‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 280 sur 454 · ANE · texte numérisé non relu

ANE

Épiphane, en pillant le temple de Jérusalem, y avait découvert une tête d’âne en or. Josèphe, Cont. Apion., 11, 7. On retrouve des traces de cette calomnie dans Plutarque, Sympos., 1V, 5, et dans Tacite, Hist., v, 3-4. On sait que le même reproche fut fait aux chrétiens. Voir J. G. Müller, dans les Theologische Studien und Kritiken, 1843, p. 906-912, 930-935, et ce que nous avons dit nous-même sur ce sujet dans Les Livres Saints et la critique rationaliste, 4° édit., t. 1, p. 99-102.

ΠΙ. Prescriptions légales relatives à l'âne. — On voit souvent aujourd'hui, en Égypte et en Syrie, des animaux d'espèce différente attelés à la même charrue. La loi de Moise, Deut., xx11, 10, défend d'attacher au même joug le bœuf et l'âne, parce qu’on se servait de ces deux espèces d'animaux pour labourer les champs. La prescription de Moïse était fort humaine en interdisant de faire travailler

145, — Ance de la reine de Pount. La reine, remarquable par son embonpoint, vient de descendre de son âne pour aller au-devant des Égyptiens à qui elle apporte son tribut, Temple de Deir el-Bahari.

pour l'empêcher de tomber. C’est ce que le texte original appelle «lier autour » ou €ceindre » l'âne. Gen., XXII, 3; Num., xxu, 21; Jud., xix, 10 ; II Sam., xvi, 1 ; IV Reg., ιν, 2%, etc. Les Apôtres étendirent leurs vêtements sur l'âne dont se servit Notre-Seigneur pour faire son entrée solennelle à Jérusalem. Matth., xx1, 7. L'ânier ou un serviteur accompagnait souvent la monture (fig. 142), Jud., xIX, Ὁ; IV Reg.,1v, 2%; Erubin, 1v, 10, en courant à côté ou en arriére, comme cela se pratique de nos jours en Orient. Le mari marchait aussi à pied, à côté de l'âne qui portait sa femme et ses enfants, Exod., 1V, 20; c’est ce qu'on voit encore fréquemment, quand on voyage en Palestine. L'Évangile ne nous donne point de détails sur la manière dont s’accomplit la fuite en Égypte ; mais l’art chrétien, en représentant la sainte Vierge et l'enfant Jésus sur un âne, et saint Joseph à pied, a reproduit fidèlement les coutumes orientales.

On recourait aux services de l'âne, même en temps de guerre, où il était chargé de porter les bagages. IV Reg, vit, 7. Chez les Perses, on faisait même monter cet animal par des soldats, et Isaie nous montre la cavalerie de Cyrus, composée non seulement de chevaux, mais aussi de chameaux et d’änes. Is., xx1, 7. Cet usage est attesté par Strabon, XV, 14, édit, Didot, p. 618, qui rapporte que les Caramaniens, peuple qui faisait partie de l'empire perse, combattaient sur des ânes, et aussi par Hérodote, 1v, 129, édit, Teubner, 1874, p. 350, qui nous apprend que Darius, fils d'Ifystaspe, marcha avec des ânes contre les Scythes. Chez les Phéniciens et les Syriens, l’âne était un animal sacré, Les Juifs furent accusés par les paiens d’adorer une (616 d'âne, Le grammairien Apion prétendait qu'Antiochus

ensemble des bêtes de force et de taille très différentes, Il est probable que cette défense avait aussi une portée morale plus haute et qu'elle était destinée, comme les ordonnances de Lev., xIxX, 19, à inspirer aux Israélites l'horreur de tout commerce avec les paiens, pour leur faire mieux conserver la pureté de leur foi religieuse. Moïse avait prescrit aussi de prendre soin de l'âne de son prochain, s'il s'était égaré ou s’il lui était arrivé un accident. Deut., XXI, 5-4.

Chez les Perses et les Tartares, on faisait grand cas de la chair de l'âne sauvage. Chez les peuples chananéens, il ne devait pas en être de même. Cf. Ezech., xxu1, 20. Ils ne paraissent pas avoir fait usage de la viande d'âne. Les regles posées par le Lévitique, x1, 26 (cf. Deut., XIV, 6-8), rangent cet animal domestique parmi les animaux impurs, parce quil ne rumine pas. En cas de famine, on mangeait cependant les ânes, comme bien d'autres espèces d'animaux. Pour donner une idée de l'extrémité à laquelle était réduite la ville de Samarie, lorsqu'elle fut assiégée, sous Joram, par Benadad, roi de Syrie, l'auteur sacré raconte qu'une tête d'âne se vendait dans cette ville quatre-vingts sicles d'argent (225 francs environ). IV Reg., vi, 25. Plularque rapporte un trait analogue. Il dit qu'Artaxercès ayant fait la guerre en Égypte, ses troupes manquérent complètement de vivres dans un désert, de sorte qu'on mangea la plupart des chevaux et qu'on avait peine à trouver une têle d'âne à acheter au prix de soixante drachmes (52 francs environ). Artax., XXIV, 1, édit. Didot, t. 11, p. 1219.

IV. L'äne dans la grotte de Bethléhem. — L'art chrétien représenta de bonne heure un âne et un bœuf à côté

à ce md

Dicr. ΒΕ τὰ ΒΙΒΙΕ ETOUZEY ET ANE. Ebrr.

\ANEMONT

de la crèche de Notre-Seigneur. Le plus ancien monument connu à ce sujet est un petit monument de l'an 343 (fig. 146). Voir de Rossi, Inscriptiones christianæ urbis Fomæ, t. 1, n° 73, p. 51. Cette représentation n’est guère que la mise en scène du passage d’Isaïie, 1, 3 : Cognovit bos possessorem suum, et asinus præsepe domini sui : «Le bœuf a reconnu son maître, et l’âne, la crèche de son Seigneur. » De ces paroles du prophète, rapprochées de celles d'Habacue, 111, 2, telles qu’elles sont traduites dans les Septante et l’ancienne Italique : « Vous vous manifesterez entre deux animaux, » est venu l'usage de représenter l’âne etle bœuf dans la grotte de la Nativité, quoique

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