Plan de la ville de Nazareth. D’après Bædeker
culier un savant naturaliste, M. Lortet, La Syrie cl’ aujourd’hui, dans le Tour du monde, t. xli, p. 54, cette partie de la Galilée est un parterre non interrompu, formé surtout par des myriades d’anémones, de tulipes, d’iris, de scabieuses et de renoncules écarlates ( Ranun culus asiaticus), qui remplacent là les bleuets et les coquelicots de nos blés. Au nord de la ville, la plus haute colline, le Jsébi Sa'in (485 mètres d’altitude), offre, de son sommet, un splendide panorama (voir la carte de la Galilée, t. ni, col. 88): en tournant les regards de l’est vers le sud et l’ouest, on aperçoit successivement le dôme arrondi du Thabor, le petit Hermon ou Djébel Dahy, les hauteurs du Gelboé, les montagnes de Samarie et la croupe allongée du Carmel, dont la pointe nord-ouest tombe dans les flots de la Méditerranée. Vers le nord s’étend la belle plaine de Battauf, dont les eaux alimentent le Cison; puis plus loin, vers le nord-est, une série de dômes étagés est dominée par la blanche et majestueuse tête du Grand Ilermon. Le caractère particulier de Nazareth est celui d’une charmante et silencieuse retraite, bien faite pour abriter la vie cachée de THomme-Dieu. Elle est, en ellet, séparée par sa barrière de collines et de la grande route qui passait par la plaine d’Esdrelon et du
réputation de turbulents et chicaneurs n’a, paraît-il, guère changé depuis le temps de Notre-Seigneur. I.eur costume, un peu différent de celui des paysans de la Judée, est assez remarquable par le cordon de poil de chameau et le voile blanc qui constitue la coiffure. Les femmes, en habits de fête, portent une jaquette brodée de diverses couleurs et se parent le front et la poitrine de pièces de monnaie. Matin et soir, les Nazaréennes, dont un auteur ancien attribuait la beauté à un don de la Vierge Marie, viennent en longues files remplir leurs grandes urnes à forme antique à la source de la ville, qui porte encore le nom de Ain Miriam, « la Fontaine de Marie, » ou « Fontaine de la Vierge » (fig. 418). Rien de plus gracieux que l’attitude de ces canéphores ambulantes, qui rappellent la mère du Sauveur venant là même faire la provision du pauvre ménage. Un pan de leur écharpe enroulé forme une couronne sur laquelle l’amphore est posée en équilibre, légèrement inclinée sur le côté. La main droite saisit une des anses, tandis que le poing gauche s’appuie sur la hanche, pour faire contrepoids.
La ville est divisée en plusieurs quartiers : hâret elgharbiyéli, « quartier occidental, » habité par des grecs-unis, des latins et des musulmans; au-dessous.