‹ Dictionnaire de la Bible (volume 4)Chapitre 289 sur 454 · CG · texte numérisé non relu

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des passages détachés. La première version complète de la Bible en anglais est celle de John Wickliffe ou Wicklef (1324-1384), l'un des précurseurs du protestantisme. Elle est faite sur la Vulgate, et fut achevée vers 1380. On croit qu'il traduisit lui-même le Nouveau Testament et que l'Ancien fut traduit par Nicholas de Hereford et d'autres disciples de Wicklef. Cette version provoqua une grande agitation. Un bill fut présenté en 1390, à la Chambre des lords, pour sa suppression complète ; mais le due de Lancastre l'empêcha de passer. Ses sectateurs, sans doute vers cette époque, en publièrent une édition revisée par Purvey. En 1408, une assemblée, tenue à Oxford par l'archevêque Arundel, défendit la traduction et la lecture des Écrilures en langue vulgaire. La version du Nouveau Testament de Wicklef n'a été imprimée qu’en 1731 par Lewis. Elle est précédée d’une introduction contenant l'histoire des traductions anglaises de la Bible. Elle a été rééditée, en 1810, par H. H. Baber ; en 1841, par Bagster, dans les Hexaples anglais. Ce n'est pas la version propre de Wicklef comme l'avaient cru les éditeurs, mais la revision de Purvey. La véritable traduction du Nouveau Testament de Wicklef a été publiée pour la première fois en 1848, in-4°, par Pickering, d'après un manuscrit de 1380 environ, faisant partie de la collection Lea Wilson. L’Ancien Testament a été imprimé, pour la première fois, à Oxford, en 1850, 4 in-49 (avec le Nouveau Testament et la revision de Purvey en colonnes paralleles), par Δ. Forshall et F. Madden. :

III. La version autorisée (Authorised version). — La version officielle de l’anglicanisme, connue sous le titre de Authorised version, peut être considérée comme remontant historiquement à l'an 1524, époque où les Évangiles de saint Matthieu et de saint Marc, formant les premières parties de la traduction de William Tyndal (1477-1536), furent imprimés à Hambourg. Le Nouveau Testament parut en entier, in-4°, à Cologne, et petit in-8, à Worms, en 1525. Le seul exemplaire connu de l'édition in-8° est conservé dans la bibliothèque du Baptist College, à Bristol. Il ἃ été reproduit, en 1862, à Bristol, en fac-similé, par Fr. Fry. Tyndal publia à Anvers en novembre 1534 une nouvelle édition de son Nouveau Testament, € soigneusement corrigé et comparé avec le grec. » La version de Tyndal ἃ été faite en effet sur le texte original, d'après la troisième édition du Nouveau Testament grec d'Érasme (1522) ; elle ἃ servi de base à toutes les versions anglaises postérieures.

Tyndal publia aussi, en 1530-1531, une traduction sur l'hébreu du Pentateuque et de Jonas ; il avait également traduit les autres livres historiques de l'Ancien Testament jusqu'aux Paralipomènes inclusivement et divers autres fragments des Livres Saints; mais il subit le dernier supplice, à cause de ses opinions religieuses, en 1536, prés d'Anvers, sans avoir complété la version de l'Ancien Testament. La traduction de Miles Coverdale compléta son œuvre : elle embrasse tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, et fut publiée, en 1535, sur le continent, on ignore en quel endroit (peut-être à Zurich). Elle est intitulée : Biblia, the Bible, that is the holy Scripture of the Olde and New Testament, 1535. Il se servit beaucoup des travaux de Tyndal. Son œuvre plut à Henri VIIT, qui l'autorisa et qui ordonna, en 1536, qu'un exemplaire de la Bible complète, en latin et en anglais, serait placé dans le chœur de toutes les églises du royaurne, à la disposition de ceux qui voudraient la lire.

La Bible, appelée Matthews Bible, fut publiée par John togers, un ardent ami de Tyndal. Tout le Nouveau Teslunent, la première partie de l'Ancien jusqu à la fin du second livre des Paralipomènes et plusieurs chapitres des prophètes sont tirés de la version imprimée ou restée manuscrite de Tyndal; le reste, que Tyndal n'avait pas traduit, est pris de la version de Coverdale. Cette Bible fut imprimée in-folio, en 1537, jusqu'à Isaïe inclusivement, à l'étranger (probablement à Lubeck); à partir

d'Isaïe, à Londres. Rogers y pritle pseudonyme de Thomas Matthew, d’où le nom donné à cette version. Elle fut d’abord proscrite par le gouvernement, mais ensuite elle reçut son approbation (Set forth with the King's most gracious license), et le clergé reçut l’ordre d’en placer un exemplaire dans toutes les églises.

On publia plusieurs revisions de la Bible de Matthew. — La Grande Bible (Great Bible) est ainsi appelée à cause de la grandeur de son format. Cette édition revisée de Matthew fut commencée à Paris, mais elle y fut saisie avant d’être terminée ; les imprimeurs français transportèrent alors leurs caractères et leurs presses à Londres, et c’est là que la grande Bible parut en 1539, après avoir été revue et corrigée par Coverdale. Une nouvelle édition, parue en 1540, est connue sous le nom de Cranmer’s Bible, parce qu'elle est précédée d’un prologue de larchevèque Cranmer. — La Bible de Taverner, in-f0, 1539, est également une revision de celle de Matthew, faite sous le patronage de Cromwell.

La «Bible de Genève » est une revision de celle de Tyndal, dans laquelle le travail de ce dernier ἃ été de nouveau comparé avec les textes originaux, pour le Nouveau Testament par William Wittingham, qui devint dans la suite doyen de Durham; pour l'Ancien Testament par Wittingham, Gilby et Sampson. L’Ancien Testament parut en 1540. Le Nouveau Testament fut publié à Genève, en 1557; c'est le premier de la langue anglaise où la distinction des versets soit indiquée par des chiffres.

La « Bible de l’archevêque Parker » ou «des évêques » (Bishops’ Bible) est ainsi nommée parce que, parmi les quatorze savants qui y travaillérent, huit élaient évêques. Parker, qui avait conçu le projet de cette œuvre, la dirigea lui-même ; mais, outre les quatorze reviseurs qui avaient élé chargés chacun d’une partie de la version, il eut recours encore à d’autres critiques qui la comparèrent avec les autres éditions savantes des Écritures. Son but n'était pas de faire une traduction nouvelle, mais de corriger et de perfectionner celle de Cranmer. Son édition, publiée en 1568, et exécutée avec grand luxe (elle est ornée de 143 gravures), fut imposée pour l'usage des églises, en 1571, et elle resta pendant quarante ans la version officielle, quoique la Bible de Genève fût lue de préférence dans les familles. La Bible des évêques fut réimprimée, en 1572, grand in-folio, avec des corrections ; cette dernière édition est communément appelée fa Bible de Matthew Parker.

La Bible du roi Jacques (King James’ Bible) est la « Version autorisée » de l'Eglise anglicane. Elle fut commencée avec l'approbation de ce prince, en 160%, à la suite d’objections qu'on avait formulées contre la Bible des évêques. Cinquante -quatre personnes furent choisies, parmi celles qui avaient la plus grande réputation de savoir, pour travailler à cette version ; mais quarante-sept seulement purent y travailler de fait. Les traducteurs se partagèrent en six groupes, chargés chacun d’une partie des Livres Saints. Ces groupes se réunissaient périodiquement et examinaient avec grand soin la partie qui avait été préparée, La version de Tyndal servit de base; mais elle fut comparée minutieusement avec les textes originaux, et l’on se servit aussi des éditions de Coverdale, de Matthew, de Cranmer, de Taverner, et de la Bible de Genève, auxquelles on emprunta tout ce qui parut bon. La « Version autorisée » est donc plutôt une compilation des anciennes versions qu'une version nouvelle. Commencée au printemps de 1607, elle fut terminée en 1611 et parut en un magnifique in-folio, sous ce titre : The Holy Bible Conteyning the Old Testament and the New : Newly translated out of the originall Tongues : And with the former translation dihgently compared and reuised by his Majesties speciall Comandement. Appointed to be read in Churches. C'est un monument classique de la langue anglaise. Le style en est simple, pur, nerveux. Elle est restée jusqu'à ces derniers temps

ANGLAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE

la Bible de tous les anglicans, et elle a exercé sur l'Église d'Angleterre une grande influence. « Qui voudrait soutenir, dit le P. Faber, Lives of the Saints, p. 118, que la Bible protestante n’est point, par sa rare beauté et son style merveilleux, l’une des principales citadelles de lhérésie dans ce pays (l'Angleterre) ? Elle continue à vivre dans l'oreille, comme une musique qu’on ne peut oublier. Elle est une portion de l'esprit national et l'ancre de la gravité nationale. »

Cependant les progrès de la philologie et de l’exégèse ont fait reconnaître aux anglicans eux-mêmes qu'elle avait besoin de corrections ; de plus, la langue ἃ vieilli. Quoique généralement fidèle, elle n’a pas toujours saisi exactement le sens; des termes obscurs n'ont pas été compris; les modes et les temps des verbes sont souvent mal rendus; les règles de la poésie hébraïque, en particulier le parallélisme, sont ignorées, etc. Certaines expressions qu'elle emploie sont aujourd'hui hors d'usage ou choquantes. Aussi depuis le xvire siècle en demandet-on la revision. H. Ross la réclama dès 1702, Essay for a new Translation, mais sans réussir à attirer l'attention publique. Plus tard, en 1758, le célèbre Lowth se prononça aussi en faveur d’une revision, et €e projet gagna peu à peu du terrain. Un catholique, Geddes, proposa un plan de revision, Prospectus for a new tr anslation, 1786, et l’exécuta en partie. La révolution française fit oublier quelque temps la question. Elle fut reprise, en 1818, par John Bellamy. Depuis, on n’a cessé de s’en occuper. Enfin, en février 1870, la convocation ou synode de la province ecclésiastique de Cantorbéry nomma un comité composé d’un grand nombre de savants, qui se mit à l'œuvre de la revision. On remarquait parmi eux : EÉllicott, président ; Alford, Lightfoot, Scrivener, Tregelles, Westcott, Wordsworth. Voir The Nineteenth Century, juin 1881, p.919; Farrar, The revised Version, dans la Contemporary Review, mars 1882. Depuis 1816, il existait aux États-Unis une société de revision qui n'était pas restée inactive. Des reviseurs travaillèrent dès lors dans ce pays avec un nouveau zèle, en même temps qu'en Angleterre. L'édition fruit de tous ces travaux à paru enfin. Le Nouveau Testament a vu le jour en 1881; l'Ancien, en 1884. Cette publication ἃ été applaudie et attaquée avec passion; l'émotion qu'elle ἃ soulevée n’est pas encore calmée, et les avis sont très partagés sur la valeur du travail exécuté par les nouveaux éditeurs. Voir, sur les règles suivies dans la revision, la préface placée en tête du New Testament of our Lord and Saviour Jesus Christ, translated out of the Greek : being the version set forth A. D. 1611 compared with the most ancient authorities and revised A. D, 1881, in-32, Oxford, 1881, p. v-xvIr.

IV. Version catholique anglaise de Reims et de Douai. — Les catholiques anglais, écrasés par la tyrannie d'Henri VIIL et d'Élisabeth, ne pouvaient plus pratiquer librement leur religion sur le sol de la Grande-Bretagne ; un grand nombre avaient été obligés de se réfugier sur le continent et surtout en France. C’est dans l'exil que fut faite et publiée la traduction anglaise des Écritures à l'usage des catholiques. Des hommes de grand mérite, professeurs du collège anglais de Reims : Grégoire Martin, gradué de Cambridge; Allen, depuis cardinal, et Bristow, traduisirent et publiérent dans cette ville le Nouveau Testament, en 1582, d'après la Vulgate, avec des notes dogmatiques et polémiques. L’Ancien Testament parut à Douai, en deux volumes, en 1609 et 1610. Cette version ἃ été attaquée fort mjustement par plusieurs critiques protestants. Voici ce qu'a écrit sur cette traduction un juge compétent, Myr Kenrick, archevêque de Baltimore : « L'auteur de l'introduction historique des Hexaples anglais reconnait que « les traducteurs possédaient toutes les qualités néces- « saires pour remplir leur tâche, en tant que le savoir et « l'habileté peuvent y servir ». Scrivener dit de cette version : « Elle est très recommandable pour son exacti- « tude scrupuleuse et sa fidélité. C'est un acte de justice

« de reconnaître qu'on n’a jamais pu reprocher chez nous € aux traducteurs de Reims aucun cas d’altération volon- « taire des Écritures.. » Toutefois, quoique je ne puisse être d'accord avec Geddes, qui caractérise la version de Reims comme € barbare », je ne nierai point que l’attachement scrupuleux des traducteurs à la lettre de la Vulgate, en rendant les noms de lieux et de personnes, et leur désir de conserver des mots hébreux et grecs qui avaient été gardés dans le latin, de même que leur système d'exprimer les mots latins par des termes anglais correspondants d'origine latine, au lieu de puiser aux sources du pur anglais, n'aient nui beaucoup à la clarté et à la beauté de leur version. Pour remédier à ces défauts, le Dr Cornelius Nary, prêtre irlandais, publia, en 1709, à Londres, une version nouvelle qui fut réimprimée à Paris, en 1717. Le ἢν ἢ. Witham, théologien anglais du collège de Douai, publia, en 1736, une revision de la traduction de Reims, avec de savantes notes où il n'y ἃ aucune aigreur. La nécessité de cette revision était alors si profondément sentie, que le D' Challoner et d’autres théologiens, alors attachés au collège de Douai, lui donnèrent leur approbation écrite, et quelques années après, en 1749-1750, ce vénérable prélat publia lui-même à Londres, en cinq volumes, une édition revisée de toute la Bible, avec des notes peu nombreuses et nullement agressives. On lui reproche d’avoir considérablement affaibli le style, en évitant les inversions qui mettent souvent en relief les parties principales de la phrase, et en insérant des qualificatifs inutiles; mais sa revision n'en ἃ pas moins été favorablement accueillie, et elle ἃ toujours servi depuis de règle aux éditions qui ont été publiées en Angleterre, en Irlande, en Écosse et aux États-Unis. — Une édition de Dublin, approuvée par l'archevêque catholique de cette ville, Mgr Troy, fut publiée, en 1791, par R. Cross. — En 1810, Bernard Mac Mahon fit paraître une autre édition, dans laquelle on signala de graves erreurs typographiques et quelques changements de texte. Des libertés semblables ont été prises par d’autres éditeurs, de sorte qu'il n'est pas aisé de déterminer toujours la vraie leçon; des omissions et des méprises importantes déparent la plupart des éditions, en remontant jusqu'à l'édition de Dublin, donnée par Reilly, en 1794. — Une autre édition de Dublin, par Coyne, en 1816, contient la préface de Reims, qui est placée au commencement de la Bible, etles notes de Reims, pour le Nouveau Testament; mais le texte, ainsi que les notes pour l'Ancien Testament, sont de la revision de Challoner. M9 Troy désavoua les notes. Un écrivain de la Dublin Review, qu'on croit être le cardinal Wiseman, a insisté sur la nécessité impérative de là revision et de la correction de la version catholique. » Fr. P. Kenrick, The New Testament, 2% édit., Prel., in-89, Baltimore, 1862, p. rv-vr. Cette revision désirée par les catholiques de langue anglaise ἃ été faite par le savant archevêque de Baltimore lui-même, Msr Kenrick (1797-1863). Il a publié, en 1849, la revision des Évangiles ; en 1851, celle du Nouveau Testament complet, et celle de tout l'Ancien Testament, de 1858 à 1860. — Voir aussi, sur la Bible catholique anglaise, Th. ἃ. Law, Zntroductory Dissertation on the Latin Vulgate, reprinted from the new edition of the Douai Bible, in-19, Londres, 1877; Fr. Newman, The Douay Version, dans le Rambler, juillet 1859, et Tracts theological and ecclesiastical,

V. Bibliographie. — Baber, Account of Saxon and English versions, dans son édition de Wyckliffe, New Testament,in-4°, Londres, 1810 ; Johnson, Account of the several English translations of the Bible, in-8, Londres, 1730 ; Newcome, Historical view of the English Biblical translalions, in-8°, Dublin, 1792; Marsh, History of the translations which have been made of the Scriptures from the earliest to the present age, in-8, Londres, 1819; Lewis, History of the principal translations of the Bible, 3° édit., in-8°, Londres, 1818; Todd, Vindication of our

ANGLAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE — ANGRIANI

Authorised Translation, in-80, Londres, 1819; Walter, Letter on the Independence of the Authorised Version of the Bible, in-8°, Londres, 1829 ; Wilson, Catalogue of Bibles, Londres, 1845; Anderson, Annals of the English Bible, 2 in-8, Londres, 1845; Anonyme, Renderings of the principal English Translations of the Bible, in-4, Londres, 1849 ; Hinds, Scripture and the Authorised Version, in-19, Londres, 1853 ; Mac Lure, Authors of English Bible, New-York, 1853; Malan, Vindication of the Author ised Version of the Bible, in-80, Londres, 1856 ; Harness, State of the English Bible, Londres, 1856; Mrs. Conant, IListory of English Bible translations, in-8, New-York, 1856 ; Londres, 1859 ; Cumming, Bible Revision, Londres, 1856; Scholefield, Hints for an improved Translation of the New Testament, in-12, Londres, 1832 ; 1857; Trench, On the Authorised Version of the New Testament,

Londres, 1858 ; Beard, Revised English Bible the Want

of the Church, in-8v, Londres, 1857; 26. édit., 1860; Dowes, Plea for translating Scriptures, in-80, Londres, 1866; (S. Bagster), The Bible of every Land, in-4, Londres (1860), p. 191-205 ; E. Beckett, Should the revised New Testament be authorised, Londres, 1881 ; Samson, The English Reviser’s Greek Text shown to be unauthorised, New-York, 1882 ; W. À. Osborne, The revised Version of the New Testament, Londres, 1882 ; The Revisers and the Greek Text of the New Testament, Londres, 1882; L. CI Fillion, La revision du Nouveau Testament de l'Eglise anglicane , dans les Essais d'exéyèse, in-12, Lyon, 188%, p.177-203 ; Mac Clintock et J. Strong, Cyclopædia of Biblical literature, t. 1, p. 554-566; t ΠΙ, p. 208-293 ; H. A. Glass, The Story of the Psalters, a history of the metrical versions of Great Britain and America from 1549 to 1885, in-16, Londres, 1888 ; English Hexapla, contenant les versions de Wyckliffe, Tyndal, Cranmer, de Genève, anglo-rémoise, autorisée, in-40, Londres, 1841 ; 4. B. Lightfoot, On a fresh revision of the English New Testament, 3 édit., in-12, Londres, 1891. F, VIGOUROUX.

ANGLE (PORTE DE κ᾽). Hébreu: $a‘ar happinnäh (happônéh, IL Par., χχν, 25) ; Septante : πύλη τῆς γωνίας; Vulgate : porta Anguli; (porta Angulorum, Zach., x1v, 10), porte de la ville de Jérusalem. IL (IV) Reg., χιν, 43; IL Par., xxv, 23; xxvi, 9; Jer., ΧΧΧΙ, 38; Zach., χιν, 10. Elle était située à l'ouest de Jérusalem, au nord de la ville haute, à un endroit où le mur de la ville formait sans doute un angle très prononcé, d'où son nom. Elle était à quatre cents coudées (210 mètres environ) de la porte d'Éphraïm. IV Reg., x1v, 13; IT Par., xxv, 29. Joas, roi d'Israël, ayant battu et pris Amasias, roi de Juda, à Bethsamés, amena son prisonnier à Jérusalem, où il fit abattre le mur de la ville depuis la porte d'Éphraïm jusqu’à la porte de l'Angle. IV Reg., x1v, 13; IL Par., xxv, 29. C'était la partie la plus vulnérable de Jérusalem et par conséquent celle où elle avait le plus besoin de défense; aussi Ozias, successeur d'Amasias, se hâta-t-il de la fortifier (Josèphe, Ant. jud., IX, x, 3) par un «large mur », cf. II Esdr., 1, 8, et de protéger par des tours la porte de l’Angle et les autres portes de ce côté de sa capitale. IT Par., xxv1, 9. La tour de la porte de l'Angle est probablement celle qui est nommée dans Néhémie « la tour des Fours ». IT Esdr., ut, 11; χα, 37 (hébreu, 38). Voir JÉRUSALEM.

ANGLO - SAXONNES (VERSIONS) DE LA BIBLE. Voir ANGLAISES (VERSIONS) DE LA BIBLE.

ANGRIANI Michel, carmeitalien, appelé aussi AYGRIANI, AYGUANI, et plus communément MICHEL DE BOLOGNE, parce qu'il était né dans cette ville, dans la première moitié du ΧΙ" siecle; il y mourut le 16 novembre 1400, selon l'opinion la plus probable. Il étudia à l’université de Paris et y recut le titre de docteur ; en 1554, il y fut aussi prieur du couvent des Carmes, Vers 1372, on lui confia la charge de

définiteur de la province de Bologne. Dans un chapitre de son ordre tenu à Bruges, en 1379, et dans un autre tenu à Milan, en 1381, Angriani fut élu général. Il fut déposé, en 1386, par le pape Urbain VI; on ignore pour quelle cause. Il se retira alors dans le couvent de Bologne, où il mourut. On a de lui Commentaria in Psalmos, in-f°, Milan, 1510. Cet ouvrage, de médiocre valeur, est souvent appelé Incognitus in Psalmos ou Opus auctoris incogniti, et a eu plusieurs éditions. Il est composé en grande partie de citations de Pères. L'auteur n’a fait aucun usage du texte original. Il s'attache presque exclusivement à appliquer les Psaumes à Notre-Seigneur. Angriani avait aussi composé des commentaires sur l'Évangile de saint Matthieu, de saint Luc, de saint Jean, sur l'Apocs alypse, etc.; mais ils n'ont pas été imprimés. Voir Fabricius, Bibliotheca latina mediæ ætatis, t. v, p. 222.

ANGULAIRE (PIERRE), hébreu : ’ében pinnäh, « pierre de l'angle, » Job, ΧΧΧΥΠΙ, 6; [5., ΧΧΥΤΙ, 16 ; γ᾽ δὲ pinnäh, « tête de l'angle, » Ps. ὌΧ ΤΠ], 22 ; Septante : λίθος γωνιαῖος, Job, ΧΧΧΥΠΙ, 6; ἀχρογωνιαῖος, Is., ΧΧΥΠΙ, 16; Eph., 11, 20; I Petr., 11, 6; χεφαλὴ γωνίας, Ps. CxvII, 22; Vulgate : lapis angularis, Job, ΧΧΧΥΠΙ, 6; Is., XXVIIT, 16 ; Eph., 11, 20; I Petr., π, 6; caput anguli, Ps. CxvIr, 22. ᾿Αχρογωνιαῖος, composé α᾽ ἄχρος, «extrême, » et de γωνία, «angle, » est un mot exclusivement biblique et ecclésiastique, inconnu des auteurs profanes. L'expression « tête de l'angle » du Ps. cxvir (ΟΧΥΠΠ), 22, est citée dans Matth., xxI, 42 ; Marc., ΧΙ 10 ; Luc., xx, 17 ; Act., 1v, 11; I Petr., 11, 7e

4° La pierre angulaire est celle qui est placée à l'angle d'un édifice. Elle a une grande importance pour tenir les deux côtés du bâtiment; aussi est-elle choisie avec soin. Chez les Juifs, elle était d'ordinaire de dimensions considérables : parmi celles qui ont été employées pour les fondements du temple, il y en ἃ qui ont six à sept mètres de longueur et deux à trois mètres d'épaisseur, En Assyrie, les angles sont aussi formés quelquefois par une pierre angulaire, quoique les constructions soient en briques (A. Layard, Nineveh and its remains, t. 11, p. 254), et c'est aux angles que sont placées, dans une sorte de cassette, les tablettes cunéiformes destinées à conserver le souvenir de l'érection du monument.

2° Comme la tribu et le peuple sont souvent appelés une «maison », Gen., xLvI, 27 ; Exod., xvi, 31, etc., et que la pierre angulaire tenait dans l'édifice la place principale, elle désigne, dans un sens métaphorique, un grand perne tel que les chefs de l'Égypte. Is., x1x, 13. Cf. Jud., xx, 2; I Reg., xIv, 38 (« l'angle, les angles du peuple » ). Le Psalmiste, Ps. cxvur, 22, et Isaïe, xxvin, 16 (cf. I Petr., 1, 6), appellent le Messie « la pierre angulaire », et le Psalmiste fait remarquer que la pierre qu'on avait rejetée, c'est-à-dire Jésus, repoussé par les Juifs, est devenue la pierre angulaire de l'Église, son fondement et son chef. Matth., xx1, 49, etc. ; Eph., 11, 20.

ANI (hébreu : ‘Unni, « affligé; » Septante : ᾿Βλιωήλ, Ἦλωνε!), Lévite du nombre des musiciens qui accompagnérent l'arche d'alliance, lorsque David la fit transporter à Jérusalem. 1 Par., xv, 18-920.

ANIA. Chef du peuple, II Esdr., vin, 4, le même que celui qui est appelé Anaïa. II Esdr., x, 22. Voir ANAïA.

ANIAM (hébreu : ?

Septante : Aviv), 1PPar., vil, 19.

Ani'äm, « gémissement du peuple ; »

fils de Sémida, de la tribu de Manassé.

ANIM (hébreu : ‘Anim ; Septante : ’Aicdy.), ville des montagnes de Juda, mentionnée une seule fois dans l'Écriture, Jos., Xv, 60. Les deux villes qui la précèdent peuvent nous servir à déterminer son emplacement Anab est l’une des deux localités qui portent encore le

ANGRIANI — ANIM 602

même nom, ‘Anab es-Serhir (Anab la Petite) et ‘Anab el- Kebir (Anab la Grande), situées à peu de distance l’une de l’autre, au sud-ouest d'Hébron. Voir ANAB. Istémo est, d’après l'opinion générale des commentateurs, Semou'«. Voir ISrTEMO. Or, dans la même contrée, un peu au sud des endroits que nous venons de mentionner, il y avait, du temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, deux villes voisines, appelées Anéa, ᾿Ανεά où ᾿Αναιά, placées l’une à l'est, l’autre à l’ouest, la première habitée par des chrétiens, la seconde, et alors la plus considérable, habitée par des Juifs. Cf. Onomasticon, Gœttingue, 1870, p. 221, aux mots ᾿Ανάδ et’Avoiu; 5. Jérôme, Liber de situ el nominibus locorum hebr., 1. ΧΧΤΙΠ, col. 871, aux mots Anab et Anim. Elles correspondent, croyons-nous, aux ruines actuelles de Rhoueïn ech-Charkiéh, « Rhoueïn orientale, » et de Rhoucin er-Rharbiéh, « Rhoueïin occidentale, » éloignées seulement de dix minutes l’une de l’autre, dans la direction du nord-est au sud-ouest. Robinson avait d'abord vu dans ces ruines, qu'il écrit El-Ghuwein, la ville d’Aïn. Voir Aïn 2. Biblical Researches in Palestine, dre édit., 1841, t. τι, p. 625, note 2. Mais plus tard il les identifia avec Anim, après le D' Wilson, Lands of the Bible, 1, p.354. « Le nom de ‘Anim (pour ‘Ayänim), dit-il, est le pluriel de ‘Aïn, « fontaine. » L'arabe Ghuwein est un diminulif de la forme ‘Ain. » Ouv. cité, 2 édit., 1856, t. 11, p. 20%, note 1. Il faut reconnaitre, avec le même savant, que le nom arabe répond mieux à l’hébreu ‘Ain; car, la première lettre étant remplacée par le ghaïn (r grasseyé), comme dans Gaza (hébreu : ‘Azza ; arabe : Ghazzéh ou Rhazzéh), les autres sont semblables ; mais la position des deux Rhoueïn nous sembie favoriser leur identification avec l’Anim de Josué et les deux Anéa d'Eusèbe et de saint Jérôme : identification admise, au moins pour Anim, par un bon nombre d'auteurs. Cf. G. Armstrong, W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and New Testament, Londres, 1889, p. 11; et la carte de la Palestine publiée dans la Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins, Leipzig, 1890, €. ΧΠῚ, n° 1, etc,

Mariette prétend que le n° 95 des listes de Karnak, Aina, n'est autre chose que FAnim de Juda, et 1 ᾿Αναία, de l'Onomasticon, Les listes géoyraphiques des pylônes de Karnak, Leipzig, 1875, p. 39. M. Maspero fait remarquer que ce nom figure sur une seule des trois listes, et le suivant, Karman, sur deux. « On a, dit-il, le droit d'en conclure, soit que les deux noms désignaient une même localité, soit qu'ils s’appliquaient à deux localités, différentes, mais si rapprochées, qu'on pouvait les prendre l’une pour l'autre. » Il en cherche l'emplacement au milieu des vignobles qui enveloppent Hébron de toutes parts. Alors Aïna serait Ain ech-Chems, et Karman serait Khirbet Séräsir, bien plus au nord que Rhoueïin. Sur les noms géographiques de la Liste de Thoutmès 111], qu'on peut rapporter à la Judée, 1888, p. 13-15.

Les ruines de Rhoueïn er-Rharbiéh «couvrent les flancs et le sommet d'une colline, située dans une vallée. Le point culminant du monticule est occupé par les restes d'un petit fort en pierres de taille, de forme carrée. Plusieurs autres constructions, bâties également en pierres de taille, sont encore en partie debout alentour ; elles renferment des citernes et des caveaux creusés dans le roc... À dix minutes de marche de ce point, vers l’est-nord-est, les ruines recommencent à se montrer, et comprennent un espace plus considérable encore... Elles sont désignées sous le nom de Rhouein ech-Charkiéh.

habitations, dont les inférieures existent encore, et dont une vinglaine méme ont conservé leurs voütes cintrées, s'élevaient jadis en amphithéätre sur les pentes d'une colline. Chacune de ces habitations contenait intérieurement un petit magasin souterrain, pratiqué dans le roc. La plupart étaient bâties avec des pierres bien taillées, de dimensions plus ou moins grandes. Une église chrébenne, maintenant t

De nombreuses

Assises

avait élé construite avec des pierres d'un bel appareil, comme l’attestent quelques

renversce,

pans de mur encore debout. Les traces d’une enceinte murée, qui environnait cette ville, sont reconnaissables sur plusieurs points. » V. Guérin, Description de la Palestine, Judée, t. 111, p. 191-192. Voir la carte de la tribu de JUDA. A. LEGENDRE.

ANIMAUX mentionnés dans les Écritures. — La Bible hébraïque désigne les 4 animaux » en général par le mot hayyäh, forme féminine de l'adjectif hay, «vivant, » Cf. Gen., 1x, 5, 10; Lev., x1, 46; Septante : ζῶον; Vulgaie : anima vivens, bestia. Hayyäh signifie proprement (un être vivant » quelconque, Gen., 11, 4, mais il est souvent employé dans un sens restreint; tantôt il s’applique aux quadrupèdes domestiques ou sauvages, par opposition aux oiseaux, Gen., 1, 28; Lev., x1, 2, 27, etc.; tantôt, et fréquemment, il se dit des quadrupèdes sauvages, Gen., vu, 14, 21; vu, 1, 19, etc.; dans ces deux cas, il est quelquefois suivi du mot haëssadéh, « animaux des champs. » Exod., ΧΧΠΙ, 11; Lev., xxvi, 22; Deut., vit, 22; Jer., xn1, 9, ete. Les Septante ont traduit : τετράπους, θηρίον, Op, et la Vulgate : fera, bestia, quadrupes. — Deux autres mots hébreux signifient aussi € animal », mais toujours dans un sens plus ou moins restreint : 1° Le mot be‘ir désigne toutes les espèces de bétail, Exod., xXxI1, 4 (Vulgate, 5); Num., xx, 4, 8, 11; Ps. ΤΧΧΥΤΙῚ (Vulgate, LxxvIr), 48, et quelquefois, plus spécialement, les bêtes de somme, Gen. xLv, 17; Septante : χτῆνος ; Vulgate : jumentum. % Le mot behémäh désigne ordi- .- nairement les quadrupèdes, et encore dans un sens restreint, ainsi que nous l'expliquons plus bas.

La classification des animaux, dans la Bible, est des plus simples ; Moïse et, à sa suite, les Hébreux ont divisé les animaux en quatre grandes catégories : les quadrupèdes, les oiseaux, les reptiles et les poissons. Cette classification, sans être nulle part enseignée scientifiquement, est cependant proposée ou supposée dans un grand nombre d’'endroits. Gen., 1, 26 ; 1x, 2; Lev., x1, 46; Deut., 1v, 16-18 ; IU Reg., 1V, 88; Ez., xxxvinr, 20 ; Jac., 1x, 7. Cette division est tirée du mode de mouvement des animaux : parmi eux, les uns marchent, les autres volent, ceux-ci nagent, ceux-là rampent ; c’est là ce‘qu’il y ἃ de plus apparent et de plus frappant dans l'animal, et aussi ce qui entraine entre les diverses espèces d'animaux les différences les plus importantes. Cette même division est aussi proposée par des auteurs profanes. Cf. Cicéron, Tuscul., V, ΧΠῚ, édit. Lemaire, Paris, 1830, t. 111, p. 482; et De natura deorum, I, XLVH, t. IV, p. 213. Nous devons dire un mot de chacune de ces quatre catégories d'animaux.

lo Quadrupèdes : Moïse appelle le quadrupède behémäh ; cette expression, dans la Bible, désigne tous les quadrupèdes terrestres, pourvu qu'ils ne soient pas de très petite taille; nous disons les quadrupèdes « terrestres », pour exclure certains animaux aquatiques ou amphibies, comme le crocodile, qui ont quatre pieds, et que Moïse n'a jamais classés parmi les behôémôt ; de même, les petits quadrupèédes, comme les rats, les taupes, etc., sont classés par Moïse, non parmi les behômôt, mais parmi les reptiles. Cf. Bochart, Hierozoicon, Londres, 1663, 1, 2, p. 4. Remarquons, pour éviter les confusions, que quelquefois Moïse a donné au mot behémäh un sens plus restreint, l’entendant simplement des quadrupèdes domestiques, comme le bœuf, la chèvre, le chameau, etc., et l’opposant ainsi aux quadrupèdes sauvages, comme le lion, le loup, l'ours, etc, qu'il appelle alors hayyat hâärés; Septante : θηρία τῆς γῆς; Vulgate : bestiæ terræ. Gen., 1, 24, 95.

2 Oiseaux, ou, généralement, «tous les animaux à ailes, » “67. Gen., 1, 20, 21; Lev., x1, 18, 20 ; Deut., xIv, 11. etc. Parmi ces animaux à ailes, Moïse distingue une calégorie particulière, qu'il appelle Al $érés hà'ôf, «tout être qui se traine (sur la terre), et a des ailes. » Lev., ΧΙ, 20-95, Ce sont les «insectes ailés », comme les différentes espèces de sauterelles.

39 Poissons, ou, généralement, « tous les êtres vivants

ANIM — ANIMAUX MENTIONNÉS DANS LA BIBLE

qui nagent ($érés ἃ ici ce sens) dans l’eau. » Gen., 1, 20, 21; Lev., x1, 9; Deut., xiv, 9. Parmi ces animaux aquatiques, Moïse fait une mention spéciale des grands cétacés, qu’il appelle {anninim gedôlim ; Septante : κήτη μεγάλα; Vulgate : cete grandia.

4° Reptiles; Moïse les appelle Sérés Sôrês ‘al hâdrés, c’est-à-dire les animaux « qui se trainent en rampant sur la terre ». Gen., 1, 24, 25; Lev., x1, 29. I1 les distingue ainsi, soit des poissons, appelés aussi $érés, mais qui se meuvent «dans l’eau » (cf. Bochart, loc. cit., c. 6, p.37), soit de ces insectes ailés, que nous venons de signaler, appelés également $érés, qui peuvent se mouvoir ou ramper sur la terre, mais qui ont des ailes, et qui, de ce chef, sont classés parmi les oiseaux. Remarquons que les mots «rampant sur la terre », qui désignent les reptiles, se prennent dans un sens très large, et s'entendent non seulement des reptiles proprement dits, qui sont apodes, mais encore des animaux dont les pieds sont si petits, qu'ils semblent moins marcher que se glisser ou ramper, comme les taupes, les lézards, et un grand nombre d'insectes.

Environ cent einquante-cinq mots hébreux désignent cent vingt-deux espèces d'animaux, auxquelles 1] faut ajouter deux espèces nouvelles mentionnées par les livres grecs de l'Ancien Testament, et quatre, mentionnées dans le Nouveau Testament; en tout cent vingt-huit espèces signalées dans la Bible.

Voici la liste de tous ces animaux ; nous la donnons dans l’ordre alphabétique, sans aucune distinction de classes, afin qu'on puisse les trouver plus facilement. A côté du nom de chaque animal, nous indiquons le mot hébreu qui le désigne dans l’Écriture, puis le mot qui lui correspond dans les Septante et dans la Vulgate; enfin, s'il y a lieu, le mot qui désigne l’animal dans le Nouveau Testament; nous signalons les cas où l'identification est douteuse. Les articles spéciaux sur chaque animal compléteront les renseignements qui le concernent.

Abeille; hébreu : debôräh, Jud., χιν, 8, etc.; Septante : μέλισσα ; Vulgate : apis.

Addax, espèce d’antilope ; hébreu : disôn, Deut., XIV, 5, etc.; Septante : πύγαργος; Vulgate : pygargus.

Agneau, désigné en hébreu par les mots suivants : — 1. Agneau de moins d’un an, agnelet, täléh, 1 Reg., ὙΠ, 9, etc.; Septante : ἀρήν γαλαθηνός; Vulgate : agnus lactens. — 2. Agneau d’un an à trois, kébés ou ké$éb (par transposition des deux dernières radicales), Num., va, 15, 17; Lev., ΠῚ, 7, etc.; Septante, ordinairement: ἀμνός ; quelquefois : ἀρήν, ἀρνίον, mp66arov; Nouveau Testament: auvos, Act., vi, 92, etc.; Vulgate : agnus.— 3. Agneau gras, Κα», Deut., Xxx11, 44, etc.; Septante : tantôt ἀρήν, tantôt ἀμνός, une fois χριός ; Vulgate : agnus.— %. Signalons encore le mot chaldaïque, ’immar, 1 Esdr., vi, 9, 17; Septante : ἀμνός; Vulgate : agnus.

Aigle ; hébreu : né$er, Lev., x1, 13, etc.; Septante et Nouveau Testament : ἀετός; Vulgate : aquila. Le mot néser désigne toutes les espèces d’aigles, et même en quelques endroits, par exemple, Michée, 1, 16, le vautour.

Aigle de mer; hébreu : ‘ézniyäh, Lev., x1, 13; Septante : ἁλιαίετος ; Vulgate : haliæetus. Toutefois cette identüification est douteuse ; d’après d’autres, le mot ‘ozniyäh signifierait le circaète (espèce d’aigle) ou le balbusard.

Ane, désigné par trois mots hébreux : — 1. hämôr,

Gen., xLIX, 14; Ex., x, 13, etc. — 2. ‘ayir, signifiant surtout « Jeune âne », Gen., x1ix, 11, etc. — 3. ’ätôn,

ânesse, Gen., xLIX, 11; Num., xx, 23, etc. — Les Septante ont traduit par ὄνος, des deux genres, et πῶλος τῆς ὄνου; Vulgate : asinus, asina, pullus asinæ ; Nouveau Testament : mêmes mots.

Ane sauvage, où onagre, désigné par deux mots hébreux : — 1. ‘ärôd, Job, ΧΧΧΙΧ, 5, etc. ; Septante : ὄνος ἄγριος; Vulgate : onager. — 2. péré’ où péréh, Gen. XVI, 42 ; Job, vi, 5, etc.; Septante : ὄνος ἄγριος ; Vulgate: onager.

Antilope. Voir, dans la présente liste, les quatre espèces

d’antilopes dont parle la Bible : Addaxæ, Bubale, Gazelle, Oryx.

Araignée ; hébreu : ‘akkäbis, Job, vin, 14; Is., LIX, 5, etc.; Septante : ἀράχνη; Vulgate : aranea. Quelques auteurs traduisent aussi par « araignée » le mot hébreu $Semämit. Voir Lézard.

Aspic, serpent venimeux ; hébreu : pétén, Deut., XXXIT, 33; Job. xx, 14, etc.; Septante et Nouveau Testament (Rom., Il, 18) : ἀσπίς, βασιλίσχος ; Vulgate : aspis, basiliscus.

Aurochs, sorte de taureau sauvage ; hébreu : re’êm, Num., ΧΧΠΙ, 22. Voir Rhinocéros.

Autruche ; hébreu : bat hayya‘anäh («la fille des cris »), Lev., x1, 16; Deut., xIv, 15; Septante : στρουθός ; Vulgate : struthio.

Balbusard, désigné, d’après quelques auteurs, par le mot hébreu ‘ozniyäh. Voir Aigle de mer.

. Béhémoth. Voir Hippopotame.

Belette ; hébreu : Aôléd, Lev., x1, 29 ; Septante : γαλή; Vulgate : mustela.

Bélier ; hébreu: ‘ayil, Gen., xv, 9, etc. ; Septante : χριός; Vulgate : aries.

Blaireau, désigné, d’après quelques auteurs, par l’hébreu tahas. Ce mot désigne plutôt le dugong.

Bœuf : 1. Un troupeau de bœufs; hébreu : δα αν, Gen., ΧΙ, 16: x, ©, etc.; — 2, Un animal quelconque de l'espèce bovine, sans distinction de sexe ni d'âge, hébreu : $6r, Ose., x11, 12 (11), etc. ; — 3. Un taureau, surtout jeune, hébreu : par, Ex., ΧΧΙΧ, 1; Lev., 1v, 3, 14, etc. ; — 4. Un veau, ‘égél, Ex., xxx11, 4, etc. ; — 5. Une génisse, péräh, Num., xx, 2, 6, etc., ou ‘égläh, Gen., xv, 9, etc. — Septante et Nouveau Testament βοῦς, des deux genres, bœuf; ταῦρος, taureau ; μόσχος, des deux genres, veau, génisse; δάμαλις, vache, génisse (Hebr., 1x, 13). Vulgate : δος, taurus , vitulus, vilula, vacca.

Bouc, désigné, en hébreu, par quatre mots : — 1. δα», Lev.,1v, 24 (23); xvi, 9, etc. — 2, safir, Dan., var, 5, etc. ; Esdras, vi, 17. — 3. ‘attüd, Gen., xxx1, 10, — 4. fayyiÿ, Gen., xxx, 99, etc. — Septante : τράγος, quelquefois χίμαρος (quoique ce mot signifie surtout « chevreau »); Vulgate : caper, hircus; Nouveau Testament : τράγος; hircus, Hebr., 1x, 12, etc.

Bouquetin ; hébreu : yd'él, Ps, cv (cr), 18; Job, xxx1x, 1, etc.; femelle du bouquetin ou chèvre sauvage, ya‘äläh, Prov., v, 19. Septante : τραγέλαφος (qui est plutôt le chevreuil); Vulgate: ibex;l'ibex est une espèce de bouquetin.

Brebis; hébreu : réhél, Gen., xxx1, 38, etc. ; Septante : rpo6atoy ; Vulgate : ovis. Le mot sô’n, Gen., ΧΧΙΧ, 10, ete, signifie un troupeau de petit bétail, grex (brebis et chévres) ; et principalement un troupeau de brebis; de même, le mot $éh, Deut., XIV, 4, etc., signifie un animal quelconque du troupeau, pecus; et surtout une brebis. Voir aussi Agneau.

Bubale, espèce d'antilope ; hébreu : yahmür, Deut., XIV, 5; les Septante n'ont pas traduit ce mot; Vulgate : bubalus. Toutefois l'identification est douteuse; d’après d'autres, le mot yahmür signifierait le daim.

Buîfle, désigné, d'après quelques auteurs, par l'hébreu yahmür ; d'après d'autres, par l'hébreu re’ém.

Busard. Voir Faucon.

Butor; hébreu : qippôd, Is, χιν, 23, d’après quelques interprètes. Voir Hérisson.

Caille; hébreu : $eldv, Ex., xv1, 43 ; Num, x1, 31, etc.; Septante : ὀρτυγομήτρα ; Vulgate : coturnix.

Caméléon; hébreu : kôäh ; Septante : χαμαιλέων; Vulgate : chamaæleon. Malgré l'autorité des Septante et de la Vulgate, le mot kôäh désignerait plutôt un lézard ou la grenouille, et le caméléon correspondrait à l’hébreu 7in- Semét, Lev., x1, 30. Voir Taupe.

Canard, n'est pas expressément désigné dans la Bible ; il est peut-être compris dans le mot barburim. Noir Oie.

Céraste, espèce de serpent; hébreu : £efifôn, Gen., XLIX, 17; Septante : ἐγχαθήμενος (« celui qui dresse des embüches »); Vulgate : cerastes.

ANIMAUX MENTIONNÉS DANS LA BIBLE

Cerf ; hébreu : ’ayyäl ; biche : ’ayyäläh, Gen., xLIX, 21 ; Deut., xIv, 5, οἷο, ; Septante : ἔλαφος ; Vulgate : cervus.

Cétacés, terme générique qui désigne les monstres marins, comme le requin, etc. ; hébreu : fanninim, Gen., 1, 21; Job, vir, 12, etc.; Septante : τὰ χήτη τὰ μεγάλα, Vulgate : cete grandia.

Ghacal, désigné en hébreu par trois noms : — 1. δῆ αἱ (qui lui est commun avec le renard), Jud., xv, #, etc.; Septante ἀλώπηξ; Vulgate : vulpes.— 2. à, pluriel tyyim, « les hurleurs, » Is., ΧΠῚ, 22, xxxIV, 14; Septante : ὀνοχενταύρος ; Vulgate : ulula (au premier endroit); onocentaurus (au second). — 3. fan, inusité au singulier, pluriel tannim, Is., ΧΙΠ, 22 ; χχχιν, 13; χχχυ, 7, etc.; Septante : δράχοντες, σειρῆνες, ἐχῖνοι, etc. ; Vulgate : dracones, lamiæ.

Chameau ou dromadaire ; hébreu : gämäl, Gen., ΧΙ, 16, etc.; Septante : χάμηλος; Vulgate : camelus. Le mot hébreu békér, Is., Lx, 6, désigne un jeune chameau.

Chat, ne se lit que dans Baruch, vr, 21 : ἄιλουρος ; Vulgate : cattæ. Le texte original hébraïque de Baruch étant perdu, nous ne connaissons pas le nom hébreu du chat,

Chauve-souris ; hébreu : ‘ätalléf, Lev., x1, 19; Septante : νύχτερις ; Vulgate : vespertilio.

Cheval, désigné principalement en hébreu par le mot sûs, Gen., xLvI1, 17 ; Ex., XIV, 9, etc., Septante : ἵππος ; Vulgate : equus. Cf. Nouveau Testament : Jac., ur, 3; Apoc., vi, 2, 4, etc. Toutefois quatre autres mots hébreux désignent quelquefois le cheval : — 1.Le mot pérds, qui signifie souvent « cavalier » et est rendu ordinairement ainsi par les interprètes, signifie quelquefois «cheval », par exemple : II Reg., v, 6 (hébreu); Ezech., xxvIr, 14; Is., XXVI, 28 (hébreu). — 2. Le mot réké$, de signification controversée, indique vraisemblablement le « cheval », au moins 1 Sam. (III Reg.), v, 8 (hébreu); Esther, vrir, 14 (hébreu). — 3. Le mot rammüäk, qui ne se trouve que Esther, vx, 10 (hébreu), désigne la jument. — #4. Le mot rékéb, qui signifie habituellement « char », signifie quelquefois le « cheval », IT Reg., vint, 4; 1 Par., XVIII, 4.

Chevêche, espèce de hibou; hébreu : kôs, Lev., x1, 17; Septante : νυχτίκοραξ; Vulgate : bubo.

Chèvre ; hébreu : “ὅσ, Gen., xv, 9; Deut., xIv, 4, etc.; Septante : ἄιξ; Vulgate : capra. Voir aussi Bouc et Chevreau.

Chevreau ; hébreu: gedi, Gen., xxxvur, 29; Ex., xx, 19, etc.; Septante : ἔριφος; Vulgate : hœdus.

Chevreuil ; hébreu : ’agqô, Deut., x1v, Ὁ ; les Septante n'ont pas traduit ce mot dans ce passage du Deutéronome ; Vulgate : tragelaphus. Identification douteuse; d’autres traduisent ’agqô par « bouquetin ».

Chien; hébreu : kéleéb, Exod., χι, 7; Jud., vi, 5, etc.; Septante : xÿwv; Nouveau Testament: χύων, Luc., XVI, 21 ; II Petr., 1, 22 ; Vulgate : canis.

Chouette, désignée probablement en hébreu par le même mot que « chevêche ». Voir ce mot.

Cigogne; hébreu : hasidäh, « la pieuse, » Lev., x1, 19; Deut., χιν, 18, etc., d’après l'interprétation la plus commune, Toutefois les Septante et la Vulgate traduisent μαsidäh par € héron », ἐρωδιός, herodio.

Circaëète, espèce d’aigle. Voir Aigle.

Cochenille ; hébreu : /üla'at (cramoisi, couleur produite avec la cochenille), Exod., xxvI, 31; xxxv, 20, etc. ; Septante : πορφύρα; Vulgate : purpura.

Colombe; hébreu : yônäh, Gen., vx, 829, etc. ; Septante : περιστερά; Vulgate : columba.

Coq; la Vulgate à traduit par € gallus » deux mots hébreux : — 1. le mot $ékvi, Job, ΧΧΧΥΠΙ, 86; — 9. le mot zarzir, Prov., XXX, 31. — Au second endroit, les Septante ont traduit aussi par « coq », ἀλέχτωρ. Ces interprétations paraissent maintenant abandonnées. Le mot $ékvi signifie plutôt « âme, cœur, » et le mot zarzir «ceint, brave ». — Nouveau Testament : ἀλέχτωρ, Matth., XXVI, 34; ὄρνις, Matth., xx, 37, etc.; Vulgate : gallus, gallina.

Corail ; hébreu : r&’môt (littéralement : « choses élevées »), Job, ΧΧΥΠΙ, 18; Ezech., xxvIr, 16 ; Septante : Job, μετέωρα; (objets élevés; » Ezech., ‘Pay66 (comme si c'était une ville); Vulgate : Job, excelsa ; Ezech., sericum.

Corbeau; hébreu : ‘érab, Gen., vin, 7, etc.; Septante : xopaë; Vulgate : corvus.

Cormoran; hébreu : $älak, Lev., x1, 17. Voir Plongeur.

Goucou; hébreu : $dhäf, Lev., xt, 16, d'après quelques interprètes. Voir Mouette.

Gousin; hébreu kinnim, Exod., vi, 16-19 ; Septante : σχνίφες; Vulgate : sciniphes.

Crapaud ; hébreu : sefardé', comme la grenouille. Voir Grenouille.

Crécerelle. Voir Faucon.

Criquet, sorte de sauterelle, Voir Sauterelle.

Crocodile ; hébreu : livyätan, Job, 11, 8; xL, 25 (20), etc.; Septante : δράχων, μέγα χῆτος; Vulgate : leviathan, draco.

Crocodile terrestre, espèce de grand lézard; hébreu : βαρ, Lev., x1, 29 ; Septante : χροχόδειλος ὁ χερσαῖος ; Vulgate : crocodilus. D'après quelques auteurs, le mot sdb désignerait la tortue.

Cygne; hébreu : fin$emét, Lev., x1, 18; Deut., χιν, 16; Seplante : χύχνος; Vulgate : cygnus. L'hébreu fin$emét désigne plutôt l'ibis. Remarquons que le mot fin$emét, qui signifie ici un oiseau, signifie ailleurs un reptile. Voir Taupe.

Daim, désigné très probablement, en hébreu, par le même mot que le cerf, ’ayyäl. Voir Cerf. D'après d’autres, ii serait désigné par le mot yahmür. Voir Bubale.

Daman, désigné, d’après l'interprétation aujourd’hui la plus commune, par le mot hébreu säfän, Lev., ΧΙ, 5. Voir Porc-épic.

Dromadaire. Voir Chameau.

Duc (Grand), espèce de hibou, désigné, d’après beaucoup d'auteurs, par le mot hébreu yansüf. Voir Ibis.

Dugong, vulgairement «vache marine » ; hébreu : {aha, Exod., xxv, Ὁ; xx vi, 14; Ezech., xvi, 10. Les Septante et la Vulgate onttraduit ces trois passages, où il s'agit de « peaux de tahaÿ », en substituant au nom de l'animal celui de la couleur : δέρματα ὑαχίνθινα, pelles ianthinæ.

Éléphant, n'est pas mentionné directement dans les livres hébreux de l'Ancien Testament. D'après quelques auteurs, son nom hébreu serait, au pluriel, kabbim ; la raison en est dans le mot sénhabbim, qui signifie Civoire » ou dent d'éléphant, Le mot $en signifiant « dent », il est probable que le reste du mot signifie « éléphant ». Les Septante ont traduit, ΠῚ Reg., x, 22 et IT Par., 1x, 21, le mot Sénhabbim par : ὀδόντα ἐλεφάντινα; la Vulgate, IT Reg., dentes elephantorum. Le mot ἐλέφας se trouve dans les livres grecs de l'Ancien Testament : I Mach., 1, 18; II Mach., xt, 4, etc.

Émouchet. Voir Faucon.

Engoulevent, espèce d'hirondelle, Voir Hirondelle.

Épervier. Voir Faucon.

Éponge; Nouveau Testament: σπόγγος, Matth., XXVII, 48; Marc., XV, 36; Joa., xix, 29 ; Vulgate : spongia.

Escargot. Voir Limaçon.

Faucon ; hébreu : nés, Lev., x1, 16; Deut., χιν, 15; Septante : ἱέραξ; Vulgate : accipiler. Le mot nés semble désigner aussi tous les autres petits oiseaux de proie : épervier, crécerelle, busard, émouchet. D'après quelques auteurs, le faucon serait encore désigné par le mot hébreu ’ayyäh, Lev., ΧΙ, 14. Voir Vautour.

Fourmi; hébreu : nemäläh, Prov., vi, 6; xxx, 25; Septante : μύρμηξ; Vulgate : formica.

Frelon ; hébreu : sr'äh, comme guêpe. Voir ce mot,

Gazelle, espèce d’antilope ; hébreu : sebi, Deut., Xi, 15; etc.; Septante : δορχάς ; Vulgate : caprea.

Gecko, espèce de lézard, désigné, d'apres l'opinion commune aujourd'hui, par l'hébreu ’anäqäh, Lev., ΧΙ. 90, Voir Musaraigne.

Gerboise. Voir Rat.

Girafe; hébreu : zémér, Deut., xiv, 5; Septante : χαμη-

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