‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 28 sur 389 · MITYLÈNE · texte numérisé non relu

MITYLÈNE

ment gizbâr par faîoœ'jXaÇ, «trésorier, » et la traduction latine placée à la fin de nos éditions de la Vulgate porte également :Mithridatus qui erat super thesauros ipsius. Saint Jérôme a traduit lui-même le pluriel chaldéen de gizbâr, dans I Esd., vu, 21, par custodes arcæ publicæ, c’est-à-dire par « trésoriers ». Septante : Tcdç yâÇouç. Cf. Dan., iii, 2, 3. Voir Gazabar, t. n, col. 124.

2. miTHRlDATE, officier perse, un des chefs qui gouvernaient la Samarie, sous le règne d’Artaxerxès. I Esd., IV, 7. Il écrivit à ce roi, avec Bésélam, Thabée, et les autres membres du conseil placé à la tête de la Samarie, afin d'obtenir de ce prince qu’il empêchât les Juifs de retour de la captivité sous Esdras, de rebâtir le temple de Jérusalem. Sur leur dénonciation, Artaxerxès fit, en effet, arrêter les travaux qui furent interrompus jusqu’à la seconde année du règne de Darius. I Esd., iv, 9-24.

M3TRE (hébreu imigbâ'âh; Septante : y.!8apcç : Vulgate : mitra, liara), coiffure des prêtres de l’ancienne loi dans les fonctions liturgiques. — 1° La mitre était une sorte de turban de fin lin, destiné à marquer la dignité sacerdotale de ceux qui le portaient et à leur servir de parure. Exod., xxviii, 40; xxix, 9; xxxix, 28 (26); Lev., vin, 13. Aucun détail n’est donné sur cette coiffure; mais Moïse la distingue très nettement de celle du grand-prêtre, appelée misnéfet. Exod., xxviii, 4. Voir Cidaris, t. ii, col. 750; Tiare. La différence semble s’être beaucoup atténuée dans la suite destemps. La tiare du grand-prêtre est elle-même appelée •/.(Sapiç, mitra, par le traducteur de l’Écclésiastique, xlv, 14. Josèphe, Ant.jud., III, vu, 3, 7, assimile l’une à l’autre la mitre du simple prêtre et la tiare du grand-prêtre. Il dit que cette dernière était faite d’une pièce d’étoffe plusieurs fois contournée sur elle-même et cousue. C’était donc un véritable turban et il en était de même de la mitre. Seulement celle-ci était plus haute et moins large. Cf. Gem. Joma, 12, 2; Reland, Antiquitates sacræ, Utrecht, 1741, p. 77; Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 175. — 2° Le nom de mitre est donné par les versions à quelques autres coiffures. Judith, x, 3, se couvre la tête d’une mitre, txirpa, mitra, avant d’aller trouver Holoferne. Les voiles des femmes de Jérusalem, re'dlôt, Is., ni, 19, sont appelés xo<7g.oç, « ornement, » dans les Septante et « mitres » dans la Vulgate. Baruch. v, 2, dit que Dieu mettra la mitre d’honneur sur Jérusalem restaurée. La droiture sert à Job, xxix, 14, de turban, sânîf, diadema, c’est-à-dire de mitre. — Sur les tebûlim babyloniens qu’Ézéchiel, xxm, 15, mentionne sur la tête de Jérusalem et de Samarie, voir Tiare, Coiffure, t. n, col. 828-829. H. Lesêtre.

EVIITSAR (hébreu : Miçe’âr, o petite (chose), » nom d’une montagne près de l’Hermon). Ps. xlii (xli), 7. Toutes les anciennes versions ont pris ce mot pour un nom commun et l’ont traduit par « petit mont ». Septante : opoç ij.tv.pdi; ; Vulgate : a monte modico. Les voyageurs ont donné le nom de Petit-Hermon à une colline de la partie orientale de la plaine d’Esdrelon, mais le contexte du Psaume où est nommé Miçe'dr semble montrer que cette « montagne », har, était près de l’Hermon. Le Psalmiste exilé exhale ainsi ses plaintes, Ps. xlii (xli), 7 ;

Mon Dieu! mon âme est abattue.

i Aussi je pense à toi, de la terre du Jourdain,

De l’Hermon et de la montagne de Mise'âr.

Quelques interprètes traduisent « loin de la terre du Jourdain et loin de l’Hermon, loin de la petite montagne », qu’ils supposent être un nom donné au mont Sion ou à la colline sur laquelle le Temple était bâti. Voir Frd. Baethgen, Die Psalnien, 1892, p. 123.

IW3TYLÈME ( grec : MrrvV/jvY), latin Mitylene), capitale de l’ile de Lesbos dans la mer Égée (fig. 298). A la fin de son troisième voyage de mission, en retournant de Macédoine à Jérusalem, saint Paul cotoya l’Asie Mineure et s’arrêta à Mitylène, venant d’Assos (t. i, col. 1138). Act., xx, 14. Le nom de Mitylène est très sou vent écrit C’est l’orthographe des monnaies et d’un grand nombre d’inscriptions. Mionnet, Description des médailles, Suppl., t. vi, p. 58; Corpus inscriptionum atticarum , 1. 1, n. 52 c, 96 ; t. IV, p. 22, etc.

I. Description et histoire de Mitylène. — Mitylène était la plus grande ville de Pile de Lesbos. Elle possédait deux ports dont l’un, au sud, qui était fermé et ne pouvait recevoir qu’une cinquantaine de navires; l’autre, celui du nord, plus vaste et plus profond, était protégé par un môle. En avant de ces deux ports était une petite île, qui formait un quartier de la ville. Mitylène était abondamment pourvu de tout. Thucydide, iii, 6; Strabon, XIII, il, 2; Pausanias, vm, 30. La beauté de la ville et la force de ses remparts étaient célèbres.

IOVAIAN NEAN FEPMANIKOY MVTI. Tète de Julie. —

KAIC[AP CEBAJCTON MYTI. Caligula, debout tenant une

patère.

Horace, Epist., I, xi, 17; Cicéron, Contr. Rull., n, 16. Plutarque, Pompée, 42, parle de son théâtre et Athénée, Deipnosoph., x, 24, de son prytanée; Vitruve, I, 6, dit que le vent y était violent et les changements de température très brusques. La ville actuelle (fig. 299), qui comprend environ 14000 habitants, est peuplée pour les deux tiers de Grecs et pour un tiers de Turcs. Elle porte le nom de Métélin. La citadelle turque s’élève sur l’emplacement de l’ancienne acropole. Le port du Nord est aujourd’hui ensablé et ne peut contenir que quelques barques. La digue hellénique existe encore sur une étendue de 200 mètres; elle a près de 8 mètres de de largeur.

Mitylène eut une part importante à l’établissement des Grecs à Naucratis en Égypte, Hérodote, n, 178, elle prit part à l’expédition de Cambyse en Égypte, Hérodote, iii, 13-14; et à celle de Darius contre les Scythes. Hérodote, iv, 97. Pendant la guerre du Péloponèse, il est souvent question de Mitylène. Le révolte de Lesbos contre les Athéniens fut sévèrement réprimée. Les murs de Mitylène et sa Hotte furent détruits et son territoire partagé entre les Athéniens. Thucydide, iii, 36, 49, 50. Sous Alexandre, les Mityléniens firent un traité avec la Macédoine contre les Perses. Ils passèrent, après lui, sous le protectorat des Séleucides. Les Romains sacca gèrent Mitylène parce qu’elle s’était ralliée à la cause de Mithridate. Suétone, Cæsar, 2. Elle fut ensuite comprise dans la province d’Asie et après avoir été embellie par Pompée, Strabon, XIII, n, 3, reçut le titre de ville libre. Pline, H. N., v, 31 (39). Cf. J. Marquardt, Organisation de l’Empire romain, t. Il ; Manuel des Antiquités romaines, de Th. Mommsen et S. Marquardt, trad. franç., t. ix, in-8°, Paris, 1892, p. 255, 258, 260. Telle était sa situation au temps où saint Paul y aborda. Il ne paraît pas qu’il y ait eu d’église chrétienne dans cette ville à l’époque apostolique. Voir Conybeare et Howson, The Life and Epistles of S‘. Paul, 1877, c. xx, p. 548. — Mitylène était la patrie de Pittacus, d’Alcée et de Sapho. Strabon, XIII, il, 3.

IL Bibliographie. — Voir L. L. Plehn, Lesbiacorum liber, in-8°, Berlin, 1826; Boutan, Mémoire sur Lesbos,

MITYLENE

MO A B

dans les Archives des Missions scientifiques, t. v, 1864;

A. Conze, Reise auf der Insel Lesbos, in-4°, Hanovre, 1865; M. C. Cichorius, Rom und Mylilene, in-8°, Berlin, 1888; Th. Mommsen, dans les Sitzungsberichte der Kônigl. Akad. der Wissensehaflen, in-4°, Berlin, 1889, p. 953; R. Cagnat., dans la Revue archéologique, 3e série, t. xv, 1S90, p. 143; R. Koldelvey, Die antiken Bauresten der Insel Lesbos, in-f°, Berlin, 1890; Pal. G. Candargv, La végétation de l’üe de Lesbos, in-8°, Lille, 1899; W. TVroth, Catalogue of Greek Coins of Troas, Eolis and '

« d’ancien disciple » de Jésus-Christ. Il reçut saint Paul à Jérusalem dans sa maison, lors du dernier voyage de l’Apôtre dans cette ville. Act. xxi, 16. Le titre d’ancien disciple qui lui est donné indique qu’il fut un des premiers qui s'atlachèrent au Sauveur. Tillemont, Mémoires pour servir d l'histoire ecclésiastique, 1701, 1. 1, p.27,le compte parmi les soixante-douze disciples. Comme ce furent les compagnons de saint Paul qui le conduisirent chez Mnason, il semble que l’Apôtre ne le con- 1 naissait pas auparavant. On ne sait rien autre chose de

299. — Mitylène. D’après Das deutsche Kaiserpaar in heiligen Lande, in-8°, Berlin, 1899, p. 82.

Lesbos (contenant les monnaies de Mitylène), in-8°, Londres, 1894, p. 184-215. È. Beurlier.

MIZMOR (hébreu : mizmôr; Septante : vl/aXpcdi; ; Vulga'te : psalmus), appellation commune des Psaumes. Ps. m, 1, iv, 1, et suivants. La racine idt, « couper, tailler, » puis « diviser » les sons, avec l’instrument ou avec la voix, « moduler » (au sens ancien), a été appliquée à la composition, puis à la récitation chantée des vers, en même temps qu’au jeu des instruments à cordes. Ce verbe est en chaldéen l’équivalent de l’hébreu f.:, niggcn, « toucher les cordes (avec la main), » ijiâW.aj, et zimrâh désigne dans Amos, v, 23, le son des harpes; mais ne arabe, j-»;, zamara, s’applique particulièrement au jeu de flûte et du hautbois. Le terme mizmôr se rencontre parfois en apposition avec le mot Sir, sous les formes de mizmôr sir, Ps. lxv, lxvii, lxviii, lxxxvii, et de sir mizmôr, Ps. xlviii, lxvi, lxxxiii, cvm; dont la première désignerait, d’après certains commentateurs, voir Eusèbe, Comment, in Ps., t. xxiii, col. 66, la pièce chantée dans laquelle les paroles précédaient le jeu des instruments, et la seconde serait celle où le prélude musical devançait le texte. Mais la simple apposition grammaticale, qui ne constitue pas de dépendance d’un terme à l’autre, ne justifie pas cette distinction de sens que rien n’appuie par ailleurs. Voir Chant.

J. Pap.isot.

MNASON (grec : M-.âffwv, « qui se souvient »), chrétien originaire de l’ile de Cypre, qui est qualifié

sa vie. Sa fête est célébrée le 14 juillet. Acta sanctorum, julii t. m, 1723, p. 148-149.

MNESTHÉE (grec : MevYio-Oeô;), père d’Apollonius. Il Mach., iv, 21 . Apollonius fut un officier d’Antiochus IV Epiphane qui l’envoya en Égypte et en Palestine. Voir Apollonius 3, t. î, col. 777.

SVSQAB (hébreu : Mô’âb; Septante : Mwctë), nom de l’un des deux fils de Lot, du peuple dont il fut la souche et du pays occupé par eux. — Ordinairement employé seul et sans complément, le nom de Moab désigne soit le pays, soit le pays avec son peuple, fréquemment le peuple seul et deux ou trois fois seulement le fils de Lot ; le sens en est généralement déterminé par le contexte ou l’ensemble du récit.

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