‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 31 sur 389 · Hélon ( Holûn ), Jer., xlviii, 21, ville du Misor · texte numérisé non relu

Hélon ( Holûn ), Jer., xlviii, 21, ville du Misor

identique probablement avec el-Lehûn, ruine située à 3 kilomètres à l’est de 'Arâ'er. Voir t. ni, col. 586.

20. Hésébon ( Hésbôn ). Num., xxi, 26-30, 35;xxxii,3, 37; Deut., i, 4; Jos., xm, 10; Is., xv, 4; xvi, 8, 9; Jer., xlviii, 2, 34; 45, etc. Aujourd’hui Hesbân, à 10 kilomètres au nord de Médaba. Elle fut la ville la plus importante de Moab septentrional et la capitale du royaume amorrhéen de Séhon. Voir t. iii, col. 657.

21. Jasa ou Jassa ( Ydhsdh ). Num., xxi, 23; Jos., xiii, 18; Is., xv, 4; Jer., xlviii, 34. Elle semble avoir été à la frontière sud-est; mais elle n’a pas été retrouvée. Voir t. iii, col. 1138.

22. Lésa (Lésa'). Gen., x, 19. Suivant le Targum de Jonathan, ’ce serait Callirhoé. Elle devait être dans le voisinage de Sdrah. Voir col. 187.

23. Matthana (Mattândh). Num., xxi, 18, 19. Comme la précédente elle était à l’est, sur la frontière du désert. Eusebe l’indique à 12 milles de Médaba, à l’est. Onomastic., p. 274. Or, à 18 kilomètres au sud-est, on trouve la ruine de Medeinéh, qui rappelle son nom. Voir col. 869.

24. Médaba ou Madaba (Mêdbâ’). Num., xxi, 30; Jos., xm, 16; Is., xv, 2. La ville la plus importante et la plus

! célèbre après Hésébon et Dibon. Son nom n’a pas 1 changé. Voir col. 902.

25. Mennith (Minuit). Jud., xi, 33. La situation que lui donne Eusèbe, à 4 milles d’Esbus, sur la route de Philadephie (‘ Amman), en fait une ville de Moab. Le Khirbet Beddih, situé à 6 kilomètres au nord de Hesbân , correspondu cette indication. Voir col. 970.

26. Méphaat (Mêfd'at). Jos., xiii, 18; Jer., xlvüi, 21. Son nom se trouve dans celui de Néf'a, ruine située à 12 kilomètres environ à l’est-nord-est de la précédente. Voir col. 978.

27. Nabo ou Nébo ( Nêbô ). Num., xxxii, 3, 38; Is., xv, 2; Jer., xlviii, 1. Elle était sans doute à la montagne du même nom. Le Targum d’ünkélos semble la faire identique à Sidghah. Num., xxxii. 3. Voir Nébo.

28. Nahaliel ( Nahâliêh ), Num., xxi, 19, était située entre Matthanah et Bamoth. Voir Nahaliel.

29. Nophé (Nôfah). Num., xxi, 30. La carte Portion of Eastern Palestine, levée par Conder et Mantell, Londres, 1881, indique un Ndiféh à 3 kilomètres et demi à l’est-sud-est de Ma in, mais l’indication est contestable. Voir Nophé.

30. Oronaïm (Hôrônaim). Is., xv, 5; Jer., xlviii, 3, 5. Elle n’a pas été retrouvée. Voir Oronaïm.

31. Qiriat Hussôt. Vulgate : « la ville à l’extrémité des confins du royaume, » où Balac vint avec Balaarn. Num., xxii, 39. Son site est inconnu. T. iii, col. 272.

32. Sabama ou Sabam (Sibmdh). Jos., xm, 19; Is., xvi, 9; Jer., xlviii, 32. Est célèbre par ses vignobles. A 6 kilomètres au nord-ouest de Hesbân, on montre une ruine dont le nom Sdnab pourrait être une corruption de Sabama. Voir Sabama.

33. Sarathasar (Seret has-Sahar). Jos., xm, 19. Son nom existe dans celui de Sdrah. C’est la Callirhoé de Josèphe. Voir Sarathasar.

c) Diverses autres villes. — La ville de « Béthanie au delà du Jourdain »,ouBethabara,où Jean-Baptiste résida, Joa., i, 28; x, 40, doit être placée dans Moab septentrional et la plaine de la vallée du Jourdain. Cf. t. i, col. 1647-1650, 1164-1165. Josèphe mentionne encore plusieurs villes qui ne sont pas nommées dans l’Écriture. Les noms de plusieurs d’entre elles ont été rendus méconnaissables, mais plusieurs autres sont certaines: telles sont Samega, Lemba et Mâché, ronte. La première parait identique avec la ruine appelée es-Samik que l’on trouve à 5 kilomètres à l’est de Hesbân. Lemba, peut-être pour Lebba, se reconnaît dans le nom de Libb porté par une ruine qui couvre le sommet d’une large colline située à 13 kilomètres au sud de Médaba, sur la route de l'Arnon. Machéronte, aujourd’hui Mekaùr

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(fig. 302, col. 1173), est une ruine située entre le Môdjeb et le Zerqd-Ma'in, et distante, au sud-ouest, de 11 kilomètres de ’Atdrûs et de 25 de Médaba. Cette ville est célèbre par la mort du Précurseur et la résistance acharnée qu'elle opposa aux Romains.

Prophétisant les malheurs de Moab, Jérémie lui annonçait que la dévastation passerait par toutes ses villes et qu’aucune n’y échapperait, xlviii, 8. La prophétie s’est réalisée à la lettre. La seule ville qui pendant ces derniers siècles semble avoir conservé d’une manière à peu près constante une petite population, le Kérak, malgré la force de sa situation a été plusieurs fois prise et dévastée; elle ressemblait d’ailleurs, à cause du caractère sauvage de ses habitants seminomades, plutôt à un repaire de bandits qu’à une ville. Toutes les autres, nulle exceptée, ont été ruinées et sont demeurées des monceaux de décombres. Depuis trente ans seulement, Médaba a commencé à se relever, et quelques paysans, établis au milieu des ruines de Râméh et de Djelûd, ou, au sud du Môdjeb, à Môtéli, à el-Khanziréh, à Qatrabbéh, à Mezra' et à Dera', en ont formé de tout petits villages, pauvres et misérables. Ce sont à peu près toutes les localités habitées actuellement; les autres restent la demeure des bêtes du désert et des reptiles.

vi. monuments et débris. — Dans plusieurs des principales villes anciennes de Moab, à Hésébon, à Médaba, à Rabbah, à Chihân, au Kérak, il n’est pas rare de rencontrer des colonnes entières ou en tronçons, des chapiteaux d'ordres divers, des pierres avec moulures, des inscriptions, des pavés en mosaïque aux dessins les plus variés et les plus artistiques. Dans ce dernier genre, la mosaïque-carte de Médaba représentant la Terre Promise avec le pays de Moab et les alentours est le plus curieux. Ces débris ont appartenu les uns à des demeures particulières, les autres à des édifices publics, portiques ou colonnades, temples, basiliques et églises. La plupart sont l’œuvre des habitants de race gréco-romaine qui depuis l’invasion des Macédoniens se sont, à diverses époques, répandus dans le pays de Moab. Plusieurs d’entre ces restes, mais dont il n’est pas facile de discerner l'origine, sont dus sans doute soit aux Arabes Nabuthéens, Ghassanides, Sassanides ou autres, qui depuis l’affaiblissement de la race moabile ont envahi peu à peu tout le pays, soit aux Juifs de l’époque asmonéenne ou hérodienne, soit quelques-uns aux Moabites eux-mêmes de l’époque ancienne.

— Les œuvres qu’il faut faire remonter à ceux-ci sont certainement cette multitude de citernes entièrement creusées dans le roc et dont toutes les villes de Moab étaient abondamment pourvues; et probablement les piscines les plus antiques, comme celles d’IIésébon, de Dibân, de Kérak. L’inscription de la pierre de Dibûn signale plusieurs travaux utilitaires de ce genre exécutés par les ordres du roi Mésa. Cette dernière ville avait aussi un palais royal et un Qarhah où fut dressée la stèle aujourd’hui au Louvre, dont l’inscription fait le récit de ces travaux. S’agit-il d'un temple et les villes j de Moab en possédaient-elles? C’est douteux. Le nom parait plutôt désigner une terrasse, une plate-forme à ciel ouvert, entourée vraisemblablement d’une muraille. I Les édifices sacrés des peuples primitifs étaient le plus souvent des enceintes de pierres brutes ordinairement rangées en cercle, des stèles informes étaient leurs statues, et des blocs grossièrement taillés et disposés en table leur servaient d’autels. Ce sont des monuments de cette sorte qui sont indiqués au livre des Nombres, xxit, 41, et xxm, où il est raconté comment Ralac, sur la demande de Balaam, fit élever sept autels pour y immoler des victimes. On en retrouve d’innombrables à travers I tout le pays de Moab, mais spécialement aux alentours | du mont Nébo, précisément là où devaient se trouver ! les hauts lieux (bdmôt) de Baal et où le roi de Moab con- |

duisit Balaam pour lui faire maudire Israël. Lin grand nombre d’autres se voient encore sur les premières collines aux abords du Ghôr, à l’est de Râméh et de Kefrein, là même où les filles de Madian et de Moab invitaient les Israélites au culte impur de Béelphégor. Nurn., xxv. Sans doute Variel ou l’autel mentionné par l’inscription de Dibân, le Qarhah, et la stèle elle-même étaient des ouvrages moins imparfaits, mais c’était là probablement des exceptions. Les œuvres d’art et d’architecture ne durent pas être nombreuses en Moab : sa population, même celle de ses villes, était essentiellement vouée aux travaux de la vie agricole et pastorale et ne formait pas un peuple d’artistes.

vu. cuateaux et camps fortifiés. — Un genre de constructions, non pas exclusif au pays de Moab, mais qui s’y rencontre plus nombreux et plus remarquable que partout ailleurs, est celui du Qa?r, appelé encore QaVah. Ces «châteaux » sont d’immenses casernes fortifiées, ou plutôt ce sont des villes militaires, occupant souvent plus d’espace qu’une ville antique, avec des rues, des places, des magasins, des édifices publics, et munies de remparts et de tours. On les rencontre fréquemment dans l’intérieur du pays, mais surtout sur la frontière du désert où ils formaient un système serré de défense, pour protéger le pays contre l’invasion des nomades. Ceux de Zizd, de Belqâ, de Balûa, de Qatrannéli, de Qarahù, d'et-Tamrd, d’el-Khddem, et une multitude d’autres, sont connus. Plusieurs se font remarquer par la force et la beauté de leurs murailles. Celui de Amra, assez avancé dans le désert, est orné de peintures à fresque; celui de Mechitta se laisait admirer par sa façade, depuis peu transportée tout entière à Berlin, et recouverte de ciselures d’une incomparable finesse. Cf. Aloïs Musil, Kûsejr 'Amra und andere Schlôsser ôstlich von Moab, in-8°, Vienne, 1902., Le plus grand nombre de ces châteaux paraissent construits par les Arabes, à diverses époques. Quelquesuns, comme celui d’el-Ledjjûn, accusent manifestement le travail des Romains. Eusèbe et saint Jérôme font d’ailleurs mention de çpovpta (TipauioTixâ, præsidia militum romanorum, établis de toute part, sur les deux côtés de l’Arnon, et spécialement de ceux de Mephaat et de Ségor ou Zoara. Onomaslic., p. 62, 63, 94, 95, 288, 289. La forteresse de Araq el-Emir, près de Sûr (Tyr), au nord de Hesbân, fut fondée par Hyrcan, fils de Joseph. Ant. jud., XII, iv, 11. Le château de Machéronte, relevé par les Asmonéens, remontait, semble-t-il, à une époque bien plus reculée. Cf. Ant. jud., XIV, v, 2-4; XIV, vi, 6. Comme celui de Mephaath, il avait sans doute succédé à quelqu’une des anciennes villes fortifiées de Moab. Ces « villes fortifiées », 'ârê liam-mibçàr, opposées aux qidrôt -fôn, « parcs des troupeaux, » Num., xxxii, 16-17, ou villes ouvertes de la campagne, qu’étaient-elles d’ailleurs, sinon des camps retranchés ou des châteaux?

viii. routes. — Toutes les villes et localités de Moab étaient reliées par des voies publiques de communication. Moïse, demandant au roi Séhon, maître alors de Moab septentrional, de pouvoir passer sur son territoire pour se rendre avec les Israélites à la terre de Chanaan, lui disait par ses ambassadeurs : « Je vous en prie, laissez-moi passer par votre pays. Nous ne passerons ni par vos champs ni par vos vignes...; nous suivrons la route royale ( dérék ham-niélek), jusqu’à ce que nous soyons hors de votre territoire. » Num., xxi, 22. La route royale était, selon toute apparence, un espace de terrain réservé pour le passage, large de 4 à 5 mètres, bordé de pierres des deux côtés et considéré comme propriété personnelle du roi, pour que personne n’eùt l’audace de couper les chemins et de les annexer à ses champs. Les chemins de cette nature que l’on voit dans le même pays sont désignés comme autrefois du titre de « routes du roi », tarlq ou derb es-Sultdn. Les princes obligeaient leurs prisonniers de guerre, par-

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fois peut-être leurs sujets, à aplanir et à régulariser les endroits escarpés ou difficiles. Le roi Mésa qui avait amélioré ainsi le passage de l’Arnon, dans l’inscription de sa stèle, lig. 26, écrit avec fierté ces paroles : « C’est moi qui ai fait le chemin de l’Arnon. » Le pays de Moab est ainsi un des premiers qui eut ce qu’on appelle aujourd’hui des routes classées et une sorte d’administration des chemins. — Les Romains, aménagèrent ces voies à leur usage, en les pavant aux endroits les plus scabreux et en les marquant de pierres milliaires sur lesquelles ils en attribuèrent l’établissement à leurs empereurs. La principale voie ancienne de ce genre traverse le pays dans toute sa longueur, du nord au sud, et passe par el-'Al, Hesbân, Mddabd, Dibdn et Rabbali. Au Kérak elle bifurque et un embranchement se dirige vers Tafiléh par Qatrabbéh, ' Eraq, el-Khan- ■ziréh et Derâdjéh ; au centre, le second prend la direction du sud-est par Môtéh, Dja'far, Rat-Rds et Ainéh. Diverses ramifications se séparent de la voie principale et vont vers l'est ou vers l’ouest. Une d’elles, partant de Mddaba, descend près du Nébo, gagne Tell er-Ràméh pour atteindre le Jourdain près du gué el-Ghoraniéh : c’est la roule ordinaire de la Judée. Une seconde se sépare de la grande voie au sud du Môdjeb, descend par Vouadi bêni-Hammad, suit le Ghôr el-Lisân, puis, après avoir côtoyé la mer Morte, se rend au Ghôr es- Sâfïéli pour gagner, par V'Ardbah, le golfe d "Aqàbah. Cf. Germer-Durand, La voie romaine de Pêtra à Madaba, dans la Revue biblique, t, VI, 1887, p. 574- 572; Ici. , Épigraphie palestinienne, ibid., 1896, p. 601- G17.

x. habitants. — 1° Habitants primitifs. — Fertile, salubre et varié dans son climat, le territoire de Moab pouvait entretenir une population nombreuse et dans les meilleures conditions de bien-être. Les ruines pressées dont il est recouvert témoignent assez qu’aux temps anciens la densité de sa population n’était pas inférieure à celle du pays d’Israël. Si l’on estime celle-ci à 8 millions d’àmes, la population totale de Moab, qui devait être au moins égale à la sixième partie d’Israël, peut être estimée à 1 million 300000 âmes, ou 650 000 âmes pour chacune des deux grandes divisions du pays. — A l’origine la contrée qui devait être celle de Moab avait été occupée par un peuple de race pareille à celle des Raphaïm et des Énacim. Les Moabites les appelèrent les Émim. Deut., n, 10-11; cf. Gen., xiv, 5. Voir Émim, t. ii, col. 1732; Énacim, ibid., col. 1766, et Rephaim. — Les Égyptiens semblent avoir rangé les pays ou s’établit Moab parmi les contrées habitées ou parcourues par les Schaousou ou Schôs. Ce nom qui a quelque apparence de similitude avec celui de Zùz, Zûzim, employé par les Ammonites pour désigner la race habitant les contrées à l’est du Jourdain et de la mer Morte, Gen., xiv, 5; Deut., n, 10-1 1 ; aurait-il quelque autre relation avec celui-ci? on ne saurait le dire. Ce qui est certain, c’est qu’il était donné aux nomades de ces régions, représentés par les Bédouins actuels. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, t. n, p. 54, note 3. S’il est difficile de déterminer à quelle souche appartenaient les Émim ou les Zuzim, les Schaousou ont tous les caractères des Sémites.

2° Moabites. — Les Schaousou avaient peut-être pris pied déjà dans le pays à côté des Emim quand naquit Moab. La famille du fils de Lot se développa au milieu d’eux et finit par les supplanter, probablement en les dispersant par la guerre, peut-être en s’assimilant quelques-uns de leurs débris. La couleur arabe de la langue moabite, constatée dans l’inscription de la stèle de Mésa, semblerait justifier cette dernière hypothèse. Toutefois, la nature essentiellement hébraïque de cette langue confirme le récit de la Bible sur l’origine commune de la race du pays de Moab et de la race israélite. Voir Moabites.

3° Amorrhéens. — Au retour de la famille de Jacob de l’Égypte, les descendants de Moab, après avoir occupé tout le pays auquel ils donnèrent leur nom, avaient été refoulés au delà de i'Arnon par un rameau de la souche des Amorrhéens qui avait pris possession de toute la région au nord de cette rivière. Voir Amorrhéens, t. i, col. 504. Plusieurs interprètes croient avoir reconnu un reste de cette race dans la famille de Jambri, appelée « fils d’Amori » dans les Septante,

I Mach., ix, 37, et qui étaient établis à Médaba à l’époque des Machabées. Voir Jambri, t. ni, col. 1115. Ce nom n’indiquerait-il pas plutôt déjà la présence à cet endroit de l'élément arabe? Le nom de 'Amr, ’Amrù, ou Omar, est très fréquent dans les familles de cette race.

4° Madianites. — Aux côtés du roi Balac réclamant l’intervention de Balaarn, on voit des Madianites avec leurs princes. Nurn., xxn, 4, 7. Peu après, on les. trouve, simultanément avec les Moabites et avec leurs; femmes et leurs filles dans le territoire qui sera concédé par Moïse aux Rubénites et aux Gadites, aux alentours du mont Nébo et sur la lisière de la vallée du Jourdain. Nurn., xxv. Pour les châtier de leurs procédés de corruption à l’égard d’Israël, Moïse leva contre eux un corps d’armée et les poursuivit jusqu’à extermination. Les Israélites ne paraissent pas s’être éloignés beaucoup de leur camp. Num., xxxi, 1-18. Le territoire occupé par les princes de Madian semble avoir été dans le royaume même de Séhon. Sûr, le nom de l’un d’eux est aussi celui d’une localité située à quelques kilomètres seulement au nord-ouest de Hesbân, et celui de Reqém (Vulgate : Récem), compagnon du précédent, se retrouvait encore au Xe siècle dans le nom d ’er-Raqeim, village indiqué par le géographe arabe el Muqadassi (édit. Goeje, p. 175), à un parasange (environ 7 kilomètres) de 'Amman, sur la frontière du désert. Cf. Jos., xm, 21. ün trouve encore des Madianites battus dans la terre de Moab par le roi d’Edoin, Adad, qui régna avant que les Israélites n’eussent des rois. Gen., xxxvi, 35;. I Par., i, 46. Une ruine du nom de Madian, située au au sud de l’Arnon et non loin d’Aréopolis, attestait encore au IVe siècle, au témoignage d’Eusèbe et de saint Jérôme, l’antique séjour de cette race en cet endroit.. Onomasticon, au mot Madian, p. 274, 275. Voir Madianites, col. 534.

5° Israélites. — Moïse s’étant emparé sur les Amorrhéens de toute la région au nord de I’Arnon qui avait été à Moab, en concéda tout le haut plateau et toute la région accidentée, avec Bethjésimoth, à la tribu de Ruben, et à la tribu de Gad les Arabolh de Moab. Ces deux tribus achevèrent d’occuper ce territoire après la conquête de la terre de Chanaan. Num., xxi, 25-31;: xxxn, 33-38 ; Jos., xm, 8-15, 21-29. Les Gadites paraissent avoir occupé encore la ville de Dibon, appelée de leur nom Dibon-Gad, et le territoire des alentours, compris entre Vouadi Ouâléh actuel et le Môdjeb ou I’Arnon. Cf. Nurn., xxxii, 34; xxxm, 45, et 1 inscription de la stèle de Diban. — Les Israélites occupèrent la région du nord jusqu’après la mort d’Achab. Le roi Mésa, en y ramenant son peuple, ne les extermina pas entièrement et on les retrouve nombreux sous le règne de Jéroboam II. A celle époque, le nombre total des guerriers israélites d’élite de la Transjordane, exercés au combat et munis de toutes les armes nécessaires, était de 44 760, I Par., v, 18, ce qui indique un chiffre d’environ 15 000 pour la partie du pays de Moab occupée par eux. Cette portion formait alors à peu près le tiers du territoire oriental d’Israël. Cf. I Par., v, 8; IV Reg., x, 33, xiv, 25, et la stèle de Mésa. Le pays septentrional de Moab, dépeuplé par la déportation des Israélites au | temps de Téglathphalasar, roi d’Assyrie, I Par., v, 26, fut. réoccupé par les Moabites. Cf. Is. , xv-xvi, et .1er., xlviii.

6° A rabes. — Tandis que les Moabites étaient affaiblis | par les Assyriens, les Chaldéens, les Grecs et les Ro-

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mains, leur territoire, serré de toutes parts par les tribus arabes, était complètement envahi par cet élément, dans lequel eux-mêmes devaient finir par disparaître. Ilyrean, fils de Joseph et neveu du grand-prêtre Onias. quand il vint s’établir à Tyr (Sûr) sur la frontière de Moab, trouvait déjà toute la région d’Ilésébon, c’est-àdire toute la partie septentrionale de Moab, occupée par les Arabes. Jos., Ant.jud., XIV, iv, 9. — Le nom d’Arabie, donné communément depuis cette époque à tout le pays de Moab, indique la prédominance de l’élément arabe. Le plus illustre des groupes arabes qui l’habitèrent fut celui des Nabuthévens. Jean Machabée venait leur demander du secours quand il fut assassiné par les fils de Jambri, près de Madaba. I Mach., ix, 31-37. Voir Nabutiiéens. Line inscription tumulaire découverte en cette dernière ville et écrite dans la langue et avec les caractères propres à cette nation, montre les Nabuthéens, au Ier siècle de l’ère chrétienne, établis dans tout le pays de Moab. Voir Médaba, col. 902.

7° Juifs. — Les succès de Jean Hyrcan et plus tard ceux d'Alexandre Jannée permirent aux Juifs d’établir des colonies dans un grand nombre de localités de la région au nord de l’Arnon. Jos., Ant. jud., XIII, ix, 1; Bell, jud., I, ii, 6. Elles y persistèrent jusqu’à la fin de la guerre de Judée, et c’est là que nous verrons les Romains poursuivre les Juifs des derniers coups de leur fureur (70 ap. J.-C.).

8° Colonies diverses. — Les colonies gréco-romaines qui se fondèrent depuis la ruine de Jérusalem, tant au sud qu’au nord de l’Arnon, dans les principales villes, furent supplantées au vne siècle par des colonies arabes musulmanes, venues du Yémen. Les quelques familles franques qui s’y portèrent au xne siècle, ne firent qu’y apparaître. Voir Kir Moab, t. m, col. 1906. Depuis, si l'on excepte quelques familles de marchands syriens, celles des employés des gouvernements égyptien et turc qui se sont supplantés sur ce sol, la population a été composée exclusivement d’Arabes bédouins, vivant sous la tente, groupés en tribus et en familles. La plupart ont la prétention, difficile à justifier, de descendre des anciens habitants. — Le nombre total de la population actuelle, en permanence dans l’ancien pays de Moab, peut s’élever à près de 10 000 âmes.

III. Histoire. — Ir« période : depuis l’origine jusqu’aux INVASIONS ASSYRIENNES. — I. LES ORIGINES. — La contrée qui allait devenir le pays de Moab apparaît au principe, avec tous les pays des alentours, assujettie à la domination ou à la suzeraineté de Chodorlahomor, roi d’Elam et des princes de l’Asie centrale. « Pendant douze années, raconte l’auteur de la Genèse [les rois de Sodome, de Gomorrhe, d’Adama, de Seboïm et de Bala qui est Ségor] demeurèrent soumis à Chodorlahomor et la treizième année, iis se révoltèrent. La quatorzième année, Chodorlahomor vint avec les rois qui étaient avec lui [Amraphel, roi de Sennaar, Arioch, roi d’Ellasar, et Thadal, roi de GoïmJ. lis battirent les Raphaïm à Astaroth-Carnaïm avec les Zuzirn, et les Érnim à Savé-Cariathaïm, » c’est-à-dire dans les plaines du pays de Moab que ces derniers occupaient. Gen., xiv, 1-5. Les Êmim partagèrent le sort de leurs voisins, parce qu’ils avaient parlicipé à leur rébellion. Les rois de la Pentapole furent battus à leur tour, leurs villes pillées et leurs habitants traînés en captivité, Parmi les captifs se trouvait Lot, père de Moab. Gen., xiv, 12. Délivré par Abraham, Lot revint à Sodome, d’où les anges le tirèrent pour le faire échapper à la catastrophe qui allait surprendre cette ville coupable. Lot, avec ses deux filles, gagna Ségor, qui faisait partie du pays de Moab; il alla habiter ensuite les montagnes voisines. C’est là que naquit Moab, qui devait donner son nom au pays et être la souche de sa population. Gen., xix. 29-37. — Tandis que la famille de Jacob grandissait en Égypte, les fils de Moab se multipliaient

également dans le pays de naissance de leur père et devenaient assez nombreux et assez forts pour en faire disparaître les Émim et l’occuper complètement à leur place. Deut., n, 9-10, 19-20.

II. CONQUÊTE DE MOAB SEPTENTRIONAL PAR LES amorrhéens, puis PAR les Israélites. — Cependant vers l’époque de la sortie d’Égypte (1493) et pendant que les Israélites parcouraient les déserts de la péninsule sinaïtique, l’Amorrhéen Séhon, à la tête d’une armée, réussit à s’emparer de toute la région habitée par les fils de Moab au nord de l’Arnon et à les refouler au delà de cette rivière. Il fit d’Hésébon la capitale de son royaume. Num., xxi, 26-30. Voir HÉsÉBON,t. m, col. 657- 663. Les quarante années que les Israélites devaient passer au désert étant près de finir, Moïse, dont le dessein était de pénétrer dans la Terre Promise par l'est, envoya de Cadès au roi de Moab des ambassadeurs chargés de lui demander l’autorisation de passer sur son territoire. Le passage par là était plus court et il était plus facile de s’y procurer de l’eau dans les rivières des vallées qui parcourent le pays. Le roi de Moab, qui probablement était déjà Balac, refusa. Le Seigneur dit alors à Moïse : « N’attaque pas Moab et n’engage pas le combat avec lui : je ne te donnerai rien de sa terre en possession, car j’ai donné Ar en héritage aux fils de Lot. » Deut., n, 9; Jud., xi, 18. Les Israélites ne voulurent pas forcer le passage, contournèrent le pays et se dirigèrent, par le désert de l’est, vers la frontière du royaume de Séhon. Arrivés au sud-est, vers l’origine des vallées de l’Arnon, Moïse fit faire au roi d’Hésébon la même demande qu’il avait faite à son voisin, le roi de Moab. Non seulement l’Amorrhéen refusa d’accéder à la proposition, mais il se porta aussitôt à la frontière, non dans le dessein d’en empêcher le passage, mais pour prendre l'offensive, repousser les Hébreux et les disperser. La bataille eut lieu à Jasa. Séhon fut vaincu et tué et les Amorrhéens furent complètement exterminés; toutes les villes et le territoire au nord de l’Arnon passèrent aux mains des Israélites (1453). Num., xxi, 21-31; Deut., n, 26-36.

iii. le ROI balac. — Le pays de Moab, à l’arrivée d. s Israélites, était gouverné par des rois. Le premier nommé est Séphor. Num., xn, 2, 10. Son fils Balac régnait quand Moïse s’empara sur les Amorrhéens du pays au nord de l’Arnon. Épouvanté par les succès des Israélites, le roi de Moab appela près de lui les chefs madianites qui se trouvaient dans la région : « Cette masse, leur disait-il, va tout dévorer autour de nous, comme le bœuf dévore l’herbe des champs. » Num., xxn, 4. Il semble avoir profité de leur présence et de ce que les Israélites étaient absorbés à la poursuite du roi Oget à la conquête de Basan pour franchir l’Arnon et occuper la partie de la montagne située entre cette rivière et le mont Nébo. Il s’y trouvait avec les princes de Madian quand les Israélites établirent leur camp dans la vallée du Jourdain, à l’est, en face de Jéricho. Comprenant qu’il ne pouvait attaquer une armée qui venait de défaire deux rois puissants, ni défendre contre elle son territoire dans le cas où elle en voudrait tenter la conquête, ce qu’il redoutait avec son peuple, il se décida, sur le conseil, semble-t-il, des Madianites à recourir aux sortilèges et aux moyens extra-naturels. Il appela Balaam, dont le nom était célèbre au loin, pour maudire Israël. On sait comment le Seigneur obligea au contraire le devin à bénir son peuple. Num., xxn-xxiv. Cf. Balaam, t. i, col. 1396-1398. Balac voulait à tout prix trouver le moyen d’affaiblir Israël, pour l’empêcher de lui nuire. Balaam lui conseilla d’user de la corruption et de la perversion. Les Madianites prêtèrent leur infâme concours aux Moabites. La sévérité de Moïse, le zèle de Phinées et l’intervention divine triomphèrent de la tentative. Num., xxv; xxxi, 1-18; Deut., iv, 3; Jos., xxii, 17. Balac d'ailleurs n’avait pas attendu le résultat du coin-

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plot pour repasser l’Arnon et laisser aux Israélites la tranquille possession de la région septentrionale. Voir Balac, t. i, col. 1399. Cependant, en châtiment de la conduite de Balac et de son peuple qui avaient appelé Balaam pour maudire Israël et lui nuire et aussi de leur dureté quand ils refusèrent de fournir des vivres et de l’eau aux Israélites et de les laisser passer sur leur territoire, Moïse défendit au peuple de Dieu d’accueillir jamais comme un de ses membres aucun Moabite. Deut., xxm, 3; cf. II Esd., xm, 1-2.

iv. le roi ÉGLON. — Ce prince, après la mort d’Othoniel (1361), neveu de Caleb, qui avait fait respecter Israël de ses voisins, forma le dessein de l’assujettir à Moab. Ne se sentant pas assez fort pour réaliser son projet, il demanda l’aide des Ammonites et des Amalécites. Les Israélites, tombés alors dans l’idolâtrie, étaient sans énergie, divisés et abandonnés de Dieu. Après avoir soumis d’abord, comme il était nécessaire, les tribus de Ruben et de Cad, Églon passa le Jourdain et avec le concours de ses alliés, se rendit maître de Jéricho, « la ville des Palmiers. » Il avait là un palais où il résidait et venait recevoir le tribut imposé aux vaincus. Pendant dix-huit ans les Moabites maintinrent les Israélites sous le joug. Aod, de la tribu de Benjamin, à laquelle appartenait le territoire de Jéricho, résolut de délivrer son pays de la servitude étrangère. Délégué par ses compatriotes pour porter le tribut à Eglon, il lui enfonça dans le liane le poignard qu’il avait préparé à cette fin. Sonnant alors de la trompette, il rallia autour de lui les Israélites qui accoururent des montagnes d’Ephraïm, et il alla avec eux occuper tous les gués du Jourdain par où les Moabites devaient passer pour retourner à leur pays. Ils ne se présentèrent que pour tomber sous les coups d’Aod et de ses compagnons. Près de dix mille périrent ainsi et la puissance de Moab dut se renfermer de nouveau derrière la frontière de l’Arnon (1343). Jud., iii, 11-30.

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