‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 192 sur 389 · Plan d’ensemble de Thèbes · texte numérisé non relu

Plan d’ensemble de Thèbes

est plus grand que quatorze et moindre que quinze mille mètres..., le résultat approche de trop près de la vérité pour que nous ne le regardions pas comme entièrement exact. » Jollois et Devilliers, Dissertation sur la position géographique et l’étendue de Thèbes, dans la Description de l’Égypte, Paris, 1821, t. u, p. 234. De son côté,

« Strabon rapporte que de son temps, on retrouvait des vestiges de la grandeur de Thèbes dans une étendue en longueur d’environ quatre-vingts stades » (loc. cit., p. 235) : •/.où vôv ST/v/j Ser/.vj'oa toû p.Éye0ouç aÔTÎjç izd oySo^'/.ovva STxStoo; t’o u.Tjy.o;. Geogr., xvn, 46. Le stade de Strabon est de 158ra73, ce qui fait donc 12698 mètres. « C’est en effet là, à peu près, l’étendue qu’occupent, le long des bords du fleuve, toutes les ruines que l’on peut considérer comme appartenant à Thèbes, depuis Médamout jusqu’au petit temple situé au sud de l’Hippodrome de Medinet-Habou. » Jollois et Devilliers, loc. cit., p. 235. i Il est à remarquer que Diodore et Strabon ne parlent que de la ville qu’ils ont vue et qui n’était plus Thèbes, mais Diospolis. « Il parait qu’au temps des Romains

quatre cents stades de longueur. De Urbibus et populis, édit. 1678, p. 240. Eustathe, Commenta)', in Periegetem, v, 250, sans parler de longueur ou de circuit, lui attribue quatre cent vingt stades. D’Anville, Mémoires sur l’Égypte ancienne et moderne, Paris, 1766, p. 201- 202, est arrivé à concilier ces deux derniers auteurs avec Diodore et Strabon, mais en substituant, dans Diodore, au mot 7r£p têoXov celui de p,r>xoç, et au mot p.7|Xoç dans la citation de Caton, celui de TOpigoXov. « Cette explication est ingénieuse, sans doute, disent Jollois et Devilliers; mais elle n’est guère probable. Commen supposer, en effet, qu’une altération de texte, de la nature de celle qu’il faut admettre, ait pu avoir lieu dans trois écrivains différents? » Loc. cit., p. 236. Et les deux savants déclarent s’en tenir aux témoignages plus anciens de Diodore et de Strabon et abandonnent Étienne de Byzance et Eustathe. Dans une étude récente, M. Legrain a repris le problème. Note sur Nouil-Risit, dans le Recueil des Travaux relatifs à la Philologie et à l’Archéologie égyptiennes et assyriennes , t. xxvi, 1904,

NO-AMON

p. 84-88; Seconde note sur Nouit-Risit, loc. cit., t. xxvii, 1905, p. 183-187. De son travail, il résulte que la Nout du Sud, que nous avons rendue par ville ou domaine, désignait dans les textes hiéroglyphiques Thèbes et son district. Thèbes fut bien pendant longtemps la métropole du sud et la capitale des souverains, mais elle eut toujours sa vie communale propre et son territoire. De ce chef elle jouissait d’une administration particulière. Legrain, Note, loc. cit., p. 85-86. Son étendue paraît avoir répondu à la commune actuelle de Louxor, c'est-à-dire mesurer une longueur d’environ 45 kilomètres. M. Legrain le déduit d’un texte de la tombe de Rekhmara où sont énumérées toutes les communes de la province du sud. La commune de Thèbes aurait été comprise entre Rizagat au midi et Gamoulah au nord. Note, loc. cit., p. 86-88. Cf. Newberry, The life of Rekhmara, pi. m et p. 24, pi. v-vi et p 26-29. C’était là le domaine d’Amon, régi par un gouverneur et un maire sous la haute autorité du vizir qui administrait toutes les communes de Siout à Assouan. « Au-dessous de ces trois fonctionnaires principaux, se rangent des cheikhs, des employés municipaux de grades différents et des bourgeois. Viennent ensuite les gens du commun, serfs ou esclaves, n’ayant aucun droit municipal ni vie politique. Tout ce monde appartenait au tief d’Amon, en vivait et le faisait valoir. C’est ce que semble indiquer la Version des Septante qui pour rendre exactement le No-Amon

hébreu, Nahum, m, 8, la®I^*®, des textes hiérogly-

phiques, traduit par tyjv geptSa ’Ap.p.ûv, portion ou possession d’Amon. » Seconde note, Loc. cit., p. 183. 11 en fut ainsi tant que Thèbes n'eut pas été ruinée par les Perses et qu’on n’eut pas usurpé les biens des temples. C’est précisément de l’époque antérieure aux Perses que parlent de façon explicite Etienne de Byzance et Eustathe. Ils paraissent donc nous donner l’étendue du fief d’Amon ; et leurs 400 et 420 stades, soit 40 ou 42 kilomètres, ne s’écartent point trop, pense M. Legrain, des 45 kilomètres assignés à la Nout-Risit. En résumé, d’après ce qui précède, nous connaîtrions la longueur de Diospolis au temps de Diodore et de Strabon ; 14 kilomètres environ; nous connaîtrions aussi l’étendue du domaine d’Amon. Mais les temples n’étaient que des centres, la ville proprement dite rayonnait au delà; au sud de Medinet-Habou, par exemple, il y eut le palais d’Aménophis 111 : il reste donc encore, et peut-être qu’il restera toujours, de connaître la véritable étendue de la Thèbes hécalompyle ou aux cent portes d’Homère.

III. Thèbes monumentale et le dieu Amon. — A l’origine Thèbes ne fut qu’une bourgade aussi obscure que son dieu. « Sur les monuments des six premières dynasties publiées jusqu’à ce jour, dit Maspero, j’ai trouvé une seule fois, dans un nom propre, le nom du grand dieu de Thèbes, Amon, le seigneur des deux mondes, le patron de l’Égypte au temps des conquêtes syriennes. » Ilist. anc. des peuples de l’Orient, 6e édit., Paris, 1904, p. 108. En 1903, Percy E. Newberry découvrit dans la nécropole thébaine, au sud-est de l’Assassif, une tombe de la lin de la VIe dynastie. Il remarqua ce fait étrange que dans ce tombeau d’un prince de Thèbes on ne mentionne ni le nom d’Amon, ni le nom de la ville de Thèbes. Par contre on y cite Erment et Dendérah avec leurs divinités respectives, Mentou et Hathor. A sixth dynasly Tonib cit Thebes, dans les Annales du Service des Antiquités de l'Egypte, t. iv, 1903, p. 99-100. Mais I hèbes était admirablement située, à 720 kilomètres du Caire, sur la rive droite du ileuve, au centre d’une vaste et fertile plaine. Sur la rive opposée, « juste en face d’elle, la chaîne libyque lance un rameau escarpé, en- I recoupé de ravines et de cirques arides, et séparé de la berge par une simple langue de terre cultivée, facile à défendre. » Maspero, Histoire de l’Orient classique, 1. 1, p. 453. C’était une capitale toute désignée, un centre

et un point d’appui d'où l’Égypte jetterait ses armées au sud pour conquérir le Soudan, au nord pour asservir, chasser les envahisseurs et atteindre l’Euphrate. Vers elle affluerait le commerce des bords du Golfe persique et de la mer Rouge par la route de Coptos, de l’Afrique par le Nil, les routes du désert et les oasis. C’est ce que semble avoir vaguement deviné la famille des Antef et des Mentouhotep qui organisa la lutte contre les dynasties héracléopolitaines, finit par mettre la main sur toute l’Égypte et fonda la XIe dynastie. Du coup Amon

44a. — Le dieu Khonsou.

Portrait de la fin de la XVIII' dynastie, représentant vraisemblablement Horemlieb ou Harmhabi.

se dégage de l’ombre et partage les hommages avec Mentou. Sous la XIIe dynastie, celle des Aménémhat et des Osortésen, il prend décidément le premier rang comme dieu local thébain : il est déjà celui que Jérémie, xlvi, 25, appellera plus tard Amon de No. Mentou n’est plus que le second membre de la triade de Thèbes, encore est-il vite détrôné par le dieu lunaire Khonsou (14g. 443). Cf. E. de Rougé, Étude des monuments du massif de Karnak, dans les Mélanges d'archéologie égyptienne et assyrienne, t. i, p. 38. Associé désormais à Moût, la mère, et à Khonsou, le fils, Amon est identifié au soleil, devient Amon-Ra et a le pas sur tous les autres dieux de la région. Voir une reproduction de la triade thébaine, t. i, fi g . 118, col. 487. A la suite des Antef, tous les pharaons du Moyen Empire « élèvent dans Karnak leurs monuments à leur père Amon, Seigneur des deux mondes ». Les fragments de colonnes polygonales à seize pans, les piliers, les tables d’offrandes aux reliefs exquis, les statues en granit d’un beau travail, mis au jour ces dernières années, nous disent assez que nous sommes loin de l’édicule primitif qui abrita le dieu a né dans Karnak dès le commencement ». Stèle du Louvre A. 68, dans Pierret, Études égyplologiques, t. i, p. 8; E. de Rougé, Textes géographiques d’Edfou, pl. xxi et p. 58. Ils nous disent aussi que la fortune du dieu et celle de Thèbes sont en raison directe de la fortune de la famille royale qui, sous la XIIe dynastie, mena si haut et si loin la civilisation égyptienne. Pour tout

NO-AMON

ce qui concerne les souvenirs du Moyen Empire à Ivarnak, voir surtout les Rapports de M. Legrain sur ses fouilles remarquables, dans Annales du Service des Ant., par exemple, t. îv, 1903, p. 12-13, 26-30, et t. v, 1904, p. 27 sq.

L’invasion des Hyksos vient arrêter l’essor de Thèbes et d’Amon. Ils reculent devant le dieu Soutekh. Mais | les descendants de la famille thébaine ne désespèrent [ ni d’eux-mêmes ni de leur dieu. Ils se serrent autour de lui et, après plusieurs siècles de lutte, Thèbes et Amon-Ra rayonnent de nouveau sur toute l’Égypte avec Ahmès Ier, le fondateur de la XVIIIe dynastie. Bientôt même le Nouvel Empire s’étend, sous les Thon tmès, des plaines du Sennaar sur le Nil Bleu jusqu’aux sources de l’Euphrate. Les Pharaons attribuent toutes les victoires à Amon. C’est lui qui a conduit l’Égypte au sommet de sa puissance et réuni dans la main de Pharaon tout le monde alors connu. « J’ai fait de toi une merveille, dit Amon à Thoutmès III, dans un morceau cè-

de granit, hautes de trente-deux mètres, s’élèvent dans le vestibule de Thotmès Ie1'. L’inscription du socle enseigne « aux hommes à venir » que c’est elle, Hatchepsou, qui est l’auteur de ces merveilles. Elle le rappelait aussi sur une pierre d’un mur voisin, Musée du Caire, n. 360 : « Le roi lui-même (la reine) dresse deux grands obélisques (fig. 444) à son père Amon-Ra, à l’intérieur du portique auguste ; ils sont couverts d’électrum en grande quantité, leur pointe se perd dans le ciel, ils éclairent le monde comme le disque solaire; rien de pareil n’a été fait depuis que la terre existe. » Et sur le socle encore : « J’ai commencé à tailler l’ouvrage l’an XV, le Ier mécliir jusqu’à l’an xvi, le 30 mesori, ce qui fait sept mois depuis qu’on attaqua la montagne. » « L'un des monolithes est encore debout au milieu des ruines de Karnak, et la pureté de ses lignes, le fini de ses hiéroglyphes, la beauté des figures qui le recouvrent, nous expliquent l’orgueil que la reine éprouvait à les admirer, son frère et lui. » Maspero, Hist. de l’Or. cl.

444. — Bas-relief du temps de la reine Hatchepsou (Hatasou) à Karnak, représentant les deux obélisques avec les inscriptions.

lèbre; je t’ai donné force et puissance sur toutes les j terres étrangères, j’ai répandu tes esprits et ta terreur j sur toutes les contrées, ton effroi jusqu’aux quatre piliers du ciel; j’ai multiplié l’épouvante que tu jettes dans les cœurs, j’ai fait retentir le mugissement de ta Majesté parmi les chefs des neuf arcs (les nations ennemies de l’Égypte) : tous les chefs des nations étrangères sont dans ton poing. » Suit l’hymne bien connu qui n’est qu’une reprise et un développement en grand style égyptien de ce qu’on vient de lire, Stèle de Karnak, dans Mariette, Karnak, pl. xi. Cf. Maspero, Hist. de l'Orient classique, t. ii, p. 268, 269. L’Égypte reconnaissante place Amon au sommet de son panthéon. Ra d'Héliopolis, le dieu de l’Ancien Empire, ne monta jamais si haut. Amon l’efface ou l’absorbe, comme il a déjà effacé ou absorbé les dieux voisins de Thèbes. Si le protocole royal garde le titre de « Fils du Soleil », ce n’est qu’en vertu de l’usage. Amon-Ra est vraiment le dieu national de l’Égypte et Pharaon est « le fils de ses entrailles », comme l’attestent les théogamies conservées dans les temples de Deir el-Bahari et de Louxor. Cf. A. Moret, Du caractère religieux de la royauté pharaonique , Paris, 1902, c. n, p. 39-73. Aussitôt l’ancien sanctuaire est restauré et agrandi : son enceinte recule, les chapelles s’y multiplient, les pylônes s’ajoutent aux pylônes, les portes dorées aux portes dorées, les, obélisques aux obélisques. En ce dernier genre, nul ne fait plus grand que la reine Hatchepsou. Par son ordre deux aiguilles

t. n, p. 244. Ce n’est pas tout : par la volonté d’Aménophis III et toujours pour la gloire d’Amon, le temple de Louxor ne tarde pas à sortir de terre avec son imposante colonnade; dans la mouvance de Karnak, Moût a son édifice, sans compter nombre d’autres chapelles qui surgissent partout, comme le Promenoir de Thotmès III, immédiatement à Test du sanctuaire de la XIIe dynastie. Sur une longueur de trois kilomètres, une allée de béliers relia Louxor à Karnak et, par une bifurcation, au temple de Moût, relié lui-même à Karnak par une allée semblable (fig. 445).

Toutefois, pour des causes demeurées obscures, Thèbes et son dieu subirent une éclipse momentanée. On vit Aménophis IV, le neuvième roi de la XVIIIe dynastie, rompre subitement en visière avec le culte et la capitale de ses ancêtres. Laissant derrière lui le nom d’Amon martelé sur tous les monuments thébains, il vint fonder entre la Haute et la Moyenne Égypte une nouvelle capitale à un nouveau dieu : le Disque solaire. Mais il allait contre le sentiment de la nation, et ses successeurs, moins d’un siècle après, revinrent à Thèbes, relevèrent ses ruines et réhabilitèrent le dieu national. Celui-ci fut plus puissant que jamais; et les grands Ramessides de la XIXe dynastie, jusqu’à Ramsès 111 de la XXe, firent de Karnak le temple le plus prodigieux et de Thèbes la ville qui fut l’étonnement de toute l’antiquité. C’est le moment où les poètes chantent : « Hommage à toi, Amon-Ra, seigneur de Karnak, l’ancien

NO-AMON

unique des cieux, le plus ancien sur la terre, maître de vérité, père des dieux, auteur des choses d’en haut et des choses d’en bas, toi qui éclaires le monde et traverses le ciel en paix, Ra, bienheureux roi; chef suprême de l’univers, riche en force et en puissance... ü roi, le plus grand des dieux, nous t’adorons parce que tu nous as créés, nous t’exaltons parce que tu nous as façonnés, nous te bénissons parce que tu demeures parmi nous. » Mariette, Papyr. de Boulak, t. h, n. 17, pl. xi et p. 7 et 8. C’est le moment aussi de la grande salle hypostyle que dessina Ramsès Ier, qu’éleva Séti Ier,

Ch. Blanc, Voyage dans la Haute- fégyple, Paris, 1876, p. 158. « Je me garderai bien de rien décrire, dit Champollion ; car ou mes expressions ne vaudraient que la millième partie de ce qu’on doit dire en parlant de tels objets, ou bien, si j’en traçais une faible esquisse, même fort décolorée, on me prendrait pour un enthousiaste, peut-être même pour un fou. Il suffira d’ajouter qu’aucun peuple ancien ni moderne n’a conçu l’art de l'architecture sur une échelle aussi sublime, aussi large, aussi grandiose que le firent les vieux Égyptiens; ils concevaient en hommes de cent pieds de haut, et

'Ve^£c

°uxor

iiiiioiiiiiiiiinmiMii

Allée de béliers

iiiimmimiiiiiiiiiimi

biV” Temple J d Amènophisil

Chapelle d'Osii-is Pftah

ïcf

445 o. — Groupe des temples de Karnak,

qu’acheva et décora Ramsès 11 (fig. 446). Nous ne pouvons que l’indiquer ici. Sur cent trois mètres de largeur et cinquante-deux de profondeur, soit sur une superficie de cinq mille mètres carrés, c’est une forêt de cent trente-quatre colonnes, lotiformes dans les bas-côtés, campaniformes dans l’allée centrale. Ces dernières, au nombre de douze, montent jusqu’à vingtquatre mètres, leurs fûts ont plus de dix mètres de circonférence, el, par suite, égalent la colonne Vendôme ou la colonne Trajane ; soixante personnes tiendraient à l’aise sur une seule de leurs campanes. Les colonnes des bas-côtés montent à treize mètres et leur circonférence est de huit mètres quarante. « Les entre-colonnements n’étant pas beaucoup plus larges que le diamètre de ces prodigieuses colonnes, il en résulte une demi-obscurité qui ajoute le prestige du mystère à la puissance cyclopéenne des constructions. On est comme perdu dans une épaisse forêt; le monde des figures qui sont peintes en vives couleurs et qui tournent sur la convexité des colonnes vous donnent le vertige. »

l’imagination qui, en Europe, s’élance bien au-dessus de nos portiques, s’arrête et tombe impuissante au pied des cent quarante colonnes de la salle hypostyle de Karnak. » Lettres écrites d’Égypte, Paris, 1833, p. 98.

Si l'on réduit le temple égyptien du Nouvel Empire à ses éléments essentiels, on voit qu’on y accédait par une allée de sphinx, au bout de laquelle on rencontrait deux obélisques sur le front d'un pylône; derrière le pylône, en enfilade, une cour à portiques, la salle hypostyle et enfin le sanctuaire et ses dépendances. Mais les cours, les pylônes, les salles, les obélisques pouvaient se multiplier. C’est ce qui est arrivé à Karnak qui se développa jusque sous les Ptolémées. On leur doit le grand pylône inachevé de l’Ouest. Le temple, d’ouest en est, compta six pylônes et mesura, en y comprenant au fond le Promenoir de Thotmès III, plus de huit cents mètres de longueur. Au sud quatre autres pylônes, comme autant de portes triomphales, partaient de la cour centrale dans la direction du temple de Moût,

NO-AMON

laissant à gauche le Lac sacré. A faire le tour de la grande enceinte, on marche près d’une lieue. Ramsès II, « le roi pariétaire, » ajouta une cour et un pylône en avant du temple de Louxor et dressa ses colosses, vingt-trois au moins, à l’intérieur et à l’extérieur. Le tout était précédé de deux obélisques dont le plus petit s’élève aujourd'hui sur la place de la Concorde. Le second membre de la triade thébaine, Khonsou, n’avait pas été oublié par les grands bâtisseurs, mais son temple tombait en ruines. Ramsès III, le dernier d’entre eux, y remédia en érigeant à l’angle

Sésostris, sont au centre, un peu au nord des colosses. Derrière la ligne des temples — ils durent être plus de quarante et répondre au nombre des tombes de la Vallée des Rois — derrière la ligne des temples, sur une longueur de cinq kilomètres, montent les blondes terrasses libyques avec leurs noirs syringes, alignées, étagées par rayons. Dans leur milieu, ces terrasses s’ouvrent en un vaste amphithéâtre au fond duquel se déploie et se dresse une falaise abrupte de cent cinquante mètres, couronnée là-haut comme d’une immense pyramide à degrés. Au fond de cette solitude de calcaire.

Légende

Grande salle hyposlyle^

lUePylône

rvePylône

Ve Pylône

VIe Pylône

VIIe Pylône

VIIIe Pylône

%/s fil

Petits sanctuaires)^!

/<Vde la basse époq- V" i

î if \

1 0 Sphinx de PsmsesPJI

Porte de Thoutmes 1

! S Petite s T?U t H chapelles

il \

Porte' de U

Nekhtharëhbet

IE. Temple Pptolèmaïque ;

Page 1