NAU
alla à Berlin et y tleviDl btblioUiécaire du roi de Prusse. Les constitutions fureol approof ées au diapilre général tenu à Marnioolier»> en f769, puis autorisées civilement par lettres patentes et enregistrement.
Quoique les noareaus statuts n^eussent rien décidé sur la composition d^un nouveau bréviaire, la congrégation ne laissa pas de céder au goût ou à la manie du siècle, et Gt on bréviaire nouveau pour son usa^e. On en confia la rédaction à dom Foulon, janséniste ardrni, qui y mil des preuves nombreuses de ses principes. Le psautier y a souffert quelque altération ; les prières les plus autorisées et les plus anciennes y sont changées. La iioineuclalure des sainis du calendrier est eu conséquence des idées du réJaiteur. Ce bréviaire parut en 1787 , en k vol. tol2, sans approbation du générait vi sans mandement <|ui le prescrive dans li congi^gation. Qui Tavait donc commandé? ce n^était pas 1 • bureau (iH^nire, supprimé depuis Ittngtemps par Taulorité civile. Ce bréviaire no fui point régulièrement adopté. Un ancien prieur de l*abbayp du Bec» lequel en faisait usage, «iprcs la révolution, nous a dit qu'on ne le récitait pas encore dans son monastère. Il paraît cependant qu*on commençait à s'en servir dans quelques maisons quand la révolution française éclata.
Les six provinces dont parle ci-dessus le P. Bélyot étaieiii toujours les mêmes. Entre les 180 abbayes ou prieurés qui les composaient» on voyait r resque tous les célèbres monastères bénédictins de France. Ainsi, dans la province de Normandie, on comptait Jumiéges, Fé(*amp,Saint-Waudrille, qu'on eût pu jadis appeler l'asile des saints ; le Bec, jadis habité parLaufranc et saint Anselme, Saint-Etienne deCaen» le Mont-Saint-Michel, eic. Dans la province de Bretagne, on voyait les abbayes de Saiut-Melaine, à Rennes, de Redon, du prieuré de Lohon, à Dinan , chef-lieu d'une réf.irme particulière , avant son union , etn. Dans la province de Fnincc, on trouvait la fameuse abbaye de Saint-Denis, maison d*étodei pour les religieux, Marmoutiers, Saint- Grrmain des Prés , Saint Faron, etc. Les Bénédictins de la congrégation avaient la direction de presque toutes les écoles militaires ; i|s avaient en outre plusieurs collèges pour niblruclioo et Téducation de la jeunesse, par exemple dans rabba}e de Tiron, au Perche, où fut élevé Tabbé de Villefroy, savant orientaliste; dans l^âbbavede Font- Levoy, diocèse de Blois ; dans celles de Saint-Gernier , au P^ys de Bray ; de Beaomont-en-Aoge ; do ^rète,dans le Languedoc; de Saiut-Jean-d'An- Ro^y, en Sainlonge ; de Rebais , en Bric ; de fliuissy, dans la principauté de Dombi-s ; aAu%erre.... sana parler de plusieurs monaslères, surtout dans les campagnes, où les religieux instruisaient les enfants.
Dans tout le courant du siècle, les Béno* dtciins avaient conservé, m.ilgré leu^^ disscnlions intestines, Tbabitude de leurs travaux (t de leurs publications précieuses. I -s avaient j^Q commencement du siècle établi, dans labbayede Sainl-Florcnt deSaumur, une
académie bien plos précieuse que le prétendu bureau liuéraire. Cette académie , toute composée de sujets distingués par leurs talents , et dirigée -par un théologien habile dans la science ecclésiastique, avait pour objet rétude île la théologie, mais sans s'assujettir à la méthode de Técole. Les textes originaux de l'Ecriture, les conciles, les Pères, les historiens de TËglise., étaient les sources où ils puisaient le goAl véritable. Lé brillèrent dom Rivet et un grand nombre d'autres. Avec la seicnce ecclésiastique qui régnait réellement dans la congrégation des Mauristes, nous croyons pouvoir insinuer que ne se trouvait point la science tbéologique propremeal dite, telle qu'on la trouvait dans plusieurs membres de la congrégation de Saint-Sulptce^.de celle des LasaristeSf de l'institut des Jésuites , de la société des Eudistes, etc.
En 1770, on a publié VHMoire littéraire de la congrégation de Saint^Maur^ par dom Prosper Tassin, qui a mis dans ce livre des preuves de ses préventions jansénistes, mais qui fait bien connaître les travaux de sa corporation, à dater de 1618 jusqu'à l'époque ou Il livre son ouvrage au public. On peut consulter aussi la Bibliographie de la congrégalion de Saint-Haur qui se trouve à la On d'une Histoire de dom MabUlon^ publiée par M. Chavin en IStô. Cette nomenclature, toute défectueuse et incomplète qu'elle est, peut néanmoins donner une idée juste des travaux de la. célèbre congrégation. Nous croyons devoir dire ici que presque tous cea travaux étaient composes sous l'influenre de Tesprit janséniste. Quand la révolution dispersa les religieux , plusieurs entreprises d'un grand prix demeurèrent inachevées : telles THistoire Littéraire de la France, l'édition des OËuvres de saint Grégoire de Nazianze, etc. — Nous allons donner ici quelques détails sur 1 intérieur de la maison des Blancs-Manteaux, la plus importante de la congrégation sous le rapport littéraire , après l'abbaye Saint-Germain des Prés. C'est des Blancs-Manteaux que partit cette rc-» quête contre la demande scandaleuse dos vingt-huit Bénédictins dont nous avons parlé. Aux Blancs- Manteaux les constitutions de la réforme étaient régulièrement gardées. Le maigre était continuel, et on couchait sur une paillasse piquée, Dom Haudiquet était, lors de la suppression, prieur de cette maison, qui n'était pas abbaye. Le se trouvaient plusieurs religieux dont le nnm est connu : tels dom Foulon, Tauteur du bréviaire que nous avons mentionné plus haut ; dom. Clémencct, auteur de r^ir/ d& vérifier les datée. Ce religieux, qui ne manquait jamais d'assister aux matines quoiqu'il fut Agé de 80 ans et qu'il cAt une sonde, jouissait d'une
Srande réputation ; il était lié avec Bailly , epuis maire de Paris, rcçot la visite du prince Henri, frère, du roi de Prusse, etc. ; dom Délbrisy qui avait commeacé l'édition des œuvres de Bossoet • dom de Cognac (notre compatriote), qui travaillait au Gallia ChnHiana: dom Labat, qyi a donné uae
OICTIONRAIRE DES ORDRES RELIGrcOX.
liittoire et Tabbâye de Saf o(-Polyoarpe ; dom Malherbe, qui trayaillaiC à une hitloire da bas Langoedoe ; dom CaflBeri » frère da seul*
Bleor» à qui sont dues les statues des quatre ères qui élalenl aox In?alides$ dom Merlei aénèaiogiste savant, consoUé par les grandes familles } dom Quinqaet, qui caltirait nn petit jardin dans le quartier, s*o€copatt des fleurs et connaissait moins les livres que les tulipes et surtout les jacinthes. Dom Brin , procureur, n'égalait aussi les autres, ni en science ni en ferveur. On en peut dire autant de dom Malvanx, religieux minoré , qui ri* Tait pourtant arec les savants dont nous avons parlé et qui nous a fourni ces détails curieux. Tous ces religieux laborieux et en apparence si réguliers étaient malheureusement imbus des erreurs jansénistes. C'était dans leur maison que se faisaient les abonnements aux fameuses Nouvelles eeeléiiasti'» tues, auxquelles travaillait dom Déforis. tesque toos donnèrent aussi dans les erreurs de la Constitutita civile du clergé, el quelques-uns dans des scandales ineoncevables, comme dom Foulon, Tauieur du bréviaire, qui se retira à Montmorency, près de Paris, et s*y maria avec une femme qu'il avait séduite depuis longtemps, ainsi au'il le déclara à la municipalité. Là vint anoutir rauslérité qui avait sa base dans le jansénisme. La maison des Blancs-Manteaux était habitée par des religieux envoyés de toutes les provinces de la congrégation ; les religieux portaient le titre de conventuels ou modérateurs.
La célèbre abbaye de Saint-Germain des Prés est asseï connue ; elle était comme le cheMieu do la congrégation de Saint-Maur. Le revenu de la mense abbatiale et de la maison valait environ 300,000 livres, dont les deux tiers allaient à l'abbé, qui était commendataire. On avait reconstruit, dans le cours du dernier siècle, une partie du cloître de ce monastère et deux grands corps de logis. La bibliothèque de cette abbaye, qui était la plus nombreuse après celle du roi, avait été commencée par le P. Dubreul et augmentée successivement. Dans le xviii* siècle, elle lut enrichie des bibliothèques de rabbé Jean d'Bstrées (1718), de Tabbé Renaudot (1720), du chancelier Séguier, manuicriis (en 1733), du cardinal de Gesvres (1744), de M. de Harlay, conseiller d'Etat (en 1768). Le tout donnait un chiffre de 100,000 volumes imprimés et quinze à vingt mille manuscrits, dans toutes les langues. On y trouvait le manuscrit des Pensées de Pascal, qu'on a édité et dont on a tant parlé depuis peu. Les abbés avaient autrefois toute juridiction tant spirituelle que temporelle sur le faubourg Saint-Germain ; le prieur de l'abbaye était vicaire général né et perpétuel de rarcbevéqne de Paris, et ce, jusqu'à la dispersion. Le dernier général fut le R. P. dom Ohevreux* Les sujets n'afiluaient pas dans les noviciats ; depuis longtemps la congréf aiion était dans Tasage oe secourir les parents nécessiteux de ses membres. Sans cette CM vre de charité « elle eût en fort peu de poe-
tulants» La commission des régalien lai avait nui, ainsi qu'aux autres instituas. Lei
Querelles intestines de la congrégatioa îs aint-Maur auraient peut-être amené m nV ne, si la révolution n*étaiC vesuebàierii dhsoitttion. Des troubles avaient eacove es lien pjeu d*années auparavant Un chapitre tenu à Saint-Denis avait été oraf[eus, et kê disseotimenls, les plaintes eu étaient veais an point que le parlement lui-même GtlroU Rrmanirances au roi sur ces malbeareeseï affaires. I«a dernière est datée du 1*' tévrier 1785. Toutes gémissent et crient sur les fonestes opérations de la commission des réguliers, qui en 1780 avait été dissoute, aais créée de nouveau le même jour, sous an attre nom. Cette fatale commission était aton composée de cinq évéques , qui ne cos^h taient plus avec eux que l'un des cinq Itiques qui leur étaient jadis adjoints.
Les Bénédictins de Saint-Maur quitièreat leurs monastères en 1792.
Dès raniiée 1815, après la première rts» trée des Bourbons, quelques anciens religieux de cette eoncrâ^ation adressèrent enc requête i Louis XVÎll; ils représenlaiest que si on avait à reprodier à qnelqMi membres de leur corps roubli de leur r^Ie, il y en avait d'autres qui n'en avaient jamaii perdu l'esprll et les sentiments, et qoi, as milieu des orages, s'étaient conservés pir> et Gdèles. Ils demandaient i reasusdler ose corporation non abolie par TEglIse, qui poovail être encore si utile à la société, aas lettres, à rinstruction publique. Dom Groo't d*Arcy avait, nous a-t-il die, prié H. àe Montesquieu d'obtenir du roi une ordonnance qui rétablit la congrégation. M. àe Montesquieu y consentit, mais il répondit sa* gement qu'il fallait que les Bénédictins fassent réunis avant que le roi accordli l'or* doDuance, laquelle certainement ne sérail
Eas refusée. A la seconde rentrée des Boutuns, le projet ayant pris plus de consîstaoce, ou rechercha par la voie des jouroaot l'adhésion des religieux dispersés qui vos* draient contribuer à le mettre A exécotioB. Il le fut en effet en 1816. L'association des chevaliers de Saint-Louis faisait élever i ses frais des enfants. Les Bénédictins furent intorisés par le roi i 'répondre Arinvitatios des chevaliers de Saint-Louis qui leur pro* posaient de se charger de leur ceuvre ; îb se réunirentiScnlis,dans l'anden monastèrede la Présentation, oui avaitétéacquis à oeleflct, et reçurent aussi d'autres enfants avec cesi de l'association. Une partie des religieai r»
firit les exercices monastiques et I autre h ivra A l'instruction. Mais malbenrenseinesl ils ne reprirent point leur habit.
Dom Marouet, ancien prieur de Fabbaje et directeur du collège royal de Pont-Levoy, fut le premier directeur de cette maisos. qu'il n'eut pas le temps de former an iréik ses désirs. 11 mourut le S oclobra 1817, i^ de 78 ans, el fut inhumé dans le dmelière de Sentis, ou l'on voit son épitaphe. Nous ne w; vons s'il était propre A son œuvre; il n'avait réuni autour de lui que quelques vieillardi»