‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 77 sur 118 · LAU · texte numérisé non relu

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roula représenter Léon X, qui rélablil cet ordre), el ces chevaliers oDl une robe noire i grandes manches arec la croix à huit pointes sur la poilrine. Il y a aussi à la bi* bliotbèqae du roi une estampe de Tan 15S5, qui représente les différenls ordres qui suiveut la règle de saint Anguslîn« où Ton trouve un chevalii'r de Saint^Lazare avec une pareille robe ; c*ost poart|uoi nous avons fait graver cet liabîlleuientet celui que por«* taient les mêmes chevaliers dans le xv aiede (1), tel qu*il est représenté au bas de rimage de saiul Antoî. e dont nous avons parlé.

Yoy. le P. Toussaint de Saint-Luc, Mi" maires tn fur me d'abrégé historique de l'Or* dre de Neire-Dame de MonL'Cormrl et de Suint^l/ixare de Jérusalem. Plo^iieurs factumi ei Mémoires cofuemanl cet ordre, Bollar. Rom. tom. Il et lil. Maimbourg, Hisl. des Crçisadsfp Bcroard Giusliiiiani, llist. Chronolog. de gli Ordm militari. De Belloj, de VOrigine de ChevaUrie* Philippe Booaoui, Catalog. Ori, miliip num. 6S : et Scliooarberk* Histoire des Ordres militavres^ tom, premier, Yoft, MoiT-CAnMEtci-dii^ssouff

cji. mo.

LAURES DE LA PALESTINE (Anciones).

L*oo pe«t regarder eocore comme des institals particuliers ces anciennes laurcs qui eut été si célèbres en Orient. L'on entend par le mot de laure une demeure de s ^lîtaires qui logeaient dans des cellules éloignées l^a Qoei aeê autres par une distance raisonnable, et vivaient es société sous l'obéissance d'un sapérteur. La première de ces laures fut fondée par saint Gharito^- Gjcui qui ont donné la vie de ce saint disent quM éiait tllcône, capitale de LjcaoAîe ; qu'ayant embrassé le cbristiaiiisme , il en accomplit si bien les dev^irs^ que sa piété le distingua du commun des fidèles et Tes posa davantage aux violences det païens., qui se saisirent de loi peodaitt la persécution excitée sous l'empire d*Aorélien; qu*il souffrit de crueU tourments avec beaucoup de constance; et qu*ajan télé jeté en pris.on, il en sortit après la mort d'Aurélîeo, qui fut tué Tan 275; qu'étant eu liberté il alla à Jérusalein, un il fonda à six milles de celte lille la laure de Pitaran, dont régUse fui dédiée par saint Maraire, évéque de Jérusalem ; qu'il f<mda ensuite deux autres laures, l'une vers Jéri* cho, et Tautre dans le désert de Théma, dans lesquelles il eut plusieurs disciploi ; el qu'en- Bu i! moarnt vers l'an 3&0.

Mais, qnniqne le cardinal Baronins (2) , dans ses Annales ecclésiastiques, dise que les actes de ce saint soient fidèles, néanmoins M. de Tillcmont (3) ne les croit pas d'une grande autorité, se persuadant que Méiaphraste, qui est le premier auteur de celle vie, et qui déclare que, n'ayant point eu de mémoires pour l'écrire, il ne l'avait couw

(I) r«f.. I Ja fin do vol., n^* IS4 et 185. (i) Bavomus, ad mm. S75, { 9.

(S)I>e Tiltem., ilist.detEmp., tom. III, p.7l8,et HiH. Etetes,. tom. IV, pag. dSl.

posée que sur In simple tradition, avait cunfondu, nussl bien que les autres Grecs, deiiiK Chaiiton • l'un confessi^ur ou ni«irtyr d« temps des persécuteurs, Taulre fondateur de plusieurs monastères.

Due des principinles raisiins sur lesquelles ce savant critique s'appuie, c'ipst que, s'il était vrai que saint Gb'iriton eût fondé ses laures dans la Palestitie après la mort d'An* rélien, qui arriva, conune nous avons dit. Tan 375, cela ne pourrait s'accorder av»x ce que dit saint Jérôme, que saint Uilarion a été le premier instituteur des moines de la Palestine, où l'on n'en avait aucune c>mnaissance avant lui, c'est-à-dire après la murt de Dioclétien, qui arriva Tan 313. L'église de la première laure de saint Charilon, dédiée par saint Nacaire de Jérusalem, qui ne fut évéque qu'en 3ii^, quarante ans après la mort d'Auiélien, fournil une autre difficulté à cet auteur, ce temps lui paraissant trop jconsidérable pour croire que saint Chariton eût vécu assex pour fonder encore deui au» ire$ laures et passer ensuite qnelqne temps dans une entière solitude. Ainsi il aituo mieux distinguer deux Chariton, l'un qoi a souffert la perséculion <iu temps de l'empereur Aurélien, et Tautre fondateur des pre^mières laures de la Patesiine, après que saint Hilarion y eul iulroduiEt la vie monastique.

Quoi qu'il en soit de ces deux Charilon « celui qui fonda les premières laures de In Palestine fut imité dans le v* s ècle par saint Enlhvme le Grand, qui bâtit aussi une laare. Elle rut fort renommée, et était éloignée de quatre ou cinq lieues delà ville de Jérnsa- 1cm ; mais le saint abbé n*y voulait point recevoir de jeunes gens qui n'ensseut point encore de barbe, c'est pourquoi saint Sabas el saint Quiriace s*étanl présentés pour être du nombre de ses disciples, il envoya saint Sabas au monastère de saint Théodiste, el saint Quiriace àcoluidesainlGérasime, parco qu'ils tt avaient point encore de barbe (k) ; et, à son imitation, saint SalMis ayant bâti ta célèbre laure quia porté son nom, il n'y recevait point non plus de jeunes gens et les envojraii d*alK)rd dans d'auires monastères. Saint Sabas (S) naquit au bourg de klsta* laSifue en Cappadoce, d*ns le diocèse de Ce- Siirée, vers Tua 440. Dès l'âge de huit ans il se retira dans le monastère de Flaviane, à une petite lieue de Uutalasque. Il y demeura dix ans, alla ensuite à Jérusalem avec l.i

Sermissioo de son ahbé, et passa l'hiver ans le monastère de Saint-Passarion, alor!« gouverné par Eipidt>. Ensuite il se ri*ndit auprès de sa ni Eulbyme pour vivre sons s«i conduite ; mais le saint abbé, le jugeant lro|i jeune pour demeurer parmi les ermilc*s de sa taure, l'envoya au monaslèredcn bas, dont était abbé saint Théoctiste.

Le relâchement s!étant glissé dans ce monastère, saint Sabas le quitta et s'établit dans

(4) Cyrill. Vif. S. Euth. apud Bolland. 20 janv., pag. SOS.

(5) Cyrill. VU. S. Sab. aped Colel. monmn. EecL Crœe. ioui« III.

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DICTIONNAIRE DES ORDRES REUGICLX

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te solitude da désert de saint Gérasime, assez près da Jourdain. Il avait pour lors trente cinq ans; et, après en avoir demeuré quatre dans ce désert, il quitta le séjour de celle solitude |:o r iilIiT habiter une caverne dans les roches d*une montagne, au pied de laquelle passait le torrent de Cédron, à trois .lieues de Delhlécm et à cinq de Jérusalem. H y vécut seul pendant cinq an^, occupé uniquement du soin de son salut, lorsque Dieu lui inspira le désir de travailler aussi à procurer celui des antres. II y bfltit une fameuse taure, et y assembla soixante -dix solitaires qui se mirent s )us sa conduite; le nombre s'augmenti jusqu'à cent cinquante. Mais, quelque grandes que fussent Tunion, la chanté et 1 1 bonne intelligence qu'il entretenait parmi eux, il ne* put empêcher que quelques-uns n'y apportassent du trouble, cl ils furent même assez hardis pour entreprendre de le priver de sa charge d'abbé. Ils aitèrml pour cet effet trouver Snllustc, patriarche (le Jérusalem, et lui rcprcsenlôrent •que saint Sabas était un homme d*une simp'irité grossière, imprurleni, Incapable de •gouverner uu si grand nombre de solitaires, «t scrupuleux jusqu'au point de ne vouloir

8 as être «prêtre ni permettre que l'on consrâl cet ordre aux religieux. Saliuste, informé d I mérite de saint Sabas, feignit (Kcvcou'er leurs plaintes, mais il ordoiuia prêtre le saint, et dit à ces faux frères : Voilà votre supérieur ; ce n'est point par le choix des hommes, m is par I élection de Dieu même qu'il est établi dans celle charge, llles ramena tous à la laure, où il consacra Téglise que saint ëabas y avait construite.

'Ce saint fonda aussi un monastère sur la 'Coiline de Caslel,à une petite lieue de sa laure. H bâtit encore un clollre à une demilieue de cette laure, où il faisait instruire /les novices ; et si c'étaient des jeunes gens, il les envoyait à une lieue et demie ce là, •4lans le monastère de l'abbé saint Théodose, son ami, pour les former et les mettre un •jour en état d'entrer dans sa laure, qui était le séjour Hes parfaits. Ayant été fait exarque ou supérieur général de tous les solitaires qui étaient dans les déserts, les ermitages et les laurcs, il veillait toute l'anuée par sa présence avec beaucoup d'application sur ces soiitaires qui araient clé commis à ses soins; mais depuis l'épiphanie jusqu'au dimanche des Rameaux, il se retirait dans le fond du désert, accompagné d'uu seul disciple, et s'y préparait à solenniser la fête de Pâques.

Les religieux rebelles de sa laure lui tendirent tant de pièges, que, pour céder à leur malice, il résolut de les quitter et se rrtir.i <lans différentes solitudes; mais le patrianhe de Jérusalem ayant obligé les religieux séditieux de la laure de l'y recevoir, ils aimèrent mieux se retirer eux-mêmes. Ils étaient au nombre de quarante qui all<>renl à la If'iure de Suça dans l'espérauce qu'on le^ y rcevrait; mais Aquilin, qtii eu él:ât supé-

(I) Bulleju, ttiti. Mon. <COmnl, p. GJ8. {t) hid., pag. 640.

rieur, ne voulut pis seulement qu'ils s'y n^ posassent en qualité d'hôtes. Quelques cf}« Iules abandonnées qui étaient près do torrenl de Thécoé leur servirent de retraite. \\% en firent encore d'autres au même lien, n commencèrent ainsi ce qu'on appela depuis la nouvelle laure.

Le zèle que le saint abbé avait pour cfi moines révoltés le tenait dans une sainte ioquiétude. Sachant qu'ils étaient dans l.i n^^cessiié, il leur fit tenir une somme d'arç;?it, obtint pour eux la propriété des celia!» qu'ils occupaient, entreprit un Toyage exprès pour leur porter lui-même diverses choses dont ils avaient besoin, et leur bâtit ooe église. Par ce moyen il sut les ralncre et \U se soumirent à son obéissance. Il leur donna pour abbé Jean, le premier de tous ses disciples. Il bâtit encore d'autres monastères, où il mit des supérieurs d'une grande sainteté: et, comme il n'avait pas moins de zèle poar la pureté de la toi que pour l'exacte obsrryauce de la discipline régulière, il veillait sans cesse pour empêcher que le venin de l'hérésie ne se glissât dans tous ses monastères, il convertit même quelques solitairn nestoriens et travailla depuis avec le méntc succès à faire revenir ceux qui suivaient H erreurs d'Eutychès et de Dioscore. EnGn re saint abbé, étant âgé de plus de qualre-Tio2!douze ans, mourut dans sa principale laure lo 5 décembre de l'an 531.

L'on prétend que la liturgie qui est aojourd'hui en usage parmi les Grecs eslcrlk que l'on observait dans les monastères dsaint Sabas, qui l'avait reçue de ses maitr : saint Euthyme et saint Théocliste (1). A y o exemple, il y eut plusieurs de ses discip'<-< qui fondèrent aus^i des laures, dont lespt'ti remarquables furent Jacques (2), qui foo 3 auprès du Jourdain la laure des Pyrges, <-i des Tours; le B. Firmin, qui bâtit U laur< de Malische, connue depuis par son nom; Sévérien qui eu fonda auiisi une dans on lit* i nommé Mariche, et Julien qui bâtit près du Jourdain la laure d'Ëlcérabe.

Nous avons ci-devant parlé du monastè e de saint (jérasîme, où saint Quiriare fut envoyé par saint Euthyme. il était an roili q d'une laure que saint tiérasime avait bâtic^ un quart de lieue du Jourdain, â pea prc« dans le même temps que saint Sabas vinlJi monde. Elle était composée de soixanle-dii cellules. Les novices el les jeunes gens dmeuraient dans le monastère, et y pratquaient les exercices ordinaires des comm-" nautés, et la laure n*était que pour ctu\ qui, étant avaucés et bien affermis dan» Ij vertu, pouvaient supporter une plus eiari' solitude et une plus austère péniience .^.• lis se tenaient seuls dans leurs ceKu es ri •! jours de la semaine, n'ayant pour toute uour* riture que du p.iin, de l'e u et queîqu s dattes. Le samedi el le dimanche, ils ienai<*c.i au monastère, où, après avoir participé aui sacrés mystères , ils mangeaient quel^ ^ chose de cuit et buvaient un peu de us.

(3} Viu S. Euth. apud Bolland. iO jan., p. 31&

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Après If I Téprcs du dimanche, i!« retour- Diiienl dans leurs cctlolcs, eraporlant avec eui do pain, de Teau et des daUcs, pour se Il lurrir pendant lescinqjours qu'ils y deTaipot rester seuls. Ils s*y occupaient au travail et à la prière, lia n*y pouvaient pas allumer de fftt, non pas même de lampe pour faire la lecture; et c'était une loi parmi eux que lorsqu'ils sortaient de leurs cellules, ils eu devaient laisser la porte ouverte pour marquer par là qu'ils n'avaient rien en propre et que les antres pouvaient disposer de leurs pcli*s meubles (!}. Saint Gérasime mourut lan 475. Il y eut encore d'autres laures aux environs du Jourdain , et celle qui fut bâtie par un saint solitaire nommé Antoine fut nommée la taure des Eliotes. Nous donnons ici l'habillement d'un moine de Saint-Chariton et ceint d'un moine de Sainl-Sabas tels que le P. Bonanni, Odoart Fi;itelti et Scliooncbeck les ont fait graver (2). Il y a bien do l'apparence que du temps des fondateurs de CCS laures, ils n'étaient pas ainsi habilles ; ma s, comme les laures do ces deux saints ont subsisté pendant plusieurs siècles, ceux qui ont habile ces laures ont pu piendro dans la suite de pareils habillements. Quant à ta coolenr, il parait que la robe des moines de Sainl-Cliariton était blanche, la chape et le capuce noirs, et que rbabillement des moini-s de SainUSabas était entièrement noir. On voit encore aujourd'hui des vestiges de la laure de ce saint dans un monastère de muines grecs, qui a toujours retenu le nom de laure de Saint-Sabas.

LACRÉTANS PARTICIPANTS. Voy. Be-

TDLÉBM.

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