LIT
Sainte-Marie do Frisonaire^ ce qui se fit Tan ik2h et fut confirmé par le cardinal Gabriel Gondelmaire, légat de Bologne.
Les Chanoines Frisonaires, ne pouvant pas non plus y demeurer à cause uu uiau« vais air, le transférèrent dans un des fau* bourgs de Ferrare, avec ses revenus, dans une maladrerie que Nicolas, duc de Ferrare^ leur donna, du consentement de Martin V. Il fut ruiné Tau 1505 lorsqu'on voulut agrandir lu ville et la fortifier, et on le transfera encore dans la vil!e, oui l'on bâtit une église en rhonneur de saint Jean-Baptiste, qui fut érigée en abbaye par Pie V Tan 156G.Eugèuo IV, Tan ikkk ou 1^47, leur accorda aussi lo monastère de Saint-Laurent i Ravenne, qui avaitéléatigsi membre de cette congrégation, et qui eut le même sort que son chef, ayant été aussi abattu lorsqu'on fortifia cette ville. Ces Chanoines de Celle-Volane avaient des habillements différents pour la forme et la couleur de ceux que portaient les Chanoines de Frisonaire, comme il parait par les lettres d union ; mais on ne trouve point quelle était la couleur de cet habillement. Il est sorti de cette congrégation quelques évéques, conime Biaise et Tite Norelli, qui Pont été d*Agrla, et Daniel d'Arnuli de Forli. Thomas et Bar* thélemy GarzunI, frères, qui ont donné des écrits au public, étaient de la même congrégation.
Les Chanoines de Sainte-Marie de Frisonaire, ayant pris en HV5 le titre de Cha« noines Uéguliers de Saint-Sauveur de Latran, comme nous avons dit ailleurs, leur congrégation se vit augm* ntée quelques nn« nées après de celle de Morlare, qui y fut unie. Elle avait pris te nom de son premier monastère situé à Morlare, qui est un bourg proche de Pavie. Ce lieu était autrefois très* agréable à cause des bois et des forêts qui rcovironnaicnt et qui lui avaient fait donucr le nom de Belle-Forêt; mais après que Tem* percur Charlcmagnc eut vaincu Didier, roi* des Lombards, qui perdit en ce lieu et son royaume et sa liberté, le nom de Mortare lui est resté.
Un saint homme natif de ce lieu, qui était fort rirhe, nommé Adam, à qui les historiens donnent le titre de clerc, fil bfl ir sur ses terres, I an 1180, une église magnifiquo sous le nom de Sainte-Croii, qu'il donna d'a^ bord à des moines qui ne la possédèrent quo trois ans ; après lesquels les Chanoines Uéeuliers roccupèrent. Ils furent gouvernés par D. Gaudulphede Garlasco, qui mourut quelque temps après et eut pour successeur dom Ayraldc, qui fut dans la suite archevêque do Gènes. Ce fut sous son gouvernement quo celte congrégation s'augmenta, et clic deviut même si considérable qu'elle a possédé quarante-deux monastères et plusieurs euros.
Les Bénédictins avaient possédé Téglise de Saint-Pierre au Ciel d'Or de Pavie depuis lo commencement du viii'' siècle, que Luil-
Erand, roi des Lombards, y avait fait mettra \ corps de sai»t Augustin, docteur de VH-^
0) Vcy, Skia fia du vol., 0* 17G.
DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGIEUX
gllse. Mail, ayant eo besoin de réforme aa commencement da xiir siècle , le pape Honorias III leor ôta cette é^li^e Tan 1222. Il la donna aux Chanoines Rei^uliers de la congrégation de Mortare; et, à cause que le corps de saint Augustin y reposait, il voulut i|u'a TaTenir ce monastère fût chef de leur congrégation et qu'on y liot les chapitres
Jénéraux. Les Chanoines Réguliers qui talent restés à Mortaro eurent de la peine à consentir que le chef de leur congréffation fût transféré au mona t^re de Saint-Pierre au Ciel d*Or; i!8 prétendirent retenir ce droit de supériorité après la mort du pape Honorius. Mais Grégoire IX, Tan 1228, leur ordonna d*obéir a Tabbé de Saint-Pierre au Ciel d'Or comme à leor chof; et, sur lf*s plaintes que formaient toujours ceux do Mortare, il ordonna, Tan 1238, que les chapitres généraux se tiendraient à rallernatîTe à Mortare et à Parie. Il y a cependant de l'apparence que ceux de Mortare no furent pas encore satisfaits, el que dnns la suite les couvents qui dépendaient de la congrégation de Mortare ne furent plus soumis a la juridiction de Tabbé de Saint-Pierre au Ciel d'Or de Pavie, et reconnurent le monnstère de Mortare pour leur chef; car, quand les Chanoines oe Latran en prirent possession et qo*on leor eut accordé en Itôl tous les monastères qui en dépendaient , celui de Saint-Pierre au Ciel d'Or n'y fut point com-
fris, et ils n'en furent les maîtres que l'an 588, y ayant été appelés pour le réformer par le cardinal Raphaël Riaire.
Le monastère de Mortare avait en le même sort que plusieurs aolre9 qui étaient tombés dans le relâchement^ et Us guerres qui troublèrent le Milanais pendant plusieurs nnrées lui causèrent beaucoup de dommage, tant dans le spirituel que dans le temporel. Vers Tan WiS, le P. Uaphaël Salviati de Calabre, de l'ordre de Saint-Dominique, par le moyen de son frère, qui était secrétaire de Louis de Sainl-Séverin, seigneur de Mortare , obtint du pape, à la recommandation de ce seigneur, la prévôté de Mortare ; il prit Thabilde Chanoine Régulier, et, proOtânl du crédit de son tère, il rentra dans la jouissance de plusieurs biens qui avaient appartenu à ce mrnnstère et qui avaient été usurpés par des séculieis. Il fit ensuite assembler le chapitre général à Tortone le 10 avril de la même année, pour introduire quelque réforme dans les monastères qui en dépendaient. Mais Louis de Saint-Séverin étant mort sur ces entrefaites, el François Sforzc s'étant emparé do Mortare par la force des armes, le P. Salviati appréhenda pour sa propre personne ; voyant que les habitants avaient chassé son frère de Jour ville, il se relira à Gènes . dans le monastère de Saint-Théodore, qui dépendait ds cette congrégation. Le désir qu'il avait de relournrr dans son pavs et dans son premier ordre, joint à l'ap-
Ïrébension qu'il vivait que la prévôté de [ortare ne tombât en commende, comme c'élail la coutume de ce temps-là, fil qu'il transigea avec les Chanoines Réguliers de
Latran, pour l'union do monastère de Hor* tare à leur congrégation , moyenaanl uiit pension annuelle de cent ducats, ce qui fat approuvé par le pape Nicolaa V, par ses Ici* très du 13 février 1449. Ce pontife en doesa d'aulres le 26 juillet 1451, par lesquelles il leur accordait tous les monastères qui dépeadaient de cette congrégation, ce qui n'a pas empêché qu'il n'y en ait eu quelques-uns qui aient passé à quelques autres ordres.
Cette congrégation a fourni plusieurs personnes illustres par leur sainlilé, leur oaii* sauce et les dignités qu'elles ont occupées, comme Guarin, évéque de Paleslrine et cardinal ; Ayratd et Jacques, archevéones de Gènes ; Bernard, évéque de Pavie; Obcrtde Tortone, Radole de Plaisance, un aotrs Oberl de Bobio, el Albert, patriarche de Jérusalem , législateur des Carme<. Peaot met encore un autre Albert, évéque de Vrrceîl; mais il peut s'é Ire trompé : cet Albert est sans doute le même que le patriarche de Jérusalem, qui a été aussi évéque de Vercoil après avoir été nommé i l'évéché de Bobio, dont il ne prit pas possession, n'ajaot pas encore été sacré lorsqu'il fui élu poor celui de Vercetl.
La congrégation de Crescenzago, ainsi appelée â cause de son premier monastère, sitaé dans le bourg de ce nom, à trois milles de Milan, a été autrefois considérable. Ce mosa* stère fut bâti l'an 1140, et l'église fut dédiés sous le nom de la sainte Vierge. Le prenicr prieur fut un noble Milanais nommé Ottos deMorbi, sous le gouvernement duquel et de ses succf'Sseurs la discipline régulière lîil ti bien observée, que ce monaUère devint cbe( de plusieurs autres, qui se joignirent i Isi et formèrent une congrégation qui avait dft statuts qui lui étaient particuliers : les sopé* rieurs s'assemblaient tous lt*s ans dans os chapitre général qui se tenait au monastère de Crescenzago, dont les revenus se mos* taienl à plus de quinze mille écus. Ce mus»* stère n'avait que le titre de prévAté, el Is cardinal de Siu Séverine le possédait eo commande , lorsque Tan 1502 il transiffâ avec les Chanoines de La ran pour y inlri»duire leur réforme, n'y ayant pour lors qu'us seul chanoine dans ce monastère. Mais il <"* leur «nbandonna pas les revenus, qu'il retint pour lui cl pour les prieurs commendalares qui lui succéderaient, ce qu'avait f<ii' so«<t trois ans auparavant Antoine de Slanfi, protonotaire apostolique , en leur céijDt aussi lu monastère do Saiut-Georges de Bn* mate, qui avait été membre de cette contre galion, dont il est sori d«*iix carliaaux. q»| sont Thomas el Albin de Milan, comme aiusi plu«irurs évoques.
EnGn la congrégation de Saint-Frigdies « Lucqnes, qui avait autrefois servi, soum< pontiflcat d'Alexandre 11, à réformer TKg ;♦• de Saint-Sauveur de Latran, eut b'^soio tl^ même do réforme dans le xvi* siècle, ei »• soumit i celle de Latran. Elle avaitpruit nom de saint Frigdicn, évéque de Locqii'^ qui fit bAtiren cette ville, l'an SG6.oneffuM en l'honneur des saiats diacres Etieaoe« us
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nn\ et Vioeent. Il y mit des clercs arec lesquels on prétend qu'il fécal en commao jusqu'à sa mort : et ayant été enlerré dans celt<* église, Ici miracles continuels qui se firent à son loinbeau furent cause qu'un donna à cette ^{lise le nom de son fondalenr, qu'elle a re« ^ tenu jasqu'A présent. Mais la congrégation dont elle a aussi porté le nom n'a commencé ^ne sous le pontificat d'Aleiandre 11 ; car ce pape, qui avait aussi éié é? éque de Lucque^, et qui connaissait la piété des Chanoines de ceUe Eglise* en fit venir à Rome pour réformer TEglise de Lalran et celle de Sainte- Croix de Jérusalem. Gt'Uo de Lntran ne fui pas un des mi»mbres de cette congrégation ; ce pontife voulut qu'elli^ fôl îmmédiafcmeni louniise au saint-siége. Bile devint chef d'une autre congrégation, qui fut éteinte lorsqu'on les obligea A abandonner cette église, comme 0009 avons dit dans le paragraphe l*r. Ainsi l'église de Sainte-Croix de Jérusalem à Rome fut la première qui fut unie à la congrégation de Saint*Frigdien do Lucques, avec le monastère de Sainte-MariiMa-Neuve , situé aassi dans Tenceinte de Rome, et douze autres monastères conventuels, sans compter on très-grand nombre de prieurés et de cures. liais, l'an 1507, le prieur de Saint*Frigdien de Lacques el ses religieux, voyant que leur congrégatiofi diminuait tous les jours cl que la plupart de leurs monastères avaient été donnés en commcnde, ils firent union avec ceox de Suint-Sauveur de Latran, et cédèrent i cette congrégation le monastère de Sain*- Frigdiea de Lucques avec les prieurés qui en dépoiidaienl, qui étaient au nombre de dit , a condition que ceux de Latran qui tienilraienl demeurer dans le monastère de turques so conformeraient è eux pour t'habîllcmeiit, qui consistait en une chape noire Sfcc le capuce uar-dessus le surplis; que l'ancien prieur de Saint-Frigdicn conserverail cette dignité pendant sa vie, et que celui qui Uii siaccéderait jouirait de ses mêmes privilège* y qui consistaient entre autres choses A se servir d*ornements pontificaux les fêtes aolennelles et à quelques autres conditions exprimées dans la bulle du pape Léon X, qui confirma celte union.
Le pape Lucius H avait été de celte congrégation. Ce fut lui qui ordonna qu'aucun rardieal ne pourrait prétendre au t.tre de Téglisc de Sa ntc- Croix de Jérusalem, s'il n'était du corps des Chanoines Réguliers de la congrégation de Saint-Frîgdicn. Le pape Innocent 11 avait aussi ordonné la mémo rhuse à regard du titre de Sainte-Marie-la- Neuve, ce qui fut confirmé par les papes Celestin II, Bugène III, Adrien IV el Alexandre 111 ; et ces! pcut«étre ce qui a obligé les papes qui leur ont succédé dans la suite d'èlrr ces deux églises aux Chanoines iléguiiers. Elles sont présentement possédées put les moines de Cltoaux et du Mont-Olivet.
Penot , liiêt. Tripnr(, Canonicor. ReguL; Sitvestr. Maurul. , Mar. Océan, di (uU. gl. Htlig.i le Paige, BMioih. Prœnontt. iib.
I, «ce/, 15; Tambur. , Z/e/ur. .4660/., ((fin.
II, (tisput. 4.
Nota. ït\ nous voyons les Chanoines de Latran appelés par le P. Hélyot Chanoines de Saint-Sauveur de Latran. Néanmoins, dans le Craca» (almanach officie! de Ronicj du dernier siècle, on trouve désignés d'abord : les Chanoines Réguliers de Lalran^ à Sainte- Marie de la Paix ; pois les Chanoines Régu^ tiers de Saint-Sauveur, aux trois établissements suivants : Saint-Pierrc-ès -Liens ; Sainte-Agnès-hors-dcs-Murs ; Saint-Laurent* bors-des-Murs. Dans le Cracas actuel, on ne trouve point cotte distinction, m«iis sculcroeni l'indication des Chanoines Réguliers de^atnl- Sauveur de Latran^ ayant pour abbé général le R. P. Alexandre Goxxi, et pour viceprocureur général le P. Vinceut Tizzani«
LATllAN (CHA?toi!iBs RiaoLiKiis de} en Po^ logne et en Moravie.
Penot, pari int des Chanoines Réguliers de Pologne , dit qu'il semble que du temps de Benoit XII cet ordre était peu considérable en ce royaume , puisaue par la bulle de ce pape de Tan 1339 pour la réformation générale des Chanoines Réguliers, il y est parlé de toutes les provinces où il y avait des Chanoines Réguliers, et qu'il n*y est fait mention d'aucune province en Pologne. Le P. du Moulinet dit au contraire , sur la relation du P. Hyacinthe Libéri, prévôt du monastère du Saint-Sacrement de Cracovie , que la prc«mière abbaye fut fondée Tan 970 au bourg deTremesse, au diocèse de Gnesne, par Miccislas , roi de Pologne. Ainsi cet ordre y serait aussi ancien que la religion chrétienne, puisque Miecislas fut le premier prince polonais qui tut éclairé des lumières de la foi. Lo P. du Moulinet dit encore qu'il fil venir des Chanoines Réguliers de Vérone en Italie; mais il devait retrancher le mot de régulier et ajouter seulement que ces chanoines vivaient en commun , puisque l'on ne commença A parler des Chanoines Réguliers que dans le xi* siècle, et les Chanoines que le roi Miecislas fit venir de Vérone vivaient apparemment scion les régies qui avaient été prescrites au concile d'Aix-la-Chapelle.
Ce qui est vrai, c'est qu'on ne sait pas le temps que Tordre canonii|ue fut introduit en Pologne ; mais il y est présentement Horis^ sant. 11 y a cinq sortes do Chanaines Hégu-» licrs savoir : de Latrm, du Saint-Sépulcre» des Prémontrés, du Saint-Esprit in Saxia et de ta Pénitence des Martyrs. Nous parlerons des quatre derniers selon leur ordre alph ibéiique, et nous traiterons dans cet aride des Chanoines de Latran api es avoir pjrlê do ceux d^ltalie , suivant ce que nous nous sommes proposé, de meitre de suite toutes les congrégations qui portent le môme nom et qui suivent la même règle , ou qui ont rapport les unes avec les autres.
Les Chanoines de Latran en Pologne sont divisés en trois congrégations ou provinces. La première et la plus ancienne est celle do Trzemeszno ou Tremesso au diocèse de (incsne. L'abbaye dont nous avons parlé cidessus , et qui lui a donné son nom, en est
DICTIONN.MRE DES ORDRES HELIGIEUX
chef. Elle csl très -noble el très-riehet mais HIe est en commenilG et a quelques monas* tères qoi en d^pendool « i\u%»i bien que quelques cores. C*est dans ct^te abbaye que re* |iose le corps de saint Adalbert martyr» archevêque de Gncsne.
La seeondc congrégation se nomme Gzerkénène, au diocèse de Posnan , et non pas IMosko, comme dit le P. du Moulinet ; l'abbaye qui lui donne aussi son nom est pareilli*ment en commendc, et éiait possédée Tan noik par D. Nicitlas Nyzyki , évéqne de t!hclm, Chanoine Kégu'îerde la congrégalion dcCracovie dont nous allons parler. Ce
firélat fut nommé à cet évéché el à cette at>- )aye par te roi de Pologne Jean Sobieski , et retie abbaye a aussi quelques monastères qtii en dépendent.
La troisième conerégation e&t celle de Cra* rofie , qui reconnaît pour fondateur D. Martin Kloezynski, docteur en l'un et l'autre itrolt , mil a été pré? ôt do Cracovie et qui a donné ue gros biens à cette congrégation. Kilo est gouvernée par un prévôt claustral qui prend la qoalilé de général des Chanoines Kégnlicrs dans le royaume de Pologne el dans le grand duché de Lithuanie. Cette prévôté ne cède point en dignité aux deux abbayes dont nous avons parlé , elle a méHie |>lus de prérogatives » pnisquVIle conserve le droit d'élection que les autres ont perdu. Cette congrrgation devrait plutôt s'appeler de Cazimir « puisque son principal monastère tst situé à Cazimir, qui est une dos quatre villes qoi divisent Cracovie» dont Caziiiiir n'est séparée que par la Vistule. Ce monas* tère fut fondé parle roi Ladialas 1! l'an ib02^ sous le titre du Saint-Sacrement. C'est pour* quoi ces Chanoines ont pour armes un cadioe surmonté d'une hostie. Il y a cinq autres monastères en Pologne qui en dépendent , el plusieurs dans la Lithuanie« doni les priuci* p;iu\ sont celui de Vilna, qui est très magni« fique , et fut bâti par le grand général de Lithuanie Michel Patz« et celui de Bichon par Charles Kotievicz , qui était aussi grand gé« néi al du même duché.
Cette congrégation a produit beaucoup de s'iints personnages. Celui qui tient le premier rang est le B. Stanislas surnoouné de Caaitnir, à cause du lien de sa naissance. Il avait été religieux du mona^tère du Saint-Sacre* ment de cette ville , où il mourut l'an ikS9 , le 3 mai ; et depuis cetemps-li i il y a tou* jours eu une grande affluence de peuple à son tombeau , où il se fa t encore tous les jours
glosieurs miracles. Le corps du B. Adam iboniôs, qui a été autrefois prieur do même monastère , repose aussi dans cette église , où Dieu a fait connaître sa &aiutelé par la vertu qu'il a accordée à ses saintes reliques de chasser les démons des corps des possédés. Les corps des BB. Nicolas Siekierki et Gclase Zorauski se sont conservés jusqu'à
Iirésent sans corruption. Le bienhenreux liicolas de Radomsco délivra sa patrie d'un tiiceudie qui la menaçait de ruine , et appa-
rut pendant ce temps à ses eondtoyeas et milieu des nues. Les B8. Nicolas de Bîccz, Jean de Lesblki, Jean de Nissa, Etienne àmoienski et plusieurs autres « se sont anssi rea* dos célèbres par leur sainteté. Enfin D. Jbc> ques Mrovinski , sous-diacre, et Jeaa-B.pliste Malonooski , prévôt de Kr&nislaw , ont répandu leor sang pour la défende des biem de ce monastère « le premier ayant été tué psr les Suédois , et l'autre par les'Cosaqoes.
Il y a aussi eu dans cette congrég^ltos plusieurs personnes qui se sont rendues recommandables par leur science « et qoe leor mérite a fait choisir par d'autres monastères qui n'étaient pas de la même congrégation , poor les gouverner , comme D* Nicolas Nylyki , dont nous avons parlé d-desaof , qui. avant qoe d'avoir été nommé i révécbé 4e Cbelmno^ fut demandépour prévôt par les Cha* noines Réguliers de llstlono, aussi bien qoe D. André Strembosk. CeuK de la prévôté de S:emberf en Moravie , dont le prévôt a droit de se servir d'ornements pontifieaai , appe> ièrent D. Ifathias Gassynski poor remplir cette dignité; les Chanoines Régoliers de Clodaviensko choisirent D. Martin Qeclerski pour leur prévAl» et cent de LooxlN^oic, D. Paul Nolenski. Enfin il y en a plosienrs autres <(ni ont été considérés par leor insie ne piété jointe à leur nOblesseï comme D. iac» qu^'S Bleniski, D. Jean Chrysostome Korsalr, u. Deislas de Borznisko » chanoine et archidiacre de l'église cathédrale de Cracovie; Martin Kloeivnski, fondateur de relie cod* grégationt et D. Hyacinthe Librorios» docteor en rua et l'aoire droit , censeur des livres da diocèse de Cracovie et prévôt du monastèro de la même Tille.
L'habit de ces dhanoines couMS'e en ose soutane blanche avec une espèce de rocbH sans manches « en forme de sca polaire descendant jusque sur les reins , ou il s'élargit et enioore le corps. Par-dessus ce rochei, qo^on nomme tarraeium^ ils mettent na mantelet noir descendant josqo'aos genooi, à la manière des prélats de Rome ; et dass les f<>nctions publîqaes , i Cracovie , ils se servent do sorplis, qu'ils mettent par-des<BS le sarracium , avec nne moselte ou cam^il noir : en d^aotres lieux, au lieu du surplii ils mettent un rochet (1). Il se peut (aire ^u ils
toriaient autrefois une aumussesor les epso- » , comme il parait par la figore de l'h bit* lementd'un de ces Chanoines qo'a donnée le P. du Moulinet sur la relation , i ce qu'il dit» des personnes qoi ont voyagé en ce pays, d'autant plos qoe Penot dit nue ceo& dn wouastère du Saint-Sacrement a Cracorir portaient des surplis et des aumusses violetti-s; mais ils ont sans doute quitté cethabiltemeiit puor prendre celoi dont nous avons donné la description , conformément aus oiémoiref qui nous ont été envoyés de Pologne datés da 17 août 170V et attestés par le R. P. D. Agui* lin Michel Gorezynski , docteur en théolosie et en droit canon , commi»saire général des Chanoines Réguliers dans la petite Polo(Qe
(1) Vojf.i â la Qii (lj vol., n« 177.
Lxr
ei ief rinddaché de Lilhùanie. On pe«4 consuiter Peool t H'êt» Tripûrt. Canonieor. JReçh'.^ tib. II • et do Mouliuel, HabWemenl des Cluinêinei RégulUn.
U coDgrégalioffi de Tous les Sûiots d*Oimoif eo Muravie fut fondée au commencenicDldaxvi* siède, et le monastère d*01ii.iriz sous le litre de Tons les Saints, qui en rsi le chef, fut fondé p.Yr les Clianoines Régaliers sur les raines de celni de Langstron* qBiaraitété ravagé par les béréliqnes peu delpoips avant que le pape Aleiandre VI parrltit an souverain pontificat. Tan 1%92. )psa Sliakoka, «iiiîen fut le premier prévôt, el les autres Chanoines, le firent bâtir à leurs propres frais. Ce monastère étant bâti, la préi6lé de Stemberg et quelques autres monas* lères firent union ensemble et reconnurent celai d'Olmotz pour leur cbef, ce qui fut approoté par le pape, qui accorda à ces Chapoioes le titre de Chanoines Réguliers de La- Irsaet l*s privilèges dont jouissaient ceux d'ilalie. Il les exempta de la juridiction des ordioaircs et les reçut sous la protection im«médiate du saint-siége. Le roi Uitdislas leur accorda beaucoup de privilèges , et les mit aussi sous sa protection Tan IKIO. Le pré- ^^i d'Olmotz s« •' rt dliabtts pontificaux et a voii et séance dans les Etats de Moravie. Le prévôt de Stemberg a aussi Tusage de la mitre el de la crosse. Mais il y a apparence qtie cette congrégation ne subsiste plus* puisque lesCh^inoincs Réguliers de Stemberg cl de quelques autres monastères de la coucrégation d'Olmutz ont eu recours plusieurs (ois ani Chanoines Réguliers de Pologne poar les gouverner, et que Tèvéque do Cbeizu, qui vivait encore Tan 1704, a été prèTôi de Stemberg , quoiqu'il fût Chanoine Bégulier de la congrégation deCracovic : le prévôt du monastère d'Ohnuta était autre* fois général de la congiégation de ce nom iursquelle subsis ail.
l*eool « lliêt. TriparL Canonie» Regul. lib. u, top. ko si 66.
LATB<kN (CflAffoiNBSSBs RÉGULiiass, et en
PàATICULIER CELLES DE).
Avant qoe de parler dos Chano'nesses Réirolières de Latran, il e^t à propos de rappor* Utr rorigine de toutes les Chanuinesscs Hé* gol.ères en général. Nou^ reconnaissons bien sue saint Augustin a élé rin<(tiluleur des Chaooines Réguliers , puisqu'il est le pre- Btier qui ait fait vivre les clercs en commun selon la règle des canons et Texcrople des spAlres; mais nous ne pourons pan dire Su'il ait établi des Chauoinesses telles que Doas en voyons à présent. Il est vrai que les religieuses qu*il établit à Hippone peuvent avoir élé appelées Chanoinesses aussi bien sue cel es qui étaient avant lui répandues dans plusieurs provinces, tant chez les Grecs que chez les Latins ; mais les noms de Cba* uoines et de Clianoinesses , comme nous avons dit en parlant de l'origine des Chnnoi-> Des, étaient donnés indifTércmmeut autrefois aux ecclésiastiques « aux moines , aux reli-> g cuscs et aux vicrgt's , aux plus bas olOciors
de l'Eglise, aux domestiques des monastères, et gémralement à tous ceui qui é ai#nl employés dans In malriculi* ou caialo4Stt<s tu eo* none. Le P. le Large , Chanoine Uégulier de Ici congrégatio*! de France, avoue que c'était Tusage parmi les Grocs ; mais il soutient que d(»puîs le VI* s ècle il y a eu eo Occident des Clianoinesses qui ont été difrérontcs des moincsscs, et il apporte pour preurc la ftmda* tion d'un monastère laite par saint Frido'in d ins MtedcSckiDgeosurlelii)in,près de Bâlc, où il mit des Chanoinesses. Comme il ne parle que surlelénioignase de Ba!tcr, moine deSekiDgen,quin'aé(;rilque dansie x' siècle, en partie sur ce qu'il se souvenait d'avoir lu dans une Vie do ce saint, cl en p.irlie sur ce que Ton oiisavailùSeliingeQ par tradtion, cette preuve n'est pas suflisante.
Les Chanoinesses n'étaient point connues au commencement du mw siècle, puisque lo concile assemblé en Allemagne l'an 742 or* donna que les religieux et les religieuses so conformeraient à la règle de saint Benoit pour la conduite de leurs mœurs et le gouvernement des monastères et des hôpitaux : car dans ce temps-là il n*y arait aucun mo» nastère, soit d'hommes, soit do Glles, qui n'eut un hôpital, ou pour y receToir les pè<lerins, ou pour y avoir soin des pauvres ma* lades. Les Jécrets de ce concile furent conGr« mes dans celui qui Si tint à Lestine l'année suivante 740. Le cinquième canon de celui de Verneuil , selon le P. Mabilion (Tom* 111 Annal. Bened., p. 111), et que d'autres nom-* ment de Vcrnon, t<nu sous le roi Pépin Tan 755,ordunne que dans les monastères de l'on et de l'autre sexe on vivra.régulièrcmcnt se* Ion Tordre, c'est-â-dire selon la règle de saint Benoit, et je ne rroispas que les Chanoines* ses voulu>sent appliquer pour elles ce que dit le sixième canon du même concile, lors* qu'il défend à une abbesse d'avoir deux monastères, el de sortir du sien à moins que ce ne soit pour cause d'Iiostiiilé ou étant man* déc par le roi , et que la même défense de sortir est pour les antres religieuses qu'il appelle moincsses : Monaehm vero extra mo« nasiertum non exeant^ puisque ce serait faire une grosse injure aux Chanoinesses Kèguliè* rcs de les appeler molncsses.
Elles ne trouveront pas qu'il soit parlé d'elles dans le capitulairc que lit l'empereur Charlemaçne à Hérislal l'an 779. Il yestseu* lement ordonné (Cu/iilu/., iotn. 1, p* 19o) que les moines y vivront selon la rèffle, et les. religieuses selon le saint ordre , c est-à-dire la règle et l'ordre de Saint-Benoit ; que cba« que abbesse demeurera dans son monastère, et qu'elle n'en pourra avoir deux. A la fin du capitniaire il y a une ordonnance pour des prières publiques el des aumônes à cause de la sédieresse et de la famine de cette année 779. Chaque évèque devait chanter trois messes et trois psautiers , pouc le roi , pour l'armée de France et pour la calamité publi-* qoe; les prêtres, trois messes; les moines ^^ Les moinesses et les Chanoines, trois psautiers ; et tous devaient jeûner trois jours d^ suite» Choque évét[uci abbé ou abbesse, de*
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
Vait aussi nourrir jusqu'au temps de la mois- 5(111 quatre pauvres , ou au moins trois , deux ou un, selon ses facultés ; et dans ce capltul.'iire il n*est fait aucune mention des Chanoinesses , parce qu*il n*y en avait point dans ce ti*mps-lii«
Ce n*est qu'à la Rn du mémo siècle que Ton commence à découvrir quelques ve?»tigos de Chanoinesses ; car dans le Ci'inon kl du concile de Francfort, tenu sous le rèf(ne de Charlemagno, Tan 79^, il est porté qu'à regard des abbcsse;* qui ne vivraient pas canoniquement ou régulièrement , on en donnerait avis au roi, afin qu'elles fussent déposées. On trouve encore quelque trice de Chanoineses au commencement du w siècle. Le mémo empereur ayant convo.|ué une assemblée di* tous les ordres à Aix-la- Chapelle 1*11 n 802, les évéques et les abbés s'y trouvèrent, et un los sépara en deux bandes, ch icune dans un lieu diiïérent. Les évéques examinèrent en particulier si les clercs vivaient selon les canons, et, afin de les ramener à leur devoir, ils firent lire les décrets des souverains pontifes. Les abbés de leur rôle se propos<Venl la règle de saint Benoit pour modèle, et exrminèrrnt s'il j a>ait des abbés, qui s'en éloignassent et vé« russent en Chanoines, et si dans les monasièrrs où on avait promis de la garder, elle était obscr\ée; car il y avait déjA des monastères qui avaient secoué le |oug de ceUe sainte règle, et où Ton ne connaissait plus ni cette règle, ni même les canons. Enfin on examina aussi si dans les monastères de filles on y observait la règle de saint Benoit, ou si on y viiait canoniquement, c est-à-dire à la manière desChanoin;'s, dont la plupart, comme nous venons de dire, avait*nt quitté la règle de saint Benoit, qui n'avaient que le nom do Chanoines, et qui apparemment avaient été imités par dfs religieuses, qui de Bénédictines étaient devenues tout d'un coup Chanoinesses I sans savoir à quoi elles étaient engagées ni quelles étaient leurs observances. C'est pourquoi le concile de Châ* lons-sur-Saône, l'an 813, se crut obligé de prescrire des règlements à ces filles qui se disaient Chanoinesses : tïs sanctimoniaiiOtis
Îjuœ ie Canonieai vacant^ ce qui fa.t voir que e concile, en se servant de ces termes, regardait cet institut comme une nouieaiJé, qui ne s'était pas introduit dans les formes, et que ces filles prenaient le nom de Chantiiiies>es sans un pouvoir légitime. Ces règlements regardent princ ipalement la clôture, le silence, la récitation de l'office divin, el la régularitédesabbesses, mais il n'ordonna rien pour les autres religieuses, parce qu'elles trouvaient dans la règle de saint Binolt toutes les pratiques saintes de la vie monastique. Ce concile avait été encore assem* blé par les ordres de Charlemagne, qui dans le même temps en fit tenir quatre autres, à lla^ence, à lieims, à Tours et à Arles, mais il n y a que celui de Mayence où il sojt aussi (larlé de Chanoinesses ; car daus le canon
(t) UabilK, AmuU. Dctud., lom. II, pag.430.
13* il ordonne que les religieuses i|«i ta* saient profession de la règle de saiol BcaetI vivraient régulièrement, elqnecelles qui n'en faisaient pas profession vivraient eanoniquement : Quœ vero professionem ioneim rtgnîe Benedicti feeeruni^ regutwriier rtsaul; m autem, canonice vivant pUniter.
Ce n'étaient pas les Chanoines qui poa* valent les instruire de leurs obligatloai, eux qui n'avaient que le nom de Cbanoiees et ne connaissaient nullement lescauoas;c'esl pourquoi l'empereur Louis le Débonnsirs ayant fait assembler le conrile d*Aix-la-Clia« pelle Tan 816, il y fil dresser par le diacrs Amalarios des règles pour ces Chanoines et Chanoinesses, afin de les ramener à une vie réglée. On ne les connaissait point poar enfants de saint Augustin ; car dans l'use et l'autre de ces règles on ne fait poiul meation de ce saint docteur, an contraire relk des Chanoinesses ejl tirée des écrits de saiot Jéréme, de saint Cyprien, de saint Atbans«e et de saint Césaire, et il n'y est point parle de la règle que saint Augustin avait donoce aux religieuses d*Hippone, et qu'on ne proposa point anx Chanoinesses. Comme psr celle que leur prescrivit ce concile d'Aix-la- Chapelle on leur permettait de garder leor bien, à la charge de passer procoration par acte public à un parent ou à on ami poar l'administrer et défendre leurs droits en jeslice, et qu'on leur permettait aussi d'atoir des servantes, cet abus fut condamné éam k concile de Rome où présidait le pape Nicolas II, l'an lOGO, ce qui n'avait jamais é:ê permis à aucune religieuse depuis le temrs de^ apôtres jusqu'à L<»ois leDebonnalre, q<i avait fait assembler ce concile d'Aix-lj-Cha* pelle.
Le concile de Rome (1) reconnaît qoejasqu'à cette année 1080 l'institut de ces s>ortes de Chanoinesses n'avait été reçu dans aucun endroit de l'Asie, de l'Afrique et de l'Kurope, sinon dans on petit coin de l'Allemagne, et dit qu'il était certain qu'avant cet empereur toutes les religieuses, en queSqjs endroit qu'elles fussent, n*avaient poial «a d'autre règle que celle de saint Benoit. Il f a eu toujours cependant des religieuses es Asie qui ont suivi la règle de saiot B.tsitc.lij en avait mémeenOocident du teinpsdececue^ cile, il y en a eu aussi qui ont suivi daattes règles; mais il est vrai que les monJitèrc« qui faisaient profession de la lègle de saiat Benoit étaient en plus ^raud nombri^eta^** parrmnieut que le concile prit la pins ^rj»de partie dos monastères pour le tuul, H*^^ qu'en effet dans quelques proiinc4*s J':l.l*« il n'y avait que des rrligeuscs béuedictii'e*. et le concie qui s'était tcuu à l'a%ie ^.lB^^ sous l'empereur Louis, fils deLothaire, s^^ mit que deux règles. Tune de saint Bfo^*t pour les moines et moine«scs, et l'autre <i'S canons pour les Clianoines , et ne pd< point des Chanoinesses, quoqu'djeae^ pour lors.
Pinot prétend faire remonter risiifa'tt
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) ces ChAooiaetscs Jasqu*ao temps de la rimtlîTe Bf(liso aussi bien qne celle des baooines Régaliers, el dit qaedès re lemps* , ou au moins du temps de saint Augustin, s uns el les autres étaient distingués des oioes par leurs habits blancs, et apporte [>or garant de ce qu'il arance la règle de ce tint, qui ordonne à ses religieuses de faire iTcr leurs habits pnr des foulons, ou de les Ter elles-mêmes. Mais cette preuve n'est pas )nTaiocante; car, outre que Ton porte aux colons toutes 8orte.*idedraps,de quelquecou* urqu^ils soieni, pour les laver et les rendre lus fermes et plus unis, et que nous voyons ncore aujourd'hui des Chanoines Rcîiuliers l des Chanuinesses Kégull6res habités de iiïérentes contours; c*est que les actes du létne concile d'Aix-la-Chapelle de l'an 816 larquenl précisément (Can. 10) que les bats des Chanuinesses étaient n >irs. Les Bcedictines des abbnycs de Saint- Pic: rc do Iciois, de Montmartre près de Paris, de Laintcs, de la Trinité de Caen et quelques ulres, auraient pu à plus juste tiire se quaifier Chanoinesse^» si on avait égard à la uuletir et à la forme des habits, car elles ml porté des habits blincs afec des surplis usqa*à ce qu'elles aient été rcforniées vers e commencement du dernier siècle. Celles le Keims assistaient même aux processions ivecles Chanoines de la cathédrale, les Cha- Doiaes formant un rang el les religieuses mi lutre; et sans rapporter un grand nombre de religieuses bénédictines qui ont porté des babils Dlancs, et mén e des habits noirs avec des surplis, il y a encore Tordre de Fontevraolt, où les religieuses sont habillées de klaoc avec des surplis ou des rochets, el dans les congrésaSions du Mont-Olivet, du Uonl-Vierge et otsCamaldulcSyquoiqu*aus&i loQs la règle de saint Benoit les religieux »onl néanmoins habillés de bl.inc.
Il parait donc par ce que nous avons dit
qu ou ne doit mettre rélablisseuienl des Cha-
nwJDcsscs qn*à la Gn du vin* siècle ou au
coinmencenie.it du i\', el quoique les Cha-
nuines aient pris le nom de Kéguliers et la
qualité d'eofanls de saint Augustin vers la
fin du ir siècle, lorsqu*on les eut obligés à
il (^ésapi roprialioui il parait néanmoins que
cen'e:»! que vers le milieu du xii* siècle que
les Cbatioinesses furent soumises à la règle
de ce saint docteur de l'Eglise, puisque le
d utième concile de Latrao tenu sous le
pape Innccenl 11, l'an 1139, défend {Can.X^ }
àu\ leligieuses de demi'orer dans des uiai-
>>os séparées, sous prétexte d'hospitalité,
cuipne étan. contraire aux régit sue saint
Ba>ile, de saint Benult et de sasnt Augustin ;
<*! le concile de Beims sous le pape Eu-
einein, Tau UhS, oblige les Chanuinesses
J|ui vivcnl sous la règle de saint Augu.siin
de renoncer à toute propriété. C'est à l'occa-
iiuQ de ces deux cnucilos que le P.TIiomas-
^1" dit qu*|| so peut faire que c'étaicnl les
J^'^mç» Chaioincsses du concile d'Ait*!a-
^uipellc, duol les dérèglements scandaleux
(IJ Vpg., à Ja au du vol., n*' 178 el 1T9.
LAT
obligèrent enhn les papes et les conciles de leur prescrire une reformation qui en fit dfs Chanoinesses Régulières, elles obligeât A la désappropriation.
Comme d.ins le même temps il se forma des congrégations de Chanoines Réguliers qui, pour se maintenir dans l'observance, dressèrent des règlements et des consiilulions, il y a de l'apparence que quelques Chanoînesses se soumirent à leur direct on et embras>èrent les mêmes règleoienls. Les Chanoines de la congrégation de Lalran s'ètiient imposé une loi de ne se point ingérer dans le gouvernement des religieuses el de n'en point prendre la conduite; ils ne pu* rcnt néanmoins résister aux sollicitations des souverains pontifes el des steigneurs qui fondèrent des mona>tères de Chanuinesses. Il y en a environ trente qui sont soumin à des abbés de cette congrégation, dont la plupari sont considérables. Dans celui deSninte- Marin de l'Etoile à Spolette, Il y a ordinaire* ment cent religieuses. Le corps de In B. Marine s'est conservé sans corruption dans le monastère deS.';int-Mntlh eu delà même ville. Le corps de la bienheureuse Euphro^ sine est en vénération à Vicenze dans un monastère de Chanoînesses. La Mère Bap* ti^te Venace, religieuse professe de celui de Sainte-Marie des Grâces, a donné au publie plusieurs ouvrages de piété qui sont renfermés en quatre volumes imprimés à Venise el à A^érone. Il y avait autrefois nu plus
Srand nombre de ces monastères qui dépcnaient de celle congrégation^ el que les Cba« noines Réguliers ont abandonnés , comme celui du Saint-Esprit à Home, qui est maiu<» tenant sous la protedon des rois de France. Il étail soumis à l'abbé do Notre-Dame de la Paix de la même ville, qui en remit la direction au cardinal vicaire l'an 160G. C s Cha<noinesses de Latran sonl habillêe« de serge blanche avec un rorhcl de toile par-dessus leur robe, et elles mettent encore un surplis par-dessus lerochel quand elles assistent au chœur (1). La congrégation de Wiudesoim en Fliindre a aussi plusieurs monastères de Chanoir.esses qni sonl habillées de même. Il y on a au.^si.en Franco qui ne soni d'aucune con^réga'ion,ro:nm.î cmIcs de Saint-Etienne do Reims, de Notre-Dame de la Victoire à Picpus près Paris, de Sainte-Périne de la Vilielte el en plusieurs autres lieux, qui ont le même habillement que celui des Chanuinesses de Latran, aussi bien que celles d'Espagne, et, s'il y a quelque différence, ce n'est que dans les manches de la robe el du rocliei, qui sonl ou plus larges ou plus étroites, et la plupart de ces Chanoînesses portent aussi dans les cérémonies el au chœur pendant l'hiver un graiid manteau noir (2). Ei Languedoc el en iiuienne, il y a des Chanoînesses qui sont habillées de noir avec une bande ou b.indcrole de toile blan-* che large de quatre dui«^ls qu'el es medenl en écharpo ou bandoulière, cequi leurseil aussi d'habillement de chœur; mais il y en a
C2} Fc/y., à la ûii du vu'., n* iiO.
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iât
qaclqiies-ancs qui mettent encore des surplis par-dessus lorsqu'elles y vont. Enfin il y en n brancoup d'iiutres qui ont des liabil* lemontft diiïcrenl», nous parlerons dVUes en traitant dos congrégations au^iquelles elles sont soumises ou au&quelies elles uni queU qii<* rap ort.
On nVst pas surpris de voir ces Chanoinesses en ructiet et en surplis, et n^éme avec Dfie bande ou banderole de toile, puisque, comme nous avons dit en parlant des Gbanoines Réguliers, ces rocheis, surplis et b.indes étaient dans leur origine, et avant qn'on les eût accourcis et éliécis, une aube qui était commune <\ tout, s sortes de personnes de Tun et de l'autre sexe, même aux laïques; mais on est surpris de voir que quelques Chanoinc«ses aient pris des aumusscit, puisqu'il n'jr avait autref.iisque les bommes qui s'en siTvaienl pour couvrir leurs tètes, cJ que les religieuses o<it eu toujours des voiles pour cet usago. A la vérité ces sortes de Chanoinesses avec desauniusses sont rares. Les religieuses prémoutrées en portent en quelques provinces, et on ne trouve que lesCbanoinesses deCbaillot près Paris (parmi celles qui se disent purement et simplement Cbauoioesses) qui les aient imitées, à la diTférence quu les aumusses des religieuses prémontrées sool blancbes, et qi;e celles des Chanoinesses de Cbaillot sont noires, moudieléei de blanc (1;. Ëilcs s*élablirenl d'aliord à Nanterre en 16(^7. Ce furent dt'S religieuses de 8ain'-Ëtienne de Reims, d'où sont aussi sorties celles de Picpus, qui firent ci*t établissement ; mais les guerres civiles étant survenues peu de temps après, cette communauté nuissan'e fut obligée de s'approcber plus près de Paris, cl vinldrmcurerà Cbaillot, qui est regardé comme un des fanbourf^s de celle grande ville, el qu'on appelle en effet le faubourg de la Conférence.
Nota. Au dernier siècle les Chanoinesses de Lalran avaient à Home la Commumiuié du Saint-Esprit, Elles existent encore, et sont aujourd'hui, comme autrefois, sous la direction d'ecclésiastiques séculiers.
LAURENT D'OULX (Chanoines Réguliers
DE LA C0NGRÉGA1I0N DE SaINT-}.
Le monastère de Saint-Laurent situé proche d'Oulx, qui csl un bourg du Dauphiné dans le Briançonnais, el du diocèse de Turin, a donné le nom à celle congrég«*) lion. Selon lancienne tradition, on prétend qu'il a été liâli av.inl la n;itss;inee de saint Benoit et qu'il fut habité dès ce temps-là par de saints Bioines. Sa situation, qui se trouve au milieu de plusieurs montagnes escarpées qui paraissrnt inacces>ibles , avait donné lieu à
(dusii urs fidèlrs de s'y réfugier pour éviter a fureur d«;s Vandales. Mais ces barbares, après avoir ravagé lltalie, ne laissèrent pas d j passer et de faire mourir tous ceux qui $e trouvèrent sous leurs mains ; el, à cause du grand nombre qui suoiïrirent le oiar*
(i; Voff.,jilaCiiduvul., iiMSl.
tyre en cette occasion, l'église de Saist* Laurent fut surnommée, de la Populaa iv Martyn.
Depuis la retraite des Vandales, ce lirq demeura inhabité pendant plusieurs sièiln, jusqu'à ce que Dieu inspira à un salai bovn.e nommé Géri ni Cbarbn rius, natif 4'OttU de s'y retirer. H bfliit, l'an 10S0, une petite cellule proche de cette église , et quelque»* uns l'ayant voulu suivre dans sarelraitf.ù résolurent d'embrasser Tordre caooaiqaf.
Gérard fut à cet elîct trouver Cuniberl, èifque de Turin, de qui il obtint la permiuio9« tant pour lui que pour ceux qu'il receu^ii dans sa commuuauié, de tivre selon cclioitilut.
Il parait par un cartulaire de Tan 103T. qui est dans les archive» de Turin, et rv porté par Guichenon dans son Histoire de U Généalogie de la maison de Sat oie,qQ*OduB, comte de Savoie el de Maurifone, la coatcsse Adélaïde sa femme et leurs enfants, firent donation à Gérard el à ses Cbanoi'M diî ladite église de Sainl-LaurenI, de rellede Saint-Justde Suze (que la comtesse Bcube. mère d'Adélaïde, avait commencé à faire bâtir] ; de celle de Sézanne d'Oulx et de Sellebertrand, avec les déJii;es, les prémtcesct les oblalions. Voici les termes de la fooiétion, qui prouvent que dans ces comnieor^ mcnts ils ne suivirent pas la règle de is ol Auguslin, non plus que ceuK oe la cjibe* draie de Turin, de qui ils avaient pritU manière de vivre. Uanc donaiiontm [admit ad clerieos qui in eodem loco vivunt ryikdriter^ quorum nomina sciipia videntur adtitnomina aulem hœc sunt : Girardus el I7i/''r.* ru^i Aicardus et Martlnn et Lantelmu*, e r , qui mudj ibi sunt et faiuri erunt in eoJr« loco , ui isti et Ui ha'feant potestainn ^ nendif habendi et possidendi^ seeundum U';^ lam canonicam. Et ce le règle étiiil y^-^^ doue celle qui avail éié ordounèa daa> k concile d'Air-la-Chapelle.
Cuniberl, éiéque de Turin ^ non-seulement confirma celle donation l'an tOG5,oua il donna encore à ces Chanoines prèsd*.'qs> rante autres églises, dont la plus couiider^ble fut celle de Sainle-yarie de Suze, dont II juridiction comme épiscopale s'étendait d^at tout le marquisat de Suze. Cet évéqoe, put; témoigner l'estime qu'il faisait de cette cmgrégation , lui donna encore un raoonicit dans sa cathédrale de Turin, voulut que le prévôt d'Oulx en fût toujours pourvu, et r.:liu que Téglise do Saint-Laurent de la Populace des Martyrs f chef de celte congrégatji^t* fûl exemple de la juridiction des éfèqtK» de Turin tant qu'il y aurait des Cbaoo<iKt qui y demeureraient et v vivraient réguUn* meut.
La comtesse Adélaïde de Suze et U cmtesse Agnès sj bru donnèrent aussi a ers Chanoi.ics, l'an 1083, une autre église aifc Itius les revenus qui en dépeudaicul ; **: comte Ame ou Amédée imita la piété de >•• père; l'an ilG7, Humberl 111 pria TégliM i: