‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 129 sur 389 · I. Différentes sortes de navires. — La Sainte · texte numérisé non relu

I. Différentes sortes de navires. — La Sainte

406. — Bateau égyptien sur le Nil. Saqqara. IV” dynastie. D’après Lepsius, Denkmaler, Abth. II, Bl. 96.

Au matin, à la vue d'une plage, tous les passagers prennent quelque nourriture, puis on jette à la mer le reste du blé, afin d’alléger encore le vaisseau et de lui permettre de s’échouer sur la plage, aussi près que possible du rivage. Cette proximité était rendue nécessaire par le fait que la chaloupe du bord avait été perdue pendant la nuit, quand les soldats, sur l’avertissement de saint Paul, en coupèrent les amarres, pour empêcher les matelots de se sauver avec elle en abandonnant les autres. Au matin, on lâche les ancres dans la mer, et on détache les gouvernails, pour rendre leur jeu indifférent. Voir Gouvernail, t. m, col. 282. Puis, on dresse une voile d’artimon, dans le voisinage de la poupe, afin que le vent pousse le vaisseau, poupe en avant du côté de la plage. C’est ce qui a lieu en effet. Mais dans un vaisseau capable de contenir deux cent soixante-seize personnes, la longueur de la quille est telle que la poupe est dans le sable alors que la proue flotte encore et est battue par les vagues. 11 faut donc débarquer par un fond qui dépasse la hauteur d’un homme. Ceux qui savent nager partent les premiers; les autres gagnent la terre sur des planches ou des épaves. Si les marins ne reconnaissent pas tout d’abord file de Malte, c'est que d’habitude les navires qui allaient d'Orient en Italie laissaient cette île très au sud, pour gagner le détroit de Messine. Enfin,

Écriture mentionne plusieurs espèces de navires, allant sur la mer, les lacs ou les fleuves. L’arche de Noé a été une sorte de navire de transport, mais d’une nature exceptionnelle. Voir Arche de Noé, t. i, col. 923. Voici les noms donnés aux navires ordinaires :

1° ’Oniyyàh, vaû?, Tt/.oîov, navis, nom qui s’applique aux grands vaisseaux marins aussi bien qu’aux petites barques. Gen., xnx, 13; Jud., v, 17; Prov., xxx, 19; Jon., I, 3, 5. V'ôniyyâh sôhôr, va üç ip.vTopsuop.svï) p.oexpôôïv, («, navire au long cours, » navis instiloris, Prov., xxxi, 14, est le navire du trafiquant, qui parcourt les mers pour transporter les marchandises. Les ünlyyôt tarsis, TtXota 0a),dc<7 crqç, « navires de mer, » tù.oXol Kxayr- 6 6voç, « navires de Carthage, » tî'/.oïu ©aporç, naves Tharsis, étaient originairement les gros navires qui allaient chercher les denrées de Tharsis, en Espagne. Par extension, le nom de « vaisseaux de Tharsis » fut attribué à tous les navires de fort tonnage, quelle que fût leur destination, de même qu’on donne aujourd’hui le nom de « transatlantiques » même à des paquebots qui parcourent d’autres mers que l’Atlantique. Ps. xlviii (xlvii), 8 ; III Reg., x, 22; xxn, 49; Il Par., ix, 21 ; xx, 36, 37; Is., ii, 16; xxm, 1, 14; lx, 9. Une peinture égyptienne représente un vaisseau de cette espèce, avec un chargement d’arbres à encens et d’animaux. Voir

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t. il, fig. 561, col. 1771. Dans Job, ix, 26, il est question d "ôniyyôf ëbéh, « bateaux de papyrus, » à la marche rapide. Ce sont les barques égyptiennes, aux formes si légères, souvent représentées sur les monuments (lig. 406). Voir aussi t. i, fig. 473, col. 1553; t. ii, fig. 408, col. 1126. Les Égyptiens s’aventuraient en plein courant du Nil, « montés sur des canots légers, ou plutôt sur des paquets de joncs liés en fuseau et surmontés d’un plancher. » Maspero, Histoire- ancienne des peuples de l’Orient classique, Paris, 1895, t. i, p. 60. On voit la fabrication de ces canots figurés sur le tombeau des Ptahhotep. Les Septante traduisent par vauoïv r/vo; ôfiotj,

’ônîyyôt. Cf. Buhl, Gesenius’ Ilandivbrterbuch , Leipzig, 1899, p.’ 58.

3° SefinàhjiÙMov, navis, nom du navire de commerce sur lequel Jonas s’est embarqué à Joppé, Jon., i, 5, et qui d’autre part est appelé 'ôniyydh. Jon., I, 3, 5.

4° Si, vaisseau. Num., xxiv, 24; ls., xxxiii, 21 ; Ezecli., xxx, 9; Dan., xi, 30. Les Septante n’ont pas saisi le sens de ce mot; ils ne le rendent pas, ou, dans Ezéchiel, se contentent de reproduire phonétiquement le pluriel sim, cr t e î p. . La Vulgate le traduit par trieris, « trirème, » traduction qui n’est qu’approximative.

5° Nocjç, navis, le navire en général. Sap., v, 10;

407. — Fragment d'une trière grecque. Bas-relief de l’Acropole d’Athènes.

D’après Baumeister, Denkmàler der klassischen Altertums, Leipzig, 1889, t. ni, col. 1627.

« trace de route pour les navires, » et la Vulgate par naves poma portantes, « navires portant des fruits, » en faisant venir ’êbéli de ’êb, « verdure, » ou du chaldéen ’ib, « fruit. )> Isaïe, xvm, 2, parle aussi de keli gomé', « instruments de jonc, » ou nacelles de jonc, portant des messagers sur la mer, Septante : è7ucro>,ai ëiëlivac, « des lettres de papyrus, » Vulgate : vasa papyri, ce qui traduit exactement l’hébreu. Le mot keli, vas, employé dans ce seul passage d’Isaïe avec le sens de barque, passe de l’acception de vase, ustensile en général, à celle de vaisseau, comme en français le mot vaisseau passe à celle de vase.

2° 'Oni, vaüç, classis, navis, est un collectif qui a ordinairement le sens de Hotte, comme traduit exactement la Vulgate. III Reg., ix, 26,27; x, 11, 22; Is., xxxm, 21. Dans les lettres de Tell el-Amarna, le mot and apparaît comme une glose chananéenne du mot elippu, vaisseau. Dans l’ancien égyptien, le vaisseau s’appelle hani ou ana. Dans les passages parallèles, II Par., vm, 18; ix, 21, le collectif ’ oni est remplacé par le pluriel

Act., xxvii, 41. Ce mot désigne ordinairement le grands navires.

6° Tptyjprjç, triremis, navire à trois rangs de rames. Il Macli., iv. 20. Les rameurs étaient superposés sur trois rangs et ceux du rang supérieur avaient naturellement les rames les plus longues (fig. 407).

7° ID.oïov, navis, mot désignant toutes espèces de navires de transport, de guerre, I Mach., xv, 3, de pêche, etc., mais de dimensions ordinairement considérables. Eccli., xxxm, 2; .Joa., iii, 4; Act., xx, 13, 38; xxi, 2, 3, 6; xxvii, 2-44; xxvm, 11 ; Jacob., ni, 4; Apoc., vm, 9; xvm, 17, 19. Cependant saint Matthieu, vin, 23, 24; ix, 1 ; xm, 2; xiv, 13, 22, 24, 29, 32, 33; xv, 39, et quelquefois saint Luc, v, 3, 7; vm, 22, l’emploient dans le sens de barque, navicula.

8" IR.oidptov, navicula, navigium, la barque du lac de Génésareth (fig. 408). Marc., ni, 9; iv, 36; Joa., vin, 22, 24; xxi, 6, 8."

9° Sxâtpoç, (Txdttpï), scapha, le canot qui circule dans les ports, 11 Mach., xii, 3, 6, ou qui accompagne les

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navires de haute mer pour le débarquement des passagers. Act., xxvii, 16, 32. Josèphe, Vit., 33; Bell.jad., III, x, 1, appelle de ce nom les barques du lac de Génésareth.

II. Construction des navires. — 1° Les navires égyptiens étaient surtout faits pour voguer sur le Nil. Une ancienne peinture représente les constructeurs de bateaux à l’ouvrage (fig. 409). La coque affectait presque toujours la même forme cambrée, avec une poupe très relevée, et une proue qui se recourbe élégamment vers l’intérieur. Un mât soutient une voile, et des rameurs occupent la cale (fig. 410). Les navires destinés à transporter par mer des marchandises ou des troupes étaient

taine d'hommes en tout. Cf. Maspero, Histoire ancienne , t. ii, p. 197-199.

2° Les Philistins eurent aussi leur marine, à l'aide de laquelle ils écumaient les mers, au moins dans les premiers temps de leur séjour sur la côte méditerranéenne. Un de leurs navires est représenté, fig. 230, col. 861. Il est de forme analogue à ceux des Égyptiens, mais avec deux extrémités relevées perpendiculairement.

3° Les galères phéniciennes avaient également les deux extrémités relevées comme les navires philistins, un faible tirant d’eau, et autour du bordage une balustrade assez élevée, qui permettait de caser beau-

408. — Barque actuelle du lac de Génésareth avec ses rameurs, près d'Aïn Tabagha. Photographie de M. L. Heidet, lors de notre pèlerinage, en 1899.

plus hauts de bordage, avec des formes plus lourdes, un mât plus fort, des cordages beaucoup plus gros et nombreux. Ils portaient une cinquantaine d’hommes. Quant aux marchandises, on les entassait sur le pont, où elles laissaient à peine la place indispensable à la manœuvre. Cf. Maspero, Histoire ancienne, t. i, col. 392. Plus tard, sous la xvme dynastie, la construction se perfectionna. La coque mesura de vingt à vingt-deux mètres, mais sans caler plus d’un mètre cinquante au plus creux. La poupe et la proue furent surmontées de balustrades. Les bancs des rameurs furent disposés à bâbord et à tribord, laissant le milieu libre pour les marchandises, les agrès ou les soldats. La muraille, haute de cinquante centimètres, était surmontée en cas de guerre par un mantelet qui ne laissait exposées que les têtes des rameurs. Le mât, toujours unique, avait huit mètres de haut, et la voile était tendue entre deux vergues de dix-neuf à vingt mètres de longueur (fig. 410). L’équipage comprenait trente rameurs, une dizaine de matelots, autant de soldats, jamais plus d’une cinquan-

coup de marchandises et de les arrimer solidement. On en a une représentation, fig. 405, col. 1497. Les vaisseaux de la Hotte de Salomon devaient tenir à la fois des modèles phéniciens et des modèles égyptiens, sans qu il soit possible de déterminer dans quelle mesure. Quand, plus tard, les Phéniciens se lancèrent dans les expéditions lointaines, ils perfectionnèrent notablement la construction de leurs navires. La poupe continua à se recourber, mais la proue prit la forme d’éperon pour fendre les vagues et, au besoin, fracasser les vaisseaux ennemis. Le,navire fut ponté, pourvu de deux rangs de rameurs superposés, avec un seul mât solidement planté et une vergue qui s’abaissait à volonté pour la manœuvre de la voile. Au-dessus des rameurs, un faux pont, abrité de chaque côté par des boucliers, servit à porter les matelots et les soldats (fig. 411). Le navire, bien équilibré, tenait bien la mer et se prêtait avec une sécurité suffisante aux excursions lointaines.

4° Les Assyriens n’eurent longtemps que des barques

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