‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 98 sur 118 · HEL · texte numérisé non relu

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A le chef do i tergé» saU lire, aussi bien que *s évéques qui ii*oiit ancon soin des âmes, uî ne Ttsitent ni leors églises, ni leors dicH êtes , el dont Toecupation ordinaire est d'ère dan^ des fealins eontinneis et de s'enirrer resque fous les jours. Lenr principal refeuu onsiste ^n ce qn*ils retirent des femmes et Ira enfanta de leurs fassaox qu'ils Tendent iox Toroa.

Ces peuples reconnaissaient aotrefois le pariarclie d'Antioche; maintenant ils obéissent \ celui de Conatantinople, et ont néanmoins (hacQo on primat de leur nation qu'ils appellent ColAof tcoa, et <fui ont aussi chacun leur juridiction particulière. Il y a?ait autrefois douie éTéchés dans la Mingrélie, dont il n'en reste plus qae six. Les autres ont été cfaan* rés en abha jes, qui »onii€ hiaggi^ Giùpur\a$^ Copis, Obburgi^ Séba$îofol^ qui a été ruinée par les eaox, et Anarghia.

Les éféques y sont fort riches , surtout le Catbolicos, et la simonie est ordinaire parmi eux ; car le Catholioos ne consacre point un èvèque. s'il ne loi donne cinq cents écos. Il ne confesse qoe pour une bonne somme d'ar* lent; et il y en «ut on qui, ayant été mécontent de ee on*un ?isir ne lui aTail donné que cinquante écna pour s'être confessé à lui, ne f onhit pas le confesser une seconde fais qu'il ne lui eÎÉt payé auparaTant la première con- (irsiion. Il ne célèbre point de messe qu'il ne loil assuré d*avoir cent écus, et Ton double ordinaireoMnl celte somme lors^ioe c'est une messe des snerts. Gomme parmi les éf éques il 7 en a qui ne savent pas lire, ils appren* aent une messe par cœur, qu'ils disent printipalement aux enterrements, après s'en être bien lait payer, à l'exemple de leur Galholitos. Il y a quelques moines qui ont le titre et le retenu d*un évéché, qui leur est accordé par le prince, sans être consacrés; mais, consacrés ou non, ils ne laisaeul pas de faire des prêtres pour de l'argent.

Ces prélats prétendent néanmoins être plus saints que eeux de l'Bglise romaine, à cause qu'ils ne mangent point de viande, de mémp que les évêques grecs, et ils observent avecle peuple les mêmes carêmes des Grecs. Ctst dans la praiiune de ces jeûnes, qu'ils observent très-mal, qu'ils font consister tous les dcToirs du christianisme. Les prêtres ne sont pas plus éclairés que leurs evê- ^aes; s'ils savent lire, qu'ils aient appris tine metse par ccBur, et qu'ils puissent donaerà l'évêque la valeur d'un caeval, ils sont <^osnés prêtres, et se marient autant de fcis qae bon leur semble. L'on peut juger *i le peuple est bien instruit, ayant des pas* i<*Qri si Ignorants et si vicieux : aussi n'a<- 1*11 pas la moindre idée de la foi et de la re- "Kîoa, traitant de fables et de rêveries la vie étemelle, le jugement universel et la rétarreclioo des morts- Us Géorgiens observent mieux le jeûne 4QS les Mingréliens et font de pins longues <v«isQns. Le prince contraint les eocléaiasU- JI^M|Stméme les évêques, d'aller à la guerre. U tenue son suilrafe avec les évêques dans

(l)1^siMktoaBdQvol.,n*2^

réfection du primat , et tous élisent celui qu'il leur recommande. Ge prélat ne tient

1>oint le premier rang pour le spiritul^: mais e prince est le maître absolu pour le spirituel et pour le temporel, quoique mahométan; car le roi de Perse l'oblige d'embras* ser la relifrion de Mahomet pour conserver sa dignité dans sa famille, et les grands seigneurs du pays se servent des prétri'S comme de valets, méprisent les évêques et les chê<« tient. Les Mingréliens ont plus de respect peur les évêques, mais ils ont aussi un iprand mépris pour les prêtres, à cause de leur ignorance et de leur ivrognerie, et nn prêtre n'est respecté que quand il dit la messe.

Les religieux mingréliens sont aussi igno« rants que le reste du clergé, et ne sont p<is mieux instruits des mystères de la religion. On les appelle S^rcs, et ils sont habillés comme les séculiers, avec cette différence que les séculiers ont peu de barbe, et se rasent le sommet de la tête en forme de couronne, coupant leurs cheveux en rond au-dessus des oreilles, et que les religieux laissent croître leurs ctieveux et leur barbe. L'iiabillement des uns et des autres consiste en une chemine qui descend jusqu'aux genoux el qu'ils renferment dans un caleçon ou pantalon ; et f^ar-dessus ils mettent une espèce de veste ort courte, ou un feutre assex semblable A la chiamyde des anciens, en passant la léte dedans, et ils le tournent comme ils veulent, du côté que vient le vent ou la ploie; car il ne couvre que la moitié du corps, et ne des« cend que jusqu'aux genoux. Leurs souliers ne sont que d^une semelle de peau de buffle qui n'est point préparée , et cette semelle s'attache aux pieds avec une courroie do même peau qu'on lace par-dessus : quelques* uns disent qu'il n'y a que les religieux qui portent celte espèce de veste (1).

L'on ne fait pas grande cérémonie pour la réception de ces religieux. Leur vocation vient de leurs parents, qni les consacrent dès leur enfance en leur mettant sur la têlc une calotte noire qui lenr couvre les oreilles, leur laissant croître les cheveux, leur recommandant de s'abstenir de manj;er de la viande, et leur disant pour tonte raison qu'ils sont Bères. G'est ce que les enfants observent, sans savoir ce que c'est que d'être Bères. On les donne ensuite à d'autres Bères pour les élever, et ceux qui les donnent à des moines grecs réussissent mieux.

Les religieux géorgiens en savent un peu plus que les Hinaréliens, et la plupart des chrétiens de la Géorgio sont instruits àe% mystères du christianisme dans les monastères, où ils apprennent aussi à lire el à écrire. Ces religieux sont habillés comme les moines grecs, et se disent, aussi bien que les religieux mingréliens, de l'ordre de Saint^Basile. Il y a aussi dans la Géorgie et la Mingrélie des religieuses. Comme les Géorsiennes sont estimées les plus belles femmes de l'Asie, dès qu'une fllle est un peu grtfnde on lAche de la dérober, et d'ordinaire elle est enlevée par qudqu'un de %t% parents qui la va vendre tik

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Toraaie oa en Perite. C'est ce qui fail que les pères etmères renferment de bonne heure leurs ities dans des monastères, où la plupart s*appUqùent à la lecture, et j demeurent toute leur ?ie. L'on dit qu'après la profession, lors* qu'elles sont parvenues à. on certain Age, files ont permission de baptiser et mémo d*appliqner les saintes huiles aussi bien qu'un éf éque. Leur habillement est semblable à celui des autres femmes géorgiennes, qui suni toutes habillées A la persane. La différence qu'il y a entre les religieuses et les autres femmes, c'est que l'habillement des religieuses est noir, el qu'elles ont un voile et un linge qui leur couvre presque tout le visage, de sorte qu'on ne leur voit que les

Jeux, selon ce que m'a dit un prêtre géorgien qui je m*en suis informé; ce voile est aussi commun aux autres femmes persanes qui eu ont de différents pour la maison et lorsqu'elles sortent, y en ayant même qui les couvrent depuis la léle jusqu'aux pieds. It y a I eaucoup plus de monastères de Gllos que d'hommes, ce qui fait que les femmes et les filles sont mieux instruites el savent mieux leur religion que les hommes.

A l'égard des religieuses mingréliennrs, il y en a de plusieurs sortes. Les unes sont des Glles qui, ayant atteint l'Age nubile, ne se soucient pas du mariage. Les autres sont des servantes qui) après la mort de leurs maîtres» se font Bires avec leurs maîtresses. D'autres sont des veuves qui ne veulent point se marier. D'autres sont des femmes qui , après avoir trop goûié du monde, l'abandoniienl quand elles viennent sur l'Age et qu'elles se voient méprisées. D'autres sont des femmes répudiées, et d'autres enfin se font religieuses par pauvreté. Celles-ci demandent Tiiumâne dans les églises, et on leur donne plus libéralement, en considération de leur habit. Toutes ces religieuses sont vêtues de noir à la persane, ont la léte couverte d'un voile de la même couleur et ne mangent jamais de viande. Elles ne gardent pas la clôture el ne sont pas engagées pour toujours à la vie monastique, mais elles la peuvent quitler quand il leur plafi.

P<jruii les Mingréliens, il n'y a que les églises cathédrales, celles des abbayes et celles des Birei qui soient un peu propres, les églises paroissiales étant plus sales que des étables. Les ornements sacerdotaux des évêques et des bères sont aussi assez propres, étant de soie et brodés d*or; mais ceux des prêtres séculiers, qn*on appelle papas, n'ont aucune apparence, le plus souvent, d*habil« lements sacerdotaux, leur pauvreté les obligeant A se servir de quelque guenille déchirée en guise de pluvial. 11 y en a même plusieurs qui disent la messe avec une simple chemise de toile qu'ils mettent sur leurs habits: aussi le peuple n'a-t-il guère de dévotion A leurs mrsses. On a plus de respect pour la messe des Hères, qui ont dans leurs églises, en fort bon état, les chQses requises pour la célébrer. Les Géorgiens entretiennent assex bien leurs églises qui soqt dans les villes ;

(I) Voy., 1 la iiu du vol., les «<*« 251 à 25j.

mais celles qui sont A la campagae ae ssit pjis plus propres que les églisas paroissi^ln des Mingréliens. Ceux qui deaseoreat t% terre sainte sont uniselobéisseat a»palriar* che de Jérusalem. Us ont abaadennè t<s saints lieux qu'il* possédaient, savoir use des chapelles bAlies sur le moût Caliairr, dans l'endroit où fut plantée la croii 4e Motre-Seigneur Jésus-Christ, laquelle rlii-

Selle ils avaient obtenue lorsque l'emperesr oliman entra dans Jérusaleoi. Ils ont âuau quitté le monastère de Saiiite^roix qui est«i demi-^lieue de Jérusalem, do'nt l'élise (ut bAtieà l'endroit où fut trouvée la traie croit. Us ont laissé ces églises en gage aoi Grecs, qui avaient payé pour eux aux Tores et soi Juifs des sommes considérables. Parmi les monastères du mont Atbos, celui qai porte le nom des Géorgiens est destiné poor rfcevoir les religieux de cette nation, e( l€ patriarche de Constantînople eni oie seoieiït en Géorgie des caloyers pour entreteair k peuple dans le schisme avec le pape.

Le chevalier Chardin et TaTernier, fsjriiges de Perse. Le P. Lamberti, dam U Rêcuul de Thévenotj et dom Joseph Zampy^Théabs, Relation de Mingréiie.

Au dernier siècle, los moines Mtltkii»

orientaux avaient A Rome le oionasière 4t Sainte-Marie m Donmica. Aujourd'hui ils 5 ont encore une maison gouvernée par le re vérendissiine P. Joseph Ziegeb, abbé geaé* rai et procureur. B-d-e.

MERCI (Rbligieuse db la}. Voyes Ifcsrj (Obdbb db la).

MERCI (Obdrb db la) [i].

i I". Origine de r ordre de Noire-Damt deU Merci pour /o rédemption des captift, crac la Vie de eaint Pierre Nolasque^fondaieuT de cet ordre.

U y a deux ordres dans l'Eglise dont U fis principale est de délivrer des mains det isfi- (lèles les chrétiens qui gémissent soua ^ joug d'une dure captivité : l'un est celoi do Trinitaires, dont nous parlerons en son lies. et l'autre est celui de Notre-Dame de U Merci , dont nous allons parler. Le premier a l'avantage d'avoir eu Dieu même poor fondateur, qui , par des visions el des signe» miraculeux, a fait connaître ses vulooiê» dans rétablissement de cet ordre , auquel toutes les personnes de la sainte Triaitéooi eu part: c'est pourquoi il a pris le somde la sainte Trinité. Mais ce Père des miséricordes a voulu aussi qu'il y en eût 00 $001 le nom de la très-sainte Vierge . qui apparut A saint Pierre Nolasqne, Français « nation , pour loi faire exécuter celte colrrprise. C'est pourquoi la France se do l |lonlier d'avoir fourni A l'Eglise les saiots fersonnages dont Dieu s est servi pour eitesl^ sur la terre ce qui avait été projeté daoi le ciel,enchoisissaut saint Jean de Uallii, e saint Félix de Valois pour réUblbsesieti de Tordre des Trinitaires , el saiot herte Nolasqne pour l'éublissement de ccisi u Notre*Damc de la Merci.

MER

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Saiût rierre , sarnoniné Nolasqbe do nom de son père, uaqaît au pays de Laur iguah, en Lingueiloc, vers Tan USO, dans an bourg du diocèse de Saint-Paponl , appelé /e Mas detsanifs PuelUâ^ à une lieue deCastelnaod.jrj. Il fat élevé dès sa jeunesse dans tous les exercices de la noblesse, élanl sorti d'ane des plus illustres familles de toa*e la profince; el ajant perda son père à Tâgede quinze ans, il demeura sous la lulelle de sa mère, qui eût bien îouIq rengager au mariage, en lui faisant prendre un parti cunveoable à sa condition » afin de trouver du i4ipp<»rt et de la consolation dans ce soutien de sa famille. Mai^t Pierre, inspiré de Dieu, n'avait déjà que da mépris pour les choses de la terre , et avait pris la résulution de ne sallaeberqo'à Dieu. 11 s'engagea néanmoins a ta suite de Simon, comte de Moiifi*rt, dins le même temps que Pierre II, roi d'Aragon , se voyant attaqué de tous les côtés par ses ennemis, confia le prince Jacques, sao fils et béritier présomptif, à ce même comte, afin qu'il lui donnât asile pendant les troubles de la guerre. Le comto, s*estiroant honoré de la conduite du petit prince, jeia les yeux sur Noiasqoc pour avoir soin de son èdacationet lui servir de gouverneur. Mais ce prince, qui avait été d'at>ord le gage de l'estime que le roi d'Aragon fai^tait do Ij personne du comte de Motittort , servit peu de teups après de sûreté à ce même comte , contre la perfidie du roi sou père, qui, s'étant ligné avec les comtes de Toulouse, de FoixetdeComioge, chefs deshérétiquesalbigeois, vint assiéger, Tan 1213, la petite ville de Uoret sur la Garonne avi-c une armée de cent mille bommes, et même de deux cent mille, Selon quelques historiens. Ce grand sombre néanmoins u*êtoona pas le brave comte de Montfort, qui, n'ayant au plus ^ue dunie cents bommes, ne craignit point d'attaquer ses ennemis, qu*il mit en déroute, et gagna cette fameuse bataille de Muret où le roi d'Aragon fut tué. Ainsi ce prince , qui quelques mois auparavant avait lui-même rruporté une victoire signalée sur les Sarrasins, dont cent mille étaient restés couchés sur le champ de bataille , et qui quelques jours après en avait encore battu pins de cloquante mille , ne put résister à une petite armée de mille à (lou£e cents hommes qui combattaient pour la défense de l'Eglise.

Le comte de Montfort, qui d'ailleurs avait toojoun été ami du roi d'Aragun , ne put s'empêcher de verser des larmes sur le corps dece prince. Quelques historiens ont avancé que ce ne (ut qu'après la mort de cet infortané rot que le comte de Montibrt , qui avait compassion de la faiblesse et de la minorité tiu roi Jacques >on fils, Agé de six à sept «iU<, qu'il retenait prisonnier à Carcassonue , lui duana Pierre Nolasqne pour gouverneur.

V^is (^e ce soit avant ou après la mort de repnnc, il est certain qu'il eut la conduite de ce jeune roi, ei qu'il le suivit à Barcelone lorsque le comte de Montfort lui eut rendu la liberté Tan 1215. il tâcha de lui inspirer la piété envers Dieu et sou lig\ï<e,

Timonr de In justice et de la vérité, et de l'accoutumer k loutes les pratiques convenables à nn prince chrétien. Poor lui, ni les divertissements de la cour, ni les favrurs de son prince, ne rempéchèreni pas des*appliqoer aux pratiques de la mortification et de l;i prière. 11 avait quatre heures d'oraison marquées dans- le jour, et deux la nuit. H s'occupait aussi à la lecture de l'Ëcriture sainte, et donnait aux exercices de la péni* tence le temps qu'il n'était pas ob igé d'employer aupiès du rot. Il se sentit dès lors si vivement touché de compassion pour les pauvres chrétiens qui étaient captifs suus la puissance des Mfiuros et des barbares, qu'il résolut de sacrifier ses biens à leur déti-* vrance.

Mais qnel fut son étonn^^nient et sa surprise, lorsque, dans le temps qu'il prenait les mesures nécessaires pour exécuter cette œuvre de miséricorde, la sainte Vierge lui apparut, la nuit du prem er jour d'août 1218, pour lui dire que c'était la volonté de Dieu qu'il travaillât à l'établissement d'un ordre dont les religieux s*obligeraient par vœu particolier de s'employer au rachat des captifs 1 Comme il ne faisait rien sans consulter saint Raymond de Pégnafort, son confesseur, qui n'était encore que chanoine de Barcelone, il le fol trouver pour lui communiquer cette vision. Sa surprise augmenta lors!|u1l apprit de ce saint qu'il avait eu la même vision, et que la sainte Vierge lui avait ordonné de le Tonifier dans ce dessein. Ainsi, ne doutant point que ce ne fût la volonté de Dieu, il lui rcn lit grâces de l'avoir chuisi pour être l'instrument de ce grand dessein, il le pria doter tous les obstacles qui pourraient en empêcher l'exécution, et de dompter tout ce qui pourrait y apporter de la résistance. Dès lors ces deux saints ne songèrent plus qu'aux moyens d en procurer l'enet ; mais comme il fallait le consentement du roi et de l'évêque, ils allèrent trouver d'abord le roi, qui ks écoula arec joie, et ne pouvant contenir la satisfaction qu'il ressentait de voirreiplicalion de la vision qu'il avait eue comme eux la même nuit, il offrit de contribuer à cette sainte entreprise par son autorité et ses libéraiités : il se chargea même de faire agréer ce nouvel établissement à l'évêque de Barcelone, Bérengerde la Pain, qu'il envoya en même temps prier de se rendre au palais. Ils conférèrent ensemble sur Tapparition de la sainte Vierge et sur les ordres exprès qu'elle leur avait donnés à tous trois sépa* I émeut. L'évêque trouva de la difficulté dans la fondation do cet ordrs à cause que le concile de Latran avait défendu, il n*y avait pas longtemps, qu'on n'établit aucun ordre religieux sans l'approbation et le consente-» mentdn saint-siége; mais, prévoyant d'ailleurs la grande utilité qui en nviendrait à l'Kglisr, il y consentit, et crut qoVn cette oceasion on pourrait se servir d'un induit que les papes (jrégoire Vil et Urbain 11 avaient accordé au roi dom Sanche pour lui et pour ses successeurs, en considération d(>s grands seruccs que ce prince avait rendus à

MCnONNAlRE DES ORDRES REUGIEUX.

l'Eglise, en vt rta duquel iU pooTaienl ériger dans loule retendue de leurs Etals des paroisses, des conrréries f des monastères et même des ordres religieux, sans quil fût besoin de consulter le saint-siége.

Dès l'an 1192, plusieurs gentilshommes des premières familles de Catalogne, eicilés par l'exemple de quelques personnes pieuses

3ui employaient leurs soins et leurs biens à es œuvres de charité et à racheter des esclaves chrétiens , formèrent entre eux une congrégation que le roi Alphonse V appelait ordinairement son ouvrage, non-seulement pour en avo r permis rétablissement, mais pour j avoir donné des fonds considérables, pour contribuer avec eux an secours des chrétiens qui étaient captifs chex les Maures, on réduits à la nécessité. L'occupation de ces gentilshommes était de servir les malades dans les hôpitaux, de visiter les prisonniers, de procurer des aumônes pour le rachat .des chrétiens, et de tarder les côtes de la Méditerranée pour s opposer aux descentes des Maures et des Sarrasius.

La plus grande partie de ces gentilhom« mes embrassèrent d'autant plus volontiers le nouvel ordre delà Merci avecsaini Pierre Noiasque, qu'ils se sentaient portés à continuer CCS œuvres de miséricorde qui en étaient la fin. Quelques prêtres qui étaient agrégés à cette congrégation, dans laquelle ils s'étaient rendus recommandables parleurs exercices de charité, sollicitèrent auiîsi saint Pierre Noiasque de les recevoir, ce qu'il Gt par le conseil de saint Raymond de Pégnaforl, qui lui représenta que la perfection de Télat religieux consistait dans l'union insô*

Ï>arable des exercices de la vie active et de a contemplative, l'un regardant le service de Dieu, l'autre celui du prochain. Saint Pierre Noiasque admit avec joie ces vertueux

firétres, qui composèrent avec les Chevaliers 'ordre de Notre-Dame de la Merci, lequel fut d'abord institué eu qualité d'ordre mili* taire; car les laïques qui s'y engageaient faisaient profession de défendre la foi les armes à la main, et de s'opposer aux courses des Maures*

Le jour de saint Laurent fut destiné pour faire la cérémonie de rinstitotion de cet or« dre. Le roi, accompagné de toute sa cour et des écbevius de la ville de Barcelone, se ren* dit dans l'église cathédrale, appelée Sainte* l^roix (le Jérusalem. L'évéque Bérenger oflU cia pontificalement. Saint Raymond monta en chaire, et après l'évangile il protesta de* vaut tout le peuple que Dieu avait révélé mi« raculeusemeot au roi, à Pierre Noiasque et à lui-même sa volonté touchant l'institution de l'ordre de Notre-Dame delà Merci pour la rc* demplion des captifs. A l'issoede TolTrande, le rot et saint Raymond présentèrent le nouveau fondateur à l'évéque, qui le revêtit de l'habit de Tordre. Saint Pierre Noiasque, ap.ès l'a* voir reçu, li* donna comme principal fondateur à treixe gentilshommes qui furent Guil* lauuie de fias, seigneur de Mouipellier , Arniiud de Carcassonue, lils de la vicomtesse deNarbonuc,8oncousin,BcrnarddcCorbare,

Raymond de Montiolou, Ravmond de Moncada, Pierre (iuillaume de Cerveloo, Doini« nique d'Os!«o, Raymond d'Utrecht, Guiltin. me de Saint-Julien, Hugues de Ualha, Bernard d'Essonne, Ponces Solarei, et RayaoïHJl filancs, tous chevaliers ou confrères de b congrégation de Notre-Dame de Miséricorde, qui, outre les trois vœux ordinaires, eo Brest aussi un quatrième, aussi bien que saint Pierre Noiasque. par lequel ils s'obligeaient d'engager leur propres personnes, etdedenieurerei captivité, s'il était nécessaire, pour la délivrance des captifs.

Comme ils étaient six prêtres et sept cbe- Tjliers, leurs habits furent diiTéreats. Ce.ui des prêtres consistait en une tunique ou soutane blanche, avec un scapulaire et uoc chape : celui des chevaliers était blanc aiii>i, mais purement séculit r, à la réserve d'us petit scapulaire qu'ils méfiaient sur leur habit. Le roi, pour témoigner son amitié i cei nouveaux religieux, et leur donner des marques de sa protection, voulut qu'ils po lassent sur leur scapulaire Técasson de sei armes, qui étaient de gueules à trois palet d'or, auxquelles il ajouta en chef une croii d'argent, pour marquer le lieu delà oalsiancc de ces religieux, qui étaient presque looi Français, à cause qu^ils portaient auparaïasl cette croix dans leurs étendards, selon la remarque de quelques historiens, qoiassoreol que les Français qui combattaient en B^pagai contre les Maures portaient une rroii blanche dans leurs drapeaux, pour se distinguer des Espagnols. Quelques-uns ont seaumoins prétondu que cette croix leur foi don* née par l'évéque Bérenger de la PalU . comme étant les armes de son église qu'il avait voulu joindre à celles du roi.

La messe étani achevée, ce prince condui sit saint Pierre Noiasque avec ses religieux à son palais, dans je quartier quil leur avait fait préparer pour leor servir <ic monastère, qui a été le premier de l'ordre, oa ils garderont exactement la manière de v c que saint Raymond leur prescrivit, en slteQdant que le saint-siége leur eAt détermis^ une règle particulière, et ils obéirent à saïui Pierre Noiasque, que le bienheureux Ka*moud éiablit aussi grand eommandear. U ehapelledu roi d'Aragon, dédiée i sainte talalie, leur servit déglise, qu'ils possèdeateacore à présent, le supérieur de ce monailne ayant la qualité de vicaire de la cour, et lei religieux celle de chapelaine du roi.

Ces religieux s'employèrent d'abord i ^ cheter quelques captifs, ei ne sortaieat P» pour cela des terres sujettes aux pnscei chrétiens. Mais saint Pierre Noiasque leer représenta que, pour la perfecitoo de Nr ordre, il fallait encore passer chei les isn^** les, et délivrer leurs frères de la crwe»' servitude de leurs ennemis, au danger oi^^' d'y demeurer en esclamge en leur pli(^« suivant le vœu qu'ils en avaient fjit «• pied des autels, il ne s'agissait pas d'; ai rr tous à la fois, mais de députrr un desy* eux pour c^s saintes négociations, qa^ cnppela dès lors, comme on lee appelle es-

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rore à présent , rélomptcurs. il Tut luitnt^me choisi avec un s<^cond pour (rayer nus autres le chemin d*un voy«ige si périllcos. Le premier qu*il fit nu royaume de Valence, occupé pour lors parles Sarrasins, Tui fort heureux. Il en fit un second au royaume de Grenade, qui ne le fut pas moins, de sorte qu'il relira quatre cents esclaves d*enlre 1rs mains des infidèles en ces deux eipédldons.

Ces heureux cotpmr*ncements donnèrent quelque r(^u(ali >n à l'ordre de la Merci. Ouoique le pape Honorius III Teût Approuvé do vive voix, saint Pierre Nolasifuc jugea à propos dVn poursuivre la confirmation, et pour l'obteair il employa le crédit de saint Hayniond, qui allait à Home où le pape Gré* Koire 1\ Tavait appelé. Ce saint accepta volontiers celte commission, et trouva le pape a l*crouse le 1" décembre 1229, auquel il présenta les frères Arnaud d*Aymeri et Bernard de Corbare, que saint Pierre Nolasque avait envoyés pour sollicilcr celte confirmtition ; ie premier représentait les chevaliers, el Tautre les prêtres de cet ordre. Us oblinrenl du souverain ponlife, l'an 1230, ce qu'ils souhaitaient, après quoi ils se mirent en chf*min pour retourner cnCatalogne. L'ordre s'augmentent de jour en jour, et les fréquentes rédemptions, jointes à la vie exemplaire des religieux, le rendant Irèscelèbre, plusieurs genlilhommi*s de France, d'Allemagne, d'Espagne, d'Angleterre et de Hongrif*, embrassèrent cet institut. Leur nombre fut si grand, que saint Pierre Nolasque, qui soobaitail depuis longtemps sortir du palais où le roi lui avait fait l'honneur de le loger avec ses religieux, prit occasion de leur proposer la nécessité ou ils étaient de bâtir on couvent régulier où ils pussent vivre dans une plus grande récollection, et vaquer avec plus d'anpiication à leur profes^ron. C*est ce qui ut qu'ils bûtirent, l'an 12 â, on couvent ùiagnifique par les libéralités do roi, par les aumônes de quelques seigneurs de la cour et par celles du peuple de Barcelone; c'est ce couvent qui est le ch<-f de leur ordre , el qui fut dédié à sainte Eulalie, vierge et martyre, patronne de la V illc de Barcelone.

Jnsque*là ils n'avaient vécu que conformément aux règlements et aux statuts qui leur avaient été prccrits par saint Raymond de Pégoafort, qui peut pjsscr pour le second fondateur de cet ordre, ce qui dura jusqu'en I an 1233, que, souhaitant joindre à ces règlements une des règles approuvées par TËglise, saint Pierre Noiasque envoya saint Raytnond Nouai à Rome en qualité d«* procureur général de Tordre, pour en obtenir une du pape Grégoire IX, que ce saint trouva encore à Pérouse, el qui leur accorda celle de saint Augustin par une bulle datée du 8 janvier ti35, en confirmant d(*rechef cet ordre.

Saint Pierre NoLisque, ayant reçu cette bulle, fil (aire de nuuveaa profession aui relig'eux qui se trouvaient au couvent, eu faisant vœo de ga:der la règle de saint Au- Koaiiii^ se cootcniaiit de faire savoir à ceux

qui étaient dispersés dans plusieurs provinces la confirmation authentique de l'ordre, et qu'ils eussent à observer la règle de saint Augustin qui leur avdit été donnée par le pape, avec les constitutions qui l«*ur avaient été prescrites par saint Raym:)nd de Pégnafort. Mais deux ans aprèi il jugoa à propos de rassembler tous les n^ligieux à Barcelone pour recevoir la profession de ceux qui no l'avaient pas renouvelée. Ce fut donc dans ce chapitre général, qui se tint l'an 1237, qu'il fut 01 donné qu'on recevrait p*us de religieux pour le chœur que de chevaliers. Comme ces derniers étaient véritablement relgicux rt enga.és par vœu, ils assistaient à tout rofficed. vin, tant de jour que de nuit. Lorsqu*ils restaient au couvent, ils mettaient par-dessus leur habit, qui était semblable à celui des séculiers, à la réserve du scapulaire, une chape comme les nligieux prêtres. Les historiens de cet ordre prétendent que celte ordonnance du chapitre donna lieu A saint Pierre Noiasque d'exécuter la résolulion qu'il avait prise depuis longtemps de se faire prêtre, et qu'il célébra sa première messe à Murcie, après que le roi Jacques d'Aragon en eut chassé les Maures. Ce sen* liment a été suivi par le P. Giry, Minime ( Vies dfê saints )^ pour les raisons qu'en n données le P. MircSalmcron, général de cet ordre, qu'il a trouvées convaincantes : c'est néanmoins ce qui a persuadé M. Baillot {Vies dsi saints) que ce saint n'a pas été prêtre, parce q ae te roi d'Aragon ne pnl cette ville que l'an 12C6, c'est-à-dire dix ans au moins après la mort de notre saint, qu'il met en 1256. Mais ce n'est point cette raison de M. B.illet qui me détermine aussi à croiro que saint Pierre Notas )ue n'a pas été prêtre, parce que ce saint aurait pu célébrer la mess * dans Murcie dès l'an 12&1, lorsque don Ferdinand, roi de Castille, par !e traité qu'il fit avec Alboaquis, ou, selon quelquesuns, Aben-Hudiel, roi de Murcie, Tune des conditians fut que ce prince maure demeurerait vassal du roi de Castille, que les revenus de ce royaume seraient partagés éga« lemenr, efquela Torteressedc Murcie serait livrée à l'infant don Alphonse, ce qui fut exécuté. Ce qui me convainc donc que saint Pierre Noiasque n*a point été prêtre, c'est

a ne, comme l'ordre de la Merci a été un orre militaire dans le commencement, il a été gouverné par des commandeurs laïques, et l'autorité a toujours été entre les mains des chevaliers jusqu'en l'an 1317, que le P. Raymond Albert, huilicme général, fut le premier général prêtre : d'où je conclus que si saint Picire Noiasque avait été p. être, et étant prêtre avait gouverné l'ordre en qualité de général, les chevaliers laïques n'iéuraient pas resardé comme une nouveauté l'élection que firent les prêtres, dès l'an 1308, après la mort d'Arnaud d'Aymeri, sixième général, de la personne do ce Raymond Albert p ur lui succéder, et ils n'auraient pas refusé de lui obéir en élisant de leur côté Arnaud Rossignol, chevalier laYque; et le pape ClémcQt V, qui cassa Télection

DrCTIONNAmE DES OIIDRES RELIGIEUX.

ro

de ce dernier» comme n*étanl pns canonique, ne Teût pas rétabli com m a ndear général de (ont l'ordre par autorité apostotique, s'il y avait eu jusque-là un exemple de quelque prêtre qui eût été général, et il n*aurait pas manqué d*approuver l'élection de Raymond Albert, qui était faite selon les formes par le plus grand nombre des capitulants. Mais le défaut que ce pape v trouva apparemment, c'est qu*on avait choisi un prêtre contre la coutume de Tordre, et sans en avoir consulté le sainl-siége; c'est pourquoi it établit pour général un chevalier, cl il ordonna en même temps que, comme les prêtres étaient en pins grand nombre, on élirait à l'avenir un prêtre pour général, après la mortd*Arnaud Rossignol.

Le chapitre général que saint Pi rre Nolasque avait convoqué à Barcelone Tan 1237, romme nous avons dit, ayant été terminé, il aurait bien voulu continuer ses charitables fonctions de rédempteur; mais comme le roi d'Aragon, après la conquête de Major* que sur les inGdèles, porta ses armes dans le royaume de Valence , l'interdiction du commerce et les actes d'hostilités de part et d'autre contraignirent saint Pierre Nolasque d'interrompre ces pieux exercices durant quelque temps. Cependant cela ne laissa pas d'être avantageux à la rédemption des captifs, tant par les victoires fréquentes et signalées que le roi d'Aragon remporta sur les inOdèles, que par la fondation de plusieurs monastères de l'ordre qu'il Gl dans les pays conquis. illuidonnalechâtcaud'Unéza, en reconnaissance de la victoire qu'il avait plu à Dieu de lui faire remporter sur les inOdèles, el il y flt bâtir un beau monastère, qui est devenu célèbre dans la suite sous le nom de Notre-Dame de Puch, pour la dévotion que les peuples ont vue pour une image de la sainte Vierge qu'on a trouvée dans la terre en travaillant aux f<mdemen:s de ce monastère. Le même roi ayant pris ensuite la ville de Valence, avec le secours de la noblesse française, la première attî(»n de ce prince, après son entrée dans la ville, fut de faire consacrer la grande mosquée par l'archevêque de Narbonne, pour servir d'église cathédrale sous le titre de Saint-André; et il donna aux religieux de la Merci une autre mosquée avec les bâtiments joij;nauts pour en faire un monastère.

Saint Pierre Nolasque, après a?oir accommodé cette maison et l'avoir mise en bon éiat entre loi mains de quelques religieux, retourna â Barcelone ; mais il n'y fut pas longtemps sans se dis^poser â se mettre en campagne pour s'acquitter de son olQce do rédempteur. Jusque-là il avait racheté eu divers voyages plusieurs captifs qui étaient entre les mains des Maures sur les côtes d*Espagne; mais comme il avait été traité partout avec beaucoup d'honneur, et qu'il ne cherchait que le mépris et l'humiliation, il crut qu'il les trouverait en Afrique. En effet les iulidèles de ce pays-là furent moins iraitables que ceux d'Espagne, et comme on l'accusa d'avoir facilité I évasion de quelques

esclaves chrétiens, on le chargea de chalncsi on le fit comparaître en justice, coaime on voleur, un séducteur et l'autenr de la faite des esclaves. Le cadi ou juge, ne troufaot néanmoins aucune preuve contre loi, n*osa le condamner ; mais notre safnt fondateur, désirant de souffrir et craignant qu'on ne flt quelques mauvais traitements aux aotr»

captifs à cette occasion, s'offrit d'être esclave à la place des fugitifs. Leur maître, également avare et artificieux, voulant avoir de l'argent et se venger, aima mieux retenir le religieux qui accompagnait sainiPierre Nolasque, témoignant vouloir envoyer te saint en Espagne pour faire la somme qu'il exi-

f;eait. II fit mettre deux tartanes en mer.thini 'une desquelles qui faisait eau de tous côléi, il le fit embarquer, avec ordre aux matelots que, dès qu'ils seraient en pleine mer, ils abandonnassent la tartane sans voile nigoi/vcrnail, et qu'au ret( ur ils feignissent qun la tempête avait perdu le bâtiment où était le chrétien. Cet ordre fut exécuté, mais n»n as avec le même succès que prétendait le arbarc; car Dieu garantit saint Pierre Nolasque du naufrage, et le fit heureusement aborder à Valence, lui ayant servi de guide dans le chemin.

Etant arrivé à Barcelone, il se démit de l'office de rédcnip'eur, qui, comme nousaions dit, clail le nom qu'on donnait à ceux qui étaient députés pour aller chez les inOdèles racheter les capiifs, et ayant assemblé les principaux de l'ordre, on procéda à l'électioa d'un autre rédempteur. Le sort tomba sur Guillaume de Bas, qui, l'an 12&9, fut aussi élu général de l'ordre, lorsque saint Piene Nolasque se démit pareillemcnl de cet ofGce pour vivre dans la retraite ei l'obéissance, cttmnie le dernier des religieux. Le saîut fondateur, se voyant libre, se réduisit ans offices les plus bas et les plus humiliants de ts communauté. Use chargea volontiers de celui de faire ladistribution des aumônes à la porte du monastère, parce que cela lui donnait occasion de s'entretenir avec les pauvres et de les instruire. 11 alla visiter le torubeau de saint Ra)mond Nonat, qui était mort tl y avait déjà q>.inxe ans, et qui faisait beaucoup de miracles. Les chanoines de Celsonne, à qui a(v partenait la chapelle où les reliques de ce saint reposaient, l'offrirent à saint Pierre Nolasque pour y bâtir un couvent de son ordre; il accepta leur offre, prit possession de cette chapelle, et fit travailler à ua noufeao bâtiment pour y loger les religieux.

L'éclat des vertus de ces religieux et la b^ nédictioQ que Dieu répandit sur Tordre d«r II Merci portèrent la réputation du saini loudateur dans les lieux éloi|[;nés. Il ne tut pss seulement honoré dei rois chrétiens d*Ë^pagne; saint Louis, roi de France, toucbe de ce qu1l avait appris de ses actions mer* veilleuses et de la sainteté de sa vie, loi Ct savoir qu'il souhaitait passionnément de le voir. Le saint, de son côté^ qui n*avaitp-s moins d'empressement de voir ce prince m vertueux, prit occasion de l'aller trouver, lorsqu'il viol dans le Languedoc pour mitt^s

RajBioBd, coQile deTouloDse» à la raison; et comme le roi médiiait son voyage de terre sainte, il convia saint Pierre Noiasqae dcToaloir raccompagner. Il reçnt cette proposition avec d'autant plus de joie» qoll crut qoe.c*étalt ooe occasion faTorable pour retirer des mains des ioOdèles on grand nombre de chré« tiens qu'ils retenaient dans les fers^etil se disposa à ce voyage, malgré son grand âge et ses Infirmités corporelles. Mais son zèle fut arrêté par une maladie tflcheosequi le retint ao lit; de sorte que toute la communication qu'il eut avec ce saint roi et qui continua jusqa*A sa mort, ne consista plus qu'en prières et eu un commerce d'amitié tonte pore et toute spirituelle, que ce prince eut encore soin d'entretenir par lettres avec notre saint, après son retour de la Palestine. Enfin saint Pierre Noiasqoe ne pouvant résister à ses maux, il y succomba et mourut la nuit de Noël de l'an 1156, étant Agé de soixante-sept BBS. Cent qui ont mis sa mort l'an 13fc9 se loot peut*étre fondés sur ce qne Guillaume de Bas fut élu général de Tordre la même année, mais ce ne Ait ou*après la démission volontaire du saint fondateur. Son corps fut mis dans la sépultureordinaire des religieut ; mais il fut levé de terre quatre*vfo|^s ans sprès par ordre du pape Benoit XII et trans* porté dans une chapelle où le peuple alla vililer ses sainten reliques pour obtenir son iotercession. Le bruit de ses miracles et les sollicitations des religieux de son ordre portèrent le^ pape Urbain VIII à le canoniser ran 1628, et Alexandre Vil fit mettre son Dom arec éloge dans le Martyrologe romain, rt ordonna que tonte l'Kglise en ferait l'of- Dce 80US le titre de Semi-double, office que le pape Clément X, A la sollicitation de la reine de France Marie-Tbérèse d'Autriche, a rendu double comme celui des autres fonda* leurs d'ordres.

Vovês Alphon. Remon. Hitt. gfneral delta ùrd, de Noêt. Signera de la Mmreedi Bernard de Vergas, CAro A. iœf. et milii. ord. 0. M. de Mereede. HisL de l'ordre de Notre-Dame de la Merci. Gto. Fraocesc. Olignano, Vit, di S. Pietro Notaeco. Pedro de S. Cecitia, Àn^ nat, de JV. S. de Cautivoe. L'Atomy, Histoire de Cordre de Notre-Dame de la Mereu Filipp. de Guimerau, If isl. de la ord. délia Mereed* Bullarium ord. S. M. de Mère* et Conetit* fjusdem ord.

I if. D» progrès de Vordre de Notre-Dome de ta Merci après Im $aort de saint Pierre NotampsOf son fondateur.

La mort de saint Pierre Noiasqne n'apporta aucun changement dans l'ordre^ puis-* qne. comme nous a?oos dit, ce saint s'étant demis du gonvemement de l'ordre, les reli* gienx, OUI s'étaient assemblés pour élire un roire général , choisirent Guillaume de Bas, Français de nation , comme celui qu'ils croyaient le pins propre pour exercer cet empli»! s ainsi Guillaume de Bas , selon les Annales de cet orJre, en prit le gonreme* ment Tan 12^9, en qualité de commandeur général. Il commença les fonctions de son

DiCTIOXXlIRI DBS OnORBS MLIOIBUX. IL

M&ll

géoéraiai par les visites des couvents de Perpignan, de Montpellier, de Toulouse, de Valence et de quelaues autres, et il fit élire dans un chapitre général, qu'il convoqua A Barce* loue la même année,quatre déflniteurs gêné* raux, savoir : deux prêtres et deux cheva* tiers, afin oiie le général les pût consulter dans les affaires imoortantes de l'ordrct Lé roi d'Aragon donna A ce général, tant pour lui que pour ses successeurs, le tîlre de ba<* ron d'Algar, a» royaume de Valence, avec voix délibéralive dans l'assemblée des état* du royaume; el après que les Maures eurent été entièrement expulsés de tout ce royaume, il lui fit don aussi du chAleau de Galinaraâ avec ses dépendances et ses revenus, uni étaient considérables ; mais le roi ne put ié* cider Guillaume de Bas à l'accepter. Il repré* senta A ce prince que cette place était do trop grande importance pour être donnée A des religietix qui ne la pourraient pas gar* der. Il racheta pendant son généralatt tant par loi que par ses religii'ux, quatorie cents esclaves chrétiens; et se royant Agé de plus de quatre-vingts ans, il demanda qu'on reçût sa démission , qu'on ne roulut pas accepter. Il gouverna encore l'ordre pendant une an^^ née, après iiuol il mourut au mois de décem* bre 1S69. H avait augmenté Tordre de plu« sieurs couvents , dont les principaux furent Vich et Xativa.

Le P. Bernanl de Saint^Romain, coroman^ denr du couvent d^ Xativa , succéda A Guil^ laume de Bas Tan 1970. Ce général ayant vu dans les visites de son ordre qne les cou^ rente avaient presque tous des observances différentes, il fit faire on recueil de toutes les ordonnances qui araient été faites dans les chapitres généraux , et les réduisit en forme de constitotions pour être observées dans tous les courents, afin d'y établir une uniformité. Il mourut Tan 1272, et eut pour successeur Pierre d'Aymeri. Alphonse Remon et quelques autres écrivains de cet ordre ont cru que c'était ce général qui avait dressé les constitutions de l'ordre, et que des anciennes ordonnances il en avait fait un corps ; mais les Pérès de France, dans les Annales du même ordre, prétendent qu*il fit seulement recevoir et approuver ceUes qui avaient été faites par les ordres de Guillaume de Saint-Romain. L'ordre étant composé de prêtres et de chevaliers, les uns pour vai|uer. au service divin, et les autres pour travailler au rachat des captib , cette différence d'emploi avait fait donner seulement par com* mission noe autorité absolue au prieur do couvent de Barcelone sur les prêtres, et pour faire garder exactement la cidtore, le silence et robservance rteulière dans les maisons. Pierre d'Aymeri fit une entière séparation de ces deux autorités, et, sacrifiant généreuse^ ment tous ses intérêts A la gloire de son ordre, il établit prieur général de tout l'ordre, pour le spirituel, lo bienheureux Bernard Corbarie, prieur de Barcelone. La différence des états avait aussi introduit une manière d'habits différents : les prêtres portaient l'é-* cusson sur leurs chapes, et les chevaliers snf

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Ml

leam scapôlaircs. Ce fut soas ce général q.u'il fut ordonné que tant les prêtres que les cheTaliers porteraient IVcusson sur le scapalaire, comme il avait été pratiqué dans le commencement de Tordre.

Après la mort de Pierre d'Aymeri, qni arriva Tan 130i| Il y eal schisme dans Tordre : car le commandeur do couvent de Barce«lone, ficaire général établi par les constitutions de Tordre, envoya des lettres d'Indic* lidn aux vocaux pour se rendre à Barcelone, ii8n do procéder à l'élection d*un nouveau

général, et le vicaire perpétuel do Notre- ^ame de Puch en envoya aussi pour convoi^uer le chapitre à Puch. Le P. Pierre du l'ourny fut élu dans le couvent de Barcelone, et le P. Arnaud d*Aymeri à Notre-Dame de Puch. Les religieux curent recours au pape Boniface Vit! pour terminer ce différend, le pti.int de commettre à ce sujet Tarchevéqne oe Tolède ou Tévéque de Gordoue; mais la mort de Pierre du Fourny, qui arriva quatre mois après, les mit d*accord. Le P. Arnaud d^Aymcri fut de nouveau élu dans le chapitre tenu à Barcelone, et son élection fut confirmée par le pape. Ce général fit paraître beaucoup de prudence par sa conduite; il fit de beaux règlements pour rétablir la discipline régulière et Tétroite observance, qui avait déjà beaucoup perdu de sa première ■ vigueur; il dissipa les divisions qui avaient partagé Tordre a son élection; mais après sa mort, qui arriva Tan 1308, il y eut de non* veaux troubles dans Tordre.

Comme le nombre des prêtres excédait ce-laides chevaliers, ils élurent pour général de tout Tordre le P. Raymona Albert. LeschevalierSf surpris de celle élection, se reti-* rèrent du chapitre et allèrent A Valence, où ils élurent de leur cAlé Arnaud Rossignol. Le pape Gément V cassa l'élection de ce dernier, comme n'étant pas canonique; néanmoins , d'autorité apostolique , il Télablit' commandeur général de tout Tordre par une bulle du mois de février 1303, qui portait qu'il n*aurait qu'une simple juridiction sur le temporel de Tordre, et qo*après sa mort on n'élirait plus pour général qu'un prêtre. Par la même bulle, ce pape donna toute autorité spirituelle au P. il;iymond Albert pour Souverner Tordre dans les choses qui regar* aient le service divin , l'observance des constitutions et la vie régulière.

Après la mort d'Arnaud Rossignol, Albert fut élu générai de tout Tordre. Le pape Jean XXll confirma son élection ; et pour étouffer toutes divisions dans Tordre, il imposa silence perpétuel aux chevaliers : ce qui dé« plut tellement à ces derniers, que la plupart

Suittèrent Tordre de la Merci pour entrer ans celui de Monlésa, que le roid*Aragon venait d'établir nouvellement dans ses États

Îour occuper les grands biens des chevaliers empliers, qui avaient été abolis dans le concile de Vienne, et le pape approuta cette translation. Peut-être aue ceux qui restèrent dans Tordre se séparèrent entièrement des prêtres et quittèrent la règle de saint Augustin pour prendre celle de spint Benoit ; car

Arnaud Wion, qui vitrail à la un do xrr tir. cle et au commencement du \vir,assQreqiM ces chevaliers suivaient en ce teropi-ti !i rèçle de saint Benoit : ce qu'il dit avoir a; • pris de ces mêmes chevaliers, dont il rapporte la formule de la profession en ces termes :

Ego N.f Miles S. Uariœde MereeiatRedehpiione caplivorunij facio professionem etpromiilo obedien liam, pauperiaiem^ castilatm wr* vare^ D$o vtoere, ei comedere $e€undum ngulamS.Benedielif et in SaraeenorumpoUitai\ $i necesge fuerii, ad redemptionemCnrittifide» /ittoi, detenius manebo ÇWion^ Lignwntil^l

Ascagne Tambourin, de Tordre deVallonh breuse, rapporteaussi cette formule (l^ciur. Abbat.9 disp. 2fc| qu»st. 5, n. 80), après Arnaud Wion, et ajoute que Técusson qu'ils portent est différent de celui des rdigieui de la Merci ; en ce que ceux-ci oat éàu% Técusson une petite face d'or an miliea, separant les pales d'Aragon d*avec la croii d*argent, et que le même écn est bordé dV. ce çui n'est point dans celui des chevslieri : mais si cet écusson que Tambourin s iu était semblable à celui que j*ai vu aussi i un de ces chevaliers prétendus, il fallait d« nécessité que dans cet écusson il y < ûi oq« face d'or au milieu pour soutenir les pairs d'Aragon, et que Técu fût aussi bordé dV. puisque cet écu était de métal percé à jour. Ceux qni prétendent que les prêtres et Ifi véritables chevalierst lorsqu'ils étaient eob ensemble, ont toujours eu des générauidJN férents, se sont trompés. Il est vrai qa* le prieur de Barcelone avait autorité sur tiHit ce qui regardait le spirituel dans Tordre; mais il y avait au*dessu« de lui an chetatur laïque qui était commandeur général de tout Tordre. Aussi tontes les Annales de cet ordre, dans le dénombrement des géaéraoi, ne mettent le P. Raymond Albert, qui fut I«

Kremier général prêtre, qu'après Ani»o4 ossignol, qui était cheyalier et septième |:^ néral de tout Tordre. L'on ne sait ce que m\ dire Schoonebeck (Hist. daOrd. milit.^tont. Il, p. 139), lorsque, parlant de Bernard u« Corbarie, il lui donne le titre d'institaleur^t!'* moines de l<i Merci, puisque dès le comneb* cément de Tordre il y a toujours en des prêtres et des cheraliers. Il nc|,paralt pas mieut instruit de ce qui regarde cet ordre, lorsqu'il ditque le huitième grand maître, après avoir gouverné Tordre pendant six ans, passa dm 1 état ecclésiastique sous le nom de générai, puisane le huitième grand maître on eei»mandeur général fut le P. Raymond Albert* qui avait toujours été au rang des préirrs avant son élection.

Cet ordre fut cinq ans sans clMfsossl< pontificat de Pie V, qui, à la prière de Ptitlippe H, roi d'Espagne, établît des visitesn pour réformer les couvents de Tordre. Ila^« pendant que ce pontife en faisait expédier les brefs à Rome, le général de cet er4K étant décédé, les religieux élureiil, eo I56S, le P. Mathias Papiol, dans on chapitre qeii< tint A Barcelone. Ce général, n*ayaot po o^ tenir du pape la confirmation de son éicc-

iiEii

IIER

lion, en modrol de chagrin deux mois après, au confimeneement de Tannée 1569. Le pape défeodit aux religieux de procéder à une noalelle élection, Toalant qa*elle ne se fit qu'aprés que la Tislte aurait été faite par des reliçieQi de l'ordre de Saint^Dominique, qu'il Domma pour commissaires apostoliques. Ils employèrent cinq ans à faire la visite de tous les couvents de Tordre, après lesquels \\i cunîoqoérent le chapitre général à Gna- (ialaiarat Tan 1574, ou le P. François de Torresfatélu fingt-neuvièmc général. Les commissaires apostoliques ordonnèrent que les généraux, qui ;i raient été J08qn*à ce tempisli à «le, ne pourraient plus à I avenir exer* rer cet office que pendant six ans; et que les commandeurs des couvents particuliers De pourraient exercer leur supériorité <iue pendant trois ans ; ce qui a été observé jusqu'a présent.

Cet ordre s'est plus étendu dans l'Améri-^ que ^a*en Europe; il a huit provinces en Amérique, qui sont gouvernées par deux viraires géuéraux sons l'obéissance du gênélal de tout l'ordre, trois provinces en £spa- ^ne, et une province en France, sous le nom Je Province de Guieone, de laquelle dépen- Jaient autrefoit le couvent et le collège de Paris, et le couvent de Cbenoiso en Brie, que le cardinal de Vendâme , étant lépi en France , sépara, en 1668, de cette profince de Guienne pour les .ériger en côogrégalioo sous un vicaire général. Le roi confirma Pércction de cette congrégation par ses lettres patentes de la mémo année, rc qui fut aussi confirmé par une bulle de élément X du 36 novembre 1672. Il est sorti ie cet ordre trois cardinaux, savoir : saint itaymond Nouât, Jean de Lato, et le cardilal de Salazar, qui fut promu à celto dignité jûr le pape Innocent XL 11 y a eu encore laos cet ordre on très-grand nombre d'arhetéques et d*évéques, et il a fourni à l'Brliic plusieurs saints canonisés et des bienicareux, dont quelques-^ns sont restés en 'lage entre les mains des infidèles pour ra- )i«*ier on plus grand nombre de captifs, et iTuir lieu de travailler i la conversion de •'» barbares. De ce nombre fut saint Ray-* DondNonat, qui demeura huit mois en captt- Uè, ayant enduré pendant tout ce temps des ournteots inouïs, jusque-là que les Infidèles, II* poQvant l'empêcher de prêcher la parole le IHeo, lui percèrent les deux lèvres avec m fer chaud, et lui mirent un cadenas à la oncbe pour l'ompécher de parler. Saint Nerre->Pascal, évéque de Jaen, ayant emlojé tous ses revenus au soulagement des au? res et au rachat des captib, entreprit Qssi la conversion des mahométans , ce oiij e fit charger de fers et endurer de rudes raiiements. Le clergé et le peuple de son •glise lui ayant envoyé une somme d'argent oor sa rançon, il la reçut avec beaucoup e reconnaissance; mais au lieu de l'em* loyer à se procurer la liberté, il en racheta uantiié 4e femmes et d'eBfaots,.iIont la failesfcc lui faisait craindre qu'ils n'abandon^ tassent la religion cbrétiepae, et il demeura

toujours entre 1rs mains de crsbarbares, qui lui procurèrent la couronne dii martyre l'an

Cet ordre n aussi eu plusieurs écrivains « entre lesquels il y a eu Alphonse Remon • François Salaiar, Noël Grnverius et Bernard de Vergas, qui ont donné les Annales et Icâ Chroniques du mémo ordre. Les PP. ZumeL Hérino , Oligna^no et Salmeron ont donna la Vie de saint Pierre Nolasqoe, leur fondateur, el le p. d*Avril a aussi donné celle de la Mère Marie du Secours, première tierciaire de cet ordre , dont nous parlerons dans la suite.

Noos avons déjà décrit rhabillemenl de ces religieux, qui ont pour armes les mêmes que celles qui sont dans l'écussoo qu'ils portent sur leur, scapulaire , ajoutant pour devise : Redemptionem misii Dominui populo atfo.

Outre les auteurs que nous avons déjà cités, voyes ceux qui ont parlé des ordres mU litaires, comme Giostinlani , Schoonebeck , Mennenius, Sansunio, etc^ Jerom. Curiia « lib. I de ttebus Arag.j et Mariana, de Rebus Hifpaniœ\ lib. xii , cap. 8.

i III. D$i religieux Déchaussée de VordtB de Notre-Dame de la Mercif appelés aussi de la RécoUecdon: avec la Vie du vénérable Pire Jean^Baptiste du Saini-Saeiamentt leur fondateur.

Le P. Alphonse de Monroy, étant aénéral de Tordre de la Merci, voulut y établir ur.o réforme sur la fin du xvi* siècle, et destina sept couvents, à ce sujet dans la province do Castille, afin que les reliffieox qui souhaitaient vivre dans une plus étroito observance que celle oui se pratiquait dans tout l'ordre, pussent la pratiquer dans ces cou» vents ; mais il ne leur accorda cette permis-» sion Qu'à condition qu'ils ne changeraient point l'habit de l'ordre, et qu'ils resteraient toujours soumis à l'obéissancedes supérieurs. Avec celte permission le P. Jean-'Baptisto (lonzalei, que le général avait choisi pour le chef et le directeur de cette réforme, so retira au couvent de Hueta, qui était le principal des sept qui avaient été destinés pour V pratiquer Télroite observance. Mais on se lassa bientôt de la ferveur de ce religieux^ et comme il avait attiré à ce nouveau genre de vie un fameux professeur de Salaman* que, et qu'on appréhenda que cet exempte d'humilité n'eût des suites et n'en attirât en* Gore d'autres, le général relégua le P. Jean« Baptiste au couvent de Raixes dans l'Asturle, et cette réforme, qui avait été commencée par les ordres du général, lut presque dans le même temps détruite, aussi par ses ordres. C*était au cèle seul et i la ferveur du P. Jean- Baptiste que Dieu avait réservé l'ouvrage de cette réforme, ei^ pour la commencer et l'étendre, il B*eot pas besoin des -andeni couvents, mais il en fonda de nouveaux « comme noua verrons dans la suite.

11 naquit à Hueta <lans le royaume de Cas* tille., le 8 février 11(53. de parenU nobles de Tancienne lamille des Gonialex. Il fut éieWf

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

dèi ses plus tendres années dans la crainte de Dien, et ce fnt sur ce fondement solide qn*ii établit la règle de sa eondnite pour conserrer la grâce parmi les dangers fréquents oà les jeunes gens sont exposés à la perdre avec I innocence. Il s*appliqna de bonne heure aux études : on TenToya pour cet ef« fet à Madrid, où il apprit les premiers principes de la langue latine. On ne fit jamais d'écolier pins enclin à la vertu, et ses maîtres le proposaient à ses compagnons comme le modèle qu'ils devaient suivre et imiter. Ses bumanilés étant achevées, il obtint permission de ses parents d'aller étudier en philosophie sous le P. Christophe Gonzalei, son frère aîné, religieux de la Merci, que les su* périenrs de la province de Ciistille envoyaient enseigner an couvent d*Olmédo. Comme il ne se proposait d'autre On dans ses études quede s'en servir utilement pour son salut, il avançait d'un paf égal dans la piété et aux études; il fréouenlait souvent les sacrements, il assistait les fêtes et dimanches au service divin, il se rendait assidu à entendre la parole de Dieu, et après avoir satisfait à ces obligations, il ne manquait pas d'aller servir les malades dans rhépital.

Ce fut dans ces saints exercices de piété et de miséricorde uu'il se sentit fortement ap-

tielé de Dieu A l'état relisieux* Il demanda nstamment Thabit de l'ordre de la Merci au commandeur du couvent d'Olmédo, qui le lui donna avec d'autant plus de joie qu'il connaissait ses excellentes qualités. Il le reçut . l'an 1572, et après l'année de noviciat il fit sa profession. Huit jours après, on l'envoya au couvent de Madrid, d'où il sortit l'an 1575 pour aller gagner le jubilé à Rome, avec la permission de ses supérieurs. Il n*enlreprit ce vovage que par un esprit de péniience; Il le fit i pied, en mendiant son pain de porte en porte et dans un si grand recueillement d'esprit, qu'il ne parla à personne dans tout le chemin que de choses absolument nécessaires. Etant de retour dans sa province. Tan 1576, ou l'envoya étudier en théologie à Tolède, j»ù, malgré toutes ses résistances et sun humilité, les supérieurs lui ayant fait recevoir les ordres sacrés, Il dit sa première messe l'an 1578. Ce nouvel état lui fut un nouveau motif de s'avancer pins que jamais dans la perfection ; on l'engagea A prêcher el A confesser, et il réussit si bien dans l'une et dans l'antre de ces fonctions, qu'il gagna un grand nombre d'Ames A Dieu.

Ayant appris que les religieux de son ordre avalent beaucoup souffert pour la foi dans les Indes, principalement dans le Pérou, et combien ils y avaient converti d'infidèles, animé d*one sainte émulation, il demanda A ses supérieurs la permission d'y passer, pour participer aux travaux et aux peines de ses frères. Il y fil on si grand progrès dans le saint des Ames par b saintelé de sa vie» par son exen»pie, par ses rares vertus et par ses prédications tout embrasées du feu de l'amour divin^ qu'il retira un grand nombre de paYens du culte des idoles, et «u'il les attira A la connaissance du vrai

Va

; mais ce oui eat digne d'admirstiot, c'est que les ricfaes>es de ce pays-U u U tentèrent point, et il ne fit pas comne u

Srand nombre de religieux de dtffércols orres qui en sont revenus chargés d*or h d'argent. Après avoir employé le temps Js sa mission très-utilement au service de Difo et du prochain, il retourna en Espagoe, le portant sous son bras qne son bréviaire, t\ tenant d'une main une tête de mort,iarU* qaelle il jet.iit continuellement les jrii pour se faire ressouvenir de ce qu'il était et de ce qu'il serait un jour.

Ce fnt ce saint homme» si xélé peor h gloire de Dieu et si amateur de la paorrHc. nue le P. Alphonse de Monroy, général ée 1 ordre de la Merci, choisit pour être le cWt et le directeur de la réforme qu'il avait es* trepris d'établir dans son ordre ; mais qo h qo elle eût été détruite dans son comneact* ment, comme nous avons dit cî-devaat, le P. JeaiHBaptîste Oonialei ne perdit point Tespéranee de la voir rétablie; il chcrck les moyens d*y parvenir, il eu forma b

Ïrojets, et ayant été rappelé da conveat k aixes et mis de famille au couvent 4e Madrid, il crut que Dieu lai présenUil b movena d*exécater son entreprise. Cosum il était sacristain de ce couvent, et qae sas emploi Tobligeait de parler souvent à la comtesse de Caslellar, Béatrîx Raaairei de llendoia, qui était une dame d'une grasse piété, il prit la résolution de lui coouassiquer son dessein» dans l'espérance qu'ells y contribuerait par ses libéralités. 11 ae m trompa point : il recommanda cette aSairc I Dieu, il offrit A celte intention le saint sacnfice de la messe, il parla A cette dame lie la réforme étroite qu'il voulait établir dasi son ordre, et elle le fiirtifia dans celle résolo* lion, s'offrant de fonder deux couvea s 4i celte réforme dans ses terres.

Le général n'ayant pas voulu donner ms consentement A rétablissement de ces deat couvents pour servir de fondement à ceu* réforme, la comtesse de Castellar s'adressa, A son refus, au pape Clément VUI, qni lui accorda deux brefs. Parle premier, il la di^ pensait du vœu qo'e.ie avait fait de f )oder un couvent de religieux de l'ordre de Saiotiéréme, et lui permettait d'en bAlir dest aux religieux do l'ordre de la Merci ; et par le second bref, il érigeait une eony régaUM de religieux du même ordre, qui désireraient vivre dans l'étroite observance, de laquelle il établit pour général le P. tathélemy d'Alcaia, religieux de Tordre ^ Saint-Jérôme, i condition qo'il quitterait rbabit de son ordre pour prendre celai de la Merci, avec une aulorite abeoloe tj rt* cevoir les religieux de cet ordre, qoi vimdraient embrasser cette réforme, et les »ecolicrs qui ae préaenteraient poar rscetotr Tbabit; qn'il gouvernerait cette congréfauva jttsqa'A ce qu'elle eAt huit couvents, rt qas t*il voulait persévérer dans rordre de la Haro, il exercerait encore l'office de gèuèral pea* dent six ans.

U P. Jean-Baptiste, A rinan dnqnd Is

eomlesse de Casiellar avait obtcno ces brefs, fol fort surpris quand il eut appris ce qa'ils conienaictit. Il représenta à cette dame qu*il B*aTkit jamais en d'autre dessein qne d'à- Toir quelques coufents, dans lesquels on

fardât la règle et les constitutions de Tor*^ re de la Merci à la lettre et sans ancune dispense, sons Tobéissancedu général de Tordre, dont il ne se séparerait point, parce que les religieux qui voudraient embrasser cette obserrance ne foodraient pas se sooroeltro à la conduite d'nn étranger. La comtesse approuva ses raisons; elle fit voir au général les brefs ^u*elleavait obtenus sur le refus qii*il avait lEiit de consentir à l'établissement dea couvents qu'elle voulait fonder pour commencer la réforme que le P. Jean-Bap« tisifl méditait, et rattachement que ce Père âTâit A l'ordre. Le général en fut si louché, qa*il promit à la comtesse de fovoriser cet élabiissemenf, vi pour lui témoigner sa sincérité, il dressa lui-même les constitutions ooi devaient être observées par les religieux de celle réforme.

La comtesse, de son rA*é, pour avancer ce grand ouvrage, lui promit de leur faire biiir ineessamment deux couvents, et de les éMer de revenus suffisants , l'un dans sa lerre de Viso, à quatre lieues dcSévillt-, et rentre i Almorayna, dans sa comté de Caslellar, à trois lieues de Gibraltar et de l'évécbé de Cadix , s'engageant encore de les fournir de meubles et d'ornements d'église. Elle eapaaaa contrat, qui fut ratifié daus le chapitre provincial tenu à Gnadalaxara le 96 avril lfi03, où l'on approuva aussi l'établisaeoient de cette étroite observance et les eonstiinttons que les religieux qui l'embraseeraieat devaient suivre. A celte nouvelle, le P. JeaO'Baptiste et cinq compagnons aux- ^«els II avait inspiré l'esprit de la réforme» mm prirent publiquement l'habit le jour de rAacensfon, dans la chapelle de Noire-Dame da Remède, dans Téfflise des religieux de la grande observance du même ordre, et quittant en même temps le surnom de leurs familles, lOtP* Jean-Baptisie prit celui do Saint^crement au lieu de Gonxalei.

Comme daui l'établissement de l'ordre, le roîd*Aragon, Jacaues I", donna un appartement dans son palais à saint Pierre Noiasqoe et i ses compagnons , de même la comtesse de Castellar reçut d'abord le P. Jean-Bapliste et set compagnons dans son hôtel de Madrid, ou ils firent leurs exercices de d^ roiion et pratiquèrent les observances régulîèref , pendant qu*oo bâtissait les deux pre** miers couvents de cette étroite observance. Ifats comme ces saints religieux ne respiraient flo'itprès la retraite et la solitude, et qn'ila élaleottrop exposés au grand monde dana la maison do celte dame, elle les envoya é:»nê son château de Ribas, bourg distant de Madrid de trois lieues, et ils allaîeni tous les jours célébrer la messe dans une chapelle dédiée à sainte Cécile, qui était dans le même bourg.

Quelques personnes trop attachées à leurs propres intérétSi appréhendant que ces reli*

MER

gieux ne fissent un couvent d*un lien qu'ils n'avaient que par emprunt, leur firent d'étranges vexations; ils détachèrent leur cloche, renversèrent l'autel qui avait été dressé pour célébrer la messe : l'évéque même se joignit â eux, et défendit aux religieux de la célébrer, non-seulement dans cette chapelle de Sainte-Cécile, mais même dans l'église de la paroisse, ce qui obligea ces religieux de retourner à Haarid. Mais les habitants de Ribas furent si édifiés de leur vie exemplaire, qu'ils firent ce qu'ils purent pour les retenir dans leur bourg. Us prièrent la comtesse de Castellar de leur bâtir un monastère, et cette pieuse dame leur accorda leur demande, promettant que sitAt au'elle aurait achevé lesaeux couvents qu'elle faisait bâtir en Andalousie ponr ces religieux, elle ferait aussi commencer un nouveau monastère k Ribas.

Les bâtiments de ces denx premiers coove.nta ayant été achevés avec le consentement de Tarchevêque de Sévilleet de l'évéque de Cadix, la comtesse de Castellar alla en Andalousie disposer toutes choses pour recevoir les nouveaux réformés, qui, s étant mis en chemin pour aller prendre possession de ces denx couvents, reçurent de nouveaux chagrins â Séville de la part des religieux de la Ï;rande observance, qui, étant scandalisés de 'habillement de ces religieux réformés, leur firent malicieusement entendre que le définitoire d'Aragon avait envojé ordre de les arrêter et de les obliger à retourner â la grande observance. Hais ces avis se trouvèrent faux; le P. Jean-Baptiste et quelquf*s-uns de ses compacnons se rendir«-nl i Almorayna ponr prendre possession de ce nouveau couvent, où ils entrèrent l'an 1603; et ce couvent, qui fut dédié â Notre-Dame des Rois, fut le premier de la réforme. Les autres compagnons du P. Jean-Baptiste, auxquels legénéral avait donné pour commandeur le P. Jean de Saint-Joseph, entrèrent dans celui de Viso le 25 janvier de Tannée suivante, 160i« Ces deux nouveaux couvents fur^'Ut bientôt remplis des principaux religieux de l'ordrep qui s'y relirèrent pour y vivre dans rétroite observance. Le nombre s'étanl augmenté , la comtesse de Castellar fonda un troisièuie couvent dans sa terre de Uiba.«» comme el'e l'avait promis aui habit^ints de ce lieu, et la même année le P. Jean-Bapli^le en fut pi cadre possession. Il se fil encore d'autres fondation^i quelques mois après. Tune à Séville, Tautre à Rota, et dans la suite ce saint réformateur eut II consolation de voir douxo aO'« très fondations, dont les plus considérable furent à Madrid, à Salamanque et à Alcala de Uénarei. Il s'en fit même jusque dans la Sicile, où après sa mort le nombre dei couvents est devenu si considérable, qu*on en a formé une province particulière sous le nom de Saint-Raymond, et ceux d'Espagne ont été divisés en deux provinces.

Dieu fil connaître par plusieurs miracles la sainteté du P. Jean- Baptiste, qui, après avoir vécu dans sa Réforme quinze ans, mourut à Madrid dans le couvent de ceUe Réforme, au

DICTIONNAIRE DES OUDRES RbLIGIi:UX.

mois de mai 1618. On l'enterra dans la sépol* ture ordinaire des religieux ; mais Tannée sutvanle, les supérieurs, à la soliicitallon do

Ïdusieurs personnes qui avaient une siogùiére vénération pour ce serviteur de Dieu, te levèrent de lerre pour le mettre dans un lieu plus honorable. L'on (rouva sun corps aussi entier et aussi flexible que s'il venait de mou* rir ; sa langue était encore vermeille, cl Dieu permit que ce saint corps restdl plusieurs an-

, nées en cot étal,

,« L'habilloment de ces religieux est sembla- , bleà celui des Carmes Déchaussés, excepté que le manteau est plus long (1). Ils portent aussi, comme ceux de la grande observance de la Merci, Técusson des armes d'Aragon sur leur srapulairc, et leurs snndales sont comme celles des capocins. Paul V approuva leur Réforme ran 1606. Grégoire XV, Tan 1621, les sépara entièrement de ceux de la grande observance,et Urbain Vill, la même année, leur donna un vicaire général de leur Héforme, qui fut le P, Jean Marolli, surnommé de Saint- Joseph, qui a beaucoup étendu cette Réforme par la fondation de plusieurs couvents. Il y a aussi des religieuses de cette Réforme dont nousallons parlerdans le paragraphe suivant. Le P. Pierre de Sainte-Cécile a fait THistoire de'cette Réforme, imprimée à Barcelone Tan

Voyez VHistoire de Vordr$ de Nofre^Dame ^e la Merci. Bernard de Vergas, Chron. facr. et miliL ord. B. M. de Mercede^ lom. H, § 6 et 6. Pedro de S. Gecilia, Annal, de Vord* de Descaleos de N. 5. de la Merced. Bedemlion 4e caplivos.

( IV. De$ religieuBêS de l'ordre de Noire-' Dame de la Mercit tant de la grande obset" tance qm. Déchaunéee.

Si on avait égard au temps de l'établissement du tiers ordre de la Merci, il devrait être appelé le second ordre, puisqu'il a été établi avant les religieuses du même ordre, qui forment néanmoins le second ordre; mais il est juste que des personnes séculières, qui ne sont engaffées à an* état que par des vœpx simples; cédcnl la préséance à celles qiii sont consacrées à Dieu par des vœux solepéels. Les premières religieuses de l'ordre de la Merci furent établies A Séville Fan 1568. L'inslrament dont Dieu se servit pour ce sujet fat le P. Antoine Vélasco, religieu:| du même ordre. Plusieurs personnes des prqmières familles de la ville de Séville s'étant mises sous sa conduite et sa direction, il y eut entre les autres trois dames, d<nns lesquelles il remarqua un si grand détachement des choses de la terre, une union si grande avec Dieu et un si violent désir d^aspirer à ilne vie plus parfaite, qa'il crut qae Dieu tes avait choisies poar être les pierres fopdâf mentales d'un monastère de religieuses de Notre-Dame de la Merci, qa'il se sentait intérieurement inspiré de bâtir pour servir de retraite à quantité de Glles vertueuses qui soupiraient depuis longtemps après cette oc-

casion. Il recommanda cette ailiiire à Dies. et après avoir longtemps jeûné, prié, et prsliqué de rigoureuses péniteaces, etdaasie temps qu'il prenait la résolution de comnisniquer son dessein à ces dames, qui seao»maicnl Marie Çapata, Béalrix de las RoeUi et Françoise Martel, on jour de l'Assonpiioi de la sainte Vierge, elles le Orent appeler i l'église , et lui dirent que Dieo leur avait isspiré la pensée de fonder un monastère poar des religieuses de l'ordre de Notre-Dane 4e la Merci, et de le dédier sous le nom de l'Assomption de Notre-Dame.

Le Père connut pour lors qoe le dMSfii qu'il avait projeté venait de Dieo; il leur 4ccla'-a ce qu'il avait bit depuis loagKapf pour obtenir celte grâce du ciel, il IfS iortifu dans leur résolution, et se chargea de ioil>citer les permissions nécessaires. Los S)IdI obtenues, tant du grand vicaire de ^arcbet^ oue de Séville, que du provincial de i^ûJf. il crut que, peur rendre cet éiablis^eohot plus solide, il fallait le faire confirmer parle sainl-siége. Ces dames dépêchèrent os geotilhomme à Rome ao bienheoreox Pie V, qui gouvernait pour lors l'Eglise onivenelif, pour le prier d'agréer la fondation de ceoMnastère. Le pape y consentit et fil espédift une bulle an mois de mai 1568, par kKiaeit il l'approuvait et y donnait son coDieste ment.

Silêt qu'elles eurent reça cette balle, rl>i achetèrent une grande place proche le coq* vent des religieux de la Merci pour la eoomodité do confesseur, et elles y firent Uiir une église avec le*monastère. Pendant qoe \*i ouvriers travaillaient au bâtiment, le P. Vélasco dressa les conslitations que les religieuses devaient observer ; il les envoya ii chapitre général de Guadalaxara, qui lelisi Tannée suivante, 1569. Le chapitre donnasse commission à quelques religieux poar Im examiner; et le monastère étant achevé, )m trois dames fondatrices t entrèrent atec quelques jeunes demoiselles* Le P. Vélâscs eu fut établi vicaire perpétael ; il lenrdosu pnbliaoement l'habit de l'ordre, etdeoissf après le provincial, dans la visite qu'il fit 4e ce couvent, ratifia et confirma lesprolmioBi de celles qui avaient prononcé leurs vsm.

Il y a eo dans ce monastère plosieon reli* gieuses d'une vertu éminente, dont te» pn>cipates ont été, la B. Anne de la Croii, ^i<s a été première supérieure; la MèreAaloiseiic de l'Assomption de la maison d'Airollsr, h Mère Augustine Menriquei, la Mère Aise des Rois» et la B. sœurMarie de la Résumetion.

' Comme, peu de temps après qoe \et.if*> Baptiste eut établi la Rélorme des nli^^^^ de la Merci, on établit aussi des moa^isun* de religieuses de cette même Ré&nne, m Mère Clémence de la Sainte-Trinité foi li'<»' du monastère de l'Assomption deSévili^P^*' aller fonder le premier monastère 4es^'|j

f pieuses Déchaussées on de la RécoUediosii ut établi à Lora, qui en a produit pttsie*'>

(I) Voif., à1aUndi}vol.,n*i37.

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MER

nutres» comme à Sévillo» où il v en a cncure un de celte Réformo, deux à Madrid, dont l'un a clé fondé en 1665, par le roi d'Espagne TLilippe IV» en Thonnear do Timmaculée Conception. Il y en a rnrore d'autre» à Foenles, à Archos, à Marchène, à Ezicha m Andalousie, à Tboro et Sanjago en Castille» et fo plusieurs autres lieux. Ces religieuses sonl habillées comme les religieux (1), et nprès a? olr prononcé les trois vœux essenllcis de religion, elles ajoutent xJb promette tn tant que mon état le peut permettre ^ de VO' quer aux choies qui regardent h rachat des captifs^ et de donner ma vie pour eux, «'tï est vécesêaire» Le P. Bonanni, parlant des religieuses de la Merci de la grande observance, 1rs a confondues avec les Qlles du tiers ordre, dont nous allons parler dans Tarticle suivant. Voyex les auteurs ci -devant cités, et le P. BanannI, Catalog.Ord.relig.f parl.ir,pag.87. L'ordre de la Merci avait pris une certaine r\len$ion, mais fait peu de sensation en France : il y avait donc plusieurs provinces où il élait presque inconnu. M. Gilles de la H<iume le Blanc, évéqne de Nantes, les appela dans sa ville épiscopale, et leur donna, en 1672, une maison nommée TErmilage de Saint-Similien sar les Hauts-Pavés. Ce prélat n'avait fait que répondre au vœu manifesté pir la province, et s*élait assuré du consentement des états assemblés à Nantes, en 1063; mais cet établissement, n'ayant pas éié autorisé par lettres patentes da roi, fot dissous au bout de quelaues années.

Le jansénisme pénétrait partout, dans les lieni surtout où les évéqnes protégeaient cette errear. Quoique les Pérès de la Merci n*aient pas donné beaucoup de scandales fous ce rapport, cependant ceux de la maison de Montpellieri sons Tépiscopat de Colbert, cédèrent à Tesprlt de nouveauté et donnèrent quelques preuves d'entêtement sous son fursesseur, M. de Cbaranci, qui chercha i réparer les maux causés par Colbert.

L'ordre de la Merci jouissait, même dans le XIX' siècle, d'une grande considération en Kspagne. Néanmoins II n'a point été conservé dans les suppressions presque générales biles par les révolutions qui ont suivi la mort de Ferdinand VU, si ce n'est dans les couvents de femmes.

An dernier siècle, il y avait à Rome trois maisons de cet institut : l'une pour les religieux Chaussés, nommée Saint^André in campo Vaeeino; les deux autres, nommées Saint-Jean in eawpo Mario et Sainte-Marie inMonterone^ pour les religieux Déchaussés. Les religieuses de Tordre n'y aYaicnt point, croyons-oous, d'établissement, pas plus qu'à Paris, où les religieux avaient deux maisons, Tone rue des Sept- Voies, ainsi qu'un col* Icge, mais qu'ils furent obligés d'abandon- •«*r ao dernier siècle, pressés par la paiivreté. L'autre était située rues de Brac et du Chaume, et l'on voit encore les ruines <'e cet établissement, où l'on avait lait, sur lt;i dessins de Cotard, un portrait curieux,

(1) V»^., 4 la In du vol., u** 238 et 230.

dont on peut voir la descriptinn dans le Tahleau de Parié, de M. de Saint- Victor. Les religieux étaient au nombre de trente-cinq, vers le milieu du dernier siècle, dans celte communauté, où se faisait le noviciat. Pour ce noviciat et pour la prise d'habit, les religieux prenaient 500 livres. Il fallait, dans cette maison, que chaque religieux fournit ao moins 150 livres de pension viagère. Les religlcui avaient, en reconnaissance de leur établissement, l'honneur de présenter à la reine un cierge la yeille de la Puri6cation. La maison de la rue des Sept*Voies, qui servait de collège destiné aux études de la Sorbonne, avait été fondée, en 1250, par Allain M^ Albert, fait inconnu a M. de Saint-Victor. Le général de l'ordre a toujours été à Madrid, mais probablement, depuis la suppression faite en Espagne, la supériorité a été donnée au vicaire général, résidant à Rome, qui était récemment le R. P. Thomae Miquel; le procureur général était le P. Michel Xianco , vivant p/eut-ôtre encore l'un et l'autre aujourd'hui.

Nouvelles Ecclésiaitiques^ année 1738-39.

— Tableau de Parié, par M. de Saint-Victor, tome 11. — Eiat de Paris, par M. de Beaumont. — Les Vies des saints de Bretagne, tome VI, édition de M. l'abbé Trcsvaux.

MERCI (Du Tiers Oadab ob NoTBB-DAmi

DE la).

Vers l'an 1265, deux femmes illustres de la ville de Barcelone, veuves de deux gentilshommes très-coniidérabics de la province, se voyant sans enfants, résolurent de triompher du monde en menant une vie directement opposée é ses fausses maximes; l'une s'appelait Isabelle Berti, et l'autre Enlalie Pins. Elles prirent avec elles quelques filles qui aspiraient au même genre de vie, et elles se logèrent dans une maison proclio le couvent des religieux delà Merci, où, après avoir vaqué aux exercices de la prière et de l'oraison, elles employaient su travail tout lo temps qui leor restait, pour distribuer aux pauvres le proGt qu'elles en pouvaient tirer.

Pour marcher plus sûrement dans les voies du ciel, elles choisirent pour leur père spiriiuel rt leur confesseur, le bienheureux Bernard de Corharie, religieux de Tordre de la Merci* pour lors prieur de leur couvent de Barcelone, et elles firent sous sa conduite des progrès si admirables, que, embrasées do désir d'un état plus parfait, ces deux dames lui demandèrent, au nom de toutes leurs corn* pagnes, la grâce de porter Thabit du Tiers Ordre de la Mrrci, à l'imitalion des Tierciaires de Tordre do Saint-François cl de celui de Saint-Dominique. Le bienheureux Bernard de Corharie, après les avoir éprouvées pendant quelque temps , et voyant qu'elles persévéraient dans leurs saintes ré* solutions, regarda cela comme un moyen q.ue Dieu lui fournissait d'établir un Tiers Ordre de la Merci ; il le proposa dans un chapitre général au bienheureux Guillaume

DICTIONNAIRE DES OHDRES RELIGIEUX

4e Bat, doOKième géoéral de Tordre, qui, do conseolement des définileari«lui donna commiMion poor faire cet établissement, et re* eerotr pQbliqoennenl à Thabit ces vertueuses damea et leurs compagnes, et de leur prescrira QM règle et une manière de vie, ce qu*il eiécota Tan 1265, le jour que l'Eglise célébrait la fête de rAnnonciation de la sainte Vierve, en présence d'une infinité de personnes de la ville de Barcelone. A Toffer* ^ foire de la messe qu'il célébra, il fit un dis- ^ cours sur l'eieellence de l'ordre de la Merci ^ et sur la persévérance que ces dames avaient témoignée pour s*y consacrer au service de pieu, et après leur avoir donné Phabit de l'prdre, il les esborta d'en demander l'es* prit à Dieu pour contribuer par leurs au* mènes, leurs prières et leurs larmes, au sou* 'lagement corporel et spirituel des pauvres esclaves chrétiens, et de s*eiercer sans réserre aux CBUvres de miséricorde pour secourir les pauvres, assister les malades, visiter les prisonniers, et pour soulager içénéralensent tous ceux qu'elles verraient dans )a misère et dans l'indigence. La cérémonie étant acherée, toute la ville les reconduisit de l'église cbei elles, où elles menèrent dans les exercices de ce nouveau Tiers Ordre une fie ai sainte, que plusieurs sont mortes en pdeur do sainteté.

Entre les autres fût sainte Marie du Secours, qui fut la supérieure de ce4te petite communauté, et reçut la première l'habit du Tiers Ordre, les autres lui ayant déféré cet honneur A cause de son éminente sainteté. Elle naquit A Barcelone, Pan 1231, de pa*

gsnts noUes et riches, et fut nommée Marie. Ile commença dès son enfance à aimer Dieu, A le prier avec ferveur, et A châtier fon corps par de§ macérations presque incroyqbles. ^Me fit vœu de virginité de bonne heure pour se dégager de toutes les poursuites dm mariage, et par la protection de la sacrée Vierge «a patronne, elle le garda jusgu'A la mort. Ses parents Tayaut laissée héritière de très-grands biens, elle n'en fut que récooomo pour les distribuer aux pauvres,

Îux prisonniers, aux malades, aux captifs H toutes sortes de nécessiteux. Et cette chariié sans bornes lui acquit une si haute réputation dans Barcelone, qu'on lui donna communément le surnom de Steoun au lieu de celui de sa Camille que les historiens ne marquent Mint.

Elle fut la preinière, comme nous avons dit, qui reçut l'habit du Tiers Ordre de la Merci, et quoique les historiens de cet ordre donnent A cette sainte la qualité de religieuse du Tiers Ordre, aussi bien qu'A celles qui reçurent l'habit avec elles, il y a bien de

('apparence qu'ayant demandé cet habit A l'imitation des Tierciaires des ordres de Saintfrançois et de Satul-Dominioue , elles ne s'engagèrent ccimmo elles qu^A des vœux simples, et non pas A des vœui solennels qui font le religieux, et qui sont un eng9gement indissoluble qui le Ko A l'ordre qu'il a embrassé et l'empécbe de retourner dans le monde, au lieu que le véritable esprit des

Tiers Ordres établis dans TEgliae •*« peint été de lier ceux qui s*y engagMient» A meius qu'ils n'y fussent engagés par des vcmx solennels, comme il est arrivé dans les Tiers Ordres de Saint-François et de Saiui-Oomînique, où il s'est trouvé des parsouncs qoî s'y sont consacrées A Dieu jiar dea vceux so* lennels ; ce que sainte Marie du Secours et ses compagnes ne peuvent paa avoir fait, puisqu'ellrs auraient été véritablement rrll-

I pieuses ; et en ce cas on n'aurait pas appelé eur ordre le Tiers Ordre, et l'on n'aurait BIS donné le second rang dans Tordre de la erci A celles qui Ml*rnt établies dans le monastère de l'Assomption, l'an 1568, près de trois cents ans après l'établissement de es Tiers Ordre. Il ne faut pas croire que les religieuses du monastère de Sévllle, et celles qui les ont imitées dans ce genre de vie, aient eu la préséance au-dessus de celles du Tiers Ordre, A cause qu'elles ont gardé la clôture; car il y a un grand nombre de reii-

gieuses dans l'ordre de Saint-François et de aint-Dominique qui sont du second ordre, sans néanmoins garder la clôture» se conformant aux usages des pays où elles sont établies; et si sAnte Marie du Secours et ses compagnes ont vécu en communauté, ellca ne doivent pas pour cela être appelées relé-

Sieuses, puisque nous voyons tous les jours es Tierciaires vivre en communauté, comme les Bons-Fils,qoi sont du Tiers Ordrede Saint- François, qui ont des églises ouvertes, qui pra* tiquent toutes les observances de la vie régulière, et qui néanmoins ne sont pas religieux. Au reste, ce Tiers Ordre de la Merci est peu connu présentement; nous ne voyons pas même que les historiens de la Merci en aient beaucoup parlé. Ils se font contentés de donner la vie de sainte Marie du Secourt, qui en a reçu la première l'habit, et A qui ils donnent sans fondement la qualité de religieuse. Cette sainte mourut A Barcelone, l'an IS8I, et fut enterrée dans l'église des religieux de la Merri, où II s'est fait plusieurs miracles A son tombeau. Ce sacré corps est encore tout entier, aussi bien que celui du bienheureux Bernard de Corbarie, son directeur. Il est maintenant dans une chAsse, enfermé tous

Suaire clefs, dont l'une est entre les mains e l'évéque, l'autre dans le dépôt du c<iuvent, la troisième est gardée par les députés du comté de Catalogne, et la quatriâne A la disposition des consuls de la ville.

Voyei la Fte de soin/e Marit dm $ecûwn par le P. Autri^ les Annale» et les Ckroni^ queê de Vordre de (a Merci.

MÈHB DB DIEU (Ctsacs Btecuxas ns la). Voy. EcoLis piboscs.

MESSINE. Foy. Bocrbodrg.

Voyei la Fte de êainte Marie dm Ssceurs, fHir /• P. Auvrif les Annales et les Chronn ques de l'ordre de la Merci.

MÉTKO DB LA PÉNITBNCB DBS MABTTRS

(CRANOIRBS BtoULIBRS Dp NotUB-DaIBB M).

Il y a des auteurs qui ont confondu l'ordre de Notre-Dame de Métro de la Pénilence tfrt Martyrs, avec un ordre supposé de Salul- Démétrius ; et d'autres en ont fait deux er-

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