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jfor de la cliapeile des anciens rois. C'est ce Pierre-Ferdinand Pecba qui esl reconnu p ur le fondalear des Ermites de Sainl^Jé* romc, tant pour avoir obtenu la confirmation de cet ordre et y aroir presrrit des règle-* ntenis, que pour avoir fait le premier les fœox solennels entre les m;iins dn pape* h éuit 61s de Ferdinand Rodrifuez Pécha, fbambellan da roi Alphonse XI, el d'BI? ire llartinei. il sucrétia à son père dans la ehargi* de cbambe'Xin du roi, el, après la mort de ee prince, il eot le même emploi auiifès du roi duni Pierre, qui, A cause de «00 esprit Earouche, qui n*atmait que le sang vK le oèsordre, fui surnommé le Cruel. Les iruaolés que ce prince exerçait tous les jours sur les personnes mêmes qui le tou- (tiaient ite plus près, obligèrent Pierre«Ferdinaod à quitter la cour et à renoncer à toutes Us vanités du monde, pour se retirer diins Termilage de Notre-D.ime d/ Villaescua. Ferdinand Y'anoz, qui n'eut pas moins d'bor* reur que lui des cruautés du roi, dont son propre frère te prince Frédéric et deux infants d'Arag'tn n'avaient pu être à Tabri, suîMt bientôt Ferdinand Pccha dans sa solitude ; et, pen de temps après, le frère de Ferdinand Pecba, djui Alphonse Pocha, évêque de Jaen, s'étant dém.s de son évêcbé, se tint joindre A eux.
il y avait proche de cet ermitage une église sous lo nom de Sjiot>Barihélemy, qui avait été bAtie depuis rnviron qu;iranic uns par dom Pidace Aiartine;, qui était aussi cliainbrilan du roi Al|)ho ise XI et oncle des deux Pecba. Ils y allaient souvent faire leurs priôres, et même i ntendre la messe, à cause îju'IIs n'avaient pas de chapelle A Vtîiaescua. La situation de celte église, qui était dans on lien retiré, et ou Ton pouvait bâtir des ermitages aux environs, leur fit concevoir le dfssein d'y demeurer. Comme c'était un de leurs oncles qui en avait été le Fondateur, ils crurent qu'ils pourraient en obtenir facilement la permission. En effet, les consuls et le conseil de Lupiana, A qui le fondateur avait donné le droit de nommer aux chapelbnies, y consentirent, aussi bien que l'archevêque de Tolède, qui était pour lors dom Gomei lleorique. Non-seulement ils leur donnèrent celte église, mais encore les chapcUenifS et les revenus qui en dépendaient, et ils en prirent possession Tan 1370. Ils bâtirent plusieurs cellules aux environs do celte église, où ils dem nraient séparés les ans des antres ; et ce fut pour lurs qu'ils tâchèrent d'imiter la vie solitaire et retirée que saint Jérôme, qu'ils prirent pour modèle , avait pratquée dans la Palestine. Mais quel-
Îoes personnes malintentionnées, jalouses e ce que les saints liroiitei commençaient A être en réputation, et que le peuple des environs avait de restime pour eux, les décrié* rent, en publiant qu*ils étaient infectés des erreurs des Bégbards, et que leur manière 4e vie n'était pas approuvée par le saintsiége. C'est pourquoi ces Ermites convinrent ^treeux que, pour te mettre A couvert de CCI calomnies, il fallait aller trouver le pape
et obtenir la confirmation de leur nouvel ordre, en approuvant aussi le résolution qu'ils prirent pour lors de changer la lieso" iitaire et érémitiqne en cénobitiqoe, comme étant la plus assurée n celle où on est moins exposé aux périls et aux tentations, se re* mettant A la volonté du pape pour leur pre^ scrire telle règle qu'il voudrait leur donner. Ils jetèrent pour ce sujet les yeux sur Pierre- Ferdinand Pécha, A qui ils donnèrent pour compagnon Pierre de Rome, qui était un des premiers Ermites qui avaient passé d'Italie en Espagne, ils allèrent A Avignon, où le pape faisait pour lors sa résidence. C'était Grégoire XI , qui leur accorda ce qu*ils souhaitaient par une bulle du 18 octobre 1373, ayant confirmé leur ordre sous le titre de Saint-Jérôme, et, outre la règle de saint Augustin, qu'il leur prescrivit, ii leur donna encore les constitutions que Ton oUser%«)il d«ins le monastère de Sainte-Mttrie dnSépuU cre, hors des mors de Florence, qui était de Tordre de Saint-Augustin.
Le l\ Hermenogilde de Saint- Paul, religieui de l'ordre de Saint-JérAine, fâché de ce que Siguença n'avait pas sagement donné dans les opinions piU raisonnables de ceux qui prétendent que tous les ordres de S tint- Basile, de Saint-Hrnolt et de Saint-Augustin, ne sont que dos branches de celui de S^iint- Jérôme, a fait un volunif entier pour prouver que l'ordre de Saint-Jérôme, fondé, à ce qu'il prétend, par ce Père do l'Eglise à Botblcem , a toujours subsisté jusqu'à pèsent. Ainsi, parlant de ce monastère de Sainte-Marie du Sépulcre, pr^s de Florence, dont les religieux de S.iint-Jérôme* prirent les constitutions par les ordres do pape Grégoire XI, il avance hardiment qo*ii ap-
Îiarteoait à des religieux de Tordre de Saintérôme, et que, commu le B. Thomas de Sienne, dont nous avons déjà parlé, avait beaucoup de disciples, c'était sans doute l'un des couvents où ils dcuicuraieot. Pour prouver ce qu'il avance, il dit que c'est a tort que l'on prétend que ce bienheureux Thomas a été du Tiers Ordre de Saint-François, et que si Jacobilli en a parlé, ce n'a été qu'A cause qu'il a dédié la vie de ce 11. A l'évêquo de Foligny, qui était religieux de l'ordre de Saint- François, et que, du temps du bienheureux Thomas , les religieux du Tiera Ordre de Saint-François ne pouvaient pas avoir des couvents , puisqu'ils n'ont couimcncéà ea avoir que l'an lik21. Ceci se détruit par ce que nous avons dit en parlant de Tordre des Hospitaliers de la Charité de Notre-Dame, où nous avons rapporté une bulle de Clément VI de Tan 1346, qui, eu leur permettant de quitter la règle du Tiera Ordre de Saint-François, qu'ils avaient siiivie jusqu'alors, pour prendre celle de saint Augustin, fait mention de plusieurs de leurs monastères el hôpitaux, et entre autres de ceux de la Ch»rité sur la rivière de Koignou, des Dilletles A Paris, et do Saint^Louis A Sentis. Avant Tan 1323, il y avait des reli-
Îienx du Tiers Ordre dans le diocèse do ,iége, puisque Ton trouve des lettres do
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
l'évéqac Adolphe 1 qai leur ordonnent d*élirc eutre eux un sopéricor qui les corrige d» leurs fautes, seulrnicnl des légères, les plus
Î;rlères étant réservées an fisKcnr, et qui cur défendent de sort r sans sa permission et sans avoir ou compagnon, de manger liors du réfecloire, de couclier hors du dortoir, de parler A des femmes en particulier et A des heures indues, etc. Nous pourrions en riler encore de plus anciens au P. Henncnegiide deSainl-Paul, si nous roulions parcourir les provinces ; mais, bien loin que ce monasiérc de Sainte-Marie du Sépulcre ait été de l'ordr*' de Saillt-Jér<^mG» et qu'il ait appartenu au bienheureux Thomas et à ses disciples, le p.npe dit positivement quMl était de Tordre de Sriinl*ilugustin, ne pouvant pas faire mention di celui de Saiut-JérAmo, qui était en* eore inconnu ; d'ailleurs le bienheureux Thomas n'a jamais demeuré avec ses disripies dans aucun monastère, ces Ermites ayant toujours vécu dispersés dans différents ermitages, comme Grent ceux qui passèrent en Espagne, où ils allèrent d'abord dans reux de Notre-Dame de Villacscua et de Nutre- Oamo de Castannal, que les religieux de 8aint*Jcrôme ne regardent pas sans doute comme des couvents, puisqu ils conviennent que le premier fut celui de Saint-Barthélémy de Lupiana, qui est encore aujourd'hui le chef de cet-ordre, cl où le général fait sa rébiiience.
Le pape Grégoire XI, ayant donc donné i ces religieux de Saint-Jérôme les constitutions du couvent de Sainle-Harie du Sépulcre, avec la règle de saint Augustin, leur prosrrivit encore quelle serait la forme et la routeur de leur babillement, qui consistait en une tunique de drap blanc, un scapulaire couleur tannée, on petit capuce et un manteau de même couleur, le tout de couleur naturelle et non teinte, et d*un prix vil et médiocre. Ce pontife ne se contenta pas d'avoir ainsi prescrit l'habillement de ces nouveaux Ermites de Saint-Jérôme, il le voulut encore donner de ses propres roaim à Pierr;--Ferdinand Pécha et à Pierre de Rome ; et, comme ils furent les premiers révélas de l'habit de la religion, ils Grent aussi les premiers les ^Œux solennels entre les mains du pape, qui ordonna de plus que l'église de Sainl-Barthélemy de Lupiana avec les ermitages qui étaient aux environs serait érigée en monastère de cet ordre, dont il Gt premier prieur Ferdinand Pécha, que nous appellerons doiénavant Ferdinand de Guadaïajara»
ayant quitté le nom de sa famille pour prendre celui du li<u de sa naissance, ce qui s'est toujours pratiqué dans cet ordre, où les religieux, aussi bien que dans plusieurs congrégations, quittent leurs noms pour prendre celui de quelque saint, ou du lieu où ils ^ont nés. Le pape voulut encore que Ton re- {ût dans ce munastè:e autant de religieux que les reienus seraient sufilsants pour les entretenir, et que les prieurs seraient triennaux. H accorda encore à Ferdinand de Gua- Ualajara la permission de fonder quatre autie^ mouas'èrcs du mcuio ordre de Saiut-
Jérôme, de les unir A celui de Saint-Barlliélemy de Lupiana , el de recevoir A ta profession solennelle les autres ermîtet dt sa congrégation qui étaient restés en Espagne.
Frrdinand de Gua>la1ajara, muni de toute s ces permissions, s'en retourna en Espagne avec son compagnon Pierre de Rome, et ar« riva A Saint-Barthélémy de Lupiana le premier février 137i^. Il reçot A la professiuo les autres Ermites, fit travailler A la cons'roction d'un monastère, el proscrivil det règlements pour le maintien de l'observance régulière, tels qu'ils ont toojoors été observés dans la suite. En moins d'o»an, lei bA* timrnis furent achevés, A quoi contribuèrent beaucoup les parents de Ferdinand, qui, pour les grands biens qu'ils y firent, en ont toujours été reconnus comme principaux bienfaiteurs. Après cela Ferdinand de Gnadalajara, qui n'avait accepté rolBcedepriesr que pour obéir au pape, qui lui avait es même temps permis de s'en démettre qoiod il le jugerait à propos, renonça A cette éhgni.é, et fit élire en sa place Ferdinand Ya* nez de Caccres, qui était pour lors le seol prêtre qui fût dans Tordre : car, avant U ctinGrmation du pape Grégoire XI, Alphonse Pécha, évéque de Jaen, avjit quitté TEspa-
!^ue pour aller en pèlerinage à Rome, ou d it une cession de tous ses biens en faveur dumonastèredeSaint-BarthélemydeLapiaos.
Après celle élection, Ferdinand de Guadalajara alla ftinder d'autres monastères. Le premier fut celui d.' Nolrt-Dame de la Sjssa. proche de la ville do Tolède ; el, pen^laat qu'il faisait travailler aux bAtimenIs, il sr fit encore deux ou trois établissements à Guilando, Corral, Huccio et 8ainte*Anne de la Oliva; et, ne pouvant y aller en personne, il envoya les pouvoirs nécessaires pour les incorporer A l'ordre en vertu de la bulle de Grégoire XI qui lui permettait de fonder cint| monastères de cet ordre.
Ces premiers Ermites venus dltalic, qui, comme nous avons dit, avaient passé dsM le royaume de Valence, voyant que cenx qai étaient restés en Gastille avaient pris la vie commune et qu'ils avaient fondé l'ordre de Sain!-Jérôme, voulurent aussi les imiter rn quittant la vie solitaire pour prendre la vie c^'nobitique selon leurs mêmes observances. Jis en obtinrent aussi la permission du pApe Grégoire XI, qu'iis furent trouver A Aiignon l'an 137&-; et, après avoir fait les vcpuy S'ilennels, ils songèrent de leur côté A foodcr des monastères dans le royaume de Vslence. Le premier fut à Gandia ; mais, ayast été obligés peu de temps après de l'abandonner, ils tirent une autre fondation à Ci* taiua. Ferdinand Y<inex, prieur de Saint- Barthélémy de Lupiana, obtint, l'an 1389, le célèbre monastère de Notre-Dame de Guadaloupe dans TEstramadure , qui, A cause de la sainteté de ce lieu, où les pèlerins aberdent de tons côtés pour y révérer une îinsge miraculeuse de la sainte Vierge, tient le k« cond rang dans col ordre, quoiqu'il t en ait d'iiUlres de plus ancienne f-judatittu*
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i II. Continuation de V origine et progrès de Vordre dt$ Ermites de Saint-Jérôme»
Nous avons pnrlé dans le parcigraphe précéder d'un frère Vasco» lo seul que Simnça iiomme des Ermiics ? enus d*l(alie en Espagne. A peine j fut-il arrivé, qu*il passa en Portngalv où il avait pris naissanct*» et il Gt sa dennure avec quelques autres dans un ermitage nommé Penalonç;a; mais, voyant 4|oe ses compagnons avaient embrasse en Espagne la viecénobîtiqne, il en voulut faire de même avec ceux qui s'éiaient jonU à lui en Portugal. II s'adressa pour cet effet à Douiface 1X9 qui était reconnu p'iur pape légitime en ce royaume dans le temps ()u schisme, et il en obtint In permission d'ériger son ermitage de Penalonga en monnslèro de Tordre de &aiint-Jér6me sou!» la règle de sainl Augustin, et de jouir drs mêmes priulégrs qui avaient été accordés par le pape Grégoire XI i ceux de Castille et de Valence. Dans le même temps* d'autres Ermites qui demeuraient en Catalogne flrenl la mé.ne chose en 1393, avec la permission de l'amipape Clément Vil, qui y était reconnu pour souverain pontife, et qui en avait été tollicité par la reine Yolande d*Anigon» qui Gt biiir à ces religeui le monastère de Valhebroo. L'an 13%, cet ordre fut augmenté par le don qui lui fat fait du monastère de Saint- Blalse de Villaviciosa, qui appartenait à des chanoines réguliers qui « ne portant qu3 le nom de réguliers et vivant dans un prand désordre, en furent cbassés pir farclietéque de Tolède dom Pierre Tenorio. Comme le Tiers Ordre de Saint-François avait donné commencement à Tordre de Saint-Jéréme, il lui donna aussi un nouvel accroissement, les religieux du monastère de la Mejoradn, qui étaient du Tiers Ordre de Saini-François , ayant embrassé celui de Saint-Jérôme. Leur supérieur Ferdinand de Villalobos avec deux autres religieux furent trouver Ferdinand de Guadalajara, qui était regirdé comme premier fondateur de l'ordre de Saint-Jérôme, |)Our recevoir de ses mains I bab t de son ordre ; et, apr^s l'avoir reçu, ils retournèrent à la Mejorada, où ils donnèrent le même habit à ceux qui le voulurent recevoir, et obi gèrent d*en sortir ceui qui s'opposaient à ce changement; ce qui arriva, selon Siguença, vers l'an 1397, ayant obtenu la confirmation de cette translation d'ordre de l'antipape Benoit XIII, qui éiait reconnu pour lors comme légitime en Espagne. Ainsi les religieux du Tiers Ordre de Saint-François avaient des couvents longtemps avant lan lUi, contre lei^entimetit du V, Bermcne* gdde de Saint-Paul, de l'aviu même des historiens de son ordre. Ferdinand de Guadalajara eut encore part à l'éi iblissement d'un autre monastère qui se Ot la même an .ce à Talarerai qui est le dernier qui se fit de son vivant.
Il avait été fait prieor da couvent de Notre- Dame de la Sysia après sa fondation, et il eierça cet emploi pendant vingt-deux ans. Son bumilité était si grande que, quoiqu'il
fût irès-vcrsé dans la langue latine et daus la science de TËcriture sainte, it ne voulut j.'imals prendre les ordres sacrés, quelques mslances qu'on lui en fil. Ses austérités étaient très-grandes, il ne dormait jamais qu'à terre sur un peu de paille, il portant continuellement la h ire et le rilice, et ses abstinences et ses jeûnes étaient presque continuels. Sa sœur Mayor Ferdinande Pc* cha, qui avait épousé Arias Gonsalve de Voldes, seigneur de Velena, étant veuve, prit la résolution d'exécuter le dessein qu'elle avait pris depuis longtemps de se consacrer entièrement au service de Dieu. Elle avait une singulière dévoiion à Notre- Dame de Guadaloupe ; c'est pourquoi elle voulut se retirer dans celte sainte maison, pour y servir Dieu en qualité d*oblate, et y finir ses jours. Elle vint pour cet elTet trouver son frère à Notre-Dame de la S}sla, qui non-seulement la fortifia dans son dessein, mais voulut encore l'imiter. Ce fut pour lors qu'il se démit de son office de prieur de ce monastère pour aller finir aussi ses jours dans celui de Notre-Dame de Guadaloupe, dans la compagnie de Fer^linand Yanez, son ancien ami, qui en était prieur. Il y fut reçu avec sa sœur, et y demeura encore quelques années. Nonobstant ses grandes inQrmité«i et son grand âge, il était toujours le première tous les exercices réguliers, tant de jour quu de nuit ; et ce fut dans ces saints exercices qu'il termina sa vie par une mort glorieuse l'an ikOà. Sa sœur le suivit peu de temps après, et fut enterrée avec lui revêtue de l'habit de l'ordre de Saint-Jérôme, comme oblate et comme principale bienfaitrice, ayant beaucoup contiibué à réJifice du couvent de Sainl-liarthélemy de Lupiana.
Après la mort de Ferdinand de Guadalajara , l'ordre fit encore de nouveaux établissements; de sorte que, Tan UIS, lorsque Ton tint le premier chapitre général, il y avait vingt-cinq monastères tant en Espagne qu'en Portugal. Jusque-là ils avaient toujours été soumis à la juridiction des évoques des lieux où les monastères étaient situés; et s'ils avaient eu recours quelquefois au prieur de Saint-Barthélemy de Lupiana» ce n'était pas pour lui obéir en qualité de supérieur, mais seulement pour le «onsulier et prendre ses avis, reconnaissant ce monastère comme le premier de Tordre. Ils n'avaient point encore tenu d'assemblées générales , les couvents avaient élu leurs su})érieurs, et les coutumes et les observances commençaient déjà à être différentes en quelques-uus de ces monastères : c'e!»t pourquoi, pour maiiw tenir u-e uniformité et une même obser* vance partout, ils prirent la résolution d«) s'unir tous ensemlile sous un seul chef^ et de r.îre des assemblées générales, où l'on ferait des règlements pour le maintien de la discipline régulière à l'exempte des autres congrégations régulières. Le schisme dit;hait encore l'Eglise, on y «oyait trois papes, deux faux et un véritable : les deux Caux étaient tïrégoire XII et Benoit XIII, et le véritable était Jean XXUI ; mais les royaumes
DIGTIONNxVmE DRS ORDRES RELIGIEUX.
ife Ciii^iillc cl (TAragon obéissant à Benoit, lc*s religieux de Sninl-Jcrâme eurent recours à lui pour obtenir l'union qu'ils souhaitaient, el la permission d'élire un général. Cet antipape, par sa bulle du 18 octobre 1^14, donnée à Sa:nt-Malhicu au diocèse de Tortose, urilonna que Cous les prieurs et les procu-^ reurs des monastèrrs s'assembleraient à l'avenir dans un lieu convenable pour tenir le chapitre général; mais que pour la première fois iU le tiendraient au monastère de Notre- Danio de Gaadaloupe, donnant pouvoir au prieur de ce monastère d'envoyer des lettres circulaires aux autres prieurs pour leur indiquer le jour que se tiendrait cette assemblée générale, à laquelle deux religieux de l'ordre des Chartreux dcvaent présider piur celle fois-là seulement. 11 e\empia en môme temps tous les prieurs et les monastère» de cet ordre de la juridîclion des évéques.
En \crtu de cette bulle, Ils tinrent leur chapitre à Notre-Dame de Guadaloupe le ^G juillet H15, où se trouvèrrnt les prieurs et les procureurs de vingt-cinq monastères, qui élurent pour premier général le P. Didace de Alcaron, prieur de Saint-Barthélemj de Lfip'ana, et depuis ce temps-la les pr eurs de ce monastère ont toujours été généraux. Ils y font leur résidence, ef, s'ils en sortent quel.iU('ro!s, ils ne peuvent pas s'en éloigner plus de cinq lieues. Ils tinrent le second chapitre général en l&i6, te troisième en 1418 : dans la suite ils les ont tenus tous les trois ans. Co:trme en U17 l'antipape Bcnoll XIII avait été déposé pour la seconde Tois dans le conrile de Constance, et que Martin V y lut élu cl reconnu pour souverain pontife par toute la chrélioiiié, ils firent approuver par rc moyen tout ce que l'antipape Benutl avait fait; ce qui fut confirmé quelques années après par le pape Innocent Vlll.
^ Le pape Nicolas V eut quelque dessein, l'an UM de réunir en un seul corps tous les diiïércnls ordres religieux qui portaient le uoui de Saint-Jérôme, tant celui des Jésuat«s de Sai:;t-Jérôme {Voyez Jêsuatbs), que ceux dont nous parlerons dans la suite. Il fît pour ce sujet défense aux religieux de Saint- Jérôme d'Espagne d'y tenir leur chapitre général, et leur ordonna de venir i Kome, où il convoqua ce cbipitre pour le Jour de la renteiôte de l'an 1448. Mais tous les monaslèrcs d'Espagne ne députèrent que douze religieux pour faire en leur nom tout ce qu'ils trouveraient de plus à propos, Icurrecom* mandant sur toutes c hoses d'empêcher celle union. Eo cITcl, i?s firent si bien parleurs remontrances, que le pape laissa les choses dans Télat où elles étaient. Sous te règne de dom Emmanuel, roi de l'orlugil, les religieux de ce royaume se séparèrent des E-pagnols, et formèrent une congrégation q'ii était gouvernée par un provincial; maisPiii- Itppe II, rur d'Espagne el de Portugal, sollicita auprès éa pape Clcmeni VIII la réunie de Ces deux nations; ce que le pape accorda Tan 1595, ordonnant qu'il n'y aurait qu'un même général pour les Espagnols et les Purlugais. Ils soûl très-puis;anls dans Tua et
l'autre de ces royaumes, où ils ont de ncid et superbes monastères. Celui qui est teplsf fréquenté pour la dévotion el oui lieal I* premier rang dans l'ordre après celui d« Sâint-Bartbélemy de Lupian.i, est Noirc- Dame de Guadaloupt', qui ne le cè<ie en rin aux autres pour les richesses. I«a rostoa csl si grande et si spacieuse, que PbiUppell, y passant l'an 1560 pour «iller i la guerre de Grenade avec Tarcuiduc Roilofpbe, qui lui e (Suite empereur, el Tarchidac Ernest, ces princes y demeurèrent avec toute leur ciLt pendant vingt jours, sans que les reiigieui. qui sont au nombre do six vingts, en foss^rt incommodés. Le métue roi fit don à l'aolfl de la sainte Vierge d'une lampe d'or. La iicribtie de ce monastère est une des plus riches de l'Europe. Les aouiôacs qu'un j r^ çoit sont très*cousidérables, et c'est en par* Ue ce qui sert à l'cutretten de ce grand num* bre de religieux, d'un séminaire de qu raoïf jeunes clercs, à qui l'on apprend les lio nanilés e: les exercices de la vie cléricale; de deux hôpitaux joignant le moaast re, Tao pour les hommes, l'autre pour les feromf.% et d'un grand nombre de domesliqurs h d'ouvriers de tontes sortes de mèiicn. L'li6pital des hommes esl servi par plus de quirante serviteurs , cl celui des femmes par desOblates qui »onl en pan il nombre; et, sans compter le grand nombre de pAlerisf, qui y arrivent quelquefois par jour jusqo'm uombre de deux mille» cl qui sont rerb* pendant trois jouis dans ce couvent, il oourrit tous les jours plus de sept cents personnes. Les aumônes qu'on distribue aux pas- If cet à la porto sont considérables. On y dii- Iribue par an plus de dtux cent» rooatoss, outre le pa-nque l'on y donne loas les jours, et un grand nombre de souliers : l'on dilqu** le 8 septembre, fêle de ia Nativité de U sainte Vierge, on en distribue ordinaireme i jusqu'à huit cents paires. On y fait des leçons publiques de médecine et de chirurgie. Ce monastère a été quelquefois d'un graol secours aux rois d'Espagne, auxquels il i souvent donné de grosses sommes pour ss^ venir aux besoins de l'Etat.
Saint «Laurent de l'Escnrial, célèbre poor être la sépulture des rois d'Espagne, n'a pi^ tant de revenu que celui de Piotre-Danie J" Guadalonpe, mais il le surpasse par U dpgnificence de ses bAtiments, qui furent c<t»uiencés l'an 1537 par Philippe II, vi qui, jusqu'à sa mort, qui arriva Tau 1598, y ewploya cinq millions deux cent soixauie^i^ niihe ducats, tant en bAtiments qu'en pf)0* turcs et sculptures , et plus d'un mtll oa m ornements d Eglise. Philippe IV fit fiire U ihapelle des tombeaux, nommée le P*»théon, à cause que sa structure est prise ssr le dessein du Panthéon de Rotue, app*<é jutreinent Notre-D.ime de la Koloud«*. foui i« dedans de cet e chapelle est de niarbrtr otHTf à la réserve de quelque» ornements de jaspe, de marbre rouge el de bronze doré. Lé|ii<^ est d'une belle strnctare, ornée de qnaot't' de figures de bronze doré d'on travail »àaûrable; l'autel, qui fait l'un di*s plus bessi
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ornements de Cf^Uc église , csl estimé an tnilli n ; il est élevé de seize degrés au-dessus du pavé de l'église ; ces degrés sont de l>orpbjre, et Pautel est embelU de quatre raogs de colonnes de jaspe; Ton voit dans le Libernacle, qui csl estimé plus de deui millions, briller Tor de toutes parts aussi bien que les pierreries, qui sont si transparentes, quon voit au travers le saint s«nrrcment qui repose dans on vase d'agate. Le dessus de la fustode où l'on tient le saint sacrement est enricliî d'une émeraude de la grosseur «ruDœufel d^QU prix inestimable. La custode est de la hauteur d'un homme, et de l'épaisseur de deux brasses : elle e^t faite d'une pierre pîus riche que le porphyre, estimée cinq cent mille écus. La sacristie est Tune d< s plus riches de l'Europe; Ton y voit une infiniié d*ornements en broderie d'or et deperles dont la plupart ont été donnés par le roi Philippe lV,dussi bien que des calices d'un grand prii,d<'s vases etdes chaude* liers d'or et d'argent. A côté do ce te sacristie il jaone chambre où l'on voit deux vases: l'un est d'un seul saphir enrichi de perles et de pierres précieuses , au milieu desquelles brille un gros rubis ; l'autre est de fonte en-* rirbi aussi de pierreries^ qu'on dît avoir été Ciil de la propre main de l'empereur Matimiîien IL Ces deux vases serrent à porter !*. saint sacrement. Généralement tout ce qui sert A la décoration et au service de Tcglise a c«»ûlé de grosses sommes ; car les formes ou ilallesdu choeur oà s'asseyent les religieux sont d'un bais Tenu des Indes, et ont cuûlé
I lus de ving'-qoatrc mille écus, et l'arrhitectare des orgues, vingt-sept mille ducats.
II y a dans te chœur deux cent seize livres pour I*usage des religieux, qui ont coûté quannte-cinq mille écus, et l'armoire où on IfS enferme sept mille écus. Ce monastère, y compris le quartier du roi et celui des écoliers, cunrieat dix-sept cloîtres, vingt-deux cuurs on/e mille fenêtres, huit cents colonnes, et plus de cent vingt religieux, qui ont pfu^ l'e f}uarnnle mille écus de revenu. Itj a toujours jour et nuit deux religieux devant le .nainl sacrement ; ils entretiennent uo s^roinaixe de cent quatre-vingts jeunes erclésia>tiques, auxquels ils apprennent les humanités et la philosophie, et ces clercs assistent avec eux au chœur en surplis. On voit Miussi dans ce monastère une riche ht* bliothèqoe qui contenait plus de cent mille volumes, tant manuscrits qu'imprimés, mais Qoe partie de celle bibliothèque fut consu- Dice par an incendie l'an 1671.
Le couvent de Saint-Jérôme de Juste, que ^ilusicurs de nos écrivains français appellent buiut-Just, a été célèbre à cause que l'empereur Charies-Quint le choisit pour le lieu de sa retraite, lorsqu'il eut cét:é ses Etats d'Allemagne à Ferdinand, son frère, et qu'il eut retitis les autres à Philippe 11, son fils, le 25 octobre 1555, à Bruxelles. L'on peut juger de tes grands revenus par les aumônes qu'il fait aux pauvres des environs ; car ou distribue par an à la porte du couvent six cents mesuf«8 de froinffti, chaque mesure valant, selon
quelques-uns, six boisseaux de P.ir's, et selon d'autres, un boisseau et demi, ce qui est plus vraisemblable. Lorsque c'est dans des années de cherté, on en donne mille, et on en a vu donner jusqu'à quinze cents. Lciour de Noël on en donne cinquante mesures a dt^s pauvres honteux ; te jour tie Pâques, quaio moutons; le prieur peut donner à qui hou lui semble, pourvu que ce soit à des personnes qui sont dans la nécessité, trente mesures de blé, six mesures d*huile, et douze ducats en «-irgent; et, lorsqu* il y a qneti|i.e pauvre malade, on lui envcie chaque jour ce dont il a besoin.
Le couvent de Madrid distribue aux pauvres par mois douze mille maravédis, et une granue quantité de paru tous les jours, outre ce qui sort de la table des religieux ; il donne au prieur vingt ducats pour distribuer aux pauvres, comme il le juge à propos, et c.^. prieur jouit de quantité de beaux droits. Il est maître avec son couvent de l'hôpital de Sainte-Catherine (fe los Dniados.W fjit distribuer par an, à .<ix pauvres de la par»issi^ de Saint André, douze mesures de froment et quatre mille maravédis. Il nomme conjointement avec un gouverneur de police quelques filles qui doivent recevoir des dol4 pour se marier, selon l'intention de quelques foudafeurs qui lui en ont donné la uo.nU nation.
Le prieur de Séville jouit aussi de plusieurs droits : il est maître conjûnte i.ent avec le prieur de la Chartreuse du 1 hôp tal du cardinal dom Jaui Cerv.iut^s, et de celui des blessés, fondé par la maïquise de Tarifa et la duch'Sse de Alcala. Il csl protecteur de l'université de cette ville; il donne de quatre ans en quatre ans une dot de treize cents ducats pour une pauvre demoiselle qui \eut se faire reli;;ieufe dins le monastère do Saint-Clément ou de Sainte-Paule. U distri* hue tous les ans d'autres* dots de quatre cents réaies chacune, et croquante mille maravédis pour les pauvres, les captifs l'I les prisonniers; douze mil.e maravé <is à de pauvres orphelins qui sont dans ta nécessité; et le jeudi saint il lave le% pieds à dix-neuf pauvres, auxquels il donne des ha« bits et à dîner. Le couvent, outre tes aumônes qu'il fait à toute heure, donne au^<?; à man|;er à dix-neuf pauvres dans an réfectoire destiné pour ce sujet. Il donne encore tous les ans au même prieur cinquante mesures de froment, douze mesures d'huil«*, chaque mesure d'huile pesant viugt-einq livres, et douze mille maravédis pour distribuer aux pauvres selon qu'il le juge à pro- Sos. Les autres couvents de cet ordre en Ispagne fout a ssi de grandes auutônes. CeuxdePorlogatnesOMtpasmoins consrdé« râbles. Celui de Belem, sépulture ordinaire des rois de ce royaume, est le plus célèbre. Il fut fondé par le rof dom Euiiuanuel, I an 14-97. L*église est bâtie en forme de croix sur une longueur et largeur très-considérn^ btes. Bile reçoit la clarté du soleil par beaucoup de fenêtres, ce qui est contraire aux autres églises qa*oo bâtit en Portugal , ou
DIGTIONNAIUE DKS ORDRES RELIGil UX.
Ton en fail fort peu, afin cl*é(re moins exposé à la chaleur. Celle église reçoii une olTranclc bien singulière, car à chaque jour qui se passe sans que le so'<'il paraisse dans la ville de Lisbonne, la ville de Tomar est obligée d*envoyer une brebis à la reine, qui» par un pieux sacrifice, lenvoie à Téglisede Belem (1). Le maître autel est au bout de renfoncement de Téglisc, dans une grande chapelle qui tient lieu de chœur. A chaque c6lé de l'autel il y a dans le gros mur trois enfoncements ou petites relrailcs dont le dessus est tourné en cintre, et sous chaque cintre il y a un tombeau de marbre blanc et noir attaché contre la muraille. Les tombeaux sont soutenus par des éléphants de marbre noir, et sont séparés le^ uns des autres par de petites colonnes. A chaque ex- Irémilé de la traverse ou croisée do Téglise, il y a aussi une représentaiion de tombeaux faite de menuiserie et couverted*un dais noir et blanc, que Ton ne change que lorsqu'on enterre un roi ou quelqu un de la maison royale. Le tour du cloilrc de ce monastère est composé d'un double portique Tun au-dessus de l'autre ; ce portique environne, un parterre coupé par des canaux d'eau vive, où Ton nourrit quanlité de poissons.
Les religieux jéronymites, tanten Espagne qu*en Portugal, ont toujours été en si grande estime, que Ton s*est servi d'eux p«ur la réforme de plusieurs congrégations religieuses et de plusieurs ordres militaires. Le P. Lonp d*Olmédo, fondateur des Moines de Saint-Jérôme, dont nous parlerons dans la suite, et qui a été troisième général des Ermites de Saint- Jérôme en Espagne, dressa les premiers règlemenis de la congrégation des chanoines séculiers de Saint-Jean TEvangéliste en Portugal; c'est pourquoi le pape Pie II, Tan 1461, leurcommuniqua les privilèges dont jouissaient les religieux de Saint- Jérôme dans le xvi* siècle. Le P. Hector Pinto, qui était aussi religieux de Saint-Jérôme, fut fait visiteur de cette congrégation, et y apporta quelque réforme. Sous le règne des rois catholiques Ferdinand, et Isabelle en Espagne, les chevaliers et les chanoines de Saint-Jacques de l'Epée furent réformés par le P. Jean de Soria, Jean II , roi de Portugal, et les ds^putés apostoh'ques pour la réforme des chanoines réguliers en ce royaume, se servirent pour cela du P. Alphonse de Léon, qui était pour lors frère convers dans l'ordre de Saint-Jérôme, mais qui dans le monde était docteur, et avait rempli plusieurs emplois distingués. Sous le roi Jean III, rn Portugal, les chevaliers de Tordre de Christ reçurent pour réformateur au monastère de Tomar le P. Antoine Monnix, provincial des Jéronymitesde Portugal. Sous le même roi, Biaise de Barros réforma les chanoines réguliers de la consrégation de Coninibre,ets'acquttta si bien de cet emploi,que ce prince lui ût encore donner la commission pour réformer les Trinitaires. Sous Philippe
II, en Espagne, les Jcronymiics furent aussi députés par le nonce apostolique poorla rérirmedesPrémontréSyet le premier hôpital que fonda saint Jean de Dieu fut des aumônes des religieux jéronymites, qui ont eu aussi parai eux plusieurs personnes distinguées par If or science et par les dignités qu elles ont occupées; et, sans remonter aux temps les plus reculés, Antoine Augustin était évéqne d'AIbarazin en 1665; Baltazar de los R<*fes, évéque d'Orence en 1668; Manuel de Nacimiento, évéque de S.Thomé aux Indes orientales en 1678 ; et, l'an 1705, Jean de Saint- Islevan, prieur de l'Escurial, fut nomn;ê à l'évéché do Mondonédo par le roi d'Espagne Philippe V. Les religieux de Saint-Jérôme étaient gouverneurs de Tile de Saint-Domingue, lorsque Corlcz fit la conquête du Mexique {Hiit. du Mexique^ liv. m, cA. 1).
Ces religieux, comme nous avons dit, étaient autrefois habillés de blanc avec on scapulaire et une chape de couleur tannée. lU ont conservé la robe blanehe, mais i!s ont pris un scapulaire noir fort étroit avec nn capuce, dont la mozetleest ronde par-devant et en pointe par derrière. Lorsqu'ils sorteut ils mettent une chape aussi noire, traînant jusqu'à terre et fort plissée, et leur robe e*t ceiute d*une ceinture de cuirl2). Quant à leurs observances, ils se lèvent a minnitpour dire matfnes, et ont tous les jours une heure d'oraison, demi-heure avant vêpres et autant après les compiles. Outre les jeunes ordonnés par l'Eglise, ils jeûnent pendant raTcni entier, le lundi et le mardi d après la Qoio* quagésime, tous les vendredis de Tannée, rt même le jour de Noël , s*il arrive k pareil jour; les trois joursdes Uogations, avec cette différence que le lundi ils peuvent manger des œufs, du lait, du fromage, et le mardi ils doivent s*en abstenir. Ils jeûnent aussi le» veilles des fêles de la Nativité et de la i'uri* fication de la sainte Vierse et de saint Jérôme. Le vendredi saint ils jeûnent au paie et k l'eau, et ils ne mangent jamaisd* vi.inde le mercredi, même hors le inooas«èr<*. Tous les trois ans ils tiennent leur chapitre gênerai le troisième dimamhe d*après Pà.|U<f$. Tous les prieurs s'y trouvent avec un dé, u(è de chaque maison, et le général et les autn*» supérieurs demandent d'être absous de leur< offices, lis ont des donnés et des données, dout l'habit consiste en une robe blanche» avec un manteau tanné sans scapulaire.
Voyez Joseph de Siguença et Francisco de los Sanlos, HaL de la orden de S. Geronimo. Hermenegildo de S. Pdblo, Origen y CoBih nuavion ae el Inxiitulo y relig. MTonimiantu Conslitutionei y cxtravaganîtt de ta orden del glorioBo Padr, 5. Geronymo. Silust.
Haurol. Mar. Océan, diîutt. gl. relig,^ lit. ni. Piet. Crescenz. Pre$id. Romano. lib. i. Ascac. Tambur., de Jur, AbbaL fom. Il, Disp. â^. quœst. kf num. 39. Uermant, UisL des ordie» religieux: et le P. Bonanni , Calot og. Ori* reigios.parL i.
(I) Manness. Ma!et. Descript, derutdurit lom. IV,
(i) Voy., à la fin du vol., u«* tii ei 145.
JER
\l\l Det Beltgieusfi de Vo dr^ (te S tint ^ Jérôme^ av€e la rie de Marie Gardas, leur fondatrice.
Les religîpQses de l'ordre de Saiat-Jérôme ^lant soomises aux reltgient Ermites de Saint-Jérôme en Espagne , où elles ont pris naissance, et n'étant point sorties de ce rojaome, nous parlerons d'elles dans ce pangraphe avant que de passer en Italie, où il V a eu Iroi^ différents ordres qai ont porté k nom de Saint-Jérôme, et dont il en reste encore deui. Cvs religieuses reconnaissent puur leur ftindalrice une sainte Glle nommée Marie Garciast, qai eut pour père dom Didacc Garcias de Tolède, et pour mère Constance (le Tolède. N'étant encore qu'enfan}, elle fai* sait déjà paraître tant d'amour pour Dieu, que M s parents d'un commun consentement la lui offrirent, en faisant vœu de la consacrer à son service. Ils eurent on si grand soin de l'entretenir dans cette dévotion, qui hii était comme naturelle, qu'ayant atteint fàze de raison, et sachant le vœu que ses parents avaient fait, et qui aurait été nul Sios son ronsenlement, elle le renouvela et ]irit la résolution de demeurer toujours vierr« <"! de n'avoir jamais d'autre époux que JefQs-Christ. Klle n'avait que du mépris pour le monde. Los honneurs, les richesses, les pompes, les vanités, les divertissements et tout ce qae les personnes de son sexe recher* ili«nlavec tant d'empressement, n'étaient |our elle que de vains objets qui lui faisaient sa contraire désirer avec plus d'c-mprcssclurnt \n retraite et la solitude. Et, pour éyi. lercesolijets fatals qui causent la perle de >aiil de filtes mondaines, elle se retira dans un nioiias ère dppelé Saint-Paul de la$ Duen^ '0.*, où sa sœur était prieure, et où il y avnïi ix'.iucoup de religieuses d'une éminente verlu. Si sœur crut qu'elle n'y venait que pour ^9 aojîmeuter le nombre; mais Dïeo, qui a*ali d*aulres desseins sur cette sainte fille, ne permit pat qu'elle piîl l'habil dans ce iMinaitèrc, elle y apprit seulement tontes les Jï'M rvanccs régulièrrs qu'elle fit prati(|u r lins l.i suite à d'autres saintes vierges, cl •jleles pratiqua dans ce monastère avec tant l<>Mciiiude et tantd*édiiication« que sa ré- )iit.ilion ne se répandit pas seulement dans a »ille de Tolède, mais qu'elle pénétra enî'rc dans le inunaslère do Sainte-Ciaire do r<)r(esillas,d'oùlis religieuses lui écrivirent ïoiirla prier de vouloir embrasser leur règle, I 1j*s venir gouverner en qualité de supé- <*ure. Mais c'était asez de lui proposer la «J; eri Tilé pour i|u'cl e ne consenlli pas au eMrde ces leligicu^is.
Après avoir demeuré quelques années à '•wl-l'anl de tas Duennas^ elle retourna ao!» la maison de tt% parents, où à peine "lu *''"'*^» qu'une sainte veuve nomw Major Gomez se joignit à elle pour pra- 1"er ensemble plusieurs œuvres de pieté, oar monln r le mépris qu*ellcs Taisaieni uu '"Dde, elles sortaient tous les jours ayant nacune une besace sur l'épaule, pour aller «• porte en porte par la ville demander l'au-
DlCTIOBrNAlKB DES OrDRF.S REUSIEDY. 1|
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niAne ponr les pauvres prisonniers et les pauvres honteux ; et lorsque leurs besaces étaient pleines de pain, elles allaient le dis* tribuer aux pauvres prisonniers et A ceux qu'elles savaient être dans la nécessité. Cette manière de vivre déplut for! é ses parents, ce qui lui attira quelques reproches. Mais cela ne l'empêcha pas de continuer: elle allait même les dimanches et les fêtes dans l'église cathédrale, et y demeurait pendant tout le jour, en demandant l'aomêiie pour lesuiêmes pauvres, et comme ses parents virent que leurs remontrances étaient inutiles, touchés de Tesprit de Dieu, ils laissèrent leur fille dans la liberté de continuer celte œuvre charitable, et ils tirèrent dans la suite une gloire de ce qu'ils avaient d'aburd regardé comme un affront.
Dans le même temps, le roi dom Pierre vint h Tolède, et comme ce prince n'était pas moins impudique que cruel, Marie Garcias qui était aussi belle qu'elle était vertueuse et ohasie, voulant éviter les amours déshonnêtcs du roi, qui avait jeté les yeux sur elle pour contenter ses désirs, se relira secrètement avec sa compagne A Talavera dans un bien qui appartenait à ses parents. Elles y demeurèrent quelques jours, mais elles n y furent pas si bien cachées que le roi n'en eut avts. Ily envoya des gens pour les enlever,et elles évitèrent ses poursuites, étant sorties de Talavera par un chemin détourné qui les onduis.t dans l'ermitage de la Sysia, où elles de* meurèrent encore cachées jusqu'à ce que le roi eût quitté la ville de Tolède; et ainsi elles s échappèrent de ses mains. Elles trouvèrent cette solitude si agréable, qu'elles y firent un plus long séjour; elles lâchèrent dimiier dans ce lieu les anciens solitaires de TEgypte, et cllis y restèrent jusqu'à la mort du roi dom Pierre, qui rassura une infinité d*âmes chasles qui fuyaient ses impudicités.
Ces deux sainles compagnes Ayant su que pendant leur absence il s'était formé é Tolède une congrégation de filles pieuses qui étaient en grande réputation, et qui étaient gouvernées par une supérieure qui menait une trcssaiiile vie, elles prirent la résolution d'enirer dans cette communauté, elles y furent reçues, et y vécurent quelque temps dans les exercices de rhumilite ei de l'ohc.ssance* mais la su|)érieuie, qui était lunique appui et le soutien de celte communauté naissante, elles pi^reet mère de Marie Gncias étant morts en même temps, celte sainte fille, qui avait hérité des biens considcribles, acheta une grande maison dans Tolède, où elloaLa demeurer avec sa coinpag e Mayor Gumex ei quelques autres filles de celte première communauté, qui avait été dissipée par U mort de la supérieure.et elles prirent la résolutiou de n'en point sortir de leur vie. Une dame de la même ville, qui depuis quilques jours avait aubsi assemblé dans sa maison sept ou huit personnes de son sexe, avec lesquelles elle Vivait djns une gr.«iide récollection, ayant appris le nouvel étal»liss€ment de Marie Garcias, entra dans sa coininuuciuté avec ses compagnes : ainsi celle
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DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIKUS
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commonautcdeilnt d*abord asseï considérahlo, el elles praliquèrnnt les observances ré* gulières. Poar élre entièrement dislingoées des $éculière.«* elles prirent on habit reiigicni tel que le portaient les religieux de Saînt-JérAme, savoir : une robe blanche et ao scapolaire de couleur tannée (1)* après quoi elles élurent d'un commun consentement pour supérieure Marie Garcias qui n'accepta cotte charge qu'avec beaucoup de dirfi-rufté. Tel fut le commencement du célèbre monastère de Saint-Paul de TolèJe, qui est le premier des religieuses jéronjmites, et oik elles ont pris naissance.
Pierre-Ferdinand Pécha oodeGnadalajara éiant venu presque dans le même temps pour fonder le second monastère de son ordre à Notre-Dame de la Sysla, où Marie Garcias el sa compagne. Major Gomez, avaient demeuré quelque temps, elles se soumirent à lui comme à leur supérieur, et elles ne faisaient rien que par ses avis et ses conseils, et dès lors elles tâchèrent d*imiter les religieux de Notre-Dame de la Sysla dans toutes leurs observances. Elles ne forent néanmoins véritablement religieuses et ne flrent des vœux solennels que longtemps après. En effet, ce monas'ère a été appelé pendant un temps considérable Saint-Paul des Béates de Marie Garcias, S. Publo dt las Beaiag de Uaria Garcia , le nom de béate signifiant une fem* me ou fille dévote qui porte un habit de religieuse.
Cette communauté s'augmenta de jour en jour et devint considérable, plusieurs personnes y étant entrées, attirées par la sainteté de vie de la fondatrice, qui était la première dans toutes les occasions qui se présentaient pour pratiquer quelque vertu , et surtout celle de Thumilité. Elles récitèrent le grand office par ordre de Perdinan*! de Gua- (liilajara, prieur di* la Sysla. Elles se levaient à minuit pour dire matines, après Irsiiuelles Marie de Garcias ne retournait point à sa chambre, employant le reste de la nuit en oraison, coutume qu*ene a même pratiquée dans de grandes infirmités où l'avaient réduite sur la fin de ses jours ses grandes auslorilés et ses mortifications ; et lorsqu'elle prenait un peu de repos, ce n'était que sur la terre nue. Elle ne laissa pas malgré ses austérités de parvenir à un âge fort avancé ; el, voyant sa fin approcher, elle fit un excellent d scours â ses sœurs pour les exhorter à la persévérance. Elle prédit â plusieurs ce qui devait leur arriver, et, après avoir reçu les sacrements de l'Eglise, elle rendit son Ame à Dieu le 10 février 1^26. Elle avait ordonné que son corps fât porté au monastère do Notre-Dame de la Sysla, parce qu'elles n'avaient pas eBCore d*éj;lisc ; ses parents voulaient néanmoins qu'elle tût enterrée dans la grande église; mats les religieuses, voulant e\écuter le^ dernières volontés de leur Mère, donnèrent son corps aux religieux de Saint- Jéi6me, qui le reçurent avec beaucoup de respect, et Tenterràrent avec bcancoup de
pompe dans leur église proche le gtasl «itel. Ts lui Orent élever un tombeau di*aiar* brc, où elle était représentée en relief avec ses babils de religieuse.
Quoique les religieuses de re nottaslère eussent été d'abord sous la jaridîclioa de Ferdinand de Gaadalajara, auquel ellrs s'étaient soumises, il y a de Tapparenre qu'elles n'obéirent pas aox aotri*9 prleors de U Sysla , poisqoe ce ne fut que Fan 1510
3 Quelles furent incorporées à l'ordre de aint-Jérôme dans le chapitre général oâ le P. Michel d'Ocanna fut éla géoéral, et qu'elles demandèrent à quitter Te nom de béates pour prendre celai de religieusi*s « ra embrassant la clôture et faisant les vœox solennels. On reçut aus^i dans le même chapitre on autre monastère de Olles do même ordre qui avait été fondé à Madrid sons le nom de la Coneeption jéronyme par Bôalnt Galindo, en 1504. Le second monastère dt« ces religieuses avait été fondé dès l'an liTl par une certaine femme de la ville de Se- ▼ille nommée Anne de Sautilla, veuve dr Pierre de Ortîs, l'un des consuls de reti<* ville, et avait été dédié à sainte Paole. Le pape Sixte IV, qui en avait permis la fondation, avait mis les religieuses sons la juri* diction des religieux de Saiot-Jèrôme , el leur avait donné les constitutions d'on monastère de Sainte-Marthe à Cordooe ; mais le pape Léon X les en dispensa en 151 i, cl leur orilonna de prendre celles de rordre de Saint-Jérê.ne. L'an 1521, il y cal encors one antre fondation de religtenses de cet ordre à Grenade sous le nom de Saiote- Paule. On fit sortir des rcli<;ieuses de Madrid pour faire ce nouvel établissement ; il s*n est encore fait quelques autres dans la sotte ; et il y a plusieurs religieuses de cet ordre qui sont mortes en odeur de sainteté. Anne de Zuniga, religieuse du monastère de Tolède, a donné les vies d.* soixante-qaaione religieuses de ce même monastère, oà le corps de la bieiiheureu!tc Marie d'Ajufin e«i en grande vénération. Les religieoscs é^ Saint-Jérdme ont , comme les reltgieoi , quitté le scapulafre et la chape de couleer tannée pour en prendre de noirs.
Voyez Josef^h Siguença et Fraociseo d«* los Santos, Hittor* de VOrden dt 5. Ccrc* nimo : et Pier. Crescenz», Preeid. Bom.
SECTION DBUXièUK.
DIVERSES CONGRËGATIO S DES llRMITtS DE L*OHl>IlË DE SAliNT-JERUME.
§ l«r. Dei Ermites de Saint-Jérôme dt ta re«grégntion du bien/teartux Pierre dt Pttt^ avec la vit de ce taint fomdattur.
Les religieux dont nous allons parler ool été apielôs dans le commencement « U* pauvres Frères pour rameur dt Jésui^hnf^. ensuite. Les pauvres Ermites dt Saint Je rôm^; el ce n'a été qu'après la mort ^u bteoheureux Pierre de Pîse, leur fondateur, qoc Ton a donné son nom aux religieux de »4
(t) \fog., à la ûu du virl., u' 1 .6. -
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rniig[ré^alîoii, pour les dhlinfrtier dr*s autres, fjoi prennent aussi le litre d*Ermi1cs de Saintjérôme. Ce saint fondateur naquit à Pise lo 16 féfrier de Tan 1355, dans le temps que 5()n père , Herre Gambacorti« avait la sour^raine autorité à Pise et à Lucques ; et sa mère se nommait Niève Quatandi. A peine rat-il en naissant fait connaître par ses larmes qofî nous ne sommes ici-bas que dans nne vallée de misères , qu'il expérimenfa antsi presque en même temps que nous n'y .irons aucune ville permanente ; car ses par<*nu, ayant été obligés de céter à la forisne qai ie«r était contraire, se retirèrent dp Pise, y ayant été contraints psr la violence de leurs ennemis » ci emmenèrent iTec enx le petit Pierre, qui n^avait encore qoc IrcMs mois, i>i. u racrooinmnnl de bonne Itrureà la croix et aux souffrances.
Il fol élevé dans tous les exercices de la noblesse. Il s'en acquittait à la satisfaction de ses parents; mais en même lemps il praiiqoait ceux qui conviennent à un véritable fiMtieA, et ne résista point aux monvrmenfs isférieon qve M dictait lo Saint-Bsprit, et qoi lui faisaient coMcvwr ém dégoût et du mépris pnnr les vanités de la terre. Comme QB navire prêt i mettre à la voile, il n'attendait qa*aa veut favorable pour sortir du tu* muke et de rembarras du monde, et pour abandonner sa patrie et ses parents. Dieu ne l'appela point a la solitude dès l'enfance, rcmme saint Jean-Baptiste, ni au commenremrat de radt^scence, comme saint Paul, le père des solitaires ; mais il attendit qu'il Kt dans un Age mAr et avancé. Ce fat la mort de sa mère qui le détermina à dire un dernier adieu au monde: à l'âge de vingtcinq aas, il renonça aax grandes espérances qu'il pouvait avoir poursuivre Jésus-Christ: et, dans le temps que son père avait plus de l^eavoir dans Fise, oA il était retourné pour reprendre le gouvernement de la république, il le quitta et se revêtit d*un habit pauvre eC «méprisable ptmr aller cliercher quelque soli* Inde ou il pût, inconnu aux hommes, mener ooe vie austère et pénitente.
C'tst ainsi qv'nn religieux de la congrégation du bienheureux Pierre de Pise déci il les premières années 4e la vie de ce saint fondateur, dans l'histoire qu'il en a donnée en 1695 ; mais le P. Papcbrocfa ne prétend pas qa*il se dunna sitôt à la piété, il dit au contraire que. Tan 13T7, avec le secours de son Irèrc aîné André tiambacorti^ il enleva pir tifctsà scsur, la bienheureuse Claire, d un monastère oii elle s'était retirée pour y scr« ^>rDieu; et qu'après l'avoir retenue dans <:ne espèce de prison penJanl cinq mois, ce fut peut-être la persévérance de celte sainte n le oui le toucha vivement et lui fit concevoir le di*ssoin de se donner aussi à Dieu.
Ouoi qu'il en soit, ce fut vers l'an 1375 ou 1377 que, sVtant revêtu d'un habit de péni- ^nt, vi ayant abandonné sa patrie. Dieu le eonduisit dans l'Oi: brie, oà il trouva tiur \n confins de Ccssana une montagne nomtti^e llontébello, belle à la vérité, tant pour Ion agréable situation, qui fait découvrir une
grande étendue do pays et toute la mor Adrt;i* tique, que pour un vallon qu'on y tJouv«^ environné d'une multitude de chênes et de sapins qui forment une charmante solitude. Ce fut ce lieu que notre bienheureux choisit pour sa demeure. Il était obligé de descen-are tous les jours de cette montigne pour aller dans les villages circonvoisins dem-inder Taumêne pour sa subsistance : non-seulement on lui donnait du pain , miis encore de l'argent, de sorte qu'il amassa une somme asser considérable pour bâtir ^rini sa solitude une église qui fut achevée l'an I^WO et dédiée en l'honneur de la Sainte-Trinité ; et, joignant cette église, il Ot faire des bâtiments pour contenir plusieurs ermites, prévoyant bien qu'il devait être fondateur d'une nouvelle congrégation. En effet, peu de temps après il eut douze compagnons, que l'on prétend avoirélé autant de voleurs qni étalent Tenus dans sa solitude dans le dessein de lui prendre tout ce qu'il avait et pour te maltraiter; mais il sut les gagner à Jésus-Christ !»ar ses discours et par ses remontrances , et Is suivirent si bien l'exemple de k*ur maître, et profitèrent de ses instructions avec tant de fruit, que quelques uns ont eu le don des miracles, et ont été honorés comme bienheureux après leur mort, tels que les bienheureux Pierre Gualcerano et Barthélémy Malerba de Cé<ène , qui étaient de ce nombre. Notre saint fondateur, qui avait un grand mépris de lui-même, et qui, pour éviter tout' ce qui (HMivait lui donnerqueiquevaine gloire et le faire ressonvenir de la grandeur de sa famille, avait voulu être apoelé seulement Pierre de Pise, et non pas Gambncorti, ne voulut pas aussi que sa congrégation portât son nom ; mais il donna à sts ermites celui de saint Jérôme, qu'il prit pour patron et prolecleur, parce que ce saint, ayant visité tons tes saints ermites et anachorètes de la Syrie, de TEgypte et de la Thébaïde, avait pratiqué l'austérité des uns, le silence tics autres, avait appris de ceux-ci à être doux etèumble, de ceux-lèàêtre patient et chaste; et, comme Pierre tendait au plus haut degré de la perfection, il le choisit pour son maître et son guide ; et surtout il imita tellement son humilié et sa pauvreté, que, se confiant m la seule lYovidence, il ne possédait rien et ne souhaitait rien, et mérita parce moyen que souveni, lorsque les charités des fidèles manquaient, des anges lui apporiassmt ce qui était nécessaire pour faire vivre sa communauté, qui devint dans la suite fort nombreuse. Il fuyait pareillement les honneurs^ et en avait un si grand mépris, que ce fut ce
3ui lui fit choisir saint Jérôme pour patron, ont il voulut que ses ermites portassent le nom, afin qu'ils ne prissent pas le sien; mais ce qu'il a voulu empêcher pendant sa vie est arrivé après sa mort, puisque sa congrégation n'est connue que sous le nom du B« Pierre de Pise.
Après avoir ainsi donné commencement â sa congrégation, le démon lui livra unfurienx coinlial. Il avai) déjà Hé vaincu par ce saint homme, lorsqu'il lui avait repfCieaté les
DICTlONNAine DES ORDRES REIJGIEUX.
liouuearSt les biens cl les richesses qu'il avait quilles , e( lorsqu'il Tafait sollicilé d*abandonncr sa solitude pour les re* preodre. Il Ol un nouvel elTorl en sollicitant derechef notre saint ermite d'aller venger la mort de son père et de deux de ses frères, qui furent assassinés le 21 octobre 139J par Jacques Appiani, secrétaire de son père; mais il Tut inébranlable contre cette nouvelle secousse» il se contenta de prier Oieo et d'adorer les ordres de sa providence» et, pour braver le démon» il affligea son corps par de rudes pénitences et de grandes austériiés. Il mil en usage les baires, lescilices» les disciplines, il redoubla ses jeAnes et ses veilles, et, lorsqu'il était accablé de sommeil, il se jetait sur on peu de paille, le plus souvent sur la terre nu«*. Outre quatre carêmes ^ u'il observait dans Tannée, savoir depuis le jour tli-s Cendres jusqu'à Pâques, depuis le lundi ties Rogations jusqu'à ta fête de la PentecAte, depuis le premier jour d'août jusqu'à l'As* somption de la sainte Vierge, et depuis le premier novembre jusqu'à Noël, il jeânait tous les lundis, mercredis et vendredis de Tannée, et 11 observa toujours cette pratique jusqu'à la mort. C'était aussi uue partie des observances qu'il ordonna à ses ermites, auxquels il prcscrivil encore de prendre la discipline tous les jours pendant le carême, et pendant le reste de Tannée seulement les lundis, mercredis et vendredis, a6n, disaitil, d'imiter Jésus-Christ, qui avait été Oa« gellé pour leurs péchés. Il défendit par les constitutions de recevoir ceux qui se présenteraient pour prendre Thabit, s'ils avaient moins de dix-huit ans et plus de cinquante, de peur qu'ils ne fussent pas en état de supporter les austérités el les rigueurs de la pé« nitencc qui sont prescrites par ces constitutions. Us se levaient à minuit pour réciter matines, après lesquelles ils restaieut deux heures au ihœur pour faire oraison Télé, et l'hiver ils y employaient trois heures. Ils faisaient encore une heure d'oraison pendant Télé, el deux heures pendant Thirer après cumplies. C était la règle générale pour tous SCS ermites ; mais Ton pouTait dire que le bienheureux fondateur était continuellement eu oraison, car il y employait Irèsso.ivent le temps qui restait depuis les deux ou trois heures d'oraison commune d'après matines jusau'au jour, et une bonne partie de la journée. Leur nourrilure ordinaire éiait on peu de pain avec des fruits ou des licrl»es coites en petite quantité, à la volonté du supérieur. Ils devaient reconnaître tous les jours leurs fautes dans le réfectoire avant que do se mrllre à table, el accomplir fidèlement les pénitences qui leur étaient enjointes. Si au milieu du repas quelqu'un commettait quelque faute, il devait se lever pour s'en accuser^ el devait demeurer icujours debout jusqu'à ce qu'on lui eût fait signe de s'asseoir. Quant à la pauvreté, elle titail exactement observée : tout était en commun, et le supérieur avait soin de distri' boei il un chacup co dont il avait besoin (1).
(I) Vay., Iilalittdfivol., uM47.
Une vie si austère leor attira Testioie 4h personnes vertoeoses; mais les lilwrtiM s'en scandai sèrent. Ils répandirent de b«i bruiis contre la réputation de ces saints hj miles , et publièrent que ce qo'Us faisait! n'était qoe pour abuser de la simplidiè éa peuple; que c'élalenl des loups couverts de peaux d'agneaux; qu'ils faisaieot à l'eitérieur profession d'être aostèrcs el de ■(priser les honneors et les richesses , ouii que ce n'étaient qoe des ruses et des strstâ^ mes dont ils se servaient pour s*altirpr ée l'estime et de la gloire. Ces libertins, crojisl que de si grandes austérités élaieot ainleisus des forces homaines,accasèrent aussi cm saints Ermites de sortiléfe, altriboant i l'an magiqoe cette grâce somatorelle de Diea qui les soutenait et leor donoail la Ibree H le courage poor supporter ce genre éetif, qu'ils avaient embrassé pour sa gloire. Ssr ces faux rapports , les ingaisitenrs iresi des informations* Les Ermites forent cobtraints de sortir de temps en temps de If sr solitude : c'est pouruooi le bienbeoreBi Pierre de PIse , pour faire cesser cette persécution, eut recours au pape Martin V, qui* persuadé de la sainteté de ce fondaleor <t de la vie exemplaire de ses disciples , Irsr accorda une bulle le 2i juin 1431 qui k% exemptait de la juridieiioa des inqaisitron, déclarant nulles les sentences d'exconimosication qui pouvaient avoir été données , d toutes les procédures qui pouvaient avo rfU faites contre eux. Do celte manière la pers6 culion cessa» ce saint et ses disciples lorrtl en plus grande estime» el on leor offrit in élablissemrnls en plusieurs endroits.
Ils avaient déjà ues couvents à Veoise, i Pesaro, à Talachio, Fano, Tréfise, Cris|MM il Tadoue; mais Tan 1422 ils furent rersi à Vrl iii, el Grenl un nouvel établissemesi i Venise. Comme le lieu qu'ils avaient éèfi dans cette ville était trop petit pour conte* nir le grand nombre d'Ermites qui v éeineo» raient , Luce Contarini , femme da Bot4f Henri Delphino, accorda an bienheorni Pierre de Pise el à ses compagnons ThépiiH de Saint-Job, qu'elle avait fait bitir, et «juj se Gl du consentement d'Henri Delphifto^qn^ se rendit lui-même disciple do bienbeareit Pierre de Pise» à qui cet établissement icn^ de nouveau motif pour exercer sa cbariie. servant les malades et leur donnant tooslii secours spirituels et corporels dont tU avaient besoin. On lui donna en iUtï l'èçti^ de Saint-Marc de Barocio. L'an 1425 , il aH< à Rome, où il flt amitié a?ec le bienbesrrst Nicolas de Fourque-Palène , qui élsil (^' d'une congrégation d'Ermites qui fui soi-' la sienne, comme nous diroiis dans la stitif • aussi bien que cel.e du frère Ange de CA)nt* qui donna à notre saint fond«itenr quatre m cinq couvents qu'il avait. Eniin ce saint f s* dateur , ayant été appelé à Venise pour ks aiïai.es do sa congrégation » y mtiurci «T de quatre-vingts ans , le 1" juin de 1^
Le P. Pierre Bonnacioli, général de en
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rdrfydaDf mi p«(il livre iolitulé Pitana :rmui,eic.t imprimé à Venise en 1692 » et ui confient les vies en abrégé des princi- «ai saints de cette congrégation , parlant Q bienheureux Pierre de Pise , dit qu'il fut iiferré dans le même hôpital de Saint-lob , oi fut depuis cédé à des religieuses de Torrede Saint-Auguslin. Cela semble contraire ceqoeditle P. Papebroch , que le bieneoreox Pierre de Pise , étant retcftirné de orne i Venise, abandonna ce lieu, les améorations qu'il y afait faites ayant été rstilées afin que le prit lui fût rendu pour employer aux bâtiments qu'il faisait fcifre a premier couvent qu'il avait eu à Venise ans la paroisse de Saint-Raphaël , lequel oQvent s'appelle anjourd*htii Saint-Sébaseo. Peut-être aussi que, quoique les Erlitesde Saint-Jérôme aient eu des raisons nnr abandonner cet hôpital, notre saint >Ddaleor ne laissait pas d*v aller pour y oDtinuer ses services charitables envers les lalades, et qu'étant tombé lui-même malae, il voulut y mourir et y être enterré, arce qne les religieux de cette congrégation *«Taipnt pas encore d'église ouverte à Ye- Ise en 1^5 , s'il est vrai, comme le dit l'aonjme qui a écrit la vie de ce bienheureux 0 1695 , aue ce fut le pape Calixte III qui «raccorda la permission d'en avoir une oblique, sur l'appel qu'ils avaient interjeté re poolife d'ano sentence rendue par saint aurent Justinien, pour lors patriarche do Vnise , qui leur défendait d'en avoir. Cet oleor s'est néanmoins trompé en citant etie lentence de saint Laurent Jusiinirn de an 1414, puisqu'il ne fut évêque de Venise oe Tan 1433 « et premier patriarche de la léoie ville que l'an 1451 ; mais il se peut lire que ce fat sur la 6n de l'année 1454 u'il donna celle sentence, puisqu'il mourut '7 janvier 1455; ces religieux ont pu avoir ppeléde sa sentence, non pas à Calixte III, uis au pape Nicolas V, qui vivait au comleneement de la même année 1455; et, omme il moorot au^si au mois de mars, et ii'au mois d'avril de la même année Ca- Kellllui succéda, rien n'empêche de croire ucce fut ce pape qui leur accorda celle ermissioo d'avoir une église publique, que ieolas V, auquel ils avaient nppelé d'abord ^ la sentence de saint Laurent Juslinien , 'av4it pu lour accorder» ayant été prévenu ar la mort.
Le P. Papebroch dit qu'il peut avoir été nlerrédans le monastère de ces re Igieuses, ayant ainsi désiré , ou peot-étre par ordre u sénat , et qu'il y en a aussi qui prélentnx qu'il est enterré dans l'église de Saintfarc ; mais qu'il croit qu'on y flt plutôt la ferémonie de ses obsèques. Ce qui est ecr* lin, c'est que les religieux de son ordre 'ont pu jusqu'à présent découvrir l'endroit à il a été enterré , soit à S «int-Marc , ? oit sas ce monastère des religieuses de l'ordre eSaint-AugusIiu, nui demeurent dans cet «>tiea hôpilal de Saint-Job , et, quelques dt« iRences que le cardinal Deici , qui était loQce du pape auprès de la république de
Venise en 1556, y apporté! pour le découvrir, elles furent inutiles. Comme plusieurs papes, principalement Pie Vet Clément VIII, ont donné à ce fondateur le litre de bienheureux, les religieux de son ordre poursuivirent auprès du pape Alexandre VIII la permission d'en faire l'ofGce ou d'en célébrer la messe dans tout l'ordre. Le pape souscrivit la commission pour sa béatification et sa C'inonisation, et nomma pour ponent le cardinal Casanate, protecteur de cet ordre; mais, comme les affaires vont fort lentement en vo'T de Rome, ils n'ont pu encore obtenir ce qu'ils souhaitaient.
Après la mort du bienheureux Pierre de Pise, le bienheureux Barthélémy Maîerba de Céséne fut le premier général qui prit le gou<vernement de sa congrégation, comme il parail par une bulle d'Eugène IV du 22 février 1437. Il avait été du nombre des douze premiers disciples de ce saint fondateur , et » pendant près de quinze ans qu'il fut (général, il flt plusieurs établissements, dont les principaux furent ceux de Vicence et de Manto.ie. De son temps , la congrégation des Ermites du bienheureux Nicolas de Fourque- Palène fut unie à celle du bienheureux Pierre de Pise , et , outre les privilèges qn'tl obtint du pape Eugène IV pour cet ordre, ils eurent permission de pouvoir prendre les ordres sacrés , et de tenir tous les ans le chapitre' général. Nicolas V ordonna l'an 1453 qu'il se tiendrait à l'avenir tous les trois ans , et leur permit d'y élire un général, des provin-, ciaux et quatre définiteurs. L'an 147G ,' Si lie IV confirma ce qui avait été ordonné par Eugène IV et Nicolas V touchant la tenue des chapitres généraux ; mais , comme par les constitutions de Tordre on élit pre-* mièrement nn vicaire général , entre les mains duquel le général et les prieurs se démettent de leurs offices, et qu'ensuite tout le chapitre élit quatre Pères qui doivent faire seuls tous les prieurs , et que ces prieurs nouvellement élus par ces quatre députés du chapitre doivent élire ensuite le (;énéral , Sixte IV approuva celle manière d*éleclion , ordonnant seulement que le chapitre élirait six députés pour élire les prieurs; mais ce nombre n'a pas toujours été fixe, car par uii autre bref d'Alexandre VI du 14 avril IVJG « il est permis au chapitre d'eu élire six , quatre ou cinq , comme il le jugera à pro-* pos.
L'an 144^, sous le généralat du même 6ar« thélemy de Césène, on y dressa les premières constitutions de l'ordre, qui furent impri^ mées à Venise en latin et en italien l'an l'iSS, et on commença déjà à y retrancher quel* que chose des grandes austérités que le pieuheureux Pierre de Pise avait prescrites. Elles furent corrigées et misen en meilleure forme, l'an 1540, par le P. Bernard de Vérone, qui était pour lors général, et reçues dans le chapitre général qui se tint à Rimiui l'an 1549, après que tous ceux qui formaient cette congrégation eurent prolesté qu'ils ne prétendaient pas qu'elles les obligeassent à aucun péché mortel, ni qu'on Icb pitt cuu-
niCTIONNAiRE DES ORDRES RËUGIEUS.
Iraiodie à fiiirc des taux soleniiels. Dans le rhapitre fféaéral do Tan 1629, on approuva de nouvelles conslilolioiis qui furent reçues dans celui de Tan 1C38 el derechef jpubliées dans le chapitre général de Tan i6«l*i ellfs fusent impriméos en latin à Pesaro, eion fil encore quelques déclarations et quelques éclaircissements sur ct*s conhiilutions dans le chapitre de fan 1644 : ce sont ces dernières conslilûiious qui sont présentement ob* servées dans cet ordre, où entre autres cho« ses on a retranclié rat»sliuence perpétuelle. Ces religieux ne faisaient aue drs vœux siiiples et pouvaient disposer de leurs biens« iusau*en Tau 1S68, que le pape Pie V, par un bref du 15 novembre de la même année, leur ordonna de faire des vœux solennels. En verta de ce bref, le cardinal Louis Corneli, qui était protecteur de cet ordre, se transporta au couvent de Saint-Onuplire à Rome, qui appai tient à cet ordre, et y reçut la profession des religieux qui y ét^ient^cequi se fit aussi daus les autres euuveuts , laquelle profession ils firent selon la règle de saint Augustin, nue le pape leur donna aussi. Le même Pie V confirma leur congré|atîou, et leur accorda l'an 1567 tous les privilèges des ordres mendiants. Il confirma derechef leurs privilèges Fan 1571 < t leur accorda induU g<*nce ptènièro en forme de jubilé le quairiènie dimanche de carême» laquelle indul-
?ence te pape Grégoire XIU étendit Tan 583 pour toutes les personnes qui visiteraient leurs églises ce jour-là, ayant aussi cunfirmé par un autre bref de Tan 1581 tous tes privilêaes qui leur aYaient été acconiés liar ses prédécesseurs. Mais Paul V leur 6ta «telui qne leur ai ait accordé Martin V qui les exemptait de la juiidictiou des inquisiteurs, Paul V a>ant voulu qu'ils j fussent i^oumts. !unoct*nt X ne leur fut pas favorable, car il îeur défendit, l'an 1650^ de recevoir drs novices el d'admettre à la profession ceux qui étaient déjà reçus, ce qui dura jusqu'en l'an 1659, que le pape Alexandre VII, à la prière du cardinal Fagnaui,protfcleur de l'oidro^ leur permit de recevoir des novices et de les admettre a la pro-fession. it
Le pape Alexandre VU ayant supprimé.
Tan 1ÛM>, Tordre des chanoines réguliers du âaini-Espril à Venise, qui était réduit à n'avoir qu'un seul monastère, et celui des Croisiés ou Porte-Croix, qui de vingt-cinq maisons n'en avaient plus que quatre, les Ermites de Saint-JérAme de la congrégation do bienhearenx Pierre de Pise appréhendèrent pour leur ordre : c'est pourquoi, afin de faire connaître que, qnoiqu ils n'eussent que deux provinces, ils avaient néanmoins plus de quarauto maisons, et que l'observance régulière V était exactement observée, le P. Kusèbe Jordan de Vicence» religieux de cet ordre , docteur en l'université de Padooe et consuiteur do Saint-Office dans la n»éme ville, fit une espèce de chronologie de ce mémo ordre sous te nom de Spicilége bist«^
rique, etc. laquelle fui uoprioiée i Venus et 1656, qui est l'année où finit celle chrwili gie. Le P. Papebrocb croit que œ iist la rb» >on pour laquelle cet ordre ne fnt pmwe» lement compris dans la bulle de Ctémcet II de l'a» 1665, qui supprimait les congréptions des chanoines séculiers de Saint-Gc«r*
Îes In Alga à Venise, des Jésvales de Saisiérôme et des Ermites de Saiul-Jérèine M Fiesoly ;• mais qu'il a été encore aucBesie dans la suite, et qu'il a reçu de nouvelles p^ ces et de nouveaux privilèges, comme il ps* ralt par on autre spicilége corrigé et as^» mente en 1692 par le P. Pierre Bonosàoli, général de cet ordre, qne le P. PapebriKfa n'a pas voulu Joindre à œliii du P. Etuèbe Jordan, qu'il a inséré dans le troisième Isae du mois de juin de la continuation des Âdrt des Saints de Bollandus, aOu,dil-il, drie pas prévenir l'histoire générale de cet ordre, qu'il espère <^u'on donnera un jour an pu* blic. Il est vrai que l'an 1626 on résolei ém le chapitre général qui se tini à Hjspidj aa territoire de Padoue, de travailler à celte histoire , et pour cet eOél on nomots ér%\ çusiodes auxquels on donna le soin Ue laue gn recueil de ce qui s'était pasié dan» l'ordre; mais depuis ce temps-lâ l'histoire ri point paru, et ces offices de cnstodes oot ék supprimés dans ta suite comme innlilea.Ceft pourquoi je me suis servi de ce dernier spicilége, qui m'a été eovojé par les relgîesi de cet ordre qui sont i Rome, avec la tiedc leur fondateur imprimée à Venise ea 1696, qui est plus ample que celle que le P. fier* nardin Pucci avait donnée et que le P. PJp^ broch a insérée dans la continnation île lÙlandtts au 1" juin.
(Ici ordre est divisé en deux proviscr*. qui sont celles d'Ancùueel de Trétisc, qiu comprennent environ quaranle maisoi.
sans compter celle du Tyrot et de Batiérr, qui appartenaient à certains Brniles qoi ijoignirent en 1695 à ceux du bienbeiimi( Pierre de Pise, et dont nous parlerons dait le paragraphe suivant.L'bahillemeat de crut
d'Italie consiste en une robe et un capoc* ^ couleur tannée, avec une ceintare de cuir, b luoxetledo capuce élant ea pointe par^tfrière et descendant jusqu'à la ceinture ; ne» ils ne mettent point le capuce sur la téie. ayant toujours un bonnet carré dans la m*son, et, lorsqu'ils sortent, ili metlenl sac ch«ipe plissée par le haut et qui a uoco kl assex élevé, el portent on cbapean noir |t * Leurs armes sont d'azur à six petiie» wot Ignés surmontées d'une crois , le tout dVr et accompagné de quatre étoiles ausai 4V, reçu timbré d'une couronne.
Quant à leurs observances, ib se lèveoiâ minu.t pour dire matines. l\$ Ibnt abstiocsca les lundis et mercredis à la volonté do sup^* rienr, et outre les jeAnes de l'Eglise, iU pnent depuis le premier dimaaclie de l'avtai jus<)<i'A Noël. Ils preanent la discipiiot tsM les jours pendant le carême , excepté Ica^ médis et Ici dimanches i et en aveot k \f^
(I) Voy., à U On du vol., n* 148 et Ul\
JF.II
JEA
lercredi et vendredi, lorsqu'il irarrivc po'nl e fêle doulilo ces jours- là. Depuis Pâqoes isqa'i la fêle de rExalUtioa de la saiole rois» ils fout Toraison après none, qa! se il à midi » et daos un autre temps ils la fout près coroplies. Tous les trois ans, le troU Ame dimanche d'après Pâques, ils tiennent ter chapitre général où ils élisent leurs soérieors qui peuvent être continués pour ois antres années dans un antre chapitre. i le général meurt , le provincial de l;i çro-> ince où il demeurait gouverne Tordre josii*à réiection d'un nouveau général » qui se il pour lors seulement par les prieurs de ome , de Pesaro , de Venise et de Padoue rec Tantre provincial. Le chef de cet ordre iti Uontebello. Ils ont une maison consi* trahie é Naples, et une autre à Rome sous nom de Saint-Onuphre au Hont-Janus, ml Tégltse fui érigée par Léon X en une «cooie rerdioale, et que Sixte V changea
I litre de cardinal prêtre. Cest dans cette ;lise que le fameux Torquato Tasso est enrré, aussi bien que Guillaume Bardai » gentbomme anglais auteur de l'Argeuis. On Ht dans la même église une épiiaphe assez irticnlière, et qui Lit allusion à celui qui t eoterré dessous.
Jactt hiejaeiui^ ictui aricte fali^ Bartko-* Mtfui Arieifi de Sabaudia^ cifr ejui fUio Pa^ tCtittre^hujui eœnobii vicario^hoe lapide ritti, inique iegendi quo$ fatum sic arietabii. ixit annos Lxxii, obtit die cxlix, anie arie^ t iignum voGkxii.
II V a en dans cet ordre plusieurs pcrson- » d*0Q6 éminente sainteté, comme les bienïoreus Pierre Qualcérano, Nicolas de FourlePalène, Barthélemi de Césène, Laurent l^pagnol» Paul Quirino, Philippe de Saintegalbe, Marc de Mantoue, Bertrand de Ferire el plusieurs autres , dont les vies se oofeot dans le livre dont nous avons déjà trié, intitulé Pieana Eremue , etc. Le P. raoçois Coccalini, oui fut élu général de 1 ordre en 1647, fut ensntle évéque de rsucn Dalmatie et mourut à Venise Tan
Beraardin Pucci , Ftl. B. Pétri de Pisi^. nièbe Jordan , Spicilegium historicum Re^ ^ Petr. de Pi$i$. Petr. Bonnacioli, Pisana reuiui etSpieileg. hiitoric. Polydur. Virg. , tRtrum inventonbuM, lib. vu, cap, 5. Paul <^iSi«9 Orig. de Relig.^ iib. i^ chap. 43. Sil* isir Maurol.. Ifar. Oeean. ai /Mil. gl. Re- V , Iib, vu. Thadseus Bongiantinos, de Ren» I Pîianie: et BoUandus, tom. 111, Junii 17. Mip. Bon.inni. Catatog. Ord. relig.^ tom 1, '9* 121 et 122^ cl \es Conetitutions de cet 'ire.
II. ùtt Brmitei dee eongrégaticm d t 6t«Rheureux Ange de Corse et Nieolat de Four* T^t'Potinê^ de Pierre Malerba^ du Tyiol, de B.9ière^ et autre» uniee présrntemeni ^ telle eu bienheureux Pierre de Pi se.
ie ne suis pas du sentiment do P. François ourdun, religieux du Tiers Ordre de âainl-
François , qui prétend que la congrégation des Ermites de Saint-Jérôme du bienheureux Pierre de Pise a pris son commencement et reçu les premières Instructions des obser* vancea régulières du frère Ange de Corse, profès du Tiers Ordre de Saint-François, ni que le bienheureux Pierre de Pise le fut trouver dans IVrmilage de la Scolca, proche Rimini, pour ce sujet, puisqu'il est coït in que le bienheureux Pierre de Pise commença sa congrégaiion à Monlebello dès Tan 1380, et que le frère Ange de Corse ne vint demeurer à la Scoica, comme le P. Bourdon en di** meure d*ac€ord, que Tan 1393, où il bâlit un ermitage dans un lieu qui lui fut donné par Charles de Malalesta, seigneur do Rimini. Mais si ce frère Ange de Corse n*a pas donné commencement à Tordre des Ermites de Saint-Jérôme du bienheureux Pierre de Pise, il a au moins procuré raccroissement de celle congrégation , ayant remis entre les mains da seigneur de Rimini Tcrmilage de la Scoica pour le donner an bienheureux Pierre de Pise cl à ses disciples, et ayant aussi cédé, tant en son nom qu*en celui de ses disciples (tous du Tiers Ordre de Saint- François , qui formaient une congrégation qui portail le nom du frère Ange de Corse ) les autres couvents qu'ils avaient au nombre de quatre, outre celui de la Scoica, savoir, un à Venise dans le quartier de Saint-Raphaël, un sous le nom de Sainl*Jérôuie proche Urbio, un autre appelé Notre-Dame des Anges à Novillara, au diocèse de Pé>aro, et le quatrième sons le nom de Notre-Dame de Miséricorde dans le diocèse de Ferrare.
L'on ne sait rien de la vie de ce frère Ange de Corse ; il parait par une bulle d*Eugènc IV de Tan 1432 quil était déjà mort, et quil ne restait plus aucun de ses disciplrs qui suivissent la troisième règle de>aint François. Se^ Ion toutes les apparences, ils avaient Iouh embrassé rinstitut du bienheureux Picrro de Pisoi qui, appréhendant qu'on ne Tinqulé- Iflt à l'avenir dans la possesdon des cinq couvents qui avaient appartenu i la congregalion du frère Ange de Corse , A cause que par les contrats d'acquisition il était dit quo le frère Ange les acquérait pour lui et ^es compagnons, qui étaient du Tiers Ordre de Saint-I«raoçois, il eut recours au papo Eugène IV pour approuver la cessiou «pii lui avait été faite, tant par le comte de Rimini de celui de la Scnica, que des quatre autres par le frère Ange de Ct»rse , ce que le pape lui accorda par cette huile do Tau 1432, attendu qu'il ne restait plus aucun de^di.sciples du frère Ange de Corse qui Ossent profession do Tiers Ordre de Siint-Frau/ois, déclarant que ces maisons appartenaient au bienheureux Pierre de Pise et a ses disciples, el que les religieux du Tiers Ordre de Saint- François n'y pouvaient rien prétendre.
• La congrégation du bienheureux Nicolas de Fourquc-Palène, qui était aussi du Tkm s Ordre de Saint-Fr<jnçois, fut encore unie â celte des Ermites du nitenheurenx Pierre de Pise l'an U^6. Ce bienheureux Nicolas de Fourque-Palène fut ainsi uommé du lieu do
DICTIONNAmS DES ORDRES RELIGIEUX.
sa naissance, qui est un bourg de TAbrutEe - du diocèse de Sulmonc, au roynume de Na- ^ pies. H était prêtre et vécut plusieurs années dans son pats, dans une grande estime; mais, Yooiant se donner à Dieu plus parfaitement et passer le reste de ses jours dans la péni* lence, Il prit Tbabit du troisième ordre de Saint-François, et» étant fort Agé, Il vint à KomOy où il demeura d*abord dans une pclile maison avec un compagnon nommé Renaud de Piedmont. Le pape Eugène IV, informé de ses vertus, lui donna le soin d'une petite église sous le nom du Sauveur, qui était pour lors fort fréquentée par la dévotion des fldèles. Il y eut encore cinq personnes de différentes nations qui se joignirent à lui dans ce lieu avec lesquelles il s*adonna à diverses œuvres de piété, jusqu'à ce que Dominique Zurlo de la noble famille des Gapèce de Naples, s'ctanl joint à lui, il fut dans ce royaume pour y visiter certains ermites qui demeuraient dans une solitude de la province de Labour ; mais, ne les y ayant pas trouvés, parie qu'ils étaient allés à Naples, il s*y reniiit aussi, où, avec le secours de ces ermites et de ses autres compagnons, qui vinrent aussi A Naples, il fonda un monastère sous le nom de Notre-Dame des Grflces, qu'il fit bâ^ir des aumônes qui furent données au frère Dominique Zurlo, son compagnon, par les personnes 1rs plus illustres de la ville, qui lui étaient alliées. Le bienheureux Nicolas en fut le premier supérieur, et, r.omme il venait souvent à Rome, il y rencontra le bienheureux Pierre de Pise, avec lequel ilGt amitié. Ce que le P. Pierre Bonnacioli dit dans la vie de ce bienheureux, que Tan 1425 il se (il avec ses compagnons disciple du bienheureux Pierre de Pise, ne s'accorde pas avec ce qu'il dit dans son Spicilége, que ce ne fut que l'an Hh6 que sa congrégation fut unie à celle dos Ermites du bienheureux Pierre de Pise ; ni rareillement avec ce qu'il dit aussi, que le bienheureux Nicolas ne fut à Naples qu'après avoir quitté l'église de Saint-Sauveur, que le pape Eugène IV lui avait donnée ; qu'il ne retourna à Rome qu'après avoir fondé le couvent de Notre-Dame des Grâces, et que c'est dans ce lemps-là qu*il se fit disciple du bienheureux Pierre de Pise, puisque le pape Eugène IV ne succéda à Martin V que Pan 1431.
Il n'y avait donc seulement qu'une amitié réciproque entre les bienheureux Nicobis de Fourque-Palène et Pierre de Pise, qui étaient tous deux chefs de deux congrégations différentes, celle du bienheureux Nicolas faisant profession de la troisième règle de saint François, et celle do bienheureux Pierre de Pise ayant seulement quelques constitutions f)u règlements particuliers que ce saint fondateur lui avait prescrits. Après que le bienheureux Nicolas eut vécu quelques années à Uome dans une grande réputation de sainteté, le pape Eugène IV lui donna le couvent et l'église de Notre-Dame, proche Florence; niaisy sur ce qu'on lui en contesta la possession, il aima mieux l'abandonner que d'être exposé à l'envie de ceux qui la lui dispu-
(alenly quoique l'évéque de Recanall, qoeW pape avait nommé pour juge de ce différfs^. eût prononcé en sa faveur par une sentes^r du premier mai 14SS. Le pape tmoia ^n qu'il retournât à Rome, où on lui donna, l'an 1(^39, réglise de Saint-Onnphre, sor le tn^tt Janus, qu'il céda aux Ermites de la coorr-
Îation du bienheureux Pierre de Pise, Tsi U6, avec le monastère de Notre-Dame d«i Grâces do Naples et les autres ermita;«s qu'il avait ailleurs. Il y a de raupareoce qoe ce couvent de Notre-Dame des urâces n'était
Sas grand'chose pour lors ; il y aurait taérne douter si véritablement les Ermites df la congrégation du bienheureux Pierre de Pîk le possédèrent dès ce temps4à ; car PompfM Sarnelli , évéque de Biseglia , dit (Guii, et foreil.di 2Vapo/. p. lS3j que c'était ancienifment une petite église qui appartenait â k famille des Gra8sa,et que l'an ISCOeMeroi accordée au bienheureux Jérôme de BrindïM, qui fut le premier qui amena de Napif» <)<i religieux de la congrégation du bienheoreai Pierre de Pise, et que dans ce lien il ù\ hitir un monastère et amplifier l'église qui M fort belle; mais l'on peut croire qu^il a a fmente le monastère avec plus de magnificence qu'il ne l'était du temps du bienbeoreai Nicolas de Fourque-PalènCi comme il Taeie aussi dans la suite par les religieux de en ordre» ainsi que le rapporte pareillcmeni le P. Bonnacioli dans son Spicilége, où il our* que que, l'an 1H7, ce fût le bicnhcarM fiunolt de Sicile, prieur de ce monastère, qu commença à faire bâtir Téglise. Le P. Pape> broch rapporte dans toute sa teneur le M que le pape Eugène IV fit expédier pour Fq* nion de ces deux congrégations; mais il j i à corriger dans la date de ce bref, qui est d-i calendes de janvier 1446, dans la vinf^i-noième année de son poRiiOcat, puisqu'il fotbit p ipe le 3 mars 1431, et qu il ne gouTcrs' l'Ëglise que quinze ans; ainsi ce uepoorrait être que la quinzième année.
Quant au bienh(*urcux Nicolas de Fotirqs"* Palène, deux ans après Tunion de sa codgrégation avec relie du bieubenreux Pierre de Pise, il mourut à Rome le 99 septembre 1448. étant Agé de cent ans. Il te fit plusievs miracles à son tombeau qui obligèrent les religieux de son ordre de le transférer daas un lieu plus décent avec la permission de U congrégation des Rites, l'an 1606; et, l'ai 1647, les habitants de Fourque-Palène, lr> de sa naissance, ayant souhaité avoir de s * reliques, le P. Uemi Landau, qui était poor lors général, lour donna une cèle, p^^ l'exposera la vénération des fidèles, à coédition que si un jour on faisait un établis^ ineul de religieux à Fourque-PaléoeJ^sf ordre serait préféré aux autres, et que la rr* lique du bienbeureox Nicolas serait déiM)»(t dans leur église.
Lan 1531, les ermites deSaint-Jérén**^ la congrégation du frère Pierre de Malr/^ qui demeuraient dans les couvents de SAittt^ Félicité de Romano du diocèse de Pjdv^'* et de Saint-Faustin de la Tour du dioc^>' ;j Vo(ouC| exposèrent au pape Ciémcct
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que l0ors contrats et les lieux qu'ils habi* i«iifDl«qiii étaient goofernés par un ficaire irénér I, dépérissairnt tous les jours plutôt que d'aufcmenter; c*est pourquoi ils dési- Mitfnt rmbrasser rinstitot du bienheureux ri«*rre de Pise et être unis à sa congrégation, s'il foulait y consentir. Le pnpe accorda leur demande par un bref du S6 janyler 1531; ainsi ils prirent l*babit des Ermites du bien* heureux Pierre de Pise. et le bienheureux BeriranJ de Ferrare fut envoyé par les supérieurs pour leur apprendre les observances de cette congrégation. On ne sait rien de la vie de ce Pierre Malerba. Il est fait mention dans an actepassé Tan H6S,qui concerne les relif^ieux de la congrégation de Fiesoli» d'un lierre Malerba de Venise, qui y servit de témoin et qui y est qoaliflé préiro. 11 pourrait peut-être avoir été le fondateur de cette congrégation.
Une autre congrégation, sous le nom des Krmiiea du Moni-Ségcstre» fut aussi unie à celte du bienheureux Pierre de Pise, Tan 1579. Ces Ermites reconnaisf^aient pour fondateur le bienheureux Laurent, espagnol de naissance, qui, voulant imiter les anciens ermites, s*était retiré en Italie sur le mont Sêgesire, proche Gènes, où il avait bflti pluiieurs cellules séparées les unes des autres pour plusieurs personnes qui voulurent vivre soos sa conduite et qui y menaient une vie (r*s*austère; il les gouverna jusqu'à sa mort, dont on Ignore Tannée. Il y a de Tappareace qu'elle arriya avant Tan 1351, car re fut cette année que les frères Jacques, aussi espagnols, Baphaël d'Orgio et Jacques Galesio, qui étaient du nombre de ses discip es, flireni bfltir an même lieu une église tons le nom de Notre* Dame de TAnnonciatien de la CAte de Ségestre de Ponent, avec on monastère qui fut ampliOé Tan 1450 par un frère Nicolas , qui en était pour lors prieur. Quoique les religieux de ce monaslère et les autres de la congrégation du bienheureux Laurent eusj^ent été agrégés l'an 1379 i celle du bienheureux Pierre de Pise, ce ne fut néanmoins que Tan 1581 que le P. Jean-Baptîste de Monte-Silice, qui en é^ait général, prit possession de ce monastère au nom de Tordre. L*on ne sait autre chose de la vie du fondateur de cette congrégation du Mont-Ségestre , sinon qu'il parait par des actes publics de Tan 15S0 qu'on lui donnait le titre de bienheureux. Le martyrologe romain fait mémoire d'un saint Albert de Gènes, qne les religieux de la congrégation du bienheureux Pierre de Pise prétendent avoT été de celle du Hont-Ségestre, et qui mourut Tan liSO.
Enfin, Fan 1(195, plusieura ermites du Tyrol et de Bavière, qui vivaient dans diflérents endroits et en commun, demandèrent aux religieux du bienheureux Pierre de Pise assemblés le 2 avril de la mémo année dans leur chapitre général à Rome, dans le couvent de Saint-Onuphre , d'être unis à leur congrégation, de porter le mémo babille-
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ment, qnani a la forme, de prolesfcr la m^me régie, et de fouir de leurs privil^es, protneltant obéissance aux supérieurs da cet ordre; ce qui leur fut accordé, à la prière de l'empereur Léopold 1", qui avait écrit en leur faveur an cardinal Casanate, protecteur de Tordre, ce qui fut confirmé par le pape Innocent XII. Ils se sont depuis multipliés dans ces provinces, où ils ont fait de nouveaux établissements. Ils observent les anciennes constitutions de Tordre dans toute la vigueur, ne mangent jamais de viande, vont nu-pieds, sont vêtus de gros drap et portent la barbe, mais non pas longue (1). Quant à la forme de l'habillement et 1 la règle, ils se conforment à ceux d'Italie.
Voyex Vita del Beato Pieiro Gambaeorii, pag. 48. Peir. Bonnadoli, PUan. Brem. Euseb. Jordan., SpieiUg. hist.; et Bolland. $om, III Junii.
§ III. Des ermitei de Sainl^Jérôme de Fiesoiit avec la vie du bienheureux Charly de Moniegrancli^ leur fondateur*
Nous avons dit, en parlant des Jcronymifes d'Espagne, qu'ils avaient tiré leur origine des disciples du bienheureux Thomas de Sienne, ou Thomasuccio du Tiers Ordre de Saint-François; nous avons aussi montré dans le pamgraphe précédent que la congrégation des Ermites du bienheureux Pierre de Pise avait reçu son acrroisaement par l'union des congrégations du frère Ange de Corse et du bienheureux Nicolas de Fourqne-**airMie, qui étaient pareillement do Tiers Ordre de Saint-François. Voici encore un ordre qui a porté le nom de Saint-Jérôme, qui a toujours été distingué de ceux d'Espagne < t d*Italie, et dont le fondateur était aussi du troisième ordre de Saint-François. Il y en a qui ont cru que, lorsque les disciples du bienheureux Thomasuccio passèrent en Espagne, Tordra de Saint-Jérôme de Fiesoli,qul est celui dont nous allons parler, étajl déjà établi, et le P. Papebroeh a suivi ce sentiment {ApudBol* tand.n iom.lIiJun.^p.»*)^ mais cela ne peut pas être, puisque tes disciples du bienheoreum Thomasuccio passèrent en Espagne sous le règne d'Alphonse XI, roi deCastille, selon le témoignage des historiens de Tonlre de Saint-Jérôme, lequel Alphonse mourut Tan 1350, et que Tordre des Ermites de Sain*- Jérôme de Fiesoli ne fut oommeneé, ou plutôt que le bienheureux Charles de Moiitegraneli, son fondateur, ne se retira dans la solitude que Tan 1360.
Quelques-uns ont prétendu que le bien« heureux Charles de Montegraneli était gentilhomme florentin; il est sûr au moins qu*il était de la famille des comtes de Honlegra«neli, qui est une terre dont il ne reste plus que les vestiges entre Sainte-Sophie de la Bomagne et Saint-Pierre de Bagno, dans les Etala du grand-duo de Toscane; et il se peut faire que cette famille ait été agrégée parmi les citoyens de Florence, comme plusieurs autres familles nobles de cet Etat. H s*adonna
(t) Fo9.,||ifiodttvoi., nM30.
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D1CTI0NNAIIIE DES ORDRES REIJGIEUX.
â la piélé dès ses plut tendres années, car il fréqneniail soavenl les églises el s*appiîquait A la prière el à Toraison ; il avait beaocoop de compassion pour les pauvres et les mis^ râbles, el autant qu'il le pou? ait il les secourait et leur donnait libéralement Taumône. Quand il fut en â^e de choisir Tétai oA il défait passer sa vie, il prit le parti de TE-* glise el reçut les ordres sacrés de^ mains de l'évéque; mais, tendant toujours de plus en plus A la perfection, il quiita ses parents, ses amis, et tout ce ou1l avait de plus cber au monde pour embrasser le Tiers Ordre de Saint-François, et, s'étant associé le bien* beureuE Gaulier de Harzo, qui était aussi du même ordre, il se retira dans la solitude. Fiesoli, autrefois Tunedes douze premières filles de la Toscane el le séjour des augures et des defins toscans, était si puissante, qu*a?ec le secours de ses habitants Stilicon déGt Radagaise, roi des Gotbs, et Ton prétend qu'il resta plus de cent mille de ces barbares sur le champ de bataille; mais dans la suite des temps, les Florentins étant der enos plus paissants que les Fiesolans, ils détruisirent Fiesoli, Tan 1060, pour accroître Florence, et il n'en reste plus que les ruines. Ce fut dans ce lieu que le bienheureux Charles se retira Tan 1360. Il j en a qui lui donnent d*abord un troisième compagnon, qu'ils appellent Redon de liontegraneJi ; mais d*«iutres croyent que ce Redon cl notre saint fondateur ne sont que le même, et que Redon pouvait être son surnom. Quoi qu*il en soit, à peine fol-ii arri? é A Fiesoli, qu'il commença
er bdtir une petite ^gl>s« sous le nom de 4re-Dame du Saint-S&pulere, que quelques-uns prétendt*nt Ini avoir élé donnée par révéque de Fiesoli. LA il commença A mener une fie très-austère et pénitente avec son conspagnon; ils employaient presque tout le jour et une partie de la nuit A la prière et A l'oraison ; leurs jeûnes et leurs abstinences étaient presque continuels, un peu d'herbes ou de racines avec un peu de
tain taisait toute leur nourriture, et ils no uvnient que de Teau. Ils ne crurent pas ces austérités suffisantes pour chAtier leur corps, ils y ajoutèrent encore la haire, le cilice, les disciplines, et ils inventaient tous les jours de nouvelles morliOcations. Cela n'empêcha pas qu'il n'y eAt en peu de temps plusieurs personnes qui se joignirent A eux pour les imitrr dans ce genre de vie; de sorte que le grand Côme de Hédicis, qui fut honoré du nom de Père du peuple, et de Libérateur de la patrie, leur fit bAtir dans un lieu, un peu au-dessus de celui où ils demeorait^nt, un monastère sufOsant pour les loger, avec une église qui fut dédiée sous le nom de Saint- Jérôme; et, charmé do la beauté de ce lieu, d*ou Ton découvre toute la ville de Florence et une grande étendue. de pays, il fit encore bAUr pour lui un palais au pied de ce monastère.
Le premier établissement que fit croire saint fondateur après celui de Fiesoli fut A Vérone, où ayant été appelé, ou lui donna réglise de Saint-Jean du M jut. Il y dirmeura
quelque temps, et, après l'avoir pourvu d^vsi nombre suffisant de religieux, il alla A Venise, où il bAtit on couvent sous le nom de Notre-Dame des GrAces, et quelque tem^ après il en eut un autre A Padoue sons le nom de Saint-Jérôme. Voulant aflermir an congrégation, il en demanda la confirmatiosi au pape Innocent VU, Tan 1^06, qui la Ivi accorda ; mais la mort l'ayant prévenu, il ne pnt signer les lettres qui en furent dressées : c*est ce qu'on apprend par un brefdea<>ai successeur, Grégoire XII, daté de Monte— Fiore , au dioc6e de Rimini , le 8 juillet 1415, qui déclare que la confirmation de cet ordre aura lieu du jour que son prédécesseur l'avait accordée, quoique les lettres n*en eussent pas été expédiées A cause de 'a mort qui l'avait prévenu : tptoque prmdecesson nesiro, iieut DêminQ plaenit. $uper Aaijusmodi coneenionii gratia liUerii nen co»fèetit iublaio ds medto, dit le pape Crégmre Ail dans sa bulle, no9 dwnafavmîe cUmenr^ iia ad apiam êummi apoiMû$»*$ nssump/s, ne ipri Caroluê et ioeii kujuMmodi conereiionii fruêiranntur e/ferlu, roluimus et apo^ ftolUa aueioriteUe decrevimue ÇMed eencesato tpsa périnée a die datée ipeiuê eoneeseioniM valeret et plenam êbtineret roborie /inni iatem^ ae ei euper ea ejuedem pretdecfeeorie litterm eub ipeiue diei dmta eonfeetm faieeemi. C'est en venu de ce bref, qui se troa\n dans le buUairede LaertioCberubîni, qu'Ascagne Tamburin, qui Ta rapporté dans touto sa teneur, met l'établissement de l'ordre do Saint-Jérôme do Fiesoli l'an 1M6, sous le pontificat d'Innocent VII, ce qu'ont faitaossi Paul Morigia et Lmlius Zeccbius. Hais le V. Gonon, dans ses Vies des Pères d'Occideol, n'attaque que ce dernier, et prétend qia*il s*est évidemment trompé, par le témoigunge de Casarubios, Philippe de Bergame et d*aiie infinité d'auteurs qui ont mis cet établissement l'an 1406. Ce sont plutôt ces auteurs el le P. Goaon qvi se sont trompés, puisque le pape Grégoire Xli déclare qoe son prédé^ cesseur Innocent VII avait accordé la coafirnoalion de cet ordre, qu'il en avait fait expédier les lettres; mais que la mort, qui le prévint, l'empêcha de les signer. Or, il esl certain qu'Innocent VII est mort en 1406« et qu'il ne fut pas même longtemps malade* poisqull fui attaoué d'apoplexie dont il mourut le 6 novembre de la même année. Il y a bien de rapparence que cet ordre, ayassL obtenu ce bref de Grégoire XII, le reconnaî»* sait encore pour souverain pontife, quoiau*il eût été déposé dans le concile de Pise le 5 juin 1409; mais, comme nous t'avons dit ailleurs, l'on voyait pour lors trois P^P^s dans TEglise. Il ne faut pas s'étonner si Chérubin a inséré celte bulle dans le bullaire romain, quoique ce pipe ait été dépose ; puisque le concile de Constance approuva et aulorisn tout ce qu'il avait lait, non-seulement jusqu'au jour de sa renoncîalion ao pouUficat, qui fut faite dans la quatoraièmo session de ce concile, qui se tint le ouatro juillet de l'an U15, par Charles de Ifablesta, seigneur de Rimini, au nom de ce p^tn-
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Itfe, en ferta du pouvoir qu'il en avait reçu y mais encore jusqu'à ce qtte ceCle renonciation eûl été notiflèe à tout le monde, le cottdie ayant ponr ce sujet donné terme d'un mois.
Après que le blenhenrenx Charles de Honleitraneli eut obtenu celle bulle de Grégoire )ill, il CraTailla à augmenter sa congrégalion. A laquelle il donna le nom de Société de Sainl-Jérdme, Il eut enfin envie d'aller à Jérusalem pour j visiter le saint sépulcre et les autres lieux de la terre sainte; mais, pendant qn^t était à Venise et attendait une occasion favorable pour faire ee voyage, il tomba malade, et mourut le 5 septembre 1417, après avoir recommandé sa société au P. Pierre de Gènes, qui en fui le premier général après lui, et au P. Jacques Filibcrti d'Alesandrie. Il fut enterré dans son couvent de Venise, et son cbef fut transporté plusienrs années après dans celui de Fiesoli, où il a été en grande vénération.
Innocent VII avait approuvé cet ordre tous une règle et des constitutions de saint Jéréme tirées apparemment des écrits de ce Père, et leor avait permis de faire des vcraz solennels, ee que Grégoire Xli avait coniirmé; mais Eugène IV, Tau 1U1, leur donna la régie de saint Augustin, leur permettant de retenir toniours le nom de Saint- Jeréme et Thabit qn ils avaient accoutumé de perler dans leur société, qu'il voulut qu'on appelât à Tavenir la Congrégation de Saint- Jéréme deFiesoli, établissant le couvent de Fiesoti poor chef de cette congrégation. II ordonna aussi qu'ils y tiendraient leurs chapitres généraux tous les ans, où ils éliraient leurs générant et les supérieurs des maisons, qui pourraient être continués tant et si longtemps qu'ils jugeraient à propos ; et qne dans ces chapitres généraux ils pourraient (aire des constitutions pour le bon gouvernement de cet ordre. U les obligea à faire les vœux solennels d'obéissance, de chasteté et de pauvreté. Il les soumit à la ré^le de saint Augustin, et déclara que le P* Jacdocs Filiberti d'Alexandrie, pour lors générai de cet ordre, serait tenu de renouveler ainsi sa profession entre les mains de l*é)éque d*Ostie, et les autres religieux de Tordre entre les mains de ce général.
LliaMt qu*ils portaient dans cet ordre, et que le pape Bugène IV leur avait permis de retenir, éUit celnl dn Tiers Ordre de Saint- PraBÇtHs qne le bienheureux Charles de lloiïtegranell et la plupart de ses premiers «iixiples, qui étaient de ce Tiers Ordre, avaient vonlu toujours porter pour se res- •euvenir de leur premier état ;inais le général et quelques religieux de cet ordre s'adressèrent Tan li60 au pape Pie II pour leur permettre de quitter cet habit, afin d'être disiingnés des rcligteui dn Tiers Ordre de ^list-Prançois, ce qne le pape leur accorda psr un bref du 20 mars de la même année, cotniae il parait par un autre bref du âOaoût suivant, eu ce pape fait mention de ce premier bref: Dudum siquidêm^ vidMcti $ub ^iumxineaUnd, Apr., ponlificalus nostri
anno »ecundo^ diteeth fUiisJaeobo deAUxan^ dria tunr priori generaii et unipersit fratribu$ Socieiaiis Sancti HieronymU ardinu^juw^ dem foncli, $t eorum iUecefÊoribuê ejusdem Socie:aiii prœienlihu» et faiaris^ tune ab eo* rum primœva institutione ialiim kabifum qualem Fratree Fertii Ordinii Saneti Franeisci de Pœnilentia nuneupati elntmanZ/t Eremifœ gerunt defèrentibue^ et ab ipriê EremiiU et Fratribu» TertiiOrdinit hujusmodi in habitu dffferentiam kabere eupienlibui differentem habilum ad eautelam duntaœat ao eisdem Eremitis et Fratribue Tertii Ordinii ejusdem eolorii recipiendi et receptum perpétua ge- Mtandi per atias noitrtu eoncemmuê^ etc. Mais il y en eut plusieurs qui ne voulurent point quilier eet habit, que quelques-nos d'entre eux portaient depuis pins de quarante ans : c*est pourquoi ce même pape peruiit à ceux-li de relentr toujours cet ancien babil, et leur accorda deux maisons qui appartenaient à cet ordre pour y demeurer, savoir Saint-Jérôme de Padouc et Saint-Pierre de Vîcence, les ayant absous de roliéîssance qu'ils devaient au général de cet ordre, et les soumettant aux ordinaires des lieux oà ils auraient des maisons. Il ordonna que les religieux qui demeureraient avec l'ancieit habit s'appelleraient les Frère$ de Sainte Jérôme de la eangrégalion de Frire Chartes de Montegraneli^ leur fondateur, qu'ifs joui* raient des mêmes privilèges de lout l'ordre, et qu'ils pourraient faire la quéle dans les lienx on ils demeuraient, accordant six mois de temps à tous les religieux de cet ordre pour faire cbois de cet habit et de la con»
Srégàlion. Ainsi ayant divisé cet ordre en eux congrégations, il ordonna qu'en cas que l'une des deux vint à manqueri soit du opnvean, on de l'ancien habita les conveuis et les biens qu'elle posséderait appartiendraient à celle qui resterait; ce qui lut coq^ firme par le pape Paul II l'an iioS ; et pour lors les religieux du nouvel habit cédèrent ces deux couvents de Padoue cl de Vicenco à ceux qui retinrent l'habit du Tiers Ordre de Saint-François, comme il parait par Pacte qui en fut passé par-devant Ange de Fasalo, é>êtuede Peltri, lequel acte est rap-« porté lout au long dans le bref de Paul 11, du zO juin de la même année IMS. Mais, soit qne la congrégation de ceux de l'ancien habit à qui le pape Pie II avait donné le nom de leur funoatenr eût été éteinte, et que les autres du nouvel habit fussent entrés dans la possession de lenrs biens et de leurs couvents, cet ordre n'était point divisé en deux congrégations dîBérenles, lorsqu'il fbt supprimé l'an 1668 par le pape Clément IX, qui aecorda aux prêtres, pendant leur vie, quarante écus romains par an, et aui frères laYques vingt cens. Us avaient autrefois plus de quarante maisons ; mais ce nombre était bien diminué lorsqu'ils hirent supprimés. Ils en avaient une à Rome, sous le litre de Saint-Vincent et de Saint-Anastase, paroisse papale que Paul V leur avait donnée en 1612, et qui depuis leur suppression a été donnée aux Clercs Aégutiers' Mineurs. Le cardinal
DICTIONNAIRE DES ORDRES RKUGIEUX
Iules Mazarin, qui avait été baplisé dans relie église, Tavait fail rebâtir avec un 1resbeau portail. Si on en ¥cul croire M. Herfuant dans son Histoire des Ordres religieux, C4-S Ermites de Fiesoli subsistent toujours, et ont encore trente ou quarante maisons ; mais, s'il avait lu la bulle de suppression de Tordre des Jésuates, qu il reconnaît avoir été supprimé par le pape Clément IX, il au« rait TU que ce pontife supprima aussi par la même bulle les Ermites Je Saint-Jérôme de la congrégation de Fiesoli, et les chanoines de la congrégation de Saint - Georges îh AIgha.
Leur habillement consistait en one tunique giise serrée d*uiie ceinture de cuir, un capuce attaché à une grande mosette et une cliape plisséepar le cou aussi de la même couleur. Ils avaient aussi autrefois des sandales de bois (1), mais ils les quittèrent vers la fin du xvi* siècle.
Voyez Silvano R»zzi, YiU i$ Sanii da ToMcana^ pag. 823. Francesco Cattàni da Diacelto, Fî^e di 55. di Fiesoli. Gonon, Vit» PP. Occident.^ lib. vi, pay 386. Wading., Annal. Minor.^ iom. Y, ann. 1405, num. 18 ; loin. VI, ann. 1460, fi. 43; s/ ann. 1465, fi* 7. Francise. Bordoo., Chronoloq. Fralmm Tertii Ord. 5. Franci$ei^ Joao. Har « Vern., Annal, ejusd. Ord. Silvcstr. Maorol., Jlar. Océan, di tut. §L Relig^ Paol Morigia, Bist. de toutei les Bilig. Ascag. Tambar., De Jur. Abbat.t tom. 11, di$p. 24, quœst. 4« n. 7â ; BuUar. Rom. PoI)dor. Virgil., De Rerum In-renlofifruf, lib. vu, cap.3. Philipp. Bergom., Supplem. Chronic., lib. xiv, pag. 345. Bonauui, Calalog. Ord. relig. part. i.
SECTION THOISliMB.