IV
DICT. DE Li BIBLE,
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d’une campagne unie, parsemée de quelques tertres. Le terrain noirâtre est formé d’une argile iine, qui se détrempe facilement sous l’action des pluies; d'une grande fertilité, il offre tantôt d’interminables champs de blé, tantôt de vastes espaces recouverts de grandes herbes. Voir Esdrelon, t. n, col. 1945.
La plaine côtière commence au nord par celle qui avoisine la ville de Tyr. Large en moyenne de deux kilomètres, elle est bientôt fermée par les rochers qui forment le Rds el-Abiad ou « Cap Blanc » et le Râs en-Naqûrah. La route qui passe à ce dernier endroita été bien nommée autrefois Scala Tyriorum, «l’Échelle des Tyriens; » ce n’est, en effet, qu’une suite de marches taillées dans le roc. A partir de ce point, la plaine s’élargit à 6 kilomètres, parfois un peu plus, et, sur une longueur d’environ 8 lieues, descend vers le Carmel, où elle rencontre une nouvelle barrière. Cette plaitie de Saint-Jean d’Acre, dans laquelle débouche, au sud-est, celle d’Esdrelon, est ainsi resserrée entre les montagnes et la mer; elle est fertile et bien cultivée, avec d’immenses champs de blé, de tabac et de coton. Le sol est tantôt argileux, tantôt formé par un terrain noirâtre semblable à celui du Delta égyptien; près du rivage cependant, il est souvent inculte et sablonneux. La plaine côtière reprend au-dessous de la pointe du Carmel avec une largeur d’à peine 200 mètres; puis elle s’élargit bientôt : à Athlit, elle a plus de 3 kilomètres et elle se continue ainsi par Tantûrali jusqu’à l’embouchure du Nahr ez-Zerqa, où elle est barrée par un petit éperon bas du Carmel, El-Khaschm. Là commence, à proprement parler, la plaine de Saron , Is., xxxv, 2, large de 13 kilomètres à Qaisariyéh, et d’une vingtaine autour de Jaffa. Sa pente, coupée de quelques buttes, remonte doucement vers la montagne jusqu’à une altitude de 60 mètres. Elle est, par endroits, bien cultivée; ce ne sont, en dehors des jardins qui entourent les villes et les villages, que champs de blé, de courges et de concombres. Ôn sait comment Jaffa est entourée, dans un rayon de plusieurs kilomètres, d’une ceinture verdoyante, qui en fait une admirable oasis, un vrai jardin des Iiespérides. Le sol est recouvert, à la surface, d’une légère couche de sable fin, qui cache un humus excellent et très profond. Cette arène rougeâtre est extrêmement fertile quand l’eau du ciel vient la féconder. Au-dessous de Jaffa, la plaine continue sous le nom de Séphélali, hébreu : has-sefêlâh, « le pays bas, » le lowland. Parsemée de légers mamelons, elle est comme le prolongement du Delta égyptien, à part les canaux ; on y voit les mêmes villages, cachés dans un fourré d'arbres, avec des maisons bâties en pisé ou en briques simplement séchées au soleil. C’est cette région qui faisait tout à la fois la richesse et l’orgueil des Philistins.
Au sud, se trouvent encore de grandes plaines, comme le Sahel Umm Butéîn et le Sahel Far' a. Rir es-Séba ‘ occupe le coin occidental de la première, large surface ondulée, semblable au bassin desséché d’un ancien lac, et coupée en différents sens par de nombreux ouadis. Le terrain serait fertile, s’il était bien arrosé; au printemps seulement, on aperçoit de nombreux troupeaux de chèvres et de moutons, des bandes de chameaux qui viennent pâturer dans ces steppes une maigre végétation. Nous sommes ici à la même altitude que dans les premières plaines du massif samaritain, 200 à 240 mètres et plus loin, à Khirbet el-Milh, au sud du Sahel el- Far a, à 369 mètres. Les collines qui bordent ces vallées vers le nord dessinent les limites qui séparent les populations sédentaires des nomades ou Bédouins.
T^a vallée du Jourdain, dont nous avons déjà indiqué le trait saillant, commence au nord par 1 eMerdj Ayûn, ou « plaine des sources », qui doit son nom à des sources formant des ruisseaux bordés çà et là de saules, de peupliers et de mûriers. Vient ensuite la dépression
qui porte le nom de ardh el-Hûléh, et qui s’étend depuis Tell el-Qadi jusque vers le Djisr Benât Ya'qûb. Elle n’est guère qu’un immense marais, et elle se creuse au sud pour former le lac Hûléh. Cependant entre celui-ci et les montagnes occidentales, un terrain assez vaste est propre à la culture; des champs de blé et des pâturages sont séparés par de grands espaces laissés en friche, couverts de roseaux et de carex. Au-dessous, la vallée se rétrécit tellement qu’elle n’est plus qu’un étroit canal qui livre passage aux eaux du Jourdain jusqu’au lac de Tibériade. Au bord septentrional de celui-ci se trouve la plaine d ’El-Batihah, et, sur le bord occidental, celle d ’El-Ghûéir, « le petit Ghôr, » autrefois appelée de Gennésar, large de 3 kilomètres, et longue de plus d’une lieue. Voir Génésareth (Terre de), t. iii, col. 174. Au sud du lac, la vallée devient large de près de6 kilomètres et prend le nom d ’El-Ghôr, « terre basse, crevasse, » qu’elle garde jusqu’à la mer Morte. Après s’être rétrécie avant d’arriver à Béisân, elle s’ouvre aux environs de cette ville jusqu’à 13 kilomètres; mais, en avançant vers le midi, elle se rétrécit de nouveau et est réduite à 3 kilomètres. En se rapprochant de la mer Morte, elle s’élargit et finit par atteindre de 19 à 23 kilomètres. Elle se développe ainsi comme une plaine extrêmement allongée, déprimée vers son centre, où serpente le lit tortueux du Jourdain. Le ileuve, en effet, l’a creusée au point d’y créer des étages successifs. Au delà du fourré verdoyant qui le borde des deux côtés d’une manière presque ininterrompue, règne une bande de terre généralement étroite et naturellement très fertile, composée d’un terrain limoneux, que baignent les grandes crues et qu’enserre une chaîne plus ou moins élevée de mamelons blanchâtres. Ces mamelons, couverts d’arbustes salifères, sont coupés, de distance en distance, par les lits de nombreux ouadis, qui descendent des montagnes latérales. Au delà de cette ligne, la vallée se relève graduellement jusqu’à ce qu’elle atteigne le pied des deux chaînes parallèles, entre lesquelles elle s’étend. Il résulte de cette configuration que, à l'exception d’une bande assez étroite de terre fécondée par les eaux du fleuve, elle ne peut être arrosée dans sa partie supérieure que par des irrigations, au moyen de canaux et de rigoles dérivant des sources qui jaillissent du sein des montagnes. Avec ces sources, elle est encore très fertile là où elle est cultivée. On moissonne déjà en avril dans la plaine de Béisân et dans celle de Jéricho. Mais, dans la partie méridionale, en amont de l'embouchure du Jourdain, c’est la stérilité la plus complète par suite des matières salines mêlées au sol.
C) Hydrographie. — La constitution du pays, telle que nous venons de la décrire, nous montre bien, avec les deux versants, qu’il n’y a que deux bassins, celui de la Méditerranée et celui du Jourdain.
1. Fleuves et rivières. — Le mot arabe ouadi désigne en même temps la vallée et le cours d’eau qui la traverse. Disons tout de suite que la plupartde ces rivières ne sont que temporaires, c’est-à-dire coulent seulement à l’époque des pluies.
a) Bassin de la Méditerranée. — Le faîte des montagnes de la Haute Galilée donne aux eaux qui en descendent non seulement une direction orientale et occidentale, mais encore septentrionale; plusieurs ouadis viennent se déverser dans le Nahr el-Qasimiyéli, qui lui-même débouche dans la Méditerranée. Sur le versant de l’ouest, on rencontre, du nord au sud, les ouadis I el-lluniraniyéh, el-Ezziyéh, el-Qurn, le nahr Mefschukh et le nahr Sémiriyéh. Au sortir de Saint-Jean d’Acre, on franchit le Nahr Na aman, l’ancien Belus, ) qui prend sa source à quelques kilomètres, dans un marais environné d’une épaisse ceinture de roseaux, appelé par Pline, H. .N., xxxvr, 26, palus Cendevia. L’été, le marais est presque à sec et le fleuve sans eau; mais après les pluies de l’hiver et du printemps, le pre- ]
525-526. — Profils des montagnes de la Palestine — Profil a , du Sinaï au Liban. — Profil b, du sud de la Palestine au Djébel Sannin.
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inier se transforme en lac et le second en un torrent difficile à passer. Le Nahr Na'amân est alimenté par quelques branches qui descendent des monts de la Basse Galilée, les ouadis Scha ib, el-Hcilazun et ' Abilin. Plus bas, au fond de la baie, est l’embouchure du Nahr el- Muqatta', le fameux torrent de Cison, qui est le produi du drainage des eaux de la grande plaine d’Esdrelon et des montagnes environnantes. Formé de deux branches principales, dont l’une part du sud-est et l’autre du nord-est, il est encore entretenu par des sources assez abondantes. Avant d’arriver à la mer, il reçoit les eaux A" Ain es-Sa'âdéh et de Youatli el-Malek. A sec dans sa partie supérieure, excepté pendant l’hiver et après de de grandes averses, il ne devient permanent que six à sept kilomètres au-dessus de son embouchure. Voir Cison (Torrent de), t. n , col. 781. — Au-dessous du Carmel, les ouadis qui découpent les montagnes samaritaines s’allongent peu à peu, suivant que la ligne de faite s’éloigne de la mer. Leurs nombreuses ramifications forment plusieurs fleuves. Auprès de Tantûrah est le nahr ed-Difléh, qui serpente en de nombreux replis à travers la plaine. Puis viennent : le Nahr ez- Zerqa , le / lumen Crocodilon de Pline, II. N , v, 17, et au sud de Qaisariijéh, le nahr el Akhdâr ou el-Mefdjir, qui, non loin de son embouchure, forme un étang dont les rives sont couvertes de joncs et de roseaux; plus bas encore le nahr Ishanderûnéli. En descendant vers Jaffa, l’on rencontre le Nahr el-Fdléq, c’est-à-dire « la rivière de la fente ou de la coupure »; ce nom lui vient d’une coupure artificielle pratiquée à travers une colline rocheuse, qui lui barrait autrefois toute issue vers la mer, ainsi qu’au vaste étang, Basset el-Fdléq, dans lequel ses eaux se perdaient. Les historiens des croisades l’appellent Rochetailie, « roche taillée. » Il est bordé et même rempli d'une forêt de roseaux de diverses espèces; aussi est-il nommé par un historien arabe, Bohaeddin, Nahr el-Kassab, « rivière des Roseaux. » C’est pour cela également que plusieurs auteurs l’identifient avec le nahal Qânâh, Vulgate : vallis arundineli, « vallée des roseaux, » qui formait la limite entre la tribu d’Éphraïm, au sud, et de celle de Manassé, au nord. Jos., xvi, 8; xvn, 9. Voir Cana 1, t. u, col. 105. Plus bas est le nahr el-Audjéh, dont les nombreux affluents, avec leurs ramifications, prennent naissance au centre des montagnes, et drainent une assez grande étendue de terrain; citons, parmi les principaux, les ouadis Qanali, Rabah, Deir Balh't, et Nusrah. — Les montagnes de Judée sont, elles aussi, coupées par une multitude de torrents temporaires, qui finissent par s’unir dans de grands ouadis, comme ceux appelés es- Surâr, es-Sanit, el-Burschein, el-Ghuéit, el-Hésy. Tous ces cours d’eau se déversent dans la Méditerranée, de Jaffa à Gaza, par trois canaux seulement. Le premier est le nahr Rûbin, dont les rives sont bordées de divers arbustes et notamment de lentisques et d'agnuscastus. Le second est le nahr Sukréir, et le troisième Vouadi el-Hésy. Les pentes méridionales de ce massif s’égouttent par des ouadis qui s’en vont dans la direction de l’ouest, du sud-ouest et du nord-ouest en former de plus considérables, comme Vouadi escli-ScherV a et Vouadi es-Séba'. Ces deux branches s’unissent pour constituer Vouadi Ghazzéh, qui se jette dans la mer audessous de Gaza; très large à son embouchure, il arrête quelquefois les caravanes à la saison des grandes pluies. La seconde branche a une énorme étendue;, elle plonge ses ramifications jusqu’à la ligne de faite qui, assez rapprochée de la mer Morte, s’incline, dans le Négeb, vers le sud-ouest. De ces hauteurs partent, en différentes directions, de nombreux torrents qui se rejoignent et finissent par trouver un même écoulement. Enfin des montagnes qui sont à l’ouest de 'Ain Qedis descendent des ouadis dont la réunion se fait en grande partie dans Vouadi el-Abidd, lequel se jette à son tour
dans Vouadi el-'Arisch. Ce dernier forme la frontière naturelle entre la Palestine et l’Égypte; c’est le Sîhôr ou « le Torrent d’Égypte » de la Bible. Jos., xm, 3; xv, 4. Le mot sihôr veut dire « noir, trouble », expression qui convient parfaitement à ce fleuve, lorsqu’il recueille, à l’époque des grandes pluies, dans son lit extrêmement large, les eaux de ses divers affluents, et qu’il se précipite vers la mer, agité et d’un aspect sale et limoneux. A ce moment, il est quelquefois très difficile de le traverser; il ronge ses rives et entraîne souvent des arbres déracinés. En d’autres saisons, il ne renferme pas une goutte d’eau.
b) Bassin du Jourdain et de la mer Morte. — La ligne de faîte du massif montagneux de la Palestine est, comme nous l’avons dit, plus rapprochée de la vallée du Jourdain que de la Méditerranée ; la pente est aussi plus raide. Nous trouverons donc de ce côté des torrents en général plus courts et plus rapides, avec moins de ramifications. Les premiers ouadis, au nord, descendent vers les branches du Jourdain, puis, plus bas, viennent aboutir au lac Hùléh. Parmi ces derniers citons les ouadis Anis, Hendddj et Uaqqds. Le lac de Tibériade reçoit, de son côté, une foule de petits cours d’eau, que lui envoient les hauteurs de Safed au nord, et les montagnes de l’ouest : les ouadis el-Amud, er- Rabadiyéh, el Hamâm. Au sortir de ce lac, le Jourdain reçoit Vouadi Fcdjds, dont le cours, après une direction sud-est, fait un brusque détour vers l’est; puis viennent Vouadi el-Biréli et Vouadi el- Eschschéh. Dans la plaine de Beisdn, merveilleusement arrosée, coulent : le nahr Djalûd, qui prend naissance sur les pentes septentrionales du Djebel Fuqû'a et les pentes méridionales du Djebel Ddhy, puis descend dans une belle et large vallée et passe au nord de la ville pour rejoindre le fleuve; plus bas, Vouadi el-Humra. Au-dessous de Vouadi el-Mâlih, dont le cours est en zigzag, la montagne qui serre de près le Jourdain se fendille de courtes rigoles. Les torrents tombent ensuite des monts samaritains dans la direction du sud-est; ce sont les ouadis el-Buqéïa et el-Fara; ce dernier, dans la partie inférieure de son cours, prend le nom d’ouadi Djuzeléh, sa source est abondante et intarissable, ses bords sont couverts de superbes touffes de lauriers-roses et de roseaux gigantesques. En avançant vers Jéricho, dans la plaine, sont les ouadis el Humr, Fasâîl, el-Mellâhah, el-Audjéh. Enfin, au sud de Jéricho, Vouadi el-Kelt ou el-Qelt débouche d’une vallée profondément creusée entre des rochers à pic, et aboutit au Jourdain à un kilomètre au-dessous de Qasr el-Yehûd. — Dans la mer Morte se déversent un certain nombre de torrents qui ajoutent leurs eaux à celles du Jourdain. Au sud de Rds Feschkhali tombe le Cédron, ouadi en-Nâr, qui a son origine vers le nord-ouest de Jérusalem, passe à
I est de la ville en creusant son lit de plus en plus, puis prend la direction du sud-est et vient, entre deux murailles de rochers abrupts presque verticaux, se jeter dans le grand lac. Voir Cédron (Torrent de), t. ii, col. 380. Viennent ensuite les ouadis ed-Déradjéh, Aréidjéh, el-Khabera, el-Suféisif , Nimréh, Hathrurah et Zuéirah. Enfin le versant oriental des montagnes du Négeb dirige ses cours d’eau vers la baie méridionale de la mer Morte, par deux canaux principaux, Vouadi Fiqréh et Vouadi Djéib.
c) Le Jourdain. — Le vrai, pour ne pas dire le seul fleuve de la Palestine, c’est le Jourdain, que les Arabes appellent Scherïat el-Kebîréh, « le grand abreuvoir. »
II a trois sources principales : celle d'ilasbeya, près du village du même nom, sur le liane occidental de l’Hermon; celle de Tell el-Qadi, petite éminence de forme quandrangulaire, au pied de la même montagne, à deux ou trois kilomètres de l’angle sud-ouest; celle de Banias, à 40 minutes environ de la précédente. Les trois rivières, dont la première est appelée Nahr Hasbani,
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la seconde Nahr el-Leddan, et la troisième Nahr Banias, se réunissent à 12 kilomètres avant d’arriver au lac Hûléh. Le co.urs du lleuve, contourné à travers la plaine marécageuse qui avoisine ce lac, continue en ligne droite, au sortir de la nappe d’eau, sur un espace de 16 kilomètres, jusqu’au lac de Tibériade. Sa pente est rapide, puisque de deux mètres au-dessus de la Méditerranée il tombe à 208 au-dessous. Sa course se ralentit et devient sinueuse lorsqu’il entre dans la petite plaine d'el-Batihah, au nord du Bahr Tabariyéh. Sortant du lac à son extrémité sud-ouest, il se dirige d’abord vers l’ouest, puis vers le sud, et coule, avec de nombreuses sinuosités, jusqu’à la mer Morte. La distance ainsi parcourue est directement.de 104 kilomètres, mais ses méandres triplent bien la longueur de son cours. Ses eaux agitées et toujours plus ou moins limoneuses courent dans la plaine que les Arabes ont appelée ez-Zôr, « la coupure, » et qui paraît avoir été formée par les déplacements du lit du lleuve, rongeant à droite et à gauche les lianes du Ghôr. Un double et épais rideau d’arbres, tamaris, peupliers blancs, saules, térébinthes, etc., les encadre. Les rapides sont nombreux; on n’en compte pas moins de 27 dangereux, sans parler des brisants et des écueils très multipliés. D’où viennent les innombrables méandres du Jourdain dans sa moitié inférieure? C'est que là son inclinaison, assez forte pour lui donner de la rapidité, est très faible relativement à celle de la moitié supérieure. Ce fait ressort des chiffres suivants :
mètres.
Source d'Hasbeya . . 563 au-dessus de la Méditerranée.
Source de Banias . . 369
Lac Houléh 2 — —
Lac de Tibériade . . 208 au-dessous de la Méditerranée. Mer Morte 392 — —
En prenant le lac de Tibériade comme terme de la première moitié du cours, on a entre la source la plus éloignée et ce lac, pour une distance de 85 kilomètres, une chute de 77 i mètres, c’est-à-dire 0m00907 par mètre, tandis que du lac à la mer Morte, la chute n’est que de 184 mètres pour une distance de 104 kilomètres, soit 0m00176 par mètre. Il faut remarquer aussi que la pente n’est pas absolument régulière, mais qu’elle est coupée de distance en distance par des brisants qui modèrent en certains endroits la rapidité du cours. Le Jourdain unit ainsi le régime de rivière à celui de torrent. Large de 25 mètres au Pont des filles de Jacob, Djisr benât Ya'qùb, au-dessous du lac Hûléh, il atteint de 37 à 38 mètres au sud de Qarn Sartabéh et 75 mètres à son embouchure. On estime à 6500000 tonnes la quantité d’eau qu'il déverse journellement dans la mer Morte, au moins à certaines époques de l’année. Voir Jourdain, t. ni, col. 1704.
2. Lacs. — Le Jourdain forme trois lacs, dont deux lui servent de régulateurs, et le troisième de déversoir. Le premier est le Bahr el-Hûléh ou lac de Mérom. En forme de poire ou de triangle, il a de 5 à 6 kilomètres de long, et, en moyenne, autant de large, pendant la période des basses eaux; sa profondeur va de 3 à 5 mètres. Il est entouré d’épais fourrés de roseaux et de papyrus. Voir Mérom (Eaux de), col. 1004. — Le second est le Bahr Tabariyéh ou lac de Tibériade. Sa forme est celle d'un ovale irrégulier; sa plus grande longueur est de 21 kilomètres, sa plus grande largeur de 10 kilomètres ; sa profondeur varie de 20 à 45 mètres dans la direction du sud au nord; M. Lortet, La Syrie d’aujourd’hui, in-4°, Paris, 1884, p. 505, dit cependant qu’elle est en moyenne de 50 à 70 mètres, et que vers le milieu du grand bassin du nord, en face de l’embouchure du Jourdain, il y a des- gouffres qui descendent à 250 mètres. Voir Tibériade (Lac de). — Le troisième est le Bahr el-Lût, « mer de Lot, » ou mer Morte. De forme allongée, il va directement du nord au
sud, avec une légère inclinaison de la pointe septentrionale vers le nord-est. Il est divisé dans sa longueur en deux parties inégales par une presqu’île appelée El- Lisân, « la Langue. » La portion septentrionale est longue de 45 kilomètres ; celle du sud constitue un petit bassin ovale d’une disposition particulière. Dans son ensemble, le lac a une longueur de 75 kilomètres ; sa plus grande largeur est de 16 kilomètres. Sa profondeur varie beaucoup; le point le plus enfoncé est à 399 mètres. Cependant, au sud de la Lisdn, le fond, même au centre, n’est guère que de 4 métrés. L’eau a une densité considérable. Voir Morte (Mer), col. 1289.
3. Sources. — La Palestine fait à presque tous les voyageurs l’impression d’un pays aride et désolé; telle était déjà celle qu’éprouvait saint Jérôme, In Amos, iv, 17, t. xxv, col. 1029. Les pèlerins qui visitent la Terre- Sainte sont obligés de régler leurs étapes, non d’après leurs convenances, mais d’après les rares fontaines qu’ils pourront rencontrer sur leur route. Les sources cependant sont encore assez nombreuses, surtout au pied des collines et dans certaines vallées. Mais les petites tarissent facilement pendant l’été, puis le déboisement et l’état d’abandon dans lequel est tombée la région ont influé sur le régime des eaux. Malgré cela, il y a encore des coins bien arrosés. Beaucoup de ces sources sont la vie de certaines localités et un indice de leur antiquité. D’autres donnent naissance ou un tribut plus ou moins large à plusieurs des lleuves que nous avons mentionnés. Signalons les principales. — 1. Dans la plaine maritime. Au sud de Tyr, après le Bas el-Abiad, on en trouve une, non loin du rivage, près de Kliirbet Islianderûnéh, puis plus bas, au-dessous de Bas en-Naqûrah, Y Ain el-Muschéirifé h arrose de frais jardins. En descendant vers S. Jean d’Acre, on rencontre à El-Kabry deux fontaines abondantes, dont l’une alimente l’aqueduc qui, tantôt souterrain, tantôt à fleur du sol, tantôt porté sur des arcades, fournit d’eau la ville de 'Akkà; une troisième même, peu éloignée, féconde le territoire, dont la fertilité est proverbiale. Au sud-est de la cité maritime, au Basset et- Kurdanéli, sont les sources du Nahr Na’mân, qui, dès leur origine, forment un cours d’eau considérable. Plusieurs autres, à la base du Carmel, portent leur appoint au Nahr el-Muqatta' ou Cison, et les pentes occidentales de la montagne en possèdent quelquesunes qui contribuent à la beauté du pays. Certains groupes se trouvent le long de Vouadi el-Mdléh et dans les environs de Nahr Iskanderûnéh. Au nord-est de Jaffa, le Bâs el-Aïn est un marais formé par des sources dont les eaux s’en vont dans le Nahr el-Audjéh, et la ville elle-même a la gracieuse fontaine A' Abu Nabbût. La plaine de Séphélah a moins de sources apparentes, mais l’eau est à quelques mètres seulement de profondeur. — 2. Dans la montagne. La Galilée est la région la mieux arrosée, en raison de sa proximité du Liban, qui emmagasine les neiges de l'hiver et disperse autour de lui les trésors cachés en son sein. Aussi les sources sont-elles nombreuses. Elles sont éparses sur tout le terrain; on les rencontre sur les hauteurs de Tibnin, au-dessous et au nord du vieux château, d ’El-Djisch, de Safed, de Meirôn, de Qadés, comme sur celles de la basse Galilée, près de Seffuriyéh, à Nazareth, à Kefr Kenna, etc. La plaine d’Esdrelon, par sa nature même, en est largement fournie; elle en possède à la base des collines galiléennes et des monts samaritains. Le groupe le plus' remarquable, de ce dernier côté, est celui qui existe aux environs et au-dessus d ’El-Ledjdjùn et dont les eaux contribuent à entretenir le Cison. A Djenin, une bells source jaillit en véritable torrent, se divise en petits ruisselels, et répand la fraîcheur dans les jardins et les champs, rappelant ainsi le nom de l’antique cité biblique, En- Gannim, « la source des jardins. » Voir Engaknim 2,
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t. ii, col. 1802. Plus haut, deux autres sont sur la pente septentrionale du Djebel FuqiVa : la première, 'Aïn el Maïtéh , « la source morte, » ainsi appelée par les Arabes depuis qu’à la suite d’un éboulement elle semblait avoir disparu, coule au pied de la colline où se trouve Zér in, l’ancienne Jezraël, vers le nord-est. La seconde, 'Ain Djalûd, est à une demi-heure plus loin, vers le sud-est. Toutes deux sont assez abondantes pour créer le Na/ir Djalûd, qui descend vers le Jourdain. La dernière est la plus importante et correspond bien à la fontaine de Harad, près de laquelle campa Gédéon. Jud., vu, 1. Voir Harad, t. ni, col. 421. Sur les lianes de la montagne opposée, c’est-à-dire le Djebel Dâhy, on en voit autour à’El-Fûléh, de Sôlâm, de Nain et à'Endor. Dans les montagnes de Samarie, elles paraissent à Tell-Dolhân, à Djeba', à Fendaqumiyéh, et dans les environs; Y 'Aïn el-Far'a jaillit de terre en formant immédiatement un ruisseau très abondant, dont une partie s’en va dans l’ouadi du même nom,' qui descend vers le Jourdain. Mais c’est Naplouse et le territoire avoisinant qui sont le plus remarquables sous ce rapport. On compte une quinzaine de fontaines dans l’intérieur de la ville; d’autres coulent en dehors et arrosent de magnifiques jardins. À l’est, au pied du Garizim, on rencontrer Aïn Dafnéh , puis Y' Aïn Baldtah; plus loin, au pied de l'Hébal, V Aïn 'Askar; enfin, à l’entrée de la vallée qui se dirige vers l’antique Sichern, le Puits de Jacob, Bïr Ya'qûb, ou le Puits de la Samaritaine. Joa., iv, 6. A l'ouest, le pays n’est pas moins favorisé. En descendant vers Jérusalem, signalons Y' Ain Séilûn, près de l’antique Silo, et les deux sources de Sindjil; plus bas, Y'Aïn el-Haramiyéh, aux eaux fraîches et entourées de verdure, les sources qui avoisinent Béilin, l’ancienne Bélhel; la fontaine d 'El- Biréh, etc. Dans un rayon qui va de ce dernier point au nord jusque vers Khirbet Téqu'a, l’ancienne Thécué, au sud, et Yâlô, l’ancienne Aïalon, à l’ouest, les environs de Jérusalem, quoique pierreux et dénudés, comptent encore un certain nombre de sources : à El-Djib, Qariet el-Énab, Billir, 'Aïn Karim , 'Aïn Lifta, Aïn el-Haùd, à environ 1600 mètres et au-dessous de Béthanie, etc. La ville sainte n’a que deux sources d’eau potable : la première est celle qu’on appelle 'Aïn Umm cd-Deredj ou encore 'Ain Sitli Mariant ou « Fontaine de la Vierge », l’antique Fontaine de Gihon, située sur le liane oriental de la colline d’Ophel. Voir Gihon, t. iii, col. 239. La seconde est le Bïr Éyûb ou « Puits de Job », l’ancienne ’ En-Rogel , III Reg., i, 9, situé au confluent des deux vallées du Cédron et de Hinnom; encore est-ce un puits plutôt qu’une source proprement dite. Il faut aller au sud de Bethléhem pour trouver l’eau vive qui, au moyen d’aqueducs, alimentait Jérusalem ; elle venait de Rds el- Aïn ou Aïn Saléh, de Y Aïn Moghâret plus loin vers Hébron, et de Y Ain Arûb plus loin encore dans la même direction. Les belles eaux de Y Aïn ’Urtds se rendaient jadis, par un canal dont les restes sont visibles en plusieurs endroits, jusqu’au Djebel Fureidis, l’antique Flérodium. Voir Aqueduc, t. i, col. 797. A mesure qu’on avance vers le sud, le nombre des sources diminue. A deux heures au nord d’Hébron, dans les environs de Beit-Sûr et de Halhûl , il y en a plusieurs, en particulier Y' Aïn Dirûéli, qu’une ancienne tradition regarde comme la fontaine de saint Philippe. Act., vm, 26-39. Voir Betiisur 1, t. i, col. 1746. A une heure à Fouest.de la même ville, sur le chemin de Dùra, est Y Aïn Nunltùr ou Unqûr, qui descend d’un petit plateau dans une riante et fertile vallée. El-Khalil en possède quelques-unes dans son voisinage immédiat, entre autres 'Aïn Qeschqaléh au nord, et ‘Aïnél- Djedid à l’ouest. Plus bas, vers le sud-ouest, Youadi ed-Dilbéh offre une provision d’eau assez rare, surtout dans cette partie de la Palestine; il y a là trois groupes tle sources qui pourraient bien représenter» les sources
supérieures et inférieures » ajoutées par Caleb au patrimoine de sa fille. Jos., xv, 19. Voir Dabir 2, t. n, col. 1197. Fait plus singulier encore, sur les confins du désert, la région à." Aïn Qedis est arrosée par quatre sources dans un rayon d’une petite journée, A ïn Muéiléh, ' Aïn Keséiniéh, 'Aïn Qodeirat et Aïn Qedis. — Lavallée du Jourdain surtout est admirablement pourvue par endroits. Sans parler des origines du fleuve, qui présentent ce qu’on peut rêver de plus frais, il y a, depuis le Merdj 'Ayïtn jusqu’au lac Hûléh, une succession de sources qui surgissent du pied des montagnes occidentales : 'Aïn Talhah, 'Aïn edh-Dhaheb, Aïn Harb, 'Aïn el-Beldtah, Ain el-Mellâhah, etc. Sur les bords du lac de Tibériade, on trouve ' Aïn et-Tabaghah, 'Aïn et-Tîn, 'Aïn el-Medaûuarah, 'Aïn el-Fûliyéh. Elles se multiplient aux environs et au sud de Béisân; il y a, en particulier à deux heures et demie au sud de cette ville, à El-Fâtûr, Ed-Deir, Et-Beda, un groupe remarquable, qui fait placer en cet endroit l’Ennon (ATvi.iv, araméen : Énâvûin, « lessources ») où baptisait saint Jean. Joa., ni, 23. Voir Ennon, t. n, col. 1809. Elles reparaissent lorsque la plaine, un instant rétrécie, reprend de la largeur, au nord et au sud de Qarn Sartabéh ; un peu au-dessus de Khirbet el-Fasâîl, l’ancienne Phasaélis , une source jaillit du sein des rochers, se partage en deux ruisseaux et fertilise ce coin de la vallée. Quelques minutes au-dessous de l’endroit où Youadi Nua'îméh débouche des collines occidentales, sont deux sources très abondantes : la première, appelée c Aïn en-Nua'iniéh, sourd de terre avec une grande force et forme immédiatement un ruisseau, qui coule dans l’ouadi du même nom; à quinze pas au sud, jaillit la seconde, ‘Aïn ed-Dîik ou Diiq, dont le nom rappelle celui de Doch. I Mach., xvi, 15. Voir Docii, t. n, col. 1454. A une petite distance au nord-ouest du village actuel de Jéricho, au pied d’un monticule qui se rattache au Djebel Qarantal, on voit Y'Aïn es-Sultân, dont l’eau claire coule en abondance dans un vieux bassin de pierres de taille. Jadis elle alimentait plusieurs aqueducs, qui partaient de là pour répandre au loin dans la vallée la fertilité el la vie. On l’appelle encore Fontaine d'Élisée. Voir Elisée (Fontaine d’), t. n, col. 1696. Plus bas dans la plaine est Y'Aïn Radjlah, qui jaillit au milieu d’un petit bassin de forme circulaire, qu’environne un fourré de broussailles et d’arbres nains; le ruisseau qu’elle forme était autrefois canalisé et fertilisait le sol où elle se perd maintenant. Voir Bethhagla, t. i, col. 1685. Sur le bord occidental de la mer Morte, se trouvent plusieurs sources : Y'Aïn el- Feschkhah, dont l’eau est claire, mais un peu chaude, saumâtre et sulfureuse, Y'Aïn el-Ghuéir, Y'Aïn et-Teràbéh. Mais la plus remarquable est YAïn Djedi,Y‘,mcienne Engaddi, Jos., xv, 62, etc., qui naît sous un rocher presque plat et peu épais, el dont les eaux, très pures, ont une température de vingt-sept degrés. Voir Engaddi t. n, col. 1796. On en rencontre également plus bas, autour de la Sebkliali, et sur les bords de Youadi el- Djeib. Plusieurs de celles qui avoisinent la mer Morte sont chaudes, comme celle d 'El-Hammâm, au sud de Tibériade. Voir Émath 3, t. n, col. 1720.
D ) Le littoral méditerranéen. — Cet ensemble de géographie physique ne serait pas complet si nous n’examinions le littoral méditerranéen, qui a bien son caractère à part. Du Nahr el-Qasimiyéh au Carmel, il est dentelé, avec des pointes peu proéminentes, mais assez saillantes pour former deux parties opposées. Au nord et au sud des promontoires Rds el-Abiad et Rds en-Naqùrah, deux de ces pointes avancées ont servi d’assiette à deux villes célèbres, Tyr et Saint-J eand’Acre. La première, bâtie d’abord sur un rocher séparé du continent, est depuis Alexandre réunie à la terre ferme par un isthme artificiel, qui en fait une presqu’île. Voir Tyr. La seconde s’élève sur une langue
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de terre qui s’avance du nord au sud dans la Méditerranée, en forme de triangle. La baie qui l’avoisine et porte son nom est le trait caractéristique du rivage dont nous parlons. Arrondie à ses deux extrémités, mais beaucoup plus large au sud, où elle s’appuie sur le Carmel, cette échancrure produit l'aspect d'un refuge providentiellement ménagé aux vaisseaux. Cependant la rade d”Akka, très peu abritée, est extrêmement dangereuse en hiver et au printemps; lorsque souffle le vent d’ouest, bien souvent les navires à voiles ne peuvent s’éloigner à temps et sont jetés à la côte par la tempête. Celle de Khaïfa est plus sûre, bien que le port actuel soit également peu profond. Voir Accuo, t. i, col. 108. Au-dessous du Carmel, la côte n'offre plus qu’une ligne presque absolument unie, avec quelques pelites baies et criques ensablées ; c’est une barrière uniforme et nue, composée de dunes de sable, contre laquelle la mer dépose un long ruban d’écume. AAthlit, un petit promontoire rocheux s’avance dans la mer, assez semblable à celui de Tyr, portant un pauvre village construit au milieu des ruines. C’était jadis une île, au moins d’après une opinion très vraisemblable, car, à l’orient, la colline s’abaisse beaucoup, et les baies qu’elle divise pouvaient autrefois se rejoindre; nous aurions ici, comme en plusieurs endroits, un exemple de l’exhaussement par l’accumulation du sable. Plus bas, en avant de Tantûrah, l’ancienne Dor, Jos., xr, 2; xir, 23, etc., s’arrondit une anse peu profonde, protégée, du côté du large, contre les vents d’ouest, par trois ou quatre îlots, qui brisent la violence des vagues, et défendue au nord par une pointe rocheuse. Le port antique de Dora est au nord et à une faible distance de cette anse. Voir Dor, t. ii, col. 1487. Tout le monde sait les merveilles qu’Hérode avait accumulées autour de l’anse naturelle formée par les terres rocheuses qui supportaient la tour de Straton. Aujourd’hui le vieux port de Césarée, Qaisariyéh, est entièrement ruiné, et le bassin lui-même ne laisse voir sous la transparence des eaux, quand elles sont calmes, qu’une foule de débris. Voir Césarée du bord de la MtR,t. ii, col. 456. Le port de Jaffa, petit, peu profond, est formé par une ligne de brisants qui laissent une passe excessivement étroite. La mer s’engouffre par cette ouverture entre deux murs parallèles de récifs, contre lesquels on court risque de se briser, quand la boule est tant soit peu forte, ce qui arrive souvent. La rade, en ell’et, est largement ouverte à tous les vents, qui soufflent avec violence sur cette côte basse et sans golfes. Voir Joppé, t. m, col. 4631. En avançant vers le sud, nous ne trouvons plus que des apparences de port. Un peu au-dessous du Nahr Rubin, se développe une petite baie entourée de rochers formant une sorte de jetée naturelle. Cette anse constituait autrefois l’établissement maritime de Jamnia, représentée aujourd’hui par Yebnéh, à une certaine distance de la côte. Voir Jamnia, t. m, col. 1115. Plus bas, quatre kilomètres à l'ouest d ’Esdûd, l’ancienne Azot des Philistins, Jos., xm,
3, on aperçoit les ruines d’une petite ville et d’une forteresse commandant une rade solitaire. Cet endroit porte le nom de Minet Esdûd, et répond à « l’Azot maritime », ’AÇtôro; 7rapat),io,- de certains auteurs. Voir Azot 1, t. r, col. 1307. Ascalon avait aussi son port, protégé par deux môles et ouvert du côté de l’ouest; c’était plutôt une rade, et encore assez peu sûre. Voir Ascalon, t. i, col. 1060. Enfin, vers le nord-nord-ouest de Ghazzéh, dans un endroit appelé El-Minéh, le littoral décrit une petite courbe, une anse peu prononcée, qui voit cependant encore aujourd’hui aborder quelques barques. On ne remarque aucune apparence de digue dans cette rade, qui d’ailleurs devait offrir, elle aussi, peu de sécurité, étant ouverte à tous les vents, excepté à ceux de l’est et du nord-est. C’est là que se trouvait I sans doute le comptoir maritime de Gaza. Voir Gaza, |
t. ni, col. 118. Cette configuration de la côte méditerranéenne a eu dans l’histoire ses conséquences, que nous étudierons plus loin. Pour sa formation, voir Méditerranée (Mer), col. 927.
2. Région transjordane. — A) Orographie. — Le pays qui s’étend à l’est du Jourdain et de la mer Morte n’est qu’un immense plateau parsemé d’éminences isolées, où s’élève sur un seul point un massif de montagnes volcaniques, le Djebel Raurân. Mais ce plateau, vu de la Palestine cisjordane, a l’aspect d’une véritable chaîne. Cette disposition physique est très sensible surtout lorsque, du fond de la vallée du Ghôr, on gravit les pentes abruptes qui l’encaissent à l’est. Après avoir, par exemple, traversé le Jourdain en face de Jéricho, il faut franchir les deux gradins de la montée avant d’atteindre le niveau supérieur où se montrent les grandes plaines, c’est-à-dire que de 300 à 250 mètres au-dessous de la Méditerranée on arrive à une hauteur de 800 à 900 mètres au-dessus (Voir fig. 527). Si l’on passe le fleuve au Djisr el-Mudjâmï, au sud du lac de Tibériade, on va successivement de 150 ou 130 mètres au-dessous de la Méditerranée à 364 mètres au-dessus ( Umin Qeis ou Mqéis), 460 mètres ( Abil ), 490 mètres ( Et-Turra ), 550 mètres ( Der'dt ) et 982 mètres ('Aere, au pied du Djebel Haurdn). (Voir fig. 528). La bande du plateau qui s’étend de l’Hermon au nord à l’Arnon au sud, du Jourdain et de la mer Morte à l’ouest au Derb el Hadj ou « Route des Pèlerins » à l’est, est divisée en trois parties par deux fossés profonds, le Scheri'at el-Menddiréh et le Nahr ez-Zerqa. La première porte le nom de Djôlân; c’est l’ancienne Gaulanitide. La région septentrionale, qui a une altilude moyenne de 700 à 800 mètres, est caractérisée par une chaîne volcanique d’un aspect singulier. Cette chaîne se compose de plusieurs groupes de monts isolés, cratères de volcans éteints. L’un se trouve à l’est, près du Nahr er-Ruqqâd ; il commence au sud avec le Quléi'ah (711 mètres), se continue avec le Tell el-Fâras (948 mètres) et se termine au nord avec 1 eHâmi Qursuh (1198 mètres), dont la lave atteint El-Qunéitrah. L’autre, qui est comme le prolongement de celui-ci, va dans la direction du nord-ouest et s’élève à 1294 mètres au Tell esch-Scheikhah. Un troisième, qui rejoint le second au nord, court parallèlement au premier et comprend Tell el- Alimar (1238 mètres), Tell Abu en-Neda (1257 mètres) et Tell Abu Yusef (1029 mètres). On peut y rattacher le Tell Abu el-Khanzîr (1164 mètres), qui s’écarte un peu à l’ouest. Mais, pour se faire une idée exacte de ces hauteurs, il ne faut pas perdre de vue le niveau du plateau, qu’elles ne dépassent guère en somme que de quelques centaines de mètres. Cette partie septentrionale du Djoldn est une contrée âpre et sauvage, couverte de masses de lave, de rochers basaltiques, au milieu desquels cependant les troupeaux des Bédouins trouvent, au printemps, d’excellents pâturages. Au sud, le terrain plus uni et mieux cultivé, descend graduellement vers le Scheri'at el-Menâdiréh; l’altitude moyenne va de 491, 476 mètres à 350 et 330 mètres environ. — La seconde partie du plateau oriental s’appelle V Adjlùn, fermé au nord-est par un rebord, le Djebel Ez-Zumléh (607 mètres). En descendant vers le sud, la bande de terre reprend peu à peu un niveau supérieur : 528 mètres à h'bid, 614 mètres à Tibnéh, 863 mètres à 'Ain Djennéh. Les hauteurs s’accentuent avec le Djebel Kafkafa (988 mètres), Turrat el-Açfùr (930 mètres) et le Djébel Hakàrt (1085 mètres). — La troisième est 1 eBclqd, dont l’altitude moyenne est de 700 à 800 mètres. Ce chiffre est même dépassé dans la région septentrionale, où l’ensemble du pays est plus élevé : Es-Sall (835 mètres), Khirbet Sûr (972 mètres), El- A l (934 mètres), Ijesbân (900 mètres). Les sommets sont également plus hauts , Djebel Oscha ( 1096 mètres), Rds el-Merqeb (957 mètres): Râs el-Muschéirféh (1013 mètres), Djébel Zabûd ■
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(1140 mètres), d’autres points vont à 1035, 1052, 1086 mètres. Au sud, le niveau général se maintient à 7 ou 800 mètres : Mâcleba(185 mètres), Ma'în (872 mètres), Djebel Djelûl (823 mètres); le Djebel Néba ou mont Nébo, d’où la vue s’étend si loin vers l’ouest, n’est luimême qu’une butte de rebord se dressant à 806 mètres. Du côté de l’ouest, les rochers, fendus par les torrents, tombent à pic dans la mer Morte, le long de laquelle ils forment une énorme muraille.
Le Djebel Ilaurdn, appelé encore Djebel ed-Drûz, est un massif long de 80 kilomètres environ sur 45 kilomètres dans sa plus grande largeur, et dont l’axe se dirige à peu près du nord au sud. Assez escarpé du côté de l’est, il descend plus doucement du côté de l’ouest. La partie méridionale est en général moins éle-
sillonné d’innombrables crevasses plus ou moins profondes, qui se coupent dans toutes les directions et forment un inextricable labyrinthe de ravins et de précipices. VoirAp.GOB 2. t. i,col. 950.
B) Plaines et vallées. — A l’ouest du Ledjah et du Djebel Haurân s’étend la grande plaine appelée En- Nuqra, ondulée et coupée par de nombreux ouadis. Le sol, composé de lave, de dolérite granulée et de scories rouge-brun ou vert-noirâtre, est en général d’une grande fertilité. Il produit un froment de beaucoup supérieur à celui des autres contrées; l’orge y est également cultivée. Malgré les nombreux cours d'eau qui l’arrosent, il renferme peu de plantations et pas de forêts; quelques vergers, vignes et jardins seulement sont entretenus autour des villages. Voir Auran, t. i‘
527-528. — Coupes du terrain dans la région transjordane. — 527. Coupe a. Du Jourdain à Amman et à la route des Pèlerins.
— 528. Coupe b. Du Jourdain au Djébel Hauran.
vée que celle du nord. L’ensemble est une chaîne volcanique, qui rappelle celle des Puys d’Auvergne. Elle se compose d’un assez grand nombre de cônes, dont la hauteur va de 1200 à près de 1800 mètres. Ceux du nord, Tell Sclnhan, Tell Gharârat esch-Schemâliyeh, Tell Djémal, Tell Gharârat el-Qïbliyék, alignés sur une longueur de dix kilomètres, paraissent avoir vomi la vaste nappe basaltique qui compose le Ledjah. En descendant vers le sud, nous trouvons sur une même ligne les cônes suivants : Abu Tuméis (1551 mètres), Abu Tâséh (1736 mètres), Djuélil (1782 mètres), Djeina (1839 mètres), Djefnéh (1737 mètres), es-Suféh (1475 mètres). Un autre groupe se rencontre au nord-est : Tell el- Alia, Tell el-Habls (1130 mètres), 'Tell el-Hiscli ( 1231 mètres), etc. Signalons enfin, à l’est, le Tell Scha'f (1657 mètres), et à l’ouest, le Djébel el-Quleib (1716 mètres), le seul sommet ombragé de quelques arbres à la cime.
Au Djébel Haurân se rattache la région singulière qui l’avoisine au nord-ouest et qu’on nomme Ledjah, « refuge. » C’est l’ancienne Trar.honitide. Luc., ni, 1. Ce grand plateau, dont la surface générale est élevée de huit à dix mètres au-dessus des plaines environnantes, n’est qu’une immense coulée de lave vomie par la montagne volcanique. De forme ovale irrégulière, il est
col. 1253; Basan, t. i, col. I486. — La vallée du Jourdain garde à l est les mêmes caractères qu’à l’ouest. Un peu plus large cependant au-dessus du lac Hûléh, elle s’ouvre aussi davantage au nord-est du lac de Tibériade avec la plaine d’El-Batîhah, et au sud, dans la partie où serpente le BcherVat el-Menâdiréh. Beaucoup plus étroite, au contraire, en face et au-dessous de Béisân, elle regagne ensuite du terrain, garde une largeur uniforme jusqu’à ce qu’elle s’agrandisse avec le Ghôr es- Seisbân. Enfin, à une petite distance de l’embouchure du Zerqâ Main est le petit plateau de Sârah, incliné vers la mer Morte, entouré de hautes collines de pierre volcanique, rangées en hémicycle, et dont le fond de lave est en partie recouvert d’une terre noire. — Les vallées dont est semé le haut plateau du Djôlân, de V Adjlûn et du Belqa' , n’ont rien qui les distingue; plusieurs seront signalées en même temps que les rivières.
C) Hydrographie. — 1° Rivières. — La région transjordane est également coupée par de nombreux ouadis, qui appartiennent tous au bassin du Jourdain et de la mer Morte. — Le Djôlân est particulièrement sillonné de torrents qui descendent de la ligne de faîte formée par les tells dont nous avons parlé. Le lac Hùléh reçoit 1 ’ouadi Bedârûs et Yoiiadi Dabûra. Au nord-est du lac
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de Tibériade, à travers la plaine d ’El-Bâtihah, qu’ils inondent en hiver, quatre canaux, les ouadis eç-Saffah, ed Dâliyéh, es-Senâm, et Djoramâyeh, déversent les eaux que leur envoient une foule d’embranchements dans la direction du sud-ouest et du sud. Sur la côte orientale, on rencontre Youadi esch-Schuqéiyif, puis Youadi es-Semak, qui coule au fond d’une large et importante vallée, et, plus bas, Youadi Fiq, appelé Enghîb à son embouchure. Mais la rivière la plus importante du Djôldn est le Nalir er-Ruqqàd, qui le contourne dans toute son étendue du côté de l’est. Parti des dernières pentes de THermon, à une altitude de plus de 1000 mètres, il reçoit bientôt les eaux de Y' Ain el- Beidâ. Son lit, d’abord peu profond, n’est plus assez large au moment de la fonte des neiges et des grandes pluies; il se creuse profondément au-dessous d eBjisr er-Ruqqàd, où il est formé comme par deux murailles perpendiculaires. La vallée s’élargit ensuite, et la rivière coule assez rapidement jusqu’à ce qu’elle s'unisse au Schéri'at el-M enâdiréh ; en été cependant, ses eaux s’évaporent avant d’arriver là. Le Nahr er-Ruqqâd, dont le cours inférieur est bordé de lauriers-roses et d’autres arbustes, reçoit à l’est Youadi Seisûn. — Le Schéri'at el-Menddiréli, ou ;< abreuvoir des Menâdireh », est ainsi appelé du nom d’une tribu qui campe sur ses rives ; c’est l’ancien H iéromax ou Yarmûk, la plus grande rivière de la Transjordane et le plus puissant affluent du Jourdain. Il joue à l’est le même rôle que le Cison à l'ouest, c’est-à-dire qu’il est le produit du drainage des eaux de la grande plaine du Haurân. Son rayon est beaucoup plus étendu, car ses ramifications les plus extrêmes partent du Djebel Haurân et viennent se rattacher à lui dans la direction de l’ouest; d’autres descendent du nord; d’autres viennent du sud ou du sud-est. Avant de recevoir ses principaux tributaires, il porte le nom d ’El-Ehréir. Ceux-ci sont le Nahr el- Allân, qui descend du nord, du plateau du Djedur, Youadi Zeizûm, qui vient de l’est, et Youadi esch- Schelaléh, du côté du sud. Après sa jonction avec le Nahr er-Ruqqâcl, il court rapidement vers le sud-ouest, débouche dans le Ghôr, et se jette dans le Jourdain, dont il égale presque la grandeur à cet endroit. L'eau du Schéri'at el-Menàdiréh est seulement un peu plus claire que celle du Jourdain et plus fraîche. — Les torrents de Y Adjlûn sont courts, n’étant que les fossés par où s’égoutte l’extrémité occidentale du plateau syrien. Signalons, en avançant vers le sud, Youadi el- 'Arab, Youadi el-Amûd, Youadi Siklab, Youadi Abu Sa id, Youadi Fahl, et Youadi Yâbis. Ce dernier, que plusieurs regardent comme le torrent de Ccirith, III Reg., xvn, 3, coule, bordé de platanes et de lauriers-roses, dans une vallée profonde et peu large, fermée à droite et à gauche, sur une grande partie de son étendue, par des rochers perpendiculaires, dont les flancs recèlent de nombreuses grottes. Les canaux qui en dérivent arrosent en maints endroits des vergers d'arbres fruitiers. Voir Caritii (Torrent de), t. il, col. 285. Plus bas, l’on rencontre Youadi Madhabia, Youadi Adjlûn et Youadi Radjib. "Vient ensuite le Nahr ez-Zerqa, ou « la rivière bleue », l’ancien Jaboc, Gen.. xxxn, 22; Jos., xti, 2, etc., le plus puissant affluent du Jourdain après le Schéri'at el-Menâdiréh. Cette rivière commence un peu à l’ouest de 'Amman, se dirige au nord-est jusqu’au Qalat ez- Zerqa , où elle reçoit les eaux abondantes de Y' Ain ez- Zerqa, fléchit ensuite au nord-ouest jusqu’à sa jonction avec Youadi Djérasch, décrit ses sinuosités d’est en ouest jusqu’à sa sortie des montagnes, incline enfin au sud-ouest pour aller, à travers le Ghôr, se jeter dans le Jourdain. Outre Youadi Djérasch, elle reçoit encore sur son parcours plusieurs courants permanents, et, en hiver, de nombreux torrents; pendant celte saison, elle devient même souvent infranchissable. Voir .Jaboc,
t. in, col. 1056. — La partie supérieure du Belqa est coupée par des torrents qui contournent ses hauteurs : Youadi Sidr, Youadi el-Abyad, Youadi er-Retem, Youadi Abu Tara. Plus important est Youadi Nitnrin , qui prend naissance près du Sait, au cœur des montagnes du Galaad méridional, à une source abondante. 11 porte le nom Youadi Scha'ib avant d’entrer sur le territoire de Tell-Nimrin. Cette rivière, sur un parcours de six à sept kilomètres, arrose de nombreux vergers plantés sur ses rives; en approchant du Ghôr, son courant, plus rapide, n’arrose plus qu’une double haie de lauriers-roses. Voir Nemriji (Eaux de), col. 1581. Plus bas est Youadi Kefrein, qui a pour affluents Youadi es-Str et Youadi Hesbân. Sur la côte orientale #de la mer Morte, la seule rivière un peu considérable avant l’Arnon est le Zerqâ Ma'in, ainsi appelé de Ma'în, l’ancienne Baalméon, au-dessous de laquelle il prend sa source. Ses ramifications s’étendent très loin vers le nord-est. Enfin Youadi Modjib ou l’Arnon ferme au sud le territoire que nous étudions. Son bassin occupe la plus grande partie de la région moabite. Son principal affluent est Youadi Iieidân, qui, descendant du nord-est, l’égale presque en longueur et en importance. Du côté de l’est, il reçoit Y Enkéiléli , formé lui-même du Ledjûm et du Balû'a, et, du côté du sud, le seil es-Saidéli. La vallée du Modjib, qui ressemble à une faille énorme, creusée par quelque tremblement de terre, a, au-dessous d ’Ara'ir, une largeur de quatre à cinq kilomètres d’une crête à l’autre, et sa profondeur, du côté sud, est d’environ 650 mètres. Au fond, sur un lit de cailloux, coule le ruisseau, dont le cours est marqué par une bordure d’arbres et d’arbrisseaux. Après avoir traversé comme un corridor sinueux, creusé dans la montagne, l’eau vient s’épancher dans la mer Morte au milieu d’une jungle d’arbustes divers. Voir Arnon, t. i, col. 1020.
2° Lacs. — La région transjordane ne possède qu’un seul lac important, le Birket er-Rdn ou er-Rdm, généralement regardé comme étant le lac Phiala de Joséphe, Bell, jud., III, x, 7. Il est situé au sud-est de Banias. De forme elliptique (fig. 529), il est assez profondément encaissé entre des berges inclinées, qui peuvent avoir une soixantaine de mètres d’altitude au-dessus du niveau de l’eau; le rivage sud-ouest est presque à pic ; l’autre côté est au contraire argileux et peu élevé. Entourée de roches basaltiques et de laves, la cuvette dont il remplit le fond a dù être formée par un ancien cratère. La circonférence de ce bassin est de deux kilomètres. Malgré la présence de plusieurs sources dans le voisinage, il ne doit probablement son origine qu’à l’accumulation des eaux pluviales. Une ceinture verte de joncs et de carex s’étend à quelques mètres du bord, tandis que la partie centrale de la nappe, libre de végétation, parait remplie d’une eau profonde. Cette eau, quelquefois d’un beau bleu foncé, est le plus souvent, surtout en hiver et au printemps, absolument trouble et boueuse. Elle ne renferme pas de poissons, mais est peuplée par des myriades de grenouilles et de sangsues. On croyait autrefois qu’il y avait une communication souterraine entre ce lac et la source de Banias. Cf. Joséphe, Bell, jud., III, x, 7. Il y a longtemps que cette hypothèse est rejetée; la tradition du reste n’existe pas parmi les habitants actuels de la contrée. Nous ne parlons pas des petits lacs ou marais comme ceux qu’on rencontre, par exemple, auprès de Dilly, Tell el- Ascii ari,, El- Ad j ami, El-Mzeirib.
3° Sources. — A l’est du Jourdain, les sources sont, comme à l’ouest, inégalement réparties. Le Djôldn, comme la Galilée, doit à son voisinage des grandes montagnes syriennes les nombreuses sources qu’il possède. Dans son pourtour oriental, en suivant le cours du Nahr er-Ruqqàd, nous en trouvons plusieurs qui contribuent à alimenter la rivière. Outre la fontaine
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initiale, 'Ain el-Beida, citons 'Ain el-Asal, 'Ain Kôdana, 'Ain er-Rafid, ' Ain el-Basâléh; plus bas, sur les bords de Vouadi Hélai, tout un groupe qui s’échappe à travers des buissons de lauriers-roses; plus bas encore 'Aïn el-'Arâis, 'Ain es-Fedjdjéli, etc. Dans l’intérieur du plateau : ’Ayûn ez-Zuân, au milieu d’une belle et fertile vallée; 'Ayûn Yûsef, trois belles sources au pied du Tell Abu Yùsef, dont les eaux s’en vont dans Vouadi ed-Delhamiyéli; d’autres, 'Ayv.n Muhhladi, forment un ruisseau qui descend vers le lac Hûlcli; 'Ayûn el-Fahm, à l’entrée de Vouadi Djoramâyéh; plusieurs existent sur les bords de l’oMadi es-Sernak et de ses affluents, etc. A l’extrémité occidentale, en se rapprochant du Jourdain : 'Aïn Fit, au nord; plus bas, non loin du lac Hûléh, 'Ain et-Tineli, 'A ïn ed-Durdâra. Mais c’est principalement le territoire nord-est du lac de Tibériade qui est bien arrosé, grâce aux sources 'Aïn Musmâr, 'Ain 'Aqel, 'Ain Unim el- Ledjdjah, qui se répandent à travers la plaine. Quatre autres jaillissent, non loin du rivage, au-dessous de
pour rencontrer des sources. Là, dans certains endroits, elles jaillissent nombreuses et abondantes. Beaucoup, par leurs eaux réunies, donnent naissance à des ruisseaux ou des rivières assez considérables, eu égard surtout à l’inclinaison de leur lit et à la brièveté de leur parcours. On en rencontre dans le voisinage du Sait, d "Amman, de Vouadi Na’aur, de Vouadi Hesbdn, etc. Les plus célèbres sont celles qui jaillissent du pied du mont Nébo et portent le nom de Ayûn Mûsâ, « Fontaines de Moïse. » Elles forment, en deux groupes principaux, une oasis de fraîcheur et de verdure dans une contrée aride. Voir Asédoth, t. i, col. 1076. Dans le Glwr es-Seisbân, on trouve 'Ain el- Kharrâr, qui sourd à un kilomètre du Jourdain, cf. Betiiabara, t. i, col. 1650, et, plus bas, 'Aïn 'Arùs, environnée de roseaux, puis 'Aïn Suéiméh, dont les eaux sont chaudes. Voir Bethjésimoth, t. i, col. 1686. Les sources thermales les plus connues sont celles de Vouadi Zerqd Ma'în. Au nombre d’une dizaine, et disposées sur une longueur de quatre kilomètres environ
Kefr Hârib. Dans la plaine en Nuqra, on en signale aux environs de Nauâ, Tell el-Asch'ari, El-' Adjanxi, Mzeirib, Der'àt, Zeizûn, entre Sahem el-Djôlân et Beit-Akkar. Sur la frontière méridionale du Ledjah, sur le bord de Vouadi Qanauât, une prairie est arrosée par V Aïn Keratéh. Le Djébel Haurân en renferme aussi quelques-unes : trois au sud-est de Qanauât, Aïn Musa au pied du Qideib, et plusieurs autres qui donnent à un village situé au nord de Salkhad, son nom de 'lyûn, « sources. » On en trouve également à Bosra. Sur le cours inférieur du Scherî'at el-Menâdiréli, au coude très prononcé qu’il fait avant de tomber dans la plaine du Jourdain, l’endroit appelé El-Hamméh est remarquable par ses sources thermales. Ces eaux sulfureuses, dont la température est d’environ 55 degrés centigrades, sont très renommées chez les Arabes, comme elles l’étaient chez les Romains. Les trois réservoirs principaux se nomment Birket el- Djerab, Hanxmet es-Selîm, Hammet er-Rih; l’eau potable est fournie par 1 "Aïn es-Salchnéh ou Ain Sadd el-Fdr. L Adjlùn, quoique moins bien arrosé que le Djôlân , renferme cependant un certain nombre de sources, aux environs de Mqeis, puis non loin des rives de Vouadi él-llammâm, sur les bords de Vouadi Zerqa, etc. Le plateau du Belqa, comme au temps de Séhon et de Moïse, n’est pas riche en sources et en eau courante; les habitants ont toujours dû, pour les divers usages de la vie, recourir au système des citernes et des piscines, en dehors des rares puits qu’ils creusaient. il faut descendre dans les ravins et les vallées
elles sortent du fond d’un ravin abrupt, presque inabordable, sur la rive droite du Zerqd; leur température est de 65 à 70 degrés centigrades. Voir Callirp.hoé, t. n, col. 69. Non loin sont celles de Sàrah, dont le nombre ne peut être facilement déterminé; leurs eaux vont de 40 à 60 degrés et paraissent mêlées de substances minérales. Voir Moab, col. 1152.
3. Cisjordane et Transjordane. — Les deux régions que nous venons de décrire ont des traits physiques communs qu’il nous est maintenant facile de déterminer. Il suffit de remarquer les cotes indiquées pour voir que le plateau oriental et le sommet du plateau occidental se maintiennent dans leur ensemble à peu près au même niveau. Le premier cependant est un peu plus élevé, au moins dans les crêtes dont il est parsemé. Ainsi dans le Djôlân, trois lells dépassent de 40, 70 et près de 100 mètres le plus haut point de la Galilée. Dans VAdjlûn et le Belqa, le Djébel Kafkafâ, le Dj. Iiakart et le Dj. Oscha' sont de 50 et environ 150 mètres au-dessus du mont Hébal, qui domine Naplouse. Cependant le Djôlân a sa partie haute et sa partie basse comme la Galilée : au-dessous de la région des tells, il descend vers le SchérVat el-Menâcliréh : Fiq, par exemple, se trouve à la même hauteur que Nimrîn; mais el-Harnméh tombe à 176 mètres. Dans le Haurân, El-Mzeirib, Et-Turra, Der'ât se rapprochent du niveau des hautes collines qui avoisinent Nazareth. Au sud du Yarmuk, le terrain remonte peu à peu, et certains endroits, comme Beit er-Rds, Irbid, Txbnéh, dépassent même les points les plus élevés du Djébel
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Dahy et du Djebel Fuqû'a. Djérasch est au-dessus de Naplouse. Es-Salt, 'Amman, Khirbet Sdr, El- Al, Hesbân, Mddeba, restent, en la surpassant le plus souvent, dans l’altitude des sommets qui vont de Beïtîn à Bethléhem. Cependant la partie du plateau de Moab qui correspond au massif hébronien n’égale pas celuici en hauteur; mais, tandis que ce dernier s'abaisse graduellement au sud, vers Bir es-Seba' et Khirbet el-Milh, le premier remonte vers Kérak et plus loin. Si la ligne montagneuse qui ferme la vallée du Jou(rdain et la mer Morte à l’est est plus abrupte que celle de l’ouest, les deux pentes cependant sont fendues par des torrents assez courts. On trouve à l’est et à l’ouest, tendant vers le Gliôr, de profondes crevasses, comme les ouadis Scheriat el-Menâdiréh, ez-Zerqa, Modjib, el-Kelt et en-Nâr. Enfin des deux côtés nous avons rencontré des sources thermales. D’où viennent ces caractères communs? Quelle est l’origine de cette double région? C’est ce que la géologie nous apprendra.
Les principaux ouvrages à consulter, au sujet de la description physique, sont : Pour la Palestine cisjordane : The Survey of Western Palestine, Memoirs of the topography, orography , hydrography and archæology, 3 vol. in-4°, Londres, 1881-1883, avec la liste des noms, Arabie and english Name Lisls, in-4°, Londres, 1881; E. H. Palmer, The Desert of the Exodus, 2 in-8°, Cambridge, 1871, t. ii, p. 349-428. Pour la Transjordane : The Survey of Eastern Palestine, in-4», Londres, 1889; G. Schumacher, Der Dscliolan, dans la Zeitschrift des Deutschen Palastina- Vereins, Leipzig, t. ix, 1886, p. 169-368; traduction anglaise, The Jaulân, in-8°, Londres, 1888; Across the Jordan, in-8°, Londres, 1886; Ergebnisse nieiner Reise durch Haurân, Adschlitn und Belqa, dans la Zeitschrift der Dent. Pal. Ver., t. xvi, 1893, p. 72-83; 153-170; J. G. Wetzstein, Reisebericht ïiber Hauran und die Trachonen, in-8°, Berlin, 1860; L. Oliphant, The Land of Gilead, in-8°, Edimbourg et Londres, 1880; II. B. Tristram, The Land of Moab, 2e édit., in-8°, Londres, 1874. Pour les deux l’égions : E. Robinson, Physical Geography of the Holy Land, in-8°, Londres, 1865; F. Buhl, Géographie des alten Palàslina, in-8°, Leipzig, 1896, p. 9-51. Nous n'indiquons que les ouvrages les plus essentiels, en quelque sorte les plus techniques; ceux que nous aurons à signaler plus tard renferment souvent les mêmes détails géographiques, mais épars au milieu de récits de voyage, de questions historiques et de discussions archéologiques. Pour les monographies concernant, en particulier, le Jourdain, le lac de Tibériade et la mer Morte, voir, au point de vue bibliographique, les articles relatifs à ces noms.
iv. géologie. — 1. Les terrains. — A) Roches primitives. — La Palestine proprement dite n’offre qu’un petit spécimen des roches primitives, qui constituent le massif sinaïtique, les bords du golfe d’Akabah et une partie de la chaîne montagneuse située à l’est de l’Arabah. Dans toutes ces régions, la roche fondamentale des massifs cristallins est le granité; celui des montagnes de l’Idumée appartient généralement à cette variété qu’on appelle granité oriental, le marmor syenites des anciens. Il est recouvert par des schistes cristallins qui débutent par un gneiss à petits grains et composé de feldspath gris, de quartz et de mica noir ou bronzé. Ces formations ont été traversées, depuis leur dépôt, par des roches éruptives, telles que les granités pegmatites, porphyres quartzifères, diorites, porphyrites. La série de ces schistes anciens se termine généralement par des couches de conglomérats polygéniques, c’est-à-dire de cailloux parfois anguleux, le plus souvent roulés, de granité, de porphyre, de diorile, de gneiss, de schistes cristallins, de pétrosilex, etc. Le dernier prolongement de ces massifs cristallins et schisteux qui, du Sinaï, s’en vont en montant du côté de la
Palestine, se trouve au bord sud-est de la mer Morte. On a rencontré dans Youadi Safiyéh, tout autour de dykes de porphyrite, un conglomérat composé de granités à grains fins, de porphyre quartzifère rouge, de porphyre pétrosiliceux d’un brun rougeâtre avec cristaux blanchâtres de feldspath, de diorite et d’une roche épidotifère. Tout près, le base du Djébel Schomrah ou Schomar est formée des mêmes éléments. Voir 6g. 530, d’après E. IIull, Memoir on the Geology and Geography of Arabia Petræa, Palestine, in-4°, Londres, 1889, p. 38.
B) Carboniférien à cénomanien. — 1° Le grès du désert. — Au granité et aux schistes cristallins est parfois superposée une formation assez difficile à déterminer, qu’on appelle le grès du désert. Au Sinaï, M. Bauermann a recueilli dans ce grès le Lepidodendron Mosaicum avec des Sigillaires, et comme, pai’dessus, il existe des bancs calcaires à Procluctus avec les genres Rhodocrinus et Poleriocrinus, dont la faune,
530. — Coupe d'anciennes roches volcaniques sur les flancs du Djébel Schomrah. D’après Hull, Geology, p. 38.
retrouvée au désert égyptien, appartient vraisemblablement au sommet du carboniférien, on croit rationnel d’attribuer au Moscovien ou Westphalien la formation dont nous parlons. On l’a retrouvée dans les mêmes parages que les précédentes, au Khirbet Lebrusch, sur les bords de Youadi el-TIessi. Là, la roche, d’une épaisseur de 45 à 60 mètres, est composée d’un calcaire dur, gris foncé et brun, avec fossiles, qui repose sur le grès du désert et est surmonté par des couches de grès de Nubie, couronnées elles-mêmes par le calcaire crétacé.
2° Le grès de Nubie. — Cette assise, qui doit son nom à l’importance de son développement en Nubie, est remarquable par la variété de sa coloration, due à la présence d’oxydes de fer, de manganèse, parfois même de carbonate de cuivre. Sa puissance aux ;environs de Pétra et les merveilleuses teintes jaune, orange, rouge et pourpre qu’elle y présente pourraient, à défaut de l’épithète reçue, rattacher sa dénomination à ce point célèbre. C’est, en somme, le premier étage bien représenté en Palestine, comme on peut le constater sur la carte. Voir fig. 531. U forme, avec les massifs cristallins, la chaîne de l’Idumée, puis il se prolonge directement au nord tout le long de la côte orientale de la mer Morte et même plus haut. Suivonsen les affleurements, en reprenant la direction du nord au sud. Le grès de Nubie commence à être visible à l’entrée de Youadi Zcrqa, puis il se développe du côté de Youadi Nimrin et de Youadi Hesbân, au pied des montagnes du Belqa. Il constitue en grande partie la base des falaises orientales de la mer Morte, où il se
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présente en couches presque horizontales ou faiblement ondulées. Voir fig. 532 et la carte géologique. Il apparaît d’abord près de Vouadi Ghûéir, avec une couleur rouge et une légère inclinaison vers le sud. Plus loin, on aperçoit des grès blanchâtres superposés à des psammites rougeâtres; puis, jusqu’à 1 ’ouacli Zerqa Main, le banc continue sans interruption avec une
épaisseur qui va sans cesse en augmentant et doit atteindre plus de cent mètres. Les ouadis de la région ont tous leurs entrées taillées dans ces rochers qui, à certains endroits, présentent, de bas en haut, une succession de grès rouge, de grès verdâtre, de grès rouge et de psammites verdâtres. Du Zerqa Ma in jusqu’à la plaine de Sârali, ces grès perdent leur horizontalité et plongent vers le sud; à la base de la falaise, on trouve des grès blancs auxquels succèdent des alternances de grès et de psammites bigarrés de rouge et de vert et séparés en petites couches par des lits très
minces d’argile; viennent ensuite des grès rouges, puis des grès blancs couverts par des éboulis de basalte. La plaine de Sdrah,oi\, comme nous l’avons vu, jaillissent des sources chaudes, est formée par des dépôts d’incrustation qui recouvrent les grès; mais ceux-ci reparaissent plus loin et constituent les falaises, en reprenant leur horizontalité première, jusqu’à Vouadi Modjib .
Ce dernier coule dans une entaille étroite, profondeet tortueuse, au milieu de ces roches auxquelles la dégradation atmosphérique a donné ces formes bizarres et pittoresques. Voir Arnon, t. i, col. 1020. De ce point à la Lisdn, les grès inclinent légèrement vers le sud, disparaissent même aux approches de la presqu’ile, mais se relèvent ensuite peu à peu et forment le pied des escarpements qui bordent le Ghôr méridional au débouché des ouadis Safiyéh et Djeib. De là ils vont rejoindre le massif du Djebel Haroun.
C) Crétacé à éoc'ene. — 1° Calcaire crétacé. — La-
532. — Profil da bassin de la mer Morte dans toute sa longueur et vue des montagnes qui le bordent à l'est, depuis l’Antl-Liban jusqu’à la mer Rouge. — D'après le duc de Luynes, Voyage cl exploration a la mer Morte, Atlas, pl. i.
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formation du grès de Nubie révèle la submersion de vastes espaces sous les eaux d’estuaires ou de bassins restreints; celle des terrains que nous allons décrire indique un développement graduel, en étendue et en profondeur, de l’aire maritime, recouvrant tout à l’exception des plus hauts points des anciennes roches cristallines. La période à laquelle nous sommes arrivés est celle qu’on appelle néocrétacique. Le sédiment qui la caractérise est la craie, roche blanche friable, composée de menus débris d’organismes calcaires, globigérines, polypiers, échinodermes, bryozoaires, etc., devenus plus ou moins méconnaissables par l’action dissolvante qu’a exercée la circulation prolongée des eaux dans cette masse poreuse. Les principales divisions de cette série sont : le cénomanien, le turonien et le sénonien, dont nous signalerons les types en plusieurs endroits de la Palestine. Mais il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte pour voir comment le système crétacique forme le double plateau de laCisjordane et de la Transjordane.
a) Cisjordane. — Et d’abord les couches de marnes et de calcaires crayeux blanchâtres, avec ou sans silex, dominent dans toute la Galilée. Le Râs el-Abiad ou « cap Blanc » tire son nom de la couleur de ces roches, qui constituent la chaîne de collines qu’il termine. On a recueilli là une grande huître, probablement 1 ’Ostrea vesicularis, une Janire, Janira tricostata, un Hemiaster, des baguettes fort allongées de Cidaris et un Peclen. Les mêmes couches se retrouvent aux environs de Nazareth, qui est adossée à des collines de craie blanche très tendre et sans silex, au Carmel, où elles renferment des silex à certains niveaux. Au point où cette dernière chaîne se rattache aux montagnes de Samarie, le terrain prend un grand développement. A Djenîn, ces calcaires friables contiennent de nombreux nodules de silex. Aux alentours de Sébastiyeh et de Naplouse, comme en d’autres points du massif samaritain, les marnes blanches sont recouvertes par des calcaires gris compacts avec nummulites. Les silex se développent de plus en plus vers le sud et forment des bancs assez épais. Dans la Judée, le grès de Nubie supporte une puissante assise de calcaires gris, de marnes et de dolomies, avec des fossiles en partie identiques à ceux qui, en Algérie et en Europe, caractérisent le cénomanien: les oursins, Heterodiadenia lybicum, Holeclypus Lar teti, Hemiaster balnensis, etc., les huîtres, Exogyra Manneli, flabellata et olisiponensis ; les ammonites, Acanthoceras rotomagense et harpax; à la partie surieure sont des calcaires à rudistes et nérinées. C’est dans ces couches que sont creusées les grottes naturelles du pays, qu’on a taillé les chambres sépulcrales, et qu’en certains endroits les ermites ont établi leurs demeures souterraines; c’est de là qu’on a extrait la pierre à bâtir de Jérusalem. A l’horizon des rudistes et des nérinées succèdent des couches qui, par leur riche faune, représentent bien l’étage sénonien. Elles dominent comme enveloppe du terrain, au moins sur les pentes qui s’abaissent vers la mer Morte. La partie inférieure se compose de marnes crayeuses tendres, d’un blanc jaunâtre, qui alternent avec des bancs de calcaire de même couleur, ou, comme dans le désert de Juda, des bancs dolomitiques gris. Dans la partie supérieure de puissants lits de silex se trouvent souvent entre les marnes crayeuses blanches. Ces bancs de marne renferment en certains points une extraordinaire richesse de restes organiques, particulièrement des fossiles des genres Leda, Nucula, Dentalium, Baculites, etc., et de poissons. La présence de tels débris dans cet horizon a son importance, parce qu’elle peut être en relation de causalité avec les substances bitumineuses qu’on rencontre en Palestine, spécialement sur la côte occidentale de la mer Morte. Là, en effet, dans les parties inférieures et moyennes du sénonien, existent des calcaires hrumineux noirs, plus ou moins riches en bitume. La
plus connue de ces roches est celle que les Arabes appellent hadjar Mûsa, « pierre de Moïse, » et que les chrétiens de Bethléhem travaillent sous le nom de pierre de la mer Morte. Au milieu des marnes crayeuses blanches qui apparaissent, par exemple, dans les environs de Zûéirah elfôqâ, on voit des bancs de gypse compacte, terreux, coloré en jaune très clair ou en brun et parsemé en certains endroits de quelques veinules d’un vert très vif et très beau. Entre le cénomanien et le sénonien, le turonien, autant qu’on peut le distinguer des précédents, donne, aux environs de Jérusalem, la pierre qu’on appelle le mizzi supérieur ou mizzi helu, c’est-à-dire « doux, tendre ». C’est un calcaire à rudistes, principalement Sphærulites syriacus, mais plus encore à nérinées, comme Nerinea Requieniana d’Orbigny, N. cf. Fleuriausa d’Orb. et Trochactæon ( Actæonella ) Salomonis Fraas, etc. Voici, en effet, comment, au point de vue géologique, on range les couches du terrain crétacique sur lesquelles est bâtie la ville sainte, et qui s’étendent aux alentours.
Au cénomanien appartiennent :
I. Le mizzi fou mezzéh) inférieur, ou la zone de l’Animonites ( Acanthoceras ) Palæstinensis n. sp. (= A. Newboldi).
IL Le mélékéh ou marbre à rudistes.
Au turonien :