‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 288 sur 454 · Premières versions; Versions unglo-saxonnes. — On · texte numérisé non relu

Premières versions; Versions unglo-saxonnes. — On

ANGÉ (MONT) — ANGLAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE

ne connaît point de traduction complète des Écritures en anglo-saxon, c’est-à-dire dans la langue d'où est sortie la langue anglaise actuelle. Les premiers essais de traduction ou au moins de vulgarisation de l'histoire sainte en anglo-saxon se trouvent dans les remarquables poèmes de Cædmon, moine du couvent de Streoneshalch en Northumbrie, qui vivait au vire siècle, et auquel le V. Bède ἃ consacré tout un chapitre de son Historia ecclesiastica gentis Anglorum, 1V, 2%, t&. xGv, col. 212-215. Cædmon avait mis en vers toute la Genèse et plusieurs autres parties de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il n’en reste que des fragments, qui ont été publiés par Fr. Junius, Cædmonis monachi Paraphrasis poetica Genesios ac præctpuarum sacræ paginæ Historiarum abhinc annos CHLXX anglo-saxonice conscripta, in-4°, Amsterdam, 1609. D'autres éditions ont été données par Benj. Thorpe, Metrical paraphrase of parts of the Holy Scripture in Anglo-Saxon, with an English translation, Londres, 1832 ; par CG. W. Bouterwek, Cædmon'’s des Angelsachsen biblische Dichtungen, 2 in-8&, Gütersloh, 1849-1854; par CG. W. M. Grein, à Gættingue, en 1857, dans sa Bibliothek der angelsächsischen Poesie. Voir Sandras, De curminibus saxonicis Cædmoni adjudicatis, Paris, 1859. CF. Frd. Hammerich, Aelteste christliche Epik der Angelsachsen, Deutschen und Nordländer, aus dem Dünischen von Al. Michelsen, in-80, Gütersloh, 1874.

Les versions littérales des parties de Écriture qui ont été traduites en anglo-saxon nous sont parvenues pour la plupart sous forme de versions interlinéaires dans les manuscrits latins. C'est ainsi qu'un psautier latin, qu'on dit avoir été envoyé par le pape saint Grégoire le Grand à saint Augustin, l'apôtre de PAngleterre, est conservé au British Museum parmi les manuscrits Cottoniens et contient une version interlinéaire anglo-saxonne dont la date est inconnue. Saint Aldhelm, évêque de Sherborne, et Guthlac, le premier anachorète anglo-saxon, traduisirent les Psaumes au commencement du vire siècle ; mais leur aduction est perdue, de même que celle de diverses parties des Ecritures faite par le V. Bède, qui employa les dernières heures de sa vie, au rapport de son biographe, à achever sa traduction de l'Évangile de saint Jean. Cuthbert, Vita Bedæ, Migne, Patr. lat., t. χα, col. 40-41. Le roi Alfred le Grand traduisit aussi quelques passages des Livres Saints en anglo-saxon, quelques fragments de l'Exode, qu'il inséra avec le Décalogue dans un code, et des extraits qu'il inserivait dans un Hand-boc. Voir W. de Malmesbury, De Gestis reg. Angl., édit. Bohn, p. 44, 121.

On connait trois versions différentes des quatre Évangiles en anglo-saxon. La plus ancienne est la Glosse northumbrienne, connue sous le nom de Durham Book et conservée parmi les manuscrits Coltoniens. C'est un des plus beaux spécimens de l’écrilure saxonne. Dans ce manuserit, le texte latin de la Vulgate ἃ été écrit par Eadfrith, évêque de Lindisfarne, vers GS0; son successeur sur le siège épiscopal, Ethilwold, l’orna de belles enluminures, et un prêtre nommé Aldred y ajouta plus tard, probablement vers l'an 900, une version interlinéaire (of gloesacte on Englisc). — La seconde version anglo-saxonne des Évangiles est du x° siècle : elle fut faite, à Harewood, par deux prêtres, Farmen et Owen, sur un texte latin de la Vulgate, datant du vire siècle et écrit par Macregol. Le manuscrit, connu sous le nom de Glosse de Rushworth, du nom d’un de ses premiers propriétaires, est conservé à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford. — La troisième version des Évangiles, œuvre d'un inconnu, parait avoir élé faite peu de temps avant la conquête normande, non sur la Vulsate actuelle, mais sur une version latine plus ancienne. Σ

Une édition des quatre Évangiles en anglo-saxon fut publiée in-#°, à Londres, en 1571, d’après un manuscrit de la bibliothèque Bodléienne d'Oxford, avec une version anglaise parallèle, par l'archevêque hérétique Parker. La préface est de John Fox. Cette édition, collationnée sur

quatre manuscrits par Fr. Junius le jeune, fut réimprimée par Marshall, in-4°, à Dort, en 1665, en colonnes parallèles avec la version mœæsogothique. Quelques exemplaires ont reçu un nouveau titre, qui porte la date d'Amsterdam, 1684. Toutes les versions connues des Évangiles anglosaxons furent publiées par Thorpe, in-12, Londres, en 1642. M. W. W. Skeat en ἃ donné une édition critique : The Holy Gospels in Anglo- Saxon, Northumbrian, and old Mercian versions, synoptlically arranged, with collations exhibiting all the readings of all the mss.; together with the early Latin version as contained in the Lindisfarne ms, collated with the Latin version in the Rushworth ms., 4 parties en 1 in-4°, Cambridge, 1871-1887.

Outre les versions anglo-saxonnes des Évangiles, on a publié des versions de quelques parties de l'Ancien Testament. Une édition du Psautier anglo-saxon fut publiée en 1640, in-40, à Londres, par Spelman, d’après un ancien manuscril anonyme : la version est faite sur 16 latin de la Vulgate. Une autre édition, d’après un manuscrit de la bibliothèque royale de Paris, a été donnée par Thorpe, in-40, Oxford, 1835. L'éditeur la rapporte au ΧΙ" siècle ; d’autres critiques supposent que c'est la copie de la version d’Aldhelm, évêque de Sherborne; c'est moins une traduction qu'une paraphrase, et elle est partie en prose et partie en vers.

Le British Museum conserve, parmi les manuscrits Cottoniens, une version partielle interlinéaire des Proverbes faite au x° siècle. À la même époque appartiennent les traductions d’Alfric ou Ælfric, archevêque de Cantorbéry ; elles comprennent les sept premiers livres de l'Ancien Testament et Job, traduits sur la Vulgate latine, ordinairement d'une façon littérale, quelquefois en abrégeant où résumant. Ces traductions ont été publiées par Thwaites, in-8°, Oxford, 1699, d'après un manuscrit unique de la bibliothèque Bodléienne ; le livre de Job ἃ été imprimé d'après une copie d’un manuscrit de la bibliothèque Cottonienne.

Il existe aussi quelques manuscrits contenant des traductions des Psaumes de l'époque de la conquête norimande qui méritent d'être mentionnées parce qu'elles ne sont plus écrites en anglo-saxon, mais, comme on l'appelle, en anglo-normand. L'anglo-normand servit de transition entre l'anglo-saxon et l'anglais simplement dit.

1. Premières versions anglaises. — Les premiers essais de traduction de la Bible, en anglais comme en anglosaxon et en diverses autres langues, furent faits sous une forme poétique. Pendant la seconde partie du xx siècle, un prêtre nommé Orm où Ormin, qu'on croit, à cause du dialecte qu'il a employé, avoir habité le nord de l'Angleterre, composa une paraphrase métrique de lhistoire évangélique, en vers de quinze syllabes. Elle est connue sous le ütre d'Ormulum, du nom de son auteur, et conservée en manuscrit à la bibliothèque Bodléienne.

Une autre paraphrase métrique, plus étendue, comprenant tout l'Ancien et le Nouveau Testament, se trouve dans un recucil de poésies religieuses intitulé Sowle-hele ou Sanlé de l’äme, qui appartient à la bibliothèque Bodléienne; on le rapporte à la fin du ΧΙ siècle.

Il existe encore quelques autres traductions où paraphrases, du xIH° ou xive siècle, de diverses parties des Livres Saints. Parmi elles on remarque celle des Psaumes, par William de Schorham, prêtre de Chart Sutton (Kent), parce qu'elle est la premiére version en prose anglaise d'un livre entier de la Bible. Elle est généralement fidèle et littérale et date de la première partie du x1ve siècle. Cette version des Psaumes n'était peut-être pas encore termince, quand une nouvelle fut entreprise par Richard Rolle, prêtre et chantre de Hampole, pres de Doncaster, mort en 1349. Elle est accompagnée d'un commentaire, Toutes ces traductions sont faites sur le latin.

On ἃ communément attribué une traduction complète de la Bible à John de Trevisa, vicaire de Berkeley dans le comté de Glocester; mais il parait n'avoir traduit que

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