comme nous le dirons i rarticle da ce nom,
Dominic.de Gubern^itfs, Orb. Seraphïc tom. I, (îfr. V, cap. 5, $ 9. Franci e.Goozag., De Orig.Seraph. Refig.
A cette réforme des Paschasiles nous joindrons celle du P. Jérôme Lanra , qui, toqtant imiter les Pères des déserts, s« retira dans une solitude, où ayant assemblé. Tan 15Ï5, quelques personnes qui yonlurent vivre avec lui, ils le reconnurent pour maître et supérieur. Ayant tenu conseil entre eux sur le genre de vie qu'ils embrasseraient, i'i prirent la résolution de former une congrégation particulière, dans laquelle on observerait à la lettre et sans Sjose ni interprétation la règle de saint François, dans de pauvres ermitages séparés les uns d s antres, au milieu desquels ils bâtirent on? église. Ils s'engagèrent à observer rontinucUement la vie quadragésimale, A jeAner tous les mercredis et jeudis de Tannée , et convinrent entre eux qu'ils recevraient toos les frères el les religieux de l'ordre de Satot- Dominique qui voudraient entrer dans leur congrégation , et que ceux qui y seraient reçus seraient obligés de reconnaître Jérôme Lanza pour supérieur. Ils obtinrent é ce sujet une bulle du pape Jules III Tan 1550. Le bienheureux Benoit de Païenne, surnommé te Noir^ dont on poursuit la canonisation en cour de Rome, fut un des premiers qui entra dans celle congrégation: elle fut supprimée r«in 1562 par le pape Pie IV.
Doininic. de Gubernatîs , Orb. SeiaphiCt iom.l, /tfr.v, §9et10.
JÉRÔME (Oborb db Sai?ii^}.
SECTIOTT PnBMtàBK.