‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 108 sur 389 · Tombeau de Medaïn Salih · texte numérisé non relu

Tombeau de Medaïn Salih

D’après Perrot, Histoire de l'Art, t. iv, p. 341.

« A l’une des entrées de la vallée se trouve une gorge taillée à pic. D’un des côtés, on voit les restes d’une vaste salle, qui est creusée dans le roc ; seulement au lieu d’être fermée par devant, elle est ouverte sur toute la largeur de la façade, que décorent deux pilastres (fig. 394). Elle ne présente pas de niches; quelques

ressemblent à une paire d'oreilles. Ils supportent une gorge égyptienne, surmontée elle-même de deux escaliers qui se regardent comme des créneaux assyriens et qui comptent cinq marches. Quelquefois la gorge égyptienne est double et les créneaux sont multipliés comme un feston... Quand on a franchi la porte on entre dans une vaste salle. Le plus souvent — et c’est en cela que me paraît résider 1 originalité intérieure du tombeau nabatéen — au moins deux parois sur trois ont été évidées de manière à former comme une série de stalles ou de boxes, dont les parois montent jusqu’au plafond. Elles sont en général au nombre de cinq sur chaque côté. Cela ressemble à des auges qui seraient placées debout. Cependant, je ne crois pas que le corps y ait été déposé; il reposait dans le sol, et quelquefois même en avant de cette caisse vide, comme pour être plus

392. — Type du tombeau nabutliéen à Pétra. D’après la Revue biblique, 1897, p. 225.

soigneusement dissimulé. Une dalle le recouvrait, puis une maçonnerie compacte achevait de le préserver. )> M. .1. Lagrange, Notre exploration de Pétra, dans la Revue biblique, Paris, 1897, p. 223-224. Il est un autre centre de la cix ilisation nabatéenne où nous retrouvons les mêmes caractères d’architecture, c’est Médaïn Sâlih, ou el-Redjr , au sein d’une région aujourd’hui presque déserte. Là aussi comme à Pétra, nous avons une plaine entourée de rochers en forme de fer à cheval. Sur les rochers, de superbes façades contiennent de belles inscriptions, car si les tombeaux de Pétra sont obstinément muets, ceux d’el-Hedjr parlent, et nous révèlent le nom du propriétaire de la tombe, quelquefois celui du sculpteur, l’année de la construction, etc. L'analogie de ces derniers monuments avec les premiers est frappante; ce sont les mêmes motifs, la même disposition, le même style parfaitement caractérisé, quoique manquant d'originalité, puisqu’il unit la gorge égyptienne et le créneau assyrien au fronton grec. Voir fig. 393. On a remarqué aussi la ressemblance de )ces mausolées avec les tombeaux de la vallée du Cédron et les autres monuments funèbres taillés dans le roc, aux environs de Jérusalem.

Dans celte même vallée de Médaïn Sdlih, le sanc-

Page 1