‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 365 sur 389 · PARESSE · texte numérisé non relu

PARESSE

PARFUM

xix, 24; xxvi, 15; il trouve des obstacles partout, et son chemin est comme une haie d’épines, à travers laquelle il ne peut passer. Prov., xv, 19. Aussi ne faut-il pas lui parler de grosse besogne. Eccli., xxxvii, 14. Avec cela, il se croit plus sage que sept conseillers prudents. Prov., xxvi, 16. Il a des velléités de travail, mais sa main n’a pas le courage de se mettre à l’œuvre, Prov., xxi, 25, et il ne réalise pas ses désirs. Prov., xm, 4. La conséquence de la paresse est inévitable :

Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement.

Les mains croisées pour dormir un peu!

Et la pauvreté te surprendra comme un rôdeur,

L'indigence comme un homme en armes.

Prov., xxiv, 33, 34; vi, 9-11; x, 4; cf. xvm, 8; xix, 15. Nuisible à lui-même, le paresseux est désagréable aux autres comme le vinaigre aux dents et la fumée aux yeux, Prov., x, 26, comme une pierre souillée d’ordure et une boule de fiente, qui oblige celui qui les a touchées à se secouer la main. Eccli., xxn, 1, 2. Aussi le renvoiet-on à la fourmi, pour qu’il prenne auprès de ce petit animal des leçons d’activité. Prov., vi, 6. Voir Fourmi, t. ii, col. 2342. — 2° Quand les Israélites, accablés par les corvées en Égypte, demandèrent un allègement, le pharaon les accusa d’être des paresseux : nirpim attém nirpim, «paresseux, vous, paresseux! » Exod., v, 8, 17. La femme forte « ne mange pas le pain de l’oisiveté. » Prov., xxxi, 27. Le serviteur qui a enfoui les talents au lieu de les faire valoir est traité de méchant et de paresseux. Malth., xxv, 26. Saint Paul rappelle à Tite, i, 12, que les Crétois sont des « ventres paresseux, » c’est-à-dire des hommes de bonne chère et de nonchalance. Voir Cretois, t. n, col. 1116. Il est recommandé aux chrétiens de n’ëtre pas paresseux en bonnes œuvres, Heb., vi, 12, et de relever les mains languissantes et les genoux défaillants, c’est-àdire de réveiller les activités endormies. Heb., xii, 12.

H. Lesètre.

PARFUM (hébreu : mêrqdhâh, mirqahat, roqah riqqihim, tamrùq, sémén, « l’huile parfumée; » Septante : Ougiag.a, vj8u<j|j.a, àpwu.a, |x-jpov ; Vulgate : aronia, unguentum, odoramentum), substance provenant d’ordinaire de certains végétaux et exhalant une odeur sublile, agréable, forte, pénétrante, à des degrés divers, selon la puissance ou la préparation de la matière première. — Les parfums peuvent être simples ou composés, suivant qu’on les laisse isolés ou qu’on les mélange. On les prépare soit pour être bridés, comme l’encens, soit pour imprégner l’huile qui sert aux onctions, voir Oxction, col. 1805, soit pour se dégager à l’air libre et ainsi embaumer un lieu, un meuble, etc. Sur les différents végétaux qui entrent dans la composition des parfums, voir Aloès, t. i, col. 400; Astragale, t. i, col. 1188; Baume, t. i, col. 1517; Casse aromatique, l. il, col. 335; Cinnamome, t. n, col. 770; Encens, t. ii, col. 1768; Galbanum, t. ni, col. 20; Ladanum, t. iv, col. 29; Myrrhe, t. iv, col. 1363; Nard, t. iv, col. 1478; Safran; Styrax. On employait le nard recueilli par un coquillage, l’onyx. Voir Onyx, t. iv, col. 1822.

I. Les parfums chez les anciens. — 1° Les anciens orientaux, comme ceux d’aujourd’hui, ont toujours eu une grande prédilection pour les parfums. « Le Créateur, qui place d’ordinaire le secours à côté du besoin, le remède à côté du mal, n’a-t-il pas mis sur le sol de l’Orient la plupart des végétaux qui produisent des parfums pour combattre la putréfaction, les odeurs malsaines, les insectes incommodes, que la chaleur et les autres conditions y développent avec tant de facilité? Aussi les parfums sont-ils pour l’indigène une des nécessités de la vie. Toutes les grandes villes, le Caire, Damas, etc., ont leur bazar aux parfums. » Jullien, L'Bgypte, Lille, 1891, p. 255. Dès les plus anciens temps, on en faisait grand commerce. Les Ismaélites auxquels

Joseph fut vendu par ses frères transportaient de Galaad en Égypte une cargaison d’astragale, de baume et de ladanum. Gen., xxxvii, 25. Les Égyptiens faisaient une très forte consommation de parfums pour le culte de leurs dieux et l'embaumement de leurs morts. La plus grande partie leur venait de l’Arabie et de la Palestine orientale. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. ii, p. 10-19. Plus tard, les marchands de Saba et de Rééina apportaient à Tyr les meilleurs aromates pour les échanger avec des objets manufacturés. Ezech., xxvii, 22. Cf. Apoc., xvm, 13. — 2° Le goût des parfums se répandit à Jérusalem particulièrement â l’époque de Salomon. La reine de Saba en offrit au roi une quantité telle qu’on n’en vit jamais d’aussi grande dans le pays. III Reg., x, 2, 10; II Par., ix, 1, 9. A partir de ce moment, on lui en apportait annuellement, sous forme de tribut volontaire, soit de la Palestine, soit de l’étranger. III Reg., x, 25 ; II Par., ix, 24. Ces parfums étaient gardés dans le trésor royal. Parmi les objets de prix qu’Ézéchias montra avec tant de complaisance aux envoyés du roi de Babylone, se trouvaient les aromates et l’huile de prix, au même titre que l’or, l’argent et les armes. IV Reg., xx, 13; Is., xxxix, 2. — 3° Dans l’éloge de l’Épouse du Cantique, il est constamment fait mention de parfums et d’aromates, symboles de ses charmes et de ses qualités. Cant., i, 3; ni, 6; iv, 10, 16; v, 1, 13; vin, 14. On parfumait d’aromates l’huile et le vin, même à grands frais, Prov., xxi, 17, et l’on trouvait que ces prépations réjouissaient le cœur. Prov., xxvii, 9. — 4° L’introduction des coutumes grecques et romaines en Palestine contribua encore à vulgariser le goût et l’usage des parfums dans la toilette et les divers soins du corps. « Les parfums étaient généralement fabriqués avec des substances que Rome recevait de l’Égypte, de l’Arabie, de l’Inde... Le jonc odorant fournit un des parfums les plus communs et les moins estimés; il ne coûtait guère que 12 à 13 francs la livre. Outre les odeurs que l’on lirait directement des plantes, il existait beaucoup de parfums composés. Les plus recherchés étaient le megalium, le telinum, de Télos, le malobathrum, de Sidon, le nardum, surtout celui de Perse, Vopobalsamum, etc. Le cinnamome coûtait au moins 246 francs la livre... Les parfums étaient renfermés dans des ilacons d’albâtre (alabaslra) ou dans des vases d’onyx; on les conservait dans l’huile et on les colorait en rouge avec du cinabre ou de l’orseille. Les bains étaient souvent parfumés; les chambres et les lits étaient arrosés de parfums. Au moment des représentations scéniques, le théâtre était également parfumé avec du safran, de la cannelle, du cinnamome. On ajoutait même des parfums aux vins les plus estimés. On allait jusqu’à en mettre dans l’huile des lampes. » Rouyer, Éludes médicales sur l'ancienne Borne, Paris, p. 110, 111. Plusieurs de ces traits se retrouvent dans la Sainte Écriture.

IL Usage des parfums. — 1° Liturgie. — 1. Au désert, les Hébreux durent apporter à Moïse des aromates pour la confection du parfum liturgique. Exod., xxv, 6. Moïse composa d’abord une huile parfumée pour faire les onctions sacrées : elle comprenait 500 sicles de myrrhe vierge, 250 de cinname odorante, 250 de canne odorante, 500 de casse et un hin d’huile d’olive. Exod., xxx, 23-24. Avec d’autres aromates, il composa un second parfum destiné à être brûlé sur un autel spécial : ce parfum comprenait des aromates, styrax, onyx odorant, galbanum, et autant d’encens très pur, auquel on ajoutait un peu de sel. Ce parfum, considéré comme très saint, ne pouvait être imité pour l’usage privé sous peine de retranchement (sorte d’excommunication); cf. Exod., xxx, 34-38; xxxi, 11; xxxv, 15, 28; xxxvii, 29; xxxix, 38; Lev., xvr, 13; II Par., n, 4, H rappelle le kyphi ou parfum sacré des Égyptiens.

PARFUM

VoirManéthon, dans Historié, græc. fragm., édit. Didot, n. 84, p. 616; V. Loret, Le Kyphi, parfum sacré des Égyptiens, dans le Journal asial., juillet-août 1887, p. 26-132. Il convenait que les Hébreux offrissent au vrai Dieu au moins les mêmes hommages extérieurs que les Égyptiens à leurs fausses divinités. Or ceux-ci étaient prodigues de parfums vis-à-vis de leurs idoles. Les monuments représentent très fréquemment l’offrande de parfums faite aux dieux par les rois, t. n, fig. 566, col. 1778, et par les particuliers (lig. 570). Pour son compte, d’après le grand papyrus Harris, dans les Records of tlie pasl, t. vi, p. 45, 46, Ramsès III présenta au temple de ses dieux 62 amphores d'encens blanc, 308093 mesures d’encens, 93 amphores et 1100 hins de baume doux, 778 amphores d’encens à brûler, 31 amphores

pureté et «l’incorruptibilité. Cf. Bahr, Symbolik des mosaïschen Cultus, Heidelberg, 1837, t. i, p. 458-470. Dans l'Apocalypse, v, 8, les parfums qui remplissent les coupes d’or figurent les prières des saints. — 3. Dans la suile, les Israélites ne s’en tinrent pas aux prescriptions si simples de Moïse. Ils ajoutèrent sept autres composants aux quatre premiers : la myrrhe, la casse,, le nard, le crocus, le costus, le roseau aromatique et le cinnamome. De fait, Isaïe, xliij, 23, et Jérémie, vi, 20, mentionnent le roseau aromatique avec l’encens parmi les parfums offerts au Seigneur. L'auteur de l’Ecclésiastique, xxiv, 15, semble associer aux quatre éléments du parfum mosaïque la cannelle, le baume et la myrrhe. Cf. Gern. Kerithoth, 78, 1 ; G cm. Jer. Yoma, 41, 4. D’autres y introduisirent encore une substance

570. — Panneau en bois doré représentant deux adorateurs d'Osiris et de la déesse Vérité à qui ils offrent des parfums.

Musée du Louvre.

de baume rouge, etc. On faisait en effet une grande consommation de parfums dans les sacrifices et dans les fêtes (fig. 571). Dans la liturgie hébraïque, les parfums étaient employés avec moins de prodigalité, sans doute, mais avec plus de méthode et de régularité. — 2. 11 n’y a pas lieu de s’arrêter à l’idée grossière que ces parfums aient été destinés à corriger la mauvaise odeur de tant de victimes sacrifiées et consumées dans

571. — Prêtre offrant de l'encens au son de la musique à la fête de l'inondation du Nil. Musée de Leyde. — D'après Wilkinson, Manners, 2- édit., t. in, fig. 600, p. 399.

le sanctuaire. Les sacrifices avaient lieu en plein air et toutes les précautions étaient prises pour maintenir en parfait état de propreté le lieu oû ils s’offraient. Les parfums sacrés représentaient symboliquement la présence de Dieu et son esprit, qui renferment toutes choses comme l’air qu'on respire, et son nom, identique à sa personne. Cant., i, 3. Les éléments composant le parfum sacré étaient au nombre de quatre, comme les côtés de l’autel et du sanctuaire et les lettres du nom de Jéhovah. Le sel qu'on y ajoutait marquait la

appelée ambre du Jourdain, une herbe qui avait la propriété de faire monter la fumée perpendiculairement, et du sel de Sodome, qui, paraît-il, desséchait mieux les parfums. Tous ces éléments devaient, d’après la loi, Exod., xxx, 36, être réduits en poudre. On se servait pour cela d'un mortier d'airain, On préparait le parfum dans le parvis, et l’on en confectionnait pour toute l’année 368 livres. On recommençait l'opération quand la moitié du parfum était brûlée. Les docteurs n’avaient d’ailleurs pas manqué de détermiuer dans quelle proportion exacte chaque parfum devait figurer dans l’ensemble. Sur 368 livres, il y avait cependant 280 livres des éléments indiqués par Moïse; ils y entraient chacun, pour un quart. Cf. Gem. Schebuotli, 10, 2; Gem. Keritholh, f. 28, 1; Reland, Antiquitates sacræ, Utrecht, 1741, p. 22, 23. — 4. Chaque jour, malin et soiç, 1& parfum était brûlé sur l’autel destiné à cet usage. Voir Autei., t. i, col. 1271. L’offrande du parfum avait lieu, le matin, après que l’agneau du sacrifice perpétuel avait été immolé et avant qu’il fût placé sur l’autel desholocaustes, le soir, après qu’il avait été mis sur l’autel et avant la libation. Cf. Yoma, ni, 5; Philon, De viclimis, 3, édit. Mangey, t. ii, p. 239. Le prêtre auquel était dévolue la charge de présenter le parfum prenait une coupe, kaf, d’or, munie d’un couvercle, et dans laquelle se trouvait une coupe plus petite contenant le parfum. Un autre prêtre recueillait des charbons ardents sur l’autel des sacrifices avec des pincettes d’argent et les plaçait dans un chaudron en or. Tous deux s’avançaient alors jusqu’au fond du Temple. Celui qui portail les charbons les versait sur l’autel des parfums, se prosternait pour adorer et ensuite se retirait. L’autre alors tirait la petite coupe de la grande, tendait cette dernière à un troisième prêtre, et répandait le parfum sur les charbons. Puis, il se prosternait pour adorer et se retirait. Cf. Tamid, v, 4, 5; vi, 3; vu, 2; Yoma, iv, 4. Pendant que cette cérémonie s’accomplissait, les prêtres se tenaient dans l’attitude de la prière, et un

PARFUM

P A R ISIENSIS (CODEX)

signal était donné au peuple qui remplissait les parvis pour qu’il unît sa prière à celle des ministres sacrés. Cf. Iken, Anliquitates hebraicæ, Brème, 1741, p. 286, 287; Schürer, Geschichte des jüdisehen Volkes im Zeit. J. C., Leipzig, t. n, 1898. p. 296, 297. D’après le récit de saint Luc, i, 9, 10, 21, on voit que le prêtre chargé d'offrir le parfum à « l’heure de l’encens » était désigné par le sort parmi ceux dont la série était de service ce jour-là. il entrait dans le sanctuaire pour remplir cet office, et, pendant ce temps, toute la multitude du peuple se tenait en prière. La cérémonie durait quelques instants; aussi s’étonna-t-on que Zacharie restât plus longtemps qu’on ne faisait d’ordinaire.

2° Toilette. — 1. A partir de Salomon, les parfums furent très employés dans la toilette des riches, surtout sous forme d’huile parfumée. Prov., xxi, 17; IV Reg., xx, 13. Amos, vi, 6, constate que les riches se parfumaient d’huiles exquises. Judith, xvi, 10, oignait son visage d’huile parfumée. A la cour de Suse, Esther suivait le traitement prescrit aux femmes du harem royal, six mois avec de l'huile de myrrhe, six mois avec des aromates et d’autres parfums. Esth., n, 12. — 2. Ceux qui menaient joyeuse vie se couvraient de parfums. Sap., n, 7. Les prostituées d’alors, comme celles de tous les temps, abusaient des parfums violents. Is. , lvii, 9; Ezech., xxm, 41. La séductrice ne manquait pas de parfumer sa couche de myrrhe, d’aloès et de cinnamome. Prov., vil, 17. On leur rappelait que bonne réputation vaut mieux que bon parfum. Eccle., vii, 1, — 3. A l’époque évangélique, les onctions d’huile parfumée étaient très usuelles. Voir Onction, col. 180.'). Dans la maison du pharisien, la pécheresse apporta un vase de parfum et en oignit les pieds du divin Maître. Celui-ci remarqua que son hôte avait manqué à l’un des devoirs de l’hospitalité en ne répandant pas l’huile parfumée sur sa tète. Luc., vu, 37, 38, 46. A Béthanie, le Sauveur reçut sur la tête une nouvelle onction de nard très précieux, valant plus de trois cents deniers et il loua Marie-Madeleine d’avoir rempli vis-à-vis de lui ce pieux devoir. Matth., xxvi, 7, 10; Marc., xiv, 3,5, 6; Joa., xii, 2, 5, 7.

3° Sépulture. — Le corps de Jacob fut enseveli avec des parfums, à la manière égyptienne. Gen., l, 2, 3. Il en fut de même pour le corps de Joseph. Gen., l, 26. Voir Embaumement, t. ii, col. 1724. — 2. Les parfums et les aromates servirent également à la sépulture du roi Asa, Il Par., xvi, 14, et, sans nul doute, à la sépulture des autres rois. Voir t. n, col. 1728. — 3. L’Évangile parle des premiers soins donnés au corps de Notre- Seigneur après sa mort. On y employa les aromates, la myrrhe, l’aloès et d’aulres parfums. Marc., xvi, 1; Imc., xxm, 56; xxiv, 1; Joa., xix, 40. Voir t. n, col. 1729. Saint Jean, xix, 39, parle d’un mélange de 100 livres de myrrhe et d’aloès. .Tosèphe, Ant. jud-, XVII, vm, 3, raconte qu’aux funérailles d’Hérode cinq cents esclaves portaient des aromates, ce qui suppose une quantité bien plus considérable que pour Notre- Seigneur. 11. Lesètre.

PARFUMEUR (hébreu : roqêah, raqqâ h; Septante : jj.vp£>j/éç; Vulgate : unguentarius), celui qui prépare les parfums. — Des lévites étaient spécialement désignés pour la préparation et la garde du parfum liturgique. Le texte sacré parle de 1’ « art du parfumeur », l.xod., xxx, 35, parce qu’il fa liait de l’habileté pour préparer les substances aromatiques et faire le mélange convenable. A l’époque royale, il y avait des lévites chargés de veiller sur l’encens et les aromates, et des fils de prêtres ayant la fonction de composer des parfums aromatiques. 1 Par., ix, 29, 30. Après la captivité, on trouve tin Ananie, appartenant à la corporation des parfumeurs. II Esd., ni, 8. Dans les derniers temps,

■d apres Schekalim, v, 1, la famille Abtinas, dont une

des chambres du Temple portait le nom, était spécialement chargée de préparer le parfum liturgique. Cf. Yoma, i, 5; Tamid, i. 1; Middoth, i, 1. Les membres de celte famille se transmettaient les secrets techniques de cette préparation et étaient réputés pour leur habileté à trouver l’herbe qui faisait monter droit la fumée. Le traitement de l’onyx odorant réclamait aussi une attention particulière, pour le débarrasser des impuretés qu’avait pu lui faire contracter son origine animale. — D’autres parfumeurs travaillaient pour les usages profanes. Déjà Samuel avertit les Israélites que, s’ils veulent un roi, celui-ci prendra leurs filles pour parfumeuses, cuisinières et boulangères. I Reg., vm, 13. On n’a pas de renseignements sur la manière dont les anciens préparaient leurs parfums. D’ailleurs les parfumeurs cachaient avec soin les receltes qu’ils se transmettaient et dont ils tiraient profit. On rencontre dans Job, xli, 22, une allusion à cetle préparation. L’auteur dit, en parlant du crocodile :

Il fait bouillonner l’abîme comme une chaudière,

11 fait de la mer un vase de parfums.

Sans doute, le saurien a une odeur de musc assez prononcée; mais le parallélisme indique que l’auteur a surlout en vue le bouillonnement des eaux. Par l’effet des mouvements agiles du crocodile, les eaux bouillonnent comme, dans une chaudière, le liquide qu’on veut saturer de l’odeur des parfums par une ébullition prolongée. « Une mouche morte infecte et corrompt l’huile du parfumeur. » Eccle., x, 1. Aussi celui-ci veillait il sur ses préparations pour les préserver de toute altération.

H. Lesètre.

PARIS François, théologien français, mort à Paris, le 17 octobre 1718. Il était curé de Saint-Lambert près de Port-Royal-des-Champs quand il donna sa démission pour devenir vicaire de Saint-Étienne-du-Mont, à Paris. Parmi ses écrits on remarque : Les Psaumes en forme de prières, paraphrase, in- 1 2, Paris, 1690 : cet ouvrage qui eut plus de dix éditions fut fait avec la collaboration de Vincent Loger, curé de Chevreuse; L’Evangile expliqué selon les Pères, les auteurs ecclésiastiques et la concorde des quatre Lvangélisles, 4 in-8°, Paris, 1693-1698. Voir Quérard, La France littéraire, t. vi, 1834, p. 596; Hurler, Nomenclator literarius, t. il, 1893, col. 931. B. Heurtebize.

PAR1SIENSSS (CODEX). Parmi les nombreux manuscrits bibliques qui ont porté le nom de Parisiensis, il en est deux qui sont encore généralement désignés de la sorte.

I. Le premier est un fragment de Psautier grec oncial du IXe ou xc siècle, conservé à la Bibliothèque nationale, grec 20. Il comprend quarante feuillets et renferme Ps. xci, 14-cxxxvi, 1, avec deux lacunes (Ps. ex, 7-cxii, 10 et cxvii, 16-cxxvi, 4). Lagarde le désigne par la lettre W, Holmes-Parsons par le numéro 43.

IL Le second, appelé aussi Begius, est un manuscrit oncial du vme siècle (Biblioth. nation, grec 62). 11 compte 257 feuillets de fort parchemin, est écrit sur deux colonnes de vingt-cinq lignes et renferme les quatre Évangiles sauf Matth., iv, 22-v, 14; xxvm, 17-20 ; Marc., x, 10-30; xv, 2-20; Joa., xxi, 15-25. Il est désigné en critique par la lettre L; von Soden lui attribue le symbole e 56. — Bien qu’il soit écrit négligemment, avec de nombreuses fautes d’orthographe, d’accentuation et de ponctuation, que la calligraphie manque d’élégance (le <I> surtout est proportionnellement énorme), que ses ornements soient d’assez mauvais goût, L est un des codex les plus célèbres des Évangiles parce qu’il a des rapports très frappants avec les grands onciaux. M. von Soden qui vient de l’étudier avec soin, Die Schriften des neuen Testaments in ihrer ültesten erreiclibaren Textgeslalt, t. i, 2e partie, Berlin, 1905, p. 958-966, le range avec

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