Pimpinella Anisum
emploie avec succès contre les coliques. C’est de cette seconde plante qu'il s'agit ici, d'après l'opinion commune. C'est en effet celle-ci que les rabbins appellent $äbat, et que la traduction arabe des œuvres de Pline appelle $abit. Les anciens, comme on peut le voir dans Dioscoride, 111, et dans Pline, xx, 74, ont connu cette plante et s'en servaient comme condiment, comme perfum et comme remède. Ces deux auteurs lui attribuent en outre plusieurs autres propriétés fabuleuses. Les fleurs mêmes en étaient assez estimées, si nous en jugeons par les vers de Virgile, qui loue floirem... bene olentis anethi.(Egl.,11, 48.)
En Palestine, l'anis était d’un usage tellement commun parmi le peuple, qu'il en est fait spécialement mention dans le Talmud. La loi telle qu'elle est énoncée dans le Deutéronome, χιν, 22-%5, n'obligeait d'offrir la dime que des fruits du sol et des troupeaux, froment, vin, huile, bœufs, moutons. Les rabbins avaient étendu cette obligalion à tous les légumes. La Mischna donne, en effet, cette règle au commencement du traité consacré aux dimes. « Voici la règle générale concernant les dimes : Tout ce qui peut être mangé et se conserve, tout ce que produit la terre est soumis à la dime. » Maasarolh, τ, 1, édit. Surenhusius, Mischna, t. 1, p. 245. Dans le même traité, Rabbi Éliézer applique expressément cette règle à l'anis. Nous y lisons en effet : « La semence, la plante et les fleurs de l’anis sont soumis à la dime, » Maasaroth,1v,5,