ERMITES DE SAINT- JÉROUE
{ I". Des religieux Ermites de Saint-Jérémten
Espagne^ appelée communément //ronymi-
Iff, avec ta vie du vénérable Père Pxern
Ferdinand de Guadatojara, leur fondateur.
Outre les Jésuates di* Saint-Jérôoie doat nous parlerons à r<'trtiele de ce no»n, il y o encore quatre ordres religieux, uu dilTéreii* tes congrégations, qui se sont mis sons U protection de ce Père de l'Eglise et i|oi oot pris les noms d*Krmites de Saint-JéHVoïc de
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JCR
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rObser? anc€ oa de Loinb*rdie, d'Ermites de
Sain I- Jérôme de la congrégation du B. Pierre
de Piie» el d'Ermiles oe Saînt-JérAme de la
coDgrégalioo de Fiésoly; et quoique ces
quatre ordres soient entièrement diflérenis
les uns dos autres, ceux d Espagne, de Lorn*
bardie et du B. Pierre de Pise, ont été oéan*
moins confondus ensemble par M. Hermant,
qui n'en fait qu'une seule congrégation.
Cetlt congrégation^ dit* il {Hiêt. de$ Ord.re-
lùj. tom. II, pag* 332} est assez célèbre en Ita*
lie et en Espagne. Le B, Pierre de Pise^ dit
LambacurtQt y travailla avec un zile extrijie
en Italie^ et un certain Thomas en Eipagne^
vu il était passé avec Quelques-uns de ses com"
pagnons vers ran 13o0. Quelques historiens
le$ appellrnt les Ermites de Saint^Jérôme :
)/i portent une tunique^ un scapulaire et un
cjipuee minimCf avec une ceinture de cuir*
Dans leur premier éta'Jissementf ils ne /Vif-
taient point de vaux^ et^ vivant du traçait de
leurs mains f leur but principal é ait de s'emr
ployer au soulagement des pauvres. Le pape
Gréaoire II confirma cet institut en 1373 ou
tin( , sous la règle de saint Augustin. Le
chîfde C ordre est à Lupiana^ dans le diocèse
de Tolède, La congrégation de Saint-Isidore^
dont le monasiire est a Se cille ^ lui apport ieni^^
ac(t celui de Saint-Laurent à Lêscurial^ bâti
pur Us li' ératités de Philippe II; et celui de
Sainte ust^ où CharteS'Quxnt se retira sur la
pn de ses jours. Il y en aolusieurs en Italie
tous diters noms» Lupo dulmedo , religieux
eipagnol^ avait composé une règle tirée des
écrits de saint Jérôme quUl voulut faire re-
cetoir à son ordre^ mais cela n^eut point de
%\dtt. Il fonda la congrégation de Saint^lsi^
iortf qui se sépara du reste de V ordre; mais
fit/ln, par les soins de Philippe 11^ ils se réu^
nirent pour ne faire qu'un seul corps. Lupo
iOlmédo mourut à Roms en 1433. Pie V
obligea ces religieux de faire des vaux solen--
ttW<, el, s*étaHt adjnnés à létude^ ils ont tra-
taillé comme les autres conarégations de lE^
gli$e à l'instruction des fidèles^ et à la prédi-
ra/ion de VEvang'le.
M. Hermant i>e trompe, premièrement en ce que ces trois dilTérenles congrégations p*OQt jamais été unies ensemble, et ont toujours eu des observances différentes et des habillements différents dès le commencement <le leur institution. Ce que cet auteur dit çu'on certain Thomas travailla beaucoup à la fondation de cet ordre en Espagne, ou ii èt;iil passé avec quelques-uns de ses compagnons vers Tan 1380, ne peut pas avoir èle, puisque ce mémo Thomas, qui par la sainteté ae sa vie a acquis le titre de bieahcureuK, mourut à Fougny Tan 1377, selon Juste Hoseo, le premier écrivain de sa vie; J.icqoes Jacobilii, qui l'a insérée dans sei Vies des SainU de Folignj ; Wadingb, dans Ks Annales des Uinenrs ; le P. Jean-Marie «ieVernon, dans ses Annales do Tiers Ordre <le Saint*François ; le P. Artbos du Mouslier.daos le Martyrologe des Saints des Irois ordres de Saint-François, au 15 septembre, f génèraleount Ions ceux qui ont fait men- Uou de ce bienheureux Tliom is, outre que
M. HermaiM reronnall que Tordre de Saint- Jérôme en Esp«igne, aequel à la vérité le^ disciples du bienheureux Thomas dounè* rent commencement, fut confirmé en 1373 ou 137^.
Ce qu'il ajoute, que Loup d*0!médo composa une règle tirée des écrits de sait t Je-* r6mc qn*il voulait faire recevoir à son or« dre, mais que cela n'eut point de suite, n*esl
f^as conforme à l'histoire; car, comme nous e prouverons dans la suite, Loup d*01médo ne composa cette règle tirée des écris de saint Jérôme que pour les religieux de sa congrégation, qui était celle des Moines Ermites de rObservanco ou de Lombardie; ei il ne pouvait pas obliger ceux d'Espagne à la recevoir, puisqu'il n'avait plus pour lors aucune juridtciion sur eux. H est vriii que celte congrégation de Lombardie a été appelée par quelques-uns la congrégation do Saint-Isidore, et que, par les ordres de Philippe Jl, les couvents que les religieux de cette congrégation avaient en Espagne ont été unis à celle des Ermites de Saint-Jér6me, plus connus sous le nom de Jéronymites ; mais cette congrégation des Moines Ermites de l'Observance a toujours subsisté en Italie, où elle a encore à présent dix -sept couvents. Enfin ce que dit M. Hermant, que tous les religieux de Saint-Jérôme ne taisaient point de vœux, et que ce fut le pape Pie V qui les obligea à Ikire des vœux solennels, ne doit regarder que ceux delà congrégation du bienheureux Pierre de Pise, qui, à la vérité, n*onl coiuu)encé à en faire qu'en 1569, quoiqu'ils eussent été établis dès l'an 1380. Miiis les autres congrégations d'Espagne et de Lombardie en ont toujours fait dès leur origine. Peut-être que cet établissement des Ermites de Saint-Jérôme de la congrégation du bienheureux Pierre de Pise, fait en 1380, a fait croire à M. Hermant que le P. Thomas était passé cette année eii Espagne pour faire rétablissement desJcronymitcs de ce royaume. M. Hermant, parlant de ces Jéronymites.
n'a rapporté presque que ce qu'en avait déjà dit Moréri dans son Dictionnaire. Ceux qui l'ont augmenté ont ajouté que les Jéronymites suivirent d'abord la règle de saint Augustin; mais que Loup d'Olniédo, leur général, dressa une règle composée des sentiments de saint Jérôme, laquelle fut approuvée par le pape Martin V, qui dispensa les Jéronymites de garder celle de saint Augustin; et qu'on doit observer que les Ermites de la congrégation de Saint-Jérôme en Italie suivent aujourd'hui la règle de saint Augustin. Comme il y a eu encore deux différentes congrégatiuns de Saint-Jérôme en Italie, ces conti* nuateurs de Moréri devaient faire observer eux-mêmes ({ue ce sont les Muines de Saint- Jérôme en Italie qui ont autrefois suivi la règle que Loup d*01médo avait dressé**, et qirils suivent présentement celle de saint Augustin. M. Bulteau [Hist. de V ord.de Saint- Btnott^ liv. I, ch. 6, p. 72) s*est aussi trompé lorsqu'il prétend que ce sont les Ermites do Sainl-Jérôme eu Espagne qui prirent cette règle que Loup d'Olmédo aidait compo-
dictk>nnâu;k di-s oudrls ueligilux.
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sée, paîsqae, comme nous avons dit ci-devatil, il ne pouvait obliger les Ermilos d*Esp.'ifo« à la recevoir, et qu'au roniraire ils ii*y ûppo èrcnt forteiiient. Enfin nous donnerons des preuves conviiincantcs dans la suile^ comme il y a eu rJusieurs congrégalions de Tordre de Saint-Jérôme qui n'ont eu aucune relation les unes avec les autres, et qui ont t\)ujours été différentes, et nous allons commencer par la congrégation des Jéronymites d*Espagne.
Le troisième ordre de Saint-Franrois m glorifie avec raison d'avoir donné naissance à celui des krniiles de Saint-Jérémc en R^pajinCy puisque ce furent quelques disciples «lu bicnheureui Tdomcis de Sienne ou Thoniasuc<io, profès (lu Tiers Ordre de Saint- François, qui passèrent en Espagne et s*y retirèrent d^abord dans divers onnilages qui furent en p4 u de temps peuplés d'un grand nombre de personnes qui les voulurent imiter, et qui tous ensemble formèrent quelque lonips après un ordre religieux qui fut approuvé par le pape Grégoire XI sous le nom de saint Jérôme, qu'ils ovaieat choisi pour leur protecteur et leur modèle, ayaiit voulu imiter la vie pénilenle el retirée* que ce sa nt docteur pratiqua dans le uiouasière de lietliiécm.
On ne peut pas di^convenir que ces premiers ermites qui passèrent en Espagne ne fussent du troisième ordre de Saint-François, puisque le bienheureux Thoma;» de Siennn, leur maître, m était, selon ce que disent nonfeulement tous le^ historiens de Tordre de Saint-François, mais encore saint Antonin, archevêque de Florence, Jacobilli, et plu- ^ieurs autres. Jos ph Siguença, qui a fait l*hi8toirc de Tordre de Saint-Jérôme, eu demeure même d*ac ord, s'en rapportanl an lérao guiige de baint Antonin, lorsqu'il dit: Aquien Ihma 5. Antonio de Florencia en su llistoria Thomas Sitecioy y dixe que cru de la ierccra retjla de S, Francisco^ y que tenian tipiritu prophetico. Mais Cresccnze, qui, comme nous avons dit dans la préface, se q:ialifie de patricien de Plaisance, et se fait néanmoins a>srz connaître pour religieux de Tordre de Saint-Jérôme, n'e&t pas de ce sentiment. Il prétend au contraire que ce bienheureux Thomas et ses disciples étaient de Tordre même de Sa nt-Jérôme, qui, selon lui, a pris son origine au temps des prophètes, a été établi par saint Antoine, dilate par saint Jérôme, étendu par tout Tunivers, tantôt se maintenant de lui-même, tantôt changeant de nom, et s'unissant à d'autres sans cesser d'êtrt' toujours Tordre do Saint-Jérôme. Ecco rordineGieronimiatio^ dit-il dans un rndroit {Prétid, romane^ part, i, pag. 3Ù3), original 0 da prophétie ristorato aaS. Anionioj dilatalo da S. Gironamo^ diffusa neil unirersOf horde seetesso maliensi^hor muta nowe et ad aliri si tmiVce senza mutarsi (Teisere. On peut bien s'imaginer qu'il dispute aux Carmes Tantiouité et la préséance: en etiel» il met non-seulement au nombre des religieux de Tordre de Saint-Jérôme le bienheureux Albert, législateur des Carmes, el
tous ceux qui ont habité le mont Cftrniol;. mais il y met aussi saint Paul premier ertiiUc, saint Antoine, saint Pacôme, les piviiiicrs Pères de la vie solitaire, el les aiitfes f miialeurs des ordres religieux qui les ont suivit, comme saint Basile, safiul Augoslin, saint Kenotl, et pnr conséquent leurs disciplfs. Cet auteur, no croyant pas que le grand non^bre de religieux qui sont sortis de ces ordresCût sufiisaut pour former Tordre de Saint-Jérôme, y a encore fait entrer une infinité de saints qui n'ont jamais été disciples de ce» saints fondateurs â*ordres, et qui la plupart même n'ont jamais été religieux. Il en a été chercher dans tous les pays, et il a cru trouver en France (sans parler des autres ru}aumes) saint Martin, évêque do Tours; saint Rémi, archevêque de Reims; snint Itloi, évêque de Noyon; saint Lonp, évéquo. de Troyes* saint Fiacre et plusieurs autres. Ainsi il ne faut pas s'éionner s'il dit qucle bieniK'ureux Thomas de Sienne était de Tordre de Saint-Jérôme, avant même qu'il fui éiabli.
Siguença se trompe ]or.squ*il donne i ce saint le surnom de Socho on Succo, et qu'il dit que saint Antonin lui a donné celui do Succto. Ce saint archevêque à la vérité l'a iippelé Thomasocci'.is, comme tou|.Ies historiens qui en < ni piirlé; mais ec n'est qu'uo seul mot, qui veut dire en italien Thomisoccio ou le petit Thomas, parce qu'il voulut prendre ce nom par humilité. Il eut un grand nombre de discipls, qui demeuraient en divers ermitages sur un*' montagne des Alpes; et, $i on en veut croire les historiens de 1 ordie de Saint-Jérôme, ce bienhcureai Thomas, qui avait le don de prophétie, discourant plusieurs fois avec ses disciples de^ choses qui devaient arriver, leur disait toujours qu'il voyait descendre le Saint-Kspri sur Tiilspagne ; c'est ce qui donna lieu à quelques-uns d'entre eux do quitter TItalic pour passer en Espaguo. Siguença dit quM) éiairnt sept ou huit, rt n'eu nomme qu'un, qui était un frère Vasco de Portugal, qui avait demeuré près de trente ans avec le bitnhcureux Thomas. Ils arriTèienl in E$p.igne sous le règne d'Alphonse Xi, père do Pierre dit I* Cruol. Ils se retirèrent d'aborJ en deux diffcrcnts ermitages, les uns à Notre- Dame da Villatscua, proclie don lieu appr^^ Orusco. sur la rivière de Taxonna, et lr> autres à Notre-Dame de Cast.2iinat> dans In montagnes de Tolède. Leur nombre aogmentant, ils multiplièrent leurs ermitages : d j en eut qui allèrent dans le royaume dt* Va lonce, proche de la ville de GanJta, el d'antres passèrent en Portugal, n'ayant tou» qu'un même dessein, d'imiter saîut Jérôme qu'ils prirent dès lor? pour Iror protecteur.
Entre les personnciS qui se joi^irentrf eux, il y en eut quelques-unes de distin:tion. dont les principa'es furent Pierre- Fcrdmau^ Peeha, chambellan du roi dom Pierre; ><»" frère Alphonse Pécha, évêque de Jaen, qo> rcnoi ça à cette dignité pour It* suivre dan» la solitude, et dom Ferdinand Yancf de Ft gucra, chauoiue de Tolède et ciiapc!dtu lui*