‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 52 sur 389 · MO RÉ II (CHÊNE DE · texte numérisé non relu

MO RÉ II (CHÊNE DE

encore. On l’a pris aussi pour un équivalent de morlâh dont celui-ci serait le féminin. Cf. Math. Poli, Synopsis criticorum, Francfort-sur-le-Main, in-f°, 1712, col. 134- 135; Gesenius, Thésaurus, p. 627, 819; Vercellone, Variée lectiones Vitlgatæ latinæ Bibliorum, in-4°, Rome, 1860-1862, t. i, p. 513-514; t. n, p. 106-107.

1. MQRÉH (CHÊNE DE) (hébreu : 'Êlôn Môrêh, Gen., xn, 6; ’êlônê (pluriel), Deut., xi, 30; Septante : 8o0?

; Vulgate : vallis illus tris, Gen., xm, 5; vallis intrans et tendens procul, Deut., xi, 30), territoire près de la ville de Sichern où était un chêne célèbre.

I. Nom et situation. — Il est évident que ’ÊLôn-Môréh désigne un petit territoire des alentours de Sichem; mais ce nom, pour les Septante, les plus anciens traducteurs de la Bible et les plus à <même de connaître la signification du mot 'êlôn, est tout d’abord celui d’un « chêne » ou d’un « bouquet de chênes», ’êlônê. C’est le chêne qui aura donné son nom à la région où il était planté. La signification de « vallée », vallis, ou « vallée bordée de collines », convallis, Gen., xm, 18, donnée par la Vulgate à ce mot, est celle que lui attribuent le Targum d’Onkélos, le rendant, Gen., xii, 6, par niêsar, et Deut., xi, 30, par mêsrê, « lieu plat, » et, après lui, généralement tous les interprètes juifs. La version samaritaine a adopté la même traduction. La Pescliito, la version arménienne, l’ancienne version latine, et celles en général qui suivent les Septante, voient aussi dans ’ Elôn « un chêne ». La version arabe qui y reconnaît, Gen., xii, « des chênes, » ballout, y voit « des prairies » ou des « campagnes», moroudj. Deut., xi, 30. La Vulgate elle-même admet la signification de « chêne ». Jud., ix, 6. Le 'élôn mflssdb ’âsér bi-Sekém de ce verset est pour elle quercum quæ stabat in Sichem, « le chêne planté à Sichem. » Tandis que les autres traducteurs ont lu « le chêne de la station » (Septante), « le chêne de Maspha » ou « de l’observatoire » (Syriaque et Arabe), ou encore « le chêne de la stèle » (Targum de Jonathan) ; la Vulgate a vu dans mussâb, le participe hophal de ndsâb, « planter. » Par là saint Jérôme reconnaît que l’Écriture elle-même donne à ’ êlôn le sens de « chêne », car le participe mussâb, « planté, dressé, » ne peut convenir à une plaine ou une vallée. Le ’ êlôn bi-Sekém, « le chêne de Sichem, » de ce passage ne paraît pas différent de V’êlôn Môrêh du « territoire de Sichem », meqôm Seliém, de Gen., xii, 6, ou de l 'Êlôn Môrêh situé « à côté », ’êscl, des monts Garizim et Hébal du Deut., xl, 30. Il est, selon toute apparence, identique encore à l’arbre « près de Sichem », hâ-’êldh ’âsér 'im Sekém, de Gen., xxxv, 4, sous lequel Jacob enterra les emblèmes idolàtriques de ses gens et à l’arbre « qui était au sanctuaire du Seigneur », lxâ-'êlah ’âsér be-miqdas Jehôvdh, également « à Sichem », be-Sekém, de Jos., xxiv, 26, sous lequel Josué dressa une grande pierre commémorative. Dans le premier cas, hâ-êldh est, dans toutes les versions, « le térébinthe, » et dans le second cas « le chêne », sans que l’on voie d’autre raison de cette distinction sinon que le mot ’êldh, comme 'êlôn, s’employait indifféremment pour désigner les deux espèces d’arbres, loir Mambré, col. 626, 627. En ces divers cas, sauf Jos., xxiv, 26, où le traducteur, induit en erreur par la présence du « sanctuaire du Seigneur », s’imagine qu’il s’agit de Silo, la version arabe remplace le nom antique de Sichem par le nom moderne de Nabolus, témoignant ainsi de l’identité topographique de cette localité avec la ville biblique. Suivant plusieurs interprètes, le nom de Môrêh, quelle que soit d’ailleurs son étymologie et sa signification, serait ici comme Mambré ailleurs, le nom du possesseur du lieu où se trouvait le chêne ou la chênaie de Sichem. Cf. Gesenius, Thésaurus, p. 627, 814. — Le chêne de Môrêh se trouvait dans la partie du territoire hêlqat has-Sâdéh, situé entre Salem et Sichern, et devant cette dernière ville, où Jacob, arrivant

de Sucoth de la vallée du Jourdain, à l’est, établit son campement et qu’il donna, avant de mourir, en propriété à son fils Joseph. Gen., xxxm, 18, 19; xxxv, 4. Le « domaine » de Joseph, renfermant le puits de Jacob, était près de la route passant à l’est de Sichem, conduisant par la Samarie, de Judée en Galilée et au pied de la montagne sainte des Samaritains, c’est-à-dire du Garizim. Joa., v, 3, 6, 20 : Le peuple de Sichem réuni près du chêne, pouvait entendre toutes les paroles de Jonathan, fils de Gédéon, s’adressant à lui de la montagne adjacente, ’êsel. Jud., ix, 6-7; cf. Deut., xi, 30. — Au ive siècle, on montrait « le chêne » (BâXxvoç, Balanus, ici est quercus) des Sichémites où fut créé roi Abimélech, dans la banlieue (Eusèbe; itpoaore!oiç; Jérôme : in suburbanis) de Neapolis, près du tombeau de Joseph. Onomasticon, édit. Larsovv et Parthey, p. 96, 97. Balanus semble, être le nom du lieu en usage chez les Gréco-Romains ; les indigènes parlant le syriaque devaient le nommer dans leur langue Balouta ’ et c’est sans doute ce même nom que nous rencontrons sous la forme de Balàtah, encore donné aujourd’hui à un petit village situé à moins de deux kilomètres à l’est de Nciblous (fig. 351). — La Chronique samaritaine, c. xxvii, édit. Juynboll, Leyde, 1848, p. 27, désigne le Merdj Balâtâ, comme le lieu de la grande réunion de l’armée d’Israël conduite par Josué. Au xnie siècle, les Juifs, au témoignage du géographe arabe Yaqout, rattachaient le souvenir d’Abraham, à Bulâtah, « village du district de Nciblous, où se trouve une source abondante et près duquel fut enseveli Joseph. » Mo ’agem el-Boldân, édit. F. Wüstenfeld, Leipzig, 1866- 1870, t. i, p. 710. « Baldta' est dans le champ qu’acheta Jacob,» dit le rabbin Estôri ha-Parchi, Caftor va-Phérach, édit. Luncz, Jérusalem, 1897, p. 287-288. S’il n’est pas possible de tracer les limites précises du « domaine de Joseph » ou de ’Êlôn-Môréh, sa situation du moins est parfaitement déterminée par le village de Baldta’, le puits de Jacob et le sépulcre de Joseph, trois points dont l’authenticité parait aussi certaine qu’elle peut l’être. Voir Jacob (Puits de), t. ni, col. 1075.

II. La chênaie de Môréii du Deutéronome. — TJ ’Êlônê Môrêh, près des monts Garizim et Hébal, du Deut., xi, 31, n’est-elle pas différente de Êlôn Môrêh < près de Sichem », de Gen., xn, 6, et ne faut-il pas la chercher dans la vallée du Jourdain et près de Galgala dans le voisinage de Jéricho? — D’après ce passage, en effetRes monts Garizim et Hébal sont in campestribus, bd-Arâbàh, d’après le texte massorétique, c’est-à-dire « dans la vallée du Jourdain », contra Galgalam, mûl liag-Gilgal, en face de Galgala, ou près de cette ville, selon les Septante : è-/6[j.£vov toü roXyôX, quæ est juxta vallem tendentem et intrantem procul, c’est-à-dire près, à côté de ’Êlônê Moréli, ’êçél ’Êlônê Môrêh « la vallée avançant et s’étendent au loin » de la Vulgate. Ce texte a fait le tourment des interprètes et des commentateurs. A cause de lui et du récit de la solennité inséré, Jos., vu, 30-35, entre celui de la prise de Haï et l’épisode de l'ambassade des Gabaonites, Eusèbe, saint Jérôme, saint Épiphane, le mosaïste de Médaba et un grand nombre d’autres se sont crus obligés de chercher avec l’Hébal un Garizim près de Jéricho, à côté duquel il faudrait placer le ’Êlônê Môrêh de ce verset. Cf. Garizim, t. n, col. 106-107. Le Targum d’ailleurs justifie cette interprétation et presque toutes les versions, par leur analogie avec la traduction de la Vulgate. S’il existe déjà deux Môrêh certains, l’un en Samarie et l’autre en Galilée, pourquoi n’en admettrait-on pas un troisième en Judée? dit le P. Ilummelauer, Deuteronomium, Paris, 1901, p. 274-276. Les géographes ne l’admettent cependant pas, et Buhl, avec d’autres, pour résoudre la difficulté, propose, Géographie, der allen Palâslina, Fribourg et Leipzig, 1896, p. 202-203, de voir dans la Galgala de ce passage non la Galgala voisine de Jéricho, mais une autre Galgala qu'il identifie avec le petit vil-

MORÉH (CHÊNE DE)

lage de Djeleidjü, situé à moins de 4 kilomètres au sud-est de Sàlém et qui est en réalité à peu près en lace de l’antique vallée de Sichem. Seulement aucun déterminatit ajouté au nom de Galgala n’autorise à le distinguer du célèbre Galgala de la vallée du Jourdain qui vient tout d’abord à l’esprit quand on prononce ce nom. Il en est de même de ’Elôn-Môrêh. L’épisode du livre de Josué, vin, parait du reste être une intercalation hors de son ordre chronologique, laquelle devrait avoir plutôt sa place au ch. xxne ou au XXIIIe. Le texte en question peut d’ailleurs s’interpréter sans qu’il soit besoin d’aucun des subterfuges auxquels on a eu recours.

par Moïse pour la cérémonie des bénédictions et des malédictions loin de Sichem et ailleurs qu’à Balàtdh.

III. Description. — Balàtdh est un tout petit village de moins de vingt maisons arabes, à voûte et terrasse, bâti au pied du Djébel Tôr, l’antique Garazim, au nord, là où la montagne vient de fléchir d'est à ouest, en lace, du côté au sud, du Djébel el-lsldmiyéh, l’ancien Hébal, à l’entrée orientale de la belle vallée de Nâblous. Le petit village est traversé par un canal dallé où courent les eaux pures et limpides d’une source abondante prenant naissance du côté oriental et venant aboutira un petit bassin d’origine antique bien que restauré plusieurs

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