II
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
est
tint la conclasioD de son mariage, et reçut la bénédiction nnptiale le 20 novembre.
Ayant obtenu des lettres de maîtrise quelque temps après, il régla tellement sa maison» que l'on y vivait comme dans un monastère le plus régulier, prenant Ini-méme le soin de conduire ses domestiques dans le chemin du salut et de. les former à la vie chrétienne par les saintes maximes de l*Evanfsite, qu*il leur enseignait. Souvent il leur faisait des entreliens particuliers pour leur inspirer l'horreur ilu péché et l'amour de la vertu. La prière se faisait en commun le soir et le malin» et il voulait qu'ils y assistassent, qu'ils allassent lous les jours à la messe, qu'ils fissent des lectures spirituelles et qu'ils fréquentassent souvent les sacrements. Non content de bannir de sa maison toutes sortes de jeux, de débauches, de jurements et de
fiaroles libres, il fit de sages règlements, et es y fit observer tndispcnsablement.
Pour ce qui est de ses enfants, il n'épargna ni son bien ni ses peines pour les élever dans la piété. Outre les instructions qu'il leur donnait lui-même, il leur choisit des maîtres pour veiller de plus près i leur conduite: ce qui leur réussit si heureusement, que les deux enfants qui lui restèrent, dont
I on était gorçon et l'antre fille, se consacrèrent au service de Dieu : le garçon entra dans la congrégation des missionnaires dont son père fut dans la suite l'instituteur, et la fille se fit religieuse du Tiers Ordre de Saint- François de la plus étroite observance dans le monastère de Uouane, où elle vécut avec tant de sainteté, qu'elle fut choisie pour faiie rétablissement du troisième monastère de cet ordre à Ljron.
Une conduite si sainte et si utile au prochain ne pouvait être que furt agréable à Dieu, qui, prévenant son serviteur de ses bénédictions, lui donna un si ardent désir d'arriver à la perfection, qu'il rechercha avec empressement la conversation des personnes capables de loi en enseigner les voies.
II demanda à la divine majesté par do ferventes et continuelles prières qu'elle voulût bien lui procurer cette grftce par le moyen de quelques-unes de ces âmes choisies qui, quoique dans un corps mortel, vivaient dans le monde comme si elles n'v étaient pas, et dont toute la conversation était dans le ciel.
La Mère Madeleine de Saint-François , première supérieure du premier monastère du Troisième Ordre de Saint-François dans la ville de Lyon, à laquelle plusieurs personnes s'adressaient pour apprendre à faire l'oraison et i pratiquer les autres exercices de la Tie spiriluelle, fut celle dont Dieu ^e servit pour l'accomplissemeut du désir de H. Crétenet, qui, par les soins de cette sainte fille, fit un si grand progrès dans la pratique de loutes les vertus qui conduisent à la perfection évangélique, que, se trouvant en état de marcher seul dans les voie^ les plus étroites du salut, il se résolut d'y servir de guide au prochain en enseignant aux ignorants les obligations de la vie chrctienne et un conduisant ceux qui en étaient instruits
à une vie plus parfaite, selon les règles qn'i) en avait reçues de cette charitable maîtresse, que Dieu recompeuia enfin, la faisant pas* serdecette vie à une meiileurele23juiai6ii.
Après la mort de cette sainte fille, dix os douxe de ses disciples dans la vie spiriluelle. se joignant à M. Crétenet, se mirent soos la conduite du R. P. dom Arnaud, ptour lors prieur des Feuillants de Lyon, dont Dieu se servit pour faire connaître le mérite de soo serviteur. Car ce zélé directeur, étant fort occupé, soit dans son couvent et dans les autres de son ordre, dont il était toujoors on prieur ou provincial, soit à prêcher des avents et des carêmes dans la ville de Lyoa et ailleurs, renvoyait è M. Crétenet les personnes qui venaient à lui pour le consoltfr dans leurs besoins spirituels, comme a celui qu'il connaissait le plus capable de les soulager dans leurs peines : ce qui établit si bien sa réputation, que tous ceux qui loi étaient ainsi envoyés , non contents de la consolation qu'ils trouvaient dans ses discours ( t ses entretiens particuliers, ne manquaient pas dans la sinte aux conférences spirituelles qu'il faisait une fois la senidioe dans sa maison ou dans onelque autre, afto d'allumer dans le corar de ses aaditeurs le feu de l'amour divin et on ardent désir d*arriver à la perfection. M^is dans le temps qu*il ne songeait qu'à continuer ces saints exercices d'une charité véritablemfot chrétienne. Dieu les interrompit en lai fournis* sant de nouvelles occasions d*exercer sot zèle et son amour pour le prochain : car l.i ville de Lyon ayant été affligée une secon > fois de la peste en 1613, sa divine m<ijesif lui donna de si fortes inspirations de ne point abandonner les pauvres malheureof qui étaient attaqués de CL* mal,i|u'il se renferma avec eux pour leur administrer lesre* mèdes nécessaires. 11 les consolait par des paroles de piété et d'édification, les encosrageant à souCTrir patiemment pour l'amo» de Jésos-Christ ; et, parce que cette maladie est presque toujours suivie de la mort, il le* disposait par des instructions chrétiennes à recevoir les sacrements, et n'oubliait rien de tout ce qui pouvait les préparer à biea mourir. Lorsqu'ils approchaient de ce dcr* nier moment, il redoublait son zèle ponr leur salut, les exhortant i se confier eo la miséricorde de Dieu et à Caire un sacrifice de leur vie i sa justice. Il leur enseignait à faire des actes de contrition, d'amour ^ Dieu et de résignation à sa volonté. H faisait des prières en particulier et en puM^e pour eusk, et engageai: ceux qui étaient présents à leur donner le même secoors.
En s'appliquant de la sorte an salut des moribonds, il ne négligeait pas le soin des antres malades, qu'il catéchisait toa« les jours, leur enseignant à se bien confesser H A manger dignement le pain des ange< : ce qui produisit un tel effet dans le cœor d:s malheureux qui étiiient reiif Tmés dans ce lieu de misère, que, changeant de vie, ils retournaient à Dieu par une véritable cl siocèrc pénitence.
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Le P. doin Arnaud, qui , comme nous Tavons dil, dirigeait M. Crétenet et ceux dos disciples de la Mère Madeleine de Saint- François qui araient fait avec loi une sainte lociété, ayant été choisi dans un chapitre de son ordre tenu à Paris pour alhr faire nn établissement à Marseillet les en avertit, afin qu'ils fissent choix d*un aolre directeur ou sopérienr qui continuât A les conduire dans la voie de la perfection. M* Grétenel, qui é'ait le plus xélé de celle pelile troupe, pria ce Père de recommander cette affaire à Dieu et do dire à celte intention la messe pendant Diuf jours, afin que sa majesté divine leur fit connaître Fa sainte volonté, qui leur fut pnfin manifestée par la bouche de ce m^me rrligieox, qui, après avoir fini cette neulaiiiCi leur conseilla de rester unis ensemble et de choisir entre eux quelqu'un capable de les gouvtrner. Ils reçurent cette réponse comme venant de Dieu même, et» ayant augmenté leurs prières, leurs jfûues et leurs mortifications, ils se sentireitt inspirés de choisir M. Crétenet, qui dès lors fut regardé comme leur mal re et leur supérieur.
Ce choix d*un laïque et même engagé d.ins le mariage pour conduire cette nouvelle compagnie de serviteurs de Dieu, dans la-* qulle il y avait trois ecclésiastiques, parut il extraordinaire, que Ton traita dlllusion, d'ambition et de témérité l'acceptation que M. Crétenet fit de cet emploi. Mais, non-obstant totttes ces contradictions, le nombre de ses disciples augmenta par un grand nombre d'écoliers, qui, s'étaut mis sous sa couduite, devinrent la bonne odeur de Je- •us-Chri^t et portèrent partout tes fruits de sainteté et de grâces que ce saint maître a? ait semés dans leur cœur par ses instructions et ses bons exemples.
Le zèle qu'il avait pour la gloire de Dieu et le saittt des âmes était trop vaste pour être borné au aenl avancement spirituel de ceux dont il avait U conduite. Comme il liuitaii loul le monde dans son cœur, et que sj charité s*élendait sur tous les hoouBes, non-seulement il priait avec ferveur pour la conversion des infidèles, hérétiques et mauvais chrétiens; mais, dans rimpossibilité où il était, à raison de son état, d'ait< r lui-même chercher ces brebis égarées, il tâchait d'eu" gagerceox qui avaient choisi Jésus-Christ pour leur partage d'entreprendre an si saint exercice : ce qui lui réussit enfin selon ses désirs. Car, an jour qu*il donnait à mang*T à quelques-uns de ses disciples, la conversation tomba insensiblement sur l'ignorance des peuples de la campagne, et particulièrement du grand besoin d'instruction qu'avait le village de Martignat dans le Bugey, dont on prêtre de la compagnie ^ui avait dit sa première messe le même jour était natif. Ce saint homme profita de cette occasion pour leur découvrir le dessein qu'il avait (tepuis plusieurs années de les engager à se dévouer au service du prochain, et les y exhorta d'une manière si efficace, que, ne pouvant remisier à la force de ses discours, ils prirent la résoiotion d'aller instruire les
pauvres gens de ce lieu silAt que les vacances seraient arrivées, la plupart étuiiant pour lors on théologie. Ce temps étant arrivé, ils allèrent recevoir leur mission du grand vicaire du cardinal de Richelieu, archevêque de Lyon, qui, louant leur zèle et les encourageant à souff'rir généreusement toutes les peines et les fatigues qu'ils auraient à soutenir, leur donna tout le pouvoii* qui leur était nécessaire. M. Crétenet four* nit aux frais de leur voyage et de la mission, à laquelle ils se disposèrent par le pèleri'» nage de Saint-Claude, qu'ils entreprirent à pied, jeûnant au |>ain et à lean, afin d'obtenir par l'intercession de ce saint archevêque les lumières et les grâces dont ils avaient besoin dans leur ministère apostolique. Ils l'exerrèrent enfin dans le village de Martignat avec tant de satisfaction par rapport aux grands fruits qu'ils y firent , qu'ils résolurent de consacrer à la mission tout le temps des vacances ou'ils auraient A la fin de chaque année de tnéologie, et de s'y em-^ ployer entièrement lorsqu'ils auraient achevé leurs études.
M. Crétenet, ayant connu par les fruits des premières missions que ses disciples avaient faites combien il était important pour le salut des âmes de les continuer, s'appliqua avec beaucoup de soin A former les ecclésiastiques qu'il croyait être appelés de Dieu i cet emploi; dont le nombre s'augmentent tous les jours, il leur conseilla d'entrepren* dre tontes les missions qui se présenteraient et d'aller dans tous les lieux où on les de* manderait. Le Bugey, la Bresse et le Dau« phiné, furent les premiers champs qui eu-« rent le bonheur d'être défrichés par ces bons missionnaires, qui, dans une mission qu'ils firent i Verjon, au mois d'octobre 1648, ton* obèrent si vivement par leurs prédications le marquis de Coligoi et sa femme, qu'ils résolurent dès lors de se donner entièrement A Dieu par un généreux renoncement A toutes les choses de la terre. Depuis ce temps-lA, ce seigneur s'étaut mis sous la conduite de ces missionaires et ayant réglé sa maison ^ par leurs avis, il commença de mener une vie si chrétienne, qu'après avoir fait l'admiration de tout le monde, il mourut très-saintemeol en 1664. Ce qui ne fut pas le premier ni le seul fruit de leurs travaux évangéllques : car, sans parler d'une infinité de personnes de tous âges, sexes et conditions i^ui leur étaient redevables de leur conversion , ils avaient eu le bonheur, dès l'an 1647, de gagner A Jésus-Christ le baron d'Altignat. qui uiourut en 1650 dans sa quarante-deuxième année, après avoir donné des preuves d'une véritable conversion et d'une singulière piété.
De si heureux progris semblaient devoir mettre ces xélés missionnaires A couvert de la persécution ; mais Dieu, qui vont éprouver les justes, permit qu'il s'élevât contre eux trois bourrasques en trois différen* tes années, non- enlcoient par la malice des méchants, dont ils combattaient les vices, mais mime par la trop grande facilité de
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quelques personnes de pîété, qui, mal informée» de leur conduite et prévenues conlro M. Crélrncl, sur qui, comme sur leur chef, tombail le plus gros de la tempête, crurent <^o*ils feraient un grand service à Dieu et à 1 Eglise, s'ils pouvaient contribuer à détruire cette société naissante avant qu'elle augmentât. Dans l'une de cos persécutions, l'archevêque de Lyon publia un mandement par lequel il déclarait eicommuniéun certain chirurgien qui se mêlait de gouverner des prêtres, et défendait A ces mêmes prêtres de se col^uire à l'avenir par l<>s conseils de ce laVqbe, leur ordonnant do comparaître aa plus tôt devant lui pour être interrogés sur ce fait. Mais ce pré'at, après les informations qu*il 6t, ayant été désabusé des mauvaises impressions qu*on lui avait données, révoqua tout ce qu'il avait fait contre les inisstonnaires, leur permit de consoltor M. Crétenet comme auparavant, et leur donna même des pouvoirs beaucoup plus amples que cens qu'ils avaient reçus oo son grand ticaire, nOn qu'ils pussent sans aucun obstacle continuer leurs missions dans son diocèse.
Dans nne autre persécution qui s'éleva conire eux au même diocèse et d<ins celui du Puy en Voby, on prêcha pub.iquement contre leur doctrine; on les traita de cabalistes et de sectaires, qu'il fallait éviter comme hérétiques. L'on distribua partout des libelles dilTamatoires ; l'on 6t même graver A Lyon une estampe qui représentait les hérétiques raudoist qui avaient eu pour chef an marchand de cette ville, et au-dessous de l'estampe on avait mis des discours injurieux contre M. Crétenet et contre ses missionnaires pour les rendre odieux : ce qui flt qu'on les insultait partout et qu'on les chargeait d'injures, principalement M. Crétenet, contre lequel on flt des vers satiriques , qui furent imprimés et aiBchés au coin des rues, et qu'on venait insnlter jusque dans sa maison. Mais enBn cet orage cessa l'an 1656: la vérité prévalut sur le mensonge, et lamalire des ennemis de H. Crétenet et des missionnaires fut confondue par lé témoignage authentique qu'une infinité de gens de bien rendirent en leur faveftir : en sorte que l'on commença A honorer ceux qu'on avait méprisés; et Dieu, pour récompenser la patience de ses serviteurs, leur procura d'illustres
I protecteurs et de puissanU amis. Monsieur e prince de Conli fut de ce nombre, et les employa aux missions qu'il fit faire dans son gouvernement de Languedoc.
Quelques années après, l'archevêqne de Lyon, persuadé du bien qu'ils faisaient dans son diocèse pour rinstruction des peuples, consentit qu'ils fissent un établissement A Lyon. Pour cet effet, M. le prince de Conli leur obtint des lettres patentes du roi qui leur permettaient de s'établir dans celte ville, à rile-Adam dans le diocèse de Bcauvais, et A Bagnols en Languedoc; et le mar-
5[uis de Coligni, dont nous avons parlé, et sa emme, fournirent aux frais de la fondation de Lyon avec tant de générosité et d'humi-
lité, qu'ils ne voulurent pas même prendre le nom ni la qualité de fondateurs, quoiqu'ils en fissent toutes les dépenses. Un si heureux succès donna bien de la joie A M. Crétenet, il en remercia Dieu et le pria de protéger celle communauté naissante, de bfnir les suj(*ts qui la devaient composer et de verser abondamment ses grAces sur tous leurs travaux. Cette nouvelle maison étant achevée, ceiélé fondateur proposa aux missionnaires de faire une retraite spirituelle avant que d'y aller demeurer, ce qu'ils acceptèrent avec joie, et voulurent même la faire l'un après l'autre dans sa maison. Lorsqu'elle fut finie, ils allèrent dans leur maison, où ils commencèrent leur établissement et continuèrent A suivre les règlements qu'ils avaient observés depuis si longtemps par les conseils de M. Crétenet, quUls ont toujours reconnu comme leur père et le véritable instituteur de leur eongrégaiion, A laquelle ils donnèrent le nom de Saint-Joseph, quoique dans quelques lieux on ks appelAt les Créteniste$.
Quelque temps après, ces missionnaires prièrent leur instituteur de prendre un appirtement dans leur maison, mais il ne se prévalut point de cet avantage, et voulut payer le loyer des chambres qu'il occupait, comme s'il eût été on étranger; et son homilité fut si grande, q.n*il ne discontino.i point Teiercice de sa profession, qnelqn'instanceet quelque sollicitation qu'on lui en flt, afin qu'il eût plus de facilité et de temps peur continuer A conduire ces missionnaires et toutes 1rs personnes qui allaient A lui, dont le concours fut plus grand qu'il n'avait encore été.
Sa femme, avec laquelle il y avait plus do vini^t ans qu*il vivait en continence, étaol morte l'an i6G5, il se sentit inspiré de se consacrer A Dieu dans l'état du sacerdoce. 11 redoubla ses prières, ses jeûnes et ses mortifications, il fit dire plusieurs messes pour connaître la volonté de Dieu, et consulta ce qu'il y avait de plus habiles gens dans Lyon, qui tous lui conseillèrent de k faire prêtre, rassurant que Dieu l'a pprlaitiafailtiblement A cet état. Il commença d'espérer que Dieu lui ferait la grAce d*y arrifer, et cela avec tant d'assurance que toutes les contrariétés du monde ne furent pas capables de lui faire changer de sentiment. Unjoor, étant en prières dans l'église de Saint-Romain, où le saint sacrement était expos* pour |;i fête de ce saint, qu'on y solennisait le 18 novembre 1665 , il foi si fortemest pressé par des mouvements intérieurs dese faire prêtre, qu'il ce put s'empêcher d'en faire le VŒU, A condition que l'archevêqne de Lyon le trouverait bon. Ce prélat, qui coanaissait la sainteté de ce serviteur de Dieo, y cousenlitt nonobstant son peu d'étude; il ^ dispensa même du séminaire, et liri accorda on dimissoire pour aller prendre les ordres oà il voudrait, ne pouvant les lui donner Isi* même, parce qu'il éiaii pour lors A Paris. M* Crétenet, pourvu de co dimissoire et i*n9i pcrmisf'ion de Rome pour recevoir tous les
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irdret bon les temps prescrits parles saints eanons, parlii pour les aller recevoir à Bel- Wy, où il arriva le 6 août 1666. L'évéqoe, mil connaissait aussi sa vertu, lui donna la tonsure et ks qoalre mineurs dès le lendemain, qui était un samedi; le dimanche il \ lui donna le sous-diaconai ; le mardi, fête .' de saint Laurent, le diaconat ; et le jour de l'Assomption du Notre-Dame, la prêtrise.
H. Crétenet la reçut avec de hï saintes et de si humbles disposi lions, que, quoiqu'il fût venu à Téglise dès cinq heures du matin, il y resta jusqu'à une heure après midi pour remercier Pieu de la faveur qu*il lui avait faite. KtanI sorti deBelley, il prit la route de Lyon pour y retourner; mais , en passant à Hontloet, oà il arriva le 19 du même mois, il tomba le lendemain en défaillance après avoir entendu la messe, A laquelle il communia; et cette défaillance fut suivie d'une grosse Gèvre, qo*, augmentant tous les jours, l'enleva de ce monde, le iTemier jour de septembre de la même année. Son corps fut inhumé dans une chapelle de l'église collégiale de Montluet, dont une paru» des chauoines avaient été ses disciples. Son cœur. Une partie de son foie et ses poumons forent embaumrs et portés au troisième monastère des religieuses du Tiers Ordre de Saint-François à Lyon, uù il avait mis na fille ; et dix ans apr&. Tan 1677, les chanomes de Mont' luet accordèrent encore une partie de ses ossements à ces religieuses.
Ce saint homme avait prédit sa mort six ans auparavant, et il semble que c'était pour cela qu'il souhaitait de recevoir si promptement les ordres, n'ignorant pas que pour peu qu*il eût différé, il serait mort sans cette consolation , après laquelle il soupirait comme étant la consommation de toutes les grâces qu'il avait reçues de Dieu dans cette vie.
Ces missionnaires sont habillés comme les autres ecclésiastiques et sont gouvernés par un généraL
N. Orame, Vie de M, Crét$nei, instiiuieur de la eongréyaîion des Prêtres Miaionnairee de Saint' Joseph,
joseph (congbioation dbs 60bues db
Saint-).
La congrégation des sœurs on QUes de Saint-Joseph a pris son origine dans la ville du Puy en Velay, où elle fut érigée par Henri de Haupas du Tour, évéque et comte de cette ville, l'an 1650, à la sollicitation du P. Jean-Pierre Médaille de la Compagnie de Jé^uf. Ce saint homme, qui a employé sa vie à faire la mission non-seulement dans le diocèse dn Puy, mais encore dans ceux de Saint- Flour, de Rodei et de Vienne, ayant trouvé dans le cours de ses missions plusieurs veuves et filles qui, ne voulant point se marier, avaient dessein de quitter le monde pour vaquer plus librement au service de Dieu et du prochain, et ne pouvaient pas entrer dans (les monastères pour n*avoir pas de quoi fournir leur dot, proposa A l'évéque du Puy d'établir une congrégation dans laquelle ces
filles et Teoves pourraient se retirer ponr y travailler A leur saint et vaquer A tous les exercices dont el'es seraient capables pour le service du prochain. Ce prélat, qui avait beaucoup de lèle pour la gloire de Dieu et l'avancement du salut du prochain, approuva te dessein du P. Médaille, et fit venir an Puy les filles qu'il avait disposées A la retraite. Elles logèrent tontes ensemble oendant queU ques mois chex une demoiselle fort vertueuse nommée Lucrèce de la Planche, femme de M. de JoQX, gentilhomme de Taner, laquelle demeurait pour lors au Puy, et qui ne contribua pas seulement de tout son pouvoir A l'établissement de ces filles, mais travailla encore jusqu'A sa mort avec un zèle et une charité extraordinaires A Favancement de leur congrégation. Enfin toutes choses ayant été disposées par révéquc du Puy pour rexécotion d'un si pieux dessein, ce zélé prélat as*sembla toutes ces filles dans Thôpital des orphelines, dont il leur donna la conduite, et, le 15 octobre, fête de sainte Thérèse, de l'an 1650, après leur avoir fait une eihorta* lion pour les animer A l'amour de Dieu et A la plus parfaite charité dn prochain, il les mit sous la protection de saint Joseph, et ordonna que leur congrégation, qu'il confirma par ses lettres du 10 mars 1651, porterait le nom de ce saint patriarche. Il leur prescrivit des règles pour leur conduite et une forme d'habillement, et eut pendant- toute sa vie un soin SI particulier de l'avancement de cette congrégation, qu'il en fit plusieurs établissements dans son diocèse, dont le premier fat A Moiitferrand. Après sa mort, M. de Bé-> thune, qui lui succéda sur le siège épiscopal de cette ville, ayant été convaincu par espérience et- par plusieurs témoignages dingues de foi des services* que les sœurs de cette congréffation rendaient dans son dio^ cèse^ la confirma de nouveau et approuva leurs constitutions et règlements le 23 septembre 1665. Le roi, par ses lettres patentes de l'an 1666, autorisa tous leurs établissements ; et Dieu a répandu tant de bénédicl ions sur cette congrégation, qu'elle s*es^ étendue dans les diocèses de Clermont, de Vienne, de Lyon ,. de Grenoble , d'Embron, de Gap, de histeroi», de Viviers, d Uzès, et plusieurs autres. Henri de Villars, archevêque de Vienne, avait établi ces filles dans le J[rand hôpital de citte ville l'an 1669, et ce ut par ses ordres que leurs constitutions furent imprimées A Vienne l'an iij9k.
Ces servantes de Jésns-Christ embrassent tous les exercices de charité et de miséricorde ; car elles prennent la conduite et lu soin des pauvres oans les hôpitaux, la direction des maisons de refuge, pour ramener et la pénitence les filles égarées, et le soin des maisons des pauvres orphelines pour les élever A la piété et leur apprendre A travail* 1er. Elles tiennent des écoles pour l'instrno* tion des petites filles dans les lieux où les religieuses qui y sont établies n'en prennent pas le soin. Elles visitent tous les jours les malades et les prisonniers une fois ou deux, plus on moins, «don aj'il es! nécessaire.
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les exhorlcoi à U péDilence cl à la patience; ellea prient pour eoit leur procurent des aumÂnes» les assistent corporcllement en faiaani leurs bouillons et les remèdes que les médecins ordonnent, selon leur pouvoir, en« Irelenant pour cet effet dans la plupart de leurs maisons une pharmacie où elles tiennent les drogues les plus communes et les plus nécessaires. Elles veillent soigneusement au salut des pauvres filles qui, pour D*avoir personne qui les gouverne, ou pour être dans la nécessité, courent risque de perdre leur honneur, lâchaut de les loger ou de leur procurer du travail pour gagner leur vie. Elles ont aussi un soin particulier d'at-* llrer les jeunes Olles qui commencent à fréquenter le monde et les compagnies où les hommes se trouvent, afin de leur inspirer la crainte de Dieu et leur enseigner la modestie et les autres vertus qu'elles doivent pratiquer. Pour cet effet elles leur permettent do venir travailler chez elles et leur apprennent toutes sortes d'ouvrages propres aux personnes de leur sese. Elles doivent établir des congrégations de la Miséricorde dans les lieux ou il n'y en a point, et y rece<voir les femmes, les veuves et les Biles. Outre l'assemblée des dames qui se fait une fois le mois, pour pourvoir i la visite et au secours des pauvres malades de leurs paroisses, il y a encore tous les dimanches et les fêtes des assemblées particulières, de veuves, de femmes mariées et do filles, séparées les unes des autres, pour y traiter non-seulement des œuvres de miséricorde, mais aussi de leur direction particulière et de la manière dont elles doivent vivre en qualité de chrétiennes.
Chaque maison est gouvernée par une supérieure qui a le titre de prieure, par une intendante et une coadjutrice. Il y a encore une économe, une admonitrice, une intendante des pauvres, une directrice de l'assemblée de la Miséricorde, et quelques autres officières. Tous les dimanches et fêtes, elles disent en commun le petit office de la Vierge dans leur chapelle, et tous les jours le petit office du Saint-Esprit, les litanies du saint nom de Jésus, de la sainte Vierge, de saint Joseph, et le chapelet. Elles font deux fois le jour l'oraison mentale, une fois le matin et ttue fois le soir. Elles jeûnent tous les samedis et prennent ce jour-là la discipline. Elles assistent au chapitre le vendredi, et les dimanches à la conférence spirituelle. Elles font deux ans de noviciat , après lesquels elles prononcent leurs vœux simples et leurs promesses en cette manière : Mon Dieu tout ptUuant et éiernelf Je if., votre indigne fille et servante^ désirant de vivre toute pour vous et dépendre absolument de la conduite de t>otre gràce^ en présence de JésuS'Christ votre Fils et de la glorieuse Vierge Jf arte, de notre patriarche saint Joseph et de toute la cour céleste^ fais vcfu à votre divine majatét de t^auvretéf de ehoiteté et d'obéissance perpé^ tuelle en la congrégation des Saurs de Saint*
Joiephf et ce entre vos moHw, Jlf oiisiaair, ffmk tenez la place de Monseigneur notre évéque U tris-^honoré supérieur; et je promets^ sHon les règles de ladite congrégation^ deprofessfr moyennant voire grâce la plus profonde ktê» milité en toutes choses et la plus cordiale chn^ rite envers le prochain^ que je désire servir par Vexer cice de toutes les œuvres de mMncorde^ tant spirituelles que corporelles portées par notre institut. Mon Dieu, recevez cette offrande en odeur de suaviié. Ainsi soit'il. Lorsque les sœurs sortent de la con* grégation ou qu'elles en sont chassées pour leur incorrigibilité, l'évêque du liea d'oà elles sortent les dispense de leurs vœux; mais, conformément aux constitutions, il ne doit accorder cette dispense qu'après avoir pendant un long temps employé les voies de douceur, et ensuite de rigueur, pour rame» ner l'esprit faible ou incorrigible de ces sœurs, qui s'exposent au malheur de quitter leur vocation ; et, s'it arrive que quelqu'une sorte furtivement de la congrégation, il la doit faire reconduire à la mafson d*où elle est sortie, ou à une autre où elle doit être enfermée durant quelques jours, pendant lesquels on fera tout ce que l'on pourra pour la faire rentrer dans son devoir, soit par des remontrances charitables, soit par des corrections sévères ; et si après cela elle persévère dans son obstination, l'évêque doit accorder la dispense de ses vœux et la renvoyer dans le monde.
Leur habillement est honnête et modeste, d'une étoffe commune de laine noire, qui ne doit point avoir été pressée ni lustrée ; le corps de Thabit doit être sans taille, les maoches simples et d'une largeur médiocre, dont la longueur, quand olles sont étendues, va jusqu'au bout delà main; la longneordes jupes ne doit point toucher à terre, et leurs souliers doivent être noirs et sans faç-^n. Elles portent nn bandeau de toile blanche sur le front, une coiffe toute simple aussi ds toile blanche qui se joint avec une épingle sous le menton, une autre petite coiffe d« taffetas noir qu'elles ont toujours dans is maison, en forme de petit voile; et quanê elles sortent, elles mettent une grande coiffe de taffetas noir comme les dames du monde. Elles ont sur les épaules un mouchoir simple de toile blanche, et portent sur la poi* trine une croix de bois noir avec on christ de enivre jaune, et à la ceinture un chapelet noir Les sœurs servantes sont habillées de même façon, excepté que leurs habits scat d'une étoffe plus grossière et qu'elles nepor< lent ni coiffes de taffetas, ni bandeaux, ni crucifix (1).
Comme il y a dans plusieurs villages quantité de pauvres filles qui sont appelées de Dieu à une vie pure et retirée du mondr, les sœurs de Saint-Joseph, avec la permission de révéque et de Tavis du Père spirilnel, peuvent agréger à leur congrégation ces sortes de pauvres filles, et en établir dans ces mêmes villages de petites communautés de
(1) Vo]f., ï U On du fol., n« 165,
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trois on quatre Bealemeot. On les appelle les sœurs agrégées, el dépendent de la supérieure de la plus prochaine maison dessœurs <leSaiat*Juseph, laquelle doit veiller sur elles cl sur leur cunduile, les corriger el donner ovîs, s'il est nécessaire, des choses qui se passent entre elles* au Père spirituel qui les doit Ttsîter au moins une fois Tannée, aussi bien que les sœurs. Ces agrégées sont babil- Iccs de la mém^s façon que les sœurs de la longrégation , à la réserve que tant dedans que dehors la maison elles ne portent qu'une simple coiffe de toile blanche el jamais de noires, et leur crucifix doit être un peu plus petit que celui des sœurs de la congrégation. Avant que de prendre Thabit, elles demeurent au moins trois mois dans la maison des sœors agrégées, après lesquels la supérieure de cette maison les fait examiner par la supérieure des sœurs de la «ongrégalion, et, si elles sont reçues , on leur donne Thabit de saur agrégée sans aucune cérémonie. Elles fout aussi deux ans de noviciat, après lesquels elles font seulement trois vœux simples de pauvreté, de chasteté el d'obéissance perpclueile, tant qu'elles demeureront parmi les sœurs agrégées t en so. te que soit qu'elles en veuillent sortir, ou qu'elles eu soient expalsées pour quelque faute con» iidérable, elles sont absolument libres de leurs vœux sans autre dispense. Elles doivent observer autant qu'il leur est possible les règles prescrites par les constitutions des sœurs de la congrégation; mais elles ne sont point obligées comme elles à dire l'office du Sjiiit-Esprii ni celui de la Vierge , non plus que les litanies de Jésus, de la sainte Vierge et de saint Joseph. Néanmoins si elles savent lire, et qu'elles aient le temps, on leur permet de dire en commun ou en particulitr lofCcede la Vierge. 11 n'j a point dans leurs communautés d'assistantes; mais en l'absence des supérieures, les plus anciennes de profession tiennent le premier rang et gouvernent les maisons.
Comiitutionê pour la Congrégation de$ Scruri de Sainî-Joêtph.
JOSEPH (FiLLKS sécuLiiass HOSPiTAUÈaBS
DE Saint-).
I>t% flUi iéculièrtê Hoipitalièrei de la so-' eiéléde Saint^Joêeph pour le gouvernement dn files orphelines^ comme aussi des reli'" nieusfs de la même société ^ dites les Filles de la TrinUé-Créée.
Le cardinal François d'Escoubleaudo Sourdis, archevêque de Bordeaux, qui non-sealement avait procuré à son diocèse rétablissement des Ursulines dans sa ville mélropoliiaÎDe, mais avait encore contribué à la fondation de l'ordre des filles de Notre-Dame, "oi avait pris naissance dans la même ville, ont rinstimt, aussi bien que celui des Crsulin-n, est d'instruire les jeunes filles^ comme nous dirons à l'article qui porte ce nom ; voyant que ces religieuses ne pouvaient étendre leurs exercices et leur travail jusqu'aux pauvres orphelines de père et
de mère, abandonnées et délaissées sans aucun appui pour être élevées chrétiennement, approuva le lèle de quelques filles et veuves qui, s'étant unies ensemble, s*eniployaient à l'instruction de ces filles orphefines, et conçut dès lors la pensée de former une société de ces filles et de ces veuves, qui vivraient en commun et recevraient charitablement les filles orphelines pour les élever dans la piété chrétienne et dans la pratique de toute sorte de vertus ; mais ce pieux cardinal étant mort Tan 1628, son dessein ne put être entièrement exécuté de son vivant.
Ce fut son frère et son successeur dans l'archevêché de Bordeaux, Henri d'Escooblean de Sourdis, qui acheva ce qu*il avait commencé. Une sainte fille nommée Marte Delpcch de l'Estang était celle qui avait reçu dans une maison ces filles orphelines, dont elle prenait soin, avec quelques filles et quelques neuves qui s'étaient jointes à elle pour cette œuvre charitable; mais cette maison n'étant pas suffisante pour contenir le grand nombre d'orphelins qui se présentaient, elle acheta trois antres maisons joignantes pour l'agrandir, et elle en fit donation aux orphelines le 17 avril 1638, par un contrat qui fut accepté en leur nom par les grands vicaires de Tarchevêque. Ce prélati par un acte du 16 juin de la même année, approuva cette donation, et érigea celte maison en société ou congrégation de filles et de veuves sous le titre de Société des smurs de Saint-Joseph pour le gouvernement des or* phelineSf voulant qu'elles s'employassent non-seulement à l'instruction de ces paa« vres filles, mais qu'elles pourvussent A leur entretien et à leur nourriture. Il voulut aussi que ces sœurs vécussent en commun sons son autorité et sa direction en faisant un vœu simple d'obéissance, et il leur prescrivit des règles et des constitutions qu'elles sni* virent jusqu'en l'an 1652 , que, pour Tavancement de cette société, on en dressa de nouvelles, qui furent encore approuvées par le même prélat el confirmées par l'un de SCS successeurs, Louis d'Anglure de Bourlemoiit, l'an 1694.
Cet établissement fut autorisé par lettres patentes du roi Louis XIll du mois de mal 1639, par lesquelles Sa Majesté permit aux sœurs de cette société de recevoir toutes sortes de donations, legs et aumônes, tant en meubles qu'en immeubles, pour être, les deniers ou revenus en provenant, employés à l'instruction, nourriture et entretien des filles orphelines, comme les autres hôpitaux el communautés pourraient faire; ce qui fut confirmé par le roi Louis XIV par d'autres lettres patentes du mois de mai 1673, qui fo*renl enregistrées en l'hôtel de ville de Bordeaux par un arrêt du parlement de la même ville du '21 avril 1674.
D'abord il ne pouvait y avoir dans cette maison plus de sept sœurs pour l'instructioa des orphelines ; mais le nombre de ces pauvres filles étant augmenté, on a aussi augmenté celui des sœurs ; et présentement il y
DICTIONNAIRE DtS ORDRES RELIGIEUI.
en a douze du chœur et sept sœurs domestiques. Los unes sont destinées à apprendre à lire et à écrire aux orphelines» les autres à leur apprendre tous les ouvrages qui conviennent aux personnes de leur sexe, et le proGt que la maison retire de ce travail est son revenu le plus liquide, n*ayant que trèspeu de renies fixes, la plupart même provenant des dots que les sœurs ont apportées en entrant dans cette maison : c'est ce qui les a aussi obligées A recevoir de jeunes filles pensionnaires, qui sont élevées chez elles dans toutes sortes de vertus.
Présentement ces sœors de Saint-Joseph ne reçoivent plus de veuves, et elles ont ajouté le vœu de chasteté à celui d'obéissance, auquel elles étaient sealement obligées dans le commencement de leur établissement; mais, quoiqu'elles ne fassent pas celui de pauvreté, aucune sœur néanmoins ne peut rien avoir en particulier, et ne peut rien donnera l'insu de la supérieure, qui doit pourvoira tontes leurs nécessités. Biles di« sent en commun tous les jours le petit office delà Vierge. Elles ont demi-heure d'oraison, le malin avant prime et autant Taprès-dlnée ; avant le souper, après la récréation du dîner» elles vont devant le saint sacrement, où elles récitent les litanies des saints; elles travaillent ensuite en commun jusqu'à trois' heures, et elles gardent toutes ensemble le silence pendant une heure. A sept heures trois quarts du soir, elles disent matines et laudes pour le jour suivant, et ensuite elles font l'examen de conscience, et disent les litanies de saint Joseph. Outre les jeûnes ordonnés par l'Eglise, elles jeftnent encore tous les samedis et les veilles des fêtes solennelles de la sainte Vierge. Tous les ans elles font une retraite de huit on dix jours, et elles renouvellent aussi une fois l'an leurs vœux, dont voici la formule : Je N. donne et dédie ma personne à la Soeiéié de Sainl-^Joseph^ pour rinstruction et pour <Vdueation des fitleê orphelines, pour y vivre et mourir; et fais vœu è Dieu de ckasleté et d*o^ béissance en ieeile^ eonformément à notre institut ; lesquels vaux je garderai moyen^ nant sa sainte ffrdce^ suppliant la divine bonté que ce soit a sa plus grande gloire et à mon salut. Ainsi sotl-i7. Quant à leur habillementy il est noir en la forme que Ton peut voir dans la figure qui représente une de ces sœars de Bordeaux (1), qui a été gravée sur un dessin qui m'a été envoyé par la sœar Jean fierland, supérieure de celte maison. Les sœurs domestiques sont habillées de même que les sœurs du chœur : ce qui les distingue sealement, c*est que le mouchoir de cou des sœurs du chœur est rond par-devant et par derrière, et que celui des sœurs domestiques est en poiute par derrière.
Quoique cette maison de Bordeaux ait produit celles de Paris, de Rouen, de Toulouse, d'Agen, de Limoges et de la Rochelle, qui reconnaissent aussi pour fondatrice
(0 y^if., à la fin du vol., Il* 166.
mademoiselle Delpcch de TBstang, néanmoins, comme ces maisons sont situées dans différents diocèses, elles ont toutes des cens* titulions différentes qui leur ont été données par les prélats de ces diocèses. Les sœurs de cet institut dans ces différents diocèses sont distinguées aussi les unes des antres par des habillements différents. Celles de U Rochelle et de Limoges ont même embrassé l'état régulier sous la règle de saint Augustin, et celles de Rouen se sont contentées d'en prendre l'habit, sans s'engager par des vœux solennels. Nous ne parlerons ici qne de celles de Paris et de la Rochelle, de qtii nous avons reçu des mémoires.
Après que la maison de Bordeaux eut été érigée en société, et que cet institut eut été autorisé par lettres patentes du roi Louis Xlll, comme nous avons dit ci-devant, mademoiselle Delpech fut appelée à Paris pour y faire un pareil établissement au fautKior^ Saint-Germain, près de Bellecbas>e; et, comme elle avait éprouvé les effets de la divine providence dans l'établissement de la maison de Bordeaux, elle donna i la maison de Paris le titre de Divine Providence, et les sœurs de cette maison ont toujours été ap-
f»elées, depuis ce temps-là jusqu'à présent, es filles de Saint-Joseph^ dites de la Provt^ dence. La duchesse de Hortemart, Diane de Grandseigne, contribua beaucoup par ses aumônes et par ses libéralités à cet établissement, et la marquise de Montespan sa fille, ayant choisi cette maison pour retraite, y a fait faire de beaux bâtiments. Ce fut danses lieu que mademoiselle Delpech de l'Estaog mourut le 21 décembre 1671, dans on âge très-avancé, après avoir eu la coosolatioD de voir toutes les maisons de son instiuit solidement établies.
Les sœurs de cette maison suivent présentement les constitutions qui ont été approuvées par l'archevêque de Paris Fraoçois de Harlaj de Ghampvalod, Tan 1691. Conformément à ces constitutions, elles doivent avoir soin des filles nobles ou d'honnête famille qui, étant pauvres ou orphelines, n'ont pas le moyen de se donner une bonne éducation et de se former dans le travail ; c*est pourquoi en leur appreuaat les principes du christianisme, à lire, a écrire, et en les élevant dans la praiiqoe de toutes sortes de vertus, on leur apprend aussi tous les ourrages qui conviennent i leur sexe, afin d'avoir par leur travail ose ressource contre la pauvreté et une honnête occupation pendant leur vie. Les sœurs s'engagent A cette instruction par des vœns sia>* pies après deux ans de noviciat. La comoiQ* uauté peut renvoyer néanmoins une sanr après sa profession pour certaines fautes marquées dans les constitutions ; mais celles qu'on est obligé de congédier ne peuvent rien prétendre par forme de récompien»e oo de salaire pour les services qu'elles ont rcodus pendant le temps qu'elles ont été dani la maison. On leur lit cet article des coasti-
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lulions devant leur profession, auquel elles promellent de se sounieltre, et on l'insère dans racle qui est dressé par-devant notairei pour leur association A la maison.
Toos les jonrs elles disent en commun, au rhœor, le petit ofBce de la Vierge ; elles ont demi-beure d*oraîson mentale le matin et anlant ràprès-dtnée. Avant la messe de cornmuDaalé, qui se dit tons les jours à six heu* res, elles chantent le Ytni Creator avec quelque antienne du saint sacrement à Télévallon et au temps de la communion. Après la messe, elles chantent VExaudiat pour le roi, et ailes disent les litanies de saint Jo* lepb. Tous les jours une des sœurs de la commnDaolé communie pour madame de Mootespan^ leur bieuftiitrice; et tous les ans tlles doivent faire une retraite de six jours , pour le moins. Voici la formule de leurs vffui : Au nom du Père^ du Fils et du Saint" Efprii^ Je AT., de la ville et du dioeiêe de iV., prometi à Dieu mon créateur et mon eauveur^ fi9 garder la chasteté , la pauvreté et Vobéis^ ionce^ tant que je demeurerai dans cette com^ munauté des Soeurs de Saint-Joseph^ établies dcm te faubourg de Saint- Germain des Prés^ i luquthe je m*engage selon les constitutions 4t cette eommunnuté approuvées par monseigneur notre archevêque , entre les mains de .Y. supérieur y et en la présence de ma sœur N.f supérieures et de toute la communauté. Ce ^wfai signé de ma main ce N> du mois de N. de tan N.
Les sœurs de cette communauté ont voulu foire approuver leur institut par autorité apostolique; elles ont même obtenu A cet ciïet une bulie du pape Innocent XII. Mais , •oit que la bulle ne fût pas confi>rme à la supplique qoVlles avaient présentée, ou pour quelque autre raison , elles n'ont pas reçu celte bulle, qui jusqu'à présent n*a eu aucuu liea (i;.
Vers l'an 166^ « les sœurs du même instital de la maison de La Rochelle, qui avaient eié établies dans cette ville dès l'an 1659 , voulurent embrasser l'état régulier; et apparemment que ceux qui en avaient la conduite, en leur inspirant de faire dea lœux solennels, voulurent qu'elles jetassent 1rs fondements d'un ordre tout particulier djos r£glise dont ils formèrent le projet, et dressèrent des règles et des constitutions, qui furent imprimées à Paris la même année VM, sous le titre d'Institut, Règle ou Constitutions des Filles de la Trinité -Créé e ^ dites lieligieuses de la Congrégation de Saint-Jo" »nfh, instituées pour t éducation des filles or* pkeiines dans la tille de La Rochelle.
Ce qui regarde finstitut est compris dans cinquante paragraphes. Dans le premier , il est parlé de la Ou de cet institut, qui est d'avoir soin de l'éducation des pauvres orphelines et de les élever dans la perfection e( la pratique de toutes sortes de vertus, depuis l'ége de huit à neuf ans jusqu'à quinze i*t ^ize , qu'elles sont placées en service. Dans le second , il est dit que les filles de
cette congrégation seront sous la prolecttou de Jésus, de Mario, et de Joseph ; que ponr cette raison elles seront nommées les Filles de la Trinitô-Créée; qu'elles en porteront les marques dans leurs habits; que la robe représentera celle de saint Joseph , et qu'elle sera violette pour marque de son humilité ; que le scapulaire sera de pourpre pour si* gnifler la robe de pourpre de Notre-Seigneur, et que le manteau et le voile seront de couleur céleste , à cause de la sain o Vierge, qui est reine du c>eL
Le nombre de trente-trois filles est fixé pour chaque maison , en l'honneur des trente-trois ans que Jésus-Chrîàt a vécu sur la terre. 11 ne leur était permis d'avoir que deux cents livres de renie chacune pour leur nourriture et pour leur entretijn , et sur le total des pensions, cinq sœurs converses devaient passer pour les offices pénibles do la maison. On devait faire un fonds solide qui ne pouvait être employé à autre chose que pour leur subsistance, quelque besoin et quelque nécessité qu'il j eûi.
Le nombre des trente-trois filles étant rempli, elles pouvaient recevoir d'autres filles ou veuves sur le pied de quatre cents livras de pension , dont deux cents pour leur nourriture et leur entretien , et les autres deux cents pour les orphelines , auxquelles elles devaient en laisser le fonds par don?ition simple trois jours avant de prononcer leurs vœux, et on les recevait ainsi comme bien* fàllrices. Il leur était pmnis aussi de recevoir des séculières associées à l'ordre, enga-< gées aux mêmes obligations que les religieuses, à lexception des vœux solennels et de la clôture , et elles devaient faire donation do Id moitié de leurs biens aux orphelines irois jours avant que de faire leurs vœux simples. Quoique ces associées ne fissent pas vœu de clôture, elles ne devaient pas néanmoins sortir sans la permission de la supérieure , elles devaient pratiquer la pauvreté aussi exactement que les sœurs de la comfnunaolé, elles devaient avoir soin de placer en condition ou en service les orphelines qui avaient été élevées dans la maison , elles devaient rendre visite aux bienfaiteurs et aux amis • et elles ne devaient sortir qu'avec une compagne. Leur habillement devait être semblable à celui des séculières, elles devaient être reçues comme les sœurs de la communauté à trois mois de probation et deux ans de noviciat, et à rage de vingt ans , elles pouvaient faire les vœux simples de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.
Toutes les maisons de cet ordre ne devaient faire qu'un mêmr^ corps, et s'enir'aider les unes les autres dans Ihs besoins tenaporels; et, afin de conserver le même esprit partout, elles devaient être gouvernées pour le spirituel (sous la dépendance néanmoins des ordinaires) par des prêtres qui devaient aussi former une congrégation du même institut, qui s'y devaient donner par vœu et s'y consacrer en y donnant leurs biens et leurs
(i) Voff., ï la fin du vol., n« 107.
DICTIONNAIRE DES OllDIlES RELIGIEUX.
:to
possessioDS trois jours avant leur engage* nient. Ils ne pouTaient pas aussi être plus de trente-iroîs dans chaque maison ; mais ils pouvaient associer et rece? oir à leur conf^réfçation des bienfaiteurs autant et de même i|Oo les Giles , et aux mêmes conditions. Etant formés dans une solide vertu , on devait les envoyer dans les maisons de GUes pour en prendre la conduite en qualité de supérieurs et de confesseurs , et ils ne poo* vaient pas être continués plus de six ans dans la même maison, après lesquels ils devai(*nt retourner à leur communauté où ils demeuraient au moins trois ans sous Tobéissance, et on pouvait ensuite les renvoyer dans la même maison de filles dont ils étciient sortis. Enfin ces prêtres devaient avoir un général et les filles une générale dont l'office aurait été â vie, et ce général et cette géné«raie pouvaient nommer celui ou celle qui devait leur succéder. L*ud et l'autre devaient demeurer dans la même ville pour agir toujours de concert dans les affaires de 1 ordre , et ils devaient faire la visite des maisons. Te!s étaient les principaux articles qui regardaient l'instilut en général.
Les constitutions sont divisées en six parlies. 11 est encore parlé dans la première de la fin de Tinstitut , de la Mère générale el des Mères supérieure , adjutrice , directrice, assistantes ou conseillères ; de la maîtresse et sous-maltresse des novices et des sœurs bienfaitrices. Dans la seôonde, on parle des VŒUX en général et en particulier, de la pauvreté, de la chasteté , de Tobéissance , de la clêiure , du ooiiciat, de la profession , des novices et des jeunes professes. Voici la formule des VŒUX : CieuXy écoutex ce que je dû, que la terre entende le propoi de ma bouche ; ceêt à voue , ô mon aimable Sauveur^ à qui mon cœur parle^ bien que je ne soie que poudre et cendrée. Je Sceur If. donne et dédie ma personne à la Congrégation des Saurs de Saint-Joseph établie pour rinstruction et éducation dts filles orphelines , pour y vivre £t mourir^ et fais vœu de pauvreté , de chasteié, obéissance^ et d'instruire et élever tes pauvres filles orphelines en gardant la cléjturet conformément à notre institut. Lesquels vœux je promets à mon Dieu et à vous iv. de garder tout le temps de ma vie moyennant sa sainte grâce, suppliant sa dtvine bonté que ce toit à sa plus grande gloire (t à mon salut. Ainsi soit'ii.
Dans la troisième partie de ces constitulions, il est parlé des sŒurs en général, de la charité mutuelle, des jeûnes, des abstinences , de la discipline , de Toraison , de l'office divin, des prières vocales, de I usage des sacrements, des confesseurs extraordinaires, de la retraite , de la rénovation des vœux , du ftilcnce et des autres pra:iques. Les jeûnes el les abstinences à quoi ces constitutions les obligeaient n'étaient pas considérables : outre les jeûnes ordonnés par ^Egli^e, elles devaient encore jeûner les veilles des fêtes de Notre-Seigueur , de la Vierge , de
(1) Voy., à la fia du vol., a* iîS.
saint Joseph, de saint Augustin. Qooiqa^d:» ne fussent pas obligées de jeûner les lesdredis , elles ne pouvaient pas néamaoïo» avoir de pitance le soir, et ne devaient bir^ que collation. Tons les samedis elles devaieoi prendre la discipline en comniunautè,ai<iii les vendredis , les veilles des fêle» de la saiste Trinité, de saint Joseph, et le vendredi saisi, elles devaient recevoir des mains de tasupe> rieure eu esprit de pénitence cinq coopi U discipline , pour honorer en ces jours la fli* gellation de Notre-Seigncur Jésus-Christ Ces constitutions ne les obligeaient qo'ai petit otGce de la Vierge,«et les sœurs cooierses devaient récit* r seulement certain Dom« bre de Pater et iïAve. Les dimanches et \n félts, elles devaient chanter la messe et l'olEce, et aux autres jours seulement psalmodier.
Dans la quatrième partie, il est parlé des lieux réguliers, da chapitre, de la cottlpe,de la distribution des ouvrages, des cellules, de rhabillement; dans la cinquième, des oG* cières en particulier; et daus la sixième, de l'ordre et de l'emploi de la journée, tast pour les sœurs que pour les orphelioeset les pensionnaires. Telles furent les consUto* lions de cet ordre, qui n*a fait ancua progrès, u'y ayant que les religieuses de laKichelle qui suivent présentement ces coosth tutiois, el qni obtinrent , le 21 juillet 166^, un décret du cardinal Fabio Chigi, légal m France, pour avoir permission de bircda vœux solennels. Mais, comme il fallut que ce décret fût anlorisé par lettres patentes di roi , enregistrées au parlement de Paris e( dans les justices de la Rochelle, etqoeeef religieuses eurent encore besoin du cuoseB* temenl de Tévêque, ce qui ne se fit pas s.ibi oppositions , elles ne firent leurs vœaxio* lennels que l'an 1672.
KUes avaient pris d'abord l'habit prestnl
1>ar les constitutions, savoir une robe tioette avec un scapulaire de pourpre, un manteau bleu traînant jusqu'à terret unegaimre el un voile blanc , sur lequel elles es mettaient un bleu de toile claire (1) ; mais, es faisant leurs vœux solennels, elles ooiqsif^ cet habillement pour en prendre un soir, qui consista en une robe, un scapubireelas manteau noir, avec un grand voi'eqaieit noir aussi (2). Le projet d'établir une générale s'est évanoui, aussi bien que I établiS5^ ment de la Congrégation de prêtres et di leur général. Les filles de Limoges fout aossi des vœux solennels, et sont habillées coaM les religieuses de la Visitation; mais ella n'ont point de croix.
Telles de Hunen ont seulement prisThaM religieux, mais elles ne font que des rffox simples. Elles reconnaissent aussi pour loidatrice mademoiselle Delpech de rE9iai(- Madame de Brébion , sœur de M. JiaaireU de Mèncvilletle, receveur général du tUr^^ de France, el femme de M. de Brébioo, oii* tre en la chambre des comptes â HutitB, donna de grands btens à cette maison, ^t non contente de cela, elle s'y coa»acra4i
(2) Voy., k la fin du vol., u** K9 et 170.
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rfice des pauvres orphelines du \i?ant et roDscnteineiil de son mari. M. de MèneleUe, président k morlier au parlement de iuen,eii a él6 aussi un des principaux bienfurs, et lui a donné la terre et seigneurie Néau ville, à une lieue de celte ville, qui Kès de 2,000 livres de revenu. L'an 1654, roi ac( urJa à celte ma'son d*orplielines des ires paleuies où il est parié des autres iblisseiuents du même institut faits à Bor- SOI, à Paris et à Agen.
Les sœurs de Saint-Joseph do Rouen suint pré>eDlement les coiistituiions qui leur il clé données Tan 1693 par l'archevêque celle ville Jacques-Nicolas Colbert, et, nrormément à ces constitutions, outre les înes ordonnés par TEglise, elles jeûnoiit icore tons les samedis de Tannée et tous s vendredis de Ta veut, les veilles des fêles 4(DDelles de Notre-Seigneur, de la sainte ierge, des apôtres et de saint Michel; mais laod ces fêles arrivent un vendredi de l'^i- Dl ou un samedi de Tannée, elles sont dis- 'osées de jeûner ces jours-là, s'il est jeûne i^glise les veilles de ces fêtes. Elles disent I chœar le petit ofGce de la Vierge. Elles MODtpoiutaux parloirs pendant Ta vent pendant le carême; et, dans un autre ffips, elles n'y vont qu'accompagnées d'une ouïe. Le nombre des sœurs est limité à ûe, et ne peut être augmenté, à moins que sombre des orphelines n'augmente* Elles ut, comme nous avons dit, les vœux simes de pauvreté, de chasteté, d'obéissance 1 celle mau'ère : Je N. êœur^ me confiant i/a grâce de Notre-Seigneur Jésuê Christ^ ' h tris-iainie Vierge^ de saint Joieph, pa^ on tt prolecteur de cette maiioti; de tous lee <get et det sainis de paradis ^ fais vœu à Dieu pauvreté^ de chas' été et d'obéissance^ pour employer au service des pauvres orphelines^ itanl les constitutions de la Congrégation Saint-Joseph^ dont je déclare avoir eu une ^Tiiculiire et parfaite connaissance^ en préice de notre supérieur. En foi de quoi fai ri/ tl signé le présent acte. etc. Quant A leur iliiilenient , il consiste en une robe de gris «cur, ouverte seulement jusqu'à la ceinre»el fermée par des agrafes; elles ont pour iOfure un petit voile blanc, et par-dessus I autre voile ooird'éiamine. Elles ont aussi t bandeau et une guimpe carrée, et au bas celte guimpe une médaille d'argent où m coté est Tiosaffe de saint Joseph tenant iifant Jésus parla main, et de l'autre, Ti« 'ige de la sainte Vierge tenant le même eni»i l'ttlre ses bras (1).
Vo)ez r Institution de la Société des Sœurs Sainl^Joseph pour le gouvernement des fil* ' orphelines de la ville de Bordeaux^ impriée tn 1708. Constitutions des Filles de Saint- ><e, h dites de la Providence^ imprimées à ru en 1091. Institut^ Règles et Conslituonj des Filles de la Trinité-Créée^ imprimées l'uris en 1664. Constitutions des Filles Hostalièru de la Congrégation de Saint- Joseph 'jur Vinstruclion des orphelines^ imprimées à
Rouen en 1696; et Mémoires envoyés par les religieuses de ta Rochelle en 1700.
JOSEPH (HosPiTALiftiiBs DE Sairt-}.
L'ordre des Hospitalières de Saint-Joseph a commencé par une communauté de filles séculières établie par les soins de mademoiselle de la Ferre, fille d'une grande piété et d'une famille distinguée de la ville de la Flè-> che en Anjou. Comme elle avait un attrait singulier pour Toraison, et que Dieu lui communiquait beaucoup de grâces, ses directeurs lui conseillèrent de se retirer dans un monastère pour y faire profession de la vie religieuse; mais, étant tombée malade jusqu'à quatie fcis lorsqu'elle avait voulu exécuter ce dessein, elle connut que Dieu l'appelait ailleurs. La charité la porta Tan 16!i>2 à prendre le soin des pauvres de Thô[ ilal de la Flèche. Dans le même temps, mademoiselle de Ribère, fille d'honneur de madame la princesse de Coudé, étant tombée dangereusement malade à Parts, le P. Bernard, dil le Pauvre Prêtre, en qui elle avait beaucoup de confiance, lui dit que si elle faisait vœu de quitter le monde, elle recouvrerait la santé. Elle le Ot et elle fut guérie. Pour exécuter son VŒU, elle vint dans un monastère assez proche de la Flèche pour s*y consacrer à Dieu; mais., ne se sentant point d'inclination pour y demeurer, on loi proposa de se joindre à mademoiselle de la Ferre, dont la vertu et les emplois lui étaient connus. Ello ne crut pas pouvoir mieux accomplir son vœu qu^en suivant son exemple. Une troisième fille s'associa à elles, et elles allèrent toutes trois, le jour de la Sainte-Trinité, demeurer à l'hôpital pour prendre soin des pauvres. La même année , elles eurent dix autres compagnes , et leur communauté s*augmentant ainsi tons les jours , Tévêque d'Angers, Claude du Rm il, leur donna des constitutions qu'il approuva le 25 octobre 16i3 Leur nombre devait être fixé par ces constitutions à trente filles hospitalières et six sœurs domestiques. Tous les trois ans, elles devaient élire une supérieure le 22 janvier, fête des Epousailles de la sainte Vierge, Après avoir demeuré huit ans dans la con* grégatiou, elles faisaient des vœux simples de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, e|. de s'employer au service des pauvres; mais elles ne s'engageaient que pour trois ans, pour un an, ou pour quelque autre espace de temps, après lequel elles renouvelaient leurs vœux pour un autre temps. Leurs hal)its étaient simples et modestes , et consistaient en une robe fermée par-devant avec des crochets et des portes, en forme de soutane un peu ample, serrée sur les reins avee une ceinture de laine, un corset et une jupe
Ear-dessous, le tout de serge noire. Les tilles ospitalières portaient une coiffe noire avec un mouchoir de cou, et les sœurs domesti-
Sues, un capot d'éiamine avec un mouchoir e cou, dout la toile était plus grosse que ceux des filles, et Ton donnait aux unes el
l^) ^ 0]^., à la lin du vol , n* 171,
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
aoi autres, lorsqu'elles avaient prononcé leurs VŒUX, une ba«;ue d'argent, où il y avait en écrit autour : Jésu$, Marie, Joteph^ qu'elles poriaicnt au pelit doigt de la main gauche (1).
A peine celte congrégation fut-elle établie, qu'elle reçut un grand avantage par la présence de la princesse d'Bpinoy, Antift de Melun, fille de Guillaume de Melun. Cette princesse avait été pendant plus de vingt ans chanoines e de Mons. Elle se retira après la mort de son père et à Tinsu de ses parents, chez les filles de la Visitation de Saumur, sous on nom déguisé; mais elle y fut bientôt découverte, et, comme ou parlait de faire un établissement du même institut en Flandre, et que l'on proposa à mademoiselle de Melun" d*en aller jeter les fondements, elle regarda rhonneur qu'on lui faisait comme une tentation du démon, qui, jaloux de son bouheu \ voulait déjà lui faire perdre le fruit de sa solitude en la retirant de sa vie cachée, dont elle commençait à goûter les douceurs ; c*eât pourquoi elle pensa aux moyens de sortir de ce monastère sans que Ton sut où elle devait aller. Elle communiqua son dessein au P. du Bieuil, de la conipagnie de Jésus, qui lui ayant proposé les Hospitalières de la Flèche, dont la congrégation ne faisait que de naître, et dont les religieux de cette compagnie avaient la direction, elle se sentit intérieurement portée à embrasser cet institut , et, pour n être point connue, elle entra dans cette congrégation sous le nom de mademoi- 8( lie de lu Haye. Mais ces Hospitalières, qui étaient prévenues d'estime et de considération pour elle sur le récit que le P. du Brcuil leur avait fait do son mérite, furent extrêmement surprises de la voir entrer chex elles en équipage de kcrvanle ; car elle avait un gros habit de bure, un bonnet de laine bur sa tête et des clous sous ses souliers ; et quelqu'une lui ayant demandé son nom, elle répondit qu'elle s'appelait Anne de la Terre. Tout cela n'empêchait pas qu'on n'aperçût à travers cet extérieur si pauvre un air de grandeur et des manières aisées , qui la faisaient distinguer du commun ; et, i|uoiqu'elle s'étudiAt à se cacher avec beaucoup de soin> elle ne pot si bien faire, qu'on ne vit dans sa valise quantité de linge de toile de Hollande très-fine, qu'elle donna ensuite à l'église pour faire des nappes d'autel et dos aubes, priant la supérieure de lui faire donner du linge et des chemises de la communauté , comme on faisait ch^ique semaine à toutes les sœurs , et , lors* qo'die pouvait choisir sans qu'on la vit, elle prenait toujours les plus grossières et auxquelles il y avait le plus oe pièces.
Mademoiselle de Melun ayant été reçue dans cette congrégation d'hospit.ilières, on en demanda quelques années après pour aller faire de pareils établissements. La ville de Laval fut la première qui en demanda, l'an 1052, et la même année elles furent appelées à Baugé. Mademoiselle de Melun fut du
(1) V09., k U fia du vol.« n«> 172 et 173.
nombre de celles qui furent deslio^^ po ce dernier établissement ; elles y furfo(^• duîles par la Mère Marie de la Ferre, m mière supérieure et fon<Iafnce de celte '• grégation, et dans l'obédience qu'elles rc^ rent de l'évêque d'Angers» Henri Aroja mademoiselle de Melun est appelée inj Anne de la Haye. Maia, quoiqu'elle fèt rtconnue pour la princesse d'Bpiooy qoelq^ années après, lorsque son 'rère le lioc de Gand, sachant qu'elle était à Bao^r, ] vint trouver, elle retint toujours le nom c la Haye jusqu'à sa mort.
Apre:» avoir été découverte, et ne poDTii plus cacher sa qualité, le désir qo'rlle vi\ de faire du bien à son hôpital Tempori'i «J celui qu'elle avait de passer le reste dp 1 jours dans la solitude. Trois de ses ftvrH la vinrent prendre à Baugé pour la condor à Paris, afin d'assister au partage des bi'ej du prince d'Epinoy leur père. Elle nedenKirJ que deux mois dans cette ville, et le$ ï'w\ qui lui échurent en partage servirent d :• seulement à faire faire des bâlimeols a »• hôpital de Rangé et à lui assigner des m'^ pour son entretien ; mais elle fjoda eocif* dans la suite celui de Beaufort. Noos nems étendrons pas davantage sur les vertosrCi actions do cette princesse, qui o'e>t p» fondatrice de la congrégation deshoipiti^f res dout nous parlons, et qui oe peulé' regardée que comme fondatrice et bieofaitr ce des hôpitaux de Baugé et de Beaafort même institut ; l'on peut voir sa Vie qm •<! donnée au public l'an 1687; et noos pii sons à ce qui regarde cette congrégatios.
Les hôpitaux de Baugé et de Laval ajit* été fondés, comme nous venons de dire, c.^ hospitalières firent encore d'autres établU^ments. Elles furent appelées à Moolios et Bourbonnais, l'an 1651. Cet établisseioei^ fit encore par la Mère de la Ferre, qui } o'<^ rut ; et en 1659 elles passèrent les menro-' aller dans le Canada, on elles s'étaUift dans la ville de Montréal. Jusque-là elles t vaient fait que des vœux simples, et, cm ' elles pouvaient sortir de la congrégalioD^*? dispense de l'évêque, plusieurs raraieot .mandé et l'avaient obtenu. Ce qui avait c<> se des procès dans leurs familles, lorsqucl--^ avaient voulu entrer en paitage dei bi^« c'est pourquoi la plupart do ces bospiiifres se déterminèrent à prendre la siabilit?'* à s'y engager par des vœux solenoeto. ^ maisim de Laval commença l'an 1663, et ut la première à prendre la stabilité ; et dar< *f même temps elles furent demanilées 1^ aller faire un établissement i Mmes, oà et;'i f.ircnt fondées par l'évêque de ce lifo ^ Cochon. Les maisons de Moufins* Baat« '• Montréal dans le Canada priient ensuite 1' stabilitéi et le pape Alexandre Vil, par >^ bref du 19 janvier 1666, vérifié au pàtifon^ de Paris le 30 août 1667,approova cet i^' tut, et déclara que les bospilaltèrei s "^ de l'hôtel-dieu de la Flèche pour aller a Oval, A Nîmes, à Baugé, i Moulins cl i ^^^'
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bl dans le Canada, étaient vérilablcnicnl fiigicuses. ayant fait les (rois vœux solenrts et embrassé la clôture sous la r<^gle de liol Augustin. Lours constitutions furent ressécs i*an 1685, par Tévéque d^Augers fnri Arn.jud.
Ce le congréKalion Gt ensuite de nouveaux ro;;rès« La ville d*Avignon Ot venir de ces rligieosi'S Tan 1670, pour leur donner le )iiida grand hôpital. Celui de fieaufort fut iodé par mademoiselle de Melun en 1671. Iles furent appelées en 1683 dans la ville de ble au comté Venaissin, et en 1693, la 1ère des Ëssarts, première religieuse de la tiiion de Laval, et qui avait fait Tétablisseleol de Beau fort, fut rappelée par un nrrét i!a »D$'ilà la Flèche, roinrae y ayant fait sus remiers vœux, Tarrét portant que les preùères Giles qui en étaient sorties y revicnraieut pour y mettre la stablliié. Mais , miw les autres étaient mortes, elle mena lec elle quatre religieuses de Beaufort, qui lablirent la stabilité à la Flèche, et cette Misoii, qui avait donné naissance à la con« régaiiun, étant la première de Tinstilut, fut I dernière à prendre Tétat régulier. Les ospitalières de Nîmes ont fait encore un nlre établissement i Rivire dans le Lanoedoc, en 1700.
Les religieuses de cette congrégation ont )uies le» mêmes observances, elles n*ont bangé que fort peu de choses à leurs pretièies constitutions; elles ont aussi conservé iméme habillement, sinon qu'au lieu de olfle, elles ont pris le voile noir, et, au lieu e mouchoir de cou, la guimpe comme hs utres religieuses* L'essentiel de leur iniitiiil. c'est le service des pauvres ; à quoi elles obligent par un quatrième vœu, et queues monastères donnent à la mort de chaîne religieuse professe trois cents livres. Iles ne sont obligées qu'aux jeûnes ordjnlès par l'Eglise et à réciter tous les jours le eiitollice de la sainte Vierge. Les dimanbes et les fêtes, elles chantent seulement les épres. Voici la formule de leurs vœux:
Hftt tout'puiêsant^ mon créateur et souveruin 'Ayn^ur, Je^ Y., quoique indigne de me pré- ^terdetant vous , toutefois me confiant en 9ire miséricordieuse bontés et poussée du dé- \rdt roiij servir de ma pure^ franche et déobérée volonté^ en présence de toute la cour '/et/e et de cette communauté^ fais vœu pour )uii ma vie à votre dioine majesté^ de puu-
vreté^ de chasteté et d'obéissance , et de m*employer au serrice des pauvres en uftion dé chwité^ selon la règle de saint Augustin et les constitutions de cette congrégation; vous sup' pliant très-humblement f ô mon Dieu^ par les méritesde Jésus-Christ votre Fils^ de sa sainte mère , de saint Joseph* et de saint Augustin ^ que^ comme il vous plaît me faire la grâce de me consacrer à vous par ces vœux, il qoui plaise me la continuer abondante pour m'en acquitter fidèlement. Ainsi soit-il.
Tous les ans, le 22 féyrier, fête du Maria* ge de la sainte Vierge avec saint Joseph, elles renouvellent leurs vœux en cet e manière : /e, AT., confirme et renouvel e à mon Dieu les vœux que je lui ai faiis pour toute ma vi>, de pauvreté^ de chasteté et d'obéissan^ ce , et de servir les pauvres en un ton de chor^ rite en cette congrégaiionf vu nom du Pire^ du Fils et du Saint-Esprit» Ainsi soit il.
Si quelque maison de Tinstitut devient pauvre et en nécessité, les autres doivent l'assister, préférablement à toute «>utre charité, selon leur pouvoir, plutôt que de faire un établissement nouveau ; et, pour empêcher que cette union entre les maisons de la congrégation ne diminue par succession de temps, toutes les maisons doivent s*écrire de temps en temps pour s'exciter â agir dans un même esprit et pour la même Gn. Outre les sœurs destinées pour le chœur et les sœurs domestiques on coaverses, chaque maison peut encore recevoir des sœurs associées, qui sont des filles ou des veuves qui, par infirmité ou autrement, ne p:iuvant êîrc reçues à la profession reliffieuse , désirent néanmoins passer le reste de leurs jours dans cette maison, pour y vivre avec les religieuses, sans être oliligées à leurs observances. Ces associée?* doivent faire des vœux simples et porter un habit simple et modeste.
Règle et Constitutions pour les religieuses Hospitalières de Saint-J* seph Mémoires en^ voyén par tes leligie ises de la Flèche ; et l'on peut consulter la Vie de mademoiselle de Me^ lun^ imprimée à Paris en 16S7. Cette princesse ne fut point religieuse, et, après avoir demeuré trente ans dans l'hôpitiil de Baugé» elle y mourut le 13 août 1670.
JOYEUK. Voy. FBèRBs Juyrux.
JULIEN DU POIRIER. Voy. Algantaba.
JUSTINE DE PADOUE (Sainte-), l'oy. Mont-Cassin.
KlARAN (Saixt-). Voy. Iiilanoe.
LAMPRANC (Saiîit-). Voy. Au6nsTiii(Co!«-
•ÉGâTlOH DB SaIHT-).
LANGKBS ( HospiTALiftRBS m ). Voy.
lUo^.
UTRAN(CnAHOnESDBSAINT-SAIIVBDRnB).
!•'. Origine des Chanoines Réguliers de Saint^
Sauveur de Lalran^ avec la vie du F, P» Barthélémy Colomne^ leur réformateur,
Lorsaue le grand Constantin eut donné la paix à rEglise et qu'elle commença à jouir de la liberté, après laquelle elle soupirait depuis trois cents ans, il fit bAtir plusieurs
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églises en divers lieux , principaleroeni à Kome, où les é^^lises de Saint-Jean, de Saiut- Pierre* de Saint-Paul* de Sainte-Croix et de Sainte-Agnès hon des mur$^ sont encore à présent des niarqaes de la piélé de cet ein» pcrcor.
Entre ces églises, celle qui tient le premier rang non-seulement dans cette ville, mais 4|uî est encore reconnue pour la mère de toutes les églijies du monde, est celle qu*il fit bâtir dans le palais de l'impératrice Fausta» sa femme, auparavant nommé la maison de Latran, du nom de Plauttus Lateranus 9 sénateur romain, à qui elle appartenait lorsque l'empereur Néron le fit mourir comme un des chefs de la conjuration qui s'était formée contre lui Tan 65* Ses biens ayant été confisqués, cet empereur et ses successeurs Tout loujoars possédée jusqu'au temps de Constantin, qui la donna à saint Svlveslre. Ce prince 7 ayant fait bâtir une égiiset elle fut appelée de son nom Constantinîenne, au* tremeut l'église du Sauveur, à cause que pendant que siiinl Sylvestre en fsisail la dédicace, l'image du Sauveur du monde apparut sur la muraille ; et, comme cet empereur fil faire proche de cette église un baptistère, et que les baptistères avaient l'image de saint Jean-Bapl ste, on lui donna aussi le nom de Saint-Jean de Latran, qui lui est resté, quoique son véritable nom soit celui de Saint-Sauveur, puisque c*est sous ce nom que t'Fglise solenniso^le 9 novembre, la dédicace de cette église.
Les papes l'ont toujours reconnue pour leur caihédrale,et depuis sainlSylvestreils y ont toujours fait leur demeure, à l'exception de deux ou trois, jusqu'au temps que le saintsiège fut transféré a Avignon. Grégoire XI l'ayant transporté à Rome après soixante et dix ans d'absence, comme le palais de Ln- Iran, contigu à cette église, était tombé presque en ruine, les souverains pontifes osil fait depuis ce temps leur résidence an Vatican ou à Monte-Cav.'illo.
Dom Gabriel Pcnot, Chanoine Régulier de la congrégation de Latran, qui en a fait l'histoire, prétendant qu'il y a eu une continuation sans interruption de clercs qui ont ▼écu en commun depuis les apôtres jusqu'au temps de saint Sylvestre, ditque ce fut ceuxlà que ce pape établit dans cette église; mais, comme cette prétention est disputée et que la véritabie origine des communautés de clercs n'est attribuée qu'à saint Augustin, nous croyons plus aisément ce qu'ajoute cet auteur, que saint Léon I*' se servit vers l'an kkO de Gélase, qui fut dans la sui!e un de ses successeurs, et qui était disciplede saint Augustin, pour réformer les clercsde cette église et les faire vivre selon les règles que ce grand docteur de l'Eglise arait prescrites à ceux de sonEjslise d*Uippone, qui ne contenaient que ce que les apôtres et les premiers fidèles de l'Kglise de Jérusalem avaient pratiqué.
En efiet le clergé de Kome avait besoin de réforme, puisque saint Jérôme se plaignait dès l'an 383 des dérèglements des clercs <ie cette ville, qui, n'ayant pu supporter les re-
proches de ce grand bomme, dédiirèfcit n réputation par tant de calomnies et de me i sauces , que , pour céder à lenr esi r il fut obligé de quitter Rome pour retoor»^ dans la Palestine.
Ce fut donc sous le pontificat de «4-1 Léon I*' que les clercs de Téglise de Sa ; Jean de Latran vécurent en commun. 1 1 •< meurèrent pendant ptasienrs années ii-i l'observance des canons apostoliques; irii le relâchement s'étant Introduit pea i ^1 parmi eux, Alexandre 11, qui avait étèCk> noine de la congrégation de Saint- Fri;4i \ de Lncques, fit venir des Chanoines àf ce *< congrégation l'an 1061, pour réformer FEcI'h de Latran, et, aynnt fait assembleras 0^ cile à Rome l'an 1063, où roo IraiU 6t <i réforme des Chanoines, il assujettit ceot i< Latran à l'observance de ce qui avait « \ ordonné dans ce concile* 11 déclara aossi ch 1 Eglise chef de plusieurs maisons de Chwo" nés qui en dépeudaient, et qui tons com* b!c formèrent une congrégation qui d'i n temps-là prit le nom de Latran, et était sè-ih rée de celle de Saint-Frigdîea de Lucqoe.
Ils possédèrent cette église pendint \m de huit cents ans, depuis saint Léon l'\ui qu'à Boniface Vlll, qui, avant été éleré iJ la chaire de saint Pierre I an tS9i, les o^^^^
f^ea d*en sortir pour mettre des séculim i eur place. Pour lors la congr^ali«>o de l> tran commença à diminaer, et s'éteignit pt de temps après, ayant perdu tous les mori)* tores qu'elle possédait, les uns ayast ^^ sécularisés, les autres ayant été dooo/ii d'autres ordres, comme celui de Grotta-Fcrj rata aux moines de Saint-Basile.
Penot dit que les autres actions de Bos»J face Vlll rapportées par Plailne et lesaa'H historiens de sa vie, fout assez conoaltrf '- ^ raisons qui le portèrent à lear ôler Vk\i-' de Latran. Il semble qn*il Tenilleacn-i son avarice, qui le roulait faire profiter ii grands biens qu'ils possédaient, etqai(^* être servirent à augmenter ces Irè^on 1 • menses qu'on lui trouva lorsque No^i '** gentilhomme français, avec quelqna c%' vaux du duc de Valois, accompagné deiC* lomnes et de quelques autres gentibboso^de lj faction des Gibelins, se saisit de sa p^sonne à Anagnie. Nous verrons dans os '»tre endroit l'adresse dont il se servit p-v parvenir à la papauté, et la manière dir. agit envers son prédécesseur, qui s'Maii i"mis de cette dignité, et que l'Eglise M' ' comme un saint; maisiloefantpasnoas*^ ^ gner des Chanoines Réguliers, qui farent r<> blis cent cinquante ans après dans cetteoi^ égli»e de Latran par Eugène IV ; ct,ctM»rla congrégation Frigdiouienne 00 de Sa*»: * Marie de Frisonaire fat celle sur UqsHic r; pape jeta les yeux pour en tirer ces Cbasoinés, et qu'il voulutqu'elle fût appeléedas* u suite de Saiut-Sanvenr de Latran, il 0t * propos de rapporter son origine.
La congrégation Fiigdionienne os ^ Sainte-Marie de Frisonaire est dtfferestc ^ celte de Saint-Frigdien di: Lucqocs , <iB^; nous parlerons au § 111*, quoique ce se»»*''
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qu'à caaie de ce saint qQ^elIc ait été appelée i rigdiouienne ; car l'on prétend qu'étant eiéquede Lucqnes, il fît bâtir à trois milles tie cette ville une église sous le nom de Notre- Dame, qui par succession de temps a été appelée, à cause de son fondateur, Saint e-Marie Frigdiouii'nne, et par corruption Frisonaire.
Celle égli>e arait toujours été desservie par des cltTcs vivant en commun, qui devinrent Chanoines Réguliers, lorsqu'on eut obligé les clercs qui vivaient en commun à la désappropriatioD. Ils se rendirent recommanda blés parla sainteté de leur vie; mais leurs snccessfors au iiv* siècle s'étaient bien éloignés d>* leur esprit. A peine trouvait-on chez eux des tr«ices de la discipline régulière, le temporel était aussi mal administré que le spirituel, et ce qui restait des revenus, qui avaient été aotn fuis considérables, ne suffisait pas poar l'entretien de trois religieux qui s'j trouvaient en 1383.
L'éiéquc de Lucqnes, y ayant fait la visite cette même année, avait târhé d'y apporter quelque réforme. Les religieux y avaient consenti et avaient même tenté plusieurs fol) d'exécuter un si bon dessein ; mais, bien loin d j pouvoir réussir, les fréquents ^jassagcs désarmées et plusieurs partis qui étaient souvent venus piller le monastère les avaient contraints de l'abandonner pour se réfugier dsos la ville.
Comme ils persistaient toujours dans leur résolution, Dieu envoya à leur secours un saint bonime qui a été le réformateur des Chanoinés Régulier» en Italie, et à qui l'on a donné le titre de fondateur de la congrégation de Sainte-Marie de Frisonaire. Il s'appe'ait fiarihélo.r}Colomue,dc cette ancienne famille des Ciilomnes en Italie si connue par sa noblesse, par les grands hommes qu'elle a donnés à l'Eglise et dans les armées, et par la charge de grand connétable du royaume de Naptes, qui lui e^t héréditaire. Parmi ceux qui en sont sortis, il s'en est trouvé beaucoup qui ont préféré Thumilité el une vie pauvre el retirée à tous ces avantages que les cens du monde estiment tant. L'ordre de Saint-François se glorifie d'en avoir eu trois, qui s'y sont rendus célèbres par la sainteté de leur vie, qui sont les bienheureuses Catherine, Marguerite et Séraphine Colomne ; et, sans parler des autres ordres, celui des Chanoines Réguliers a eu dom Bartliélemy Culomne, qui, étant né de parents si illustres, no inanqua pas d'être élevé dans tous les exercices qui regardent la noblesse ; mais il ne s'appliqua qu'à ceux qui conviennent véritablement à un chrétien. La grandeur de sa maison ne l'éblouit pas. 11 ne se flatta pas de l'espérance de pouvoir posséder un jour ces premières dignités dont ses ancêtres avaient été revêtus ; et, s'il embrassa Tétat ecclésiastique, ce ne fut que pour servir Dieu plus parfaitement. 11 se contenta à cet eITt t d'uu simple canonicat, dont il remi lit les dc voirs avec une fldélité irréprochable.
Quoique Dieu lui eût donné de grands la* lents pour la prédication, il fut néanmoins un asseï long temps sans les faire taloiri
pendant lequel il s'appliqua à l'étude de l'oraison vi de la méditation. Mais, considérant l'état déplorable où l'itglise était réduite par le schisme qui la désolait depuis plusieurs années, et qui était continué par 1 antipape Benott Xlll contre le véritable successeur de salut Pierre, Boniface IX; et, pour me servir des mêmes termes de Nicolas de Clémangls dans la remontrance qu'il fit au roi Charles VI au nom de l'université de Paris touchant ce schisme, voyant que l'Cglise était toute défigurée, que les choses sacrées étaient foulées aux pieds, que les vices se multipliaient, que les crimes uemeuraient impunis par la tolérance de ceux qui, pour se maintiuir dans la pnpauté, appréhendaient qu'en les punissant leur parti ne diminuât ; et enfin que la barque de saint Pierre au milieu de la tempête était près de périr, il quiita son pays, ses parents, ses amis , et, s'armant du zèle de l'amour de Dieu et du salut des flmes, il entreprit de combattre les vices qui régnaient si fort, en prêchant la parole de Dieu, faisant partout des conversions merveilleuses, et exhortant tous les fidèles à s'unir ensemble sous un même chef.
Il vint premièrement en Toscane; de 11 passant par TEmilie, il s'arrêta longtemps dans la Marche trévis.ine , où il fit un assez long séjour, aussi bien qti'é Padoue et à Vicenze. Non-seulement plusieurs pécheurs touchés vivement par la force de ses prédications, changeaient entièrement dévie et se convertissaient à Dieu par une sincère pé<» nitence; mais même plusieurs ecclésiasti ques, désirant embrasser un état de vie plus parfait, entrèrent d ms des ordres religieux ou eu établirent de nouveaux.
Entre les autres, dom Gabriel GondeF* maire, dont nous avons déjà parlé sous l6 nom d'Eugène lY , qu'il prit lorsqu'il fut éL*vé au souverain pontificat, et dom Antoine Cor* rario , nobles Vénitiens, tous deux neveux de Grégoire XII, furent du nombre des fondateurs de la congrégation des Chanoines de Saint-Georges inAlgka ; et Louis Barbo» aussi noble Vénitien, qm fut dans la suite évêquo de Trévise, entra dans l'ordre de Saint-Benoit, où ayant rétabli la discipline monastique, qui avait souffert beaucoup de relâche* ment en Italie, il fonda la célèbre congrégation de Sainte-Justine de Padoue. Nous ne devons pas oublier le fameux jurisconsulte Albéric Avogadri, gentilhomme deBergamc»
qui, renonçant à toutes les vanités du siècle, se fit religieux dans l'ordre de Saint-Dominique , et , n'osant pas espérer de pouvoir parvenir aux ordres sacrés à cause qu'il éUiit bigame, il se contenta de l'humble condition de frère lai ; mais, comme il était redevable de sa conversion à Barthélémy Colomne, il reçut peu d'années après par ses mains Thabii de Chanoine Régulier dans le monastère de Siinte-Marie de Frisonaire, aussitôt qu'il y vit la réforme établie par les soins do P. Barthélémy, qui dans le cours de sa mission. étant venu à Locques, ou il af)-
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pril les bonnet intentions de ces Chanoines, (|ui« comme nous avons d.t, souhaitaient embrasser une vie plus régulière , fisila leur monastère, dont la situaliout qui se trouvait au milieu d'un bois, lui parut si favorable au dessein qu*ils avaient de vivre dans la tc^ traite et dans la soliiude, qu*il les exhorta à la persévérance, tandis que de son côté il ira t leur chercher des compagnons pour les aider dans leur enireprise.
C'est pourquoi il retourna dans la Marche Irévisane, et passa ensuite dans la Lombardio^ no cessant poinl de prêcher partout la pénilence. Il fil de si grands fruits.qoe parmi coux qui se convertirent à Dieu, il y eut plusieurs personnes religieuses qui résolurent d*embras$er la réforme quMl s*é(ait proposée. De ce nombre furent Léon de Carat, Milanais, et Thadée de Bonasco , tous deux Chanoines Réguliers de Saint-Pierre au Ciel-d*Or de Pavie, qu'il envoya à Sainte-Marie de Frisonatre pour y commencer celte réforme, ce qui a fait dire à quelques auteurs qu'ils étaient les fondateurs de cetle congrégation.
Etant arrivés à Lurques, ils trouvèrent d'abord de grandes diflicultés , tant à cause que ce monastère était dépourra de tout ce qui était nécessaire pour Tentretien des religieux, que parce qu'élant depuis quelques années sous la juridiction de l'évéquet ils ne pouvaient j eutrer ni rien entreprendre sans sa permission; mais, l'ayant à la fin obtenue, fis jetèrent les premiers fondements de cette réforme sous le pontificat de Boniface IX, l'an t401.
L'année suivante, Barthélémy vint dans ce monastère de Frisonaire arec un compa^ gnon, et y ayant reçu Thabit, il fut aussitôt élu pri«>ur. Il y eut ensuite plusieurs personnes qui reçurent Thabit par ses mains,entre lesquelles fut le frère Jacques Avogadri,nommé auparavant Albéric, dontnou^ avons parlé; qui non-seulement en arait obtenu la permission de son général, mais avait encore été dispensé de son irrégularité par le pape |asqu*aa diaconat. Barthélémy n'eut pas plutôt fini le temps de ta supériorité, qn*il le prit arec lui pour être son compagnon dans le cours de ses prédications.
Pendant son absence, les religieux se trouvèrent dans une si grande pauvreté, que, manquant de tout ce qui était nécessaire à la vie, ils avaient résolu d*abandonner ce monastère; mais les Jésuates, qui avaient un couvent à Lucques, en ayant eu connaissance, les exhortèrent à la persévérance, a'offrant d'aller chercher TaumÔDe pour eux par la Tille et les lieux circonvoisins ; ce qu'ils firent avec tant de succès en donnant à connaître à tont le monde la sainteté de ces bons religieux, que non-seulement ils eurent abondamment pour leur subsistance, mais que par le moyen de ces aumônes ils rétablirent entièrement le monastère, dont les bâtiments tombaient en ruine* et en très- ^eu de temps les revenus, qui n'étaient pas a peine sofOsants pour l'entretien de trois religieux , s'augmentèrent de telle sorte , qu*i1 y en avait assex pour trente.
La réputation qu'ils s'acquirent par u sainteté ^e leur vie fil qu*on les souhaita 4stt plusieurs endroits, tant pour y faire deso«. veaux établissements que pour réforme d'anciens monastères. Lan liOS,an b'nr> geois de Milan ayant dessein d en fonder u dans une maison qu1l avait proche df cfiu ville, en un lieu appelé Carosetle, il y fit ir. nir de ces Chanoines. Le pape Gr^oire Xil. Tan i&07, leur donna l'abbaye de Saint-Lé»nard pro; hc de Vérone ; ils eurent en IM celle de Notre-Dame de la Charité i Vesii^, et en lfcl2 celle de Sainte-Marie de Trcfthi avec toutes ses dépendances, dont les ilesqai lui ont donné le nom font partie, et qni arpartiennent à ces Chanoines, qui y ont foaif juridiction spirituelle et temporelle. Le D<ynbro des monastères s'augmenta dans U suite, et il y en avait déjà quinze qni étaieni unis à cetle congrégation lorsque D. BartlM^ lemy mourut.
Quoique ses fatigues jointes à ses aostén. tés l'eussent tellement affaibli qu'il en èlv.{ devenu aveugle, il ne discontinua pas pour cela ses prédications. 11 allait toujours a pt4 dans ses voyages, son compagnon lecoaJoi* saut par la main. Enfin, Tan 1430, êtas. parti de Venise pour aller dans le Mooilcr* rat, il tomba malade dans te fameux mooa* sière de Saint-Benoit proche de Maotooe, uà il avait demandé Thospitalité, et la fi'in dont il avait été attaqué l'ayant emporté fi peu de jours, il alla dans le ciel recevoir U récompense de ses travaux.
Il parait par l'épitaphe qu*on a misesor son tombeau qu'il n*était que prêtre séculier et qu'il n'avait pas été religieux, mais d j.t bien de l'apparence qu*il a été Chanoine K^ gulier, puisqu'il a été prieur du roona^lrr* de Sainte-Marie do Frisonaire, qu'il a asiMf à des chapitres généraux et qu'il y a douM sa voix, ainsi qu'il parait par les actes loihentiques qui sont cités par Peuot.
§ II*. Continuation de Vhiitoire dei Chanoitn Réguliers de la congréaulion de Saint-Sai* veur de Lntran,
Entre tes monastères que la congrégnlioi de Salnte*Marie de Frisonaire a possédé*, '-« plus recommandable a été sans dout^'criw qui était attaché à l'église Je Saint-SaQuir. que l'on appelle plus communément de Saint* Jean deLatran, puisque celte ^lise est li mèreetlechef de toutes les églises du nion4s comme nous avons dit dans le paraîtra, b* précédent; laquelle leur fut accordée par t pape Eugène IV l'an 1U2.
Soit que ce pape eût naturellement de Tiaclination puur les Cha toines Réguliers i cauiO qu'il était lui-même l'un des (on^ leurs de la congrégation des Cbanoiaes ée Saint-Georges in Algka^ ou que, comme éA Penot, cette église fut dépouillée de tons ses ornements, abandonnée par ses ministre** et que le serfice divin y fât entièreniefll négligé, à peine eut-il succédé à Mariir. V. qu il fit venir des Chanoines Réguliers de 1< congrégation de Frisonaire pour réfonner cette Église; mais il ne put exécuter pour
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lors son dessein, à cause de la sédition qoe les Colomne parents de son prédécesseur eici'irent contre lui, et des différends qu*il eut a? ce le concile de Bâie , qui darèreni quelques années et qui lui donnèrent d*aa* 1res oecQpations.
Uoe autre sédition des Ronnains» qui, sollicités par le doc de Hilan, yoolaient se saisir de sa personne, l'obligea de sonser plutôt i la sàrelé qu'à la réforme de l%gllse de Latrao. 11 eut mémo de la peine à gagner rembouchare du Tibre pour s'embarquer à Osiie sur une galère, d*oà 11 ?int preroièvemcot à Pise* et ensuite à Florence, où il fut bonorahlemeot reçu » lorsque les Romains pillaient ses biens et emprisonnaient son oereu le cardinal Gondelmaire.
EnOn, Tan 1^2, après qu'il eut beureuinncnl terminé le concile de Florence , où atusièrent Jean Paléologne , empereur de CoDitantiuoi^e, son frère Démétrius et le palriarcbe de la même rille, avec plusieurs é^éqnes grecs, qu4 se réunirent a TEglise romaine, aussi bien que les Arméniens et
Stusieurs autres schisnjtique^; étani encore Florence, il ordonna auK Chanoines Frîiooaires,qui tenaient pour iors^eurehapiire général à rerrare, d'enrojrer A Rome trentedeux de leurs religieux pour réformer TËflise de Latrun. Ils n'en envoyèrent que cinq, qui logèrent d'abord dans le palais contigu à TégUse même; et, lor qu'ils se disposaient A bfllir un monastère, ils tombèrent tons malades; il y en eut même qui Moururent, ce qui Gt abandonner aux autres ceit* enlreprise pour retourner dans les couîcnîs de leur congrégation.
Le pape cependant , persistant dans son dessein, envoya l'année suivante des lettres adressées A leur cbapiire général, datées de Sieonc, où il était pour lors, par lesquelles il commandait aux supérieurs d'envoyer à Kome trente Chanoines avec un prieur, lis obéirent A cet ordre, et furent encore n çus daus le même palais de Latran, jusqu'à ce ^ue le monastère fût achevé. Mais les chanoint's séculiers qui desservaient cette église H qui n'étaient qu'au nombre de douze, prolitaut de l'absence du pape et de la fétc du saifll sacrement , auquel jour on fait une procession solennelle qui attire A Rome tous les pajsans des environs , prirent avec eut une troupe de ces paysans , et quelques-uns des plus malintentionnés d'entre le peuple sKaquércnt les religieux dans le palais de Utran, lorsqu'ils y pensaient le moins et qu'ils rendaient grâces à Dieu A l'issue de leur diner; et, ayant rompu les portes, Hs en contraignirent quelques-uns de se jeter en bas par les fenêtres; ils en prirent d'au* 1res, à qui ils firent mille outrages, donnèrent tous leurs meubles A cette canaille puur es emporter, ei il y en aurait eu même ue!quea-ons de tués, sans les conservateurs Q piïuple romain, qui, étant accourus A leur kcuurs, lea tirèrent de leurs mains et les conduisirent au Vatican, où ils restèrent ius(|u*A ce que le tumulte fût apaisé et qu'ils
DicrioriNiiiiE des OnoiiBS rbugieus. IL
pussent en sûreté retourner dans leurs cou* vents.
Cette nouvelle ayant élé portée au pape* qui était encore A Sienne, il en fut fort f r** rite. Il attendit A son retour pour punir les coupables, il avança même son voyage pour ce sujet; et , étant arrivé a Rome sur la fin de septembre 1443, il ordonna pour la troisième fois A CCS religieux de renvoyer A llonie trente Chanoines avec un prieur. Ils furent fAchés de cet ordre; ils s'imaginaient que le pape, après tant de difficultés, se désisterait pout-éire de son dessein. Néanmoins, pour obéir A Sa Sainteté, l'année suivante, dans leur chapitre général qu'ils avaient accoutumé de tenir tous les ans, ils composèrent une farail!e de trente relîgii ux qu'ils destinèrent pour Saint-Jean de Latran, auxquels ils donnèrent pour prieur D. Nicolas de Boulogne, et qui devaient se mettre eu chemin au premier ordre qu'ils recevraient du pape, auquel cependant ils envoyèrent le prieur seulement avec deux religieux pour lui faire d'humbles remontrances sur l'impuissance où ils étaient de pouvoir surmonter toutes les difficultés qui se rencontreraient dans l'exécution du dessein qu'il avait pris, et dont ils le suppliaient de vouloir bien se désister.
Le papei^çut très-mal ces remontrancest et fut plus d'un mois sans les vouloir admettre A son audience. Cependant ayant été fléchi par le moyen de leurs amis, qui avaient parlé en leur laveur, Il les fit venir, et leur témoigna beaucoup de tendresse lorsqu'il apprit que la famille de Latran avait été désignée dans leur chapitre, et qu'il n'y avat une le danger où Ils avalent été exposés raonée précédente, qui, les ayant iniim.dés, les avait empêchés de venir.
Dans cet intervalle, les chanoineii séculiers tâchaient sous main de soulever le peuple en lui faisant accroir«i que ce pontife voulait chasser les ttomains de Saint-Jean de Latran pour introduire en leur place des étrangers qui n'avaient autre dessein que d'emporter ies tètes des saints apôtres qu'on conserve dans cette église. Le p:ipe, eu ayant eu counaissance, les fit venir en sa présence, employa toutes les voies de douceur pour pacifier ces esprits qui étaient si fort animés contre les Chanoines Réguliers; et, voyant que les caresses et les promesses qu'il leur faisait étaient inutiles, il assembla les cardinaux dans un consistoire, auxquels il proposa le dessein qu'il av.iit de réformer TKgiise de Saint-Je<in di; Latran en y mettant des Chanoines Itéguliers A la pl«ice des séculiers, qui s'acquittiiient mal de leur devoir, li y en eut quelques-uns qui ne furent pas de cet avis; mais la plus grande partie approuva le lèle du pape et consentit quM nommAt deux cardinaux pour faire la visite de cette Eglise, qui furent Thomas, évAque de Bologne, qui lui succéda sous le nom do Nicolas V, et Pierre Barbo, \ énitien, qui succéda A Pie II sous le nom de Paul U.
Ces cardinaux, ayant trouvé paruii ces chanoines séculiers plus de désordre qu'on
DICTIONNAIRE DES OUDRES RELIGIEUX
4)6 8*é(ainmaginé, les crorcnt tout à fail indignes d'occaper cette église ^ qui est la mère lie loules les autres; et ces chanoines ne
f>oof ant rien avancer pour leur justification ors^uMs furent en présence du pape, ils se démirent Tolontairement entre se.» mains de lous leurs bénéfices. Sa Sainte'é fil en même temps ospédier une bulle par laquelle elle Accordait aux Chanoines Réguliers la basilique de Saint-Jean de Latran avec tous les cntionicats, les bénéfices » les chapelles, les biens cl les droits temporels et spirituels qui eh dépendaient. Il créa par la même bulle» qui est du mois de janvier li^iS, tous les Chanoines de la congrégation Frigilloffiieunc ou de Sainte-Marie de Frisonaire, Chanoines de Sainl-Saoveur de Latran, voulant que dans la suite ils en prissent le nom. L*anuée suivante il leur en accorda une autre, par laquelle, en leur confirmant le titre de Chanoines de Saint-Sauveur de Latran, il les déclarait originaires do cette église, en conséquence de leurs anciens titres et privilèges, qu'il avait fait examiner.
Los Chanoines Réguliers ne furent pat longtemps paisibles^possesseurs de celte église, car, deux ans après, le pape Eugène étant décédé, les chanoines séculiers, voulant profiter de la vacance du saint-siége, se liguèrent ensemble pour les en chasser. Les cardinaux , qui craignaient les suites que pouvait avoir cette affaire pondant le conclave, les apaisèrent en leur promettant qu*ih j seraient rétablis Immédiatement après qu*îls auraient donné ao chef à TEgi se. Ce fut Nicolas V sur qui tomba l'élec- 4ion, Tan 1^7; qui, à la sollicitation des cardinaux, les remit en possession de cette église conjointement avec les Réguliers, A cundiii'm néanmoins qu'ils ne se mêleraient point dans les affaires de crux-ci et n'assisloraient point au chœur avec eux. Mais il était impossible que des esprits qui étaient si fort aigris les uns contre les autres pussent viire longtemps en bonne intelligence et dans une parfaite union. Les différends qu'ils avaient toujours ensemble obligèrent ce pape à donner d'autres bénéfices aux chanoines séculiers, il y en eiU même quelques-uns qui furent faits évéques, et il n'en resta qu'un avec quatre bénéficiers pour la garde des reliqueSf auxquels on assigna un revenu annuel.
LeS'Ohoses ne demeurèrent pas longtemps en cet état, car Nicolas V étant mort en 1455, et Alphonse Borgia , Espagnol de nation, lui ayant succédé sous le nom de Calixte 111 : comme il était étranger, il voulut d'abord a'attirer Taniitié des Romains en renvoyant les Chanoines Réguliers dans leurs monastères, il rétablit les -chanoines séculiers et ^assa tout ce qu*Eugèoe IV avait fait.
Il semblait aprea tant de rév^ilutions 4|ui étaient arrivées à ees Chanoines Réguliers, qu'ils ne devaient plus penser à rentrer dans la possession de cette église : né .nmoins, Tau i4Gi, leurs espérances te renouvelèrent lorsqu'ils virent qu'après la mort de Tic 11,
qui avait succédé à Calixte 111, lei cardinaux avaient choisi Pierre Barbo poor mmk verain pontife, qui prit le nom de Piinl 11. Eo elTet, comme il avait été l'un des commisiaires nommés par Eugène IV pour birs U visite de l'église de Latran, et qu*il avait è«e témoin de la négi gence des chanoines lénh liers pour le service divin, il rendit au cou* mencement de son pontificat cette église ..oi Chanoines Réguliers , ordonnant à leor ge* néral d'envoyer trente relig'eux à Rome; qui, y étant arrivés et croyant apparcmaifit qu'ils ne devaient plus sortir de rég!ise d« Latran, voulurent que tout Rome filt témon de leur prise de possession ; car ils y fareoi en procession, accompagnés des princî^iot officiers du pape et suivis d'une grande wole de peuple, qui fut aussi témoin de lear sortie sept ans après, lorsqu'ils y forçai cootraints par la violence des chanoines secs* tiers, qui. Tan 1471, immédiatement apré» le décès de Paul II, étant entrés par force dans leur monastère avec un grand oonbre de gens armés, les en chtissérent pour li dernière fois, pillèrent lous leurs meubb et s'emparèrent de tous leurs papiers.
Ils préseiptèrent plusieurs reqoélci 1 Sixte IV, successeur de Paul 11, pour avoir justice de ces violences et être rétablis 4ju Saint-Jean de Latran. Hais ce fut inaiilement, car le pape appréhendait lui-nfoc pour sa personne, après ce qui lui était a^ rivé en allant prendre possession de ccHe même église, qui est le siège dés vèft» comme évéques de Rome, lorsqu'il lot es danger de sa vie par les pierres dont il pea^ être accablé par quelques Romains f»
étaient poursuivis par ses gardes à tbevii, avec lesquels ils avaient pris querelle. 11m , contenta seulement de leur donner oaebolli , au mois de mai li72 par laquelle il lear cob* firmail le titre de Chanoines Régnliers k Saint-Sauveur de Latran, avec les priiii^ ges qui leur avaient été accordés parsesptf décesseurs lorsqu'ils étaient en possetioi de cette église, prétendant qu'ils enjosi* raient comme s'ils étaient encore da cor^ do ce chapitre. Il leur en accorda ane aoirt en HSOpar laquelle il érigeait ea abbi«« plusieurs monastères qui avaient perrfs es J titre lorsqu'ils embrassèrent la réforme doit nous avons parlé; et enfin. Tan 1U3, vojjjl toute riialie en paix» il fit bâtir ao ffliiieo» Rouie une église sous le nom deNotre*Pii^ de la Paix, suivant le ^osu qu'il en aTsiihii 11 y fit mettre une image de la sainte \if^ qui avait rendu beaucoup de sang, ajaotfU frappée de plusieurs coups de poignard p^
llil AtfilH»! imnîA nui avait nerdu soa srf^
au
Réguliers, t— ^ ^— , ,, . ^
Le canliiial Olivier Caraffe leur «i biUf »• monastère et leur laissa par son tesU'i<« sa bibliothèque avec une maison de pU^^^'^* hors de Rome. . ^ .
Celle église de la Paix est présesteiDfsi» litre de cardinal, et Alexandre Vil, I JJ«» fait réparer sous son pou ificat, fit meittiv uu dis côtés de la façade son portrait J*-'
ppeede plusieurs coups ae poiguî^ r-
soldat impie qui avait perdu soa arc^
jeu, et donna cette église i cesChaoo»^
guliers, qui y sont restés însqu'i P[*/ *•
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ce fcrset da psaame 71 : Orieiur in diebut ijutjuiiiiiaetabundantiaPaeis, Hais^ comme ce pape ne manquait pas dVnnemis, on fil parler Pasqain, oa ajoata on M an commencement et on changea le e de Paeii en n .' de sorte qu*on lisait : Morietur indiebusejus fmiitia et abundanlia panis.
A regard des chanoines séculiers, ils ont toujours élèdepois ce (cmps-là paisibles possesseurs de la basilique de Saint-Jean de Latran, qui esl depuis plusieurs siècles sous la protection de nos rois, qui Tout enrichie de plusieurs présents ; et Henri IV, surpassant ses prédécesseurs, a donné Tabbaye de Clérac en Languedoc à ces chanoînrs, qui, pour témoigner leur reconnaissance envers leur bienfailcnr, lui ont érigé une magnifique statue de bronze qui est sous le portique de cette égliiie, et tous les ans le 13 décembre, fête desainteLuce, ils fontchanter une messe avec une superbe musique pour le roi et le royaume de France, à laquelle l'ambassadeur, les cardinaux et les prélats de cette faction assistent.
Les Chanoines Réguliers n'ont pas laissé néanmoins de faire encore quelques tentatives prory rentrer. Penolprétendque Pie IV les foulait rétablir dans cette église, que les bulles en avaient été dressées, mais que la niori l'empêcha d'exécuter son dessein. Il avait aussi érigé seize de leurs prieurés en abbayes, dont tes lettres ne purent pas é(re aussi expédiées avant sa mort, et elles ne le furent que sous le pontificat de Pie V, son surcesseur. Ce fut au^si sous celui de Pie IV, Tan 1564, ou'ils gagnèrent le procès qu'ils avaient avec les moines du Monl-Cassin, dont nt>us parlerons à l'article de ce nom ; et en reconnaissance des bienfoils qu'ils avaient reçus de ce pape, ils ordonnèrent dans un chapitre général que Ton ferait tous 1rs ans son anniversaire dans tous les monastères de la congrégation.
Ces Chanoines Réguliers avaient autrefois quarante-cinq abbayes, cinquante-six prieurés, vingt-une prévôtés et deux archiprétriseSy outre les monastères des Chanoinesses qui leur étaient soumis. Ils sont seigneurs des Iles d * Tremiti dans la mer Adriatique,et des; dépendances du royaume de Naples. Us ont un beau monastère avec une église dédiée à Notre-Dame, dans la principale de ces Iles, appelée Santa^Marin di Tremiti. Plusieurs personnes y vont en dévotion à raose des miracles fréquents qui s'y fon*. Il n*y a aucun capitaine de vaisseau qui ose passer devanl sans saluer la Vierge de trois coups de canon. Celte église et le monaslère ont de fort bonnes murailles et une forme de forferesse. La seconde de ces lies se nomme San-/)omtne, et la troisième Ca-^ frara.
11 est sorli de cette congrégation quelques cardinaux, et elle a fourni à TEglise des archevêques et des évéques. Barthélémy Colomne, qui est reconnu pour le Père el le réformateur de cette congrégation, a acquis Pfr sa sainteté le titre de bienheureux, aussi bien que Léon de Caralte et Martin de Der-
game, qui ont été du nombre des Chanoines do cette réforme. Penot fait encore mention des bienheureux Théodore de Plaisance, Frinciscain de Casai, Biaise de Vicenze el André de Novarre: Il a fait le catalogue des écrivains de cette congrégation, dont ou pourrait retrancher saint Léon l*'pnpe, saint Prosper d'Aquitaine, et quelques-autres qu'il y a insérés comme ayant été Chanoines Ré* guliers de cette congrégation, à ce quMI prétend.
Mais si elle a eu l'avantage d'avoir produit uo grand nombre de personnes illustres par leur science el par leur piété, elle a eu aussi le chagrin d'avoir nourri dans son sein un des plus grands ennemis de l'ËglI^e, Pierre Vermili, plus connu sous le nom de Martyr, qu'il aVAitpris. Il excellait en esprit et en science, et avait une éloquence naturelle qui le fit considérer comme le plus grand préJicateur do sim temps on Italie. Il fut fait visiteur général de son ordre en 1554, et ensttitepriearde Lucques, Quelque tempsaprès, la lecture des livres de Zuingle et de Bucer commença i le pervertir, et, s'étant tout à fait jeté dans le sentiment des protestants, il pervertit aussi quatre religieux de sa congrégation, savoir, Emmanuel Tremel, Fer* rarais ; Celse Mariingot et Paul Lascio, toQS trois professeurs, le premier en langue hé* braïque le second en langue grecque, le troisième en langue latine; et le quatrième fut Jérôme Lancius de Bergame, qui le suivirent dans son apostasie, aussi bien que Bernard Ochin, vicaire général des Capucins, qui fut aussi perverti par cet impie.
Ferrante Paiaviciniétaitde la même congrégation el est recommaudaMe dans l'histoire par ses écrits et par sa fin tragique. Il publia diverses pièces contre le saint-siëge el la maison des Barberins, en faveur d'Odoart Farnèse, duc de Parme, son souverain, qui était en guerre avec le pape Urbain VIII: ce qui fit que ce pontife mil sa tète à trois mille ducats. Il fut trahi par le fils d'un libraire de Paris, qui se disait de ses amis, et qui, au liea de le conduire à Orange, où il voulait se retirer, le fit passer sur le Pont de Sorgues dans le Comté Venaissin, pour le faire tomber entre les mains des officiers de justice du pipe, qui le conduisirent à Avignon, où ou lui trancha la lélo après quatorze mois de prison, l'an 16^^, n'étant que dans la vingtneuvième année de sou âge. Celui qui Tavait trahi reçut quelque temps après la récompense de sa perfidie, ayant été tué par un des amis de Palavicini, lo squ'il se croyait en sûreté dans P«iri$«
Les Chanoines de cette congrégation de La- Iran je&nent pendant l'avcnl et tous les vendredis de Tannée, excepté dans le temps pascal. Ils font abstinence tous les mercredis ; et, depuis la fête de TExaltation de la s^nle croix jusqu'à PAques, ils jeûnent encore les luudis, les mercredis et les samedis ; mais il est permis au supérieur de donner quelque chose le soir avec le pain et le vin. Ils font un quatrième vœu de ne recevoir aucun bénéfice sans la permission du chapitre général. Voici
OICTlONNAiriE DES ORDRES REILICIFX'X.
la formule de leurs vonui : Ânno DominiN.^die N.ffnenshN.» EgodomnusN.. in sœculo vota* lui iV.» fiiiuB N^ voveo^ confiteor et promilio DeOf B. Mariœ Yirgini et B. AuguHino^ el tibi Pairi domno N.^ aobiJti ( feu priori ) ejus mo^ fiagterii Saneti N*f ordinis Canonicorum Rcgnlarium S, Auguiiini^ r.ofigrcgntionis Sal^ raiorii Lateranenris^ ren'pienti nomineet vice rertrepdisiimi Patrie iV. ejuedem eongrega" tionis abbaiie yeneralie^ ac succeesorum ejui canonice intrantium^ obedientiam^ caetitatem^ et vitere in communi sine proprio^ tuque ad tnortem^ seeutidum regulam saneti Augiistini^ et quod nunquam absque licentia cnpituli §e^ neralis dictœ congrega tionis ^ vel ejus aueto^ ritate fungtntis^ aliquod cum cwa vel sine cura beneficium acceptabo^intus vel extra or* dinem tiot/rum, renuntiando omnibus juribus^ pririiegiis et consuetudinibus^ vel quomodo^ libet competiiuris. Ego domnus AT. supradi» ctusmanu propria seripsi^ et ore proprto pronuntiavi. Leur habinemeDl consiste en une soutane de serge blamhc, avec an rochet
(lar-dessus fort plissa, et un bonnet carré orsqu*ils sont dans la maison ; ils ajoutent on surplis par^dessas le rochet sans aomosses lorsqu'ils rontau chœur tant ré(é que l'hiver; et quand ils sortent, ils portent un manteau noir à la manière des ecclésiastiques (1).
lis ont ponr a mes d*azur â Timage de la sainle Vierge tenant Tenfant Jésus entre ses btas, ayant à sa droite saint Jean l'évangé- Ijstei el à sn gauche saint Augustin, à ses pieds un aigle de sable, et au-dessus de sa tète la sainte face de Noire-Seigneur, Técu orné d*une mitre vi d'one crosse, dont se servent les abbés de Cette congrégation, qui dans les jours de cérémonie se révèlent dliabils poniificaux.
Quelques aoteors ont avancé que les Chinoines Réguliers de l'abbaye de Saint-Michel proche Pise, qui sont aussi de la congrégation de Latran, étaient déchaussés depuis l'an t590, qu'ils introduisirent une réforme particulière dans celte abbaye; mais ils ont été mal informés. 11 est vrai que dans une calamité publique ces Chanoines Grent nne procession où ils allèrent no-pieds, et que depuis ce temps^lè on les a appelés Sca/st, li*8 Déchaussés ; mais ils n*onl point pour cela Introduit d'autre réforme dans celle abbaye que ceîle des Chanoines de Lalran, auxquels ils furent unis l'an U6d, et ils ont les mêmes observances^que les autres de la congrégation de Latran.
Penot , Hist. Tripart. Canonic* BeguL Indulta tt privi'eg. pontif. Cnnonicor.
ejHsdem Congreg. Ordinationes et Constitua €jusd. Le Paige, Biblioth. Prœmonst. lib. i, sect. 15. Tambur., Dejur. atbtom. Il« disp. 24, quœsi. 4. Emmanuel Rodrig., quœst. 3, art. 13. Nicolao de S. Maria» Chronic. de Ord, dos Conegos Regrantes, Joann. Baptîst Sign. de Ord. ne statu canonieo. Morîgia, nist. de toutes les Relig, SvIvesL Marul., Jfnr. Océan, di tutt. gl. Relig. Pietro Cre-
scenxi, Presidio Romano ; et Philipp Bonaa* ni, Catalog. omnium Ordtatim, pari, i*
§ IH. Des congrégations de Sainte-Marit in Port Adriatique, de Celle^-Yolane» de M&r* tare, de Crescenzago et de Saint^Frigdim de LucqueSf unies à celle de Saint^Sanveur de Latran»
Nous avons dit dans le paragraphe I'' que les Chanoines de Satnte-Harie de Frisonaire ayant été réformés, s'acquirent une si grande estime, que non-seulement on les appela en plusieurs endroits pour y faire de nooveaai établissements, mais que plusieurs andeoi monastères voulurent embrasser leur réforme. Celui de Sainte-Marie au Port Adriatique fut de ce nombre ; il avait été ainsi appelé à cause qu'il avaitété bâti sur le bord de la mer Adriatique auprès de Ravenne, <c que l'église avait été consacrée en rhonoear de la sainte Vierge. Jérôme de Robeis* dans son Histoire de Ravenne (Lib. t, p.S63), dit que Pierre de Honestis surnommé de Ravenne, lieu de sa naissance, en fut le fondateur ; que , se trouvant dans un naufrage cl près de périr, il fit vœu de faire bAiir une église en l'honneur de la sainte Vierge, s*il échappait de ce péril; et que ce fut pour exécuter fon vœu qu'il Gt jeter les fonde* mentsde ce monastère, qui est devenu dans la suite chef d'une congrégation de Chanoines réguliers; car Pierre de H^meslis ayant assemblé plusieurs clercs, avec lesquels il vécut en commun dans ce monastère*, il leur prescrivii des règles ou conslitofionf qui furent approuvées par le pape Pascal II. Elles furent trouvées si bonnes, que plusieurs monastères qui s'établirent dans la suite les voulurent observer, et quelquesuns se soumirent A celui do Port Adrialîqoe, qu'ils reconnurent pour leur chef.
Quelques auteurs ont voulu attribuer ces constitutions au cardinal Pierre Damien; mais Penot et d'autres écrivains proorenl que cet abbé du Port élait différent de Pierre Damien cardinal, qui mourut en 1072 et s'app:'lait aussi de Honestis. Ain>i il ne faol pas ôier la gloire A Pierre de Honestis é'm avoir été l'auteur, ce qui lui a fait donner le titre de réformateur des Chanoines Régulier*. Ce saint homme, après avoir gouverné le monastère du Port pendant quelques années, y mourut le 29 juillet 1119. Ce monastère fut donné dans la suite en commende A Ange, c^'rdinal du litre de Sainte-Potenlienoe, que Grégoire XII priva de celle dignité ponr ses mauvaises mœurs, li fut presque uélruil et ruiné, et ses biens vendus el dissipés, ce qui Gl que lu congrégation de Sainte-llarîe do Port, qui consistait en huit couvents, se voyant sans chef, se désunit.
Cependant Obizon Foientani, seigneur de Ravenne, obligea ce cardinal de rtmetire ce monastère entre les mains du pape, qui ne peut pas avoir été lunoœnt VIJI , comme Penot a avancé, puisque ce pontife ne fat élu que Tan 1484 ; mais ce fut ou le inéme
(i) V09., à la fin du vol., n""' 174 et 175.
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Grtepirp Xll, oa Alexandre V, od Jcao XXlll, qohsar la démission de ce cardinal, donna le monastère da Port à Pierre Mini de Hagna-Cavallo, Chanoine Réj^ulii r, aGn qu'il j rétablit l'observance régulière* en conservit les droits et pût rentrer dans les biens qui afaif'nt été usurpés. Main il n*exécuta pas ce qu'il arait promis au pnpc, et le nombre des rcllgtcux de ce monastère ne consistait que dans le seul prieur et son compa- (;non, lorsque le même Opizon Polentani el es bourgeois de Havenne lui persuadèrent He faire venir les Chanoines do Sainie-Marie de Frisonaire , auiqucU il céda ce monastère l*an 1V20 ; ce qui fut confirmé la même année par le pape Martin Y, qui leur rendit Ifs monastères de Satnt-Barthélemy près de Hantoue « de SninteMarffuerile de Ferrare * de Sainte-Marie de la stradella proche de Faeota« et de Saint-Auguslin de Forijr, qui avaient appartenu à la congrégation du Port. Mais, Tan 1433, la guerre que le pipe Eugène IV eut a?cc les Vénitiens , uui assiégèrent Rarenne, ayant obligé les Chanoines Kè^uliers d'abandonner lo monastère de Sainte-Marie do Port, ce pontife le donna en commende à son neveu Lnurent, patriarche d*Antioche, et les Chanoines Réguliers n*y reiournèreiit qo*après la mort de ce prélat, qai ne le posséda que pendant deux ans. Comme ce monastère éiaU seul en pleine campagne, à trois milles deKaTenne,et qu*il avait été ruiné plusieurs fois par les guerres, tes Chanoines Réguliers le transférèrent dans h ville l'an 1103. Le P. Sylvain Moroceni» qni ro était pricnr, fit jeter cette année les fondements d'une magnifique église et d'un monastère, qui ont été beaucoup enrichis p<ir les libéralités et les aumônes des citoyens de Ravenne. Le P. Philippe Bonanni, dans son Catalogue des Ordres religieux, a donné riiabil ement d*un ancien cTiinoiuo de la congrégation du Port Adriatique, tel qu*il e^t représen'é dans quelques tableaux â Ravennp, et que nous avons fait graver aussi. Cet habilîemenl consistait en une robe Manche, un rtxhet, un manteau noir, et ils avaient pour couvrir la tête une aomusse de serge grise (1).
La secnnde congrégation qui fut unie A Celle de Sainte-Marie de Frisonaire était peu Considérable par rapport au petit nombre de« monasièns quelle a possédés, et on i;;nore même Tannée de sa fondation. Elle fut appelée de ^ainl-Jacques de Celle- Volanc, a cause de son premier monastère, qui fut bâti suus le titre de Suint Jacques dans nn lien appelé Celle-Volane, dont la situatii>n , se trouvant au milieu d'un bois et entouré d*un marais qui rendait Tair trop mauvais, causait des maladies fréquentes aux ri tigieux, qui les obligèrent à r<ibdndonncr. Un saint homme noiiuné Biaise de Novell! y était néanmoins resté en qualité de prieur ; et, désirani y établir les observances régulières, il ne trouva point d*autre moyen que de le céder aux Chanoines Réguliers ûa