‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 29 sur 389 · moab, fils aine de Lot. Voir Moab · texte numérisé non relu

moab, fils aine de Lot. Voir Moab

2. MOAB, contrée à l’est de la mer Morte, où demeurèrent le fils aîné de Lot et ses descendants, désignés sous le même nom.

I. Nom. — Le nom de Moab, le plus ordinairement employé seul pour désigner le pays, est r rnplacé parfois par l’expression « terre de Moab ». Ce terme se rencontre surtout dans le Deutéronome et les Juges. La formule scdê Môâb (àypôç Mwâê, regio Moabilis), constamment usitée au livre de Ruth, semble être l’équivalent de k terre » ou « pays de Moab », bien que littéralement

MOAB

elle désigne plus spécialement « la campagne de Moab » ou son haut plateau. Dans la Vulgate, l’expression hébraïque « terre de Moab » est fréquemment remplacée par le nom de Moabitis, « la Moabilide, » qui parait être la transcription de la forme grecque MwaëîTt;, employée par les Septante et par Josèphe. — Le nom de Moab fut à l’origine celui du fils de Lot, qui le transmit à ses enfants par qui il passa au pays habité par eux «Les deux tilles de Lot, dit l’Écriture, conçurent de leur père et l’aînée enfanta un fils qu’elle nomma Moab; c’est le père de Moab. » Gen., xix, 36-37. Les Septante et la Vulgate traduisent : « C’est le père des Moabites; » on pourrait entendre encore, d’après l’analogie d’autres passages : « C’est par lui que fut peuplé le pays de Moab. » — Le nom de Moab, selon Josèphe se fondant sur le récit biblique, signifie « du père », àFo ttcxt poç mê-'db). Ant. jud., I, xi, 5. Cette étymologie a

été défendue par de Wette, Tuch et plusieurs autres. Cf, Gesenius, Thésaurus, p. 775. L’orthographe du nom de Moab employée par les anciens Moabites semble favorable à cette interprétation. Dans l’inscription de la stèle de Dibân, le nom est constamment écrit nxo, Mdb, lig. 1, 2, 5, 6, 12, 20, et peut être vocalisé 3S3. Les

Arabes ont conservé la forme t ,lto ou t ,U, Maâ’o ou

Mdb. Les inscriptions cunéiformes transcrivent le nom d’une manière identique, Ma-’-ab, Ma-'-a-ab ; mais on trouve aussi Mn-’-a-baetMo.-’-ba.Cf. Schrader, DieKeilinschriften und das alte Testament, 1883, p. 140, 257-355. La transcription araméenne Mu>êa, fréquemment employée depuis le IIIe siècle, parait empruntée aux Assyriens. Voir d’autres étymologies dans Gesenius, Thésaurus, p. 775. — Selon les critiques rationalistes, pour qui le récit biblique est une simple légende, Moab fut originairement un simple nom de lieu, indiqué par a, et dérivé de la racine 3N>, yâ'ab (avide desiderant), signifiant

TT

terra desiderabilis, « pays plein de charmes. » Cf. Cheyne, Encyclopedia bibliea, Londres, t. 111, col. 3164. Cette étymologie, déjà soutenue parMaurer, est contestée par Gesenius, comme une conjecture sans fondement. Thésaurus, p. 775.

II. Géographie. — 1. limites et étendue. — Le nom de « terre » ou « pays de Moab », dans la Bible et 1 histoire, aune double signification ou extension: tantôt il s’applique seulement à la partie de la contrée possédée par le peuple de Moab au moment de l’arrivée de Moïse et des Hébreux et conservée par lui tout le temps de la période biblique et de son existence comme peuple distinct; tantôt il comprend toute l’étendue du territoire occupé par les Moabites avant la conquête que fit d’une partie le roi amorrhéen Séhon et qu’ils reprirent sous les rois schismatiques d'Israël. Dans le premier sens, c’est le pays de Moab proprement dit, celui qui fut l’héritage inaliénable du peuple issu du fils aîné de Lot, et qu’il n’était pas permis aux Israélites de toucher, Deut., 11, 18-19; dans le second sens, c’est le pays de Moab historique ou de fait pour une longue période de l’histoire.

1° Moab dans son sens restreint. — 1. Frontière septentrionale. — Le pays de Moab, dans sa signification stricte, était tout entier au sud de l’Arnon qui formait sa frontière septentrionale. Cette rivière, au moment où les Israélites s’avançaient vers la Terre Promise, séparait Moab des Amorrhéens. Num., xxi, 13; cf. 26. L’Arnon devint la frontière entre Israël et Moab après la conquête par les Hébreux du royaume de Séhon. Num., xxi, 25, 26; Deut., 11, 24, 36; m, 8, 12, 16; iv, 48; Jos., xn, 1, 2; xin, 9, 16; Jud., xi, 18, 22. La même frontière était revendiquée par Jephté, comme la frontière légitime et constante entre Israël et Moab, depuis la conquête faite sur Séhon jusqu’alors, trois siècles plus tard. Jud., xi, 18-26. Elle l’était encore ou l’était redevenue au temps du roi Jéhu. IV Reg., x, 33. — L’identité du

Môdjeb actuel avec l’antique Arnon, reconnue déjà par le livre de Josué ou Chronique des Samaritains (c. 1, et xlii, édit. Juynboll, Leyde, 1848, p. 130 et 179), proposée par le rabbin Éstôri, Caftor va-Phérach, Jérusalem, 1897-1899, p. 632, et fondée sur des données incontestables, estuniversellement acceptée aujourd’hui.

2. Frontière métddionale. — La frontière méridionale du pays de Moab passait près de ’lyyim, appelée aussi Iyyê hd- 'A bârim, dans la Vulgate Ijeabarim, et située à deux stations ou deux journées de marche au nord de Phunon. Les Israélites, en effet, « étant partis de Phunon vinrent camper à Oboth, et d’Oboth ils vinrent à ’Yy yê hd-'Abârim sur la frontière de Moab. » Num., xxxin, 43-45. Phunon a été reconnue en septembre 1896, par le Dr A. Musil, dans le Khirbet Feinân, situé à quarante kilomètres environ au sud de Tafiléh. Cf. Al Dachir, journal arabe de Beyrouth, 20 décembre, 1897, et la revue Al Machriq, Beyrouth, 1898, p. 211-212. A quatre kilomètres au nord de Tafîléh est une ruine désignée dans la carte de Iviepert, Berlin, 1877, sous le nom de 'Aime et du nom de 'Irne dans d’autres cartes. Cette localité semble être le ‘ Iyyim de la Bible. Le Deutéronome paraît d’ailleurs (cf. 1, 1, et 11, 9) placer Thophel dont Tafiléh rappelle évidemment le nom, près de la même frontière de Moab et, dans tous les cas, la distance indiquée entre Phunon et 'lyyîm nous amène encore dans la même région. Or, à peu de distance au nord de 'Aiméh, on descend dans une vallée profonde et abrupte connue aujourd'hui des Arabes sous le nom d ’ouad’el-Hasd ou el-’Ahsâ : il parait très probable que c’est là l’antique frontière méridionale du pays de Moab. Les palestinologues modernes identifient assez communément cette vallée avec le torrent de Zared franchi par les Israélites après la station de 'Iyyim. Num., xxi, 12; cf. Deut., 11, 13-14. Voir Zared. — Le territoire de Moab est également prolongé jusqu’à cette vallée par Isaïe. Annonçant les châtiments dont le Seigneur va frapper Moab, le prophète nous montre ce peuple en fuite « jusqu’à Sô'ar », les eaux de Nemrim desséchées et les habitants du pays portant les épaves du pillage au nahal hd-'Ardbîm. îs.,xv, 5-7 . — La vallée des ' Ardbîm , « des Arabes, » suivant les Septante (cpâpayYa "Apaëaç), « des Saules, » d’après la Vulgate, pour d’autres interprètes, aurait été dans le texte primitif « la vallée des ' Abârîm », près de 'Iyyim, sur la frontière de Moab, que franchirent les Israélites pour pénétrer dans le désert à l’est de ce pays. Ce nom lui aurait été donné à la suite de ce passage et le nom d "Ardbîm, serait une mauvaise lecture des copistes, qui auraient confondu les lettres b et r, à peine différentes dans l’ancienne écriture hébraïque. Quoi qu’il en soit de cette hypothèse, si « les eaux de Nemrim » du prophète ne sont pas différentes, et les indications d’Eusèbe le supposent, de la rivière de ïouadi Nemeirâ actuel que l’on rencontre à quinze kilomètres au sud du Kérak, la frontière de Moab est reculée par là au delà du bassin de celte rivière, c’est-àdire jusqu’à l’ouadi el-IIasà, la première vallée plus au sud. — Le site attribué à Sô'ar, la Ségor de la Vulgate, nommée Zcoâp et Zwâpa par les Septante et d’autres écrivains, justifie cette induction. Josèphe, Bell, jud., IV, viii, 4, indique, en effet, cette vallée à l’extrémité du lac Asphaltite et en Arabie, c’est-à-dire à l’extrémité sud-est de la mer Morte. Eusèbe et saint Jérôme la placent au sud de « Nemrim dont parlent les prophètes Isaïe et Jérémie dans leurs visions contre Moab ». Onomastic ., édit. Larsow et Parthey, Berlin, 1862, p. 298, 299. La carte mosaïque de Médaba la représente, à l’orient de la mer Morte et vers son extrémité. Les auteurs arabes sont unanimes à lui attribuer la même situation. Ces indications nous amènent nécessairement à Vouad’ el- Ijasd. A sa sortie des montagnes, la rivière qui suit l’ouadi forme, dans le Glmr Sdfiéh, un delta dont un des bras va se jeter dans la mer Morte exactement à son

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extrémité sud-est, et l’autre plus au sud va se perdre dans la Sebkhah. Sô'ardevaitse trouver soit près du premier embranchement, au nord, soit dans l’espace compris entre ces deux bras, dont le plus méridional marquait probablement de ce côté la frontière de la terre de Moab, au temps d’Isaïe. — Un autre argument montre cette frontière au même endroit au temps de Josèphe. Pour l’historien juif, la Gabalène(Fo6oXrciç ou Taëa) Ht;), Ant. jud., II, i, 1; cf. IX, îx, 1, est identique à l’Idumée ou une de ses divisions. Or, la Gabalène ou Gabalilide n’est pas différente du Gebâl des Arabes, dont la frontière septentrionale, qui la sépare du pays de Kérak et de Maâb, est précisément Youad’ el-IIasâ. Cf. Ibn Khordabéh, Kitâb el Masdlik ou el-Mamâlik, édit. Goeje, Leyde, 1889, p. 56; El-Dimisqi, Cosmographie, édit. Mehren, Saint-Pétersbourg, 1866, p. 213; A. Neubauer, Géographie du Talmud, Paris, 1868, p. 67; Burkhardt, Travels in Syria and the Holy Land, in-8°, Londres, 1822, p. 400-402. — De ces diverses données il résulte que la frontière méridionale de Moab partait de l’extrémité de la mer Morte ou de la partie montagneuse qui lui fait suite et se confondait, selon toute probabilité, avec l’owad’ el-Hasâ des Arabes; il apparait encore que depuis les temps les plus reculés jusqu’au Ier siècle de l’ère chrétienne et plus bas, elle demeura constamment la même.

3. Frontière orientale. — - La frontière orientale de Moab était formée par le désert appelé, Deut., n, 8, « le désert de Moab, » et qui se développe à l’est jusqu’à l’Euphrate. Les Israélites, après avoir stationné à ’ Iyyim, près de ce « désert qui est en face de Moab, à l’orient », passèrent le torrent de Zared, selon toute apparence Youad’ el-IIasdacUie\, en face de 'Iyyim et de Thophel,au sud-est du territoire de Moab, là où la vallée commence à s’en éloigner. Moïse et son peuple avaient la défense de ne point toucher au territoire de Moab et de ne point y pénétrer contre le gré de ses habitants, et ceux-ci leur en avaient refusé l’entrée et le passage; ils suivirent le désert qui longe le pays, en le remontant jusqu’à l’Arnon. Num., xxi, 11; xxxm, 44; Deut., n, 8, 13-14; Jud., xi, 17-18. La ligne où devait cesser l’occupation effective de Moab et où commence le désert se confond à peu près avec le chemin suivi chaque année par le grand pèlerinage musulman se rendant de Damas à la Mecque.

4. Frontière occidentale. — Tout le pays s’étendant entre le Môdjeb et le Hasà est bordé, à l’occident, par la mer Morte, qui a toujours dù être, de ce côté, sa frontière naturelle.

5. Le pays de Moab ainsi limité mesure, dans sa plus grande longueur du nord au sud, environ soixante kilomètres, et dans sa largeur d’ouest à est, de la mer Morte au chemin du hadjj, environ quarante kilomètres. Sa superficie, si l’on tient compte des accidents du terrain, peut être de près de 4 500 kilomètres carrés.

2° Moab dans son extension la plus grande. —

1. Frontières orientale et occidentale. — Dans sa plus grande étendue, le pays de Moab, outre la région au sud de l’Arnon dont nous venons de parler, a embrassé une portion considérable de la contrée située au nord de l’Arnon et comprise entre cette rivière et le Jaboc. Cf. Num., xxi, 26-30; Deut., i, 5. — Cette partie, ainsi que la première, était bornée du côté de l’orient par le désert sur le bord duquel passe le chemin du pèlerinage de la Mecque et qui est appelé, Deut., n, 26, « désert de Cadémoth, » de la ville de ce nom, située sur ses confins. Les villes de Jassa et de Méphaath, indiquées avec la précédente, se trouvaient également sur la limite de ce désert. Cf. Num.. xxi, 23; Jos., xm, 18; Jer., xlviii, 21, et Eusèbe, Unomaslic., 1862, au mot M-/]®a<x0,

| p. 288. — Les Araboth de Moab, c’est-à-dire la partie infé- I rieure de la vallée du Jourdain qui appartint au peuple de t Moab, aboutissait en face de Jéricho au Jourdain : ce I Ceuve devenait ainsi, jusqu’à la mer Morte qui la conti- I nuait, la frontière occidentale de cette partie du pays ‘

de Moab. Cf. Num., xxrr, 1; xxvi, 63; xxxm, 48-49; xxxv, 1; xxxvi, 13; Deut., xxxiv, 1, 8; Jos., xm, 32.

2. Frontière septentrionale. — La frontière septentrionale n’est pas déterminée d’une manière précise et elle a plusieurs fois varié. Au temps les plus reculés, elle passait au nord d’Hésébon et des villes de sa dépendance, qui, avant la conquête de Séhon, appartenaient à Moab, Num., xxi, 25-30; elle se trouvait ainsi entre le territoire de ces villes d’une part, et celui de Jazer et les villes groupées autour de cette dernière qui formaient le territoire limitrophe des Ammonites, en face de Rabba ('Amman) et qui furent conquises par Moïse après Hésébon. Cf. Num., xxi, 32; Jos., xm, 25. Cette frontière se confondait vraisemblablement avec la vallée nommée aujourd’hui ouadi Nd'ûr qui se trouve à peu près à égale distance entre le Khirbet Sâr, située au nord, assez communément identifiée avec .Tazer et dont le site doit, en toute hypothèse, se chercher dans la région, et Ilesbàn, l’antique Hésébon, située au sud, à neuf kilomètres de cette dernière ruine. Dans la vallée du Jourdain, la frontière était sans doute formée par Youadi Nimrïn actuel, limite naturelle, au nord de la région inférieure cultivable de la vallée du Jourdain, où se trouvent aujourd’hui les localités de Sûciméh, Tell- Ràmeh et Kefrein, identifiées avec Bethjésimoth, Betharam et Abelsatim, désignées comme villes des Araboth de Moab. Cf. Num., xxxm, 49. Cet ouadi passe au nord et non loin du tell Nimrim qui lui donne son nom et est le site peu contestable de Nemra ou Bethnemra. Cette dernière ville n’est point indiquée avec les précédentes comme ville des Araboth; mais isolée du côté du nord de toute autre localité par un terrain pierreux et stérile, elle n’a pu être séparée de ses voisines, et son territoire appartient en quelque sorte nécessairement à celui des Araboth de Moab dont il forme l’extrémité septentrionale. — Le roi Mésa, quand il reconquit la contrée au nord de l’Arnon, ne put cependant reporter la frontière au delà de Médaba, car ni Hésébon, ni les villes des Araboth ne sont nommées dans son inscription de la stèle de Dibân, parmi les cités rendues par lui au pays de Moab. — Au temps des prophètes Isaïe et Jérémie, Moab avait repris ses anciennes limites. Parmi les localités de Moab nommées par le premier, xv, 4, à côté d’Hésébon on trouve Éléalé, Yel- Al actuel, situé au nord de Ilesbân. Jérémie cite en outre, xlviii, 21, Méphaath, dont le nom, un peu modifié par le temps, a été retrouvé naguère dans celui de Nef'a, donné à une ruine distante de quatorze kilomètres environ au nord-est de Ilesban. Cette localité était sans doute la plus reculée au nord du territoire de Moab limitrophe de ce côté au pays des fils d’Ammon, dont la capitale était à peine éloignée de dix kilomètres de Méphaath. La partie du territoire de Moab, au nord de l’Arnon, ainsi limitée, offre une étendue d’environ cinquante kilomètres en longueur du nord au sud, et de quarante-cinq en largeur, d’ouest à est : elle était à peu près égale à la partie située au sud et les deux réunies avaient une longueur totale de cent dix kilomètres environ et une superficie approximative de neuf mille kilomètres carrés. Le pays de Moab, dans sa plus grande étendue, commençait au 31° de latitude nord et se prolongeait jusqu’au 3l°55', et du 33° 10' de longitude est de Paris jusqu’au 33° 45'.

3. L’étendue générale du pays de Moab serait plus considérable encore, d’après la traduction de la Yulgate, Num., xxii, 1 : [Filii Israël \ castrametati sunt in campestribus Moab, ubi trans Jordanem Jéricho sita est. D’après cette interprétation, il faudrait rattacher à Moab toute la région à l’occident du Jourdain où se trouve Jéricho. Les Septante traduisent : « ils campèrent à l’occident de Moab, non loin du Jourdain, près de Jéricho, TïapsvêaXov êtù Sycg.ûv MwxS uapà tov Top8àvy)v vtafx 'hp'.yù. Les massorètes lisent ; « ils campèrent aux ’arbûth de Moab, au delà du Jourdain de Jéricho. » L ias-

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foire, le contexte, et les deux versions elles-mêmes dans les autres endroits où se retrouvent les mêmes expressions : be-'arbôt Môdb mê-êber le-Iardên Ierêhô, justifient la lecture massorétique ; les deux traducteurs se sont trompés en faisant de Jéricho le complément local non du Jourdain, mais du verbe « camper ». Les Septante ont confondu en outre, ici, be-'arbôt, nom de lieu, avec la locution adverbiale « à l’occident ». Ces erreurs incontestables ne peuvent être prises en considération pour la détermination des limites et de l’étendue du pays de Moab.

n. divisions et description. — 1° Division générale. — Le pays de Moab, pris dans son ensemble, est naturellement divisé, par la gigantesque fissure appelée la vallée d’Arnon, en deux parties, qui, à cause de leur position respective, peuvent être appelées, l’une Moab méridional, l'autre Moab septentrional. La première partie, appelée encore au xve siècle Madb, est connue aujourd’hui sous le nom de « pays de Kérak », belad el-Kérak ; la seconde est comprise pour sa plus grande partie, dans l’appellation de Belqd, qui, d’après les Arabes, signifierait le « pays de Balaq », nom du roi de Moab bien connu qui appela Balaain. Jusque vers le xiv° siècle le nom de Belqd désignait toute la contrée depuis le Zerqd (Jaboc) jusqu’au, delà du Kérak, non compris le Ghôr ou vallée du Jourdain. Cf. Et-Tahiry, Syria descripta, édit. Rosenmüller, Leipzig, 1828, p. 18; Yaqùt, Géographie, édit. F. Wüstenfeld, Leipzig, 1866, t. i, p. 710. Peu différentes par leur caractère physique, les deux parties de Moab le sont profondément par le caractère moral que leur a imprimé leur destin particulier politique, historique et religieux. — Tandis que Moab méridional demeure la possession constante des Moabites depuis leur origine jusqu’à leur dispersion en tant que peuple, Moab septentrional passa par les vicissitudes les plus diverses. Propriété primitive de Moab, cette partie passe aux mains de Séhon qui en fait un royaume amorrhéen; les Hébreux le lui enlèvent peu après pour en faire la part de deux de leurs tribus, Celles de Ruben et de Cad. Disputée plus tard entre les rois d’Israël et de Moab, ceux-ci finissent par la réunir à leur territoire. Reprise en grande partie par les Juifs, à cause d’eux, elle subira le choc terrible des Romains. Dans le déroulement de ces faits, elle tient constamment attachés sur elle les regards de l’histoire, tandis que Moab méridional n'apparaît qu’accidentellement. Mais ce qui distingue surtout chacune de ces deux parties, c’est la diversité de leur importance au point de vue religieux. Sans doute la partie méridionale n’est pas sans une supériorité relative par rapport aux autres nations, à cause de la parenté des ancêtres de son peuple avec les patriarches hébreux, et à cause de son voisinage de la Terre Promise et de ses relations avec Israël ; elle ne reste pas moins confondue avec le commun des pays profanes et demeure comme eux constamment souillée par les erreurs et les ignominies de l’idolâtrie. Il en est tout autrement de la partie septentrionale. Incorporée par la conquête de Moïse à l’héritage du peuple de Dieu, elle devient partie intégrante de la Terre Sainte, et sanctifiée par le culte du vrai Dieu, elle acquerra elle-même un caractère sacré. Des souvenirs nombreux et grands se rattachent d’ailleurs à elle. I'our l’Ancien Testament ce sont d’abord ceux de la dernière période de la vie du législateur d’Israël; sa conquête, ses instructions suprêmes à son peuple, sa bénédiction aux douze tribus et sa mort sur le mont Nébo ; puis le souvenir non moins illustre de l’ascension d’Élie. Pour le Nouveau Testament, c’est le souvenir de la prédication de Jean-Baptiste et de sa mort, du baptême du Sauveur et de son dernier séjour avant sa Passion. La mémoire de ces faits donne au pays septentrional de Moab un rellet de gloire et le couronne d'une auréole de sainteté dont l’éclat ne le cède pas à celui des saints lieux les plus célèbres et les plus vénérés.

2° Division d’après le caractère physique. — Le pays de Moab, dans son ensemble, tant au sud de l’Arnon ou du Môdjeb qu’au nord, est formé de trois régions s’étendant parallèlement dans le sens de la longueur du pays du nord au sud et complètement différentes l’une de l’autre par l’aspect comme par la nature : une région de haut plateau ou de plaine, une région accidentée ou de montagnes et une partie basse et déprimée.

1. Le haut qilateau. — Il est ordinairement nommé sedéh Môdb, « la campagne de Moab. » Ainsi Gen.. xxxvi, 35; Num., xxi, 20; Ruth, iv, 3; I Par., i, 46; vm, 8; ou bien, au pluriel, sedê Môdb, « les champs de Moab, » Ruth, i, 1, 2, 22; n, 6; l’un et l’autre rendus par r'o tcôîov Mti>àê ou àypoç Mwâë dans les Septante et par terra Moab, regio Moab, Moabitis, dans la Vulgate. Appliqué tantôt à la portion septentrionale, tantôt à la méridionale, ce nom, on n’en peut douter, était primitivement donné en général à tout le plateau. Jérémie, xlviii, 8, semble attribuer la même extension au nom ham-Misôr, « la plaine. » Voir Misor 1, col. 1132. Entre la conquête de Moïse et la réoccupation de la partie septentrionale par les Moabites, le nom de Misôr était particulièrement affecté à cette partie, soit d’une manière générale, soit en ie précisant par le nom d’une des villes principales de la région, comme le Misôr [de] Mêdâba’.

Cf. Deut., m, 10; Jos., xm, 9, 17, 21 (texte hébreu). La portion de la plaine où fut la ville de Cariathaïm a été désignée du nom de Savé Cariathaïm, hébreu : Sdvêh Qiriâtâini, « le plateau de Cariathaïm. » Gen., xiv. 5. Une autre portion, dans le voisinage de Bamoth et au haut du Phasga, était appelée sedêh Sôfîm, « la campagne des sentinelles, » Vulgate : locus sublimis. Num., xxiil, j 14. — Le plateau de Moab forme une large bande d’environ 30 kilomètres, s’étendant, du nord au sud, dans toute la longueur du pays, du côté de l’est, sur la lisière du désert oriental. Son altitude moyenne, comme celle du haut plateau de l’Asie occidentale dont il est le terme, est de 7 à • 800 mètres. Son sol est ondulé, dominé çà et là de collines I généralement en forme de mamelons, dont la base cal- 1 caire n’est que partiellement recouverte de terre végétale. 3 Au nord de l’Arnon, le point appelé U mm el-Djereisdt, I à l’ouest de Médaba, a 896 mètres d’altitude, Ma in 872, j Djelûl 823 ; Hes bân 900, El'dl 934, es-Samîk 927, Umm I es-Summâq, sur la limite septentrionale, en a 968; plus à l’ouest, le Djébel Zabbûd a 1 140 mètres d’altitude.

Au sud de l’Arnon, le plateau s’élève graduellement et plusieurs de ces sommets ont une élévation de 1100

à 1200 mètres au-dessus du niveau de la mer Méditerranée et de 1500 à 1600 au-dessus du niveau de la mer Morte. Ainsi Kérak est à 1026 mètres d’altitude, el-Môtéh, plus au sud, à 1167 mètres, ljat-Rds à 1165 et el-Djafar à 1254, c’est-à-dire à 1647 mètres au-dessus de la mer Morte. Le fond du plateau est une terre de couleur d’un brun plus ou moins sombre, d’une épaisseur de trois à quatre mètres et d'une grande fertilité. — Le plateau de Moab est sillnoné par une multitude de ravins, dont les principaux, 1 ’ouadi Môdjeb, Youadi Ledjjûn, Youadi Sa'îdeh, Youadi Fiqréh, Youadi Oudléh, immenses fissures aux parois escarpées, se creusent jusqu’à 6 ou 700 mètres au-dessous du niveau de la plaine, en précipices d’un aspect à la fois terrible et grandiose. La plupart se ramifient au Môdjeb, ceux du sud en se joignant à Youadi Ledjjûn, qui traverse la plus grande partie du plateau méridional en se dirigeant du sud au nord, pour rejoindre le Môdjeb en face de 'Ard'ér. Au nord, le plus grand nombre sont les contluents del'ouadî Oudléh, qui coupe le plateau septentrional en diagonale pour s’unir, sous le nom d’ouadi Heiddn, au Môdjeb, à 4 kilomètres en amont de son embouchure. Les autres j rejoignent les vallées moins importantes du Zerqâ-Ma'in, au nord, de Kérak, de Nemeird et A'el-Hasd, au sud.

2. La région accidentée. — En s’approchant de la grande dépression du Ghôr, le plateau qui forme la par-

>00. — Carie (sans les montagnes) du pays de Moab.

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tie principale de Moab, s’affaisse brusquement et s’incline en une pente rapide. En se précipitant vers la vallée du Jourdain ou vers la mer Morte, les torrents de l'hiver ont creusé à travers les terres et les rochers une multitude infinie de sillons qui ont formé une série de chaînes de collines, orientées d’est à ouest, et se succédant parallèlement dans toute la longueur du pays- Ces monts aux pentes accessibles, bien que parfois assez raides et glissantes dans leur partie la plus septentrionale, au-dessus de la vallée du Jourdain et le long du plateau supérieur, sont encore généralement couverts de terre où la végétation peut se développer; mais ils deviennent de plus en plus abrupts, sauvages et stériles à mesure qu’ils se rapprochent de la mer Morte. Le long de son rivage ce sont des masses rocheuses de grés jaunes et rouges et de porphyre, d’épaisses coulées de lave, ou de noirs monceaux de pierres volcaniques, quelquefois séparés de distance en distance les uns des autres par de profondes crevasses à parois perpendiculaires de 100 à 200 mètres de hauteur et à peine larges de 10 mètres. — La superficie de cette région, trop accidentée pour pouvoir être mesurée avec précision, peut être estimée à la moitié de celle du plateau. — Cette longue lisière, formée ainsi d’une succession de groupes informes de collines tourmentées et entrecoupées de ravins et de gouffres, généralement d’altitude inférieure à l’altitude moyenne du plateau, ne pourrait qu’improprement être appelée une chaîne de montagnes, bien que de l’occident elle en ait l'aspect; les Israélites semblent l’avoir désignée sous le nom général d 'asédoth ('asdôt, plur. de ’ésécl ou ’ased). Le nom de éséd han-nehdlim (Vulgate : scopidi torrentium ), Num., xxi, 15, désigne précisément les escarpements des vallées de Moab. « Comme il est arrivé à la mer Rouge, ainsi [est-il advenu] aux torrents de l’Arnon, les escarpements des torrents se sont inclinés pour laisser [les fils d’Israël] s’arrêter à Ar et se reposer sur le territoire de Moab. » L’appellation d’Asédoth de Phasga employée pour désigner la portion accidentée de territoire s’élevant au-dessus de la mer Morte et au nord de l’Arnon, suppose l'usage de désigner de ce nom A' Asédoth toute la région ainsi accidentée de Moab, dont les parties étaient déterminées par des appellations spéciales. Les contreforts escarpés de la chaîne des monts de Judée formant la muraille occidentale du bassin de la mer Morte, furent également, aux temps anciens, désignés sous le nom d’Asédoth. Cf. 1° Deut., ni, 17 (Vulgate : radices montis Phasga) ; ( Ase doth), iv, 49 (radices montis Phasga); Jos., xn, 3 (Vulgate : Asédoth, Pliagga ); xm, 20 ( Asédoth , Phasga ); 2° Jos., x, 40 ; xn, 8 (Vulgate : Asédoth). Pour n’être pas confondus avec ceux-ci, les conlreforts escarpés du haut plateau de Moab devaient être appelés les Asédoth « de l’orient », mizrâhâh (Vulgate : contra orientent), Deut., ni, 17, ou « les escarpements orientaux ». — La partie inférieure bordant la vallée du Jourdain et la mer Morte est nommée « la montagne de la vallée », har hd-émêq, nions convallis. Jos., xm, 19. — Le massif des monts compris entre Youadi Hesbcin, au nord, et l'ouadi Zerqâ- Ma'in, au sud, et par où passèrent les fils d’Israël, pour atteindre le Jourdain et la Terre Promise, fut connu sous le nom de monts Abarim. Voir Abarim (Monts), t. i, col. 16-17. Parmi les sommets du massif, on trouve mentionné « le mont Nébo, dans la terre de Moab, en face de Jéricho ». Deut., xxxu, 49; cf. Num., xxvii, 12; xxxm, 47-48. Son nom s’est conservé jusqu’aujourd’hui dans celui de Djebel Nébd, donné à un sommet de 806 mètres d’altitude, situé à 8 kilomètres au nord-ouest de Màdaba. Voir Nébo (Mont). [Non loin se Irouvait « le sommet de Phasga », r’ôs hap-Pisgdh, dont le nom semble avoir servi à désigner un sommet particulier, Num., xxm, 14, le groupe de collines dont cette hauteur était environnée et toul le massif dominanl la mer Morte au nord-est. Cf. Deut., xxxiv, 1; Num., xxvn, 12; xxi,

20; xxxm, 47. Le sommet du Phasga était au sud du Nébo et dominait la partie méridionale de la vallée du Jourdain, appelée jadis Jésimon, dont la ville de Bethjésimoth semble avoir pris le nom. Cf. Num., xxi, 20, et xxm, 14. Voir Jésimon, t. ni, col. 1400. Ces derniers noms se reconnaissent dans celui de Sûeiméh, donné à une source et à une ruine situées toutes deux vers la pointe nord-est de la mer Morte. Le sommet de Phasga pourrait être la hauteur connue sous le nom d ’el-Maslitbieh, dont l’altitude est de 840 mètres et qui se dresse en face du Nébo, au sud, de l’autre côté de Youad' edj-Djedeid. Voir Phasga. Le Nébo et le Phasga sont les seuls sommets de la région montagneuse de Moab dont l’Écriture fasse particulièrement mention. — Elle parle encore de deux vallées de cette région montagneuse, mais sans les désigner par des noms spéciaux, la vallée près de Phasga, dominant le Jésimon et où campèrent les Hébreux avant de descendre à la vallée du Jourdain, Num., xxi, 20, et « la vallée dans la terre de Moab, devant Bethphégor », où fut enseveli Moïse. Deut., xxxiv, 6. La première peut être identifiée assez probablement avec Youad’ edj-Djedeid et la seconde paraît être Youadi ’Ayim Mûsâ. « La vallée des passants, » gê hd 'Obrhn (vallis viatorum) dont le nom pourrait être vocalisé gê hd- Abarim, indiquée par le prophète Ezéchiel, xxxix, 11, à l’orient de la mer, appartient sans doute à ce district. — Au temps du Sauveur, on désignait toute la région accidentée de Moab, depuis Liviade à Zoar, du nom de monts de Moab ou d’Arabie et le nom de « montagne de fer » parait avoir été plus spécialement donné au pâté de rochers volcaniques qui domine la mer Morte. Cf. Joséphe, Ant. jud., XIV, v, 2; Bell, jud., IV, vin, 2.

3. La plaine inférieure. — Siluée au pied des hauteurs, à 1100 mètres au-dessus du niveau moyen du plateau et à plus de 300 au-dessous du niveau de la mer Morte, par la singularité de cette dépression, par son climat, par sa flore et ses produits, cette région, qui appartient à la vallée du Jourdain et aux rivages de la mer Morte, diffère essentiellement des deux autres, dont elle est la plus occidentale. Comprise dans la dénominalion générale de «cercle du Jourdain », kikkâr haxj-Yardên, Gen., xm, 10, 1 1, ou de « vallée des Bois », ’Éméq has-Siddim, Gen., xiv, 3, ou simplement de « la Vallée », Jos.,xm, 19, elle a dù être spécialement appelée 'Arabâh de Moab, du nom donné à la vallée du Jourdain. Dans l’hypothèse de la formation de la mer Morte postérieurement à la catastrophe de Sodome, cette région, comprise entre le Jourdain à l’ouest et la montagne à l’est, se serait étendue primitivement, du nord au sud, de Bethnemra à Bala, appelée plus tard Ségor. C’est une étendue de 100 kilomètres sur une largeur moyenne de 7 kilomètres. Même avec ces 700 kilomètres carrés de superficie, cette partie aurait été encore la moindre du pays de Moab, bien que près de trois fois environ plus étendue que ce qui en demeurait quand Moïse et les Hébreux vinrent camper dans cette région, au nord de la mer Morte. A cette époque, la partie basse se rattachant au pays de Moab se composait comme aujourd’hui de quatre morceaux ou districts principaux : 1° la partie inferieure de la vallée du Jourdain, à l’extrémité septentrionale de la mer Morte, 2° le territoire de Sârah, 3° la petite péninsule du Lisân actuel, à l’issue de la vallée de Kérak, et 4° le district appelé maintenant Ghôr es Sâfiéh, à l’extrémité méridionale de la mer.

1) Le premier territoire, le plus important des quatre, est fréquemment mentionné sous le nom d’Araboth de Moab, 'Arbôt Moab , campes tria Moab , « la plaine [inférieure] de Moab. » Il est désigné aujourd’hui du nom spécial de Ghôr Seisbân et sa portion la plus occidentale, en face de Rârnéh, de celui de Zôr Ghdrbéh, radicalement semblable au nom de ’ Arabâh , avec lequel il pourrait n’être pas sans rapport. Sa longueur, de Y ou-

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ali Nimrin à la mer Morte, ne dépasse pas 15 kilomètres, et sa plus grande largeur est à peine de 13 kilomètres. 11 est plat, légèrement incliné vers le Jourdain et la mer Morte. Sa dépression au point de jonction de Vouadi llesbân avec Vouadi Kefrein, qui est à peu près au centre, est de — 338 mètres. Le sol, formé d’une terre noire, est généralement très fertile.

2) Le second district est situé à 20 kilomètres au sud du précédent et de l’extrémité septentrionale de la mer Morte ou de Sûeiméh, et à moins de 3 de l'embouchure du Zerqâ Ma' in. Le nom actuel de $drah peut rappeler celui de la ville de Sarathasar, hébreu : Sérét has-Sahar , Jos., xm, 19, qui rappelle lui-même le nom delà localité traduit KaXXtpôr, par Josèplie. Cette induction est confirmée par la carte mosaïque de Médaba. Sur cette carte, au bord de la mer Morte, à l’ouest d’une montagne où se lit le nom de [B] APOY, entre deux vallées dont l’une, au nord, ne peut être différente du Zerqâ Ma'în passant sous Mekaur et où sont des sources thermales, le Baàpox; de l’historien juif, et dont la seconde au sud, est évidemment l’Arnon, est figurée une petite plaine plantée de palmiers. On y voit un édifice semi-circulaire d’où sort un cours d’eau et un autre édifice terminé en abside non loin duquel passe une autre rivière de bref parcours. Cette petite plaine, où se lit l’inscription 0EPMA KAAAIPOHS, représente le territoire de Sdrah dont nous parlons. — Il est indiqué, Jos., xm, 19, « dans la montagne de la vallée, » c’est-à-dire sur la lisière de la montagne et de l’Aràbah on du Gliôr. Sàrah (ou Sdrah), en effet, est encore dans la ligne de la montagne, mais par sa situation et ses caractères, il appartient en réalité à l’Arâbah. C’est un petit plateau incliné vers la mer Morte. De hautes collines de pierre volcanique l’entourent, rangées en hémicycle. Son étendue sur le rivage est de 3 kilomètres et sa profondeur de 2 environ. Une terre noire mêlée de pierres recouvre en partie son fond généralement de lave.

3) Le troisième territoire est à 30 kilomètres plus au sud et au delà de l’Arnon (le Môdjeb) : c’est le Lisân, « langue » de terre s’avançant en presqu’île dans la mer Morte, à l’issue de la vallée de Kérak. L’identité du nom l’a fait prendre par quelques-uns pour le Lâ'sôn de la Bible, Jos., xvn, 2 ; mais l’identité des lieux est bien moins certaine. Voir Morte (Mer). Dans sa plus grande longueur le Lisân mesure 17 kilomètres et forme un petit golfe, de 7 kilomètres de profondeur et de 3 de largueur, qui a servi autrefois comme aujourd’hui de port aux barques entretenant, par la mer Morte, des relations de commerce avec le pays de Moab. La superficie du Lisân avec le Ghôr, c’est-à-dire « la dépression » s’étendant le long de la montagne, n’est guère inférieure à celle du Ghôr Seisbân ; mais formé d’une marne mêlée de sel, le Lisân est généralement stérile; dans le Ghôr seulement se trouvent quelques kilomètres carrés de terre cultivable.

4) Le quatrième territoire est le Ghôr Sâfiéh, ainsi nommé du nom d’un village bâti au milieu d’un terrain plat et fécond sur le bord de la ramification méridionale de Vouad ’el-Hasâ. La partie du Ghôr s’étendant de l’extrémité méridionale delà mer Morte à cette limite, entre la montagne à l’est et la Sebkhah, région marécageuse prolongeant la mer Morte à l’ouest, est de 5 kilomètres de longueur et de 4 de largeur. D’après l’histoire et la carte de Médaba, c’est le pays de Sô'ar ou Ségor où Lot, fuyant Sodome, chercha un rafuge et où prirent naissance les ancêtres des peuples d’Ammon et de Moab.

Çà et là, et à l’issue des vallées le long de la mer, se rencontrent encore de petits terrains plats, aptes à la culture : les Bédouins les appellent des ghûeirs, « des petits ghôrs. » Les sommets des arbres morts qui, aux alentours, s’élèvent des eaux de la mer, quelquefois jusqu'à plus de 50 mètres de distance, témoignent de l'élévation progressive des eaux, qui finiront parfaire dispa-

raître ces petits territoires, comme déjà sans doute elles en ont englouti d’autres de la même manière.

ni. eaux. — 1° Eaux de pluie conservées dans les citernes et les piscines. — - Toute la région supérieure de Moab, c’est-à-dire les deux tiers de son territoire total, a toujours été complètement privée de sources et d’eau courante. Moïse, arrivé avec les Israélites à la hauteur de l’Arnon, à l’endroit qui fut appelé Béer, reçut de Dieu l’ordre de réunir le peuple et de lui procurer de l’eau en faisant creuser un puits. Le clian composé à cette occasion et conservé dans les Nombres, xxt, 17-18, témoigne de la joie éprouvée par les émigrants à l’apparition de l’eau et par là même de la pénurie dont ils avaient souffert en suivant le plateau méri- | dional de Moab qu’ils venaient de parcourir, depuis le passage du Zared. La même pénurie est attestée pour le plateau septentrional, par la proposition de Moïse au roi Séhon pour lui demander de laisser passer les Israélites : j « Permets que nous passions par ton territoire, lui disait-il; nous n’irons ni par les champs ni par les vignes et nous ne boirons point de l’eau des puits. » Num., xxi, 22. Il s’agit évidemment des citernes et de l’eau de pluie conservée par leur moyen et que les habitants de la région, alors comme aujourd’hui, gardaient avec un soin jaloux et ne cédaient qu’à prix d’argent. « L’eau que tu voudras bien nous donner à boire, nous la paierons, » avait ajouté Moïse. Deut., ii, 28. On ne connaît guère qu’un endroit, et dans un cercle fort restreint, où l’eau se rencontre si l’on creuse des puits, à Vouadi Tamad, en amont des ouadis Heidân et Oualéh, et à l’est de Medeinéli, sur la frontière du désert, où était la limite du royaume de Séhon, et où étaient arrivés Moïse et les Israélites quand le besoin d’eau leur fit creuser un puits où ils la trouvèrent en effet. Partout ailleurs sur le plateau, les habitants ont toujours dû se faire des citernes et des piscines pour | recueillir les eaux de pluie de l’hiver, afin de les conserver pour les divers usages de la vie. Parmi les ouvrages de cegenre, les piscines d’Hésébon sont célébrées par l’Epoux du Cantique des Cantiques, vu, 4, qui leur compare les yeux de l’Épouse. Le roi Mésa raconte avec fierté, dans l’inscription de sa stèle, comment il pourvut le Qarliâh de Dibon d’une double piscine et fit creuser dans celte ville de nombreuses citernes pour procurer de l’eau à ses habitants.

2° Sources et rivières. — Il faut descendre dans la profondeur des ravins et des vallées pour trouver des sources. Là elles jaillissent nombreuses et beaucoup d’entre elles sont fortes et abondantes. Leurs eaux sont généralement saines, légères et agréables à boire. Les fontaines de Moab méridional furent jadis obstruées par les soldats de l’armée coalisée et victorieuse d'Israël, .Tuda et Édom au temps du roi de Moab Mésa. IV Reg., j ni, 25. Aucune des fontaines de Moab n’est désignée | spécialement dans les Écritures, mais plusieurs sont célèbres dans l’histoire. Celles qui sortent du pied du j mont Nébo étaient réputées avoir jailli à la prière de Moïse voulant donner de l’eau à son peuple. Elles sont depuis longtemps connues sous le nom de « Fontaines de Moïse », ’Ayûn Mùsâ. Voir âsédotii, t. i, col. 1076, et Nébo (Mont). La fontaine de Sùeimeh (Bethjésimoth), dans le Ghôr Seisbân, a été, comme celle de Nébo, visitée par les pèlerins et estimée miraculeuse. Voir Betiijésimoth, t. I, col. 1687. Les anciennes relations mentionnent encore la fontaine dont les eaux servirent à l’usage de saint Jean-Baptiste, quand il résidait en cette région. Elle est désignée sur la carte mosaïque de Médaba sous le nom d’Ainôn, à l’endroit nommé Sapsas, près de Bethabara, en face de Jéricho : c’est sans doute le 'Ain el-Kharràr actuel, qui sourd à un kilomètre du | Jourdain, à l’est de ce fleuve et du couvent grec du Prodromos. Voir Bethabara, t. I, col. 1650. Un grand nombre de ces sources donnent immédiatement nais-

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sance à de forts courants d’eau qui, en se réunissant, [ forment des ruisseaux ou des rivières relativement considérables, vu surtout la grande inclinaison de leur lit, et la brièveté de leur parcours. La rivière de Môdjeb, la plus considérable de toutes, mesure à peine, avec sa plus longue ramification, le naliar Ledijûn 50 kilomètres. La rivière qui arrosait les ouadis Tamad, Ouâîeh et Heidân est le principal aflluent du Môdjeb, dont elle égale presque la longueur et l’importance. Le bassin de ces deux rivières occupe la plus grande partie du territoire total de Moab. Il est tributaire de la mer Morte.

— Au nord du Môdjeb, la seule rivière un peu considérable parmi celles qui se jettent directement à la mer Morte, est le Zerqà Ma'în, ainsi nommé de Ma in, ruine de l’ancienne Baalmaon sous laquelle elle prend naissance, au sud, au A in ez-Zerqâ. La longueur de son parcours est de moins de 20 kilomètres. Les autres rivières de quelque importance parmi celles se rendant directement au lac, au sud du Môdjeb, sont le seil-Djerrah et les rivières des ouadis Béni H âmmad, Qénèiyeh, Iiérak et Nemeira. « Les eaux de Nemrim, » dont les prophètes Isaïe, xv, 6, et Jérémie, xlviii, 34, annoncent le dessèchement, ne paraissent pas différentes de la rivière de Nemeirâ actuelle. L’embouchure du courant est à 6 kilomètres au nord de l’extrémité méridionale de la mer Morte et du Ghôr Sâfiéh où il faut chercher Zoara ou Ségor, et c’est « au nord de Zoara » qu’était, selon Eusèbe, la ville de Nemrim, dont la rivière porte le nom. Onomastic., édit. Larsow et Parthey, Berlin, 1862, p. 298. Plusieurs interprètes, il est vrai, ont cru pouvoir reconnaître les eaux auxquelles font allusion les prophètes dans celles de Youadi Nimrin; cette rivière, qui baigne la frontière septentrionale de Moab et arrose la plaine des Araboth, se développant autour de Bethnemra porte un nom également identique à celui de la prophétie. Il serait difficile de faire un choix, si le récit lui-même n’indiquait pas, avec suffisamment de clarté, le sud de Moab. Des eaux de Nemrim, Isaïe, xv, 7, fait en effet passer les fugitifs de Moab au nahal hâ-Arâbim, le torrent des Saules, qui passait à l’extrémité de la terre de Moab, au sud, là où coulent les eaux de Youad'el-Iiasâ actuel. Cf. Nemrim. La rivière d ’el-Hasâ, dont' les eaux se divisent à la sortie des montagnes pour arroser le Ghôr Sdfieh et se jeter ensuite à la mer Morte après avoir traversé la Sebkhah, est la première après le Môdjeb, par le développement de son cours et par l’abondance de ses eaux. Elle est assez couramment, avons-nous dit, identifiée avec le Zared. Voir Zared (Torrent de). Les eaux de Youadi Nimrin, au nord, sont celles de Youadi Cha'ib qui descend de l’ancien pays de Galaad et a sa source près du Sait actuel. Après avoir arrosé le Ghôr, elle se déverse au Jourdain à peu de distance au-dessus du gué el-Ghoranîéh. La rivière de Youadi Kefrein, qui coule au sud de Youadi Nimrin, envoie également ses eaux à la mer Morte par le Jourdain. Une partie considérable de celles-ci lui vient de Youad es-ÿir. Cet aflluent prend naissance sous les ruines d ’e$-Sir, à l’est de celles de $ür, réputé l’ancien Jazer, en dehors du territoire de Moab. L’autre aflluent principal du nahar Kefrein est le nahar Hesbân. Il a son origine à la source appelée 'A in Jrlesbdn du nom de Hesbân, l’ancienne Hésébon, située à 5 kilomètres au sud-est. Voir Hésébon, t. ni, col. 660. Le nahar Hesbân parcourt prés de 30 kilomètres avant de se joindre au nahar Kefrein, 5 kilo- i mètres à l’ouest du Tell Rdméh. Tous deux, après avoir, arrosé soit seuls, soit ensemble, le Ghôr dans toute sa lurgueur, se jettent au Jourdain à 5 kilomètres en aval de leur point de jonction, au sud-est, et à 3 kilomètres en amont de l’embouchure du Jourdain. — Le camp dès Israélites, dans les Araboth de Moab, dressé entre Bethjésimoth ( Sûeiméh ) et Abelsatim (Kefrein), était parcouru par ces deux courants.

3Ü Eaux thermales. — En outre de ces eaux naturelles

et ordinaires, le pays de Moab possède encore de nombreuses sources thermales et minérales. On en connaît au sud du Môdjeb, dans les vallées el-Hammad et el-Hasa. Les plus connues des explorateurs modernes, au nord du Môdjeb sont celles de Youadi Zerqâ-Ma'în. Ces sources, au nombre d’une dizaine, jaillissent au fond d’un ravin abrupt, sauvage et presque inabordable de la rive droite du Zerqà au nord de Mekaûr, la Machéronte de l’histoire. Leurs eaux sont chargées de diverses substances minérales, surtout de soufre, et leur température s’élève jusqu’à 70° centigrades. Elles sont désignées aujourd’hui sous le nom de liammâm ez-Zcrqd, « les bains du Zerqà. » Ce sont certainement les sources thermales de la gorge profonde qui protège Machéronte au nord, dont parle Josèphe et appelées par lui Baaru ou Baaras. Bell.jud., VII, vi, 3. Ce nom est évidemment une transcription d’un des dérivés de Béer « puits, » et probablement le mot de forme araméenne Béerah ou Béerath. Au ive siècle, saint Jérôme traduisant Eusèbe, indique « Béelméon près de Baaru en Arabie, où les sources chaudes jaillissent spontanément du sol ». Onomasticon, édit. Larsow et Parthey, Berlin, 1862, p. 103. Voir Callirhoé, t. ii, col. 69-72. — Les sources de Sârah ne sont pas très éloignées de celles du Zerqà, mais elles en sont séparées par la vallée infranchissable du Zerqà et par des montagnes abruptes de grés et de basalte. Le nombre des sources de Sârah ne peut être facilement déterminé. Les nombreux ruisseaux qui en dérivent sortent souvent de fourrés inextricables, de hauts roseaux entremêlés de broussailles de toute espèce. Ces ruisseaux se divisent et se subdivisent en une multitude infinie de petits courants qui se croisent et s’entrecroisent, sillonnant le plateau dans tous les sens, et le couvrant en quelque sorte d’un réseau de canaux dont il est impossible de remonter au point d’origine pour les compter. Plusieurs de ces petits ruisseaux apparaissent seulement pendant l’hiver et tarissent l’été, laissant marquée d’un mince dépôt de sel, la ligne de leur parcours. Le nombre des sources permanentes peut être de douze ou quinze, dont cinq ou six sont plus importantes par leur débit. Deux d’entre elles, au sud du plateau, forment de petites rivières qui courent dans des ouadis peu profonds, au milieu d’arbustes divers. Leurs eaux ont près de 40° de température et paraissent mêlées de substances minérales. Deux autres sont particulièrement remarquables. La première sourd, au nord du plateau, au pied d’un rocher, dans une petite vallée qui forme la limite du territoire de Sârah. La température de l’eau à sa sortie est de 50°. Elle forme aussitôt un gros ruisseau qui court se perdre dans la mer Morte, 200 mètres plus loin. Sans autre goût qu’une très légère saveur saline trahissant peut-être une nature alcaline, ces eaux sont potables et j’en ai usé pendant quinze jours sans être aucunement incommodé. La seconde source se précipite en grondant d’un orifice profond qui s’ouvre sous une colline de basalte et de lave, vers l’extrémité nord-est du plateau. Elle n’est pas moins abondante que la première. La température de l’eau est de 60°. Les dépôts de matière d’un jaune rougeâtre, laissés par ces eaux le long de leur parcours, indiquent qu’elles sont chargées de substances minérales, dont le soufre parait, comme aux sources du Zerqa, être la plus considérable. Les eaux de Sârah ne nous paraissent pas différentes des bains de Callirhoé dont parle Josèphe, et célèbres dans l’histoire. Le vieil Hérode, se sentant pris de la maladie qui devait l’emporter, vint leur demander des forces qu’elles ne pouvaient lui rendre. Ant. jud., XVII, vi, 5 ; Bell, jud., 1, xxxm, 5. — Les anciens font allusion à d’autres sources autour de Bétharan ou de Bethjésimoth, qui jouissaient de vertus diverses ou qui, à cause de leur nature minérale, étaient estimées mauvaises ou peu potables. Voir Bethjésimoth, t. i, col. 1687. Cf. El-Muqaddassi, Géographie, édit. Goeje, Leyde, 1877,

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p. I8i. — Ces diverses eaux thermales de Moab, selon plusieurs interprètes, seraient désignées déjà, soit en général, soit en particulier, dans la Genèse, xxxvi, 24. où il est raconté qu’Ana, fils de Sébéon, « trouva les yêmîm au désert. » L’hypothèse, quoique contestable, a réuni un certain nombre de partisans. VoirAx'A, t I, col. 532-533. Celles de Sârah nous paraissent clairement indiquées dans le Sihor de la montagne de la vallée, sans toutefois qu’il soit tail allusion à leurnature et à leur usage. Il est cependant un passage de l’Écriture où il pourrait en être question à ce point de vue, c’est celui du psaume lix (hébreu lx), 10, répété Ps. cvii (cviii),10. Personnifiant le peuple de Dieu, le Psalmiste énumère diverses tribus d’Israël et plusieurs des nations voisines, en spécifiant le rôle de chacune par rapporta lui. Après avoir appelé Éphraïm le soutien de sa tète, Juda son législateur, et avant d’ajouter : « ma chaussure, mon pied, s’appuiera surÉdom, » il dit : « Moab est le vase où je me lave, » Môdb sir rdhsi, dans la Yulgat e, olla speimei. Selon toute apparence, le chantre sacré veut dire que le pays de Moab sert à Israël pour ses bains salutaires. La conduite d'Hérode indique suffisamment qu'ils îfétaient ni inconnus, ni méprisés des Israélites et des Juifs.

iv. climat ET productions. — 1° Climat. — Le pays de Moab, comme le pays de Galaad, ou comme la Judée prise sur le littoral méditerranéen, a deux climats distincts: celui de la région supérieure, et celui du Ghôr : le premier est un climat tempéré, l’autre un climat chaud. Pour l’un et l’autre, il y a deux saisons: la saison des pluies de l’hiver, de novembre à avril, et la saison sèche ou l’été, de mai à octobre. Les températures que l’on peut considérer comme extrêmes sont, pour la première zone élevée, — 3° centigrades et + 35°, et pour le Ghôr C° et + 50° ; ces températures sont très rares, pour le Ghôr surtout. La température la plus ordinaire de l’hiver est de + 8° à + 16° au plateau supérieur et de + 15° à 22° dans le Ghôr. Les écarts de plus de 8 degrés entre les minima et les maxima sont peu fréquents. La distribution des pluies ne s’opère pas avec une régularité absolue : elles sont plus ou moins précoces et cessent plus ou moins tôt, et elles peuvent être plus ou moins abon dantes. La quantité moyenne est de 60 centimètres. Environ deux années sur trois la neige descend sur le plateau qu’elle recouvre en entier, mais rarement deux fois dans un même hiver. Elle se maintient partois au delà d'une semaine, surtout dans la partie méridionale, dont l'altitude est plus considérable. Les vents de l’occident sont les plus constants. Les vents d’est soufflent plus fréquemment [en hiver et dans les mois intermédiaires de mars et d’avril, et de septembre à octobre. Brûlants pendant l’été, ils sont d’un froid vif pendant l’hiver. L’air des plateaux est sec et salubre. Quelques miasmes se développent dans le Ghôr, aux alentours de Sueiméh, où les eaux, abandonnées à elles-mêmes, forment des marais. Les Arabes du plateau et de la montagne descendent dans les diverses parties du Ghôr au commencement de la saison des pluies et l’abandonnent dès le mois de mai.

2 “Flore. — Favorisée par un climat identique à celui de la Judée, la flore de Moab n’est ni moins riche, ni moins variée. Ce sont, en général, les mêmes espèces, parmi lesquelles dominent les anémones, les coquelicots et diverses sortes de lins. Les chardons et les arbustes épineux abondent après les récoltes et pendant l’été. Les bords des fontaines et des rivières sont couverts de cresson et de menthe. Le senevé se développe dans le Ghôr et sur les rives du Jourdain. La truffe abonde dans la plaine de Médaba. Dans les terrains spéciaux des vallées qui bordent la mer Morte, les explorateurs ont trouvé plusieurs espèces de plantes inconnues à la Judée. Le retem, genêt à fleur blanche odorante (fig. 301), remplit les vallées comme les flancs des collines inférieures. Le 'oscher ou asclépiade se mêle partout au

retem dans le Ghôr et à Sârah. Dans les touffes d'oléandres ombrageant les rivières, on en remarque à fleur blanche. Le tamaris, les roseaux et les diverses espèces de saules qui croissent sur les rives du Jourdain se retrouvent près de la plupart des autres rivières. Le prophète Isaïe, xv, 6-7, d’après la Vulgate, signalerait ces derniers arbres dans les vallées les plus méridionales de Moab et la végétation abondante, en général, de la région de Nemrim. Le nom de 'Arô'êr donné à une ville bâtie sur le bord de l’Arnon et à une autre située plus au nord suppose la présence du genévrier dans leur voisinage. Quelques buissons de chêne et de térébinthes, de lentisques, de sumacs, épars sur les collines au nord de Hesbdn et de El'âl, attestent l’existence, au temps passé, de forêts

D'après une photographie de M. l’abbé Gélinet.

en cette région. Il y reste seulement maintenant un petit bosquet de pins rabougris et noueux. Tout le reste du plateau, tant au nord qu’au sud de l’Arnon, est complètement dépouillé de toute espèce d’arbres. On retrouve quelques chênes, quelques térébinthes et quelques caroubiers dans Tune ou l’autre des vallées qui aboutissent à Youacli Heiddn et qui sont au sud du Môdjeb. Le nom de 'Abel has-Sittim, porté par une ville des Araboth, indique la présence du sent ou d’acacias désignés par l’appellation de sittim. Cette espèce a disparu de l’endroit, mais on la retrouve à ïjiârah et en d’autres endroits. On voyait autrefois à Barou une plante, arbre ou arbuste, comparée par Josèphe à la rue et à laquelle il attribue des propriétés extraordinaires, entre autres celle de paraître semblable à une flamme pendant la nuit. Bell, jud., VII, vi, 3. Des explorateurs ont cru reconnaître cette espèce dans un grand retem qui croit au Hammam ez-Zerqâ et dont le tronc atteint jusqu’à 30 centimètres de diamètre, et l’arbre le développement d'un grand amandier; mais cette plante n’a rien de la ruo, ni les autres propriétés que lui attribue l’écrivain juif.

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