Anathoth, d'après une photographie
Le grand prêtre Abiathar était de la même ville, et c’est là, dans le domaine de sa famille, que Salomon le relégua, après l'avoir déposé, pour le punir d'avoir favorisé le parti d'Adonias. ΠῚ Reg., 11, 26, 27. Isaïe, décrivant la marche des armées assyriennes sur Jérusalem, mentionne Anathoth, qu'il appelle « la pauvre » dans un sentiment de commisération pour le sort qui l'attend. Is., x, 30. Jérémie fut en butte à la haine de ses compatriotes : comme ils ne voulaient pas croire à ses prédictions, 11 les menaça de la colère divine, qui devait les visiter au jour de sa fureur, annonçant que les jeunes gens périraient par le ghuve; que leurs fils et leurs filles mourraient de faim. Jer., x1, 21-95, Pendant le siège de Jérusalem, le prophète recut de Dieu l’ordre de racheter, conformément à la loi mosaique, le champ de son cousin Hanaméel, à Anathoth. Après avoir rédigé le contrat de vente, qui fut scellé en présence de témoins, il le remit à Barueh en lui disant : « Voici ce que dit le Seigneur des armées, Dieu d'Israël : Prends ces actes, ce contrat d'acquisition qui est cacheté, et cet autre qui est ouvert, et dépose-les dans un vase de terre, afin qu'ils puissent se conserver longtemps. » Ayant ainsi prédit la longue durée de Pexil, il ajoute, pour annoncer le retour certain de Ja captivité : « Car voici ce que
dit le Seigneur des armées, Dieu d'Israël : On possédera encore des maisons, des champs et des vignes en celte térre, » Jer., xxx11, 6-15. 11 en effet, à la fin de l'exil, la
de ses oncles qui étaient prêtres, et d'embrasser l’état ceclésiastique. Il entra au séminaire de Saint-Sulpice, en 1863, et s'y livra bientôt avec ardeur à l'étude des langues orientales, sous la direction de M. Le Hir. Quand il eut recu J'ordination sacerdotale, il partit, en 1869, pour l'Égypte, où il passa une année, étudiant sur place les monuments égyptiens dans leurs rapports avec la Bible. De retour à Paris, il fut d'abord vicaire à Saint-Etiennedu-Mont; puis, à la fin de 187%, chapelain de Sainte- Geneviève, Il se livra au travail avec une ardeur infatisable, Malheureusement ses forces le trahirent; il fut obligé, en 1877, de se retirer dans sa famille, et il y mourut l'année suivante. La vivacité de son esprit, l’originalité de ses vues, l'étendue de ses connaissances linguistiques et archéologiques sont attestées par plusieurs publications de valeur, qui font vivement regretter sa fin prématurée : L'Egypte et Moïse. Les vêtements du grand prêtre et des lévites, le sacrifice des colombes, d'après les peintures et les monuments égyptiens contemporains de Moïse, in-8°, Paris, 1875; Atlas biblique pour l'étude de l'Ancien et du Nouveau Testament, vingt cartes en plusieurs couleurs, el vingt planches archéologiques avec dictionnaire spécial pour chaque partie, in-4°, Paris, 4876; Job et l'Égypte, te Rédempteur et la vie future dans les civilisations primitives, in-8°, Paris, 1877, M. l'abbé Ancessi à aussi publié des études remarquables de lin-
guistique dans les Actes de la Société philologique: Études de grammaire comparée. LS cœusatif et le thème M dans les langues de Sem et de Cham, t. 111, 1873-1874, p. 51-148; La loi fondamentale de la formation bilitère ; les adformantes dans les langues sémitiques, ibid., 1874, t. τν, p. 1-7; Le thème M dans les langues de Sem et de Cham, ibid., p. 95-144. F. VIGOUROUX.
1. ANCIEN DES JOURS, nom donné à Dieu par Daniel, vir, 9. «Je regardais, dit le prophète dans une de
136. — Roi assyrien. D'après Botta, Monument de Ninive, pl. 105.
ses visions, jusqu'à ce que des trônes furent placés, et l'Ancien des jours (chaldéen : ‘Afiq yômin, Septante : Παλαιὸς ἡμερῶν; Vulgate : Antiquus dierum) s'assit; son vêtement était blanc comme la neige et les cheveux de sa tèle comme de la laine mondée, » c'est-à-dire sans doute semblables aux cheveux des grands personnages chaldéens, qui étaient bien peignés et frisés comme de la laine (fig. 136). « L'Ancien des jours » est nommé encore Dan., vit, 13, 22. Le titre que le prophète donne à Dieu dans cette vision où il nous montre la fragilité et la caducité des plus grands empires du monde, convient parfaitement au Maitre « éternel » qui règne sans commencement ni fin. Assis sur son trône, il assiste à toutes les révolutions qui bouleversent la terre; il confie son pouvoir au « Fils de l’homme », le Messie, et il prononce sans appel des jugements auxquels les plus puissants monarques eux-mêmes doivent se soumettre. Dan., vir, 13-14, 22, 26. La description graphique de Daniel peint si bien le Père éternel, que l’art chrétien s'en est emparé pour représenter la première personne de la Sainte Trinité.
2. ANCIENNE (PORTE). Hébreu : $a'‘ar yesänäh; Septante : πύλη ἰασανχΐ; Vulgate : porta Vetus, II Esdr., πὶ, 6: porta Antiqua, ΤΠ Esdr., xt, 38 (hébreu, 39). Porte de la ville de Jérusalem qui fut construite, du temps de Néhé-
ANCESSI — ANCIENS
mie, par Joiada, fils de Phasca, et par Mosollam, fils de Besodia. II Esdr., 111, 6. Elle est appelée Ancienne, sans doute parce qu'il y avait eu autrefois une porte de la ville à l'endroit où elle fut reconstruite. Plusieurs l’identifient avec la porte qui est appelée « Porte de Benjamin », Jer., ΧΧΧΥΙΙ, 12 ; ΧΧΧΥΠῚ, 7; Zach., x1v, 10. La porte Ancienne est nommée une seconde fois, II Esdr., x11, 38 (39), dans la description de la procession solennelle qui fut faite à l’occasion de la dédicace des murs de Jérusalem. Cette porte était située au nord de la ville. Voir JÉRUSALEM.
3. ANCIENS (hébreu : zegénim, vieillards ; Septante : moccévtepot ; Vulgate : seniores ou majores natu). Ce mot n'implique pas seulement l'idée de grand âge. Cf. VIEIL- LARDS. Il s'applique, dans la Bible, à une classe de personnages investis d’une autorité plus ou moins étendue, suivant les époques. En ce sens, le titre d’ancien est d'origine patriarcale : l’aïeul était le chef naturel de la famille qui se développait autour de lui. Quand plusieurs familles patriarcales furent amenées à se réunir, les chefs de ces familles formèrent un conseil d'anciens. Les intérêts communs étaient ainsi mis sous la sauvegarde de la sagesse, de l'expérience, de la maturité des vieillards, et les décisions de ces derniers étaient acceptées avec respect. «Bientôt cependant, surtout lorsque le contact avec d’autres sociétés civiles eut amené des luttes pour la prééminence ou pour la possession des territoires, ce ne furent plus les vieillards qui durent être jugés les plus aptes à gérer les affaires publiques. On dut leur préférer des hommes d'un âge mür, mais n'ayant rien perdu de la vigueur qu'on regardait comme offrant plus de garanties pour le maintien et le développement de la prospérité sociale. Le terme primitif ne fut pas moins conservé, surtout sous la forme collective γερουσία, πρεσόύτιχον, en latin senatus, pour désigner soit l’assemblée des chefs qui administraient la cité, soit un conseil officiel dont ils avaient à prendre l'avis dans les affaires d’une grande gravité, » De Smedt, Congrès scientifique des catholiques, 1889, τι 11, p. 303. Sous le‘nom d'anciens, l'idée d'autorité se substitua donc assez vite à celle de vieillesse. Ce titre désigne déjà une fonction chez les Egyptiens, Gen., xxIV, 2; L, 7; chez les Moubites et les Madianites, Num., xx11, 4, 7, etc.
I. HISTOIRE DES ANCIENS DANS L'ANCIEN TESTAMENT. — l° Depuis l’époque patriarcale jusqu'à l'époque des rois. — Sous le gouvernement des pharaons, les Hébreux avaient conservé et développé leur organisation patriarcale. Dans la terre de Gessen, ils avaient des anciens qui exerçaient l'autorité sur le peuple, et auprès desquels le Seigneur envoya Moïse, quand il lui imposa sa mission. Exod., 111, 16; 1v, 29; ΧΙ, 21. La tradition juive croyait que ce corps d'anciens était officiellement constitué ; c’est pourquoi les Septante emploient dans les deux premiers passages le mot γερουσία, (sénat. » Au désert, les anciens furent comme les représentants du peuple et les intermédiaires entre Moïse et la multitude. Ils sont appelés pour être témoins des miracles, Exod., xvir, 6, interviennent dans certains sacrifices, Levit., 1V, 15, et sont comme un moyen de communication entre Moïse et les tribus. Exod., xix, 7. Cependant ils ne paraissent point exercer une grande autorité, car tous les différends sont portés devant Moïse, au point de l’accabler. C’est alors que sur le conseil de Jéthro, son beau-père, le législateur établit des juges à la tête de mille, de cent, de cinquante et de dix chefs de famille, pour rendre la justice dans les cas ordinaires. Beaucoup de ces juges furent naturellement choisis parmi les anciens. Ceux-ci subsistérent cependant avec leur nom et leurs attributions d'autrefois ; ainsi, sur le point de remonter au Sinaï, Moïse ordonne que soixante-dix anciens accompagnent Aaron et ses fils sur le flanc de la montagne, et s'y mettent en adoration. Exod., xxIv, 1.
C'est un peu plus tard seulement que le Seigneur commande à Moise de rassembler soixante-dix hommes parmi
les anciens d'Israël: ils doivent être « des anciens du peuple et des maîtres », et ils sont destinés à recevoir l'esprit de Moise, « pour soutenir avec lui le fardeau du peuple. » L'esprit divin leur est en effet communiqué, et ils « prophétisent », c’est-à-dire reçoivent le pouvoir et la grâce de parler et d'agir au nom du Seigneur. Num., ΧΙ; 16, 17, 24-30, Ils deviennent ainsi les organes officiels du gouvernement théocratique. ἃ partir de ce moment, le conseil des soixante-dix anciens connait de toutes les affaires qui intéressent l’ensemble de la nation, Num., XVI, 25; Levit., 1x, 1, et il commande de concert avec Moïse. Deut., xxvir, 1. Le pouvoir conféré aux soixantedix était à vie. Ils continuërent donc leurs fonctions sous Josué, Jos., vir, 6; νπι, 10, 33, et gardèrent leur préséance sur toutes les autres autorités. Jos., XXII, 2; XxIV, 1, Ceux qui survécurent au conquérant contribuèrent puissamment à maintemr le peuple dans la fidélité. 105., xx1v, 31; Jud., 11, 7. Il n’y ἃ point trace d’une transmission de leur pouvoir théocratique à des successeurs. Le rôle de ce conseil avait été temporaire, et s'était exercé seulement pendant que tout le peuple était réuni pour la marche dans le désert et pour la conquête de la Terre Promise. Comme il n’était point dans les desseins de Dieu qu'immédiatement après la conquête le pouvoir füt centralisé dans les mêmes mains, le conseil des soixante-dix n'avait plus de raison d'être.
Mais dès cette époque se dessine l’organisation du corps des anciens, telle qu'elle se perpétuera jusqu'au temps du Messie, Cette organisation, suggérée par la nature même des choses, est celle qui se retrouve sous des noms et des formes diverses chez tous les peuples sédentaires, et qui existe chez nous sous les noms de conseils municipaux, conseils généraux et parlement. Les attributions, le mode de nomination, la durée des pouvoirs, ete., ont varié suivant les temps et les pays; mais ces trois degrés de pouvoir collectif ont fonctionné presque partout, et en particulier chez les Israélites. Il y ἃ un conseil d'anciens dans les villes. Deut., xix, 12; χχι, 8; xxIr, 15, etc.; Jos., xx, 4; Jud., vint, 14; Ruth, 1v, 2; I Reg., σι, 3; III Reg., xx1, 8; IV Reg., x, 1; Judith, vi, 12; I Esdr., x, 1%. Ainsi, les anciens qui sont à la tête des villes sont signalés à toutes les époques, même après la captivité. Au temps de Notre-Seigneur, ils sont représentés par ces ἀρχισυναγῶγοι, & chefs de synagogues » qui, au nombre de trois, président la synagogue jusque dans les moindres villages, par ces πρεσδύτεροι τῶν ᾿Ιουδαίων, « anciens des Juifs, » que le centurion de Capharnaüm envoie au Sauveur, pour demander la guérison de son serviteur, Luc., ὙΠ, 3, et par cet ἄρχων, «chef,» qui en Pérée vient interroger Notre-Seigneur. Luc., xvirt, 48.
D’autres anciens sont à la tête des tribus, Deut., xx1x, 10 ; ΧΧΧΙ, 28; 1 Reg., xxx, 26, etc., et à l’époque même des Machabées, quand les tribus sont depuis longtemps mélangées géographiquement, on retrouve des πρεσόύτεροι τῆς χώρας, «anciens de la région, » distincts des princes du peuple. 1 Mach., xIv, 28.
20 be les rois jusqu’à Jésus-Christ. — De Tosué à Samuel, il n’y ἃ point trace de conseil succédant à celui des soixante- dix anciens de Moïse. Mais, dès le début, les livres de Samuel, ou premiers livres des Rois, mentionnent des « anciens d'Israël », qui ensuite semblent bien constituer un corps jouissant d'un caractère officiel et agissant au nom de toute la nation. 1 Reg., ιν, ὃ; xv, 30 ; II Reg.,
τ. 17: V, 95 XVII, 4, lb; ΤΑΙ ΣΤ, Θὲ ΧΥ, 90; II Par, v, 2, etc. Ce sont ces anciens d'Israël qui prennent l'initiative de demander un roi à Samuel. 1 Reg., virr, 4. Plus tard, 115 forment un conseil auprès du roi, ΠῚ Reg., VII, À; ΧΠ, 6, et il y a dans le palais royal une salle aflectée à leurs réunions. 1 Par., xxv1, 15. Les détails font absolument défaut sur leur mode de recrutement et sur l'étendue de leurs pouvoirs. Ces pouvoirs ont naturellement varié avec les époques et les circonstances ; sous la royauté, ils ont du être singulièrement amoindris. Les anciens n'en