LA MONNAIE FRAPPÉE DES MACEARÉES. — Le droit
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de frapper monnaie fut toujours considéré comme un droit régalien. Les rois de Syrie autorisèrent cependant certaines villes, auxquelles ils concédaient en môme temps le titre de villes libres, à frapper de la monnaie. E. Babelon, Catalogue des monnaies de la Bibliothèque nationale, Les rois de Syrie, in-4°, Paris, 1890, p. cxi. En 143-142 av. J.-C., Antiochus VII Sidetes accorda ce droit à Simon Macliabée. « Je te permets, dit-il, de frapper de la monnaie à ton coin, dans ton pays. » En même temps il proclamait Jérusalem ville libre et sacrée. I Mach., xv, 6-7. Les anciens numismates depuis Eckhel jusqu’à Madden ont attribué à Simon Machabée un certain nombre de monnaies d’argent et de bronze qui furent trouvées surtout dans deux cachettes à Jérusalem et à Jéricho, Th. Reinach, Les monnaies juives, in- 16, Paris, 1888, p. 20, 45-49, suivi en cela par d’autres, notamment par E. Babelon, Les rois de Syrie, p. CXLiv, ont combattu cette opinion et ont reporté ces monnaies à l’époque de la première révolte juive contre les Romains, c’est-à-dire au temps de Vespasien. Leur principal argument était la présence de monnaies d’argent. Le monnayage de l’argent, disaient-ils, était réservé aux rois de Syrie; ceux-ci n’ont jamais accordé aux cités libres que le droit de frapper des monnaies de bronze. Cela est vrai pour les villes qui continuaient à faire partie du royaume de Syrie, mais aucun texte ne prouve qu’il ne pouvait en être autrement des Etats indépendants. Dans la traduction anglaise de son livre qui a pour titre The Jeivish Coins, in-16, Londres, 1903, p. 9-15, M. Th. Reinach est complètement revenu sur sa première opinion et attribue, comme Madden et ses prédécesseurs, les monnaies dont il s'agit à Simon. Il donne pour raisons, le poids des sicles, qui est de 14 grammes, c’est-à-dire qui ont le poids tyrien en usage au temps des Machabées et qui ne l’était plus au temps de Vespasien ; le caractère des inscriptions qui sont en lettres dites samaritaines ou phéniciennes; enlin le fait qu’on a trouvé des monnaies de cinq années et que la révolte du temps de Vespasien n’a duré que quatre ans. Il serait du reste extraordinaire que Simon n’eût pas usé du droit de monnayage et, si ces monnaies ne sont pas de lui, on n’en possède aucune. Ces monnaies portent au droit une coupe avec l’inscription hébraïque en caractères dits samaritains : « Sicle ou demi-sicle d’Israël, » au revers un lys à trois fleurs avec l’inscription : « Jérusalem la Sainte. » Au-dessus de la coupe au droit est marquée l’année par un s, initiale du mot sénat, année, et le chiffre à partir de l’an 143-142, ère delà liberté. L’inscription : « Jérusalem la Sainte » (lig. 320-321), rappelle celle de Tyr, Tüpou Up xç. On
C20. — Sicle de Simon Macliabée. — bNlïH bpttt (en caractères phéniciens) ; « sicle d'Israël. » Coupe surmontée de N ; grenetis. — lîj. nvnp n>bwn> ;« Jérusalem la sainte ; » lys fleuri ; grenetis.
possède des sicles des années 1 à 5 et des demi-sicles des quatre premières années. Il existe des monnaies de bronze absolument semblables aux monnaies d’argent. Madden, p. 65-71. — Le premier prince asmonéen dont le norn ligure sur les monnaies est Jean Hyrcan Ier (135-106 avant J.-C.). On ne possède de lui, comme de ses successeurs du reste, que des pièces de bronze. Celles qu’on considère comme les plus anciennes portent au droit l’inscription « Jean le grand-prêtre et la communauté des Juifs », et au-dessus la lettre A. Mad-
den, p. 76, y voit l’initiale d’Alexandre II Zebina,roi de Syrie et suzerain de la Judée. Ce peut être aussi le
321. — Demi-sicle de Simon Machabée. — TpV7“ 5xn ; « demisicle. » — Revers semblable à celui de la fig. 320.
chiffre 1, date de l’année. Le sens du mot hébér est très controversé. Certains numismatistes lui donnent le sens de -yspouuia, conseil des anciens. Madden, p. 77. D’autres au contraire, et c’est le plus vraisemblable, traduisent ce mot par : communauté. Ce serait alors l’équivalent du grec xoivév ou iroX'Twga. Cf. II Mach., xii, 7; Corpus inscr. græc., t. iii, n. 5361; E. Nestle, dans la Zeitschrift fur die Alttestam. Wissenschaft, 1895, p. 288-290. Voir Jean Hyrcan, t. ni, fig. 211, col. 1155. Les monnaies suivantes portent au droit la même inscription sans la lettre A. Madden, p. 78-79. Enfin d’autres donnent à Jean le titre de Llo's hébér, prince de la communauté, ce qui équivaut au grec Èôvâpyr,;. Madden, p. 80 (fig. 322). Voir Ethnarque, t. n, col. 2033. Le type du
322. — Monnaie de Jean Hyrcan. — vno bll” ]n;n D*[ri]n>n "nn. « Jehokanan le grand-prêtre, chef de ta communauté des Juifs, » dans une couronne de laurier ou d’olivier. — fl). Deux cornes d’abondance et une tète de pavot.
revers, les deux cornes d’abondance, figure d’abord sur les monnaies des rois d’Égypte, en particulier sur celles d’Arsinoé, femme de Ptolémée Philadelphe, et les rois de Syrie l’adoptèrent, probablement à l’occasion d’un mariage avec une princesse égyptienne. Jean Hyrcan l’emprunta à Alexandre II Zebina. Mionnet, t. v, p. 83, n. 730-731 ; E. Babelon, Les rois de Syrie, p. cxvm, clii. — Le successeur de Jean Hyrcan, Aristobule (105-104), frappa des monnaies du même type que les précédentes seul le nom change. Sur ces monnaies il prend le nom juif de Judas. Madden, p. 82. Voir Machabées, fig. 457, col. 483. — Les monnaies d’Alexandre Jannée (104-78) sont très nombreuses. Elles peuvent se ranger sous quatre types :
1° Les monnaies à la fleur. Ces monnaies portent au droit une fleur entr ouverte (fig. 323) ou une palme avec
323. — Monnaie d Alexandre Jannée. — "port ]ru*. « Jonathan le roi. » Fleur épanouie. — R). BAEIAEBE aAESANAPOï. Ancre à deux traverses entourée d’un cercle.
l’inscription hébraïque : « Jonathan le roi, » entourée d'un grenetis, au revers l'inscription grecque : BAÏI- AEQS AAESANAPOY avec une ancre dont la partie supérieure a deux traverses. L'inscription grecque manque sur le revers de celles qui ont au droit une palme (fig. 324). La frappe de ces monnaies fut probablement une des causes du conflit avec les pharisiens,
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Voir Machabées, t. ix, col. 484. La fleur du droit ressemble à celle du revers de quelques petits bronzes