‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 76 sur 118 · I.AZ · texte numérisé non relu

I.AZ

;iiol-Laareti( sous sa prolorllun , et iloiiiia ncore à ces Chanoines en 1170 un hôpital (une église avec les refenns qui j èlriient nneics. Les souverains pontifes n*oi!t pas soins favorisé cette congrégation, qui a rçu beaucoup de privilèges des papes ilcxandre 11 et 111, Urbain il, Fugène lit, idrcn IV et Luciut III. Il y avait environ rente prieurés qui en dépendaient » dont uciques-uns sont possédés préseniem. nt ar les Chanoines Réguliers de la congrégaion de Latran ; cl celui de Saint-Laurent, ui e» était le chef, subsiste encore sous le lire de prévôté. Le prévAt exerce une juriklion spirituelle dans l'étendue de sa pré- 6ié. Il ne reconnaît que le pape, doni il re« ^e immédiatement. 11 confère les bénéfices l fjit toutes les fonctions qui ne sont point llachcrs au caractère épisco;)Ql. L'habifeicnl de ces Chanoines ne diffère de celui n ecclésiastiques qoe par un petit sca* olaire de lin de la largeur de deux doigts, u*its mettent sur leur soutane. Au chœur i portent pendant Tété on surplis , et Thier un roche! avec un camail noir par-dcs-

Ll(l).

Qa«int à Gérard Charbrérins, fondateur de eUe congrégation, il fut peu de temps apièi 1q évoque de Sisteron dans un syno le de luMcurs éféques assemblés à Avignon par loçoes, légat du pape Nicolas 11. 11 y avait rèsde dix-srpt ans que ce siège était va* aol. tlambaud, qui était un seigneur trèsiche et parent des comtes de Forcalquiert janl acheté cet évéché pour son fils , qui (ail encore jeune, en avait dissipé les r velus. et même avait vendu tout ce qu'il avait )Q;de sorte qu*il ne restait pas seulement in lieu qui appartint à Tévéque et où il pût l^meurcr une nuit, selon ce que disent les incieooes chartes de cette église : ce qui il que le Dis de Rambaud , étant devenu ;rand,tMuva encore des simoniaqoes qui di vendirent Tévéché de Vaison, dont k\ prit toisession Tan 1060. C'est ce qui donna aussi iea à rassemblée de ces évéques à Avignon, n Gérard fut élu éréque de Sisteron. Son lumilité Tempécha d*abord d'accepter cette limité; mats le légat l'ayant envoyé au pape ivec des témoignagnr s de sa probité, Il en ^^n{ un accueil f ivorable, el ce pontife, 'ayant obligé de consentir à son élection, il p »acrà lui-même.

Kiant de retour en France , il trouva son 'gli>e tellement ruinée, qu'il n*y avait pas Ml hospice où 11 pût se retirer; et, outre les naux que Rambaud lui avait causés, Pierre tostan el fonce, frères et seigneurs de Sisie- 011, avaient osorpé la plus grande partie des )ii'ns de cette égîse; mais il sut si bien leur '^présenter le crime qu'ils commettaient en «tenant ainsi les biens d*église, qu'ils reoDDorent leur faute et restituèreut tuut ce lu'ils avaient pris. L'église de Forralqnier («•lit été réunie à celle de Sisteron ; mais >rard les sépara, transféra son siège à For-

calqoier avec tous les honneurs dont celle de Sisteron avait toujours joui, et autant qu'il fit de bien à celle de Furcalquier, ati* tant flt-il de mal à celle de Sisteron , disei^t aussi cos anciennes chartes. Après sa mort, ses successeurs rapporièrenl le siège épiscopal à Sisteron, el depuis ce tctnps*là l'église collégiale de Forcalquîcraètc concathédrale avec celle de Sisteron.

Penot, Hist. tripart. Cononicor. ReguL lib. 11, cap. 33. Sammarth., Gall. Christ, (om. II. Gnichenon, Hùt. Généahg, de (a maison de Savoie ad calcem , pag. 2 , 20 et 42. Le Large, de Ord. Canonic. disqu.f pag. 340.

LAZAUB (CnnvALiBRS de Saint*}. Voy, Mont-Cahmkl.

LAZARE DR JÉRUSALEM (cuEVALiEas

nOSPITALIEHS DE SaINT«).

Quoique l'ortlre militaire de Sainl*Lazaro ait été soumis à la règle de saint Augustin et qu'il soit encore soumis en Savoie à celle do saint Benoit, néanmoins, comme il y a plu-*' sieurs historiens qui rapportent son origine à saint Basile, dont les chevaliers de cet ordre face qu'ils prétendent) ont suivi la règlu pendant plu leurs siècles , nous ne pouvons pas nous empêcher d'en p irler en cet en« droit, en attendant que nous en parlions encore en traitant de l'origine des ordres militaires de Notre-Dame du Mont-Caruiel et de Saint-Maurice, auxquels il a été uni dans la suite. Mais, si nous en parlons présente-* ment, ce ne sera pas pour lui accorder une origine si éloignée, que de Bclloy a rendue encore plus chimérique en la faisant remon« ter jusqu'à l'an 72 de Jésus-Ohrist , ajoutant que tel ordre avait d'abord été institué pour la défense des ch étiens persécutés après la mort de Jésus-ChrisS par les scribes, les pharisiens, les saducéens et les Romains (2).

Il est certain que saint Basile fit bâtir un hdpital magnifique dans l'u'i des faubourgs de Césarée, qui peut avoir été commeneo vers l'an 370 ou 371 , et que saint Grégoire de Naiianze, après en avoir fait la descrip^ lion {Orat, 20), compare à une ville. Qiolqu'on y reçût indifl'eremment toutes sortes de personnes à qui la faiblesse et les incom* modités rendaient nécessaire le secours des autres, et qu'il servit même pour recevoir les étrangers qui passaient par Césarée, il n'y a pas de doute néanmoins qu'il ne fût spécialement établi pour y recevoir les lé-* preux, puisque le même saint Grégoire do Nazianze dit aussi que l'on ne voyait plus dans Césarée ce triste et misérable spectacle des lépreux, qui avaient été interdits de la conversation de leurs proches et du coni* merce de tons les hommes , et dont l'abord causait auparavant plus d*borrcttr que de pitié.

C'est ce qui est confirmé par Tliéodoret {Lib. ly, cap. 16), qoi remarque que saint

(I) Voy.. i^ la fin dn vid., n* 182.

{t} De Ikliuy, di dfngme de Chevûlerie^ chap. 0, pag. liG.

DICTIONNAmS DES ORDRES RELIGIEUX.

Ti»

Basile prenait dVux nn soin tout p.irtiCDlier, rt i|ue Tempereur Valons , tout ^irien qu'il était, donna aux pauvre» lépreux donl ce saint avait soin les plus belles terres qu'il eât en ces quartiers. Ceux qui prétendent que l'ordre de Saint-Lazare tire son origine de cet hôpital disent que le zèle de saint Basi'e fut imité par plusieurs villes, qui à son exemple bâtirent aussi des hôpitaux; et que, comme les lépreux étaient fort communs en ce temps-là et pouvaient communiquer leur maladie par la fréquentation, les hôpitaux qu*on lour destina furent nommés léproseries et maladrerirs «ous le litre de Saint- Lazare, et que ceux qui curent soin de ces hôpitaux embrassèrent (a règle do saint Basile et fermèrent un institut différent de son ordre sous le nom de Saint-Lazare, qui fut approuvé par le pape saint Damase.

M. Maimbonrg, dans son Histoire des Croisades {Liv» iiiy pag. 25^}» confond les chevaliers de Saint-Lazare avec ceux de Saint- Jean de Jérusalem appelés communément de Malte; ou du m')îus il semble insinuer que crux-ci ont pris leur origine des chevaliers de Saint-Lazare, car il dit que les chevaliers de S^iinl-L.'izare sont les plus anciens hospilalieis qui s'établirent à Jérusalem; que lorsque les princes chrétiens conquirent la terre sainte, il y avait à Jérusalem des hospitaliers dont les uns recevaient les pèlerins, et les autres avaient soin des malades, et particulièrement des lépreux ; que ceux qui recevaient \ei pèlerins n'ont commencé que longtemps après les hospitaliers de Saint-La- 2are; que ce qui y donna lieu fut que cerla'ns marchands d'Amalpbi, au royaume de Napies, qui trafiquaient dans la Syrie, ayant obtenu d*un calife d'Egypte la permission de t)Atir un monastère proche le saint sépulcre, ils y ajoutèrent un hôpital avec un oratoire dédié en l'honneur de saint Jean l'Aumônier pour y recevoir les pèlerins et les pauvres malades, et qu'alors il s'y lit une communauté qui, outre ceux qui s'employaient auparavant à traiter les malades et les lépreux, comprenait aussi ceux qui étaient destinés particul:irement au service des pèlerin:^, et 4)ue les uns tt les autres s'appelaient indifféremment hospitaliers. Il ajoute qu'ils vécurent lougl mps dans cet exerciee de charité sous un supérieur que l'on appelait «naître de Ihôpital, jusqu'à ce qu'api es la conquête de la Paie^tine par les princes croisés, ils prirent les armes, non-seulement pour la défense des pauvres pèlerins, mais aussi pour servir les rois de Jérusalem, auxquels ils furent d'un grand secours dans toutes les guerres. Ponr lor9,dil-il, ils partagèrent leur communauté en trois étals différents, dont le premier fut celui dea chevaliers, qui allaient à la guerre; le second des frères servants, qui avaient soin des malades et des pèlerins, et le troisième était celui des ecclésiastiques et des chapelains, qui leur administraient les sacrements; et celte compagnie fut érigée en ordre u«Uilairo, que !e pape Pascal 11 confirma.

Il parle ensuite de rînstitution des autrrf ordres militaires du Saint-Sépulcre, de« T<*t,i. pliers et de Notre-Dame des Allemands ooTr» toniq4ie; et, revenant à relui deSaint-La/arr, il dit : Maix^ pendant que ce$ ordre$mil*tairei commençaient aimi presqu^en même Ump* i ê établir peu à peu dans Jérutaiem , relui é-i ho$p'taliers ' ncim» et modeme$, que V* n i»**.' cfire a\ oir été ie modèle de» nutrtê^ faisait ^ grands proférés dans la Palestine et s'atiimt beaucoup de cons df*'ration par les grandi f**vices quil rendait en paix et en guerre, Cfti pourquoi le nombre des pèlerins aussi bienqu crlui des soldats et des gentilshommes qvi r^ trtrent dans cet ordre^ croissant tous lesjûun. If B, Gé ard Txtng^ Provençal de VUe de J^sr* tigufs, qui éLiit maître des hospitaliert lêrt^ que Jérusalem fut prise sur les Sarrmrins. Ulil. enrtron l'an 1112, un troisième hâ.tt^ sous le nom de Saint- Jean-Daptiste^ et y /h gea ses nouveaux chevaliers , qui comsÊnctrent peu de temps après à former le dessein et suivre une conduite et une forme de vie p«u sévères encore et pfus parfaites que celln i: leurs anciens confrères. En effets comme atf'i la mort de Gérard on élut à la pluralttt tf« rota; frère Boyant Roger four grand m^lt des hospitaliers, les nouveaux chetniiers dtn troisième hôpital de Saint^Jean-B^rptiste^ptr" sistant dans leur première résoluiion de svner une vie plus parfaite et d'ajouter^ cemm' les chev'diers du Temple^ à leurs auires tmts celui de chasteté^ se séparèrent des emein» hospitaliers et choisirent pour leur chef frèn Rai/mond du Pug^ gentilhomme de Daupkt.- Qwmt aux anciens ehecaliers qui furent esnn séparés des nouveaux^ avec lesquels Us ne .«soient auparavant qu'un seul ordre eoms m même grand maître, ils retinrent leur ene /t nom de Saint-Laxare.

Il parait par ce discours de 11. MaimlMsr; que l'hôpital de Saint- Jean-Ba. liste élan é^férent de celui de Saint-Ji'an-l'AoroAa'er,^' i avait été bâli proche le monastère que on marchands d'Amalpbi avaient fait coos rurt aux environs du saint sépulcre » et qoe i'« nommait de Sainle-Harie de la Latine. C^ pendant Guillaume de Tyr, auquel on ^î ajouter foi, témoigne que de son tempt*! lorsqu'il écrivait son Histoire ( Lib. xru:. c. 5 et ()), en 1183, ce monastère ft^apprUt: encore de la Latine: Et quouiamtiri L '• ! rrcrn^ qui locum funddterant et qui reli^ie»>^f* eonservabant^ idrireo ab ea die ueque in p^ sens loeus ille monasteriwn de Latini dicitm\ Il ne distingue point l'hôpital de Saiot-J st- TAumônier d*avec celui de Siiinl-Jean-iU|^ liste, que M. Maimbourg dit que te B. O- sti fit bâtir ; il ne parle que d'un seul, doat .>* glise avait été dédiée à saint Jean rio-W-; nier: Erexerunt etiam in eodem lere ml'^r in honore B, Joannis Eleemos. Cesi dans r, hôpital qu'il dit que le B. Gér.rJ taomnr, après y avoir s Tvi les pauvres pcaiaei vti temps considérable sous les' ordres de /. et des religieux du monastère de la Lat»- •. cl que Raymond lui succéda : Et in rent- ^ chio similiter repertus est quidam Gerar ••virprobatœ cosivasationiSf qui pa-^i^n^^ -*

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eodem loco tempore hostlUtattÈ de mandata ahhatis et monachorum^ mulio tempore dévote ntftiehat; cui poslea succesiit Raymundus iste de quo noois sermo in prœsmli. Il so pbiinl ensuite que ce Raymond el ses hopîlalicrs» qui n'avaient eu que de faibles commencements, se voyant extrêmement riches, sVtaienI d'abord soustraits à la juridirlion dcTabbéda monastère de la Lat ne,elavaient obtenu des bulles du pape » qui les exemptaient aussi de celle du patriarche de Jérusalem : Sic ergo de lam modico inerementum habmtes prœiiclœ domue fratres. prius aju" risdielionê $e suhtraxerunt ahbatli; deinde m''liif>iicatis in immensum divitiis, per Ecclc" fiam Romanam a manu et poteiîate aomini pa* triarcfiœ tunt emancipati. Ce n*est uniquement que des chevaliers de Siiui Jean de Jerrs ilem doiit cet auteur pnrlc ; d'où l'on doit conclure que c'est sans aucun fondement que M. Maimbourg, qui cite même Guillaume de Tjr, a avancé que les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem et ceux de Sainl-La/are avaient été unis et n*avciient fait pendant un temps qu'an même ordre.

Il est vrai que le grand maître Raymond du Puy, do l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, changea le titre de son hôpHal qui avait été dédié a saint Jean l'Aumônier , en celui de saint Jean-Baptiste, qu'il prit pour protecteur de son ordre, ayant voulu imiter la pénitence de ce précurseur du Sauveur du monde, et l'ayant proposé pour modèle à ces chevaliers. C'est peut-être ce qui a donné lieu à M. Maimbourg de croire qu'il avait bâti à Jérusalem un troisième hôpital sons ce nom, comptant apparemment pour le premier de ceux qui étaient en cette ville celui de S.iinl-Jean-I Aumônier proche le monastère de Sainte-Marie de la Latine, et pour le second celui quo les Allemands avaient fait bâtir sous le litre de Notre-Dame des Allemands ou des Teutons.

Quant à ce frère Boyant Roger, que le même auteur dit qu'on élut à la pluralité des voit pour grand maître des hospitaliers après la mort du B. Gérard, je ne sais si les chevaliers de Saint-Laxare le mettent au nombre de leurs grands maîtres ; mais, quoique Boiiio, dans son Histoire de l'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ait dit que ce frère Boyant Roger fut élu pour

grand maître de cet ordre après la mort du • Gérard, il ne se trouve pas néanmoins au nombre des grands maîtres dont le commandeur Naberat nous a donné un abrégé des Vies dans les privilèges de cet ordre qu'il a recoeillis. Le commandeur Maruli , dans les Vies des mêmes grands maîtres (1), mais plus amples que celles que Naberat avait données, n'y met point aussi ce Boyant Roger. Il avoue bien qu'il en est fait mention dans une donation de l'an 1120, que fit A 1 ordre de Saint-Jean de Jérusalem Otton, comte d'Abruzze , où il déclare avoir fait ce ^H^^ gouverneur de Tbôpital de Saint-Jean de Jérusalejj ; mais le commandeur Uaruli

prétend que l'on ne doit pas conclure de là que ce Roger ait été recteur ou préfrl de rii6pilai, qui sont des titres qui ne conviennent qu'à un supérieur , el non pas celui de g u^ vcrn^'ur, et qu'il se peut faire qu'il ait été établi gouverneur de Thôpilal en l'absence de Rayuiond du*Puy, qui succéda à Gérard, d'autant plus qu'il n'y a aucun tifre d.ins la chancellcrî(3 de l'ordre où il soit parlé de ce Roger en qualité de supérieur ou dunialire.

D'ailleurs, s'il éait vrai que les ch' val. ers de Sainl-Jcan de Jérusalem et de Saint-Lazare ne se fus>cnt séparés qu'après réiccliun de ce frère Boyant Roger, il s'ensuivra! quo cette sépaiaiion n'.iurait été faite qu'après l'an 1120, puisqu'il est fait mention de ce Roger en qualité de gouvemcur de l'hôpilul do Saiul-Jein de Jérusalem dans la donation du comte d'Abruzze dont nous avons parle, ce qui est contraire aui prétentions de M. do Guénégiud, ci-devant chancelier de Tordre de Saint-Lazare, qui, dans un de ses faclums contre M. le marquis de Dangeau, grand maître de cet ordre, s'est déjà déclaré en fa-% veur de l'union des deux ordres de Saint-Jean et de Saint-Lazare de Jérusalem, et dit qu'ils furent séparés dans le xi* siikie. Poul-étre que M. de Guénégaud, dans rHisloiro de son ordre, et qui n'a rien épargué pour recouvrer les titres de cet ordre, a apporté des té* moignagos plus convaincants que ceux qoo M. Maimbourga donnés, pour prouver l'uniia de ces dcui ordres de Saint-Jean ei de Saint- Lazare de Jérusalem.

Ce que Ton peut dire de plus certain tonchant les chevaliers de Saint-Lazare, c'est qu'ils ont commencé d'abord par eiercer la charité envers les pauvres lépreuic d.ins des hôpitaux destinés pour les recevoir ; qu'ils

[Prenaient le nom d'hospitaliers , el que dans a suite, à l'eiemple des autres hospilalicr't, il y en eut une partie qui prit 1rs arine» pour le service des princes chrétiens qui couiiuirent ia terre sainte , sans abandonner pour cela Thospitaliié; ce qui ne peut être arrivé que dans le xii* siècle.

Ils recevaient même dans leur ordre des lépreux, apparemment pour avoir soin des autres lépreux, qui se reliraient volontairement dans leurs hôpitaux, ou quo l'on obligeait par force d'y entrer; et ce qui est remarquable, c'est qu'ils ne pouvaient élire pour grand maître qu'un chevalier lépreux de l'hôpital de Jérusalem, ce quia duré jus-

3ue sous le ponliOcat d'Innocent IV, c'esl-àire vers l'an 1253, qu'ayant été obligés d'abandonner la Syrie, ils s'adressèrent à ce pontife et lui mnonlrèrcnt qu'ayant toujours élu pour leur grand maître depuis leur insiitntion un chevalier lépreux, ils se trouvaient dans l'impassibilité d'en élire un, p irce que les infidèles avaient tué tous les chevaliers lépreux de leur hôpital de Jérusalem. C'est pourquoi ils prièrent ce pontife de leur permettre d'élire à l'avenir pour grand maître un chevalier qui ne fut pas attaqué du mal de lèpre et qui fût en bonne

(*) GeroDim. Uaruli. Vit. de Grand. Maat. dl Malla,

DICTIONNAIRE DES ORDRLS RELIGIEUX

liâiUé, et le pape les renvoya à l'cvôquc de Prascati, pour qu'il leur arcordât cette permission après avoir examiné si cela se pouvait faire scion Dîcu. CVst ce qui est rapporté par le pape Pic IV dans sa bulle de l'an 1565, si étendue et si Tavorablc à l'ordre de Saint-Lazare, par laquelle il renouvelle tous les privilèges et toutes les grâces que ses prédécesseurs lui ont accordés et lui on donne de nouveaux. Voici comme il parle de rélection que les chevalicTS de cet ordre devaient faire d'un grand maître lépreux (I) : Et Innocentius IV f per eum accepta quod itcet de anliqua^ opprobata et eatenut pacifiée obserrata eonsuetudine obtentum esset ul mîles teprosus domm Saneti Laxari Hierasa'y^ witani in ejus magistrum aisumeretur : terum quia fere amnet milites leprosi dictœ do^ mut ab ininiicis fidei miserabiliter intetfvcti fuerant^ et hujusmodi consuetuda nequihat cammade obserrari » idcirco tune epucopa Tusculnna per quisdam commis rat ^ ut^si iibi secundwn Ùeum visum foret expedire^ fratribu^ ipsis lieentiam alviuem mililem «anum^ et fratribus prœdictœ domus Saneti La* sari in ejus magistrum (non ob<tante consur* îtidine hujusmodi J de cœtero eligendi auctori^ tate apostolica concederef.

Les clievailcrs qui n'étaient point lépreux, et qui étaient en état de porter les arme^ rendirent de signalés services aux princes chrétiens dans la Palestine, ce qui obligea les rois Baudouin II. Foulques, Araauri 111 et IV et les reines Mclisindc et Théodore, à prendre leur ordre sous leur proleition et à faire beaucoup de bien aux maisons qu'ils avaient dans la Syrie. Ils reçurent aussi plusieurs privilèges des souverains pontiLs; et, étant passés en Europ *, les princes leur donnèrent de riches possessions. Clément IV ordonna sous peine d'excommunication à tous les prélats île l'Bglise, que, lorsque los rhevaliers de Saint-Lazare s adresseraiiMil à eux pour obliger les lépreux de se retirer dans leurs hôpitaux, ils eussent a donner main-forte à ces chevaliers et à contraindre les lépreux do se retirer chez eux avec leurs biens meubles et immeuble^. Alexandre IV, par une bulle de l'an 1255, leur permit de suivre la règle de saint Auj^uslin, qu'ils assuraienl avoir su vie jusqu'alors, comme il est marqué dans la butte de ce pontife, uà il n'est point fait m/ntion de la règle de saint Basile, ce qui fail voir que c*cst sans raison que quelques uns disent qu'ils ont autrefois suivi la règle de saint Basile. Le même pape les mit sons la proiection du saint-siège Tan 1257, et confirma les donations que 1 empereur Fridéric II leur avait faites dans la Sicile, la Pouille, la Calabrc et quelques autres provinces. Henri, roi d'Angleterre, duc 4' Anjou «t de Normandie; Thibaut, comte de Blois, et plusieurs autres, augmentèrent leurs revenus.

Mais de tous les princes chrétiens fl n'y en a point dont ces chevaliers aient rrça 6t phis grands btoofaits que des rois de France;

C'i^, ajrant été chassée de la terre sainte Ti* J253, ils suivirent le roi saint Louis, qoi, en reconnaissance des services qu'ils Iniaraient rendus en Orient, confirma les duostiots que ses prédécesseurs leur avaient fait'-f, les mit en possession de plusieurs maisoni, commanderics et hôpitaux que ce priort fonda, et leur accorda plusieurs pnv lêi^t. Pour lors ils établirent le chef de leur ordre â Boigiiy prés d'Orléans, qui leur avait èê donné dès l'an 115i par Louis Vil dit U Jeune, et lu grand maître prit le titre àt grand maître de l'ordre de Saint-Laiare, tant deçà que delà les mers, sa juridicloii s'étcndant non-seulement sur les chef a iei qui étaient en France, mais même sur tous les étrangers. C*est pourquoi JrandeCuQras, qui avait été pourvu de celte charge 1*13 13^2 par Philippe de Valois, donua p«»uvnir Tan i35V à frère Jean Hallidei, Ecossais, de gouverner en son nom, tant au spiritoel Qu'au temporel, tout ce qui apparteoaiti 1 ordre en Angleterre et en Ecosse, i U charge de faire tenir par chacun an i U grande commanderie de Boignj trente marcs sterling d'argent. Le roi Charles V, surnommé loSaze, ayant pourvu de la grande malris% l'an 1377, Jacquesde Boyncs,ce grjnd maître donna à frère Dominique de Saiot-Uuj la commanderie do Seringon en Hongrie, et l'établit son vicaire général dans tout c« roy.'iume, avec obligation de se trouver aoi chapitres généraux à Boigny« et d*y apporter quatre marcs d'argent fin. L*on troure un F. P. Potier dit Conflans, prêtre de cet orJre, commandeur de la Lande- Daroa, mort en 1^50, qui prenait la qualité de ficaire général du grand maître G. Desmares La grande maîtrise fut encore donnée p<r Chutes Vil à Pierre Ruaux Tan HVL et par Louis XI à Jean Cornu Tan ihSi.

Mais, comme les lépreux étaient rares e( que Ton voyait peu de personnes attaquers de cette maladie, il semble que ces chefitiers hospitaliers, qui d'ailleurs s*étaiett beaucoup retâchés de leur premier iasli>ut, principalemeal ceux d'Italie, étaient détenus inutiles ; c'e^l ce qui obligea le pape la* nocent Vtll de supprimer leur ordre et de Tnnir avec tous les biens qui lui appa tenaient à l'ordre de Saint-Jean de JèrusaleiSt par une bulle de Tan 1^90. Mais cette buUe ne fut point reçue en France, où il y a toujours eu des grands maîtres de l'urdie de Saint -Lazare do Jérusilein, qui ont rr^ des chevaliers auxquels ils ont conféré I > commanderii'S qui eu dépendent, et ont ton* jours été maintenus dans ce droit. Le grao^ prieur d'Aquitaine de l'ordre de Saiut-Jeas de Jérusalem ayant pourvu ua de ses eberatiers de la commanderie de Saint-Tbomasda Fontenay, appartenant a l'ordre de Sjioi- Lazare, le grand mattre de cet ordre et k« chevaliers s y opposèrent. Il y eaiâ ee soj f

Îirocè» au parlement de Paris, qui fut décidé 'an 15^7 en faveur du grand maître de fo'" dre de Saint-LazarCi qui fut mainteon daaJ

(1) Dutt. nom., lom. Il, consu 93 Pu lY, | 4.

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3 droit de conrércr Coules les commanderies c sou ordre à ses chevaliers, et les chevaers de Saîiil*Jean de Jérusalem fareol dé* oulés de leurs prélenlions. Le roi Louis ill donna la grande maîtrise à Âignaa de lareuil. Son frère, Claude de Mareuil, en fut ussi pourvu par François i*', et Henri 11 y lomma Jean de Conly» qui assembla un clia- >ilre générai à Boigiiy, où il donna à bfiil tmpby téoUque, pour deux cent vingt florins >ar an, tous les birns appartenant à l'or- Ire an territoire de Sossano, dans la prorince de la Fouille, à un chevajier de Cala- )re qoi était présont. Le même roi pourvut le la grande maîtrise, après la mort de Jean le Conty, Jean de Lévi, qui assembla aussi le rhcipicrc général à Boigny l'an 1558, où il ^e trouva nn grand nombre de rbevaliers Je Coûtes les parties de r£urope. Micbei le Seurre fut encore fait grand maître par le roi François II, et François Salviati par Charles IX..

â*il est vrai ce que dit le P. Toussaint de Baint-Luc dans son Abrégé historique de l'Institution de l'ordre de Saint-Lazare, que le grand maître Salviati flt chevalier de cet ordre Jeannot de Castiilon et Octave FrégosOi à la recommandation du pape Pie IV ri de la reine de France Catherine de Médicis, ce pontife aurait reconnu le grand maître de Vordre de Saint-Lazare en France , quoi* que ret ordre eût été sijpprimé par Innocent N m. Mais ce que le P. Toussaint ajoute ensuite me rend celte réception à l'ordre de Jeannot de Castillon, à la recommandation du I ape Pie IV, fort suspecte; car il dit en* coreqae le grand maître Salviati donna à ce ieannot de Caslillon l'administration du izrand hôpital de Saint-Lazare de Capouc, Tctabl ssant son vicaire général et grand roiifilre de l'ordre en llalio. Le titre de grand maitre donné par uo grand m titre à son vicaire général» commissaire ou délégué, n'a jamais été en pratique dans aucun ordre. Les grands nsattrcs ou généraux qui sont chefs d'ordre peuvent bieu donner à leurs vicaiies ou commissaires leur autorité et leur pouvoir, mais ils ne leur donnent jamais les titres qui ne conviennent qu'à leurs propres personnes comme chefs. L*intenliou du P. Toussaint a été d'insinuer par ce moven que Jeannot de Caslillon, nommé grand maître de Tordre de Saint-Lazire dans la bulle de l'ie IV de Tan 1565, dont nous avons parlé, n'était que le vicaire eénéral du çrand maître de cet ordre en l'rance; mais, s'il n'avait été que vicaire géuéral du grand maître de France, comment ce pontife, dans cette bulle si ample et si ^tendue, aurait-il pu oublier le grand maître de France, dont il ne fait aucune mention, voulant au contraire qu'après la u)ort du grand maiire Jeannot ^e Caslillon et de ces successeurs, ou sur leur démission volontaire, les chevaliers ptQcélussent à l'élection d'un autre grand (naître en tel lieu que bon leur semblerait? Jesnnot de Castillon ne se prétendait pas >i'uli*ineul grand maître de Tordre de Saint- L.varc (mi Italie, mais il se disait grand Kial-«

l^ICtlO^IMÂtBK OBS ObOBES RFLIOIBUX. 11.

tre de cet ordre par tout le monde. C*est co qu'on Ut à la 6n des privilèges de cet ordre qui furent imprimés à Rome l'an 1566, chez Antoine Blade, imprimeur de la chambre apostolique, où il y a: Auf^pi iis Ulustrixsimi et reverendissimi Jeannotti Castillionei Me^ diolammiâ^ religîonis et mililiœ Sancti La» zari Hierosolymitani per totnm orbem gène* , rnli» magistri, Vincentius Merenda in lucem edidit. Ainsi il est plus vrai de dire que ce Jeannot de Castillon qoi était commandeur de l'hôpital de Capouc avait usurpé le titre de grand maître, qui n'appartenait qu'au commandeur de la maison de Boigny en France, dont François Salviati était pour lors pourvu, celle commanderie étant annexée h la dignité de grand maître.

Mais il n'était pas le premier qui avait usurpé ce titre. 11 y avait eu avant lui Mutio de Azzia, qui se disait aussi grand maître général de l'hôpital dé Saint-Lazare de Jérusalem, comme il parait par une antre bulh* du même Pic IV de l'an 1561, où ce pontife lui donne co titre : Dilecto fUio Mutio de Azzia^ magiêtro gemrali hospitalis Sancli Lazari Hierosolymitani ordinis s ncti Au» uustini {Privileg. Ord. 5. Lazari^ pag. 28). L'on trouve encore en 1539 un Pyrrhus- Louis Caraffa, qui prenait le tiire de mallro ou commandeur général de Saint-Lazare de Jérusalem, dans l'une et l'autre Sicile deçà et delà le Phare, ce qui fiit voir que ceunlà se sont trompés qui ont é-rit que Pic IV avait rétabli l'ordre de Saint-Lazare , qui avait été supprimé par Innocent VUL et qu'il en avait accordé la grande maîtrise à Jeannot de Castillon par sa bulle de l'an 1565, puisque outre les grands maîtres Caraffa et d*Azzia, qui avaient précédé de Castillon. celui-ci était déjà gr.tnd maître lorsque. Pie IV lui accorda cette bulle si ample et si fa\orable à cet ordre, l'an 1565. Pour s'en convaincre, il n'y a qu*à lire celte bulle, où, parlant de Jeannot de Castillon, il dit : Nom \g\tur volenles dileclum filium Jeannottum Castillioneum modernum hospitals et militiœ prœdictum magnum matjistrum^ ejnsque s*:c<cessores nmgnos ipsius hospitalis magistroê P'otempore txistente*^ ac hospitale et m«liliam hujusmodi eorumque conventum eliam amptioribus quam quispiam nostro-»

rum frœaecessorwn prœdictorum eos pro* êecalt fuehnt , favoribus et grutiis prossqui. Ci*t hôpital el couvent dont parle c»

pape était rhôpital et couvent de Saint-Lazare de Jérusalem, qui était chef de l'ordro avant que les chevaliers eussent été obligés d'abandonner la terre sainte, et ce n'est point ce pape qui transféra ce chef d'ordre à l'Iiô» piliil de Capouc, comme ont écrit aussi plu • sieurs auteurs. Voici comme ce pontife s'en explique dans la même bulle : Molu proprio non ad Jeannotti aut priorum^ prœceptorum^ mititum^ fiatfum^ vtl personirum seu a/t'orum^ pro ei$ nobis super hoc obiatœ petitionis instantiam^ sed met a liberatitate^ et ex certa scieniia nostra^ ac de apostotica potestafiê plenitudine, institutionem et erectionemhospi^ talii et milttiœhujirmo li, ejnsque tratislatiO'*

MGTIONiNAinE DRS ORDRES RELICIEUI.

7tt

mm olim ad prœceploriam, tel domum Ca*

puanam prœdirtam factam approbamus^

€on/irmamu8.

C'était le pape Léon X qui .ivnit nccnno ThApital de C^ipoue poar chef d«* l'ordre, lioisqo'à la prière de l'empereur Charles V il avait rendu à l'ordre de Saint-Lazare les liâpitaut de Saint«Jean de Palerme et de Sainte-Agalhe de Messine, et les avait soumis, comme an chef, au commandeur de I*h^i4al de Capoue, à qui il donne le titre de ffrand maître^ comme il est encore marque dans la bulle de Pie IV. II raraft donc Car cette bulle que ce fut Léon X qui rétalii l'ordre de Saint-Lazare, el que Pie IV le remit dans tous ses droits cl lui accorda de nouveaux privilèges.

Pie V, par une autre bulle de l'an 1567, révoqua quelques-uns des privilèges que son prédécesseur av;jit accordés, et en modéra quelques autres. Mais, après la mort de Jeannot de Cast lion, qui arriva à Vercril l'an 1572, Grégoire XllI unit l'ordre de Saint- Lazare à celui de Saint-Maurice et en accorda la grande maîtrise â Emmanuel Philibeti, duc de Savoie, sous prétoite que celte grande maîtrise était vacante : Ae prœterea cémentes milUiam hospUalit 5. Lazari Hitrosolymitani sub régula sancti Augustini jam-' pridem magi$tri rrgimine dtstitutam.».». C'est ain i que le pdpe parle dans la bulle d'union de ces deux ordres Cependant François Saiviati était grand maître en France de l'ordre de Saint-Lazare ; ainsi l'on peut dire que le pape ne fit cette union que sur un faux exposé. En effet le grand maître Saivîatiiit des protestations et des oppositions à la qualité que le duc de Savoie prenait de grand maître de l'ordre de Saint-Lazare, et aux bulles du pape Grégt»ire Xlll ; il fit assembler le chapitre général à Boigny Tan 1578, et les chevaliers de France se maintinrent toujours dans la possession des commanderies qu'ils avaient eu ce royaume. Après la mort de ce gr'and maître, le roi Henri III donna la grande maîtrise à Aimar de Chattes. Jean de Gayan lui succéda, et, sur la démission vo« iontaire qu'il donna de cette charge à Henri JV Tan ioO^, ce prince en pourvut Philibert 4le Nerestang, qui fut aussi premier crand jnaitre de l'ordre de Notre-Dauie de Mont- Car^iel, auquel l'ordre de Saint-Lazare fut aussi uni en France, comme nous dirons à l'article Munt-Carmbl.

Celle succession de grands maîtres de l'ordre de Saint-Lrizare en Franc • depuis que le pape Innocent VIII supprima cet ordre en Italie l'an 1(^90, fait voir que c'est à tort que le P. Bonanni de la compagnie de Jésus, dans son Catalogue des Ordn s militaires qu'il donna au public l'an 1712, dit, qu*après la suppression de cet ordre, sa mémoire fut obscurcie peu à peu en France : Sic pnulatim «,tts iodalitii memoria tum apud Galles fuifi apud Italos est obscurata; pi qu*il a touiours subsiiitè en France, où il n'a rien di-

'uué de son ancienne splendeur, qui, bien ' de s'obscurcir, a n;émc augmenté.

) Vfy., à la ttn du ToL, o* 1^3.

Ces chevaliers Ciisiient aulrefeii des solennels. Il y avait même des relîgi «ses de cet ordre, et il en reste encore on nonastfre en Sui^e. Le P. Bonanni a donné lliaMUement d'un de ces chevaliers tel qoe nova l'avons fait graver (1) ; mais eel hobilleoient est supposé, et n'a été dessiné appareniineiit que sur une simple idée^ Les cnevalters de Saint-Laznre n'ont comioencé i porter la croix à huit pointes qu'à la fin do xv* sircle ou au commeucemeni du xvr, et cette initx a toujours été verte, à la différt nce de celle des chevaliers de Saint-Jean de Jérssaleai» qui est blanche. Le plus aoeien mooinnenl qui puisse faire connaître quel é ait le réri* table habillement de ces anciens clievxliers se trouve dans la commandai ie de Gralemont, où, au pied d'unt* image de saint A«toîne en relief posée sur une espèce de colonne, l'on voit cinq chevaliers de Sait l- Lazare à genoux, ariT;é8 de co^rassey et on citapelain du même ordre, ayaat ions u% manteau long, sur lequel il y a une «v.x simple, seulement un peu pâtée aum extré* mités. Celle qu'ils ont sur la poitrine r»t néanmoins différente en ce qn elle est «a pm plus longue par le pied, qai ie lermtae en pointe. L^ y lit que ce fut Pierre Poli r« commandeur de cet ordre, qnî fil faire eetie image; et, comme elle a quelque oliose de singulier, c'est peet-étre ce qoi a obligé des curieux de la faire graver ; car eatnl An* to'ne est au miHeu des flammes, ayant â ses pirds plusieurs pourceaux dans ie naéme feu, qui font des sauts en Pair: et ee saial n'a point un Tan sur son habit coaune les peintres le représentent ordinairement, laisa au lieu du Tao on lof a mis une couronne. J'ai vu deux différentes estampes de ceite image, et une autre où est grave le tomlwaa de ce F. Pierre Potier avec son épitaah , qai fait voir qoecetle Image a pa être ta^ie vers le milieu do xv* siècle, pais^oa cecosamandeur mournU'an 14&0. Voici cette épi* taphe :

Ci devant ee grand autel ait n^bk Aonuat el religieuse personne F. Filtre FotUr dit Conflans^ frère prestre en VOrdre et Ck^waierie Saint- Ladre de Jérusalem, cammaméemr es céans et de la Lande Daron^ en son otMaC vicquaire gênerai de noble et puissant 5ch gneur F. Cr. Desmares ehevaiier grand smetÊirs geney al de toute la susdite Ordre etChstaUrù deçà et delà la mer^ commandeur de la «oiaea conventuelle de Boigni près OrtéanSf qui Ué^ passa ran mil auatre cent L.

Il y a bien oe Tapparence que ce ne lai

u'à la fin de ce siècie on au commeocenral u XVI*, après que Léon X eal rétabli Tordre de Saint-Lazare en Italie, que les chevaliers de ret ordre prirent la croix à huit poiales comme la portaient les chevaliers de M^lte; car, dans les privilèges de l'ordre de Saîal- Lazare, imprimés à Home, comme noasavoei dit, en 1566, il y a une vignette où l'on wmi plusieurs chevaliers ayant tous la batte lo»gue et recevant la croix de l'ordre avec aoe épée, des mains d'un pape (peat«élra a-t«oo

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