‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 82 sur 118 · LIO · texte numérisé non relu

LIO

Pabbé Giusiinioni et é quelques autres aotear5t Garcias VI, roi de Navarre, institua Tordre du Lis. Ce prince, selon ce que di* sent ces auteurs, étant tombé dangereusement malade Tan 10^8, mvoya â Sainl-Sau- ?eur de Leîra et à quelques autres lieux de dévotion faire des prières et des Tœnx pour le recoarrement de sa santé. En effet, il la recouvra, et ce qu*il crut y aroir le plus contribué fut la dévotion qu'il eut à une image miraculeuse de la sainte Vierge, sortant d'un lis et tenant son Fils entre ses bras, qui fut trouvée dans le même temps à Nagera, où il tenait ordinairement sa cour et où il avait toujours demeuré dès sa teunesse : ce qui lui Gt donner le surnom de Nagera* C'est pourquoi, la mémcannée 1048, il fit bâtir en action de grâces une église magnifique que Ton appelle aujourd'hui Sainte^Marie' la* Royale ae Nagera^ qu'il accompagna d'un su-

f»erbe monastère, où il mit des moines de 'ordre de Saint*BcnoU. Non content de cela, et pour témoigner davantage la dévotion qu'il portait à la sainte Vierjçe, il institna en son honneur un ordre militaire sous le nom de Sainte^Marie du Liê^ dont il retint pour lui ci pour set successeurs la qualité de chef et de grand maître. Cet ordre était composé de trente-huit chevaliers, tous gentilhommes tirés de Tancicnne noblesse de Biscaye, de la Vieilie-Castille et de la Navarre, qui en le receranl faisaient vcmi et serment solennel eo- Ire les mains du roi d'exposer leurs vieS et lears personnes pour la con)»ervatiott de la coaronne de Navarre et l'eipulsion des Usures. Chaque chevalier portait sur Tes^ tomac un lis d'argent en broderie, et aux jours solennels une chaîne d'or entrelacée de lettres U gothiques, an bas de laquelle pendait une médaille d'or en ovale où était UQ lis émaillé de blanc sort«ini d'une terrasse et surmonté d'une M gothique couronnée.

Us étaient tcaus de dire loni les jours certaines prières qui leur furent prescrites, atec une règle, par les moines du monas*tère de Saînte-Marie-la-Kovale de Nagera. Selon le même Favin, cet ordre a été fiorissantsous les successeurs deGarciasVi, et on voit encore leurs effigies, «ussibien que celles tie plusieurs chevaliers de cet «irdre, tant autlit Nagera qu'à Saint-Sauveur de Leira, à Saint- Jean^Baptiste de la Roehe, au monastère de RoBCevaux* en l'église cathédrale de Pampelnne, el en d'antres Keax, avec le collier de Tordre.

^ Il est vrai qu'Yépèz, dans sa Chronique de rOrdre de Saint-BenofI, parlant du monastère de Sainte-Marie»la«Royale de Nagera, tlit aussi que Gardas Vl, après avoir fait bâ« tir ce monastère, in!«titBa un ordre militaire; ûiais il dit que ce fut l'ordre de la Terraça ou du Vasêdu Lii^ et en met la fondation, aussi bien que celle du monastère, Tan 105*2. Le motif qui porta ce prince à faire ces deux fondations, selon cet autenr, fut la découverte ou'il fit dans ce lemps-li d'une image île la Vierge; mais ce fut étant à la chasse qu'il trouva cette image , circonstance qui ^ confient point à ce que dit Favin, que

Garcias était malade lorsque cette image fut trouvée. Il y a d'autres auteurs qui disent encore que ce ne tut point ce prince qui in* stîtua cet ordre, mais son père, Sanche le Grand, l'an 1023. Ils ne conviennent point non plus sur la marque qui distinguait ces chevaliers. Favin, comme nous avons dit,

E rétend qu'ils portaient un lis d'argent en roderie, etque le collier était composé d'une

double chaîne entrelacée d'M gothiques, au

^(Uiille nans la-

thique couronnée. Yépèz dit que ce colncr

bout duquel pendait une mé<

quelle il y avait un lis surmonté d'une M go-

étatt composé de chaînes d'or et d'argent, au bout duauel il y avait nn vase plein de li^, et que I on nomma cet ordre de la Terraça ou du Pose de Lis^ à cause que l* roi de Na* varro trouva aussi nn vase plein de lis à côté de l'image de la sainte Vierge. HIchieli et le P. Hendo, qui sont deux autres auteurs espagnols, disent que ces chevaliers portaient sur un habit blanc l'image de l'Annonciation de la sainte Vierge entre deux lis. Yépèx ajoute que cet ordre fut éteint après la mort de Garcias VI, son instituteur, et Favin prétend qu'il fut beaucoup florissant soos ses successeurs. Ces contrariétés qui se trouvent entre ces auteurs, qui n'apportent aucun titre ni aucun témoignage pour appuyer leurs senlimenta, nous portentà ne rien croire de ce qu'ils disent, étant persuadés d'ailleurs qu'il n'y a eu aucun ordre militaire avant le zii* a«ècle. Ainsi, ni Sanche le Grand ni Garcias VI n'ont point été les insti'.uteurs de cet ordre ; et, s'il a subsisté, il ne peut avoir été fondé que par quelques-uns de leurs successeurs, sans qu'on sache en quel temps tt a commencé. Il a en le même sort do plusieurs autres au! ont été abolis: ce qui n'a pas empêché labl>é Giuslinianl etSheonebetk do dire que les roia de France et d'Bspagne s'attribuent chacun la qualité de grand maître de cet ordre ; et Giustiniani a même dimné une chronologie de ses grands matires, qui commence à Garcias VI, roi de Navarre, et finit à Louis XiV, roi de France, conjointement avec Charles 11, roi d'Espagne.

Il y a bien de l'apparence que œt ordre du Lis, que Ton prétend avoir été institué dans le royaume de Navarre, est le même que ce* lui du Vase de Lis de la sainio Vierge institué par Ferdinand, infant de Cftstille surnommé d'Antiguera, pour avoir conquis celte Slace sur les Maures Kan 1^10. Il y a des erivaina espagnoli qui prétendent que ce prince ne Al que renoa vêler celui in Lis, qui, selon eux, avait été institué par Garcias VI et qui fut éteint par sa mort. Jérême Roman, cité par Yépèz,est de re nombre, et met l'institution de celui do Vase de Lis par l'infant de Castille Pan 1403, prétendant que le mol.f qui porta ce prince à l'instituer fut la dévotion qu'il portait à la sainte Vierge, et que ct; fui le jour de son assomption qu'il fit des chevaliers de cet ordre dans la ville de Médina dei Campo. Mais le litre de roi que cet auteur attribue à ce prince donne lieu de croire que cet ordre ne peut pas avoir été institué Tau li03, poisqu^il ne fut élu roi

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

ru

d'Aragon qu'en 1410. Ceux qai ont dît que ce fut l'an H13 se sont aussi trompés, puis* que Médina del Campo, où se fit cette institution, est de la Viellle*Castille, qui appartenait à Heuri II! , roi de Ca^tillo, frère de Ferdinand. Ainsi, il y a bien de l'apparence que ce dernier, ayant été él^ roi d'Aragon en HIO, fit la cérémonie de rinslitution de cel ordre dans la ville de Hediua del Campo, oà il avait pris naissance et faisait son séiour ordinaire, lorsqu'il fut fait roi d* Aragon. Quoi qu'il en soil. l'on prétend que le collier de cet ordre était composé de vases remplis de lis entrelacé de griffons, au bout duquel pendait une médaille où était Timage de la sainte Vierge (1).

Yépéz, Chroniea de la Orden de San-Benito. Favin, Histoire de Navarre, et Théâtre t honneur et de chevalerie. Le P. AnselmCi^ Le Pa^ lais (/eTAonnetir.Hennenius, Deliciœ eauest. Ord.Andr.MendOy De Ord, milit. Josepn Hicfiielli, Thesor. milit, de cavaler, Bernard Giustiniani, Bist. di lutt, gl, Ord. milit* et Schoonebeck, Hist. des Ord. militaires»

LIVONIE r Chbvalibrs de). Foy. Teuto-

MIQDB.

LOCHES (Rbligibusbs HospiTAuèBES dbj et autres du même institut.

La ville de Loches en Tourai ne, située sur l'Indre , à sept lieues d'Amboise et dix de Tours, a donné naissance à des leligieuses hospilalières qui ont fait p!nsieurs établissements en France. L*hApital ou hôteUDieu de Loches doit en quelque manière son é(ablîssement A la sœur Susanne Dubois, religieuse de l'hAtel-Dieu de Senlis. Nous ne savons point les rajsonsqui l'obligèrent d'aller A Loches ; mais, y étant arrivée, elle se n tira dans on hospice proche les Cordeliers, où elle recevait les pauvres, qu'elle faisait coucher sur la paille el auxquels elle donnait seulement le couvert, ne vivant ellemême qu'avec beaucoup de peine des aumônes que les personnes dévotes lui envoyaient chaque femaine.

I Le maire et les échevins de la ville^ édifiés de la charité que cette bonne sœur exerçait

' envers les pauvres, prièrent le cardinal de la Rochefoucault , évéqoe de Senlis, de permettre à la sœur Susanne de s'établir A Loches. Ce prélat y consentit, A condition qu'elle vivrait en communauté avec d'autres filles qui feraient comme elle profession de la règle 4e saint Augustin^ amsi qu'il est porté par l'obédience que celte Eminence lui en* voya le U juillet 1621.

La sœur Susanne étant morte l'an 1626, le duc d'Epernon , gouverneur el seigneur engagiste de Loches, se joignit au maire el anx échevins de cette ville pour demander A Berirand Deschaud, archevêque de Tours, rétablissement d'un monastère de religieuses hospitalières daas l'hospice où la sœur Susanne avait demeuré. Ce prélat accorda leur demande , il consentit que le saint sacTemeal fui gardé dans la chapelle 4e l'hos-

il) Voy., à la.fin du vol., u* ID2.

pice, et commit M. Paquier Bourré, prêfre, natif de Saint-Germain-sur-lndre proche Loches , pour administrateur spirituel tt temporel de cet hôpital naissant. Ce bon prêtre y donna cent sols de rente , el« pour le surplus de l'entretien des rel gieoses H dn pauvres, il se donnait lui-même la peine d'aller quêter de maison en maison.

L'on fit venir l'an 1629 une religieuse de l'HAtel-Dieu de Paris pour établir la régnUrité dans cet hêpilal. Elle y donna l'habit i trois filles ; mais étant morte avaot qu'elles eussent fini leur année do probalioo» Tarchevéque de Tours y envoya de l'hôtà-Dtea de cette viile une autre religieuse qui reçut leur profession, et s'en retourna ensuite à Tours.

Le zèle de ces nouvelles professes â servir les pauvres attirant une infinité de maladei dans cet hêpital , et leur petit nombre n'étant pas suifisant pour résister au travail et à la fatigue, l'archevêque de Toars, qtii avait permis cet établissement, consentit aussi que ces religieuses reçussent on p'o» grand nombre de .filles. Ih sjen présentait beaucoup, mais le terrain trop resserré ao'elles occupaient était un obstacle A la réception des filles qui se présentaient ; c'est pourquoi le roi accorda deux arpents de pré dans la prairie qu'on nomme encore aujour* d*hui la prairie du Roi , afin de pouvoir agrandir les bAtiments ; et parce moyen cette maison ayant été augmentée est devenoe plus commode, ayant une église, an chœar ettous les lieux réguliersquiconviennent aot maisons religieuses, principalement i celles où Ton exerce rhospitalilé.

L'exactitude avec laquelle elles observèrent la règle de saint Augustin et les coaslltulions qui leur furent prescrites leur acquirent beaucoup de réputation, ce qui les fil souhaiter dans plusieurs villes du rojaii* me. Les premières qui eu demandèrent forent celles deClermont et déRiomenAovergne, où M. fiourré mena des religieoses pour y faire des établissements. Il sortit en* suite d'autres religieuses de l'hôpital de C!ermont pour fonder ceux d'Arles et do Guérel. L'hôpital de Riom fonda aussi celui de la Palisse, et l'hôpital de la Palisse celui de Grenoble. Il se fit enc ire d'autres établbsemonts A Amboise, A Cbinon, à Poitiers, â Niort, a Vierzon, A Aubigny.àBeaoeaire et en d'aulres lieux, jusqu'au nombre dedix4iuiL

Ces religieuses, outre les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, en CdoI on quatrième de servir les pauvres sous clôture. Elles disent tous les jours an chiear le petit office de la Vierge, el font mémoire des fôtes qui arrivent selon l'Ordre du bréviaire romain. Aux fêtes annuelles, A celles de Notre-Scigneur, de 1 1 sainte Vierge, el de plusieurs autres de l'ordre de Saint- Angostia, comme aussi A celles des patrons particotiers de leurs hôpitaux, elles disent le grand ofiire du bréviaire romain.

Elles fout abstinence tous les mcnrcdis d

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pendant Tavcat, qu'elles comnicnccnl an 25^ norenibre. Elles jcûneni tous les vendredis de rannép, les feilles des fêtes de Notre-Sei-

Sneor et de leurs patrons. Elles prennent la isrîpline une fois l.i semaine, fiini oraison mentale soir et matin, et tons les ans elles renouvellent leurs vonjx le jour de la Préicnlation de la sainte Vierge au temple, après s'y être préparées par une retraite de (rois jours, qu elies font aussi pendant la se* maioe sainte, trois jours avant les fêtes de la Pi'utecAte et quelques autres jours de Tannée.

Leur habillement ordinaire consiste en une robe de serge blanche serrée d'une ceinloro de cuir, et un scapnlairc blanc. Les jours des grandes fêtes, auxquels on dit le bréviaire romain, elles portent une robe noire, et encore les jours de cérémonies, comme de vétures et do professions, avec la ceinture de cuir sans scapulatre cl un cruciOx an cêté gauche passé dans la ceinture de cuir (1). Elles sont enterrées avoc une robo noire, et on leur met la couronne d'épines qo elles ont portée le jour de leur profession.

Leur coiiiure est à peu prés semblable à celle des au:res religieuses, si ce n'i st qu'elles ont un double bandeau et une guimpe carrée, et que les jours de communion, do chapitre des coulpes, de l'élection de la supérieure et autres cérémonies, elles portent des voiles de deux aunes et demie de long qui tratnent jusqu'à terre (2). La vêlure et la profession se font avec l'habit noir , el le icndenmin elles prennent le blanc. Les sœurs converses portent des voiles de toile noire, des rochets pendant l'été, et pondant l'hiver la robe blanche (3). Elles ne portent jamais riiabil noir qu'à leur véturo el à leur profession, et elles sont enterrées aussi avec rbabit noir et la couronne d'épines, comme les religieuses du chœur.

H 7 a néanmoins des hôpitaux, comme dans ceux de Clermont, de Kiom, et les autres du diocèse de Clermont, où les religieuses portent des rochets sur leurs habits blancs pendant Tété, et où les sœurs converses sont hatiillées comme les religieuses du chtpor, n'étant distinguées que par un voile blanc qu'elles portent toojoun. Les religieuses de ce diocèse ont des constitutions particulières, qui ont été approuvées l'an i()91, par H. François Bochart, évêquo de Clermont, et imprimées à Paris la même année.

Mémoire envoyés de Loches en 1712, et l<'s coniltltf <tons de la congrégation de$ re/tgieuses HoêpUaliires de f ordre de 5ainl-^u- 'jusiin,

LOMBARDIE. Voy. Augustins.

LOUBARDIE. Yoy. Jérôhk (Eruitbs db

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