Nabuchodonosor. Camée du Musée de Berlin
{bus. «Au Dieu Mardouk son seigneur, Nabuchodonosor, roi de Babylone, pour sa vie (ceci) a fait. » Malheureusement le travail esl grec plutôt que babylonien, et si le camée est authentique, on se demande s’il ne représente pas quelque prince de même nom, mais d’époque plus récente.
Ainsi que Ninive à la mort d’Assurbanipal, Babylone à la mort de Nabuchodonosor (561) était près de sa ruine, malgré tout son éclat et ses richesses : l’empire perse grandissait sous la suzeraineté de la Médie, et devait, un quart de siècle plus tard (538), détruire l’empire babylonien, en dépit de ses formidables défenses. A la tête d’or et au lion symboliques de Daniel devait succéder la poitrine d’argent et l’ours des montagnes. Le fils et successeur de Nabuchodonosor, Amil-Mardouk, l'Évil-Mérodacli de Jérémie, lii, 31, et de IV Reg., xxv, 27, passa sur le trône sans rien faire de glorieux : les inscriptions cunéiformes datant de son règne sont des contrais privés sans intérêt historique.
Bibliographie. — 1° Inscriptions : Eh. Schrader, Keilinschriftliche Bibliothek, t. iii, 2e partie, p. 10-71, 140-141; t. iv, p. 180-201; Records of the Past, Ire sér., t. v, p. 87, 111; t. vu, 69, 73; t. xi, 92; IIe sér., t. ni, p. 102; t. v, p. 141; Proceedings of the Society of Bi- | blical Arch-æology, t. x, p. 87, 215, 290 et suiv. ; t. xii, p. 116, 159 sq., transi, by Bail ; t. xx, p. 164-166, by Boissier; Pognon, Les inscriptions babyloniennes de Wadi Brissa, Paris, 1888; J. Ménant, Babylone et la Chaldée, p. 187-219.
Histoire : Ménant, Ibid., p. 197-248; G. Rawlinson, Londres, 1879, t. ni, p. 48-64 ; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, les Empires, 1904, p. 517- 566, 623-643; Schrader-Whitehouse, The cuneiform inscriptions and. the Old Testament, 1888, t. n, p. 47- 52,115, 315 et passim; F. Yigouroux, La Bible et les
découvertes modernes, t. iv, p. 141-154, 244-338; Josèphe, Ant. jud., X, vi-xi, édit. Didot, t. I, p. 376-392; Ctésias, De rébus Assyriorum, édit. Didot, p. 19-25; Hérodote, édit. Didot, i, 183-185, p. 58-62; Bérose, Fragmenta historié. græcor., édit. Didot, t. il, p. 506-508; Abydène, t. iv, p. 282-284; Varior., t. n, p. 416; t. iii, p. 78.
É. Pannier.
2. NABUCHODONOSOR, roi d’Assyrie qui avait pour chef de son armée Holoferne, mis à mort par Judith. Comme l’histoire ne nous fait connaître aucun roi d’Assyrie qui ait porté ce nom, on a identifié le Nabuchodonosor de Judith avec divers rois. Voir Judith, col. 1830. Les savants catholiques l’identifient aujourd’hui le plus communément avec Assurbanipal. Voir Assurbanipal, t. i, col. 1146.
NABUSEZBAN (hébreu : Nebusazbdn; omis dans les Septante ; mais on le lit dans quelques manuscrits sous la forme : Naêoua'âç, SeXyujxi, Naoou<7sÇêdv; dans Théodotion : Naêouuaiiaêâv, d’après les Hexaples, Patr. gr., t. xvi, col. 2202), un des chefs de l’armée de Nabuchodonosor qui prirent Jérusalem. Il avait le titre de rabsarès (rabsaris), « chef des eunuques. » Voir Rabsarès. La Vulgate met un et entre Nabusezban et Rabsarès, comme si c’étaient deux noms propres, mais le et est fautif; il ne se trouve pas dans l’hébreu, et rab-saris indique le titre officiel de Nabusezban. Sur l’ordre que Nabuchodonosor avait donné à Nabuzardan, général en chef, Nabusezban fit sortir, avec le rebmag Nérégel- Séréser, le prophète Jérémie de la prison où le roi de Juda l’avait enfermé, Jer., xxxix, 13, et il le remit aux mains de Godolias. Au commencement du même chapitre xxxix, les chefs de l’armée babylonienne, sont également énumérés, au f. 3, où il est dit que, lors de la prise de Jérusalem, ils se postèrent à la porte du milieu. Parmi eux est nommé, comme au f. 13, le rabsaris, mais dans l’état actuel du texte, ce rabsaris est appelé Sarsachim (hébreu Sarsekhn), et non Nebusazban. Il est néanmoins peu vraisemblable qu’il y eût deux rabsaris et l’on peut supposer par conséquent que, dans l’un des deux passages, le nom véritable a été corrompu. Or la forme Nebusazban est celle d’un vrai nom babylonien, sauf en partie la vocalisation. C’est donc probablement la forme Sarsekîm qui est altérée. Les noms étrangers contenus dans les f. 3 et 13 n’étant pas familiers aux copistes et hébreux et surtout grecs et latins, ont été notablement défigurés; ils ont été de plus mal coupés. On peut reconnaître, dans le f. 3, le premier élément du nom de Nebusazbdn, accolé par erreur au nom qui le précède : Semegarnabu (hébreu : Samgar-Nabu), et l’on a ainsi : Nebusarsekîm, rab-saris. Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, de l’identification de Nebusazban et de [Nebu]sarsekîm, la forme Nebusazbdn est authentiquement babylonienne : f •*-} Pt ^ Tïr Le mot
se décompose ainsi : Nabu-sêzib-anni, « Nébo, sauvemoi. » H. Zimmern et H. Winckler, Die Keilinschriften und das Alte Testament , 1903, p. 408. Il a été retrouvé dans les documents cunéiformes dans une liste de noms propres, Cuneiform Inscriptions of Western A sia, t. n, pl. 64, col. I, lig.32. Ce nom fut aussi donné suivant une coutume assyrienne, au fils de Néchao Ier. G. Smith, Lifeof Assurbanipal, in-8°, Londres, 1871, p. 46, lig. 64. Une trentaine d’années après l’événement raconté dans Jérémie, le même nom de Nabûsuzibanni se retrouve dans les inscriptions de Nabonide. F. Vigouroux.
NABUTHÉENS (Septante : Naoaratoi), peuple ami des Juifs au temps des Machabées, et vivant à l’est du Jourdain. I Mach., v, 25; ix, 35. Judas Machabée et Jonathas, son frère, après avoir franchi le Jourdain et marché durant trois jours dans le désert, rencontrèrent les Nabuthéens, qui les reçurent amicalement et leur
NACUTHÉENS
racontèrent tout ce que les Juifs de Galaad avaient eu à souffrir de la part des habitants de ce pays. I Mach., v, H5-27. Plus tard, Jonathas, pressé par Bacchide, leur envoya demander la permission de laisser chez eux ses bagages, qui étaient considérables. I Mach., ix, 35 (d’après le texte grec). C’est tout ce que la Bible nous apprend sur ce peuple, qui pourtant a eu son rôle dans l’antiquité. Autrefois, il est vrai, peu connu, il nous a été en grande partie révélé par les découvertes épigraphiques modernes. Il s’agit, en effet, comme l'indique le nom grec, des Nabatéens mentionnés par les auteurs classiques, Il nous suffira ici d’en rechercher l’origine, d’en esquisser l’histoire et la physionomie.
I. Origine. — Diodore de Sicile, xix, 94-100, nous représente les Nabatéens comme des Arabes, nomades pour la plupart, mais riches par le commerce de la myrrhe et de l’encens, qu’ils entretenaient avec l’Arabie Heureuse. Strabon, xvi, 18, nous montre, non loin du golfe Élanitique, la Nabatée, r) Naëaraia, )contrée populeuse et aux gras pâturages. Ailleurs, xvi, p. 760, il semble les confondre avec les Iduméens, qu’ils avaient chassés de l’Arabie Pétrée. Pour Pline, H. N., xii, 17, les Nabatéens sont des Arabes voisins de la Syrie. Josèphe, Ant. jud., XIII, i, 2, rapporte, d’après la Bible, que Jonathas envoya son frère vers les Arabes Nabatéens, 7tpo; toÙç NaêaTaiouç ”Apaêaç. Il comprend sous le nom de Nabatène, Naëavrjvri /oSpa, toute la contrée qui s’étend de l’Euphrate à la mer Rouge, mais il l’attribue en même temps à tous les enfants d’Ismaël, dont l’ainé, Nabaïoth, lui aurait donné son nom. Une question se pose précisément ici : Les Nabuthéens Nabatéens sont-ils identiques aux Nabaïoth (hébreu : Nebâyôt), descendants du premier-né d’Ismaël, et dont il est question Gen., xxv, 13; xxvm, 9; I Par., i,29; Is. , lx, 7? Voir Nabaïoth, col. 1430. Quelquesuns ne le croient pas, les Nabatéens étant, d’après eux, Araméens d’origine, et les Nabaïoth appartenant à la race arabe. Cf F. Hommel, Die altisraelitisclxe Ueberlieferung, Munich, 1897, p. 208; D. S. Margoliouth, dans Hastings, Dictionary of the Bible, Edimbourg, 1900, t. ni, p. 501, d’après Glaser, Skizze der Geschichte und Géographie Arabiens, t. ir, p, 12, 248, 267. D’autres l’affirment, comme E. Schrader, Die Keilinschriften und das Alte Testament, Giessen, 1883, p. 147 ; Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies? 2e édit., Leipzig, 1881, p. 297, et la plupart des commentateurs. Ces mêmes auteurs admettent l’identité des Nabaïoth=Na batéens avec les Nabailai ou Nabaitu des inscriptions assyriennes, qui étaient, au temps d’Assurbanipal, une puissante tribu du nord de l’Arabie. On trouve cependant aussi dans les inscriptions de Théglathphalasar II, de Sargon et de Sennachérib des Nabatu, qui sont de la famille des Aramu ou Araméens cantonnés prés de Babylone. Si les Nabatéens sont d’origine araméenne, ne faudrait-il point plutôt les assimiler à ces derniers? Toute la question, on le voit, est de savoir à laquelle des deux races rattacher le peuple dont nous parlons. On a longtemps discuté et l’on discute encore sur ce sujet, qui divise les savants. E. Quatremère, Mémoire sur les Nabatéens, dans ses Mélanges d'histoire et de philologie orientale, Paris, sans date, p. 58-189, s’appuyant sur de nombreuses citations d’auteurs arabes, a longuement défendu l’origine araméenne. Cette opinion, après avoir été plus ou moins abandonnée, a été reprise par Glaser, Skizze der Geschichte und Géographie Arabiens, t. h, p. 12, 248 sq. et Hommel, Die altisraelilisclie Ueberlicferung, p. 208. Les partisans de l’origine arabe font valoir les raisons suivantes. Le témoignage des géographes et historiens classiques est formel; celui de Diodore est d’autant plus remarquable que cet écrivain reconnaît lui-même, xix, 96, que les Nabatéens écrivaient avec des caractères syriaques. Les
Nabatéens des classiques sont cités en compagnie des Arabes de Cédar, Nabatæi et Cedreni. Pline, H. N., v, 12. 11 en est précisément ainsi pour les Nabaïoth, Is., lx, 7, et les Nabaitu, souvent mentionnés auprès des Qidrai dans les inscriptions cunéiformes. On ajoute à cela les noms propres et les noms des dieux, qui sont presque tous arabes. Ce fait, il est vrai, d’après les partisans de la première opinion, prouverait simplement que les populations de race arabe exerçaient déjà à cette époque une puissante influence sur leurs voisins araméens; ne voit-on pas les noms propres islamiques portés par des personnes qui ne sont pas de race arabe? Voir Arabie, t. i, col. 862. On objecte
encore que les historiens arabes écrivent k-ô, Nabat, avec un t emphatique, et que les inscriptions ellesmêmes emploient sans exception l’orthographe tod:, avec un teth, tandis que le t de Nebâyôt, nus et de
Nebaitu est un th.av. Mais on répond aussi que cette permutation n’est pas rare dans les différentes branches de l’idiome sémitique; c’est ainsi que l’hébreu brsp, qâtal, « tuer, » est certainement identique à l’arabe D’ailleurs, si l’argument était juste, il vaudrait aussi contre les Nabatu araméens, dont le nom ne comporte pas non plus de t emphatique. Quant aux historiens arabes cités par Quatremère, ils ont pu faussement conclure du langage araméen des Nabatéens à leur origine araméenne; mais on sait que la langue n’est pas toujours un indice certain de la race.
IL Histoire. — L’origine des Nabatéens reste donc obscure, bien qu’il soit permis de les faire remonter jusqu’au premier-né d’Ismaël. On les a comparés dans l’histoire à un météore qui brille soudain, et qui, au bout de quelques siècles, rentre de nouveau dans l’obscurité d’où il était sorti, sans qu’on sache d’où il venait et où il allait, mais dont le cours, le point de départ et le point d’arrivée peuvent être sûrement déterminés. Ils font leur première apparition au vne siècle avant J. -G., où leur roi Natnu, qui avait pris part à la révolte des Arabes, fut défait par Assurbanipal. Cf. Frd. Delitzsch, Wo lag das Paradies? p. 296-301; G. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, 1895-1899, t. m, p. 439. A ce moment-là, ils formaient donc déjà une importante tribu. A quelle époque devinrent-ils maîtres de l’Arabie Pétrée? On ne sait au juste; ce fut vraisemblablement quelque temps après la captivité de Babylone, lorsque les Perses refoulèrent les tribus arabes qui habitaient sur les bords de l’Euphrate. Pendant que les Iduméens remontaient vers le nord-ouest, les Beni-Nabat se fortifiaient dans l’antique héritage d’Ésaü, le Djébel Scherra, au sud de la mer Morte, fondant un petit royaume, avec l’antique Séla', « le Rocher, » Pétra, comme capitale. Le premier événement daté de leur histoire est l’expédition d’Athénée, envoyée par Antigone, l’un des successeurs d’Alexandre, contre Pétra, en 312. La ville fut prise et pillée, en l’absence des hommes, qui étaient alors à une foire du voisinage. A leur retour, ceux-ci poursuivirent l’ennemi qu’ils taillèrent en pièces. Cf. Diodore de Sicile, xix, 94-100. Le premier prince (vjpavvoç) dont il soit fait mention est Arétas Ier, contemporain du grand-prêtre Jason et d’Antiochus Épiphane, vers 169 avant J.-C.. Cf. II Mach., v, 8. Voir Arétas Ier, t. i, col. 943. Nous avons vu comment les Nabatéens entretinrent des relations amicales avec les Machabées. I Mach., v, 25; ix, 35. Au déclin de la domination des Séleucides et des Ptolémées, ils virent leur puissance s’accroître, leur roi, Érotime, répandant la gloire du nom arabe à travers l’Égypte et la Syrie (110 à 100 avant J.-C.). Cf. Justin, XXXIX, v, 5-6. Jaloux cependant des progrès des Asmonéens, qui grandissaient en même temps qu’eux, ils eurent des différends avec leurs anciens amis, et Alexandre Jannée fut battu par
NABUTIIEENS
Obodas Ier (vers 90). Josèphe, Ant. jud., XIII, xm, 5. Après ce dernier prince, se place Rabel Ier, dont l'existence a été révélée par une inscription trouvée en 1897 à Pétra, sur le socle d’une statue. Il devait être iils d'Obodas Ier et frère aîné d’Arétas III, comme l’a ingénieusement montré M. Clermont-Gunneau, Recueil d’archéologie orientale, Paris, 1897, t. n. p. 221-234. Avec Arétas III (de 85 à 00 environ), qui prend sur ses monnaies le titre de Philhéll'ene, le royaume nabatéen atteignit sa plus grande extension. Ce roi fonda un port à Haouara, sur la mer Rouge, et s’empara de Damas, qui ne tarda pas à recouvrer son indépendance. Il prit parti pour Ilyrcan contre Aristobule. Attaqué dans Pétra par Scaurus, qu’avait envoyé Pompée, il obtint la paix à prix d'argent. Josèphe, Ant. jud., XIV, v, 1. Ses successeurs, placés entre les Romains et les Parthes, embarrassés de choisir entre Antoine et Auguste, eurent à lutter contre de nombreuses diflicultés. Ce furent Malichos Pr (ou II, selon Clermont-Ganneau, Recueil d’archéologie orientale, t. il, p. 375-377), 50 à 28 avant J.-C., et Obodas II (ou III, d’après le même auteur), de 28 à 9 avant J.-C. Arétas IV (vers 9 avant J.-C., à 40 après J.-C.), s’empara du pouvoir sans l’assentiment d’Auguste, qui finit par le reconnaître. Il prit le titre de Philodême, « ami du peuple. » Ce fut le contemporain de saint Paul, celui dont il est question II Cor., xi, 32. Voir Arétas IV, t. i, col. 943. Josèphe, Ant. jud., XX, iv, 1, parle ensuite d’un Abias, qui porta la guerre contre Izate en Adiabène. Malichos II (ou III), vers 48 à 71 après .T.-C., perdit Damas et dut aider Vespasien dans la guerre contre les Juifs. Enlin Rabel II, connu par les monnaies et les inscriptions, monta sur le trône en l’an 71 de notre ère, et régna au moins 25ans, c’est-à-dire jusqu’en 95. Onze ans plus tard, en 106, sous Trajan, Cornélius Palma mit lin au royame nabatéen, qui fut réduit en province romaine sous le nom de province d’Arabie. Cf. II. Vincent, Les Xabatéens, dans la Revue biblique, 1898, p. 567-573. Pour la succession des rois nabatéens, cf. de Gutschmid, dans les Nabatàische Inschriften d'Euting, Rerlin, 1885, p. 81, et Schürer, Geschichte des Jüdischen Volkes, Leipzig, 1901, t. I, p. 731-744. M. Dussaud, dans le Journal asiatique, mars-avril 1904, p. 192, établit ainsi la liste de ces rois, d’après la numismatique :
Arétas Ier, 169avant J.-C. Voir Arétas Ier, 1. 1, col. 943.
Arétas II (probablement l'Erotime de Justin), 110-
Obodas Ier, vers 90.
Rabel Ier, fds d’Obodas, vers 87.
Arétas III, Philhellène, frère de Rabel Ier, vers 87-62.
Obodas II, fils d’Arétas III, vers 62-47.
Malichos Ier, fils d’Obodas II, vers 47-30.
Obodas III, fils de Malichos, 30-9.
Arétas IV, frère du précédent, 9 av. J.-C., 40 ap. J.-C. Voir Arétas IV, t. i, col. 943.
Malichos II, fils du précédent, 40-75.
Rabel II, Iils du précédent, 75-101 .
Malichos III, 101-106. Voir aussi Corpus inscriptionum semiticarum , part, n, Paris, 1893, t. i, p. 181; Eb. Schrader, Die Keilinschriften und das aile Testament, 3e édit., p. 152-153.
III. Mœurs. — Les Nabatéens étaient pour la plupart nomades et pasteurs, comme le prouvent les nombreuses inscriptions gravées sur les rochers depuis la péninsule sinaïtique jusqu’aux montagnes du Hauran. Isaïe, lx, 7, parle des béliers des Nabaioth, comme de grasses victimes, dignes de l’autel du Seigneur. Le sol de la Nabatène est peu propice à l’agriculture: aussi, d’après tous les témoignages anciens, ne s’y sont- ils presque pas adonnés. Ils avaient cependant sur leur territoire un certain nombre de villes fortifiées, qui leur servaient de places d’armes en cas d’attaque, et qui, en temps ordinaire, remplissaient surtout le rôle
d’entrepôts de commerce. Les principales, dans l’intérieur des terres, étaient Pétra, la capitale, Rostra, Salkliad dans le Hauran. Hégra ou El Iledjr sur les limites du Hedjâz. Voir la carte d’Arabie, 1. 1, col. 857. Sur les bords de la mer, on trouvait les ports importants d'Élath, Asiongaber et Haouara, habités principalement, du reste, par des négociants et des armateurs étrangers. C’est, en effet, surtout par leur commerce que les Nabatéens se sont rendus célébrés dans l’antiquité. Une fois établis en Idumée, ils firent de tels progrès que le trafic de l’Asie occidentale passa presque en entier dans leurs mains. Cf. Diodore de Sicile, il, 48-50; m, 41-43. De Pétra, des routes rayonnaient dans toutes les directions : au nord, vers la Pérée, Damas et Palmyre; à l’est, vers le golfe Persique et la Mésopotamie ; au sud, vers les ports du golfe Elanitique et vers l’Égypte; à l’ouest, vers la Palestine et la Phénicie. Ces routes, dont on retrouve encore les traces aujourd’hui, furent achevées et perfectionnées sous les Romains. Comme certaines tribus arabes de l’Afrique actuelle, les Nabatéens durent leur principale richesse aux caravanes qu’ils conduisaient à travers le désert. Toutes les caravanes étrangères qui entreprenaient de transporter les parfums de l’Arabie ou les marchandises de la Perse et de la Syrie par d’autres voies que les leurs, étaient impitoyablement pillées si elles n’étaient pas assez fortes pour se défendre. Cf. Diodore de Sicile, iii, 43; Strabon, xvi, 21. La magnificence des ruines de Pétra atteste quel profit ses habitants retiraient de leur commerce.
Nous ne connaissons rien de bien positif sur les lois et les usages particuliers des Nabatéens. Strabon, xvi, 21-26, nous a cependant laissé sur leurs mœurs d’intéressants détails. II nous les représente comme simples et modérés dans leurs goûts, mais tenant tellement à leurs propriétés qu’on inlligeait une peine à quiconque laissait diminuer son bien, tandis qu’on accordait des honneurs à celui qui l’augmentait. Ayant peu d’esclaves, ils se servaient le plus souvent entre parents, ou les uns les autres, ou bien ils se servaient eux-mêmes, et cet usage s’étendait jusqu’aux rois. Quant à la constitution politique, le régime patriarcal en était la base; chaque tribu avait ses chefs, soumis à l’autorité suprême du roi. Dans les inscriptions, il est question d'émirs, d’anciens de tribus ; certains personnages prennent le titre de savants, de docteurs et de poètes,
! ce qui suppose un développement assez notable de culture intellectuelle et littéraire. Le roi, toujours de sang 1 royal, avait un procureur, imrpâno;, qu’on nommait son frère. Strabon, xvi, 21. Ces nomades avaient fini par bâtir de magnifiques maisons. Strabon, xvi, 26. Cf. Vigouroux, Mélanges bibliques, 2e édit. Paris, 1889, p. 308- 321; Fr. Lenormant, Histoire ancienne de l'Orient, Paris, 1888, t. vi, p. 466-470.
IV. Monuments. — Les Nabatéens nous ont laissé de très anciens monuments, creusés dans la paroi des rochers. Ce sont des palais, qui ne furent jamais que des constructions isolées, faites pour servir de centre de ralliement à des populations vivant le plus souvent sous la tente. Ce sont surtout des tombeaux, car, pour les nomades, il n’y a qu’une demeure fixe, « la maison éternelle, » le caveau funéraire. Parfois aussi ce sont des sanctuaires. Ces monuments auxquels s’ajoutent ceux de la civilisation gréco-romaine, ont fait de Pétra, une ville unique au monde. Voir Pétra. Donnons seulement ici une esquisse des tombeaux nabatéens qu’elle renferme. Voir lig. 392. « Le grès a été soigneusement layé de manière à former une façade unie, haute de dix à quinze mètres. En taillant la pierre, on a ménagé deux ou quatre colonnes, qui ne sortent qu’à moitié de la paroi rocheuse. Dans le milieu s’ouvre une porte à fronton triangulaire. Les chapiteaux sont assez frustes, ornés seulement de deux grandes feuilles massives, qui
NABUTHEENS
tuaire sémitique se présente sous une forme qui rappelle les œuvres d’une civilisation déjà plus avancée.